RespectMag.com 27/04/2011 à 18h25

La réforme de la carte scolaire a rendu l'école plus injuste

Respect Mag | Urbain, social et métissé


Dessin de El Diablo


Présentée comme une mesure de justice sociale, la libéralisation de la carte scolaire renforce au contraire les inégalités. Et fait reculer une mixité déjà mise à mal. Inverser la tendance ? Possible, à condition de mettre en œuvre un vrai projet politique.

Vingt-cinq ans qu’elle revient sur le tapis. « Hypocrite » pour les uns, « indispensable » pour les autres, la carte scolaire divise.

Au cœur du débat ? Son efficacité. Créée en 1963 pour gérer l’affectation des élèves, ce dispositif s’est vu attribuer une seconde mission : garantir la mixité sociale à l’école. Loin d’être simple.

Depuis les années 80, la ségrégation s’accentue et la carte scolaire est allègrement contournée. Faut-il la modifier ? Fraîchement élu, Nicolas Sarkozy annonce sa suppression. Quatre ans plus tard, elle n’a pas disparu, mais aurait été « assouplie ».

En clair ? Les élèves sont toujours affectés à l’établissement de leur quartier, mais peuvent obtenir une dérogation, notamment s’ils sont boursiers. « Une manière de favoriser l’égalité des chances et la diversité sociale », affirme le ministère de l’Education nationale. Vraiment ?

« Les classes populaires ont du mal à demander des dérogations »


« L’assouplissement de la carte scolaire n’est pas un gage de mixité sociale », nuance Agnès van Zanten, sociologue, auteur de « Choisir son école » et co-auteur, avec Jean-Pierre Obin, de « La Carte scolaire » (éd. PUF). Sur le papier, la réforme devait permettre aux boursiers d’accéder aux bons établissements.

Raté. « On sait que les classes populaires ont plus de mal à demander des dérogations. Et rien n’a été fait pour les y inciter », constate-t-elle. Pire, la libéralisation de la carte ghettoïserait une partie des collèges les plus défavorisés.

Le ministère refusant de publier une étude sur les effets de la réforme, le Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (Snpden) s’en est chargé. Résultat : 40% des établissements classés Réseaux ambition réussite sont moins fréquentés ; 10% d’entre eux ont vu déguerpir un quart des élèves, souvent les plus favorisés.

Une polarisation inquiétante. D’un côté des collèges désertés, où restent ceux qui n’ont pas pu partir ; de l’autre des établissements où s’entassent les meilleurs élèves, souvent issus de milieux aisés.

« Il s’agit d’attirer les meilleurs »

Insidieusement, la réforme de la carte scolaire met les établissements en concurrence. « Il ne s’agit pas d’offrir un meilleur service aux élèves, mais bien d’attirer les meilleurs », analyse Philippe Tournier, secrétaire général du Snpden.

Certains collèges peinent à remplir leur quotas d’inscription, quand d’autres sont submergés de demandes. Agnès Van Zanten souligne :

« Tout le monde veut les mêmes endroits, mais il n’y a pas de place pour tous ! Cela crée une insatisfaction grandissante. »

Faute d’obtenir l’établissement de leur choix, de plus en plus de familles se tournent vers le privé. En trois ans, les demandes ont grimpé de 9,5%, selon l’enquête du Snpden.

Une tendance qui révèle, en creux, l’incapacité de l’école républicaine à assurer l’égalité des chances. « On a construit un mythe du collège unique, où tous les établissements se vaudraient », ironise Georges Felouzis, sociologue et co-auteur de « L’Apartheid urbain » (éd. Seuil). « Mais tout le monde sait que c’est faux ! »


Dessin de Hervé Pinel

Pas un hasard donc, si le tri social s’opère essentiellement à partir du collège. « Dans l’esprit des parents, les choses sérieuses commencent là », constate Bernard Plaud, directeur de l’école primaire Chernoviz, dans le XVIe arrondissement de Paris :

« Ici se côtoient des dizaines de nationalités. Tous les milieux sociaux. Le fils du PDG comme celui de la vendeuse. Leurs différences leur passent au-dessus de la tête !

Malheureusement, c’est la seule expérience de mixité qu’ils connaîtront, regrette-t-il. Une fois au collège, tout le monde rentre dans sa case. »

Fidèle miroir de la société française, l’école en reproduit les clivages. Fracture sociale, mais aussi ethnique. En 2000, Georges Felouzis a mené l’enquête dans 333 collèges de l’académie de Bordeaux.

Les parents jugent sur « des critères ethniques plus que sociaux »

Conclusion ? La ségrégation ethnique y est encore plus forte que la ségrégation sociale. « Le problème, c’est la géographie de la ville, pas la carte scolaire », analyse Françoise Sturbaut, proviseur du collège Roger Martin du Gard, à Épinay-sur-Seine (93). « L’école subit de plein fouet la ségrégation urbaine ! »

Un phénomène quasi mécanique, accentué par les comportements individuels. Faute d’information, les familles jugent la qualité d’un établissement sur son image : sa localisation, son bâtiment, mais aussi ses élèves.

« Les stratégies de contournement sont basées sur des critères ethniques plus encore que sociaux », révèle Georges Felouzis. Perçus comme des « ghettos », certains établissements sont tout simplement fuis.

En bout de course ? Des collèges et lycées « qui cumulent les inégalités », poursuit-il :

« La ségrégation ethnique se nourrit d’une ségrégation économique très forte, à laquelle s’ajoute un taux d’échec scolaire important. »


Dessin de El Diablo

Selon l’OCDE, les inégalités scolaires se sont même accrues depuis 2000, tout comme le nombre d’élèves en difficulté (c’est que qu’établit l’étude Pisa de 2009). « Moins la population est mixte, socialement et scolairement, moins le système éducatif est performant », prévient Philippe Tournier.

Son souhait ? « Une régulation de la part des pouvoirs publics. » Agnès Van Zanten décrit comment elle s’opère en Grande-Bretagne :

« Chacun est libre de choisir son école, mais les établissements doivent respecter des quotas : un tiers de bons élèves, un tiers d’élèves moyens, et un tiers d’élèves en difficulté. Une politique assez efficace. On peut aussi responsabiliser les chefs d’établissements, afin qu’ils se concertent et équilibrent leurs populations.

Il faut permettre la mixité à l’école. De nombreux travaux le montrent : les résultats scolaires sont meilleurs pour tous lorsqu’il y a une vraie diversité. »

Indispensable aussi d’apprendre à vivre ensemble. « D’autant plus à un âge où l’on construit son identité », souligne Françoise Sturbaut. Loin de fonctionner à coup sûr, la mixité nécessite néanmoins un vrai travail pédagogique. « Un projet politique et éducatif global, où la diversité est abordée comme une ressource », estime Agnès Van Zanten. « Malheureusement, ce n’est pas le cas aujourd’hui. »

L’une des leçons, peut-être, de la carte scolaire. L’éducation d’une jeunesse ne tient pas seulement à la nature d’un outil bureaucratique. Elle repose d’abord, et surtout, sur une véritable volonté politique.

Aurélia Blanc

En partenariat avec RespectMag.com


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  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 18h42 le 27/04/2011
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « La réforme de la carte scolaire a rendu l’école plus injuste »

    Qui a découvert ça ?
    J’espère que ce n’est pas l’auteur de l’article...tout de même !

    ...parce que sinon, c’est comme donner un bulletin météo de la veille.

    • pablico
      pablico répond à Yvon le Zébulon
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h56 le 27/04/2011
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      si l’on refaisait le service militaire, il y aurait le service à carte.

      les fils de famille dans des unités de fils de famille, les autres dans les unités disciplinaires...

      on ne mélange pas.

      (ironie pour montrer la logique par transposition)

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à pablico
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 19h14 le 27/04/2011
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        « si l’on refaisait le service militaire, il y aurait le service à carte. »

        Pas besoin de réinstaurer la conscription : C’était déjà le cas avant !
        - J’ai vécu ça de l’intérieur, et j’y ai vu des brèles dispensées de corvées.

         
        • pablico
          pablico répond à Yvon le Zébulon
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
          • Posté à 19h19 le 27/04/2011
          • Internaute 14278
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

          moi aussi, mais les brèles demandaient ardemment à les faire à un moment donné.. le groupe des autres veillait...

        1 autres commentaires
    • bloozmarch
      bloozmarch répond à Yvon le Zébulon
      indocile heureux
      • Posté à 23h30 le 27/04/2011
      • Internaute 15731
        indocile heureux

      Le but était bien de reconcentrer l’ accès à des postes décisionnels pour ceux venant des milieux sociaux en charge déjà du système décisionnel.
      Ainsi le système politico-économique ne serait jamais contesté, jamais remis en cause, tout restant dans les mains d’ une caste persuadée de détenir une vérité à laquelle les « manants » ne comprendraient jamais rien sauf quelques cas isolés, qui à force de travail franchiraient les obstacles, (beaucoup plus nombreux dans leur cas), pour montrer qu’ ils avaient compris la parole libérale et qu’ ils en seraient les plus farouches défenseurs.
      Pour préserver une idéologie, il faut exclure de l’ accès aux responsabilités tous ceux qui pourraient avoir des pensées hérétiques, en fait tous ceux qui oseraient penser librement !

    • Gilles31
      Gilles31 répond à Yvon le Zébulon
      Gaucho
      • Posté à 09h52 le 28/04/2011
      • Internaute 57081
        Gaucho

      Plus injuste ?

      Je suis sûr que les électeurs de droites approuvent dans leur très grande majorité cette réformette.

      Et c’est ça l’essentiel non pour un clientéliste ? Faire plaisir à son électorat, pas aux pauvres guignols qui votent peu et souvent pas pour lui

      • OISANS38
        OISANS38 répond à Gilles31
        retraitée
        • Posté à 13h45 le 28/04/2011
        • Internaute 47327
          retraitée

        Il me semble me souvenir que Madame Royal, candidate à la présidentielle, défendait cette « réforme ». Voulez-vous dire qu’elle est de droite ?

        Si même le Snpden s’alarme, c’est que la sitation s’est terriblement aggravée. Pourquoi n’en suis-je pas étonnée ?

        Comme dit quelqu’un sur ce forum : qui a dit que l’école devait être juste ?

    • Gilles31
      Gilles31 répond à Yvon le Zébulon
      Gaucho
      • Posté à 10h19 le 28/04/2011
      • Internaute 57081
        Gaucho

      Qui a dit que l’école devait être « juste » ? Les socialistes, au sens pur du terme (pas le PS) qui ne sont que quelques pour cent de la population.

      Depuis quand est-elle juste au fait ? Depuis jamais .....

      Les gens veulent-ils vraiment une école juste ? J’ai des doutes...

      Dans nos pays il y a toujours eu des écoles d’élites et ceux qui en bénéficient veulent les garder. Qu’ils viennent des classes dominantes ou moyennes.

      Pour assurer la paix sociale il faut juste que les autres écoles « populaires » aient un standard minimum. ça devient de plus en plus compliqué à gérer, d’où l’abandon des écoles les plus plombées.

      Si cela vous offusque, alors pensez que c’est tout le système économique et sociale qu’il faut changer

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à Gilles31
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 10h22 le 28/04/2011
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        « Si cela vous offusque, alors pensez que c’est tout le système économique et sociale qu’il faut changer »

        Je suis assez d’accord avec vous : Ce qui existe ne fonctionne pas !

         
        • Gilles31
          Gilles31 répond à Yvon le Zébulon
          Gaucho
          • Posté à 11h04 le 28/04/2011
          • Internaute 57081
            Gaucho

          Si tout de même ça fonctionne, mal, de plus en plus mal, mais ça fonctionne

          Une minorité en tire d’énormes bénéfices.

          La majorité sort de l’école tant bien que mal avec une formation intellectuelle et des diplômes qui leur serviront à comprendre et survivre en société. Certains intégreront même l’élite.

          La dernière minorité elle est aux choux. C’est surtout ça qui fonctionne de pire en pire ; Et pas qu’à cause de l’école, mais du fait de l’environnement socio-culturel .... que l’école n’arrive plus à faire évoluer.

        1 autres commentaires
  • grosnaze
    • Posté à 18h57 le 27/04/2011
    • Internaute 27732

    Peu de gens se sont inquiétés des résultats calamiteux de la quasi disparitions de la carte scolaire jusqu’à la gauche aves S Royale qui y était favorable.

    Nous y sommes donc et cela participe a l’entreprise de démolition de l’école public qui est clairement concertée et planifiée. Du recrutement aux programmes a la formation des enseignants a leur déconsidération tant matérielle que morale tout y contribue avec succes helas.

    Cela était prévisible cela s’accomplit dans la quasi indifférence qu’importe on en aura les résultats que dans 20 a 30 ans

    • averageman
      averageman répond à grosnaze
      RGPP pour tout le monde (caviar (...)
      • Posté à 08h19 le 28/04/2011
      • Internaute 116476
        RGPP pour tout le monde (caviar (...)

      Facile !
      Il y’a un pays qui a fait ca avant la france.... Les USA~ !

      Avec le success qu’on connait...

      • grosnaze
        grosnaze répond à averageman
        • Posté à 10h13 le 28/04/2011
        • Internaute 27732

        Et l’Angleterre avec le même succès y compris pour les privatisations d’ailleurs mais chut ! !

      • mewtow
        mewtow répond à averageman
        • Posté à 16h47 le 29/04/2011
        • Internaute 138470

        Sauf que l’enquête PISA a montré qu’on a un système éducatif encore plus inégalitaire que les USA.

        Ben oui, en France, les mécanismes de sélection et les méthodes d’enseignement sont quasiment crées pour sélectionner « l’élite », qui a vécu dans le bon milieu. Pas aux USA.
        Alors si on rajoute la carte scolaire et d’autres trucs, j’ose même pas imaginer.

        On va avoir une sorte de record du monde, quelque chose comme ça.

  • Kaléidostron
    Kaléidostron
    Prof responsable de toutes les (...)
    • Posté à 18h58 le 27/04/2011
    • Internaute 121418
      Prof responsable de toutes les (...)

    Un tier, un tier et un tier, un bon élèves se juge sur quels critères ? Le mieux c’est de revenir au système précédent, tu habites ici et bien il y a un bahu là... Maintenant quand on construit en plein milieux d’une cité ghetto un établissement scolaire de type : maternelle, école primaire, collège et lycée professionnel on sait très bien pourquoi il a été mis là... et aussi le peut d’ambition que l’on a de certaine population.

    • n°4-
      n°4- répond à Kaléidostron
      n°4
      • Posté à 19h14 le 27/04/2011
      • Internaute 130984
        n°4

      Une autre solution, quand cela est possible (transports urbains...), est de redessiner la carte scolaire en la découpant en quartiers d’orange. La pointe du quartier d’orange englobe les élèves vivant en centre ville et le côté opposé du quartier d’orange inclus les élèves de banlieue. Je ne sais plus quel pays européen l’a expérimenté, cela marche bien pour les lycées.

    • mewtow
      mewtow répond à Kaléidostron
      • Posté à 16h50 le 29/04/2011
      • Internaute 138470

      Au départ l carte scolaire était justement censée luter contre ça. Simplement, on a pensé à expérimenter : sans même savoir si ça fonctionnait en pratique, on s’est dit : ça marche ne théorie, donc on va l’appliquer et çà marchera.

      Mais pour redistribuer les cartes et mélanger un peu plus la population, allez trouver une solution : la seule, ça serait d’homogénéiser les performances des établissement. C’est pas gagné !

  • profil.bas
    • Posté à 19h02 le 27/04/2011
    • Internaute 152905
      ...

    Bah oué la France à depuis le début voulu mettre certaines populations dans un ghetto, et elle y travail.

    • DeSuisse-
      DeSuisse- répond à profil.bas
      Je pense donc je gêne !
      • Posté à 19h16 le 27/04/2011
      • Internaute 101756
        Je pense donc je gêne !

      Vous semblez être une des victimes de la carte scolaire...

  • Rebel Yell
    Rebel Yell
    Je pose une question.
    • Posté à 19h44 le 27/04/2011
    • Internaute 127333
      Je pose une question.

    Ah bon, parce que vous pensez que le concept de justice préoccupe notre gouvernement ?

  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis
    Rue89 fait monter le FN
    • Posté à 20h20 le 27/04/2011
    • Internaute 93168
      Rue89 fait monter le FN

    « Le ministère refusant de publier une étude sur les effets de la réforme, le Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (Snpden) s’en est chargé. Résultat : 40% des établissements classés Réseaux ambition réussite sont moins fréquentés ; 10% d’entre eux ont vu déguerpir un quart des élèves, souvent les plus favorisés. “

    Le ministère ne pouvait pas décemment afficher ces chiffres.
    Le but de la mesure est de garantir la reproduction sociale qui a été mise à mal pour les classes moyennes... et c’est pour elles que l’on enfonce les plus précaires.

    Faut s’y faire, la France va se morceler en ghetto.

  • Emmanuel M
    Emmanuel M
    Commentateur liberal
    • Posté à 20h46 le 27/04/2011
    • Internaute 39528
      Commentateur liberal

    Cette réforme de la carte scolaire a donné aux classes moyennes les mêmes droits qu’avaient auparavant les seuls enseignants et classes supérieures.

    Le système de la carte scolaire était contourné de façon trop massive pour garder un quelconque soupçon de légitimité. Cette réforme n’arrange pas forcément les écoles défavorisées, puisqu’on arrête de leur sacrifier les classes moyennes pour maintenir l’illusion d’une école pour tous.

    Que les hypocrites qui prônent la mixité sociale commencent à l’appliquer à leurs enfants avant de vouloir l’étendre aux enfants des autres.

    Sinon, libéraliser l’éducation (système égalitaire puisque tous ont les mêmes droits, et probablement plus efficace qu’un collège inique dont les résultats sont pitoyables malgré des tombereaux d’argent public) et/ou faire des classes exclusivement groupées par niveau des élèves (système purement méritocratique et égalitaire) sont deux options pour sortir par le haut du problème.

    • PhiLyon
      PhiLyon répond à Emmanuel M
      In tartiflette we trust !
      • Posté à 22h26 le 27/04/2011
      • Internaute 2729
        In tartiflette we trust !

      J’aimerais voir en quoi la libéralisation de l’éducation serait capable de faire sortir par le haut. Si ce n’est de permettre à ceux qui ont les moyens d’avoir des supers cursus et à ceux qui ne les ont pas, d’être encore plus dans la merde. Quand est-ce que vous assumerez que le libéralisme c’est juste la fin de l’égalité des chances et la suprématie des classes riches sur les autres ? Une fois que ce sera assumé, on pourra sortir les flingues…

    • cactusun
      cactusun répond à Emmanuel M
      retraité
      • Posté à 22h34 le 27/04/2011
      • Internaute 50486
        retraité

      « Sinon, libéraliser l’éducation (système égalitaire puisque tous ont les mêmes droits, “

      Ne verriez-vous pas un soupçon de contradiction dans vos propos ? Sinon, il va falloir que vous m’expliquiez en quoi une libéralisation favorise un système égalitaire...

    • Baron Von Karlebraüm
      Baron Von Karlebraüm répond à Emmanuel M
      Aristocrate d'opérette
      • Posté à 08h36 le 28/04/2011
      • Internaute 138043
        Aristocrate d'opérette

      Argument 1 : Il y a beaucoup de fraudes, donc il faut supprimer la norme. Ok, faites ça pour toutes les lois qu’on détourne (par exemple, interdiction du vol, etc)

      Argument 2 : Ouais les gens sont méchants. Ben moi j’ai fait mes études en ZEP alors que mes parents sont cadres. Voilà. Maintenant tu me lâches la grappe.

      Argument 3 : Propositions. Education privatisée =/= tous ont les mêmes droits : il y a une sélection par le porte-monnaie. Un système méritocratique pur serait honnête, mais abandonnerait complètement l’idée de l’égalité des chances (relire les sociologues de l’éducation). Donc dans un cas tu fais passer la domination de culturelle à économique, dans l’autre tu entérines la reproduction sociale. Dans les deux cas, tu ne sors certainement pas par le haut du problème.

  • pemmore
    pemmore
    geek
    • Posté à 21h10 le 27/04/2011
    • Internaute 121073
      geek

    On a tué les dernières classes de l’école et créé le collège ,résultats plein d’élêves en perdition, plus de mixité » sociale, il faut revenir en arrière et supprimer la 6 ème et la 5 ème puis décider le début d’études supérieures à 13/14 ans, l’école primaire n’a pas démérité , le collège oui. On doit reconnaître ses échecs.

  • Ciceron.
    Ciceron.
    lectrice
    • Posté à 21h30 le 27/04/2011
    • Internaute 153770
      lectrice

    Prof dans un petit collège privé (ne me conspuez pas...), dont le projet d’établissement repose -en partie- sur la mixité sociale, je peux vous assurer que cela fonctionne plus que bien. C’est essentiel pour le développement de l’enfant et ce n’est absolument pas préjudiciable. J’encourage tous les parents à aller dans cette voie !

  • TFE
    TFE
    stagiaire
    • Posté à 21h32 le 27/04/2011
    • Internaute 87746
      stagiaire

    La France, c’est le mantien des privilèges pour les élites, et l’égalitarisme vers le bas pour la masse.

    • Emmanuel M
      Emmanuel M répond à TFE
      Commentateur liberal
      • Posté à 21h37 le 27/04/2011
      • Internaute 39528
        Commentateur liberal

      Bravo

      J’ai mis plus de mots pour dire à peu près la même chose.

      • PhiLyon
        PhiLyon répond à Emmanuel M
        In tartiflette we trust !
        • Posté à 22h27 le 27/04/2011
        • Internaute 2729
          In tartiflette we trust !

        non, vous avez dit le contraire

         
        • Gilles31
          Gilles31 répond à PhiLyon
          Gaucho
          • Posté à 09h58 le 28/04/2011
          • Internaute 57081
            Gaucho

          ben pourtant il a dit a peu près pareil.... sauf que lui trouve cela naturel

        1 autres commentaires
      • PhiLyon
        PhiLyon répond à Emmanuel M
        In tartiflette we trust !
        • Posté à 22h27 le 27/04/2011
        • Internaute 2729
          In tartiflette we trust !
    • mewtow
      mewtow répond à TFE
      • Posté à 16h52 le 29/04/2011
      • Internaute 138470

      On appelle cela l’élitisme républicain, s’il te plait !

      Pas maintien des privilèges ou égalitarisme : c’est grossier.

  • yvonus
    yvonus
    Ingénieur informaticien
    • Posté à 21h55 le 27/04/2011
    • Internaute 153772
      Ingénieur informaticien

    Bonjour
    Au risque de faire un « me too » peu constructif, j’adhère assez aux idées de l’article. Je ne saurais me caractériser d’un point de vue économique, mais plutôt « plus » que « moins » en termes de « CSP ».
    Ma ville est à gauche depuis plus de 30 ans : le maire a poussé un peu loin la construction de logements sociaux par chez nous, peut-être pour compenser le fait que d’autres communes ne jouaient pas le jeu.
    La mixité sociale joue un peu dans les quartiers réputés corrects, ou le mélange semble se faire plus ou moins vertueusement.
    Dans d’autres quartiers, point de mixité puisque la majorité est en bas de l’échelle.
    Mes enfants vont dans le collège du quartier (réputé correct, le quartier) ou cela se passe correctement.
    Le lycée du centre ville est le 7ème en partant du bas du département.
    En bon parent angoissé, j’envisage toutes les possibilités, mais tout sauf ce lycée.
    Ai-je des remords ne serait-ce qu’à envisager de surseoir à la règle par défaut « bahut du coin » ? Un peu, mais pas tant que çà.

    En mode « discussion de comptoir » : qu’est ce qu’il faudrait faire ? Faire respecter autant que possible les 10% de HLM dans les communes pour éviter l’effet ghetto. Yakafokon. Oui, je sais, j’avais prévenu ...

  • Cristal noir
    Cristal noir
    neutrino libre
    • Posté à 22h10 le 27/04/2011
    • Internaute 148860
      neutrino libre

    Réforme en trope l’oeil qui ne change rien et a satisfait une frange des parents petits bourgeois ......

    En plus les classements à la con : 1er, 2eme,... Vous vous rendez-compte, mes enfants iront à la 3eme école du département alors je vais demander une dérogation pour aller à la 1ere du département

  • cactusun
    cactusun
    retraité
    • Posté à 22h28 le 27/04/2011
    • Internaute 50486
      retraité

    Mixité sociale, mixité scolaire, mixité urbaine. Mais si on pratique la mixité partout, les gens d’horizons différents vont se connaître, échanger et se comprendre. Comment, après cela, les opposer les uns aux autres, montrer du doigt un groupe et être crédible.

    La mixité, c’est le début de la solidarité et la fin du repli sur soi ! Ca ne fait pas l’affaire de ceux qui veulent diviser pour règner.

    • e-Go
      e-Go répond à cactusun
      Désabusé
      • Posté à 23h36 le 27/04/2011
      • Internaute 75033
        Désabusé

      Par contre, ghetto, communautarisme etc... ce sont des valeurs fortes et essentiels pour maintenir une forme de status-quo : ceux d’en haut (peu) et ceux d’en bas (beaucoup)...

      Loin de moi l’idée de penser que tous ceci est instrumentalisé par qui que ce soit.... xD

  • Dama
    • Posté à 22h29 le 27/04/2011
    • Internaute 138305

    Cette histoire de mixité sociale en école primaire me paraît un peu bizarre. Il y a normalement une école par quartier, et les quartiers sont généralement habités par des personnes ayant un niveau de vie homogène.. !

    • cactusun
      cactusun répond à Dama
      retraité
      • Posté à 22h37 le 27/04/2011
      • Internaute 50486
        retraité

      C’est bien ça le problème. Les enfants issus d’un quartier en difficulté se retrouvent avec des enfants dans la même situation. A contrario, les enfants favorisés socialement ou culturellement, se retrouvent entre eux, ignorant tout des autres.

      Il n’y aura pas de mixité scolaire sans mixité urbaine.

    • Gilles31
      Gilles31 répond à Dama
      Gaucho
      • Posté à 10h02 le 28/04/2011
      • Internaute 57081
        Gaucho

      Pas forcément vous avez de nombreux quartier mixtes

      Ex 1 où j’habite : quartier Bonnefoy à Toulouse : HLM, citées craignos maison individuelles, maisons bourgeoises, élèves de toutes les couleurs et origines

      Paris XIX : à 5 mn de la place des fêtes et ses tours ignobles vous avez les résidences cossues des Buttes Chaumont : mettons-y une école au milieu !

  • Loescalade
    Loescalade
    Etudiant
    • Posté à 22h52 le 27/04/2011
    • Internaute 153210
      Etudiant

    Il y a quelque mois je me baladais en centre ville de Perpignan, plusieurs écoles primaires étaient en sortie... Alors avec une majorité de blancs avec quelques noirs, arabes, chinois, tous bien mélangé dans la groupe.
    Je croise quelques minutes plus tard une autre classe ou il n’y a que deux blancs, majorité de noirs et d’arabes. Trois groupes bien distincts de couleurs.... la ségrégation commence à l’école et c’est là qu’il faut lutter.
    Il faut une carte scolaire ou les règles soient strict et qui fait en sorte de mélanger les quartiers, de la primaire jusqu’au collège au moins.

  • domifa
    domifa
    retraitée
    • Posté à 22h58 le 27/04/2011
    • Internaute 109150
      retraitée

    Nicolas Sarkozy est inculte et fier de l’être car il croit, en inculte qu’il est, que ça le rapproche du peuple. C’est dire le mépris dans lequel il nous tient !

    Nicolas Sarkozy a été un élève plus que médiocre et il en veut donc à l’école où son narcissisme et son exibitionnisme n’ont pas pu s’exprimer comme il aurait voulu car il n’y brillait pas, c’est le moins qu’on puisse dire.
    Il veut donc la détruire pour se venger.

    Il en veut aux profs qui ne l’ont pas adulé, il veut donc les supprimer.

    Il en veut aux services publics qui ne sont pas suffisamment rentables, son seul critère, il veut donc faire une école privée.

    Il en veut aux étudiants qui le contestent, il veut donc les supprimer en créant une école élitiste où seuls les enfants de l’oligarchie auront une chance.

    Il en veut à la démocratie (l’oligarchie pour qui il roule en a marre de ce peuple qui ne se laisse pas exploiter, voire esclavagiser assez passivement) et tente donc de la torpiller en détruisant son épine dorsale, l’éducation égalitaire et accessible à tous.

  • Kjcom
    Kjcom
    citoyen
    • Posté à 02h55 le 28/04/2011
    • Internaute 114725
      citoyen

    Faut-il rappeler que le concept de « carte scolaire » défend la *priorité* de celui qui habite près d’un établissement public de s’y inscrire avant ceux qui habitent en dehors du secteur géographique ? Ce n’est pas qu’une histoire de concept, c’est bien ainsi qu’elle traduit un ensemble de règles appliquées par les inspections académiques.

    Je ne sais pas pourquoi, mais la notion de carte scolaire a toujours été comprise dans l’autre sens : selon cette interprétation erronée, elle interdirait de s’inscrire dans un établissement si on n’habite pas dans son secteur. Il faut être plus précis et dire que cette interdiction ne s’applique que si la population du secteur a déjà rempli les classes.

    Supprimer la carte scolaire, c’est donc donner autant de droit d’inscription à celui qui vient d’un secteur extérieur qu’à celui qui habite aux portes de l’établissement. Supprimer la carte scolaire, c’est confier au chef d’établissement le soin de décider qui peut s’inscrire et qui ne le peut plus (officiellement : « parce qu’il n’y a plus de places », les autres étant prises par ceux qu’on a arbitrairement choisi de laisser entrer...).

    Est-ce bien ce que tout le monde demande ? Je crois que peu importe son fonctionnement, la carte scolaire dérange si elle empêche de faire de ce que l’on veut pour ses propres enfants, que ce soit juste ou non pour ceux des autres.

    La carte scolaire est bel et bien un rempart contre le libéralisme des inscriptions scolaires.

    • Gilles31
      Gilles31 répond à Kjcom
      Gaucho
      • Posté à 10h07 le 28/04/2011
      • Internaute 57081
        Gaucho

      Bien vu. Dit en ces termes, peu de monde voudrait ne pas être au moins sûr de pouvoir aller à l’école à coté s’il le souhaite.

      Mais on nous vend ça comme la « liberté retrouvée » de pouvoir choisir le mieux pour son enfant à cause des racailles de ZEP ..... là aussi presque tout le monde adhère... et si t’es contre, tu es une sorte de liberticide

      Démonstration de l’impossibilité de faire une réforme sans manipuler le peuple, qui se garde lui même d’essayer d’en évaluer les enjeux

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 05h54 le 28/04/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    « Cinquante ans après la loi Debré, il apparaît utile de reparcourir ces décennies pour montrer quelles ont été les véritables politiques scolaires des gouvernements successifs. Répondre à la question du “ Pourquoi cette entreprise de démolition ?” nécessite, d’autre part, de clarifier les re-lations entre les objectifs du capital et leurs conséquences sur l’École à savoir la nécessité de s’attaquer à la qualification du travail salarié pour abaisser la valeur de la force de travail en vue de maintenir le profit et, si possible, de l’augmenter. Le bonapartisme gaulliste instauré à partir de 1958 a constitué le moyen d’imposer les transfor mations nécessaires pour les besoins du patronat, l’organisation d’un régime corporatiste cherchant à associer les directions des organisations ouvrières à la mise en œuvre de cette politique remettant en cause l’ensemble des conquêtes antérieures, en particulier celles issues de la Libération. Il semble utile, dans ce contexte, de revenir sur tout le travail de préparation de la reconquête de l’École par la hiérarchie catholique aboutissant à la loi Debré de 1959 qui a aggravé brutalement la remise en cause de la laïcité, déjà ébréchée dans les années 1950, et renouant avec la période funeste de Vichy.

    Autrement dit, il s’agit de sortir d’un cadre largement commun à divers analystes de l’évolution scolaire, sociologues de l’éducation en particulier, qui considèrent de diverses manières que l’École serait responsable de la reproduction des inégalités sociales et que de bonnes réformes scolaires pourraient au contraire les réduire. Ainsi se répand l’illusion qu’une école démocratique pourrait être reconstruite dans le cadre d’un capitalisme en voie de décomposition. “

    Lancement du livre ‘La revanche du parti noir, la lente mise à mort de l’école publique’, rencontre avec Michel Eliard, Michel Godicheau, Pierre Roy, auteurs.

    mercredi 25 mai 2011 - 19h00
    conférence, dîner-concert en présence des auteurs
    à La bellevilloise, 19-21, rue Boyer, 20ème.
    en présence d’Henri Pena-Ruiz, préfacier.

  • bouboul974
    • Posté à 08h38 le 28/04/2011
    • Internaute 144756
      M

    il n’est pas étonnant que des parents mettent leurs enfants dans le Privé car c’est le but final de SARKOZY et sa bande et de faire un camp d’enfant (ces amis) qui réussissent et un camp (la majorité des Français) qui sont laissé à l’abandon !

    • Ciceron.
      Ciceron. répond à bouboul974
      lectrice
      • Posté à 17h18 le 28/04/2011
      • Internaute 153770
        lectrice

      Cessons de parler du privé de cette façon ! Un certain nombre de collèges privés travaillent pour favoriser la mixité sociale et ça marche ! Le privé est loin d’être réservé aux riches et aux intellectuels. Ouvrons les yeux !

      • bouboul974
        bouboul974 répond à Ciceron.
        M
        • Posté à 19h35 le 28/04/2011
        • Internaute 144756
          M

        J’ai été dans le Privé Mr et j’ai été brancardé car mon milieu familial à été désastreux parents séparé, de couleur, pas du bon côté en politique. OUI le privé est réservé à certaine catégorie de personne , cela je ne dis pas que le privé n’est pas bon.
        Mais ce que veut SARKOZY ( c’est surtout cela que je critique) c’est de faire plus de Privé et moins de public pour que se amis (fils de ses amis) arrivent au plus haut pour diverses raisons

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