Sarkozy et les adoptions d'enfants de la Shoah
Hier : tous les enfants devront écouter la lecture de la lettre de Guy Môquet à sa mère.
Aujourd’hui : tous les enfants devront prendre en charge la mémoire d’un enfant ( » français » ) victime de la Shoah.
Et demain ? Leveront-ils le drapeau ? Devront-ils chanter-ils « Vois sur ton chemin, gamins oubliés égarés... » ?
Nicolas Sarkozy a une drôle d’approche de la politique éducative. Il décide que les enfants, tous les enfants, feront ceci ou cela. C’est le fait du prince : des mesures normatives, sans aucune réflexion ni concertation.
Ainsi, il décide de confier la mémoire d’enfants de la Shoah à des élèves de CM2 : des enfants de 10 ou 11 ans. Il fait cette annonce, qui concerne une question universelle, devant le Crif, qui représente les juifs « communautaires » . Ce faisant, il prend le risque de provoquer des effets de rejet, l’inverse de ce qu’il recherche.
Ensuite, il se place ouvertement sur le registre de l’émotion :
« Rien n’est plus émouvant pour un enfant que l’histoire d’un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui. »
Sait-il que les instituteurs parlent déjà du génocide des juifs à leurs élèves ? Certes, ils ne leur demandent pas de parrainer un mort. Ils se bornent à leur apprendre ce qui s’est passé il y a plus de soixante ans.
Avec tact, ils leur dévoilent l’horreur des horreurs : la solution finale. Ils font leur métier, ils font de l’histoire. Ils prennent, pour cela, le temps qu’il faut.
Nicolas Sarkozy, lui, bouge sans cesse, fait des coups, lance à la va-vite des pétards et des fusées. Au mieux, ceux-ci ne dureront que le temps d’une rentrée.
Pascal Riché
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Je ne reviens pas sur la culpabilisation d’un enfant de dix ans ; le petit exercice de requisition intelllectuelle et morale risque de produire un effet rigoureusement inverse. Des gosses qui s’insensibilisent par nécessaire mise à distance de l’horreur qu’on leur assigne, des enfants qui assimilent surtout la manipulation comme mode de fonctionnement préconisé. Des enfants qui prennent l’hypocrisie du monde adulte qui les entoure pour la norme et s’en souviennent : ceux qu’on doit pleurer, ceux d’hier, les morts, ceux qu’il n’est pas nécessaire de pleurer, les vivants, ceux de l’écran télé, le copain de classe, enfin la possibilité de déconnecter totalement le discours et les actes, l’émotion du sentiment, le corps de la pensée... etc..
Bravo.
Il fallait y penser.
Nota bene, j’ai beaucoup de mal à ingurgiter le discours de Sarko sur Dieu vu son comportement privé et public totalement et décomplexement irreligieux.. Etant donné qu’il assume de parler des « religions » plutôt que de « spiritualité », c’est encore plus piquant. Je ne savais pas que l’église catho reconnaissait les mariages à répétition, de baiser avec le grand père de son futur enfant.. de mentir, de trahir, de convoiter la femme du prochain, de recourir à la violence...
Mais effectivement je ne suis pas dans le coeur de sarko, effectivement, je n’ai pas à lorgner la paille dans son oeil en occultant la poutre dans ma pupille, mais tout de même, il me semble que j’évite d’en rajouter sur mes crapuleries en imposant et me posant en défenseure de vertus que je m’applique à ne pas pratiquer.
Ce type se moque de tout, à commencer par les religions qu’il ne comprend que comme des instruments de régulations sociales et politiques. C’est bien dommage. Pour lui, les normes c’est bon pour les faibles. Donc la religion est bonne pour le peuple. Sarko est un produit dérivé de 68, la potion qu’on n’attendait pas, héritage marxiste y compris, à base de jouir sans me retenir, avec une bonne grosse poignée de bourgitude, une razade d’antisémitisme, un pignon de théorie de la mémoire, on shake le tout, et on regarde ce que ça donne.




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