Tribune 25/02/2008 à 23h19

Rétention de sûreté : une loi qui ne croit pas en l'homme

Romain Carayol | Avocat

L’homme est capable du pire. Comme tout citoyen, homme de sentiments, j’aime à penser que la sécurité des miens est garantie, de façon certaine, contre la monstruosité. Comment ne pas avoir le cœur vrillé et le ventre détruit par l’annonce de faits divers où le destin d’un(e) enfant, d’une mère, d’un père, bref d’une famille est brisé à jamais… Impossible.

Pourtant, la philosophie légiférante qui guide actuellement l’exécutif me glace tout autant.

La rétention de sûreté, son dernier avatar, ne me rassure pas. Cette mesure aurait le grand mérite d’éradiquer tout individu « potentiellement » dangereux en le maintenant en « sûreté » tant qu’il n’aura pas donner les signes (lesquels ?) de son adéquation à la vie sociale.

Mais quelle idée se fait-on de l’homme ?

Cette mesure ne me rassure pas, non, elle est même angoissante de l’idée qu’elle porte de l’homme. Je ne verserai pas dans la sidérante naïveté de l’homme « bon » ou « mauvais », mais tout de même, la potentialité d’un danger n’est elle une notion potentiellement dangereuse ? Mon libre propos ne concerne pas les dispositions techniques de la Loi qui viennent (malheureusement) d’être validées par le Conseil constitutionnel comme « adéquates, nécessaires et proportionnées » à l’objectif poursuivi (cf. la décision n°2008-562 du 21 février 2008, avec les observations transmises préalablement par le CNB).

C’est l’esprit de la Loi qui me heurte.

L’espoir en l’Homme a laissé la place à la peur de l’Autre. Or, ce n’est pas la peur de l’Autre qui anime le destin d’un peuple. Elle produira, au contraire, une sclérose sociétale et une piètre foi en l’avenir.

Une loi de désespoir

La recherche de la sécurité des citoyens est légitime, et elle doit être poursuivie sans faillir, avec force, par une politique pénale juste et tournée vers l’humain, alliant intelligemment répression et action thérapeutique.

La loi sur la rétention de sûreté est une mauvaise loi car elle se nourrit d’un insupportable désespoir.

Je veux croire en l’Homme, et malgré tout, je garde espoir.

Cet espoir animera l’Union des jeunes avocats, que je préside, pour que l’Humain reprenne ses droits lors des prochains débats sur la « grande » loi pénitentiaire annoncée par la Chancellerie.

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  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 23h51 le 25/02/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    il existe une solution irréversible lorsqu’on ne croit plus en l’homme :
    la lobotomie !

    Mais, c’est encore interdit !

    Lien

    • marie 75
      marie 75 répond à skalpa
      • Posté à 09h58 le 26/02/2008
      • Internaute 3563

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      Olivier Rozenberg : « L’attitude de Sarkozy est irrespectueuse »

      Déblocage en Belgique

      INTERNATIONAL
      Le Temps

      « L’attitude de Sarkozy est irrespectueuse »

      FRANCE. Cour de cassation et Conseil constitutionnel donnent tort au président.

      Caroline Stevan
      Mardi 26 février 2008 

      La loi sur la rétention de sûreté avait provoqué un large débat, déjà, lors de sa proposition par la ministre de la Justice, Rachida Dati. Autorisant la détention à vie des auteurs des « crimes les plus odieux » susceptibles de récidiver, elle avait été qualifiée de « dérive » par Robert Badinter, ancien président du Conseil constitutionnel.

      Le texte a été voté début février par le parlement et rendu en partie inopérant par le Conseil des sages jeudi passé, au motif de la non-rétroactivité des lois. Il a été validé mais ne sera pas appliqué avant 2023, date de sortie potentielle des criminels concernés, condamnés aujourd’hui à 15 ans de prison. Qu’à cela ne tienne, le chef de l’Etat Nicolas Sarkozy en a appelé au président de la Cour de cassation - la plus haute juridiction du pays - lequel a refusé hier de « remettre en cause la décision du Conseil constitutionnel ». Le point avec Olivier Rozenberg, chercheur au Centre d’étude de la vie politique française (Cevipof) et spécialiste des institutions.

      Le Temps : La Cour de cassation a refusé de contredire le Conseil des sages. Nicolas Sarkozy a-t-il un autre recours possible ?

      Olivier Rozenberg : La dernière instance habilitée à vérifier la constitutionnalité d’un texte est de toute façon le Conseil, la Cour de cassation n’aurait pu invalider sa décision. Si le chef d’Etat veut vraiment faire appliquer ce texte immédiatement, il doit modifier la Constitution ou demander au gouvernement de déposer un nouveau projet de loi contournant les aspects censurés par les Sages.

      - Le principe de séparation des pouvoirs a-t-il été remis en cause par la requête de Nicolas Sarkozy auprès du président de la Cour de cassation ?

      - Selon la Constitution française, les décisions du Conseil constitutionnel ne sont pas susceptibles d’appel et s’imposent à tous. Promulguer une loi censurée par le Conseil serait de l’ordre du coup d’Etat juridique. On n’en est pas là. L’attitude de Nicolas Sarkozy est irrespectueuse et provocatrice, mais elle ne remet pas en cause les fondements de la République. On ne peut pas parler d’une violation de l’ordre législatif par l’exécutif dans la mesure où le parlement avait approuvé la loi sur la rétention de sûreté. C’est plutôt la hiérarchisation des lois qui est mise à mal.

      - Y a-t-il eu des précédents ?

      - En 1993, Edouard Balladur alors premier ministre, avait réuni le parlement en congrès pour modifier la Constitution et permettre de faire passer les lois Pasqua sur l’immigration. Pascal Clément, ancien garde des Sceaux, avait également essayé de passer outre à l’avis du Conseil constitutionnel.

      - Quelle est l’indépendance du Conseil constitutionnel vis-à-vis de l’Elysée ?

      - Le président du Conseil constitutionnel est nommé par le chef de l’Etat pour neuf ans non renouvelables. L’actuel, Jean-Louis Debré, est un ennemi juré de Nicolas Sarkozy ; il avait été désigné par Jacques Chirac. Les études réalisées montrent que les Sages sont capables d’indépendance. Sur les neuf membres actuels, il n’y en a plus qu’un qui soit issu de la gauche, Pierre Joxe. Cette composition serait donc plutôt favorable à Nicolas Sarkozy. L’argument selon lequel on ne peut retenir quelqu’un en prison sur la seule base de sa dangerosité a d’ailleurs été rejeté par le Conseil. Symboliquement, cela va dans le sens du président de la République, même si la loi a été rendue inapplicable

      • machinchose
        machinchose répond à marie 75
        • Posté à 10h49 le 26/02/2008
        • Internaute 8651

        peut être qu’un petit effort de mise en forme du copier coller serait bienvenu... à moins que tout cela ait un sens mais alors il m’échappe.

      • PAULA17
        PAULA17 répond à marie 75
        • Posté à 11h28 le 26/02/2008
        • Internaute 24176

        Moi je suis saturée par vos interventions et vos revues de presse ! ! ! !

        Il y a des commentaires concis et courts... tout aussi pertinents, et plus digestes.

         
        • Anonyme répond à PAULA17

          Grâce à Marie 75, on peut se faire une idée de ce que raconte la presse étrangère. Je trouve au contraire qu’elle fait un travail utile. Ne la lisez pas, si vous trouvez que c’est « indigeste » ou trop long, mais ne l’empêchez pas d’informer.

          • machinchose
            • Posté à 12h54 le 26/02/2008
            • Internaute 8651

            si elle pouvait seulement faire un effort de mise en forme. c’est pas bien compliqué.

          • PAULA17
            • Posté à 13h40 le 26/02/2008
            • Internaute 24176

            Sur le portail de RUE89, en bas, à droite, voir la Rubrique AILLEURS, où nous pouvons puiser dans la presse internationale.

            • Anonyme répond à PAULA17

              C’est si difficile de faire défiler les commentaires qui ne vous intéressent pas ?

          • leconcombrevert
            leconcombrevert
            La vraie vérité > : -))
            • Posté à 23h48 le 27/02/2008
            • Internaute 8843
              La vraie vérité > : -))

            Les messages de Marie 75 ne me gènent pas du tout, au contraire, et je voudrais continuer à les lire.

            Après tout il s’agit pour la plupart d’informations importantes qu’on ne trouve pas ailleurs. Et si il est vrai que les articles de la presse étrangère sont « à portée de main », soyons honnêtes et admettons que nous allons que très rarement les chercher nous-même.

            Enfin, je parle pour moi, mais je n’ai pas l’impression d’être seule à apprecier le travail d’information de Marie.

            Vue les âneries et bêtises méchantes que certains nous donnent à avaler à longueur de page (oui, je pense à « lou averti ») ce ne sont certainement pas les messages de Marie qui posent problème.

    • Papillon
      Papillon répond à skalpa
      • Posté à 11h30 le 26/02/2008
      • Internaute 11725

      « La France a peur » a dit , il y a quelques années un journaliste à l’ouverture « du 20h ».
      La France doit-elle avoir de nouveau peur ?
      Est-il vrai que le Président de l’ Assemblée Nationale va être (ou a été ?) saisi par un député (ou une députée) UMP d’une proposition de loi autorisant certaines lois à être rétroactives ? Cela glace le sang ! Déjà que nous ne sommes plus guère en démocratie après le vote sur le « mini traité européen » par les députés , nous ne serions même plus dans un état de droit ! Qui peut supporter, envisager, évoquer même cela ? Les « cas exceptionnels » peuvent l’ être de moins en moins. Jusqu’où ira la servilité des députés UMP envers M. Sarkozy pour lui complaire ? Quel garde-fou aurons-nous puisque le Conseil Constitutionnel lui-même gêne ?
      Oui : La France doit-elle avoir de nouveau peur ?

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 23h49 le 25/02/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    .

  • V comme vendetta
    V comme vendetta
    Ecrivain
    • Posté à 00h03 le 26/02/2008
    • Internaute 24299
      Ecrivain

    - Où est l’homme ? C’est qui l’homme ? En avez vous trouvé un ? disait Diogène
    - oui, en France, en février 2008, à Rue 89... un avocat en aurait trouvé un ...

    « la potentialité d’un danger n’est elle une notion potentiellement dangereuse ? »

    Vive Chamberlain et Daladier ! Vive Munich !

    « Les cons... “ aurait dit Daladier (époque bénie sans MMS..., mais la phrase est peu être apocryphe...)

  • Gotch
    • Posté à 02h03 le 26/02/2008
    • Internaute 15306

    « potentiellement dangereux » ? Dans ce cas, il faut mettre d’office à la fourrière toutes les voitures rapides, il faut détruire tous les couteaux de plus de 5 cm de long, il faut supprimer les boissons alcoolisées et le tabac, il faut...

    ...se coucher pour mourir !

  • vieux grincheux
    vieux grincheux
    libre penseur
    • Posté à 06h23 le 26/02/2008
    • Internaute 9926
      libre penseur

    l’ Humain, n’ est ni bon, ni mauvais, c’est le système en place qu’ il faut changer pour que l’ Humain soit au centre de l’ économie...
    votre dévoué Vieux Grincheux

  • machinchose
    • Posté à 08h09 le 26/02/2008
    • Internaute 8651

    je veux dire encore ici que sur cette affaire sinistre la gauche et principalement par la voix (ou plutôt le silence) de ces principaux leader aura contribuée honteusement à la regression sociale et morale sans précédent que cette loi scandaleuse révèle.

    Aujourd’hui le Figaro nou sprésente un sondage baclé sur cette loi baclée dont nous n’aurons jamais réellement débattu.

    Aveuglés par la tendance de l’opinion qu’ils vénèrent nos Royal, Delanoé Fabius, bien de leur époque ont préféré ignorer le problème. Plutôt que de faire oeuvre pédagogique, plutôt que de parler des grands principes qui ont, un jour, rendu la france belle ils préfèrent faire le dos rond et attendre que ça passe, espérant lamentablement n’être associés ni à la loi elle même ni à sa dénonciation.

    Ce comportement est indigne. J’ai vraiment honte de cette gauche. Honte de ce que ce pays est en train de devenir, et ce, non pas parce que les français sont des cons mais parce que, alors que les français se font manipuler les leaders de la gauche ne resistent pas, ils prennent note.

    Rien que pour la peine de mort abolie on peut pardonner beaucoup à Mitterrand qui a eu alors le courage magnifique de l’intelligence. Le silence des leaders d’aujourd’hui confirme que ce dont Sarkozy était le symptome à droite existe aussi à gauche : Les grands politiques sont une espèce disparue.

  • streffo
    streffo
    retraitée toujours active
    • Posté à 08h19 le 26/02/2008
    • Internaute 19390
      retraitée toujours active

    Ah bon, voilà maintenant que cette loi est la faute de la « gauche »... alors que l’on sait comment le pouvoir actuel en place a le don de faire passer les textes de lois qu’il veut faire voter à n’importe quel prix.
    Sans doute est-ce la faute aussi de la gauche si Sarko dénie ouvertement le rôle du Conseil Constitutionnel.
    Je sais bien qu’il faut toujours trouver un coupable, mais là, j’avoue que je suis perplexe !

    • machinchose
      machinchose répond à streffo
      • Posté à 08h22 le 26/02/2008
      • Internaute 8651

      Je ne dis pas « c’est la faute de la gauche » je dis juste qu’il était de son devoir moral, de son exigence d’intelligence, de resister mieux, de se battre plus. Et au moins, même si elle ne pouvait pas grand chose en effet, d’affirmer sans honte ses convictions fortes et d’élever le débat plutôt que d’en détourner les yeux. Cette lacheté je ne l’excuse pas.

      En ne disant rien aucun de ses leaders (sauf les ex gardes des sceaux) n’a permis à nos concitoyens de comprendre mieux et aujourd’hui nous avons une France effroyablement réactionnaire.

  • sinclair
    • Posté à 08h25 le 26/02/2008
    • Internaute 2580

    Cette loi dite »de rétention » est justement justifiée par la nature humaine qui est ici charge de haine et de violence. La victime se met par la loi au niveau du criminel. Et ce gouvernement utilise cette nature humaine. Attiser la haine et l’entretenir n’a jamais rien résolu, vendetta, œil pour œil, lynchage voila le ressort humain que l’on satisfait ici.

    Cette loi est liberticide car d’une part elle peut toucher des innocents (même s’il n’y en avait qu’un) et elle ouvre les portes de la lettre de cachet (je n’ai aucune confiance dans les experts de la nature humaine). Aujourd’hui c’est 15 ans de réclusion d’abord pour les violeurs d’enfants étendu dans la foulee a tous les criminels, demain 10 ans de prisons pour tout les condamnés. Si quelqu’un est dangereux après 15 ans on ne voit pas pourquoi il deviendrait bon 1 an 2, 5 10 20 ans après, et qui sera capable d’évaluer ce danger. Autant remettre la peine de mort en vigueur ou une peine de réelle perpétuité ce serait au moins clair.

    Là on détient quelqu’un sur un délit que l’on suppose qu’il pourrait commettre. Vous pensiez avoir paye votre dette eh bien non ! Vous ne l’aurez jamais payée, même sortie de prison la rétroactivité peut vous rattraper.

    Enfin est introduit la notion d’humain dangereux. Si le condamné est malade il faut le soigner. Etre dangereux sans être ni malade ni fou c’est quoi ? le diable ?

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 09h00 le 26/02/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    perso je ne prendrais pas position sur le bien fondé theorique de cette loi mais j’insiste sur le fait que cette loi risque d’etre appliquée a tort et a travers , si Dati avait voulu créer les nouvelles « oubliettes » , l’« embastillement » moderne , elle ne s’y serait pas pris autrement ! le vrai but de la manoeuvre c’est ça !

    • Gotch
      Gotch répond à cooper59
      • Posté à 09h11 le 26/02/2008
      • Internaute 15306

      Entièrement d’accord ! Qui décidera du bien-fondé de cette rétention, dont on sait (ou on espère) qu’elle ne se fera qu’au cas par cas ? Un collège de juristes et de psychiatres sera un minimum, avec au moins un Candide pour éviter les travers professionnels.....

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 10h42 le 26/02/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Sarkozy , qui nous casse les couilles avec les religions , propose des lois totalement en désaccord avec la rédemption chrétienne ..

  • marigae
    • Posté à 10h48 le 26/02/2008
    • Internaute 9147

    Il semble que cette loi n’ait aucun soucis d’efficience ou d’efficacité...cette loi est le vice même du style Sarkozy ! Elle permet de cristalliser son rôle de gardien de l’ordre social, elle permet de parler encore et encore de danger, même potentiel, elle permet de faire travailler l’imaginaire, elle permet de faire croire que cet homme et ce gouvernement osent pousser les limites....mais cette loi (cf propos de R. Badinter) sera difficilement applicable et appliquée.
    Cette loi n’est pas une loi. Cette loi est un dévouement de la loi. Ce texte c’est pour la confusion et la communication, les deux seuls mamelles de notre vénéré président.

  • Anonyme

    Personnellement, je ne veux pas perdre espoir dans l’être humain, mais je me demande comment je réagirais si un de mes proches venait à être victime d’un récidiviste qu’on aurait relâché trop tôt. Cela dit, de deux choses l’une : ou bien un auteur de crimes particulièrement atroces est jugé irresponsable de ses actes, et sa place n’est pas dans une prison mais dans un établissement psychiatrique où il sera, sinon guéri, du moins suivi pour le reste de ses jours au besoin, ou bien il est jugé responsable, et on l’enferme à perpétuité si l’on est certain qu’il remettra ça. (À ce propos, Sarkozy ne parvient pas à se débarrasser de sa manie de légiférer à tout bout de champ sans appliquer les lois existantes : il y a bien des peines de sûreté incompressibles, non ?) C’est un long débat qu’on ne peut régler, j’en suis bien conscient, en deux coups de cuillère à pot. Encore une fois, je continue à croire en l’être humain malgré tout, mais il n’est parfois pas superflu de prendre certaines précautions.
    Mais maintenir en détention (ou en rétention, la terminologie ne change rien à l’affaire) quelqu’un qui aurait été jugé et condamné et qui aurait purgé sa peine, c’est inadmissible et, pour ce qui me concerne, ça sent le régime totalitaire à plein nez. Songez un peu aux dérapages dont la présence de Sarkozy à l’Élysée ne nous protège pas, bien au contraire : imaginez que des criminels pédophiles et des violeurs, on passe aux militants politiques auteurs d’attentats. Qui nous dit que le pouvoir ne serait pas tenté de prolonger indéfiniment leur incarcération en prétendant qu’ils seraient susceptibles de recommencer ? De surcroît, les militants en question devraient-ils abjurer leurs convictions, renoncer à leur idéologie, quelle qu’elle soit, pour espérer retrouver la liberté ? Finiraient-ils dans des camps de rééducation ?
    Le plus grave, dans tout cela, c’est cette tentative de Sarkozy et de ses acolytes de contourner le Conseil constitutionnel : nous avons connu le Sarkozy hyperactif, le Sarkozy réactif… Voici maintenant le Sarkozy rétroactif. Et vous connaissez l’animal : il est têtu. La non-rétroactivité est l’un des principes fondamentaux de la justice en démocratie et Sarkozy veut y toucher en agitant sous le nez des Français un sujet aussi sensible que la récidive et des actes aussi affreux que les crimes d’enfants, entre autres. Ne le laissons pas faire : lui aussi, c’est un récidiviste en puissance, dont on peut craindre qu’il n’aura de cesse de multiplier ses tentatives de porter atteinte à la Constitution et à la République.

  • Azza
    Azza
    Ingénieur en informatique (...)
    • Posté à 12h33 le 26/02/2008
    • Internaute 25467
      Ingénieur en informatique (...)

    Sarkozy étant en difficulté sur le plan politique social fait une fois de plus diversion en utilisant des mesures populistes graves.

    Le plus triste (comme avec sa proposition sur la Shoa) c’est la disproportion délirante entre les moyens (foutre en l’air les principes démocratiques, jouer avec la mémoire des déportés) et le but réel : faire diversion sur sa nullité, gérer sa baisse dans les sondages....

    En votant Chirac en 2002, une petite voix chantait dans ma tête une phrase inspirée de celle de Churchill « vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisit le déshonneur et vous allez avoir la Guerre ».

    Mais dans ma tête, ça faisait « Vous aviez le choix entre Le Pen et Chirac, vous avez choisit Chirac et vous allez avoir Le Pen »...

    C’est fait !

  • Monique 91
    Monique 91
    ( retraitée )
    • Posté à 13h45 le 26/02/2008
    • Internaute 33804
      ( retraitée )

    La loi en soi, est dangereuse : cela a été dit par de nombreux juristes comme R.Badinter ( sanction de la personne et non de ses actes, rétroactivité d’une loi !)
    Moi ce qui m’inquète, c’est que Sarkozy joue ( une fois encore !) sur le registre de « l’émotionnel », de « la peur » : on nous dit , déjà que 4 Français sur 5, sont pour l’application immédiate de cette loi, que 80% l’approuvent ..que la gauche est du côté des criminels ( quelle démagogie !)
    A 15 jours des élections municipales,on peut deviner ce qu’espère la droite !
    Et ainsi, on ne parle pas du fond : Nicolas Sarkozy essaie de contourner une décision du Conseil Constitutinnel » qui doit s’imposer à tous ! ( c’est très grave !) Comment lutter contre cette dérive d’un pouvoir personnel, et populiste ?

  • Annie
    • Posté à 15h06 le 26/02/2008
    • Internaute 8804

    Je suis de plus en plus convaincue que cette loi, qu’elle s’applique maintenant ou en 2023 ne concernera que très peu de gens et n’aura qu’un effet marginal sur la criminalité. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut accepter le principe de dangerosité potentielle, mais plutôt que c’est un moyen pour Sarkozy de signaler qu’il est le plus répressif et donc le plus efficace en matière de criminalité. En tant qu’avocat, il devait très bien savoir qu’il ne pouvait y avoir aucun recours contre le conseil constitutionnel, mais c’est à mon avis un stratagème et encore une façon de rouler les mécaniques et de dire « tout ce que je pourrais faire si on me laissait... ». Le pire est que comme pendant la période électorale, il avive les pires instincts chez les français, et il hurle avec les loups. Mais c’est aussi, point plus important, un moyen de noyer le poisson puisque selon de nombreux juristes cette loi serait anticonstitutionnelle et le conseil constitutionnel n’aurait donc pas fait son travail, mais du coup, avec l’intervention de Sarkozy, ce conseil fait un peu figure de héro parce qu’il s’est opposé au président, alors que la question n’est pas là. On est en train de discuter de l’ingérence de Sarkozy, alors qu’il faudra débattre de cette loi, de ses implications juridiques et morales.
    Quant au sondage du Figaro, à quand un sur la peine de mort ? Au train où on va.

  • guerzit-
    guerzit-
    Incomprenant majeur
    • Posté à 09h45 le 27/02/2008
    • Internaute 28472
      Incomprenant majeur

    On s’en bat les reins de la Foi en l’homme, de la rédemption, des avocats idéalistes...

    La question n’est pas de connaitre le danger potentiel que chacun peut representer. Nous serons toujours dangereux les uns pour les autres.

    La question est de savoir si chacun doit prendre part à cet équilibre instable qu’est la société ou si un homme doit décider pour tous, armé de ces dispostifs juridiques divers ou simplement des ces milices obéissantes.

    Personnellement j’aime l’idée de l’homme providentiel, du guide universel, accepté et reconnu par tous.

    Mais je crois que c’est une utopie.

    En tout cas « Mister Nico The big one que personne n’emmerde à la récré » n’est pas celui-là.