Tribune 27/04/2011 à 13h20

Pour que la cuisine des restos redevienne un lieu où l'on cuisine

Xavier Denamur | Restaurateur


Des idées pour réconcilier les restaurateurs et leurs clients ? Légiférer sur l’usage de l’appellation « fait maison » et sur la mise en place d’un titre d’« artisan restaurateur » qui pourrait apporter la garantie que la cuisine n’est pas seulement un lieu où l’on assemble du tout prêt.

Jusque très récemment, les Français prêtaient aux restaurateurs de vrais talents. Mais depuis l’automne 2009, de nombreux reportages sont venus casser cette image d’Epinal.

Compte tenu des dizaines de milliers de restaurateurs revendiqués comme clients par les industriels spécialisés dans l’élaboration de plats cuisinés, on peut estimer qu’en 2011, près de 70% des restaurateurs français ont une carte composée totalement ou partiellement de plats industriels prêts à servir (à réchauffer ou pas, en sous-vide, en conserve ou surgelés).

Comment le client est-il informé sur son assiette ? Très mal

Le « contrat d’avenir » négocié à l’occasion de la baisse de la TVA dans la restauration a évité toute réflexion sur la qualité de la nourriture, tandis que les volets baisse des prix, emplois et investissements suscitent de nombreuses interrogations.

Ainsi, l’usage actuel non encadré de l’appellation « fait maison » sur les cartes ne reflète pas une réalité comprise par les consommateurs : un plat dit « maison » a le droit d’être composé entièrement avec des produits industriels, élaborés à l’extérieur du restaurant, par assemblage de composants.

Exemple : une « tarte aux abricots maison » peut être assemblée en utilisant un fond de tarte (pâte brisée) précuit et préformé, une crème pâtissière industrielle achetée en brique et des lobes d’abricot au sirop en conserve. Ou encore, ajouter une tranche de lard à un cassoulet industriel peut permettre de l’appeler « maison ».

Dans la même veine, rien n’oblige un restaurateur à indiquer qu’il utilise des plats élaborés entièrement à l’extérieur (que ce soit par des artisans ou des industriels) et prêts à être servis (avec réchauffage ou pas).

Mes propositions : la transparence sur les produits

Classifier les produits, selon qu’ils soient bruts et frais ou non, fabriqués sur place ou bien préparés ailleurs, permettra de retrouver la confiance des consommateurs, redorer le blason des restaurateurs, revaloriser le secteur et créer de nombreux emplois.

L’opposition à une démarche de transparence ne peut venir que de ceux à qui profite l’opacité, y compris les fabricants industriels. Ceux qui trichent face aux consommateurs, lesquels veulent croire qu’il existe de vrais cuisiniers dans les restaurants, génèrent un tort démesuré aux nombreux restaurateurs qui travaillent dans les règles de l’art.

Aujourd’hui, la restauration pâtit plus de cette opacité qu’elle n’en profite et un virage vers la transparence serait une véritable planche de salut pour la restauration traditionnelle indépendante. S’ils ne s’engagent pas fermement dans cette voie lors de la signature du nouveau contrat d’avenir, en principe ce jeudi 28 avril 2011, les restaurateurs indépendants risquent à nouveau de se faire étriper par les médias et lâcher par une autre partie de leur clientèle.

Le fait d’utiliser des solutions de fabrication issues de l’extérieur des restaurants n’est pas illicite mais correspond à un mensonge par omission et de toute façon à une tromperie morale dès lors que la majorité des consommateurs veulent que les plats qu’ils consomment au restaurant soient conçus dans sa cuisine.

Dans la même veine que les reportages récemment diffusés ( « Les pieds dans le plat » Canal+ et « Restaurants : la gastronomie du micro-ondes » sur France 2), la dernière enquête publiée en avril par le magazine Capital montre une fois de plus que les plats industriels prêts à servir ne sont pas vendus moins chers que des petits plats mijotés avec amour.

Dans un monde où le consumérisme fait loi, accepter de spécifier la nature des produits utilisés dans la composition des plats et de localiser l’endroit où ils sont cuisinés paraît plus que naturel.

Des produits bruts et frais cuisinés sur place, c’est de l’artisanat

Afin de ne pas égarer les consommateurs et de ne pas compliquer la tâche des restaurateurs, il faudrait mettre en place une législation simple qui limite l’usage de l’appellation « fait maison » aux seuls restaurateurs qui élaborent leurs plats cuisinés entièrement sur place à partir de produits bruts et frais.


proposition de logo

Ces deniers, dans le même esprit de ce qui a été mis en place pour les artisans boulangers, pourraient apposer sur leur vitrine ou sur leur carte un logo « artisan restaurateur » qui les différencierait des réchauffeurs de plats. Naturellement, rien ne garantit qu’un plat cuisiné par un « artisan restaurateur » serait meilleur qu’un plat préparé par un industriel, mais le consommateur est en droit de savoir ce qu’il reçoit dans son assiette.

Les établissements qui ne pourraient pas se revendiquer « artisan restaurateur » car ils présentent sur leur carte des plats réalisés totalement ou en partie par assemblage de « produits élaborés » à l’extérieur seraient tenus de demander à leurs fournisseurs des fiches techniques. Les clients pourraient ainsi consulter, s’ils le demandent, ces fiches qui indiqueront la composition du plat, notamment la liste des additifs éventuels.

Pour faire respecter cette législation que j’appelle de mes vœux car elle permettrait de retrouver une concurrence saine dans un secteur où l’opacité est plutôt la règle, il faudrait renforcer les moyens de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGRCCF).

S’il est difficile d’imaginer que les millions de clients de restaurants soient opposés à une telle mesure, on peut s’interroger sur les réticences de nos représentants à légiférer sur la question.

Avec Mark Watkins, président du Comité pour la modernisation de l’hôtellerie française.

Xavier Denamur est actionnaire minoritaire de Rue89.

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  • FAGUS21
    FAGUS21
    cadre commercial
    • Posté à 16h32 le 27/04/2011
    • Internaute 153745
      cadre commercial

    Cadre commercial je déjeune au restaurant au moins un ou deux fois par semaine et celà un peu partout en France. On peut dire qu’on mange peut être un peu mieux dans certaines régions de France, mais dans l’ensemble il me semble que depuis vingt ans, le niveau de la restauration courante n’a cessé de se déterriorer. Les chaines commerciales ont été des précurseurs en ce domaine. Tentez donc de déjeuner dans un de ces restaurants de chaînes d’hôtels deux étoiles qu’on peut trouver dans toutes les zones industrielles et commerciales du pays. Du nord au sud et de l’est à l’ouest, tout a le même goût. Mais le pire aujourd’hui, c’est que ce mouvement touche la plupart des restaurants, qu’ils soient affiliés à une chaîne ou indépendants. Récemment, je me trouvais à la gare de Bordeaux avec un peu de temps devant moi. J’ai donc fait le tour de tous les établissements situés à proximité. J’ai choisi celui qui avait le plus de client car la carte ne m’inspirait pas. Qulle tristesse, des produits sans saveur, une carte banale, rien de frais. Et tout çà quand même pour 25 € sans vins ni apéritifs. Malheureusement je pense qu’il y a de moins en moins de cuisiniers et de plus en plus de margoulins uniquement préoccupés de s’en mettre plein les poches. C’est triste à dire, mais la proposition commerciale de Mc Do a au moins le mérite d’être claire voire même plus honnête. Il serait temps de se remuer, s’il n’est pas déjà trop tard.

  • Nanou911
    • Posté à 17h01 le 27/04/2011
    • Internaute 115636

    J’applaudis entièrement cet article qui dit tout haut ce que tous pensent tout bas.

    Ensuite avec un peu d’éducation alimentaire, on reconnait assez rapidement le restau avec un vrai cuisto, d’un restau micro-onde... et le restau micro-onde ne me revoit pas de si tot !

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Nanou911
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 08h11 le 28/04/2011
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      « Ensuite avec un peu d’éducation alimentaire, on reconnait
      assez rapidement le restau avec un vrai cuisto, »

      En fait, dans certains bouges...il vaut mieux passer à table à 14 h 00.
      A cette heure là on peut déjeuner tranquille :
      - les mouches ne sont plus en salle,...elles sont aux toilettes.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h05 le 27/04/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Jusque très récemment, les Français prêtaient aux restaurateurs de vrais talents. Mais depuis l’automne 2009, de nombreux reportages sont venus casser cette image d’Epinal.
    En clair, jusqu’à l’automne 2008, les Français étaient pas foutu de goûter ce qu’ils mangeaient...
    Je suis loin d’être un fin palais, vu que j’ai l’odorat en sale état, mais quand même on remarque rapidement qu’un plat est quelconque, pas mauvais, juste comme partout.

    Quand cela arrive dans un coin où l’on a l’habitude de trainer, c’est dommage mais sans gravité.
    Par contre lorsqu’on fait son touriste, qu’on tient à manger un truc particulier et qu’on se retrouve avec une daube en sachant que c’était la seule occasion, là ça fait chier.

    D’où l’utilité de prendre l’apéro avant de manger : on peut toujours demander conseil au barman. Il n’est pas certain qu’il soit totalement honnête, mais on peut toujours espérer qu’il nous fera éviter les pires pièges.

    Quoi que les plus gros pièges sont faciles à éviter, c’est ceux où un serveur fait la pute. « Aller viens chéri, je vais faire bonheur à toi, toi manger chez moi et moi faire apéritif à toi ».

    Alors du coup un petit « home made » ça pourrait le faire, pas forcément parfait, y’a d’autres arnaques, mais ça limite les trucs trop infâmes, et un touriste satisfait c’est un touriste heureux, donc une meilleure ambiance.

    Quoi que... en fait non, c’est une mauvaise idée. Car lorsqu’une touriste est dépitée de son diner, elle apprécie lorsqu’un indigène propose de la conduire en un meilleur restaurant le lendemain.
    C’est une des meilleures tactiques pour draguer, aussi bien que les itinéraires touristiques hors-piste connu de moi seul (enfin de tout ceux qui connaissent la capitale : D)

    Surtout ce genre de proposition ça ferait la nique à tous ceux qui osent vendre de la gastronomie familiale traditionnelle du terroir fait par mammy dans sa maison.... directement sortie d’une boite.
    Rien que pour voir la gueule que tireraient la moitié des restos à côté du boulot, ça vaudrait le coup.

  • martinjo
    martinjo
    SARKOPHOBE
    • Posté à 17h41 le 27/04/2011
    • Internaute 38872
      SARKOPHOBE

    A mon avis, vues les réactions quand aux commentaires, il se trouve là quelques restaurateurs qui ont du mal à digérer...

  • pipabrin
    pipabrin
    Informaticien
    • Posté à 18h44 le 27/04/2011
    • Internaute 100830
      Informaticien

    J’adhère totalement à vos constats et propositions. Je ne suis pas contre le surgelé mais qu’on me le dise, je le pratique sur certains produits frais qui restent très bons à cuisiner. De plus Il m’est très désagréable digérer des plats contenant des conservateurs : que cela me soit dit aussi.
    Donc
    1) que la transparence soit une obligation : oui !
    2) que soit développé, encouragé le label allant dans ce sens « maitre restaurateur de France » contrôlé par l’État. Cela semble une excellente solution, mais n’attire pour l’instant que peu de restaurateurs

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à pipabrin
      Auteur(e) de l'article Restaurateur
      • Posté à 15h10 le 30/04/2011
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      Le titre « maitre restaurateur » est trop complexe à obtenir et coûte de l’argent, ce que je propose est simple, gratuit et accessible à tous les restaurateurs. Naturellement, seuls les services de l’Etat contrôlent.

      • pipabrin
        pipabrin répond à Xavier Denamur
        Informaticien
        • Posté à 09h13 le 01/05/2011
        • Internaute 100830
          Informaticien

        Merci de votre réponse. J’ignorai le coût de « maitre restaurateur », donc oui à la simplicité d’« artisan restaurateur », la transparence et la simplicité. Il reste à trouver des moyens efficaces d’agir en ce sens dont vos articles. Merci.

  • Michel-Petit
    Michel-Petit
    Retraité
    • Posté à 18h56 le 27/04/2011
    • Internaute 62964
      Retraité

    Noble démarche, cent pour cent d’accord.

    Mais quand on se rappelle que la dernière mesure sur la restauration a été la baisse de TVA, avec les effets positifs que l’on sait, on risque d’attendre longtemps une modification substantielle de la législation visant à garantir la qualité par ce monde politique inconscient.

    Et puis que vont devenir les magasins Métro si les camionnettes des restaurateurs les plus réputés ne peuvent plus acheter impunément des produits lyophilisés ou autres plats préparés.

    Un jour dans un petit resto qui marchait bien où m’avait invité un habitué ravi, on m’a servi de la mayonnaise en tube.
    Réussissant à choper le patron je lui ai demandé ce qui justifiait cette saloperie, il m’a répondu : Faire une mayonnaise à la minute ? C’est tout simplement impossible dans un restaurant !

    Certes, mais alors une tarte aux abricots ou un cassoulet ?
    Folie pure.

    N’oublions pas que notre bon Jupiter élyséen ne boude pas ses efforts pour détruire les services de la répression des fraudes de longue date, et que pour les quelques agents encore en fonction, les règles sont tellement segmentées qu’ils ne sont plus que de gentils organisateurs dans le club de la malbouffe.

    Vouloir renverser la vapeur, dans ce monde du four à vapeur justement si pratique pour redonner vie à des machins tout desséchés, c’est le combat des titans.

    Mais bon, qui ne risque rien n’a rien, bon courage.

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à Michel-Petit
      Auteur(e) de l'article Restaurateur
      • Posté à 15h31 le 30/04/2011
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      « Faire une mayonnaise à la minute ? C’est tout simplement impossible dans un restaurant. »
      Quand on arrive à croire dans ce genre d’ineptie, il faut dire à votre « restaurateur » de changer de métier.

  • OralH
    OralH
    we are one
    • Posté à 19h02 le 27/04/2011
    • Internaute 88146
      we are one

    Pourtant c’est assez simple avec notre cuisine « Française » classée à l’Unesco, un resto ou la cuisine ouvre à 11h30 et qui vous sert de la blanquette ou un boeuf mode à 12h ? ? ? Y a un hic
    Combien de temps pour une sauce tomate « maison » ?
    Pour un tagine citrons-olives ?
    Un poulet yassa ?
    Une ratatouille de Provence (ou d’ailleurs) ?
    A vrai dire, il n’y a bientôt plus que les pizzerias ou la bouffe est faite « maison » .....
    Suis entièrement d’accord pour que le terme de restaurateur soit encadré ! !
    « Artiste dont la profession est de restaurer, de remettre dans son état primitif une œuvre artistique » ’portail lexical)
    Bon aller, je retourne en cuisine de toute façon on peut plus fumer au resto ! !

  • castor74
    castor74
    auxiliaire de vie
    • Posté à 19h04 le 27/04/2011
    • Internaute 76554
      auxiliaire de vie

    bon je vais grossir le trait un max, tas le resto archi etoilè ou t as trente six milles assiettes et tu sors avec la bourse et le ventre vide, et puis certains restos qui veulent faire du produit de terroir, mais c est aussi du trompe couillon....car beaucoup d enquetes serieuses ont prouvè que , question terroir il n avais que le nom, il y a deux critiques gastronomiques qui me font saliver a la tv c est JEANLUC PETITRENAUD ET PERICO LEGASSE.....ces deux la defendent de vraies valeurs gastronomiques, malheureusement comme beaucoup de mes compatriotes, j ais pas assez d argent pour aller dans les restos qu ils preconisent....mais je l aurais un jour ...air connu...le droitmoi aussi d y aller, et je vous prie de croire que ce jour la j inviterais le plus de gens possible dans la dèche comme moi et on s en mettras pmein la lampe

  • Neferourê paillette
    • Posté à 19h15 le 27/04/2011
    • Internaute 109763
      prof

    Ce n’est pas pour rien que les émissions sur la cuisine connaissent un grand succès, et qu’on redécouvre le plaisir de cuisiner. Non seulement pour des raisons économiques, mais aussi écologiques , et pour retrouver le goût des bons plats faits maison.
    De plus, les restaurateurs ont eu droit à un coup de pouce fiscal qu’ils n’ont pas du tout répercuter sur l’addition.
    Résultats : dans mon entourage, bien plus d’invitations « viens manger » à la maison, et beaucoup moins de « on se retrouve au resto X ».

  • GroFredo
    GroFredo
    Routier
    • Posté à 19h30 le 27/04/2011
    • Internaute 153759
      Routier

    « la mise en place d’un titre d’“ artisan restaurateur ” qui pourrait apporter la garantie que la cuisine n’est pas seulement un lieu où l’on assemble du tout prêt. “
    Très bonne idée, au pays de la gastronomie reine, nous ne devrions plus avoir de ‘Tricatel’.
    Avant il existait le bouche à oreille, mais la vie a bien changée et si un label officiel peut aider ‘Monsieur tout le monde’ à se restaurer dans un lieu où l’on respecte son palais, tant mieux !

  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 19h55 le 27/04/2011
    • Internaute 64790
      dilettante

    Je me rappelle du resrtaurant ouvert par Jean-Luc Delarue (Muriel Grasser-Hermé, en fait) à l’enseigne du Korova, ou le « K » figurait un ouvre-boîte...
    Et où rien n’était préparé sur place !
    Passons...

    Le problème d’un restau qui ne ferait que du frais, ça va d’abord être de trouver un vrai chef, qui connaisse les produits. La carte devra respecter la saisonnalité de ceux-ci (pas de tomates en mars !), et, surtout, devra permettre au chef de faire son métier : créer de la valeur ajoutée sur les ingrédients par son travail. En clair, un chef n’est ni un ouvre-boîte, non plus qu’un débiteur de « pavés » de bœuf ! Il doit transformer les ingrédients, et rien ne doit transparaître de sa mercuriale.

    Mais la réforme proposée va beaucoup plus lon qu’il n’y paraît : si l’on supprime le « dur » (surgelé), le 5ème gamme (produits frais non préparés mais apprêtés - i.e carottes râpées en sachet), il va falloir revenir à un classement des restaurants en fonction de leur type de cuisine : le bistrot de quartier ne peut servir les mêmes plats que le « gastro » !
    L’histoire de la restauration moderne est aussi un modèle : « La mangeur du XIXè siècle » de Jean-Paul Aron, enseignera ce quec doit être une restauration vraie, et variée. Qu’on complète cette bible de « La physiologie du goût » du bon Brillat-Savarin, et pourquoi pas du « Manuel de l’amphitryion » de Grimod de la Reynière (tous ouvrages épuisés mais que l’on trouve chez les bouquinistes), et l’on est sûr d’offrir à sa chalandise ce que tout restaurant se devrait de lui délivrer : un bon repas, un bon accueil, un bon moment.

  • Philippe BATTMANN
    Philippe BATTMANN
    Ex-Restaurateur
    • Posté à 20h13 le 27/04/2011
    • Internaute 72583
      Ex-Restaurateur

    Le plus simple ?
    - Obliger les restaurateurs à indiquer, pour chaque plat servi, la liste exhaustive des ingrédients utilisés, y compris ceux contenus dans les préparations industrielles mis en oeuvre. Ce serait déjà un grand pas en avant...
    ... et au final, au client de faire le tri... en acceptant d’en payer le juste prix, ce qui n’est pas gagné...

    Phil, restaurateur libéré...

    • zénon denon 84
      • Posté à 20h32 le 27/04/2011
      • Internaute 30028
        Bonne

      Je crois ,sûr flairer la bonne table
      rien qu’à lire la carte .C’est vrai que le peu de plats
      et l’ami du bon .Sans aucun doute .

      Et revenons au menu du jour .Quand on peu .( !)
      C’est une trés bonne chose . ! restez simple .
      donc forcément moins chèr .Ce qui attirera les fidèles .
      Quand au bouche à oreilles ,il revient . Lui aussi /Tant mieux .

      Pour moi ça sera un mousseline et sa grillade toulousaine ...
      juste avant les oeufs à la neige !

      • Philippe BATTMANN
        Philippe BATTMANN répond à zénon denon 84
        Ex-Restaurateur
        • Posté à 21h13 le 27/04/2011
        • Internaute 72583
          Ex-Restaurateur

        Oui, le peu de choix peut etre un indicateur... Par contre, peu de plats égale peu de clients ! ! ! Il faut avoir du choix, faute de quoi le client se sent pris en otage et ne revient pas. Demandez au « marketeurs » des grandes enseignes de distribution, ils vous le répéteront à l’envi : le client doit avoir le sentiment d’etre décisionnaire. Si vous lui imposez votre choix, par un menu unique par exemple, et meme s’il n’est pas cher, vous ne le reverrez certainement jamais...
        J’en ai fait l’amère expérience...

        Phil

         
        • zénon denon 84
          • Posté à 11h05 le 28/04/2011
          • Internaute 30028
            Bonne

          AH !
          Quantité ou qualité _Il faut choisir _
          ou ne rien faire !
          Donc ne pas se plaindre .

        • Xavier Denamur
          Xavier Denamur répond à Philippe BATTMANN
          Auteur(e) de l'article Restaurateur
          • Posté à 16h58 le 30/04/2011
          • Internaute 48550
            Restaurateur

          La restauration traditionnelle n’est pas de la distrIbution. Dans Paris comme en province, les bons bistrots ne proposent souvent que très peu de choix. Le CHATEAUBRIAND rue Oberkampf dans le 11e fait partie des adresses les plus courues, depuis des années, on y sert un menu unique pour tout le monde. Le CA de cette affaire a explosé depuis que le nouveau chef a choisi cette option.
          De mon coté, j’ai multiplié par 10 le CA de chacune des affaires que j’ai repris en divisant par 2 à 3 le nombre de plats proposés tout en jouant la carte de la transparence.

          • Philippe BATTMANN
            Philippe BATTMANN répond à Xavier Denamur
            Ex-Restaurateur
            • Posté à 20h52 le 30/04/2011
            • Internaute 72583
              Ex-Restaurateur

            ...En Province, dans mon petit village de 3500 ames, j’ai divisé mon CA par 4 en appliquant la formule des 2 menus à Midi et carte restreinte.... A Paris, je pense que ma formule aurait séduit : 100% maison, local et bio... Mais cultiver ses carottes à Paris ne doit pas etre une mince affaire...

            Phil

            • Xavier Denamur
              Xavier Denamur répond à Philippe BATTMANN
              Auteur(e) de l'article Restaurateur
              • Posté à 21h29 le 30/04/2011
              • Internaute 48550
                Restaurateur

              Avez-vous bien communiqué sur votre démarche ? Sur mon site commercial Lien vous trouverez mes cartes, téléchargez-les, vous y trouverez des éléments que vous pourrez mettre sur votre vitrine et sur vos cartes. Mon logo RestoEcoResponsable « le vrai fait maison » est libre de droit, utilisez-le, vous semblez répondre à ses critères. Certains de vos collègues en province ont suivi mes conseils et ça marche plutôt bien.
              Je serai le 11 mai à 22h10 et le 14 à 9h40 sur france 5 dans l’émission « c’est important » sur ce thème et redire aux clients de restaurants de préférer des cartes simples.

              • Philippe BATTMANN
                Philippe BATTMANN répond à Xavier Denamur
                Ex-Restaurateur
                • Posté à 23h23 le 30/04/2011
                • Internaute 72583
                  Ex-Restaurateur

                ...Plus que communiqué meme ! Presse écrite, télé locale et régionale, radio régionale et nationale, Prix Entreprise & Environnement décerné par le Ministère de l’Environnement (devant SODEXHO, Airbus, Lafuma, excusez du peu), interventions dans les lycées pro, formation de confrères avec l’Ariena, etc, etc... Tellement communiqué sur ma démarche et tellement expliqué ma démarche que, peut-etre, j’ai fait peur à mes clients...
                Bio, pas bio ? Fait « maison », pas fait maison ? Globalement, la majorité des clients s’en foutent ! A partir du moment où ce que vous leur servez est bon et accessible à leur portefeuille, cela leur suffit. Et ne leur parlez pas adjuvants alimentaires, pesticides, bisphénol, huile de palme et tout ce genre de choses, cela ne les concerne pas ! Circulez, y’a rien à voir ! ! !
                Nombreux sont encore ceux qui pensent que la majorité des restaurants servent encore de la vraie cuisine. En leur démontrant qu’ils se trompent, vous les montez contre vous... et, seuls restent, les quelques uns que vous avez pu convaincre. Ceux là par contre vous resteront fidèles... Seulement, dans un village, ils ne sont pas assez nombreux pour faire tourner votre affaire...

                Phil

        5 autres commentaires
  • NaturalWriter
    NaturalWriter
    Plumée
    • Posté à 20h51 le 27/04/2011
    • Internaute 146011
      Plumée

    Sympathique article - ça fait du bien de lire une proposition, un début d’esquisse de solution possible !

    Effectivement, ce serait chouette de savoir d’où viennent les produits - au minimum l’indication du « réchauffé » ou de « produit industrielle »...

    Mais je doute que cela doive passer par une énième législation +/- contraignante. Car comme dit Numerosix, globalement on s’en fout un peu parce que ça fait 50 ans qu’on s’habitue progressivement à bouffer de la m... bourrée d’additifs et d’exhausteurs de goût dans les cantines d’école, de boulot et la plupart des restos. Et effectivement, tant qu’on n’est pas malade et qu’il y a un minimum de service, où est le problème ?

    Le problème c’est que notre goût à changé en suivant le mouvement de l’uniformisation. Entre 2 tomates (de saison ou sous serre) il y a déjà un monde de nuances. Et combien de variété de tomates trouve-t-on aujourd’hui sur les marchés ? 3-4 maxi. Combien y en avait-il avant guerre ? Une bonne vingtaine minimum (cf par exemple 52 variétés anciennes de tomates chez kokopelli -Lien). Elles étaient moins luisantes, moins « parfaites », moins là toute l’année, avec des formes et des teintes « bizarres », pas recensée au catalogue des variétés autorisées par l’état (qui existe bel et bien) mais bon sang qu’elles étaient bonnes ! ! ! Je le sais, j’en ai fait pousser l’an dernier.
    Mais qui s’en plaint ? Personne. La diversité disparaît sous nos yeux et on est tellement obnubilé par le fait de devoir gagner de l’argent pour acheter de quoi vivre qu’on ne s’en rend même pas compte.
    Donc le goût à changé et le restaurateur - c’est-à-dire le gars au départ censé nous ouvrir une porte gustative et chaleureuse vers un moment de plaisir culinaire -, lui aussi a changé. Aujourd’hui, celui qui ramasse les herbes au jardin, se sert dans le potager d’un copain et choisit ses viandes avec amour, présente forcément une addition délirante. C’est un artisan qui est devenu une exception là où c’était (grosso modo) la norme.
    Car pour l’immense majorité des autres, la restauration est devenue un business où l’amour du métier a été enseveli sous les charges, normes, labels, emprunts, contrôles et autres sous-produits de notre société administrative délirante. Au bout d’un moment, un tel amas de paperasserie et de perte de temps, ici comme dans tant d’autres domaines, finit par tuer l’amour du métier, non ? Et malgré tout, il y a toujours des cafards qui courent en cuisine de temps en temps, des rats dans les égouts, des gars qui ne se lavent pas les mains, etc. Comme il y a des vaches folles et des poissons blindés de mercure. On a beau « normer », on ne contrôle rien, ou du moins pas grand-chose. Et comme la plupart doivent rembourser leurs banques (tiens, tiens), c’est la solution de facilité du surgelé.
    Alors, à qui la faute ?
    A mon avis il y a deux voies : soit manger est un plaisir, on va vite rejoindre les initiatives genre Slow Food (Lien) et on choisit attentivement où on passe sa soirée resto pour donner ses petits sous à quelqu’un qui fait un effort de qualité, soit manger c’est juste rien et alors pourquoi pas continuer comme ça ?

  • Banteay Srei
    • Posté à 23h33 le 27/04/2011
    • Internaute 152460

    Des propositions qui aboutiront au contraire de l’effet escompté… Si vous désirez lire une carte de restaurant de la manière qu’un emballage de grande surface, ça vous regarde mais selon moi, vous n’aimez/ « ne savez » pas manger et faites preuve d’un dédain énorme pour l’artisan, titre honorifique qui vous tient tellement à cœur. Outre le fait que ce type d’extrémismes n’a pas de limites, vous enterrer de cette manière les plus grands plaisirs de la table, de ceux l’œuvre de grands professionnels : La surprise, la découverte, la redécouverte d’un produit que vous pensiez ne pas aimer, le savoir-faire, les mariages subtils de saveurs, la petite touche mystérieuse qui fait toute la différence…Bref, ce véritable travail d’artiste dans votre enfer pavé de bonnes intentions est désormais relégué au domaine public, quelle considération !
    La tentation mercantile et frauduleuse de ce métier très dur est réelle mais ne doit pas faire perdre de vue que la grande fossoyeuse du goût reste avant tout en amont, principalement liée à une politique agro-alimentaire.
    Au niveau des restaurants, je rappelle qu’outre les normes d’hygiènes, une législation relativement stricte existe et il est par exemple interdit de frauder l’origine et appellation. Je ne doute pas qu’il y ait nécessité de plus de contrôles mais commençons par appliquer ce qui se trouve dans l’arsenal juridique, ce sera un bon début.

  • alex
    alex
    ...
    • Posté à 22h58 le 28/04/2011
    • Internaute 125524
      ...

    Un label Artisant restaurateur aurai au moins la pertinence d’informer le client, mais il faudrai pour cela une charte trés rigoureuse, avec par exemple 80-90% de matiére premiére Brute et fraîche et une cuison et un assemblage sur place .
    Je travail dans la restauration depuis 16 ans (j’en ai 32)école hotelliére, apprentissage dans de belle maison puis aboutissement avec l’ouverture de mon restaurant en 2009.
    Ayant travaillé dans de nombreux établissements , je peut dire qu’au tout début de ma carriére , les 18 premiers mois quand vous êtes encore un peut jeune et trop « tendre “ pour travailler au sein de grosse brigade j’en ai vu des vertes et des pas mures.Entre la récupération de produits dans les assiettes revenues de salle , la cuisine spécialité régionale au micro ondes ...il y a de quoi faire et puis l’entrée dans de grande maison ou la premiére chose que l’on vous apprends est l’amour de votre métier,et la valeur du travail.
    Combien de restaurant aujourd’hui n’ont plus de fourneaux ? pourquoi s’embeter a cuisiner quand des sociétes telles que transgourmet ou métro pour ne cités que celles là vous fournis entrées, plats , déserts sous vide ou congelé ? les marges ne sont que plus belles et les économies de salaires sur les employés je ne vous en parle même pas .Un chef de partie gagne de 1600 à 1800€ par mois alors qu’un ‘réchauffeur de plat sous vide’ même travaillant sur les champs élysées gagne le SMIC .Et puis quel confort , on passe une commande par informatique et magie un camion apparait au fond de l’allée et vous livre tout .Plus besoin de faire vos menus , ils le font à votre place .Plus besoin de faire le marché , qui pour moi est un des éléments fondamental et que je ne délaisserai pour rien au monde , car le contact humain est indisociable de ce métier pour celui qui veut l’exercer avec passion et amour .
    Le probléme c’est qu’aujourd’hui tout le monde peut décider de devenir restaurateur sans aucunes formation ,même Mac donald ou quick qui personnellement pour moi sont tout sauf des restaurants mettent sur leur enseigne le terme de restaurant.Commençons d’abord par mettre de l’ordre dans les dénominations .
    -la restauration rapide : appelons la Sandwicherie ou restaurant rapide
    -les établissements travaillant avec moins de 60% de produits frais brut ou du congelé , ou du sous vide , Obligeons les à l’indiquer trés clairement sur leur carte signalé par un écusson de couleur et appellons les par exemples Cantine ou Self
    -les établissements travaillant avec 60à 80% de produits frais brut pourrai porter le nom de brasserie , auberge , bistrot.
    -les restaurateurs qui eux travail réelement le produit (+ de 80% de produits brut frais) devraient être les seuls à pouvoir porter le titre de restaurant .
    Cela aurai l’avantage de ne plus berner les clients ,car certains n’hesitent pas à faire payer de la nourriture de Cantine au prix du frais .Mais attendez vous dans ce cas à voir disparaitre plus de 60% des ‘restaurants’ hors chaines de restauration rapide

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à alex
      Auteur(e) de l'article Restaurateur
      • Posté à 17h11 le 30/04/2011
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      C’est un plus complexe que mes propositions mais l’esprit est là. Diffusez cette tribune auprès de vos collègues et fournisseurs, on finira par faire bouger les choses dans le bon sens.

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur
    Auteur(e) de l'article Restaurateur
    • Posté à 13h38 le 29/04/2011
    • Internaute 48550
      Restaurateur

    Alors que l’on peut connaître avec l’étiquette de contexture obligatoire l’origine et la composition d’un vêtement dans lequel on s’enveloppe, l’opacité sur ce que l’on ingère quand on va au restaurant restera de mise.
    Alors qu’ils avaient l’occasion hier de redresser le baromètre de l’opinion public en s’engageant sur la transparence, le gouvernement et les organisations patronales de la restauration viennent à nouveau de s’engager à mentir sauf sur les prix comme l’a gentiment fait remarquer l’AFP.
    « Ils ne promettent plus de baisser les prix, comme ils l’avaient fait en 2009 sans tenir leur promesse, et, en période d’inflation sur les prix des matières premières alimentaires, les restaurateurs n’osent même plus s’engager à ne pas trop les augmenter. »
    Lien

  • galanga
    galanga
    vaincre les mauvais «  (...)
    • Posté à 07h14 le 01/05/2011
    • Journaliste 101322
      vaincre les mauvais «  (...)

    Très bonne tribune. J’ai appris plein de choses, avec les vidéos.

    Voici une dépêche du 29/04/2011 qui pourra intéresser ceux qui militent pour plus de transparence :
    Lien

    extrait : « les autorités [...] ont demandé aux restaurants de publier la liste des additifs qu’ils utilisent dans leurs aliments, leurs boissons et leurs assaisonnements. »

    Je vous laisse regarder de quel pays il s’agit...

    Si eux le font, c’est vraiment la honte que la France ne le fasse pas.

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à galanga
      Auteur(e) de l'article Restaurateur
      • Posté à 20h37 le 01/05/2011
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      Les restaurateurs français vous répondront que la France n’est pas la Chine, que notre gastronomie est inscrite au patrimoine de l’UNESCO et que le « made in France » est le meilleur du monde.

      Si ce n’était que sur ce dossier que la France devrait avoir honte, notre démocratie aurait déjà fait son grand bon en avant.

      En attendant que la transparence dans l’assiette comme dans la République soit inscrite dans le programme d’un candidat à la présidentielle, faites circuler les informations et poser des questions avant de vous mettre à table et de glisser votre bulletin de vote dans l’urne.

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