17/04/2011 à 19h43

Pouvoir d'achat : une France « quasi révolutionnaire »


Jean Viard, sociologue proche du PS, s’inquiète que « l’évolution des revenus [soit] moins rapide que celle des modes de vie ».


Quand le sociologue Jean Viard, proche du Parti socialiste, se plonge dans les chiffres de notre pouvoir d’achat – qui n’a augmenté que de 1,2% en 2010 contre 1,6% en 2009 –, il pourfend les moyennes qui ne veulent rien dire et les politiques qui laissent faire. Quand il analyse la grande crise que nous traversons, il y voit une situation « quasi révolutionnaire ». Décoiffant.

Rue89 : Les Français ont l’impression que leur pouvoir d’achat baisse, les statisticiens et les économistes disent que non. Qui croire ?

Jean Viard par lui-même

Né en 1949, actif en 1968, installé à la campagne en 1975.

Thèse avec Edgar Morin, 1979.

Sociologue, directeur de recherche CNRS au Cevipof.

Cofondateur des Editions de l’Aube, 1986.

Conseiller municipal de Marseille, 2008.

Célibataire, six enfants.

A publié : « La Campagne inventée » (Actes Sud), « Marseille, une ville impossible » (Payot), « Pourquoi les travailleurs votent FN » (Le Seuil), « Lettre aux paysans et aux autres sur un monde durable » (L’Aube) et, récemment, « Fragment d’identité française » (L’Aube).

Jean Viard : Prenons quelques chiffres sur dix ans. En 1998, les 10% les moins riches avaient un niveau de vie de 7100 euros par an et par personne. En 2008, hors inflation, ce chiffre avait augmenté de 13,7%, soit 970 euros de plus. Pour les 10% les plus riches, ce même indicateur a progressé de 27,3% : ça fait 11 530 euros en plus. Et les 0,01% les plus riches, eux, ont gagné 360 000 euros de plus ! Ça donne deux informations : la première, c’est que les écarts se creusent, et la seconde, que la moyenne n’a pas grand sens…

Le problème, c’est que nos modes de consommation nous coûtent de plus en plus cher. Il y a dix ans, on n’avait pas de téléphone portable, pas d’Internet, quasi pas d’abonnements à des bouquets de chaînes de télévision… L’évolution des modes de vie fait qu’on arrive moins bien à vivre au même standard – au sens où ces nouveaux produits sont maintenant entrés dans le standard. Le sentiment des gens n’est donc pas faux.

Jusqu’aux années 1990, l’évolution des revenus était suffisante pour absorber les innovations technologiques. Prenez le lave-linge, le lave-vaisselle, la télé couleur… Quand ça apparaissait, les riches l’achetaient tout de suite, les couches moyennes l’année d’après et les prolos deux ans plus tard. On savait que, quelle que soit sa position dans la société, son revenu permettrait d’avoir l’objet soit tout de suite, soit les années d’après.

Comme l’évolution des revenus est devenue moins rapide que celle des modes de vie, les choix qu’on est amené à faire ont augmenté. Les téléphones portables sont devenus les premiers concurrents du départ en vacances dans le poste de dépenses mobilité-loisirs : on ne peut pas remplacer une soupe par un téléphone portable, mais on peut gratter sur ses vacances. Cela montre que la croissance des salaires est insuffisante pour absorber le progrès technique.

La hausse des grosses dépenses comme le logement réduit le revenu disponible…

Les dépenses contraintes ont effectivement augmenté : le logement et l’énergie sous toutes ses formes, chauffage, essence… Mais il y a une autre raison : en dix ans, la structure des prix a changé. Il y a de plus en plus de produits manufacturés qui viennent de loin et qui coûtent de moins en moins cher. Par contre, tout ce qui est quotidien – se nourrir, se loger, se soigner… – est fait avec des gens payés au même salaire que nous.

Prenez vos courses au supermarché : 70% des objets que vous achetez en dehors de l’alimentaire viennent d’Asie, et leur prix s’est effondré. Les productions européennes coûtent beaucoup plus cher, donc on a l’impression qu’il n’y a plus de logique dans les prix : bientôt, vous allez acheter un ordinateur pour le prix d’un kilo de pommes de terre !

Les réglementations ont aussi un effet pervers. On parle de « marché du logement » : si c’était un vrai marché, comme il y a une énorme demande, on construirait n’importe où. Heureusement, on régule ce marché, au nom de l’environnement, de la protection des paysages… On dit que c’est un marché, mais il n’arrête pas de produire de la norme, et la seule chose qui est libre c’est le prix, le loyer. Tout le reste est réglementé, et du coup, le prix n’a plus aucun sens : il n’est plus lié au coût de production du logement, ni à son coût d’entretien et de renouvellement. C’est un faux marché. Soit c’est libre, et alors on construit n’importe où, et les prix vont s’effondrer, soit c’est réglementé, et les loyers devraient l’être aussi.

Le logement est-il assez pris en compte dans l’indice des prix ?

L’indice des prix prend la masse des loyers disponibles et la divise par la masse des Français : que vous soyez propriétaire ou locataire, ça n’a plus du tout le même sens. Si vous avez un gros pouvoir d’achat, vous achetez beaucoup de produits technologiques qui viennent de loin et qui ne coûtent pas cher. En revanche, si vous êtes au RMI et si vous cherchez un pied-à-terre, vous êtes concerné directement par la hausse des prix.

Y a-t-il des catégories qui ont vu leur pouvoir d’achat réellement diminuer ?

La hiérarchie entre les différents groupes sociaux se modifie. C’est très visible pour le corps enseignant. Il y a vingt ans, les jeunes enseignants étaient à peu près à deux fois le smic. Aujourd’hui, c’est 1,4 fois. Ils ont perdu en pouvoir d’achat et en « respect », car c’est un peu la même chose : quand après six ans d’étude vous arrivez à un smic et demi, c’est un peu qu’on vous manque de respect.

Cela dit, on ne peut pas parler de baisse des revenus en France. On démarre plus bas que ses parents, du coup, on a un sentiment de déclassement. Il faut parler aussi de ceux qui ont des revenus discontinus, tous ces gens qui entrent dans la vie active, les jeunes avec de petits boulots, au RMI et qui ont du mal à trouver un logement, et aussi les femmes ouvrières, une partie des immigrés.

Le sentiment est différent selon que la discontinuité est choisie ou subie. Chez des jeunes qui ont choisi d’être intermittents du spectacle, faire un mois complet peut être perçu comme le jackpot. Ce n’est pas le même sentiment que s’ils étaient au smic. L’essentiel des temps partiels, ce sont des femmes qui ne choisissent pas leur emploi du temps, comme les caissières de supermarché. Vos trente heures par semaine, si vous en faites des bouts à droite, des bouts à gauche, votre vie est foutue en l’air, vous n’avez plus de temps à vous.

A l’inverse, vous avez des groupes hypersécurisés. En vingt ans, la durée moyenne du contrat de travail est passée de huit ans et neuf mois à onze ans et deux mois : une partie de la société se sédentarise dans l’emploi, parce qu’elle a peur du chômage.

En schématisant, on a des hommes blancs entre 28 et 58 ans qui sont d’une stabilité béton, et des jeunes, des femmes ouvrières et des gens de couleur qui sont dans l’insécurité. Les deux groupes sont négatifs. L’un a peur du changement, il a l’impression de ne pas progresser et il ne veut pas prendre de risque, par exemple en changeant d’entreprise : il est malheureux-fixe. L’autre a des revenus discontinus, et il est malheureux-instable. Ce sont deux souffrances sociales, en partie contradictoires, mais il faut les prendre toutes les deux en compte.

Cette souffrance est-elle « entendue » ?

Quand Nicolas Sarkozy a été élu, on a entendu qu’on allait gagner plus. La revendication de gagner plus était légitime, ça répondait à une demande réelle : « On me donne des désirs, mais pas les moyens de les satisfaire, donc j’ai un sentiment de frustration. » Quand on vous dit : « Vous allez gagner plus », vous pensez : « Voilà quelqu’un qui a compris mon problème. » On ne va pas discuter pour savoir si ça s’est fait ou pas, d’autant qu’il y a eu un retournement de conjoncture…

Ce qui m’avait scandalisé à l’époque, c’est le discours sur les heures supplémentaires : c’est un modèle profondément macho. Qui peut faire des heures sup dans un ménage ? En fait, c’est le mec : une femme avec des enfants est souvent à temps partiel. Les dames sont beaucoup plus en souffrance dans cette société que les messieurs. Il y a 1,5 million de femmes qui vivent seules avec des enfants : on pourrait les décrire comme des chômeuses du mariage, mais aussi comme demi-chômeuses économiques, parce qu’elles sont souvent à mi-temps.

On est dans une société de discontinuité, et ce n’est pas toujours mal : on change de partenaire amoureux tous les huit ans, 10% des Français déménagent chaque année, ce ne sont pas forcément des choix négatifs. C’est comme un énorme système de tri, dont le moteur est plutôt dynamique, comme dans le secteur amoureux. Et il y a tous ceux qui sont sur le côté : les chômeurs, les femmes seules avec enfants. On ne peut pas faire des moyennes avec tout ça.


S’il devait y avoir une politique du pouvoir d’achat...

La première chose à faire serait d’encadrer les hauts revenus : le principal scandale, c’est qu’il y a des gens qui gagnent trop d’argent par rapport aux richesses qu’ils ont produites, et qui, de plus, ne contribuent pas assez au niveau fiscal. Du coup, il y a une rupture de solidarité à l’intérieur de la société. Double problème : il y a de l’argent qui ne tombe pas dans les caisses communes, et les gens les plus modestes ont l’impression de se faire complètement enfumer. Les prix qu’on voit à la télé sont complètement délirants : le type qui, péniblement, nourrit sa famille avec le smic a l’impression d’être un pauvre con. Il est deux fois victime : non seulement il ne gagne pas assez, mais il a l’impression d’être en dehors du coup. C’est un problème d’inégalité morale.

Après, il y a des groupes qui méritent particulièrement d’être ciblés. Je parle beaucoup des femmes seules avec enfants : on a 5 millions de Français qui méritent d’être beaucoup plus aidés. Ces enfants seront probablement en partie plus en difficulté que les autres.

Il peut aussi y avoir des politiques sociales moins bâties sur des moyennes. Il faut compléter le revenu de ceux dont les revenus ne permettent pas un standard de vie minimum. Souvent, on le fixe à 1 500 euros. Je ne dis pas qu’il faut monter le smic à 1 500 euros, mais vivre à moins de 1 500 euros ne semble pas possible compte tenu du prix des loyers et autres dépenses contraintes… Le smic ne donne pas le niveau d’argent avec lequel on peut vivre dignement, c’est un salaire payé sur un marché concurrentiel, et à côté, grâce à Dieu, il y a des transferts sociaux.

Comment résumer l’évolution du pouvoir d’achat depuis les Trente Glorieuses ?

Un des grands effets de 68, c’est d’avoir considérablement réduit l’écart des revenus en France, jusqu’aux années 80. En 1968, les 10% les plus riches gagnaient 4,8 fois les revenus des 10% les plus pauvres. En 1984, l’écart n’était plus que de 3,5. On peut dire que, dans les années 70 et jusqu’en 1984, on a plutôt resserré les écarts de revenus. C’est grâce à l’augmentation du smic et des minimums sociaux obtenus en 1968, en partie sous l’effet des luttes sociales, en partie sous l’effet de la conjoncture. Et en partie aussi sous l’effet de la féminisation : en 1975, c’est le moment où 50% des femmes deviennent salariées et où on arrive à des couples à deux revenus. Il ne faut pas sous-estimer le poids des luttes sociales de 1968 et le fait que la droite a tout fait pour que la gauche n’arrive pas aux affaires : le meilleur moyen pour qu’il n’y ait pas d’alternance, c’est encore d’augmenter les salaires…

Dans les années 80, on a bloqué : il n’y a pas eu d’augmentation des écarts, mais il n’y a pas eu de réduction non plus, en raison de la hausse du chômage, mais aussi d’évolutions comme l’allongement des études.

Depuis les années 90, il y a un nouveau phénomène : les écarts se creusent entre les hauts et les bas revenus, et sont très liés à la mondialisation. Pendant les Trente Glorieuses, l’économie est d’abord nationale : on peut se permettre d’augmenter le smic d’un côté, de donner du crédit aux entreprises de l’autre… C’est comme dans un jeu, une sorte de partie de Monopoly nationale.

A partir des années 70, on entre dans une économie internationalisée. On se demande comment réguler ces espaces. Peut-on augmenter les impôts sur les 0,1% les plus riches sans qu’ils aillent faire leurs affaires ailleurs qu’en France ? Ce n’est pas absurde de poser la question. On donne toujours l’exemple de chanteurs un peu ringards, mais ce n’est pas eux qui créent la richesse. Que Johnny Hallyday habite en Suisse ou en France, ça ne change pas l’avenir du pays. Si Total se délocalise ou si les entreprises du CAC 40 changent de crèmerie, en revanche, on a un gros effet : Johnny, à côté, c’est quand même peanuts…

C’est un système complexe, et on n’a pas bien trouvé les codes de la régulation. Le sentiment que les gens avaient d’être protégés s’est affaibli considérablement. Chacun se met dans une nouvelle logique : « Comment je fais pour m’en sortir, moi, tout seul ? » D’où ce basculement populisto-économique dans lequel on est aujourd’hui.

Le pouvoir d’achat était un thème central de la campagne présidentielle en 2007. Le sera-t-il à nouveau en 2012 ?

De grandes crises surviennent quand les gens sont obligés d’acheter à crédit ce qui leur semble nécessaireparce qu’ils n’ont pas de revenus suffisants pour se les payer. Dans les années 30 apparaissent des voitures, des fours, des frigos, des fers à repasser… Mais les salaires n’augmentent pas, et partout les gens se mettent à acheter à crédit, ce qui crée une situation financière ingérable. La crise financière actuelle, c’est la même chose. Les gens se sont mis à acheter des maisons, mais ils n’avaient pas d’argent pour se les payer. Leur modèle culturel, c’était la maison avec jardin. De nouveau, les salaires n’ont pas augmenté assez vite pour absorber les objets deleurs désirs.

Au fond, ce qui compte dans la vie d’un homme, c’est de pouvoir franchir la marche suivante. Le type qui a 1 500 euros, il ne rêve pas de passer à 25 000, il rêve de passer à 1 700 – pour lui, ce serait déjà bien. On est tous pareils : si on achète un Frigidaire, on a envie qu’il soit plus moderne que le précédent, plus écologique… On a besoin que sa vie soit un récit qui avance. On ne se raconte pas sa vie en se disant : « Chic, je me rapproche du cimetière. » Bien sûr, on sait que c’est la réalité.

Dans les années 30, on était dans un modèle national et on n’a pas su assez augmenter les salaires. Du coup, Keynes a pensé le modèle du développement fordiste, qui a bien marché après guerre. Le bloc communiste faisait tellement peur aux grandes entreprises capitalistes qu’elles ont accepté une régulation sociale pour éviter le risque révolutionnaire.

Le problème des sociétés modernes, c’est qu’il n’y a plus de risque révolutionnaire. Je ne trouve pas ça négatif, mais, de 1945 à 1989, la régulation par les rapports de forces Est-Ouest a permis le miracle européen. Ce modèle économique a disparu avec la disparition du risque communiste. On se retrouve dans une nouvelle économie, plus ouverte, sans ce risque, et avec des salaires beaucoup moins étanches au niveau mondial. On est entré dans un monde unifié, c’est à la fois génial et terrifiant. La question devient : « Comment on arrive à augmenter les salaires à un niveau planétaire ? » Et, là, ça devient très compliqué.

Le « risque révolutionnaire » nous manque ? Faut-il le recréer ?

Avec la montée des extrêmes droites, le terrorisme, chaque société se réinvente d’autres risques. Je ne plaide pas du tout pour le retour du risque révolutionnaire. Je pense que les révolutions sont toujours des échecs. Je ne dis pas qu’elles ne sont pas légitimes, attention. Les gens ont envie de vivre confortablement. Si ça devient impossible, ils attendent un peu puis ils cassent tout : on l’a vu récemment dans le monde arabe.


Regardez ce qu’il s’est passé avec « Indignez-vous ! » : 1,8 million de personnes achètent ce livre, souvent pour le donner. Ça veut dire que vous avez un mouvement quasi révolutionnaire dans cette société. Je préfère que les gens s’expriment en achetant Hessel [dont il est l’éditeur pour un autre livre, ndlr] plutôt qu’en allant casser, mais pour moi c’est la même chose.

Cet entretien est extrait du numéro 9 de Rue89 Le Mensuel, paru en avril 2011.

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  • Pierrrrre
    Pierrrrre répond à Gilles31
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 12h16 le 18/04/2011
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Les HLM ne sont pas systématiquement les sortes cages à lapins »

    ► Je n’ai jamais dit cela, elles sont souvent mieux équipés que les immeubles de copropriétaires qui doivent payer eux mêmes les améliorations.

    –––––-

    « Quant aux passes droit et abus de biens sociaux (qui bénéficient bien entendu aux politiques) OK, mais ce n’est pas non plus très représentatif. »

    ► C’est particulièrement représentatif du système HLM ’en France

    ––––––-

    « Je connais un certains nombre de gens en HLM qui sont loin de ces profils (blancs, salariés) et vivent dans des ensembles ma foi assez sympa, même si le quartier n’est pas top »

    ► Mais bien évidemment.. il en est qui même, à Paris ont des rentes de situations qu’ils font fructifier l’été par des locations à la semaine à des touristes étrangers.

    ––––-

    ► Il serait intéressant de chiffrer ce que coûte à la collectivité, tous frais confondus, un appartement HLM

  • Ziegen
    Ziegen répond à Pierrrrre
    éveillé
    • Posté à 20h52 le 17/04/2011
    • Internaute 127728
      éveillé

    Je suis aussi surpris des passages :

    « Le problème, c’est que nos modes de consommation nous coûtent de plus en plus cher. Il y a dix ans, on n’avait pas de téléphone portable, pas d’Internet, quasi pas d’abonnements à des bouquets de chaînes de télévision… »

    Et bien cessons de laisser notre mode de consommation pourrir notre mode de vie ! Je ne suis abonné à aucun bouquet TV et je n’ai pas d’écran plat. J’ai un abonnement téléphonique minimal, je garde mes ordinateurs, ma montre, mes téléphones portables, etc. tant qu’ils fonctionnent normalement.

    « Les téléphones portables sont devenus les premiers concurrents du départ en vacances dans le poste de dépenses mobilité-loisirs : on ne peut pas remplacer une soupe par un téléphone portable, mais on peut gratter sur ses vacances »

    C’est donc bien en partie une question d’arbitrage. Beaucoup de ceux qui se sentent « pauvres » ne voient même plus qu’ils gaspillent l’argent en abonnements ou gadgets high-tech qui ne leur procurent un sentiment de bonheur qu’au moment de l’acte d’achat.

    Que beaucoup de pauvres soient réellement pauvres ne fait aucun doute. Impossible de nier également les écarts de revenus entre les 1% les plus riches et les 1% les plus pauvres.

    Mais en regardant « le milieu de la gaussienne » autour de moi, ma famille, mes amis, je ne peux m’empêcher de constater l’immense gâchis et l’incroyable renversement de valeurs que nos actes d’achats traduisent quotidiennement. Malheureusement, Lipovetski est un visionnaire.

    • Allegro3
      Allegro3 répond à Ziegen
      (peu importe)
      • Posté à 21h53 le 17/04/2011
      • Internaute 97966
        (peu importe)

      J’allais dire exactement la même chose. Donc je ne répète pas ! !

      Moi je gagne moins de 1 500 € (1 400 € en l’occurrence, on est d’accord que c’est plus que le SMIC et que c’est plus que beaucoup de gens...).
      Et je vis très correctement, dans une ville proche de Paris et donc avec des loyers plutôt élevés ... Mais pas d’I-phone, ni de gros abonnement mobile, mon odinateur a 6 ans, je pratique le co-voiturage, le vélo...
      Certes comme le dis l’auteur si j’ai l’occasion de gagner 1600 € je le ferai, mais je ne suis pas frustrée de ne pas avoir cette perspective et la chance d’avoir un travail qui me plaît est plus importante...

      Bref si on revenait à des modes de vie moins hyperconsommateurs, et plus écologiques par la même occasion, si on arrêtait de gober tout ce que la pub nous vante pour le plus grand bienfait des quelques actionnaires de grosses entreprises que ça arrange qu’on est heureux en proportion de ce qu’on possède...on serait plus heureux, moins jaloux en permanence (il faut voir la surenchère dans les cours d’écoles sur les fringues de marques alors que certains ont du mal à payer la demi pension ou les livres scolaires...)

      bref j’ai la chance d’avoir grandi dans un milieu où l’argent est vu comme un moyen utile, nécessaire, à ne pas négliger, mais pas come une fin et encore moins comme le critère d’évaluation de la réussite des gens..

      Mais bon un pays qui choisit des hommes politiques pour qui un homme accompli est celui qui a une Rolex et considère la Princesse de Clèves comme ridicule, a les problèmes qu’il se créée...

       
      • argiope
        argiope répond à Allegro3
        chatouille ou pique, c'est selon
        • Posté à 00h45 le 18/04/2011
        • Internaute 34103
          chatouille ou pique, c'est selon

        de Pierrrrrrrrrrrrre :
         »..cette tendance à faire avec ce que j’ai,
        et non pas râler de ne pas pouvoir courir plus vite que mes jambes. »

        de Allegro3 :
        « Bref si on revenait à des modes de vie moins hyperconsommateurs »

        Dans le fond, vous dites les 2 la même chose, résistons aux sirènes de la consommation à outrance.

        Mais pour Allegro3 les top, pour Pierrrrrrre les naze.
         ? ? ?
        (la remarque n’est pas pour vous allegro, bien sûr...)

        • LaTorpille
          LaTorpille répond à argiope
          Téléscopé par Dassault
          • Posté à 11h07 le 18/04/2011
          • Internaute 149185
            Téléscopé par Dassault

          C’est parce que les gens de la Rue sont sectaires.
          Il voit « Pierrrre » avec son avatar jaune caractéristique et ils le flinguent automatiquement.

          • argiope
            argiope répond à LaTorpille
            chatouille ou pique, c'est selon
            • Posté à 11h35 le 18/04/2011
            • Internaute 34103
              chatouille ou pique, c'est selon

            J’avais bien compris !
            Pour optimiser son impact, Pierre n’a plus qu’à utiliser un autre pseudo quand il veut écrire qqch d’intelligent... ;)

      • Gilles31
        Gilles31 répond à Allegro3
        Gaucho
        • Posté à 10h56 le 18/04/2011
        • Internaute 57081
          Gaucho

        Pas faux mais l’abonnement téléphonie mobile à 25-*30€ et l’Internet (35€) est un MINIMUM dorénavant. Dans un couple ça fait dans les 100 € / mois qui n’existait pas à ce niveau avant

        C’est aussi facile de dire à ces gosses de 15 ans, non pas de WII, pas de téléphone portable ... quand on en a pas de gosses !

        Ma fille me harcèle pour acheter des trucs Dora, Petshop et autres conneries. Je résiste, mais bon des fois impossible de ne pas céder.

        Cette hyperconsommation ne peut être totalement mise sur le dos des gens et de leur imbécilité : c’est un phénomène de société ALIENANT qui vous sollicite 24h/24. Alors bien sûr, il y a les nazes qui changent de tel chaque année ou de playstation et bouffent des pâtes tous les jours.... mais n’en faisons pas une généralité

      4 autres commentaires
    • DocteurSka
      DocteurSka répond à Ziegen
      Etudiant
      • Posté à 23h23 le 17/04/2011
      • Internaute 73623
        Etudiant

      Attention à ne pas gober l’idée que ce mode de vie serait l’objet d’un choix réel...

      Vivre sans GSM ça devient impossible : de moins en moins de cabines, impossible de trouver un job en intérim si on est pas joignables en permanence ; et pareil pour les potes et les soirées.

      Et c’est entrain de devenir pareil pour Facebook, ça l’est déjà pour la télé dans une large mesure...

      Donc c’est tout à fait justifié de qualifier ces dépenses là de « dépenses contraintes »...

       
      • Ziegen
        Ziegen répond à DocteurSka
        éveillé
        • Posté à 00h32 le 18/04/2011
        • Internaute 127728
          éveillé

        Je ne « gobe » rien du tout. J’essaye simplement de faire la part des choses entre le nécessaire et le... pas si nécessaire que ça finalement quand on y pense.

        Je reprends votre exemple : qu’est-ce que ça coûte d’être joignable pour trouver un job ?
        > Une mobicarte à 5 ou 10 euros tous les 6 mois, pour conserver le numéro de téléphone. Je l’ai vécu en 2004/2005 avec un téléphone récupéré auprès de ma famille. Vous aurez du mal à me convaincre que pour trouver un job, il est indispensable de se saigner pour un iPhone dernier cri avec abonnement mensuel...

        > En ce qui concerne la télé, son caractère « indispensable » ne me semble pas évident, en tous cas, pas plus qu’aux dizaines de milliers de personnes qui vivent très bien sans.
        Mais étant bon joueur, j’avoue posséder une télé malgré tout : -) une bonne vieille télé cathodique achetée en 1996 et compatible TNT (la bestiole !).
        Il est donc possible de recevoir les programmes sans donner dans l’écran plasma 42 pouces full Dolby Surround. Même si c’est vrai que c’est moins classe quand on reçoit des amis : -)

        > Quant à Facebook, j’ai du mal à comprendre votre point de vue.
        Pensez-vous sincèrement que vivre sans Facebook est en passe de devenir impossible ?
        Si c’est le cas, j’ai bien peur que ce ne soit vous qui gobiez un mode de vie irrationnel. Mais je suis ouvert à vos arguments.

        Je précise que chacun est libre d’acheter une télé plasma (ou un iPhone ou une Playstation) s’il le souhaite. Mais alors, que ces acheteurs ne viennent pas se plaindre s’ils ne peuvent pas partir en vacances au mois d’août...

        Je précise également que mes propos sur le gaspillage concernent le « milieu de la gaussienne », et pas les 1% ou 5% les plus pauvres qui n’ont déjà pas les moyens de s’offrir le nécessaire (nourriture, électricité, transports, etc.). Certains scandales sont bien réels...

        • DocteurSka
          DocteurSka répond à Ziegen
          Etudiant
          • Posté à 02h15 le 18/04/2011
          • Internaute 73623
            Etudiant

          Oui oui oui

          Je précise que je n’ai ni télé ni facebook et un portable à 10 euros par mois depuis un an... Sur le fond je suis d’accord.

          Mais on sent bien que dans certains milieux, ne pas avoir la télé c’est se retrouver exclu de certaines conversations et références communes (tel présentateur, tel programme, telle série...). Ca s’applique particulièrement aux gosses et aux mémés...

          Et pour facebook, ouais ça me fait peur parce que je vois le truc qui s’installe et qui se rend nécessaire. Je sens une pression énorme. Tous mes potes à quatre ou cinq exceptions près sont référencés dans le bazar, je reçois au moins une « invitation » par jour, il commence à y avoir des choses dont je ne suis plus mis au courant...
          La même chose que pour le téléphone portable !

          Bon et autre aspect de la pression sociale : vivre sans télé, ni facebook et un minimum de GSM... Ca suffit déjà à être vu comme un « gentil marginal » ... ou un « dangereux ayatollah » ... Selon ... C’est parfois un peu/carrément lourd ...

          • jyeden
            jyeden répond à DocteurSka
            khmer vert ( age des caverne, (...)
            • Posté à 06h13 le 18/04/2011
            • Internaute 20631
              khmer vert ( age des caverne, (...)

            ça fait une vingtaine d’année que je n’ai pas de télé
            et je trouve que c’est un confort formidable
            quand il m’arrive de voir la télé occasionnellement je suis toujours frappé par la vulgarité qui s’en dégage
            - les raccourci et la « contraction » de l’infortmation
            - l’obscenite de la pub
            evidement quelquefois on peut se trouver un peu « étranger » dans les discussions des collègues
            il y a plein de stars de la télé, presentateurs, top models, vedettes à la mode que je ne connais pas
            ça ne me manque pas trop : -)))

            • Salaves
              Salaves répond à jyeden
              Métallo
              • Posté à 14h46 le 20/04/2011
              • Internaute 5988
                Métallo

              Hier sur Arte dans l’émission « Planète à vendre » il y a avait un très bon reportage sur les pays qui louent ou vendent leurs terres agricoles à des investisseurs étrangers.
              J’avais écouté à la radio la présentation de l’émission et des brides d’interview. Mais c’est quand même pas mal d’avoir parfois les images qui vont avec.
              Tout ça pour dire qu’on ne peut pas rejeter la télé en bloc, il y a encore quelques bonnes choses et leur donner de l’audience permet qu’elles existent.

          • adrienden
            adrienden répond à DocteurSka
            En quête de sens
            • Posté à 09h51 le 18/04/2011
            • Internaute 136586
              En quête de sens

            « Bon et autre aspect de la pression sociale : vivre sans télé, ni facebook et un minimum de GSM... Ca suffit déjà à être vu comme un “gentil marginal” ... ou un “dangereux ayatollah”

            Le tout est de savoir pourquoi vous avez besoin de ces outils de sociabilisation, ou non. Finalement, si on regarde de l’autre côté des choses, ceux qui sont accrocs à Facebook, à l’I-phone et à la Télé sont aussi de “dangeureux ayatollah” non ? ?

            Tout n’est qu’une question de contexte et de référentiel.
            Je n’ai aucun de ces trois outils là, et du coup je partage d’autres choses avec les gens. Ne pas “être dans le coup”, n’est pas forcément quelque chose de négatif, s’il y a une pédagogie derrière (notamment pour les enfants). On peut apprendre aux gens à être singuliers et à critiquer les modes de masses tout en leur donnant la capacité d’être fort face aux critiques.
            Le poids de la société, et la capitulation (excusez-moi pour ce terme guerrier) face au dictat de la norme sociétale ne sont pas inéluctables et peuvent être vécus de manière très positive ; chacun peut apprendre à s’en détacher, et du coup, à proposer quelque chose de singulier, de différent, de nouveau à l’ensemble.

      5 autres commentaires
    • decodeur
      decodeur répond à Ziegen
      libéral
      • Posté à 08h43 le 18/04/2011
      • Internaute 100449
        libéral

      Si l’état descendait de notre dos ! nous pourrions faire des choix ! ce qu’ expose le sociologue ,c’est que l’état collectiviste nous supprime le choix et nous impose notre vie de consommateur et de travailleur .L’entreprise comme l’employé on perdu leur pouvoir décisionnaire.La gauche ,la droite et les énarques nous ont formatés ,.ils ne veulent que des sujets assistés et manipulables.Ils nous appartient de ne pas entrer dans les chaussons douillaient de la servitude ;
      Il faut qu’ils nous donnent la liberté,de grés ou de force c’est le seul chemin.

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à Ziegen
      → → → → → → → le marché autant (...)
      • Posté à 09h30 le 18/04/2011
      • Internaute 23078
        → → → → → → → le marché autant (...)

      « je ne peux m’empêcher de constater l’immense gâchis et l’incroyable renversement de valeurs que nos actes d’achats traduisent quotidiennement. »

      ► Merci pour la pertinence des remarques de votre commentaire,

      sachant que « l’incroyable renversement de valeurs » se retrouve aussi dans les résultats des votes politiques.

  • jpouille
    jpouille répond à Pierrrrre
    Fils du vent
    • Posté à 23h28 le 17/04/2011
    • Internaute 31114
      Fils du vent

    Et tu fais avec combien ?

  • Gilgamesh157
    Gilgamesh157 répond à Pierrrrre
    Raleur professionnel
    • Posté à 14h07 le 18/04/2011
    • Internaute 26876
      Raleur professionnel

    Toujours dans la charicature... Vous êtes très doué dans ce domaine.
    Mais je suis sûr que vous vous en porterez bien mieux si vous devez couper votre ligne adsl pour payer vos factures (et nous aussi par la même occasion).
    Non sans déconné, on est dans une société où il faut être dispo tout le temps et où tout ce passe sur le net y compris les recrutements, faut arrêter de déblatérer des conneries plus grosse que vous. Le portable et l’internet c’est devenue des outils indispensables pour qui veut trouver un job rapidement, c’est comme le permis, c’est pas obligatoire mais c’est recommandé et pourtant ça coûte la peau du cul.

  • Calife Hourchon-
    Calife Hourchon-
    penseur reconnu dans son village
    • Posté à 20h19 le 17/04/2011
    • Internaute 75861
      penseur reconnu dans son village

    le problème est particulièrement aigu pour les moins riches : avec l’atteinte du « pic de production », le relâchement inévitable sur le cours de l’euro va provoquer une relance de l’inflation.

    La hausse des prix n’est pas forcément mauvaise, si elle s’accompagne d’une hausse des salaires : or, avec le taux de chômage que nous connaissons, et l’afflux d’immigrés prêts à occuper les postes très peu qualifiés pour des rémunérations dérisoires, il est probable que les revenus stagnent, particulièrement pour les salariés qui accomplissent des travaux d’exécution.

    Ne devient-il pas urgent de prendre des mesures pour protéger l’emploi et les salaires de cette couche de la population ?

    • caro
      caro répond à Calife Hourchon-
      délinquante avérée
      • Posté à 20h39 le 17/04/2011
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      bon, si je comprends bien, c’est encore la faute des immigrés ! c’est vrai, si les français voulaient bien faire le travail qu’ils font, on en serait pas là ! mais allez trouver des éboueurs, des gens pour le bâtiment, la restauration etc

      • Calife Hourchon-
        Calife Hourchon- répond à caro
        penseur reconnu dans son village
        • Posté à 21h21 le 17/04/2011
        • Internaute 75861
          penseur reconnu dans son village

        Vous ne comprenez pas bien : ce n’est pas la faute des immigrés, c’est la faute de ceux qui ont intérêt à accueillir le plus possible de damnés de la terre pour accomplir les basses besognes à des tarifs dérisoires. C’est la raison pour laquelle Mme Parisot, patronne des patrons, tient tant à conserver un niveau d’immigration important.

        Quant à vos souverains poncifs, si vous les payez convenablement, vous trouverez tout un tas de français pour travailler dans les poubelles, le bâtiment, la restauration etc. mais peut-être préférez-vous payer 20 euros un menu gastronomique sans trop vous inquiéter de ce qui se passe en cuisine ?

         
        • caro
          caro répond à Calife Hourchon-
          délinquante avérée
          • Posté à 21h39 le 17/04/2011
          • Internaute 6484
            délinquante avérée

          20 € un menu gastronomique ? il me semble qu’il faudrait x 2 ! et ce n’est pas dans mes prix.
          Du temps de l’URSS, les métiers pénibles étaient très bien rémunérés. sans parler que les soins, les fluides, les transports en commun étaient très peu chers ou gratuits. Il faudrait peut être penser à adapter certaines de ces méthodes tellement honnies ?

          • pemmore
            pemmore répond à caro
            geek
            • Posté à 00h09 le 18/04/2011
            • Internaute 121073
              geek

            Ca doit être spécifique à la région parisienne car en province ou j’habite les immigrés sont très rares à faire ces boulots ce sont des emplois sales mais stables en cdi ,sauf à la cueuillette des pommes et autres mais ils repartent après.

            • caro
              caro répond à pemmore
              délinquante avérée
              • Posté à 10h34 le 18/04/2011
              • Internaute 6484
                délinquante avérée

              essayez de trouver des français qui feraient la cueillette des fruits dans les même conditions d’exploitation honteuse que les étrangers ... contrats saisonniers n’ouvrant aucun droit

              • pemmore
                pemmore répond à caro
                geek
                • Posté à 20h14 le 18/04/2011
                • Internaute 121073
                  geek

                En France les agriculteurs sont obligés de respecter les lois du travail et donner au moins le smic, avouez que c’est nul que dans le même village ou le canton , vivent des rmistes de métier en pleine forme, ce sont des étrangers qui viennent faire le travail.
                Précisons que ces gens ont leur vie dans leur pays et sont tout contents de revenir tous les ans ,

                • caro
                  caro répond à pemmore
                  délinquante avérée
                  • Posté à 20h49 le 18/04/2011
                  • Internaute 6484
                    délinquante avérée

                  si les contrats saisonnier pour les étrangers a tant de succès, c’est qu’ils rapportent plus au patron que s’il embauchait des Français :
                  pas d’indemnité de fin de contrat, pas de chômage, plus de sécu etc taillables et corvéables à merci

                  Lien

        5 autres commentaires
      • Lavengeancedelapelouse-
        Lavengeancedelapelouse- répond à caro
        chômeur
        • Posté à 23h12 le 17/04/2011
        • Internaute 114476
          chômeur

        Euh...ce que vous dites est en partie exact mais beaucoup moins en Province.

        Sauf à Paris ; là c’est exactement cela.

        Mais l’un des souci est aussi de se demander d’où provient la dévalorisation symbolique des métiers dits « manuels ».

         
        • caro
          caro répond à Lavengeancedelapelouse-
          délinquante avérée
          • Posté à 10h30 le 18/04/2011
          • Internaute 6484
            délinquante avérée

          « Mais l’un des souci est aussi de se demander d’où provient la dévalorisation symbolique des métiers dits “manuels”. »

          de la valorisation outrancière des diplômes ? Le BEP a disparu pour un bac pro en 3 ans, par ex.

          • Lavengeancedelapelouse-
            Lavengeancedelapelouse- répond à caro
            chômeur
            • Posté à 18h20 le 18/04/2011
            • Internaute 114476
              chômeur

            Non, non.

            Je n’ai rien contre la « valorisation outrancière des diplômes » que vous formulez de manière ironique en me renvoyant à la politique calamiteuse actuelle à ce sujet.

            Je parlais d’un truc plus profond, installé depuis plus longtemps, bien ancré, très notamment en France, au sujet de ce que j’ai nommé la « dévalorisation symbolique des métiers dits manuels ».

            Que l’on soit immigré - comme on dit...- ou français de je ne sais quoi de « souche » - comme on dit aussi- le problème demeure le même. Les deux sont touchés par ce qui se nomme, aussi, un refus, ou un manque, de reconnaissance (concept qui très étudié, philosophiquement parlant, et à raison, à gauche).

            Je veux bien en causer avec vous, mais, de grâce, ne voyez pas de mal dans ma question, car les travaux du batiment et de la restauration, j’ai eu l’occasion de les effectuer ; tout comme j’ai eu aussi le loisir de passer il y a longtemps et un CAP en peinture batiment option décoration (3 ans), et un B.E.P de chaudronnerie rebaptisé alors pompeusement « structures métalliques », que je n’ai pas terminé.

            • caro
              caro répond à Lavengeancedelapelouse-
              délinquante avérée
              • Posté à 20h01 le 18/04/2011
              • Internaute 6484
                délinquante avérée

              je n’étais pas ironique, quoi que, en y réfléchissant ... ça me rappelle ce ministre de gauche qui voulait amener tous les élèves au bac !
              J’ai travaillé en mission locale auprès de jeunes, exclus du cursus des études longues. Ils voulaient travailler tout de suite, sans même passer par un centre de formation pour préparer un CAP. Or, très peu d’entreprises prennent le temps de former sur le tas, il faut être « rentable » immédiatement.
              Ceux qui s’en sont sortis, sont ceux qui, finalement, on réussi à se spécialiser.
              J’en ai connu un qui a arrêté en 1ère S avec 17 de moyenne pour passer un CAP de plomberie, il voulait devenir artisan et être son propre chef. C’est plutôt rare. Et une autre, avec un DEA voulant devenir « charpentière ».
              Le mépris pour les « manars » remonte à bien loin ! La France a toujours eu le culte des études. Il n’y a pourtant pas de sots métiers et il faudrait aussi que la pénibilité rentre en ligne de compte du salaire, pas seulement le nombre d’année d’études, ce serait déjà une révolution. Avec le manque de boulot et les diplômés qui deviennent manars, les mentalités vont-elles changer ?

              • pemmore
                pemmore répond à caro
                geek
                • Posté à 20h33 le 18/04/2011
                • Internaute 121073
                  geek

                Juste un tout petit exemple pour aller avec.
                Salaires proposés boucher 3 smics (c’est bep et terminé)
                technicien de maintenance bac pro 2 2,5 smic (
                menuisier ébéniste idem
                informatitien bac + 2 +1 licence 1,5 smic

                pour la retraite qui aura cotisé plus tôt et plus !
                et qui partira à 65 ans ! et une retraite de m___ !
                qui trouvera du travail à côté de chez-lui ?

        4 autres commentaires
  • i. a déménagé le 26 juillet
    • Posté à 20h24 le 17/04/2011
    • Internaute 151149

    (...) c’est le citoyen-thermostat, satisfait, comme je l’écris, de sa condition de « ténia cynerbétique perfusé d’ inputs et vomissant des outputs ». C’est la matière première de l’apathie politique.
    Bécassine Turbo diesel succède à sa maman, Bécassine Pétroleuse, qui succédait à Bécassine-Gribouille, dont les parents sortaient tout juste de la société primaire rurale. Turbo-Bécassine et Cyber-Gédéon participent joyeusement au grand carnaval cybernétique de la ville, du parking, de l’autoroute, du portable, de l’internet, et bien sûr de la démocratie-argent. C’est le couple standard, étalon de la future classe moyenne mondiale, qui passe le week-end à Londres pour faire les soldes, Fukuyama* à la main. Le cyber-bétail du Grand Marché, le nouvel avatar des créatures-particules de l’état de nature ...
    (G. Châtelet)

  • i. a déménagé le 26 juillet
    • Posté à 20h32 le 17/04/2011
    • Internaute 151149

    « Promouvoir un travail sans temporalité propre, totalement inféodé à la commande sociale – qu’elle vienne du fouet ou de la faim pour le travail-corvée ou d’une psychologie mutilée de cyber-zombie pour la Surclasse –, incapable de s’articuler avec une intensification de l’individuation pour de grandes masses humaines, bref, se contenter de faire proliférer les cas particuliers d’une espèce : serait-ce tout ce qu’il reste à espérer de l’humanité ? »
    G. Châtelet, Vivre et penser comme des porcs, Gallimard, p. 160

  • alex
    alex
    ...
    • Posté à 20h35 le 17/04/2011
    • Internaute 125524
      ...

    Le président du pouvoir d’achat n’à apparemment rien fait pour les français comme sur tout les autres dossiers d’ailleurs et pire encore , son successeur (car je ne peut imaginer un seul instant qu’il sera réelu ou alors il faudra se poser des questions sur l’honnêté de l’éléction ) et ce de quel bord qu’il soit (droite,gauche,centre ou extrême doite ou gauche qui sait )sera confronté à une situation absolument CATASTROPHIQUE , car jamais la france n’à été si mal , jamais elle n’à connue de tels deficits et une telle crise morale.Avant d’être ambitieux et exceptionnels , les projets proposés par les différents partis devront être sincéres,réaliste et social dans le cas de nouveaux « mensonges à la pelle “ comme sait si bien le faire Sarkozy ce sera une catastrophe absolue et il est fort à parier que la france ce soulévera de nouveau et fera payer le prix fort aux menteurs .

    • jyeden
      jyeden répond à alex
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 21h09 le 17/04/2011
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      le president du pouvoir d’achat a d’abord « fait pour lui » ! !
      140% d’augmentation !
      ça en fait du pouvoir d’achat ça. on ne peut pas dire qu’il ne tient pas ses promesses
      il ne peut pas augmenter tout le monde non plus. Il fait ce qu’il peut. modestement.

    • Titonèpalà
      Titonèpalà répond à alex
      Titolélàba
      • Posté à 11h34 le 18/04/2011
      • Internaute 96315
        Titolélàba

      « CATASTROPHIQUE , car jamais la france n’à été si mal “

      Et pourtant jamais la France n a été aussi riche... (pib)

      Malheureusement je n ai plus la source, mais depuis les années 90 la production des richesses a triplé... la pauvreté elle... a doublé !

      • alex
        alex répond à Titonèpalà
        ...
        • Posté à 17h04 le 18/04/2011
        • Internaute 125524
          ...

        « l“a production des richesses a triplé... la pauvreté elle... a doublé ! ‘
        Il n’y à pas comme un non sens dans cette phrase ! ?

         
        • Titonèpalà
          Titonèpalà répond à alex
          Titolélàba
          • Posté à 11h49 le 19/04/2011
          • Internaute 96315
            Titolélàba

          Evidemment qu il y a non sens mais c’est un fait car tout surplus de richesse est resté cantonné dans les même mains.. donc explosion des super riches ces dernières décennies (facilement constatable) mais sans redistribution vers les plus basses couches de la pop...

          A mettre en parallèle avec ces fameux 10-15% du pib Français passés des poches des travailleurs vers celles du capital...

          A mettre en parallèle avec ce chiffre scandaleux qui témoigne de l augmentation des capitaux des 500 plus riches familles françaises (pas de « F » majuscule car à mon sens ces gens ne sont pas Français vu qu’ils pillent la France) qui ont donc fin 2009 augmenté leur capital jusqu’à 20% sur le dos de la crise donc sur le dos de la majorité...

          A mettre en parallèle les bénéfices faramineux réalisés par les banques à coup de spéculation, action court termiste qui ne crée ni richesse matérielle ni travail... mais qui se ressent directement sur le budget du consommateur car c’est le dernier acheteur (cf après crise de l immobilier et famines provoquées à cause de spéculations sur les matières alimentaires 1ères)

          Donc oui la création de richesse à triplé mais cela n empêche pas nos jolis banquiers et boursiers de créer des famines alors que les stock débordent et pourissent.

          Donc oui la pauvreté a doublé car les richesses crées le sont sur le dos des plus pauvres et sans éthique aucune.
          La révolution du XXIème siècle !
          Famines alors que production débordante !

          C’est l’exception le riche capitaliste investisseur, innovateur, « philosophe » à la Ford ou à la Keynésienne qui se faisait max de fric mais en faisant bosser et en payant dignement ses employés...
          Avant l’employé était « richesse » maintenant il est « coût »...
          Maintenant les très riches frisent le décadent et le caprice qui veulent un max ! maintenant ! avec le minimum de réflexion possible !

          Enfin après ce roman je vous invite à vérifier ce chiffre, mais... comme je vous ai dis je ne me souviens plus de la source... je pense que c’’était « le monde diplo »...

          Mais si l on regarde bien l’état du monde ça n ’est pas très dur à constater...

        1 autres commentaires
  • Oontack
    Oontack
     ! =
    • Posté à 20h42 le 17/04/2011
    • Internaute 60324
       ! =

    On nous serine que le pouvoir d’achat a tout le temps augmenté, et en même temps les «  dépenses contraintes ont effectivement augmenté : le logement et l’énergie sous toutes ses formes, chauffage, essence…  »

    C’est à dire quelqu’un qui a aujourd’hui un revenu qui lui permet de faire face à réellement plus que ses dépenses contraintes a effectivement son pouvoir d’achat qui a augmenté. Il peut acheter plus de merde en plastoc qui pètent dans la minute qu’avant qu’on mette en esclavage la planète entière. Mais ceux qui arrivaient par le passé à subvenir à grand peine à leurs dépenses contraintes sont aujourd’hui une bande de miséreux qui font des économies sur la qualité de leur logement, de leur nourriture, de leurs vêtements, avant même de rêver à quelque loisir que ce soit.
    Il y a apparemment aujourd’hui, parmi les travailleurs, 6 millions qui gagnent moins de 750€ par mois, et pour eux le pouvoir d’achat a nettement diminué. Sans parler des millions qui sont encore plus bas et n’ont aucune perspective d’amélioration.

    Faire une moyenne de gens qui sont le plus dans la merde avec ceux qui le sont moins et ceux pour qui ça va pour affirmer au final que le pouvoir d’achat augmente est une escroquerie qui insulte l’intelligence.

  • Pr Ourcq
    • Posté à 20h39 le 17/04/2011
    • Internaute 90201

    Au fait, j’avais pas vu un truc en haut à gauche : « Chaque week-end, un intellectuel ou un acteur de l’actualité répond aux questions de Rue89 en plan large. »

    « Un acteur de l’actualité ». Il embauchent des acteurs pour faire l’actu maintenant ?

    On est sur quelle chaîne ? : D

  • tout-est-déjà-pris
    tout-est-déjà-pris
    un individu
    • Posté à 20h42 le 17/04/2011
    • Internaute 98174
      un individu

    « En 2008, hors inflation, ce chiffre avait augmenté de 13,7%, soit 970 euros de plus. »
    Je comprends pas bien je sens de cette phrase. Si qqun peut expliciter, avec et sans, que ce soit plus claire.
    Parce qu’il me semble qu’avec l’inflation (ou sans, je sais pas dans quel sens ça se met), pour les plus pauvres ça a plutôt tendance à baisser.

    • Ziegen
      Ziegen répond à tout-est-déjà-pris
      éveillé
      • Posté à 21h10 le 17/04/2011
      • Internaute 127728
        éveillé

      Je me hasarde : « hors inflation » est peut-être synonyme de « corrigé de l’inflation ». Concrètement, si l’inflation cumulée sur cette période 1998-2008 s’élève à 10% (au hasard, pour simplifier) alors une augmentation de 13.7% hors inflation correspond à 23.7% inflation comprise.

      Mais je peux tout à fait me planter. Si l’auteur a la bonté de préciser, je suis également preneur.

      • Pascal Riché
        Pascal Riché répond à Ziegen
        Redchef Rue89
        • Posté à 23h09 le 17/04/2011
          éditeur
        • Journaliste 7
          Redchef

        C’est exactement cela. On dit aussi, « en euros constants »

  • adrienden
    adrienden
    En quête de sens
    • Posté à 20h44 le 17/04/2011
    • Internaute 136586
      En quête de sens

    Bonsoir,

    Deux choses :

    « Au fond, ce qui compte dans la vie d’un homme, c’est de pouvoir franchir la marche suivante. Le type qui a 1 500 euros, il ne rêve pas de passer à 25 000, il rêve de passer à 1 700 – pour lui, ce serait déjà bien. On est tous pareils : si on achète un Frigidaire, on a envie qu’il soit plus moderne que le précédent, plus écologique… On a besoin que sa vie soit un récit qui avance. On ne se raconte pas sa vie en se disant : “ Chic, je me rapproche du cimetière. ” Bien sûr, on sait que c’est la réalité.

    et :

    “Le problème des sociétés modernes, c’est qu’il n’y a plus de risque révolutionnaire.”

    C’est sûr qu’avec des discours pareil, la révolution n’est pas pour demain !
    Personnellement je n’ai pas besoin d’acheter un meilleur réfrigérateur que le précédent pour sentir que ma vie avance tel un récit (au passage merci pour le coup de pub, Frigidaire est une marque !). Mais quelle vision de l’humain ! Croyez-vous vraiment que l’Homme ne se réalise uniquement que par sa consommation ? C’est une vision réductrice.

    Et quant à cela : “Quand le sociologue Jean Viard, proche du Parti socialiste, se plonge dans les chiffres de notre pouvoir d’achat – qui n’a augmenté que de 1,2% en 2010 contre 1,6% en 2009 –(...)”

    Vous partez du postulat que le pouvoir d’achat est l’axe principal sur lequel tout doit s’aligner, et que son augmentation est gage de progrès, de confort et au fond de bonheur. Arrêtons de croire que la surconsommation et l’abondance sont les seuls objectifs de vie de notre société. C’est un leurre et un abîme d’appauvrissement humain !

    • sitoihien
      sitoihien répond à adrienden
      • Posté à 21h48 le 17/04/2011
      • Internaute 21237

      Les sociologues proches du PS sont pas les mieux placés pour sortir des sentiers battus de la société de consommation.

      Pour sortir de la société de consommation il y a entre autres choses, la « simplicité volontaire »

      Lien

      Casseur de pub

      Lien

      Consommer moins

      Lien

      • adrienden
        adrienden répond à sitoihien
        En quête de sens
        • Posté à 22h11 le 17/04/2011
        • Internaute 136586
          En quête de sens

        Merci je les connais déjà : -)
        Belle perspectives que celles des Décroissants.

      • LeTicien
        LeTicien répond à sitoihien
        Informaticien
        • Posté à 22h12 le 17/04/2011
        • Internaute 91779
          Informaticien

        On peut sortir de la societe de cons tout court.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 20h47 le 17/04/2011
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    oui, on le dit et on le répète : « il y a un mouvement quasi révolutionnaire dans cette société ». Alors pourquoi rester sur le « quasi » ? Quand il y a des millions de gens dans la rue et qu’ils n’obtiennent rien, des milliers de salariés en grève, parfois très dure (Cater, par exemple) et qu’ils n’obtiennent rien, que faire face à un gouvernement autiste ? Compter sur les élections ou occuper la rue ?
    En 68, au moins, il y a eu les accords de Grenelle. En 2010/2011 ?

    Tout le monde a la trouille de perdre le peu qu’on a. C’est pourquoi il y aura toujours « quasi » devant « révolutionnaire »

    • ge rard
      ge rard répond à caro
      libre
      • Posté à 21h03 le 17/04/2011
      • Internaute 50781
        libre

      quand on veut consommer plus, il faut travailler plus ;
      le problème, c’est qu’on ne peut plus travailler plus pour certains. pour d’autres ,ils ne veulent pas travailler plus.. ! ! dans les deux cas,
      consommons moins.
      sinon il faut quitter la FRANCE pour les deux prochaines décennies.

      • caro
        caro répond à ge rard
        délinquante avérée
        • Posté à 21h30 le 17/04/2011
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        c’est sûr, consommons moins et partageons le travail et les richesses que nous produisons.

         
        • LeTicien
          LeTicien répond à caro
          Informaticien
          • Posté à 22h13 le 17/04/2011
          • Internaute 91779
            Informaticien

          Oui oui partageons la misere... ca ira mieux demain.

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