Avec mon ami sans-papiers, nous vivons comme des pestiférés
C’est rare mais, il y a quelques jours, nous avons reçu un témoignage par la poste. Une lettre de trois pages tapée à l’ordinateur, datée du 7 février et adressée à une journaliste de Rue89. Elle est signée de « Christine T. ». Nous n’avons aucun moyen de joindre son auteur, qui a tenu à rester anonyme. Nous la publions telle quelle.
« Bonjour,
Je me permets de vous écrire car je suis dans une profonde détresse. Je m’explique : je partage ma vie avec un Africain sans-papiers, nous vivons dans la peur de tous les jours. Nous ne sortons pas, nous vivons comme des pestiférés.
Dans ce pays, nous n’avons pas le droit d’aimer un étranger (surtout un Africain). Nous sommes de bonne foi, nous nous aimons profondément. Nous ne voulons pas nous marier, car nous savons que cela nous sera refusé pour ne pas qu’il obtienne la nationalité française.
Nous voulons nous pacser, mais nous avons peur de faire la démarche. Nous n’avons pas fait la demande d’Aide médicale d’Etat (AME) : nous payons le docteur et les médicaments.
Comme on utilise toutes les institutions pour repérer et capturer les sans-papiers, comment voulez-vous faire les démarches à la mairie, à l’ANPE, à la préfecture ? Ce n’est pas possible, on a trop peur de voir la police arriver chez nous ! Il n’est pas là pour toucher le RMI, la CMU, l’AME... On n’en veut pas ! Les gens pensent que les étrangers sont des profiteurs. Oui, il y en a, je ne le nie pas. Mais il y a dans ce pays des étrangers qui ne brûlent pas les voitures, qui ne sifflent pas la Marseillaise, qui respectent le drapeau français. Qui travaillent, qui payent des impôts, et qui n’aspirent qu’à vivre en paix.
Une vie normale et surtout marcher la tête haut
Nous voulons vivre normalement et comme tout le monde. Travailler, payer des impôts, sortir, aller au resto, au ciné. Bref : une vie normale, et surtout marcher la tête haute.
On ne vole pas, on ne trafique pas de drogue. Le seul “crime” qu’il a commis, c’est de ne pas avoir de papiers. Cette situation nous oblige à vivre comme des reclus, des pestiférés, et c’est de pire en pire depuis que l’infernale machine à expulsions s’est mise en route.
Nous sommes complètement isolés, nous ne parlons de cette situation à personne car nous avons peur des dénonciations. C’est revenu à la mode. Même certains maires dénoncent les étrangers qui veulent se marier, c’est beau ! Les rafles ont recommencé, on va traquer l’étranger à l’hôpital de la Croix-Rouge, au Resto du coeur... elle est belle la France ! [...]
Je suis usée, fatiguée, déprimée. Je n’en peux plus ! J’étais une fille “normale”, avec plein d’amis. Je sortais, je m’amusais, je ne sais même plus ce que c’est. Je suis devenue malade de cette situation. Voilà une des conséquences de la politique répressive et sécuritaire de Monsieur Sarkozy. Qui, entre parenthèses, a le droit d’épouser une étrangère...
Je lui sers un peu de caution
C’est la peur au ventre qu’on doit se rendre en ville, prendre les transports en commun. Je suis toujours avec lui à cause du “délit de faciès”. Je vais dire que je lui sers un peu de “caution”. Je ne le quitte pour ainsi dire jamais ! [...]
Nous sommes des amoureux de la Saint-Valentin : nous nous sommes connus le 14 février 2007. J’espère que nous serons ensemble ce jour-là cette année.
Je ne pensais pas avoir à raconter une telle histoire. Ca n’arrive pas qu’aux autres. Merci de m’avoir lue jusqu’au bout. Au moins, que quelqu’un connaisse notre histoire. Pardon de rester anonyme, c’est impoli mais j’ai trop peur de laisser mes coordonnées. Ou que ma lettre se perde et tombe dans des mains malveillantes. Vous voyez : toujours cette peur qui me taraude.
Sincères salutations.
Christine T.
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militant de gauche
militant de gauche
si j’ai un conseil à donner aux amoureux : n’officialisez jamais votre amour, car vous risquez gros. Jai une amie qui vivait avec un sans papier tunisien(à Villefontaine 38)et qui sur le conseil d’un adjoint au maire a déposé un dossier de mariage.
Le dossier a été immédiatement transmis au procureur qui a ordonné une enquète de gendarmerie. Ils ont été convoqué tous les deux à la gendarmerie et le concubin de mon amie a été immédiatement arrété puis expulsé peu de temps après.
Le partage des responsabilité est tellement bien fait que chaque intervenant ne se sent pas coupable, soit il se retranche dérriere un ordre ou dérriere la loi.
Cette méthode a déjà fait ses preuves.
Ce matin ce n’est pas moins de 100 personnes qui ont été arrétées à paris sous couvert qu’ils vivaient dans un lieu insalubre. L’afrique est surement plus propre et c’est donc dans un but humanitaire qu’ils ont été arrétés, a en croire B.H (Bête Humaine ?).Ils pourrons ainsi crever de faim mais dans la salubrité




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