A LA UNE 13/07/2011 à 10h39

Profs ou instits, déprimés et mal formés, ils ont démissionné

Nolwenn Le Blevennec | Journaliste Rue89

Les postes d’enseignants de collèges et lycées ne seront pas tous pourvus à la rentrée 2011 par concours, faute de candidats, mais ils le seront par d’autres voies, selon le ministère. Les résultats viennent de tomber et, dans quatre disciplines – mathématiques, lettres classiques, lettres modernes et anglais – 978 places offertes aux Capes externes ne sont pas pourvues.

Dans un communiqué, le Snes-FSU dénonce, entre autres, « la dégradation des conditions d’entrée dans le métier ».

(De nos archives) Les jeunes se détournent de l’Education nationale (EN) : à la session 2011, ils ont boudé le concours avec 35 000 candidats de moins. Depuis septembre, de nombreux profs stagiaires ont démissionné de l’académie de Créteil, selon une source syndicale. Le rectorat parle lui de 1,6% (14 sur 833 stagiaires dans le secondaire).

La réforme de la mastérisation, qui modifie les conditions d’accès aux concours (bac+5 requis) et zappe l’année de stage, a été la goutte d’eau. Les syndicats sentent un « mal-être général dû au manque de préparation ».

Alors que le taux de chômage des jeunes actifs est très haut en France, ces trois profs ont renoncé à un CDI à vie.

Kevin, trop romantique


Kevin, 35 ans, se souvient qu’après avoir envoyé sa lettre de démission, il a reçu le coup de fil d’un « gestionnaire du rectorat ». Il se rappelle s’être dit : « Chouette, quelqu’un se soucie enfin de moi. » Cette personne l’appelait en fait pour lui dire que sa lettre avait été perdue et qu’il fallait en renvoyer une. C’est tout. Dans l’Education nationale, Kevin a eu le sentiment d’être un numéro, pendant trois ans et jusqu’au bout.

Ancien élève d’une grande école parisienne, gros lecteur à petite veste côtelée, Kevin rêvait d’autre chose. Il est devenu prof après avoir vu le documentaire « Etre et avoir ». Il se voyait devenir un prof qui change les vies. Expressions fétiches : « transmettre », « créer des liens empathiques », « je crois en toi ».

La révélation de la petite clochette

Va donc, grand romantique. Il s’est pris une claque. Kevin a beaucoup souffert de solitude d’abord. Pas de hiérarchie, pas d’équipe, pas de soutien, pas de groupe de paroles. Il était face à 30 enfants et des incertitudes :

« Que tu fasses bien ou mal, tout le monde s’en fout. Personne ne t’aide avec ta classe. »

Kevin pense qu’il avait des « qualités pédagogiques », mais manquait de formation « en gestion de classe ». Complètement perdu face à une maternelle du quartier Stalingrad :

« Je pensais que pour réunir des enfants autour de soi, il suffisait de taper dans les mains [il mime, ndlr]. Alors je tapais comme un con, mais aucun enfant ne bougeait. J’ai appris plus tard que la petite clochette marchait mieux. Si tu ne sais pas ça, ça sert à rien de continuer. »

La consolation du scoubidou

L’ancien prof admet qu’il manquait aussi de distance et de psychologie. Le pire a été son année de CE1 en ZEP. Le deuxième jour a été atroce (le premier, silence extraordinaire, les élèves le testent). Au bout de quelques semaines, il entendait tous les matins les camions-poubelles passer. Il ne dormait plus.

Un bon souvenir : une jeune élève qui a compris qu’elle avait le droit de venir au tableau et se tromper. Une autre lui a offert un scoubidou.


« Les Désarrois d’un jeune instit » de Kevin André.

Kevin a raconté tout ça dans un livre : « Les Désarrois d’un jeune instit » (éditions JC Lattès). Après publication, il a reçu « une trentaine de lettres-témoignages poignantes ».

Il pense que l’EN n’écoute pas les profs, qu’il faudrait faire « remonter les bonnes pratiques du terrain et les disséminer un peu partout » au lieu d’avoir une approche « de haut en bas ».

Aujourd’hui, il a créé Zup de Co, une association de lutte contre le décrochage scolaire :

« L’objectif n’est pas d’envoyer les gens à Polytechnique, mais de faire passer les élèves dans la classe suivante ».

Il a deux jeunes fils, Victor et Basile, qu’il gère pas mal. Il a retenu une règle de son expérience d’instit en maternelle : quand tu dis quelque chose à un enfant, il faut le faire, sinon « il n’y a plus aucun respect ».

Céline, trop rebelle


Céline en Bretagne après sa démission de l’EN (DR).

Céline exagère un peu. A l’entendre, l’EN serait proche d’un régime stalinien. L’ancienne professeure d’espagnol, qui a quitté « le navire » en 2007, décrit un système qui appuie sur les faiblesses des gens, éjecte les dissidents et fait de la rétention d’information. Cela nous fait aussi penser à la Scientologie.

L’ex-prof franco-mexicaine a donc démissionné de peur de se faire couper la tête : « C’est ce qu’ils font avec les gens qui dépassent, voilà », dit-elle. Le mot « voilà » avec un léger accent espagnol. La colère subsiste, cinq ans après.

Considérée comme une gamine mal dans sa peau

Le régime totalitaire en trois illustrations : d’abord, les rapports difficiles avec son tuteur de stage (on les appelle aussi maîtres-formateurs). Un lien qui est vécu par beaucoup de jeunes profs comme infantilisant. Céline n’arrive pas à appliquer les conseils qu’il prodigue d’un ton péremptoire (il n’a que le mot « autorité » à la bouche). Il se met à lui parler comme « une petite gamine trop grosse ».

Quand il assiste à ses cours, du fond de la classe, il lève les mains au ciel de désapprobation (certains profs acceptent de devenir formateurs sans envie, pour la prime). Céline se sent humiliée et nulle, ou l’inverse.

Deuxième anecdote : comme cela se passe mal avec son tuteur, Céline décide de se confier à une formatrice de l’IUFM. Peu de temps après, au cours d’une réunion, la formatrice met en cause sa vie personnelle :

« Vos parents sont loin, vous êtes seule. Appelez la cellule d’écoute du rectorat. »

Céline, loin de ses parents depuis ses 15 ans :

« C’est jamais de leur faute. Je me suis sentie rabaissée. Vous ne pouvez pas remettre en cause l’organisation. »

« Les anxiolytiques, tout le monde trouve ça normal »

Troisième étape : la démission. Sa santé est en jeu :

« Tout le monde considère ça normal, la première année, de prendre des anxiolytiques. Pas moi. »

Céline ne trouve aucune information sur la procédure à suivre. Les syndicats et ses collègues ne l’aident pas, « ce serait remettre en cause leurs propres choix de vie ». Ils lui conseillent une « mise en disponibilité » ou un « arrêt maladie », bref de profiter du système. Elle trouve finalement la réponse sur des forums « obscurs ».

Enfin, les rigidités de l’EN, la lecture religieuse des « BO » (bulletins officiels) par les profs, le « poids de l’autorité » lui donnent des envie d’anarchie. Sa lettre, finalement envoyée en décembre 2007, est courte, sobre et se termine par « salutations ». Quelques jours après, un « type » du rectorat l’a appelée pour proposer de prendre quinze jours pour réfléchir, « comme si j’étais une enfant, ça m’a trop énervée ».

Céline, 30 ans, vit aujourd’hui « au fin fond du Finistère » où elle élève ses enfants. Elle a raconté sa démission sur un blog sous le pseudo de Pepina. Le site, bien référencé sur Google, est connu des jeunes profs déprimés.

Anne-Sophie, trop sensible


Les yeux d’Anne-Sophie devant le groupe de presse qui l’emploie en stage (Nolwenn Le Blevennec/Rue89).

Anne-Sophie, 27 ans, connaît bien le blog de Céline, c’est l’une des premières choses dont elle parle :

« Tu l’as lu ? Dans l’Education nationale, c’est tabou d’aller mal. Heureusement, il y a Internet et les blogs. »

Cette petite blonde, perles aux oreilles, très réfléchie et qui vient du Nord de la France, n’a pas du tout le même profil que l’impulsive Céline. Elle a aussi démissionné.

Ses premiers jours de classe, Anne-Sophie les vit dans un stress qui la met de mauvaise humeur. On lui a dit que le premier cours est le moment de la « grande révélation », la sensation d’être au bon endroit est censée vous envelopper entièrement. Elle n’a pas trouvé ça transcendant du tout.

La jeune prof se rend compte que les élèves ne l’écoutent pas. Aucun. C’est encore pire, dit-elle, que le bordel :

« Je parlais dans le vide, j’avais l’impression de devenir folle. »

Les élèves, un miroir anxiogène


Anne-Sophie devant son lieu de stage. ((Nolwenn Le Blevennec/Rue89).

L’impression d’inadéquation est totale. Anne-Sophie se rend compte qu’elle manque d’aisance et de théâtralisme. Personne ne lui a appris (son premier cours d’IUFM a eu lieu deux jours avant la rentrée) à capter l’attention.

Perfectionniste, elle vit mal le fait de se sentir échouer : trente paires d’yeux la regardent et elle se demande ce qu’ils pensent d’elle à chaque moment.

Les élèves sont un « miroir anxiogène » de sa personne, dans lequel elle lit de l’ennui. Pour être un bon prof, elle pense qu’il faut une capacité à s’oublier qu’elle n’a pas. Une autorité naturelle, aussi :

« Quand les élèves sont excités, on te conseille de jouer au méchant. Moi, je tapais par exemple mon sac contre la table, au lieu de le poser. Je claquais un peu la porte. Ça marche bien, mais tu contrains ta personnalité et tu dois contrôler ta gestuelle, c’est épuisant. »

Anne-Sophie s’est trompée de voie. Elle en veut aussi à l’EN. Elle enseigne la grammaire à des sixièmes alors qu’elle a étudié les lettres. Les effectifs qui augmentent l’obligent à mettre « consciemment » des élèves de côté. Quant aux programmes, la mise en place de la méthode inductive, par exemple, est une « absurdité pédagogique » : « Les élèves sont perdus et le niveau sonore monte. »

Mais si elle décide de faire autrement, les inspecteurs le verront sur ses fiches de cours. Impossible de prendre quelques libertés.

Cartouches d’encre dans la figure

Pendant plusieurs mois, Anne-Sophie renonce à parler de ses difficultés à l’IUFM. Elle sait qu’on va lui faire comprendre que c’est de sa faute, comme à une de ses copines qui a reçu des cartouches d’encre sur le visage et qui a été accusée par ses formateurs de « mépriser son public ». Elle parle d’une « culture de la culpabilisation ». Si elle s’avoue en difficulté, il y aura aussi plus de visites d’inspecteurs et donc plus de stress. Elle se tait.

L’école est devenue insupportable. Aux vacances de février, Anne-Sophie finit par se mettre en arrêt maladie, un grand classique. Elle pense, au passage, qu’il ne serait pas idiot qu’il y ait « une médecine préventive qui vienne vers les profs, il y a urgence ».

Son congé va finalement se prolonger jusqu’à la fin de l’année, elle pense que sa vie est foutue. Elle en profitera pour passer les concours des écoles de journalisme (avec succès). Le soir où elle a envoyé sa lettre de démission, « c’était hyper-libérateur ». Elle a ouvert une bouteille de champagne.

► Article initialement publié le 27/04/2011.

Corrigé le 28/04/11 à 10h15. Céline a envoyé un mail de précisions sur sa nationalité et ne souhaite pas que la comparaison avec la Scientologie lui soit attribuée.

Corrigé le 04/05/11 à 15h38. Le rectorat de Créteil donne les vrais chiffres des démissions.

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  • La_Mouche Du_Coche
    La_Mouche Du_Coche répond à chenchei
    Dépasse les borgnes (du côté de (...)
    • Posté à 18h32 le 27/04/2011
    • Internaute 147122
      Dépasse les borgnes (du côté de (...)

    heu, miser un max sur l’enseignement ?

     
    • chenchei
      chenchei répond à La_Mouche Du_Coche
      Enseignant de FLE
      • Posté à 04h52 le 28/04/2011
      • Expert 98266
        Enseignant de FLE

      Mouais...En fait, je rejoindrais plutot calicles dans ce qu’il dit. Qu’il faut un changement majeur, profond, national, un changement de politiques (et l’EN en fait partie), qui entrainerait un changement dans les mentalites...
      Enfin, a mon sens, c’est pas vraiment ce vers quoi on s’engage...

      • La_Mouche Du_Coche
        La_Mouche Du_Coche répond à chenchei
        Dépasse les borgnes (du côté de (...)
        • Posté à 10h37 le 28/04/2011
        • Internaute 147122
          Dépasse les borgnes (du côté de (...)

        Tout changer ? Hou là là, ça m’angoisse ça !

    2 autres commentaires
  • caliclès
    caliclès répond à chenchei
    prof
    • Posté à 18h38 le 27/04/2011
    • Internaute 75102
      prof

    Aucunes.

    Je veux dire par là que la violence et l’échec scolaire de masse sont le produit d’une attitude anti-sociale typique des élèves de banlieues.

    Le système éducatif à lui seul n’y peut rien, il n’est qu’un des réceptacles de cette situation, une caisse de résonance.

    Ce problème est un un problème de société qui dépasse de loin l’école.

    Aucune mesure estampillée « éducation nationale » n’y changera rien.
    La preuve par les résultats d’ailleurs. Beaucoup de choses dans un sens comme dans un autre ont été essayées avec de très piètres résultats.

    Non, c’est un problème de société et qui doit être géré à ce niveau là. L’école suivra. Et non dans le sens inverse.

    Mais nous en sommes loin, vu déjà les difficultés à ne serait-ce qu’accepter de voir la réalité en face.

  • Jadore
    Jadore
    verseau
    • Posté à 17h57 le 27/04/2011
    • Internaute 127928
      verseau

    Une grande partie de ces démissionnaires auraient pu sans doute faire des enseignants potables.

    Mais on ne peut rien contre une machine étatique qui veut réellement détruire l’Education Nationale.

    On citera à titre de preuves
    - les lois constamment reprises et augmentées qui obligent l’Etat, et les communes à financer les écoles privées, confessionnelles ou non, ce qui fait moins d’argent pour l’Ecole publique.

    - la multiplication hallucinante des savoirs et formations à couvrir par l’Ecole, dans les domaines les plus divers de l’éducation, des arts, du civisme. Cet éparpillement conduit les élèves à butiner partout, les enseignants à survoler les chapitres, et fait souffrir les apprentissages fondamentaux qui disposent de moins de temps et de moyens.
    Sans parler des querelles artificiellement entretenues sur l’apprentissage de la lecture, les programmes littéraires, etc qui ont pour vocation d’épuiser les énergies, de stigmatiser les enseignants et de dévaloriser toujours l’Ecole Publique, qui forme, contre le travail de sape de ses « élites », l’immense majorité de ses élèves d’une manière que peu de pays au monde sont encore capables d’égaler, malgré les penseurs médiatiques qui citent Shangaï et pensent école aristocratique, suffrage censitaire et économie totalement dérégulée. Sans devoir payer des centaines d’euros par trimestre.

    - Le maintien général des salaires enseignants et autres responsables divers à des niveaux faibles, en regard de leur formation et surtout de la difficulté de leur métier qui est un de ceux que la dépression frappe le plus massivement et fortement.
    Ce qui, même si les personnels ont - contrairement à ce que disait la dinde du Poitou, ou l’âne qui compare les catastrophes nucléaires et les cartons du week-end en voiture - une conscience professionnelle que peu de métiers atteignent, joue, ne serait-ce que pour la considération par l’employeur qu’une rémunération correcte reflète.

    - Dans cette ligne des rapports personnels-politiques, on ne peut que constater que les politiques méprisent et maltraitent systématiquement leurs enseignants, tandis que leurs discours les flattent comme une vieille main présidentielle caressait le cul des vaches.

    On a vu le cas des pitoyables politicards à l’ISF que sont Allègre et Royal. Mais Sarkozy et ses bouffons ont renouvelé le genre. En aggravant les sanctions : deux ans de salaires bloqués, c’est pas rien quand ils sont déjà pas si élevés, et qu’un pays vit la plus grande crise économique de son histoire, ou presque ; suppression hyper-massive de postes - 16000 sur trois ans, si je me souviens bien - que Tron, modèle de rigueur, sauf pour se faire attribuer un logement au quart du prix du marché par ses pôtes du côté Boutin et autres cul-bénis ultra-libéraux, veut encore accroitre, salué évidemment par le crétin à brushing pistonné ministre de l’Education Nationale.

    Résultat de ce bordel organisé par des canailles qui vivent et grassement de ce qu’ils tentent d’abattre depuis des décennies. : des classes ingérables, des enfants obligés de se passer de l’essentiel en primaire comme au lycée : la pédagogie ; des enseignants épuisés, démotivés ; l’égalité des chances réduite à néant ; l’école du fric privé montée au cric pour consacrer les inégalités incandescentes ; une guerre sociale en formation entre le groupuscule des riches détenteurs de pouvoir et de la grande majorité démunie, qui va se déplacer sur le terrain d’une école frappée dans le dos, pour finalement détruire l’unité des personnels, des conditions de travail, des possiblités de donner ne serait-ce que le minimum dans les ZEP - les crédits ZEP sont déjà supprimés un peu partout - et surtout des enfants, dont les études demeurent le plus sûr moyen de réussir une vie quand on n’a pas des parents privilégiés, dont le niveau va baisser au rythme de la noyade promise à l’Ecole, tandis que montera celui des enfants nés coiffés qui profiteront des écoles privées.

    S’il y avait un nom de code à donner au patchwork ultra-libéral que tresse la cinquième colonne de l’argent-roi, celle d’une caste qui veut revenir tout simplement sur la Démocratie, ses valeurs et ses objectifs, en mission au gouvernement français, je crois que ce serait ZNDP.

    Zone Nationale de Déscolarisation/Désocialisation Prioritaire

  • Alki
    Alki
    situation variable
    • Posté à 18h14 le 27/04/2011
    • Internaute 130062
      situation variable

    Mais comment voulez-vous que la droite populiste qui nous dirige fasse pour placer les fils à papa de bonne famille à des postes intéressants si les ploucs et autre rejetons de la plèbe (voir pire, les fils d’immigrés) sont motivés, valorisés, compétents, bien instruits et que donc ils soient en concurrence avec les fils à papa précités ? Surtout que si on paye des écoles privées c’est quand même pour quelque chose ! Il y aura toujours les pistons, mais alors, tous ces diplômés instruits et valorisés, comment vont-il supporter de se retrouver au chômage alors qu’ils sont compétents et motivés ? Sauf qu’il y aura toujours le travail à l’usine mais qui va vouloir travailler dans les usines si tout le monde est bien instruit, motivé, compétent ? Et puis aussi, comment promulguer une politique ultra libérale si la population bien éduquée, motivée, compétente se retrouve de toute façon au chômage ou dans des emplois de merde (scusez mon langage) ? Qui va-t-on accuser du marasme économique ? Comment va-t-on justifier les diminutions d’aide sociale si tout le monde veut, peut exiger et exige un travail convenable mais ne l’a pas ? Et comment justifier les politiques populiste de roulage de mécanique sécuritaire si les jeunes de banlieue, parce que valorisés, sont bien formés, bien éduqués, motivés et compétent et que donc ils feront beaucoup moins de connerie ? Qui va-t-on choisir comme bouc émissaire ? Et puis c’est beaucoup plus difficile de faire avaler des couleuvres à des gens instruits…

    Alors non l’éducation nationale est parfaitement au point.

  • chenchei
    chenchei
    Enseignant de FLE
    • Posté à 18h18 le 27/04/2011
    • Expert 98266
      Enseignant de FLE

    Scandaleuse EN, tu en detruis des vocations, et ce, a la pelle, petite p###.

    Heureusement que les enfants sont la pour nous rappeler que c’est finalement pour eux qu’on a toujours voulu faire ca.

  • Karveelt
    Karveelt
    Prof de FLE
    • Posté à 18h30 le 27/04/2011
    • Internaute 55167
      Prof de FLE

    L’absence totale de remise en cause de ce fonctionnement par les enseignants eux-mêmes et surtout par leur hiérarchie explique beaucoup l’échec de ce système, accru évidemment par l’absence de vision de l’école par les politiques et la gestion de l’EN par la droite depuis quasi 10 ans...

    Prof un peu par accident dans une école francophone en Egypte. Ici les cours durent 40 minutes, ce qui est largement suffisant pour transmettre un contenu, la mise en application d’une leçon ou l’installation d’un atelier. L’équipe enseignante se remet constamment en question, on peut tester des méthodes librement, on discute en permanence de ce que l’on fait, des réussite, des échecs, des contenus entre profs et avec notre directrice pédagogique : l’objectif étant de maximiser l’enseignement donc tout est bon, si une méthode ne percute pas on laisse tomber et pourtant on applique à la lettre les progressions en français de l’éducation nationale française à des élèves trilingues égyptiens, j’ai terminé le programme de 6° : étude de langue, expression et étude littéraire (sans compter les ateliers et heures ouvertes) sans charger la barque...

    Tout ce qui est dit par les témoins de l’article est vrai : une certaine théâtralité est nécessaire, tous les contenus ne sont pas essentiels, le dialogue est primordial, l’ennui est l’ennemi n°1 ça demande énormément d’énergie, de contrôle, de patience... mais l’avantage ici c’est que les cours finissent à 14h30, qu’il y a un grand nombre d’adultes partout (surveillant, médecin scolaire, assistantes, agents d’entretien, secrétaires etc... et tous sont accessibles, visibles et connus par les élèves) et puis les effectifs ne dépassent pas 25 élèves par classe... les solutions sont très simples et ne nécessitent pas une énième réforme inapplicable :

    Réduction des effectifs par classe, présence accrue d’adultes, cohésion des équipes, pas de tabou, liberté dans le choix des méthodes et dédramatisation de l’importance des contenus... et créativité...

    C’est pas demain que je passe le CAPES...

  • castor74
    castor74
    auxiliaire de vie
    • Posté à 18h49 le 27/04/2011
    • Internaute 76554
      auxiliaire de vie

    moi je vais vous dire a mon avis ce qui cloche dans l education nationale, je suis nè a une epoque ou la mixitè raciale n existais pas, j ais souffert du racisme je suis fils d italiens immigres apres la seconde guerre mondiale, nos parents nous avaient inculquè le respect de nos instits...aussi si en rentrant a la maison, je disais l instit m as reprimè pour ceci ou cela on avais droit a quelques coup de pieds au culs, maintenant, les mouflets se croient tout permis ,ce n est pas la faute aux instits, mais aux parents qui laissent tout faire a leurs rejetons et ne leur inculque pas, le sens du respect, quand a ceux qui dirigent l education nationale ce sont des anes, a commencer par MONSIEUR ALLEGRE.....QUANS A LUC CHATEL ...C EST UN ANE BATE AUX ORDRES DE SON PATRON SARKO....C EST PEU ETRE GORE CE QUEJE DIS MAISc est la veritè stricto sensu

  • Bertrand Simon
    Bertrand Simon
    Enseignant, auteur,chef de (...)
    • Posté à 18h52 le 27/04/2011
    • Expert 153734
      Enseignant, auteur,chef de (...)

    J’enseigne depuis plus de 20 ans.... c’est parfois dur, parfois moins, mais j’aime ça. Bien sûr la société change et l’école essaie de s’adapter souvent avec maladresse et toujours sans lien direct avec nous, les « soutiers » , ceux qui font du mieux possible « ce qu’on leur dit de faire“*
    Malgré toutes les contraintes, toutes les difficultés, j’ai toujours plaisir à repérer dans les yeux de quelques uns que j’espère toujours être plus, le plaisir d’avoir appris. Enseigner ce n’est pas seulement faire ingurgiter du BO, c’est aussi transmettre des valeurs, souvent les siennes propres, car on ne m’enlèvera pas de l’idée que le prof a un pouvoir sur ses élèves. Je n’ai pas de recettes secrète, sinon celle de faire mieux que mes anciens bons profs, et surtout jamais reproduire l’exemple de mes anciens pires profs... C’est vrai le poids de la hiérarchie, les organisations foireuses, les dysfonctionnements qui s’empilent ça lasse et ça déprime, mais si les profs desertent alors qu’il reste quelques planches sur le radeau, qui s’occupera de ces élèves... les écoles privées ? L’hypersélection.. et ce seront des tombereaux de gamins qui seront joyeusement renvoyés en pré-apprentissage... terraformant une société de frustrés qui n’ont pas eu accès à la culture, ou au moins l’embryon nécessaire pour devenir citoyen... alors oui, prof dans le public, j’en assume les bénéfices certains mais j’assume aussi le rôle social capital qui m’est confié,à chaque rentrée, à chaque session d’examen, à chaque heure de cours.

  • Pas tripette.
    Pas tripette.
    Si j'aurais su, j'aurais po lu.
    • Posté à 19h09 le 27/04/2011
    • Internaute 117974
      Si j'aurais su, j'aurais po lu.

    Un beau graphique. Moi j’y comprends pas grand chose, si ce n’est que la part du PIB dédiée à l’éducation diminue depuis une quinzaine d’années. Sûrement, ça n’a rien à voir.

  • iaorana-huahine
    • Posté à 19h11 le 27/04/2011
    • Internaute 109913
      papi

    On ne peut pas être motivé dans une société ultra libérale » Une société ultra libérale est un système qui fonctionne bien pour une partie de la population. L’autre partie étant asservie par les premiers. Les entreprises ne sont que des dictatures de plus en plus féroce. On apprends plus les méthodes de ventes aux vendeurs, on leur apprend comment arnaquer le client. Le client étant une proie. L’entreprise n’est plus un lieu d’épanouissement de soi, mais un lieu où l’homme n’a de valeur que dans ce qu’il peut rapporter au moindre coût. L’homme n’y a que des obligations. S’il n’est pas content, il part ou il se suicide. En France, la communication n’existe plus, les SAV ne sont que d’autres sous-systèmes qui ne servent qu’à arnaquer le client pour parfaire les méthodes actuelles. La politique actuelle est lapolitique de la terre brûlée....L’humanité à énormément régressée et le pire est à venir...Partout, l’homme cherche à se libérer de la tutelle de ces gouvernements de psychopates (cf. l’actualité). Devant ces bêtes sanguinaires, accrochées à leurs pouvoirs et à leurs privilèges, la révolution pour la liberté planétaire est en marche.

  • hardyolbaum
    hardyolbaum
    Linux admin
    • Posté à 19h17 le 27/04/2011
    • Internaute 139482
      Linux admin

    2000 euros net pour 18 heures de boulot et ca trouve moyen de geindre. C’est bizarre mes larmes sont sèches... Faudrait pas oublier qu’à l’heure actuel, prof, c’est synonyme de fabricant de chômeur et d’échec scolaire. Lorsqu’une profession devient une nuisance. Je ne pleure pas dessus.

    • YAJ
      YAJ répond à hardyolbaum
      enseignante retraitée, non (...)
      • Posté à 21h53 le 01/05/2011
      • Expert 3231
        enseignante retraitée, non (...)

      le salaire que vous indiquez n’est pas celui de début de carrière, mais plutôt vers la fin.
      Un prof débute à 1400 € net, quant au 18 h de travail vous y croyez vraiment ? Alors allez-y faites prof !

  • Edelweiss
    Edelweiss
    *****
    • Posté à 19h26 le 27/04/2011
    • Internaute 37872
      *****

    « Les jeunes se détournent de l’Education nationale (EN) : à la session 2011, ils ont boudé le concours avec 35 000 candidats de moins.... »

    Et vous savez pourquoi ? Dans son grand élan de réforme l’Education Nationale a avancé l’an dernier les dates de concours et des inscriptions sans faire la publicité nécessaire.
    En 2010 il fallait s’inscrire au plus tard le 12 Juillet pour la session 2011 du CAPES, alors les années précédents les candidats avaient le temps jusqu’à fin octobre !

    Et beaucoup de profs potentiels ont tout simplement loupé le moment d’inscription !

    • caliclès
      caliclès répond à Edelweiss
      prof
      • Posté à 19h32 le 27/04/2011
      • Internaute 75102
        prof

      Non.

      Cette explication est quand même largement insuffisante (cela ne veut pas dire qu’elle est inexacte).
      La crise des « vocations » (je déteste ce mot) est bien plus ancienne que cela.
      Dans ma discipline le nombre de candidat chute à une vitesse vertigineuse depuis 2002.

    • marty1924
      marty1924 répond à Edelweiss
      godwineur
      • Posté à 19h17 le 13/07/2011
      • Internaute 143566
        godwineur

      vous oubliez aussi que les nouveaux professeurs doivent être obligatoirement titualire du CLES niveau 2 (Certificat des Langues Étrangères de l’Enseignement Supérieur) et du C2i2e (Certificat informatique de l’enseignement). On demande aux futurs candidats au CAPES d’avoir le CLES niveau 2 dans une langue étrangère, et c’est assez balèze pour quelqu’un qui par exemple est très bon en maths et qui veut passer son Capes de maths tout en parlant anglais comme une vache espagnole ...

      j’ai pas mal de collègues très bon dans leur matière (maths, histoire géo) qui se détournent du CAPES car ils ne parlent pas une langue étrangère ou ne savent pas ce que veut dire « www » dans une adresse internet ... et ils savent pertinemment qu’ils ne pourront pas passer un Capes sans ces deux diplomes, alors que sans ces 2 diplomes ils réussiraient haut la main ...

  • hussardrouge
    hussardrouge
    ex prof viré encore prof...
    • Posté à 19h32 le 27/04/2011
    • Internaute 153757
      ex prof viré encore prof...

    Le plus extraordinaire avec l’EN, c’est qu’elle est capable de réembaucher en vacataire, donc à moindre coût, un stagiaire qu’elle a déjà licencié après deux années de stage. (c’est mon cas !) Formidable maison pour éduquer vos enfants n’est-ce pas ? ! !

    J’avais enseigné par hasard durant mes études et cela m’avait énormément plus. J’ai donc passé mon CAPES remporté avec brio. L’inspection académique rétrograde et d’extrême droite de mon académie (quand je dis extrême droite, j’englobe la politique actuelle de l’UMP et du gouvernement) m’a reproché, d’être une malade chronique, de ne pas maitriser ma discipline, de ne pas maitriser ma classe (ce qui n’était pas l’avis de ceux qui me suivaient quotidiennement dans mon établissement)...enfin tout un tas de défauts, (ce qui n’est pas dur à trouver quand on débute un travail, on est forcément perfectible, on est là pour apprendre justement ? ...enfin je croyais)
    Bref, ce que l’inspection n’a pas aimé, petits soldats de plombs qu’ils sont, ce sont mes critiques ouvertes et véhémentes envers l’institution et l’absence de formation (un fainéant notoire nous servait de formateur à l’IUFM, arrivait en retard, s’asseyait à son bureau et nous demandaient si ça ne le dérangeait pas s’il prennaiy un peu de temps pour ouvrir et lire son courrier postal. Ce formateur, malgré des plaintes collectives et répétées, est toujours dans le système, couvert par son ami haut placé dans l’académie).
    Manque de chance, j’étais délégué de mon groupe, les autres ont compris et sont rentrés dans le rang...
    Dans le jargon de l’EN époque Sarkoziste, on m’appelle un potentiel leader d’opinion, et ces personnes là, les inspections ont pour consignes de ne pas les laisser entrer dans le système...

    Lien

    « Système stalinien », dit Pepina...Moi je dis système post-totalitariste. Ce n’est pas parce que les systèmes éducatifs modernes ont été crée avec des intentions allant à l’encontre des peuples, qu’il faut continuer sans essayer de ne rien changer.

    A bon entendeur salut !

  • martinjabar
    • Posté à 19h40 le 27/04/2011
    • Internaute 153760

    Bonjour
    J’ai travaillé dans une usine de fabrication en Picardie.
    Cette société était en train de délocaliser une partie de sa production dans un pays exotique, au vu et su de ses employés.
    Les employés de cette usine se trouvait pour la plupart être des gens très fragiles économiquement et avec peu de potentiel de professionnel et exerçant un travail qui les usent physiquement.
    J’ai assisté pendant ma mission dans cette entreprise à 1 suicide et de nombreuses démissions de cadres importants.
    Je ne pense pas que la situation des enseignants puissent être en commune mesure avec les situations des 200 personnes de cette entreprise.
    Pour ces gens la, merci d’avoir un peu de retenue car il n’ont pas de blogs ou d’articles pour se défouler. Leurs témoignages ne sont que le retour de journalistes et non pas leur propre voix.
    Que ces gens, avec autant de potentiel (professionnel) et d’idées, prennent un peu de recul et mesurent leur chance.

  • martinjabar
    • Posté à 19h40 le 27/04/2011
    • Internaute 153760

    Bonjour
    J’ai travaillé dans une usine de fabrication en Picardie.
    Cette société était en train de délocaliser une partie de sa production dans un pays exotique, au vu et su de ses employés.
    Les employés de cette usine se trouvait pour la plupart être des gens très fragiles économiquement et avec peu de potentiel de professionnel et exerçant un travail qui les usent physiquement.
    J’ai assisté pendant ma mission dans cette entreprise à 1 suicide et de nombreuses démissions de cadres importants.
    Je ne pense pas que la situation des enseignants puissent être en commune mesure avec les situations des 200 personnes de cette entreprise.
    Pour ces gens la, merci d’avoir un peu de retenue car il n’ont pas de blogs ou d’articles pour se défouler. Leurs témoignages ne sont que le retour de journalistes et non pas leur propre voix.
    Que ces gens, avec autant de potentiel (professionnel) et d’idées, prennent un peu de recul et mesurent leur chance.

    • soutenable lourdeur du néant
      • Posté à 21h38 le 27/04/2011
      • Internaute 134590

      Serait-n dans une compétition de mal-être, où, comme dans une cours de maternelle, on se chamaillerait sur le thème : « nan, c’Est moi, le plus malheureux, nan c’Est pas toi, c’est moi le plus déprimé », etc.)

      Le désespoir, ça ne se compare pas, ça se comprend. C’Est ça, l’empathie.

      Alors « ayez donc un peu de retenue », pour reprendre vos propres mots, et compatissez pour les uns ET pour les autres. Car se faire insulter toute la journée par des morveux survoltés, mépriser par sa hiérarchie et menacer par les parents d’élèves, je vous assure que ça use autant qu’un patron pourri.

      PS je ne suis pas prof.

    • Alki
      Alki répond à martinjabar
      situation variable
      • Posté à 23h06 le 27/04/2011
      • Internaute 130062
        situation variable

      Entièrement d’accord avec soutenable lourdeur du néant

      Martinjabar, j’espère pour vous qui êtes cadre dans l’industrie et avez sans doute une bonne situation financière et sociale, qu’aucun événement ne vous laminera le moral, pas de rupture amoureuse, pas de décès parmi les gens que vous aimez, pas de maladie grave car, si un jour vous vous trouvez au fond du trou, ce genre de manière de penser vous fournira la pioche pour creuser encore plus profondément.

      Ha cette bonne vieille culpabilisation judéo chrétienne, dur dur de s’en affranchir…

      • martinjabar
        martinjabar répond à Alki
        • Posté à 23h32 le 27/04/2011
        • Internaute 153760

        Désolé pour le cliché, si il en est
        Le but est d’illustrer la chance que représente une situation stable et qu’un peu de distance face a des soucis permet d’en voir les avantages

         
        • Alki
          Alki répond à martinjabar
          situation variable
          • Posté à 00h04 le 28/04/2011
          • Internaute 130062
            situation variable

          Ce qui m’a dérangé dans votre commentaire précédent c’est qu’avec ce genre de discoure on rajoute au mal être des personnes le poids du « je suis mal mais je n’ai pas le droit de l’être parce qu’il y a de plus malheureux que moi » c’est la pioche dont je vous parlais.

          Et puis c’est dangereux, ça pousse la société vers le bas, ça empêche toute amélioration de celle-ci. En effet on trouvera toujours plus malheureux que soit. Petit exemple : « A bas les féministes, elles luttent pour un salaire égal entre homme et femme. De quoi se plaignent-elles alors qu’en Afrique vous devriez voir la condition de la femme ? ».

        • La_Mouche Du_Coche
          La_Mouche Du_Coche répond à martinjabar
          Dépasse les borgnes (du côté de (...)
          • Posté à 00h12 le 28/04/2011
          • Internaute 147122
            Dépasse les borgnes (du côté de (...)

          Une situation insupportable, si en plus elle est stable…

        2 autres commentaires
  • Plus_de_liens
    Plus_de_liens
    enseignante
    • Posté à 19h40 le 27/04/2011
    • Expert 118818
      enseignante

    Hier, sur Rue 89, l’enfer des infirmiers/ères, aujourd’hui celui des enseignants...
    La Fonction Publique est sinistrée.
    Dans cette école à la dérive, on peut noter plusieurs points :

    - L’institution scolaire, en tant qu’institution, ne fait plus « cadre » en terme d’autorité.
    Lorsque c’était encore le cas, un(e) enseignant(e) qui n’avait ni charisme époustouflant, ni poigne particulière, pouvait, malgré tout, exercer son métier correctement, honnnêtement, tranquillement.
    Nous avons tous eu ce genre d’enseignants au cours de notre scolarité.
    Aujourd’hui, chacun(e) doit compter sur ses propres forces, sa propre autorité, sa propre capacité de persuasion et de séduction.

    Ayant été conseillère pédagogique pendant 11 ans, j’ai assez vite compris que, contrairement aux idées reçues, il était impossible de transmettre les « qualités » désormais requises pour tenir les classes et donc, réussir à transmettre du savoir.
    Enseigner ne passe pas par une série de « trucs », de « recettes ».
    Je réussissais quelquefois à « désintoxiquer » partiellement les stagiaires des abérations diffusées par les pédagogistes de l’IUFM et à les convaincre que la priorité des priorités était du côté des contenus MAIS il est impossible de persuader quiconque du bien fondé de l’autorité (l’idéologie dominante a fait son travail de sape) et de lui inoculer la capacité à séduire le public scolaire actuel.
    Car, je le répète et je le déplore : nous en sommes là à cause du délitement avancé du système.

    - Non seulement notre hiérarchie ne nous soutient plus, mais elle nous enfonce en nous renvoyant, en cas de gros problème, au dépôt de plainte individuel.
    Les chefs d’établissements ne veulent pas de vagues, ne relaient pas nos demandes de sanctions et les CPE, souvent en porte à faux entre administration et enseignants, ne peuvent pas grand-chose.
    Par ailleurs, tout ce petit monde tremble devant le pouvoir grandissant des parents d’élèves dont la posture clientéliste ne cesse d’augmenter.
    Un dysfonctionnement d’élève devient vite un dysfonctionnement de l’enseignant aux yeux de la hiérachie et des parents.

    - Sous cette pression quotidienne, beaucoup de collègues souffrent et se replient sur eux-mêmes. Ce n’est pas très favorable à l’accueil des nouveaux et à la solidarité.
    Nombreux sont ceux qui ont capitulé sans le savoir.
    On voit apparaitre, par exemple, l’autocensure dans les commentaires sur les bulletins.
    Au lieu d’écrire : « Untel ne cesse de bavarder et perturbe la classe », on peut lire « Un peu plus de concentration en classe permettrait à Untel d’améliorer ses résultats. ».
    Et si Untel est le fils du délégué de la FCPE, on ne voit rien...

    • caliclès
      caliclès répond à Plus_de_liens
      prof
      • Posté à 19h55 le 27/04/2011
      • Internaute 75102
        prof

      Ah ben voilà ! Enfin quelqu’un qui connait son sujet.

    • Plus_de_liens
      Plus_de_liens répond à Plus_de_liens
      enseignante
      • Posté à 20h26 le 27/04/2011
      • Expert 118818
        enseignante

      J’ajoute que l’on croule sous les tâches et que l’on nous demande de plus en plus de choses qui sont autant de violations de nos statuts.

      Cette année, l’invention d’une épreuve « d’Histoire des arts » (un non-enseignement, une vraie « soupe » !) au Brevet (rebaptisé Diplôme National du Brevet, puisqu’il cesse précisément d’être « national » !) est un véritable Cheval de Troie lancé contre la spécificité des différentes disciplines...et une usine à gaz délirante dans sa mise en place !

      Le pouvoir poursuit un objectif : une grande garderie pour les pauvres encadrée par des profs/animateurs/éducateurs polyvalents, interchangeables, au statut précaire, embauchés et débauchés par des chefs d’établissements/patrons.

      Je conseille la lecture de :

      « Journal d’une institutrice clandestine »
      « Qui a eu cette idée folle un jour de casser l’école ? »
      « Ces profs qu’on assassine »
      « De la destruction du savoir en temps de paix »
      « L’enseignement de l’ignorance » (devenu un classique...)

      Pour comprendre comment (et pourquoi), nous en sommes arivés là :
      Lien

  • bouboul77
    bouboul77
    rien
    • Posté à 20h12 le 27/04/2011
    • Internaute 105297
      rien

    ça dépend surtout des académies. Dans celle de Créteil 20% des nouveaux enseignants démissionnent en moins d’un an, on se demande pourquoi.

    • caliclès
      caliclès répond à bouboul77
      prof
      • Posté à 20h24 le 27/04/2011
      • Internaute 75102
        prof

      Effectivement, effectivement...

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à bouboul77
      In enculo cum vibro
      • Posté à 00h56 le 28/04/2011
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Les profs s’usent moins vite à Uriage qu’à Varsovie...

      On se demande bien pourquoi...

  • Neim
    Neim
    en route pour nécros
    • Posté à 20h25 le 27/04/2011
    • Internaute 92324
      en route pour nécros

    Quand on voit l’évolution promise au secteur, je ne vois pas bien comment le nombre de témoignages de cet acabit pourrait diminuer. Des classes toujours plus nombreuses, des moyens toujours en baisse, clairement, la situation ne va pas s’embellir pour les profs et certains débutants continueront d’être envoyés à l’abattoir. Après, il faut aussi arrêter de regarder l’EN comme un monolithe parfait. Prof en Zep ce n’est pas vraiment le même métier que prof dans un quartier tranquille. Ces derniers ne sont en fait guère à plaindre, ils ont des contraintes (parents, hiérarchie, etc), subissent aussi les coupe dans le budget de l’EN, mais dans l’ensemble ils s’en sortent pas si mal.
    Non, c’est pour les premiers qu’il faut vraiment se bouger. Situations sociales difficiles, entourage peu éduqué, rarement francophone, violence, méfiance vis à vis de l’école.... Mais bon, qui se soucie de ces espaces déshérités, pas l’Etat en tout cas, qui préfère agiter la bâton face aux « racailles ». La France à deux vitesses, elle commence là.

  • louverebelle
    louverebelle
    parent d'enfant autiste
    • Posté à 20h28 le 27/04/2011
    • Internaute 114864
      parent d'enfant autiste

    Tous les métiers (ou presque) sont idéalisés lorsqu’on choisit sa voie (du moins). Je ne connais personne qui n’a pas pensé un jour changer totalement de cap et hurler de frustration.

    Moi même j’ai souvent changé de métier (bon, je ne les choisissais qu’à moitié parfois...).

    Cela dit, prof, c’est un beau métier, où il y a tellement de possibilités...c’est un métier qui compte pour longtemps...car on transmet tellement de choses ! Pas seulement des connaissances, mais une valeur de soi, une envie de se dépasser, une envie de savoir...les premiers profs qui m’ont donné envie de me dépasser, c’est en fac que je les ai connus...dommage d’avoir du en arriver là pour aimer apprendre...avant, l’impression d’avoir des profs qu’on dérangeait.

    Moi je vois ma fille, elle adore aller à l’école depuis 2 ans, avant, c’était le calvaire pour la faire se lever pour y aller ! Donc, comme quoi, ça fait vraiment une différence dans la vie d’avoir un prof passionnant et humain.

    Peu importe que vous n’ayez pas d’approbation de votre patron (l’éducation nationale), c’est un métier qui peut s’exercer avec une certaine indépendance. Du moment que vous suivez le programme, vous avez une certaine autonomie après pour composer et intéresser vos élèves !

    Bon, c’est clair, tout le monde n’est pas pédagogue, mais en général, on le sait assez rapidement.

    Après, l’éducation nationale ne va pas pleurer votre départ non plus...pourquoi pas aussi imaginer qu’ils vous supplient de rester ?

    Pour moi cet article me démontre juste une chose : on oriente beaucoup trop tôt. La plupart des jeunes auraient besoin de bourlinguer un peu et de choisir une voie...la plupart étant encore trop immatures une fois diplômés. Surtout pour un métier comme l’enseignement, c’est une vocation qui demande maturation et beaucoup d’expérience de vie. Alors, sortis fraichement d’une école...c’est limite de l’inconscience de les mettre tout de suite dans le bain de l’enseignement...à la limite, pourquoi ne pas commencer par des petites classes de maternelle au début ? Je ne sais pas, mais bon, c’est une suggestion.

    De toute façon, toute l’éducation serait à revoir.

    En revanche, pour l’enseignement spécialisé des enfants handicapés, il y aurait tellement besoin de profs vraiment motivés et qui veulent comprendre et apprendre ! Dommage qu’ils n’aient pas pensé à cette voie là avant de jeter l’éponge.

  • soutenable lourdeur du néant
    • Posté à 21h33 le 27/04/2011
    • Internaute 134590

    Ben ouais. Prof, c’Est dur, ça s’apprend, et pas tout seul. Et dans ce beau pays, la sélection, la vraie, elle se fait :

    - au bout du processus (après des concours qui parfois prenent des années à avoir)
    - comme à Koh Lanta : pas de supervision, IUFM (= seule formation pédagogique) fermés, une administration qui s’en tape... et toi, et toi, et toi, tout seul comme un con en face d’une classe que tu ne sais pas par quel bout prendre.
    - et souvent, personne pour te ramasser à la sortie de ta classe pour te confier que tout le monde passe par là, et que... c’est pas grave, ça ira mieux demain.

  • TFE
    TFE
    stagiaire
    • Posté à 21h36 le 27/04/2011
    • Internaute 87746
      stagiaire

    Avez vous déjà entendu quelqu’un quittant une formation ordinaire et arrivant dans la dure réalité du monde de travail, avec un patron stressant, dire « mon école m’a mal formé à gérer le stress de mon patron » ? Non.

    Alors pourquoi entend on EN PERMANENCE les profs dire que leurs IUFM ou autre les a mal préparé au stress des élèves ?

    Les profs se déresponsabilisent aussi beaucoup, par nature, beaucoup décident de devenir fonctionnaire pour ne pas entrer dans le monde réel. C’est toujours la faute de la formation (donc des autres).

    • Alki
      Alki répond à TFE
      situation variable
      • Posté à 23h33 le 27/04/2011
      • Internaute 130062
        situation variable

      Ça m’étonnerait vraiment qu’il y ait beaucoup de profs qui aient choisi leur métier dans le but d’être fonctionnaire, il y a des voies plus confortables, il me semble.

      Les enseignants que je connais le font par envie de former les hommes et femmes de demain, c’est leur truc, ce qui les pousse. Malheureusement pour eux mais aussi pour les enfants et pour nous rien n’est fait pour leur permettre d’accomplir cette mission essentielle pour la société. Alors au stress des classes surpeuplées et démotivées, au stress de ne pas se sentir soutenu par sa hiérarchie, s’ajoute l’affreuse frustration de ne pouvoir faire ce travail primordial qui est de former des jeunes.

      Et puis je trouve bizarre de compare un patron à des élèves le lien me semble très très trèèèèès vaseux…
      Tout est bon pour taper sur l’enseignant vu qu’il est fonctionnaire.

  • disioux
    disioux
    retraité
    • Posté à 21h54 le 27/04/2011
    • Internaute 64656
      retraité

    et pourquoi dans l’éducation des enfants il ne devrait pas exister de formation pour les enseignants ? ?

  • gigi35
    gigi35
    ___
    • Posté à 21h56 le 27/04/2011
    • Internaute 153773
      ___

    Je suis très étonnée par les chiffres annoncés dans l’académie de Créteil. Je pense que si un quart des enseignants stagiaires de cette académie avaient démissionné, tous les médias en auraient parlé vu qu’ils sont maintenant devant les élèves et plus en IUFM ! ! ! D’où vient ce chiffre ? ? ?

  • Salaves
    Salaves
    Métallo
    • Posté à 22h28 le 27/04/2011
    • Internaute 5988
      Métallo

    On a voulu l’école de Condorcet et sa fabrication d’élites.
    Comme le dit Franck Lepage, on aurait du choisir la méthode préconisée par Lepeletier de Saint-Fargeau, bien plus égalitaire.
    Des générations d’enseignants ont fait vivre le système Condorcet sans le remettre en cause dans ses fondements, en le cogérant même à l’époque où la FEN était toute puissante. Un système qui n’a eu de cesse de former des élites qui maintenant qu’elles ont constitué une nouvelle classe sociale dominante, se cooptent aux postes clés de la République et des affaires, et qui aujourd’hui verrouille le système qui les a construits.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 00h52 le 28/04/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    M. le président Jérôme Cahuzac.
     » Comme le rapporteur général, je me réjouis de ce que le programme de stabilité nous ait été communiqué. Au moins restera-t-il cela du groupe de travail auquel nous avons participé sous l’autorité du gouverneur Camdessus.

    Je vous remercie, madame la ministre, d’avoir confirmé que la politique de suppression d’un poste de fonctionnaire partant en retraite sur deux sera maintenue. Des déclarations émanant du Gouvernement entretenaient un doute à ce sujet. « 

    Lien

    Dans la deuxième intervention du député socialiste Cahuzac.

    Votez utile !

    Votez PS...

  • ANNE-MARIE ROCHET
    ANNE-MARIE ROCHET
    coach de vie/maître spirituelle (...)
    • Posté à 03h16 le 28/04/2011
    • Internaute 151652
      coach de vie/maître spirituelle (...)

    c’est le désastre outre-mer aussi au niveau des profs...
    chanceux,j’arrive bientôt...
    la dictature,la manipulation,l’humiliation, et le non respect de ces profs ,qui sont remplis d’idéalisme et de créativité que l’on bloque...
    je vous dis bravo de démissionner ! | car c’est un signe d’intelligence,de respect de soi, et de lâcher -prise,dans une situation Öu vous risquez d’y perdre votre santé mentale.
    Les gens obstinés, qui continuent un travail avilisant,juste pour l’argent ,sont des épaves de la vie,des masochistes,qui ayant une blessure de trahison,portent le masque du masochiste pour survivre.
    bas les masques,LIBÉRATION !

  • vudechine
    vudechine
    retraité
    • Posté à 04h59 le 28/04/2011
    • Internaute 131062
      retraité

    Merci à la gauche qui n’a pas su imposer la modernisation des Ecoles Normales sans rien enlever à l’efficacité de ses programmes de formation d’instituteurs, contre tous les dingues de la réforme, du penser neuf et autres pontes théoriciens ennemis du bien parler et du bien écrire. Merci à la droite qui gère à contre-coeur la grande maison des enfants comme une entreprise commerciale. J’ai personnellement passé par tous les échelons de l’enseignement, de la maternelle à la chaire universitaire, et si je fais le bilan aujourd’hui du fond de ma retraite, les meilleurs souvenirs d’enseignant qui se pressent en moi sont liés à mon expérience du primaire. On ne gagne rien à se défaire de son titre pour des motifs qui trahissent une insécurité ou par quoi on sacrifie à une sotte inflation langagière : l’instituteur, comme le disait justement Lucien Paye, est bien celui qui « institue » et qui, le premier, fonde la possibilité de savoir. Tout pays qui méconnaît l’importance de ce maître ou refuse de lui accorder le respect et le traitement qui lui revient, se fabrique des générations d’illettrés et de foutistes. Illettrés et foutistes dont beaucoup sont devenus eux-mêmes chargés aujourd’hui d’instituer ! D’où l’abattement et le désespoir de certains : écoutons-les nous dire nos quatre vérités.

  • jpd
    jpd
    • Posté à 08h02 le 28/04/2011
    • Internaute 4372

    Lien

    le droit de réponse de Céline !

    rue 89 se fait allumer ! ! !
    trop drôle !

  • caliclès
    caliclès
    prof
    • Posté à 08h13 le 28/04/2011
    • Internaute 75102
      prof

    Certains ici me font marrer avec cette histoire de formation insuffisante des enseignants.
    On voit qu’il n’y connaisse rien et se laisse bourrer le crâne par les canaux de la doxa officielle.

    Dites-moi, à quoi pourrait bien ressembler une formation afin de « gérer » les insultes, menaces, coups que l’enseignant devra subir sur son lieu de travail ?

    Méthode Coué ? Krav Maga ? Mmmh ?

    C’est ridicule.

    Il n’y a aucune (réelle) formation face à cela, cela n’a aucun sens.

    Mais il faut comprendre comment cette idée d’une lâcheté et d’un démagogisme absolu est née.

    Trois acteurs du système éducatif soutiennent cette approche :

    1. L’Administration.

    Face au douloureux problème d’échec et de violence à l’école l’E.N. préfère minorer le problème :

    « Ne vous inquiétez pas brave gens, tout ceci n’est qu’un léger problème de pédagogie différenciée, nous allons régler cela rapidement. »

    Il faut bien comprendre :

    Si l’on considère comme moi que le problème part des élèves et leur comportement anti social ainsi que leurs parents alors nous sommes en face d’un immense problème de société, civilisationnel même. C’est du lourd, du très lourd. L’éducation national est un nain face à cela.

    Mais si l’on réduit le souci à un simple problème d’enseignants mal formés alors rien de bien grave. un ptit stage pour les vilains profs incompétents et le tour est joué !

    2. Les pédagogos.

    Rien de très compliqué : ils vendent leur came à l’E.N. trop heureuse de pouvoir justement circonscrire le problème au niveau pédagogique.
    Bien sûr en échange le pédagogo aura un salaire largement majoré et ne mettra pas les pieds dans une classe, il aura à la place des étudiants-enseignants dociles. Bon deal.

    3. Les parents d’élèves.

    Bah oui, ca se comprend ! La tendance de tout parent c’est de couvrir sa progéniture chérie et si le fiston ne branle rien à l’école c’est sans doute que le prof lui explique mal. Si il n’a pas envie d’aller au collège c’est que le prof ne sait pas le motiver. Si il multiplie les agressions physiques et verbales parce que le personnel manque cruellement d’écoute psychologique.

    • Kokkino
      Kokkino répond à caliclès
      ..
      • Posté à 09h31 le 28/04/2011
      • Internaute 50321
        ..

      100% d’accord avec cette analyse !

      J’ai été prof pendant plus de trente ans, je viens de bénéficier de la mise en retraite anticipée des parents de famille nombreuse ( dispositif en extinction).

      En parcourant une partie des commentaires ci-dessus, j’ai trouvé de nombreux clichés :

      1. La « vocation », qui vous tomberait dessus sans crier gare, comme la foi sur le jeune Claudel planqué derrière un pilier de Notre-Dame !
      C’est l’arnaque totale : au nom de cette prétendue « vocation », on voudrait faire accepter aux enseignants tout et le reste, de la dégradation des conditions de travail à la stagnation des salaires en passant par une hiérarchie de plus en plus bouffonne !
      Moi, la « vocation », je ne l’ai jamais eue : j’ai passé à 14 ans le concours de l’Ecole normale primaire parce que c’était ça ou l’usine, puis en employant les passerelles qui existaient alors j’ai poursuivi mes études jusqu’au CAPES. Au début, j’avais un peu honte de faire un boulot aussi ringard ( c’était dans les années 80), mais peu à peu, ce boulot je l’ai aimé, j’y ai pris plaisir, surtout grâce aux élèves.

      2. La « pénibilité ».
      Faut relativiser, on n’exerce pas partout de la même façon.
      Ce qui pour moi a été « pénible », c’est la grande mobilité géographique, l’inhumanité d’une administration centrale qui considère ses personnels comme des pions déplaçables à volonté, la lâcheté et l’incompétence autosatisfaite de certains chefs d’établissement. Sur ce dernier point, les choses ne vont pas en s’arrangeant, les derniers que j’ai connus étaient vraiment des mickeys formatés et creux !
      Pénibles aussi, de manière quelque peu superficielle, toutes ces usines à gaz récemment pondues et ces réunions où l’on sodomise les mouches...
      En revanche, c’est un métier qui comporte des avantages non négligeables : une totale sécurité de l’emploi, des horaires compatibles avec la vie de famille, une certaine liberté dans l’organisation de son travail ( liberté qui a, certes, tendance à se restreindre...).

      Bref, ni le paradis ni l’enfer.
      J’ajoute que la retraite m’enchante et que je ne regrette pas le collège que j’ai quitté voici quelques mois, même si j’allais au travail avec plaisir...

      • caliclès
        caliclès répond à Kokkino
        prof
        • Posté à 20h14 le 28/04/2011
        • Internaute 75102
          prof

        Et moi j’apprécie votre développement sur cette fameuse tarte à la crème qu’est « la vocation ».

        Il n’y pas plus de vocation chez les enseignants que chez les analystes programmeurs, médecins, aiguilleur du ciel ou boulanger.

        Faut arrêter de regarder « l’instit » sur France 2 et grandir un peu hein ? !

        Cela ne fait pas pour autant plus de mauvais profs d’ailleurs. Prof c’est un boulot, un boulot comme les autres, ni plus ni moins.

        On peut attendre d’un salarié qu’il se comporte en professionnel mais en aucun cas d’exiger de lui une quelconque « vocation ». C’est complètement ridicule et immature.

    • Frédéric Mornais
      Frédéric Mornais répond à caliclès
      Jardinier
      • Posté à 09h55 le 28/04/2011
      • Internaute 142823
        Jardinier

      Si je tenais ce genre de propos dans mon établissement, on aurait vite fait de me renvoyer à mon « aigreur », à mon « incompétence » et à mes « difficultés » pour justifier autant de vilénies ! Enfin quoi ! « On n’a quand même pas à se plaindre » (discours connu).
      Voilà pourquoi je suis bien content de vous voir écrire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ! !

  • marie richard
    marie richard
    enseignante
    • Posté à 08h48 le 28/04/2011
    • Expert 130496
      enseignante

    Si ce qui compte ce n’est pas la matière enseignée, alors qu’on demande à tous les futurs profs d’avoir un master en sciences de l’éduc, ou un diplôme d’éduc spé avec, en option, une spécialisation de saupoudrage des savoirs... On formerait ainsi de futurs consommateurs- esclaves, peu enclin à devenir des citoyens pleins de discernement - mais avides de sondages. Ces chers adulescents seraient peut être capable de dire bonjour à la dame et de tweeter allègrement avec leurs compagnons d’infortune qui vivent à l’autre bout de la planète maillée...le savoir n’as plus d’importance, nous dit-on, ce qu’il faut, c’est tenir sa classe.Nous devons éduquer les enfants et non leur faire découvrir l’instruction et nous leur devons le socle commun. Le reste, la culture, l’esprit critique, le choix, la langue, tout le reste est bien secondaire . En tout cas pour nos enfants, parce que dans les écoles de riche, on s’en fiche carrément du socle commun...

  • Général Bolputain
    Général Bolputain
    contribuable
    • Posté à 09h21 le 28/04/2011
    • Internaute 146563
      contribuable

    Si la problématique avancée est bien réelle, je suis consterné par le choix des propos diffusés qui évoquent un manque crucial de connaissance de l’Ecole, de son contenu pédagogique et de son fonctionnement tant de la part de ceux qui les profèrent que de ceux qui les diffusent.
    Les problèmes et le sabordage de l’école existent, les dépressions chez les enseignants aussi, le manque de formation sans aucun doute alors pourquoi faire dans la caricature anecdotique et écrire sur la même page des phrases parfois contradictoires qui discréditent le bien fondé de cet article ?