A LA UNE 13/07/2011 à 10h39

Profs ou instits, déprimés et mal formés, ils ont démissionné

Nolwenn Le Blevennec | Journaliste Rue89

Les postes d’enseignants de collèges et lycées ne seront pas tous pourvus à la rentrée 2011 par concours, faute de candidats, mais ils le seront par d’autres voies, selon le ministère. Les résultats viennent de tomber et, dans quatre disciplines – mathématiques, lettres classiques, lettres modernes et anglais – 978 places offertes aux Capes externes ne sont pas pourvues.

Dans un communiqué, le Snes-FSU dénonce, entre autres, « la dégradation des conditions d’entrée dans le métier ».

(De nos archives) Les jeunes se détournent de l’Education nationale (EN) : à la session 2011, ils ont boudé le concours avec 35 000 candidats de moins. Depuis septembre, de nombreux profs stagiaires ont démissionné de l’académie de Créteil, selon une source syndicale. Le rectorat parle lui de 1,6% (14 sur 833 stagiaires dans le secondaire).

La réforme de la mastérisation, qui modifie les conditions d’accès aux concours (bac+5 requis) et zappe l’année de stage, a été la goutte d’eau. Les syndicats sentent un « mal-être général dû au manque de préparation ».

Alors que le taux de chômage des jeunes actifs est très haut en France, ces trois profs ont renoncé à un CDI à vie.

Kevin, trop romantique


Kevin, 35 ans, se souvient qu’après avoir envoyé sa lettre de démission, il a reçu le coup de fil d’un « gestionnaire du rectorat ». Il se rappelle s’être dit : « Chouette, quelqu’un se soucie enfin de moi. » Cette personne l’appelait en fait pour lui dire que sa lettre avait été perdue et qu’il fallait en renvoyer une. C’est tout. Dans l’Education nationale, Kevin a eu le sentiment d’être un numéro, pendant trois ans et jusqu’au bout.

Ancien élève d’une grande école parisienne, gros lecteur à petite veste côtelée, Kevin rêvait d’autre chose. Il est devenu prof après avoir vu le documentaire « Etre et avoir ». Il se voyait devenir un prof qui change les vies. Expressions fétiches : « transmettre », « créer des liens empathiques », « je crois en toi ».

La révélation de la petite clochette

Va donc, grand romantique. Il s’est pris une claque. Kevin a beaucoup souffert de solitude d’abord. Pas de hiérarchie, pas d’équipe, pas de soutien, pas de groupe de paroles. Il était face à 30 enfants et des incertitudes :

« Que tu fasses bien ou mal, tout le monde s’en fout. Personne ne t’aide avec ta classe. »

Kevin pense qu’il avait des « qualités pédagogiques », mais manquait de formation « en gestion de classe ». Complètement perdu face à une maternelle du quartier Stalingrad :

« Je pensais que pour réunir des enfants autour de soi, il suffisait de taper dans les mains [il mime, ndlr]. Alors je tapais comme un con, mais aucun enfant ne bougeait. J’ai appris plus tard que la petite clochette marchait mieux. Si tu ne sais pas ça, ça sert à rien de continuer. »

La consolation du scoubidou

L’ancien prof admet qu’il manquait aussi de distance et de psychologie. Le pire a été son année de CE1 en ZEP. Le deuxième jour a été atroce (le premier, silence extraordinaire, les élèves le testent). Au bout de quelques semaines, il entendait tous les matins les camions-poubelles passer. Il ne dormait plus.

Un bon souvenir : une jeune élève qui a compris qu’elle avait le droit de venir au tableau et se tromper. Une autre lui a offert un scoubidou.


« Les Désarrois d’un jeune instit » de Kevin André.

Kevin a raconté tout ça dans un livre : « Les Désarrois d’un jeune instit » (éditions JC Lattès). Après publication, il a reçu « une trentaine de lettres-témoignages poignantes ».

Il pense que l’EN n’écoute pas les profs, qu’il faudrait faire « remonter les bonnes pratiques du terrain et les disséminer un peu partout » au lieu d’avoir une approche « de haut en bas ».

Aujourd’hui, il a créé Zup de Co, une association de lutte contre le décrochage scolaire :

« L’objectif n’est pas d’envoyer les gens à Polytechnique, mais de faire passer les élèves dans la classe suivante ».

Il a deux jeunes fils, Victor et Basile, qu’il gère pas mal. Il a retenu une règle de son expérience d’instit en maternelle : quand tu dis quelque chose à un enfant, il faut le faire, sinon « il n’y a plus aucun respect ».

Céline, trop rebelle


Céline en Bretagne après sa démission de l’EN (DR).

Céline exagère un peu. A l’entendre, l’EN serait proche d’un régime stalinien. L’ancienne professeure d’espagnol, qui a quitté « le navire » en 2007, décrit un système qui appuie sur les faiblesses des gens, éjecte les dissidents et fait de la rétention d’information. Cela nous fait aussi penser à la Scientologie.

L’ex-prof franco-mexicaine a donc démissionné de peur de se faire couper la tête : « C’est ce qu’ils font avec les gens qui dépassent, voilà », dit-elle. Le mot « voilà » avec un léger accent espagnol. La colère subsiste, cinq ans après.

Considérée comme une gamine mal dans sa peau

Le régime totalitaire en trois illustrations : d’abord, les rapports difficiles avec son tuteur de stage (on les appelle aussi maîtres-formateurs). Un lien qui est vécu par beaucoup de jeunes profs comme infantilisant. Céline n’arrive pas à appliquer les conseils qu’il prodigue d’un ton péremptoire (il n’a que le mot « autorité » à la bouche). Il se met à lui parler comme « une petite gamine trop grosse ».

Quand il assiste à ses cours, du fond de la classe, il lève les mains au ciel de désapprobation (certains profs acceptent de devenir formateurs sans envie, pour la prime). Céline se sent humiliée et nulle, ou l’inverse.

Deuxième anecdote : comme cela se passe mal avec son tuteur, Céline décide de se confier à une formatrice de l’IUFM. Peu de temps après, au cours d’une réunion, la formatrice met en cause sa vie personnelle :

« Vos parents sont loin, vous êtes seule. Appelez la cellule d’écoute du rectorat. »

Céline, loin de ses parents depuis ses 15 ans :

« C’est jamais de leur faute. Je me suis sentie rabaissée. Vous ne pouvez pas remettre en cause l’organisation. »

« Les anxiolytiques, tout le monde trouve ça normal »

Troisième étape : la démission. Sa santé est en jeu :

« Tout le monde considère ça normal, la première année, de prendre des anxiolytiques. Pas moi. »

Céline ne trouve aucune information sur la procédure à suivre. Les syndicats et ses collègues ne l’aident pas, « ce serait remettre en cause leurs propres choix de vie ». Ils lui conseillent une « mise en disponibilité » ou un « arrêt maladie », bref de profiter du système. Elle trouve finalement la réponse sur des forums « obscurs ».

Enfin, les rigidités de l’EN, la lecture religieuse des « BO » (bulletins officiels) par les profs, le « poids de l’autorité » lui donnent des envie d’anarchie. Sa lettre, finalement envoyée en décembre 2007, est courte, sobre et se termine par « salutations ». Quelques jours après, un « type » du rectorat l’a appelée pour proposer de prendre quinze jours pour réfléchir, « comme si j’étais une enfant, ça m’a trop énervée ».

Céline, 30 ans, vit aujourd’hui « au fin fond du Finistère » où elle élève ses enfants. Elle a raconté sa démission sur un blog sous le pseudo de Pepina. Le site, bien référencé sur Google, est connu des jeunes profs déprimés.

Anne-Sophie, trop sensible


Les yeux d’Anne-Sophie devant le groupe de presse qui l’emploie en stage (Nolwenn Le Blevennec/Rue89).

Anne-Sophie, 27 ans, connaît bien le blog de Céline, c’est l’une des premières choses dont elle parle :

« Tu l’as lu ? Dans l’Education nationale, c’est tabou d’aller mal. Heureusement, il y a Internet et les blogs. »

Cette petite blonde, perles aux oreilles, très réfléchie et qui vient du Nord de la France, n’a pas du tout le même profil que l’impulsive Céline. Elle a aussi démissionné.

Ses premiers jours de classe, Anne-Sophie les vit dans un stress qui la met de mauvaise humeur. On lui a dit que le premier cours est le moment de la « grande révélation », la sensation d’être au bon endroit est censée vous envelopper entièrement. Elle n’a pas trouvé ça transcendant du tout.

La jeune prof se rend compte que les élèves ne l’écoutent pas. Aucun. C’est encore pire, dit-elle, que le bordel :

« Je parlais dans le vide, j’avais l’impression de devenir folle. »

Les élèves, un miroir anxiogène


Anne-Sophie devant son lieu de stage. ((Nolwenn Le Blevennec/Rue89).

L’impression d’inadéquation est totale. Anne-Sophie se rend compte qu’elle manque d’aisance et de théâtralisme. Personne ne lui a appris (son premier cours d’IUFM a eu lieu deux jours avant la rentrée) à capter l’attention.

Perfectionniste, elle vit mal le fait de se sentir échouer : trente paires d’yeux la regardent et elle se demande ce qu’ils pensent d’elle à chaque moment.

Les élèves sont un « miroir anxiogène » de sa personne, dans lequel elle lit de l’ennui. Pour être un bon prof, elle pense qu’il faut une capacité à s’oublier qu’elle n’a pas. Une autorité naturelle, aussi :

« Quand les élèves sont excités, on te conseille de jouer au méchant. Moi, je tapais par exemple mon sac contre la table, au lieu de le poser. Je claquais un peu la porte. Ça marche bien, mais tu contrains ta personnalité et tu dois contrôler ta gestuelle, c’est épuisant. »

Anne-Sophie s’est trompée de voie. Elle en veut aussi à l’EN. Elle enseigne la grammaire à des sixièmes alors qu’elle a étudié les lettres. Les effectifs qui augmentent l’obligent à mettre « consciemment » des élèves de côté. Quant aux programmes, la mise en place de la méthode inductive, par exemple, est une « absurdité pédagogique » : « Les élèves sont perdus et le niveau sonore monte. »

Mais si elle décide de faire autrement, les inspecteurs le verront sur ses fiches de cours. Impossible de prendre quelques libertés.

Cartouches d’encre dans la figure

Pendant plusieurs mois, Anne-Sophie renonce à parler de ses difficultés à l’IUFM. Elle sait qu’on va lui faire comprendre que c’est de sa faute, comme à une de ses copines qui a reçu des cartouches d’encre sur le visage et qui a été accusée par ses formateurs de « mépriser son public ». Elle parle d’une « culture de la culpabilisation ». Si elle s’avoue en difficulté, il y aura aussi plus de visites d’inspecteurs et donc plus de stress. Elle se tait.

L’école est devenue insupportable. Aux vacances de février, Anne-Sophie finit par se mettre en arrêt maladie, un grand classique. Elle pense, au passage, qu’il ne serait pas idiot qu’il y ait « une médecine préventive qui vienne vers les profs, il y a urgence ».

Son congé va finalement se prolonger jusqu’à la fin de l’année, elle pense que sa vie est foutue. Elle en profitera pour passer les concours des écoles de journalisme (avec succès). Le soir où elle a envoyé sa lettre de démission, « c’était hyper-libérateur ». Elle a ouvert une bouteille de champagne.

► Article initialement publié le 27/04/2011.

Corrigé le 28/04/11 à 10h15. Céline a envoyé un mail de précisions sur sa nationalité et ne souhaite pas que la comparaison avec la Scientologie lui soit attribuée.

Corrigé le 04/05/11 à 15h38. Le rectorat de Créteil donne les vrais chiffres des démissions.

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  • Artenam
    Artenam répond à supertoto
    Ecrire avec des sabots c'est (...)
    • Posté à 02h36 le 29/04/2011
    • Internaute 85103
      Ecrire avec des sabots c'est (...)

    Nom de Dieu, un jumeau ! Console-toi, tu es loin d’être le seul « mouton noir » de l’IUFM.
    C’est parfois tentant de se dire : « Est-ce que je suis le seul ici, à avoir conscience que ce qu’on nous balance n’est qu’un ramassis de conneries sans nom ? »
    Quant au soutien de l’IUFM, on en a vite fait le tour : « Il n’y a pas de mauvais élèves, il n’y a que des mauvais profs ! » (je jure que j’ai vraiment entendu cela en plein stage !)
    Tous les ingrédients sont réunis pour dégoûter à jamais de ce boulot.

  • Okotoks
    Okotoks répond à supertoto
    Amateur de paléontologie et d' (...)
    • Posté à 12h28 le 13/07/2011
    • Internaute 58147
      Amateur de paléontologie et d' (...)

    « Au final, je préfère encore mon statut de jeune chercheur en CDD (j’espère pas pour très longtemps) ».

    Vous avez aimez travailler à l’éducation nationale ? Vous allez adorer travailler pour obtenir d’un poste de chercheur académique !

    • supertoto
      supertoto répond à Okotoks
      post-doc expatrié
      • Posté à 12h48 le 13/07/2011
      • Internaute 100724
        post-doc expatrié

      Finalement, je crois que je vais plutôt opter pour la solution « je me casse dans le privé ».

       
      • Okotoks
        Okotoks répond à supertoto
        Amateur de paléontologie et d' (...)
        • Posté à 12h57 le 13/07/2011
        • Internaute 58147
          Amateur de paléontologie et d' (...)

        C’est mon choix également. L’obtention d’un emploi n’est pas forcément plus facile, mais elle donne plus de latitude pour défendre son parcours. Et puis surtout, elle offre un choix de métier plus grand.

      1 autres commentaires
  • HabitantDuMonde
    HabitantDuMonde
    Plus de télé depuis 19 ans.
    • Posté à 13h34 le 27/04/2011
    • Internaute 116611
      Plus de télé depuis 19 ans.

    Il y a un gros manque de formation c’est sur ! Le nombre de prof débutant et totalement inefficace incapable de se faire entendre que j’ai pu croisé pendant mes modestes études, c’est pas croyable. A dégouter les élèves sérieux d’aller en cour...

    Des moment en tant qu’élève j’avais envi de leur dire « Mais bordel, c’est comme ça qu’il faut si prendre ! ! ! C’est quand même pas compliqué ! tu lui fou 8h de colle d’entrée et on va voir si il va se la ramener quand il passera 3-4 mercredi aprem en colle (à un élève irrespectueux) ! » Mais ça, c’est surement un truc pour le quel ils n’étaient pas autorisé, c’est malheureux...

    De toute façon un prof trop gentil c’est un prof hors jeux des le premier cour. Il y a pas de secret, il faut s’imposer d’entrée, quitte à s’assouplir par la suite.

    • Samuel Vimaire
      Samuel Vimaire répond à HabitantDuMonde
      Ancien pauvre
      • Posté à 13h41 le 27/04/2011
      • Internaute 140339
        Ancien pauvre

      J’ai eu des profs très gentils qui savaient se faire respecter.

      Il y a plusieurs moyens d’obtenir du respect :
      - Professeur-copain : à utiliser avec modération.
      - Sévérité pour les vieux jeu, mais il faut tenir la distance.
      - Assurance

      Un prof qui montre de l’assurance et sait rembarrer (voire ridiculiser devant ses camarades) un élève perturbateur à tout gagné. Ça ne l’empêche pas de rester sympathique et accessible.

      • HabitantDuMonde
        HabitantDuMonde répond à Samuel Vimaire
        Plus de télé depuis 19 ans.
        • Posté à 14h33 le 27/04/2011
        • Internaute 116611
          Plus de télé depuis 19 ans.

        J’ai pas dit qu’il fallait être méchant, hin ! mais un élève qui viens en cour uniquement par « obligation » pour y foutre le bordel, faut ce qu’il faut. Le privé de ses mercredi après midi pour l’envoyer en colle c’est clairement la galère pour ce type d’élève qui ne pense qu’a s’amuser. Et puis c’est plus pour l’exemple les premier jour de cour, histoire de montrer que quand le prof dit qu’il va coller, c’est pas des paroles en l’air ! Après il y a d’autre méthodes comme tu peu citer c’est sur.

        J’ai eu des prof que j’ai trouvé vraiment infernal les premier jours, très sévère qui ne laissais rien passer et au file du temps (ils se sont assoupli un peu) je les ai apprécier car malgré leur sévérité, ils étaient toujours près à aider un élève qui avait des difficilté. Bien sur, a condition que celui-ci y mette du sien...

  • jordanbes
    jordanbes
    Etudiant Philo-Socio
    • Posté à 13h35 le 27/04/2011
    • Internaute 151414
      Etudiant Philo-Socio

    « C’était mieux avant... La France va mal... »

    En attendant 2012, combien de ces plaignants derrière leur ordi se bougent vraiment le cul ?

  • Samuel Vimaire
    Samuel Vimaire
    Ancien pauvre
    • Posté à 13h42 le 27/04/2011
    • Internaute 140339
      Ancien pauvre

    L’Education Nationale agonise...

    Les effectifs augmentes, les profs ne sont pas assez formés, les crédits diminuent...

    L’obsolescence programmée de l’ascenseur social : les écoles publiques et gratuites vont finir (si ça n’est pas déjà le cas) par ne plus dispenser l’enseignement suffisant pour viser au dessus d’ouvrier qualifié. Tandis que les riches pourront continuer à acheter leur diplômes dans des écoles privés inaccessibles au moins bien lotis.

    En gros, on cours vers une France d’incultes par manque de moyens gouvernés par des incultes riches qui ont suffisamment d’argent pour se passer d’intelligence ou de culture.

    Tout cela alors qu’on devrait, aujourd’hui, tout miser sur les études, les formations et les professions intellectuelles afin de résister au marché chinois.

    Tout ce que savent faire les chinois, ils le font moins cher que nous. Nous devons donc nous spécialiser dans ce qu’ils ne savent pas faire...

    Si nous ne changeons pas, dans les 10 à 20 ans à venir, nous courrons à une grosse catastrophe économique à côté de laquelle la crise de 2008 aura des airs d’hégémonie économique.

    • Neferourê paillette
      • Posté à 14h23 le 27/04/2011
      • Internaute 109763
        prof

      L’Ediucation Nationale agonise dites-vous. J’en connais qui s’en frottent les mains. Cette mort de l’EN va simplifier la privatisation de l’éducation.

      • Samuel Vimaire
        Samuel Vimaire répond à Neferourê paillette
        Ancien pauvre
        • Posté à 14h47 le 27/04/2011
        • Internaute 140339
          Ancien pauvre

        C’est exactement là où je veux en venir quand j’écris :

        « L’obsolescence programmée de l’ascenseur social : les écoles publiques et gratuites vont finir (si ça n’est pas déjà le cas) par ne plus dispenser l’enseignement suffisant pour viser au dessus d’ouvrier qualifié. Tandis que les riches pourront continuer à acheter leur diplômes dans des écoles privés inaccessibles au moins bien lotis. »

        et

        « En gros, on cours vers une France d’incultes par manque de moyens gouvernés par des incultes riches qui ont suffisamment d’argent pour se passer d’intelligence ou de culture. »

        Ou comment se rapprocher d’avantage du féodalisme :
        Une classe dirigeante qui se reproduit entre elle et qui lègue son pouvoir à ses enfants et une classe asservie dont la descendance aura de moins en moins de chances d’arriver à intégrer la classe dirigeante...

         
        • Neferourê paillette
          • Posté à 16h48 le 27/04/2011
          • Internaute 109763
            prof

          C’est déjà beaucoup le cas hélas.
          Je ne connais que les REP et les zones difficiles de ma ville , et on ne peut y enseigner la totalité du programme pour le plus grand nombre. A la fin du primaire, il existe une véritable hémorragie vers le privé, les parents ayant trop peur des collèges avec des « sauvageons » qui chahutent les profs non expérimentés.
          Les élèves des quartiers plus tranquilles, eux, vont tous en collèges privés ou collèges d’autres quartiers. Mais leurs parents refusent qu’ils montent dans la ZUP.
          Dans ma ville, l’école privée prospère (primaire et collège) et s’est récemment étendue avec un LEP.
          Cela fait 15 ans que j’enseigne, je n’ai vu qu’une seule élève fille de profs fréquenter les écoles de REP.
          Ce qui me stupéfie et me met très en colère, c’est la non récation des parents. Personne ne bouge et ne demande la mise en place d’une vraie égalité des chances. Je trouve cela très décourageant.
          Du coup, je m’en vais. Enfin, j’essaie, j’ai fait des demandes au mouvement des profs pour travailler ailleurs. J’en peux plus de ne pouvoir rien faire, ou si peu.

          • Samuel Vimaire
            Samuel Vimaire répond à Neferourê paillette
            Ancien pauvre
            • Posté à 17h17 le 27/04/2011
            • Internaute 140339
              Ancien pauvre

            Du coup, on peut dire que l’école privé accélère l’agonie de l’éducation national :

            Vous dites :
            « Les élèves des quartiers plus tranquilles, eux, vont tous en collèges privés ou collèges d’autres quartiers. Mais leurs parents refusent qu’ils montent dans la ZUP. »

            En gros, les gens qui ont suffisamment d’argent (et donc un minimum d’influence), envoient leurs enfants dans le privé. S’il n’y avait pas d’écoles privées, ils seraient contraints d’envoyer leurs enfants dans le publique et seraient alors logés à la même enseigne que les autres. Ils protesteraient donc aussi contre la décrépitude de l’éducation nationale.

            On assisterait alors à un consensus en France. Si tout le monde (et pas seulement ceux qui ne peuvent pas payer d’études privées à leurs enfants) réclamait une amélioration des choses.

            A cause du privé, les plus favorisés (et donc les plus influents) se désintéressent du sort de l’éducation nationale.

        3 autres commentaires
    • bibimbap
      bibimbap répond à Samuel Vimaire
      en travaux
      • Posté à 18h07 le 27/04/2011
      • Internaute 86441
        en travaux

      « En gros, on cours vers une France d’incultes par manque de moyens gouvernés par des incultes riches qui ont suffisamment d’argent pour se passer d’intelligence ou de culture. »

      On y est je crois...

      • Samuel Vimaire
        Samuel Vimaire répond à bibimbap
        Ancien pauvre
        • Posté à 18h37 le 27/04/2011
        • Internaute 140339
          Ancien pauvre

        « On y est je crois... »

        Oh, pas encore, il est encore possible, aujourd’hui, de suivre un cursus entièrement publique et de devenir cadre. Mais, je vous l’accorde, on n’en est pas loin...

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 13h44 le 27/04/2011
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    Trois jeunes ex-enseignants racontent pourquoi ils ont déserté une Education nationale où « tout le monde s’en fout ».

    ► L’école dont ils rêvaient,
    elle n’existe pas en France,
    elle ne peut exister,
    parce qu’elle nécessiterait une coordination entre enseignants,
    l’établissement d’un projet d’école,
    qui s’articulerait en objectifs précis,
    établis par les enseignants de l’école, pour leur école,
    et modifiés par les enseignants au fur et à mesure de l’avancée du vécu de l’école.

    Elle induirait une gestion , collégiale ou hiérarchique et indépendante au sein de chaque établissement,
    gestion recrutant les enseignants sur projet commun,

    et les remerciant éventuellement si incompatibilité ou inadaptation...

    Elle induirait une remise en cause de la gestion étatique des écoles
    ainsi que du statut des enseignants,

    elle permettrait le recyclage des enseignants inadaptés ou usés par le métier, au lieu de les amener à bouziller des générations entières d’élèves

    ....mais entre nous,.....
    le maintien du statut des enseignants,
    c’est quand même plus important que la qualité de l’enseignement dans nos écoles de France...

    • Piedo
      Piedo répond à Pierrrrre
      Assis
      • Posté à 15h01 le 27/04/2011
      • Internaute 43246
        Assis

      Le statut ? Le statut ? Mais dites-moi, n’est-ce pas ce dont vous profitez et profiterez encore tout au long de votre carrière de fonctionnaire ?

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Piedo
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 17h33 le 27/04/2011
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « Le statut ? Le statut ? Mais dites-moi, n’est-ce pas ce dont vous profitez et profiterez encore tout au long de votre carrière de fonctionnaire ? »

        ► Oui, absolument.
        Le fait que je profite d’un avantage est lié au fait qu’il est avantageux pour moi,

        le fait que je le critique signifie est lié à ses conséquences dommageables en terme de motivation, d’efficacité et d’égalité par rapport aux statuts du privé.

         
        • Piedo
          Piedo répond à Pierrrrre
          Assis
          • Posté à 19h17 le 27/04/2011
          • Internaute 43246
            Assis

          C’est donc bien ce qu’on appelle communément cracher dans la soupe.

          Et, bon, encore une fois, vous n’avez jamais travaillé dans le privé, vous n’êtes décidément pas le plus qualifié pour aborder ces questions.

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à Piedo
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 20h32 le 27/04/2011
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « ce qu’on appelle communément cracher dans la soupe. »

            ==> Je ne crache pas dans la soupe, bien au contraire, je l’avale jusqu’à la dernière goutte en me contentant de trouver anormal une carrière qui ne prenne pas en compte ni la compétence ni le travail des gens : dans la fonction publique, pour faire carrière, au lieu de bosser pour son travail, suffit à la place de préparer ses concours.
            Je trouve assez sain de dénoncer cette dérive.

            –––––––-

            « encore une fois, vous n’avez jamais travaillé dans le privé “

            ==> Figurez vous que si. Mais que effrayé par la complexité administrative et l’embrouillamini déclaratif et fiscal de la création d’une petite société, j’y ai fort heureusement pour moi renoncé,
            faisant avec bonheur carrière dans une fonction publique de manière confortable..mais je l’avoue, pas particulièrement méritée,
            encore qu’en ce domaine, il y ait bien pire que mon bien modeste et banal cas de figure.

        2 autres commentaires
    • Amélie59
      Amélie59 répond à Pierrrrre
      L'eau qu'a Terre
      • Posté à 16h31 le 27/04/2011
      • Internaute 108837
        L'eau qu'a Terre

      Le maintien du statut des enseignants ? Mais qu’est ce qu’il vous faut ? Pas de remplacements pour les départs à la retraite, multiplication des vacataires, suppression de postes, c’est bon on tient le bon bout, yaura bientot plus de fonctionnaires, ces gens qui sont la plaie de la France à vous lire...

      Vous qui êtes si cartésien et qui savez manier les chiffres de la délinquance et du cout de l’immigration incontrôlée..etc, ben là c’est pareil c’est du calcul, c’est une question de chiffres aussi. Si pas d’enseignants mais plus d’élèves yaura un pb, et c’est pas un vacataire qui va le régler. (je ne vous jette pas la pierre, la plupart du tps je suis assez d’accord ac vous, mais la sur l’educ nat, j’avoue que je ne saisis pas)

      « le maintien du statut des enseignants,
      c’est quand même plus important que la qualité de l’enseignement dans nos écoles de France... »

      La preuve que leur statut, ces enseignants s’assoient dessus, ils préfèrent se barrer !

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Amélie59
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 20h44 le 27/04/2011
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « . Si pas d’enseignants mais plus d’élèves yaura un pb, »

        ► On en est loin.
        Dans le secondaire, le nombre d’élèves par enseignant est en moyenne de 11,9% … il est de 15% en Allemagne… et de 8,2% en Grèce… nous faut-il pour autant jalouser la Grèce ?
        L’effectif moyen est en France de 22 élèves dans le primaire et de 24 dans le secondaire.
        Cet effectif va d’année en année en diminuant, n’empêchant pas les problèmes d’aller en s’amplifiant.

        –––––––––-

        « le maintien du statut des enseignants,
        c’est quand même plus important que la qualité de l’enseignement dans nos écoles de France... »

        ► Effectivement, je soulignais les effets négatifs de ce statut étatique :

        Enseignant protégé, non géré, électron libre lui permettent de gérer sa classe à sa guise en faisant pour certains le meilleur et pour d’autres le pire.

        Aucune coordination par établissement, aucune gestion possible sur site, enseignants atterrissant là par le hasard des mutations et non pas choisi sur un projet pédagogique.. et choisi par qui ? puisqu’aucune autorité pédagogique et gestionnaire au sein des établissements.

        Tout le monde connait des enseignants qui ne sont manifestement pas à leur place (je dirais qu’il y en a au minimum 2 sur 3).. des enseignants pédagogiquement ou nerveusement inaptes à l’enseignement, et qui par leur statut peuvent ainsi perdurer (dans une souffrance personnelle certaine) du n’importe quoi jusqu’à leur retraite libératrice.

        –––––––––

        « La preuve que leur statut, ces enseignants s’assoient dessus, ils préfèrent se barrer ! »

        ► Et c’est malheureusement les meilleurs qui s’en vont,
        faute de ne pouvoir virer les plus nuls.

         
        • Canard Quantique-
          Canard Quantique- répond à Pierrrrre
          http://www.sejours-billy.com/
          • Posté à 22h04 le 13/07/2011
          • Internaute 147821
            http://www.sejours-billy.com/

          ► Bla bla bla.

          ––––––––

          ► J’aime le bla-bla. Et le Gouda. Mais pourquoi ? Parce que c’est bon, c’est gras, c’est du Gouda.

        1 autres commentaires
  • Chotella
    Chotella
    jardinière
    • Posté à 13h59 le 27/04/2011
    • Internaute 83685
      jardinière

    C’est vrai que l’EN s’en fout, et des profs et des élèves... A tel point qu’on peut se demander à quoi sert l’EN.
    Quand je vois, et entends, tous ces gamins qui ne savent pas aligner deux phrases dans un français correct, qui écrivent encore plus mal, et qui souvent lisent avec peine, alors qu’ils sont au collège (j’habite la banlieue, je prends le bus avec eux chaque matin...), j’ai un peu peur. Pour leur avenir, pour l’avenir en général. Ils n’ont pas compris, on ne leur a pas dit, qu’apprendre permet de se donner le moyen de faire des choix, de comprendre le monde. Pas seulement d’avoir un métier. D’ailleurs, avoir un métier est un piètre argument à leur servir : ils sont cernés par le chômage...
    « De l’éducation de son peuple dépend le destin d’un pays » disait Disraëli. On est mal partis...

    • Schrödinger
      Schrödinger répond à Chotella
      Poli et gentil. Très rue89.
      • Posté à 14h43 le 27/04/2011
      • Internaute 41709
        Poli et gentil. Très rue89.

      L’éducation NATIONALE ? La formation du citoyen ?

      Vous vous trompez, ici on fabrique de la main d’œuvre...

  • Deamon7
    Deamon7
    Petit agité
    • Posté à 14h08 le 27/04/2011
    • 49273
      Petit agité

    Transformer les mômes en futurs gauchistes débiles et incultes, une mission qui ne motive plus nos jeunes.

    • supertoto
      supertoto répond à Deamon7
      post-doc expatrié
      • Posté à 14h14 le 27/04/2011
      • Internaute 100724
        post-doc expatrié

      Vue les restructurations des programmes de Sciences économiques et sociales, qui consistent à rayer la majeure partie de la sociologie et à faire ingurgiter des modèles mathématiques scientistes, on est plutôt en passe de former de bons petits libéraux.

      • Deamon7
        Deamon7 répond à supertoto
        Petit agité
        • Posté à 14h43 le 27/04/2011
        • 49273
          Petit agité

        Étant donné le prosélytisme intense et éhonté pratiqué par les profs d’Anglais, Histoire-Géo, Français…d’une manière générale par les profs n’enseignant pas des sciences pures, il y a de la marge.

         
        • Schrödinger
          Schrödinger répond à Deamon7
          Poli et gentil. Très rue89.
          • Posté à 14h45 le 27/04/2011
          • Internaute 41709
            Poli et gentil. Très rue89.

          C’est sûr, MC Carthy le disait aussi, l’éducation occidentale est gangrénée par le PC... L’URSS y envoie d’ailleurs ces meilleurs agents tous les ans... Surtout les profs d’anglais comme vous le dites, surtout eux, là, les méchants profs d’anglais...

          • Deamon7
            Deamon7 répond à Schrödinger
            Petit agité
            • Posté à 15h07 le 27/04/2011
            • 49273
              Petit agité

            Faire subir l’intégrale de Ken Loach à des ados, c’est pire que de la méchanceté.

        • Piedo
          Piedo répond à Deamon7
          Assis
          • Posté à 15h03 le 27/04/2011
          • Internaute 43246
            Assis

          Vous n’y allez pas par quatre chemins, vous, quand il s’agit de débiter du cliché inepte. Condenser autant de caricatures en si peu de mots, ça n’est pas un mince exploit.

        3 autres commentaires
    • Izem
      Izem répond à Deamon7
      JE SUIS ICI NOUS SOMMES (...)
      • Posté à 14h49 le 27/04/2011
      • Internaute 53940
        JE SUIS ICI NOUS SOMMES (...)

      ça fait longtemps que vous n’allez plus a l’école vous

      • Deamon7
        Deamon7 répond à Izem
        Petit agité
        • Posté à 15h01 le 27/04/2011
        • 49273
          Petit agité

        Éducation Nationale, même pas 10 ans... En me remémorant le lycée je n’ai même pas l’impression d’être caricatural.

         
        • Schrödinger
          Schrödinger répond à Deamon7
          Poli et gentil. Très rue89.
          • Posté à 15h15 le 27/04/2011
          • Internaute 41709
            Poli et gentil. Très rue89.

          « En me remémorant le lycée je n’ai même pas l’impression d’être caricatural. »

          La mémoire est sélective...

        1 autres commentaires
  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 14h11 le 27/04/2011
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Expressions fétiches : « transmettre », « créer des liens empathiques », « je crois en toi ».]

    Sauf que la vertu d’un individu est par principe toujours mise à mal lorsqu’on lui confie la tâche de quantifier et de qualifier - alors qu’ils voudraient offrir les mêmes chances de réussite à tous.
    La meilleure note au fils du riche, même s’il est con, ça existe depuis Pagnol !

    L’école de demain sera l’école des nantis, sous gestion privée (voire religieuse - ce qui est pire encore) et il n’est plus question pour la fifille et le fiston de ’connard’ lambda d’accéder à un minimum de savoir...car après, ils deviennent bien trop revendicatifs !

    Lécole n’a même plus à être obligatoire, car il faudra la payer très cher, d’un prix volontairement établi pour couper la route du savoir aux manants...
    Un tarif que les plus modestes ne pourront évidemment pas assumer !

    Une nouvelle approche esclavagiste de la société est en marche !

    ...mais comme nous sommes dans le domaine du « Politiquement correct » :
    On ne dira plus « travailleurs »...mais citoyens à coopération fructueuse.

    • mewtow
      • Posté à 16h50 le 27/04/2011
      • Internaute 138470

      Bof, regardez les résultats de PISA sur l’égalité réelle de notre système scolaire : on est parmi les pires pays, y compris derrières les USA, avec leur sélection par l’argent.

      En fait on y est déjà dans ce que vous décrivez, on le sait depuis Bourdieu qui a montré que c’était déjà pareil en 1960.

      Alors pas besoin d’y voir un complot des libéraux...

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à mewtow
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 18h09 le 27/04/2011
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        « Alors pas besoin d’y voir un complot des libéraux... »

        Ici, vous semblez mettre le mot LIBERTE uniquement à la sauce fric !
        Je suis de gauche, je suis partageux...mais je suis un libéral aussi.
        J’estime en effet que la liberté est un acquis de ceux qui luttent pour leur vie (ou leur survie)...et non de ceux qui ont déjà tout pris.

        C’est assez bizarre que lorsqu’on évoque LA DROITE, on pense liberté, et que quand on évoque la gauche, on pense le contraire.

        La liberté individuelle est une valeur de gauche,
        ...et il n’y a qu’à voir à quelle vitesse les élus - gouvernants des droites détruisent ces libertés pour en être définitivement convaincus.

        NB : Pour le reste, vous avez raison !
        L’instruction n’est indispensable qu’aux liberaux (de droite)

        * Les autres n’ayant plus qu’à aller se faire mettre...comme d’hab !

        (J’espère que vous aurez apprécié le « virevoltage » de mon propos)

         
        • mewtow
          • Posté à 18h11 le 27/04/2011
          • Internaute 138470

          Dans mon message, il fallait comprendre libéral dans le sens qui lui est donné de plus en plus aujourd’hui : à savoir qu’on fait l’amalgame entre libéralisme économique et libéralisme politique.

          Cela dit, le libéralisme politique peut avoir des problèmes tant qu’on va trop loin : la liberté individuelle ne doit pas mener à la compétition, et il faut parfois se contraindre pour coopérer. Faire passer l’individu devant le groupe peut vraiment avoir des effets pervers.

          • Yvon le Zébulon
            Yvon le Zébulon répond à mewtow
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
            • Posté à 18h13 le 27/04/2011
            • Internaute 65781
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

            Sur le fond, nous sommes d’accord !
            Merci de vos précisions.
            ))

        2 autres commentaires
  • Richard Schneider
    Richard Schneider
    retraité de l'EN
    • Posté à 14h10 le 27/04/2011
    • Internaute 153726
      retraité de l'EN

    De tte façon, l’objectif de la droite dure a toujours été le démantèlement des services publics. Les tactiques sont diverses : pour l’EN, il s’agit de l’étouffer en la privant de moyens. Ce qui est navrant, c’est que les couches populaires par ressentiment à l’égard de la fonction publique s’en fichent ... Elles seront les plus durement touchées quand il n’y aura plus de service de santé gratuit, plus d’école gratuite etc ...

  • seb.a
    seb.a
    hors hexagone
    • Posté à 14h11 le 27/04/2011
    • Internaute 126414
      hors hexagone

    Il y a quelques mois était sorti un rapport comparant la situation dans les pays de l’OCDE, en particulier le nombre d’élèves par classe au primaire, rapport qui m’avait bien fait rire, enfin rire très jaune : Lien
    Scolarisé dans des classes de même taille dans une campagne tranquille, je n’ai pas vu trop de problème au primaire, par contre au collège ceux qui foutaient le bordel (et des fois c’était sublime) étaient ceux qui ne comprenaient pas grand chose. Et comment leur en vouloir ? rester assis 8 heures par jour à s’em..., en tant qu’adulte je ne peux pas, alors des gamins...
    La situation semblant difficile dans de nombreuses écoles, le bon sens voudrait que l’on mette le paquet sur les gamins du primaire pour qu’ils comprennent mieux après.
    Après, je ne suis pas comptable, si vraiment il n’y a pas le budget pour payer des profs... (d’ailleurs, combien de profs on peut payer avec un vol d’avion présidentiel ? ou avec les constructions de prison ?)

    • mewtow
      mewtow répond à seb.a
      • Posté à 16h53 le 27/04/2011
      • Internaute 138470

      Il y a le budget pour mettre des professeurs dans le primaire, mais il passe dans le financement des grandes écoles, laissant tout le reste de l’éducation exsangue.

      Faut savoir ce qu’on veut :
      - Des internats d’excellence, des grandes écoles et une instruction académique putréfiée par son élitisme ?
      - Une école équitable et formant sa jeunesse avec des moyens utilisées correctement ?

  • Tonpla
    • Posté à 14h14 le 27/04/2011
    • Internaute 144970

    Très bel article. Je rajouterai, pour rendre compte du malaise de nombreux stagiaires cette année, que le problème se situe également au niveau des tuteurs de stage ou maîtres-formateurs.
    Il y a toute une génération de profs qui se sentaient pépères dans des collèges de province ou de proche banlieue — glandouille en salle des profs, CAMIF, etc. — et qu’on a contraints de prendre des stagiaires cette année. La confrontation entre des jeunes gens motivés, qui ont passé un concours difficile, et les vieux cons titularisés à l’ancienneté est souvent difficile.

    Saviez-vous en outre que le SNES (ce gros syndicat qu’on utilise pour obtenir la mutation que l’on souhaite) a lancé un mouvement de refus, par certains profs, du tutorat ? Le SNES raconte que c’est pour ne pas entériner une situation qu’il rejette. La vérité, c’est qu’il protège une bonne grosse bande de profs glandeurs qui refusent de mettre le pied à l’étrier des jeunes gens.

    (précisons que ce message n’est pas anti-prof : je me destine moi aussi à l’être, non sans appréhension lorsque j’entends les témoignages de jeunes stagiaires)

  • Dave Feng
    • Posté à 14h17 le 27/04/2011
    • Internaute 27954

    Merci pour cet article. Mais ce serait bien de le faire suivre d’autres articles, histoire de sortir les riverains de cette désagréable impression de relire le même marronnier...
    1/ Un article ancien de Rue89 rappelait une étude de l’OCDE indiquait que le taux de démission chez les jeunes enseignants était fort dans tous les pays de la zone. La France a un taux légèrement supérieur. Pourquoi ?
    2/ La conjoncture actuelle fait-elle augmenter ou baisser le nombre de démissions ? (est-ce que la récente réforme a augmenté les démissions ? les arrêts ?)
    3/ L’EN s’est doté d’une directrice RH. Travaille-t-elle sur ce dossier ? Ou est-elle là pour appliquer sa « feuille de route » (euphémisme moderne pour dire que l’on est incompétent et irresponsable...) ?

    - Pour l’anecdote - j’ai moi aussi démissionné de l’EN. Au bout de cinq ans, on m’a placé à 2h30 de transports en commun de mon domicile, alors que je suis marié avec deux enfants. Je suis parti faire autre chose. Les collègues, les élèves étaient gentils. Le rectorat inexistant. - la seule chose désagréable, c’est cette insistance de tous à considérer qu’il est normal de prendre sur soi. J’admets que travailler, c’est accepter des contraintes - mais il y a une frontière du mépris que toutes les grosses administrations oublient rapidement...
    - et maintenant, j’ai un travail près de chez moi, mieux payé, tout aussi utile socialement.

  • les bulles
    les bulles
    avocat
    • Posté à 14h22 le 27/04/2011
    • Expert 150814
      avocat

    l’EN est un milieu moisi mais il l’est depuis des decennies.

    Sauf qu’avant ça ne se voyait pas trop.

    Pourquoi ? Simplement parceque les enfants étaient respectueux des profs. Le respect leur était inculqué dans le cercle familial. Le respect dû aux adultes en général.

    Désormais, ils n’apprennent plus ce respect. Donc, quand ils arrivent à l’école, il ne leur vient pas l’idée spontanément de respecter le prof. Il est évident que si les parents ne respectent pas non-plus le prof, c’est définitivement foutu.

    Le problème, ce n’est pas l’école. Elle arrive souvent trop tard. Le mal est fait.

    Le problème provient de l’éducation de base, celle que les parents doivent à leurs enfants. Tout passer à un enfant n’est jamais lui rendre service. C’est confortable mais ça se paie très vite et le prix fort.

    Je suis toujours surpris que pour conduire une voiture, il faille passer au moins 20 heures de conduite + l’examen. Pour devenir parents et avoir la responsabilité de l’avenir d’un petit enfant, rien n’est prévu. Et pourtant, combien de parents seraient reconnaissants si on leur accordait 20 heures pour apprendre ce dont à besoin un enfant pour grandir .... même le b-a ba ...

    Je précise que je ne considère pas qu’il n’y ait qu’une façon d’élever un enfant. Les « differents courants » pourraient participer à la formation, les parents restant évidemment libre de choisir leur voie mais au moins ils auraient des outils

  • alankin
    alankin
    peu importe
    • Posté à 14h31 le 27/04/2011
    • Internaute 140809
      peu importe

    c’est l’histoire de gens qui se sont trompés de voie, ou ont été déçus par leur employeur : comme des dizaines de milliers de personnes qui se réorientent..
    Alors je ne comprends pas trop cet article....c’est assez banal en fait.

  • Neferourê paillette
    • Posté à 14h35 le 27/04/2011
    • Internaute 109763
      prof

    Sans vouloir rentrer dans un concours macabre, il serait intéressant de connaître le pourcentage des suicides d’enseignants.

  • ChevalierErrant
    ChevalierErrant
    humaine
    • Posté à 14h37 le 27/04/2011
    • Internaute 125969
      humaine

    Il est où le problème vous pensez ? Ça ne serait pas les enfants par hasard qui ne sont pas tenables, qui n’ont aucun respect pour rien ni personnes...on revient au coup de pied au cul :))

  • Petit Page
    Petit Page
    Blogueur des neiges
    • Posté à 14h39 le 27/04/2011
    • Internaute 137907
      Blogueur des neiges

    Voici un article bien étrange...bourré d’inexactitudes, alors que le problème de l’Education Nationale est bien réel, et mériterait qu’on enquête vraiment sur le sujet !

    Dans les « erreurs », ou « interprétations toutes personnelles » relevées chez Céline, il y a de quoi faire un joli bouquet :

    « (certains profs acceptent de devenir formateurs sans envie, pour la prime) »
    Savez-vous que les « formateurs » sont obligés de prendre des stagiaires, en plus de leur emploi du temps déjà trop plein ? ? ? Et qu’ils subissent des pressions de leur hiérarchie, pressions très explicites ( que Rue89 a déjà évoqué dans des articles bien plus informés et rigoureux ), alors que la prime évoquée n’est pas automatique ? ? ? Enquêtez enfin ! ! !

    « la lecture religieuse des “ BO ” (bulletins officiels) par les profs »
    Mais dans quel endroit a donc enseigné Céline ? ? ? Dans un établissement privé ? ? ? Peut-elle citer des noms de profs lisant religieusement le BO ? ? ? ? Combien ? ? ? Pourquoi de tels propos mensongers ? ? ?

    Les problèmes de l’EN sont gravissimes, et ce, depuis plusieurs années ! Faites donc une véritable enquête pour évoquer le sujet, pas un recueil de trois témoignages, dont certains semblent sujet à caution !

    PS : savez-vous qu’il n’y a pas de médecine du travail à l’EN ? ? ? Donc pas de prise en compte officielle des dépressions, suicides, etc, liés à la profession ? Savez-vous qu’être prof ne s’improvise pas ? Que c’est un vrai métier, et que cela n’a rien à voir avec « l’amour des enfants », ou toute autre plaisanterie ? ? ?

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