Chine : l'artiste Ai Weiwei, victime de la crise du « Jasmin »
L’un des artistes les plus connus de Chine, Ai Weiwei, a été arrêté dimanche alors qu’il s’apprêtait à prendre un avion pour Hong Kong, et la police a saisi ses ordinateurs dans sa résidence de Caochangdi, dans la banlieue de Pékin. Un nouveau signe du durcissement du régime chinois vis-à-vis de toute contestation politique depuis que les révolutions arabes ont provoqué, en Chine, des appels à manifester pour la démocratie.
Ai Weiwei, 53 ans, rejoint plusieurs dizaines d’avocats, intellectuels, militants des droits de l’homme qui ont « disparu » depuis plusieurs semaines, placés en détention ou assignés à résidence loin des grandes villes, dans le cadre d’une vague de répression décrite par le Guardian dimanche comme la « pire depuis une décennie » contre tout ce qui s’apparente à de la dissidence contre le Parti communiste chinois.
Dimanche, toute référence à l’interpellation d’Ai Weiwei a été « harmonisée », selon le mot ironique qui vise la censure, sur la plateforme Sina, principal portail sur le Web chinois, qui compte des dizaines de millions d’inscrits. Une journaliste du Guardian qui avait pris une photo des policiers devant la maison d’Ai Weiwei s’est vu confisquer l’appareil et effacer la photo.
Sur le compte Twitter d’Ai Weiwei, ses collaborateurs expliquent dimanche qu’ils ont perdu tout contact avec lui, et que sa femme est enfermée chez eux avec les policiers (voir ci-dessous).
On a appris dans la journée que les policiers avaient perquisitionné la maison, et en étaient reparti avec tout le matériel informatique d’Ai Weiwei, blogueur actif également sur les réseaux sociaux comme Twitter, bien qu’ils soient bloqués en Chine.
Pendant longtemps, Ai Weiwei a été protégé par le statut de son père, poète de l’époque maoïste, et par sa notoriété internationale. Il a été invité il y a quelques années à la Documenta, en Allemagne, expose actuellement à la Tate Modern de Londres, et prépare une grande expo l’an prochain, au Jeu de Paume à Paris. Il a également participé à l’équipe qui a conçu le stade olympique de Pékin, le « nid d’oiseau ». (voir ce documentaire, en anglais, de la BBC sur la carrière et le positionnement d’Ai Weiwei)
Il a annoncé la semaine dernière qu’il allait construire un studio à Berlin, tout en précisant qu’il n’avait aucune intention de s’exiler de Chine.

Performance d’Ai Weiwei devant la Cité interdite, Pékin (DR)
Radicalisation
Mais depuis 2008, l’artiste a radicalisé son discours et son engagement, et s’est heurté de plus en plus souvent à la répression de l’Etat. En particulier depuis son engagement dans l’affaire des enfants morts dans le séisme du Sichuan, en 2008, lors de l’effondrement de leurs écoles mal construites. Les tentatives des parents de savoir si la corruption était à l’origine de la catastrophe ont été étouffées, et Ai Weiwei leur a apporté son soutien, aidant à constituer une liste de centaines d’enfants disparus.
Depuis les révolutions de Tunisie et d’Egypte, un appel à une « révolution de Jasmin » en Chine a été lancé de manière anonyme, lançant les services de police dans une répression tous azimuts. Chaque manifestation a attiré plus de policiers que de manifestants, et de nombreuses personnes ont été arrêtées, qui n’étaient pas nécessairement liées au mouvement du Jasmin. Le mot « Jasmin » a d’ailleurs été bloqué sur les moteurs de recherche du Web chinois.
Cette nervosité du régime chinois est disproportionnée par rapport à la menace réelle que faisait peser ce mouvement, selon tous les analystes de la situation chinoise. Ai Weiwei est la dernière victime de cette nervosité.
La semaine dernière, quatre artistes avaient été interpellés pour avoir organisé une performance baptisée « les funérailles de jasmin »... En voici deux photos tirées d’un blog chinois.

funérailles de Jasmin (DR)

funérailles de Jasmin (DR)
►Mise à jour le 3/4/11 à 16h30 avec la saisie des ordinateurs d’Ai Weiwei et les photos de la performance « funérailles de jasmin »
- Sur Rue89Banquet de crabes à Shanghai pour un artiste en résidence surveillée
- Sur Rue89Ai Weiwei, « l'art de la provocation »
- Sur twitter.comLe compte Twitter d'Ai Weiwei (en chinois)
- Sur wikipedia.orgLa fiche Wikipédia d'Ai Weiwei
- Sur guardian.co.ukLa police chinoise arrête l'artiste Ai Weiwei, sur Guardian.co.uk (en anglais)
- Sur ted.comLa présentation d'Ai Weiwei à la conférence TED (en anglais)
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diptère
diptère
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« De 1980 à 1993, grâce à un réseau de relations il part aux États-Unis, principalement à New York,
source Lien
Hum, hum, il sent bon l’agent de propagande américaine. D’ailleurs vous avez remarqué : il a le ventre hamburger.
Et il y a un drôle de mot écrit sur son ventre. J’ai déjà lu ça quelque part. C’est de l’anglais mais ça doit vouloir dire Rolex en français.
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