vos reactions 11/02/2008 à 14h55

Gifle d'un enseignant : la défenseure des enfants doit réagir

Bernard Girard | Enseignant blogueur

Lettre ouverte à Madame Dominique Versini, défenseure des enfants.

Madame,

Au-delà de l’impact médiatique outrancier auquel cet épisode a donné lieu, la gifle lancée par un enseignant à un élève éclaire d’un jour particulier le peu de cas qu’on semble faire en France, tout spécialement dans les établissements scolaires, de la Convention internationale des droits de l’enfant, pourtant signée par la France, mais aussi, plus simplement, du respect le plus élémentaire pour sa personne.

Dans son article 19, la convention stipule en effet :

« Les Etats parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales (...), de mauvais traitements ou d’exploitation, pendant qu’il est sous la garde de ses parents (...) ou de toute autre personne à qui il est confié. »

Bien que le texte de la convention soit affiché depuis peu dans toutes les salles de classe, le respecte-t-on pour autant ? Pour une gifle dont le retentissement traverse pour une fois les murs de l’école, combien de brutalités « physiques et mentales », de coups, de vexations, d’humiliations sont le lot quotidien d’élèves qui préfèrent se taire, encaisser sans broncher, parce qu’ils ont peur ou parce qu’ils savent bien que, de toutes manières, leur parole ne sera pas entendue.

Cet enfant de 11 ans, maltraité, rudoyé, humilié devant toute la classe, comment devait-il réagir ? L’injure sortie de sa bouche n’est pas venue de rien, elle est la réponse, certes maladroite, à un adulte sorti de son rôle. Dans ses conditions, et même si la gifle qui a suivi peut être imputée à un réflexe impulsif, il est inadmissible que les plus hautes autorités de l’Etat, derrière le Premier ministre et le ministre de l’Education nationale, aient pu, en apportant leur soutien à l’enseignant fautif, légitimer cette forme de violence et sembler couvrir à l’avance tous les dérapages dont les adultes se rendraient coupables à l’intérieur d’un établissement scolaire.

Alors que ces mêmes autorités n’ont pas de mots assez forts pour dénoncer la violence lorsqu’elle vient des élèves, que la ministre de la Justice réclamait il y a peu « pour les mineurs, une réponse pénale à chaque infraction », on peut quand même s’étonner de la complaisance ainsi manifestée pour la violence lorsqu’elle vient des détenteurs de l’autorité.

Faut-il croire, comme on le soutenait encore il n’y a peu, que les coups feraient grandir ou qu’un enfant n’en souffrirait pas ? La campagne lancée dans l’opinion publique suite à cet événement, où, malheureusement, les enseignants ne sont pas les moins virulents, est le signe d’une formidable régression dans le débat éducatif.

Cette évolution est déjà à l’œuvre depuis plusieurs années, par exemple dans les domaines de la pédagogie ou de la justice des mineurs. Des pétitions initiées par des syndicats bien mal inspirés, ont ouvert les vannes à un flot furieux de paroles haineuses qui dépassent de beaucoup les deux protagonistes à l’origine de l’histoire. Il ne s’agit plus de défendre un enseignant mais d’en appeler, avec une brutalité invraisemblable, au retour des « bonnes vieilles méthodes », celles d’une époque où l’on pouvait frapper les enfants en toute bonne conscience, en toute impunité.

Avec les conséquences que l’on pressent : vous êtes mieux placée que quiconque, Madame, pour constater les dégâts de la violence exercée sur les enfants, à l’école comme à la maison. Et lorsque des enfants meurent sous les coups, lorsque d’autres sont détruits pour la vie, c’est toujours parce qu’au départ il y a eu ces mots criminels : « C’est pour ton bien ! “ (lire sur ce sujet le livre d’Alice Miller).

Votre fonction de défenseure des enfants vous impose, Madame, d’intervenir dans les médias, auprès de l’opinion publique, des autorités, pour faire cesser ce déferlement irresponsable, pour faire en sorte que, dans les établissements scolaires, la Convention des droits de l’enfant soit autre chose qu’une simple affiche placardée sur un mur, pour que l’on comprenne que les coups portés aux enfants ne sont jamais légitimes, que l’adulte n’a pas toujours raison, que l’enseignant peut aussi avoir des comptes à rendre.

Il est plus que temps que, dans les écoles, ‘le droit de l’enfant au respect’ (Janusz Korczak) soit réellement pris en considération.

C’est pour ton bien ! Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant d’Alice Miller - éd. Aubier (1984).

Bernard Girard est enseignant et tient le blog Journal d’école.

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  • thierry reboud
    • Posté à 15h07 le 11/02/2008
    • Internaute 20923

    C’est faire beaucoup de cas d’une mornifle.

    • janpoleroy
      • Posté à 21h39 le 11/02/2008
      • Internaute 17301

      En effet ! Et qui plus est, pas totalement imméritée (selon nos informations).

      • Toby E
        Toby E répond à janpoleroy
        • Posté à 23h32 le 11/02/2008
        • Internaute 24834

        Moi, je propose qu’on rétablisse la peine de mort pour les gifleurs d’enfant.

         
        • Avril
          Avril répond à Toby E
          • Posté à 01h32 le 12/02/2008
          • Internaute 24503

          Une réaction sur un forum m’a bien faite poiler. Je vous la livre :

          « Ce gamin effronté mérite 3 claques : une du professeur, une de son père et une de moi ! »

        1 autres commentaires
  • Sylvie Martin
    Sylvie Martin
    matheuse
    • Posté à 15h27 le 11/02/2008
    • Internaute 24045
      matheuse

    Peut-être que recadrer un enfant, même par une gifle, cela relève du respect, parce que cela revient à le rendre responsable de ses actes au lieu d’en faire un petit tyran bureaucratiquement sanctionnable - mais seulement bureaucratiquement.

  • Laina
    • Posté à 15h29 le 11/02/2008
    • Internaute 30834

    La violence n’est une réponse à rien, verbale ou physique.
    Mais traiter de connard un prof qui demande le respect n’a rien d’une « réponse, certes maladroite, à un adulte sorti de son rôle ».
    Le rôle de l’enseignant est également d’exiger certaines choses des élèves, mais bon il faudrait pour cela que ceux-ci entendent autre chose qu’un discours « prof égale fainéant ».
    Les deux parties sont ici en tort selon moi, et l’on fait moins de cas des profs tabassés par des élèves deux fois plus costauds qu’eux, ah bah oui, ce ne sont que des profs...

    • rol8329
      rol8329 répond à Laina
      • Posté à 12h31 le 12/02/2008
      • Internaute 23885

      Ainsi, on ferait deux fois moins de cas des profs tabassés par des élèves deux fois plus costauds ? La justice ne suffisant pas, il faudrait donc vous autoriser à gifler les élèves dès le plus jeune âge pour qu’ensuite ils s’en souviennent et soient moins violent à l’âge adulte. Ce qui me parait ahurissant, c’est d’une part les nombreuses failles de votre théorie qui semble quand même largement partagée par vos collègues mais aussi cet amalgame entre divers problèmes qui vous brouillent l’esprit au point qu’on ne sait plus très bien ce que vous condamnez et ce que vous défendez. En tous cas, votre post semble très apprécié. Voilà qui ne risque pas de diminuer les craintes que je nourris à l’encontre de l’éducation nationale. J’ai quand même l’impression que l’intérêt corporatiste l’emporte sur la raison dans ce débat.

  • riverain désinscrit
    • Posté à 15h37 le 11/02/2008
    • Internaute 24295

    quelle démesure dans cet article !

    < Cet enfant de 11 ans, maltraité, rudoyé, humilié >

    et par cet excès finalement, quelle insignifiance dans ces propos !

    • Thi0u
      Thi0u répond à riverain désinscrit
      Couillu
      • Posté à 16h54 le 11/02/2008
      • Internaute 24428
        Couillu

      Le terme maltraité est assez fort en effet.
      L’enfant maltraité, est plutôt celui qui « est victime de violences physiques, cruauté mentale, abus sexuels, négligences lourdes ayant des conséquences graves sur son développement physique et psychologique ».

      Parler ici de maltraitance ne me semble pas adapté.

      Le pauvre gosse, au lieu de passer pour le super héros en se « rebellant » contre son prof, il est passé pour le super zéro...

      Quand on joue avec le feu, on se brule.

      • janpoleroy
        janpoleroy répond à Thi0u
        • Posté à 22h28 le 11/02/2008
        • Internaute 17301

        C’est exact ! Le manque de discernement dès qu’il s’agit d’enfants conduit à des Affaires du genre Outrault (cas extrême). On ne peut évidemment comparer deux cas aussi disproportionnés (encore que l’article ci-dessus ne fisse pas dans la nuance !), les « vraies » mal traitances à enfant méritant en effet une attention particulière, mais soutenir trop systématiquement des enfants en mal de repères (surtout aux ados en rébellion) tend à en faire de petits tyrans qui se croiront autorisés à agir de même en toutes circonstances (notamment en famille !).
        Après cela, les bonnes âmes diront que les parents n’ont plus d’autorité !
        Il faut certes prêter la plus grande attention à tout ce qui concerne les enfants, il ne faut cependant pas tomber dans une ingénuité coupable, au risque de créer des dommages irréversibles (pour l’enfant lui-même).
        Il faut savoir - ou pour le moins moins imaginer - ce que peut être le quotidien d’un enseignant face à 30 ados, souvent agités, et auxquels on supprime de plus en plus le sens de la responsabilité.

  • Clarence
    • Posté à 15h44 le 11/02/2008
    • Internaute 2860

    Bonjour.
    Votre article est tellement excessif qu’il en devient grotesque.
    Raconter l’histoire comme vous le faites, en opposant un enfant martyrisé, tremblant, et « maladroit » (Tu parles, Charles ! ,... traiter son prof de « connard »...) à un enseignant forcément sadique qui a tout du croquemitaine ou du grand méchant loup, c’est déjà un parti-pris gratiné.
    Mais mélanger ensuite à ce point tout et n’importe quoi, le cas précis d’un élève qui reçoit une taloche pour avoir insulté un prof et les « enfants qui meurent sous les coups », ne rime franchement à rien, et frise même l’obscénité.
    Ou alors, cher Monsieur, alertez aussi la défenseure des enfants sur mon cas et trainez-moi donc moi aussi en justice pour avoir, une ou deux fois dans leur vie, donné une tape sur les fesses de mes enfants dont je ne parvenais pas, ce jour-là, à calmer autrement la colère.

    • joanici
      joanici répond à Clarence
      • Posté à 15h53 le 11/02/2008
      • Internaute 17477

      Ce point discrédite effectivement la totatité de cet... article. Parce qu’au lien absurde « élève giflé –-> enfants tués » on aurait vite fait de répondre par un « enfant qui insulte un enseignant » –-> « terroriste international » tout aussi surréaliste. Ce qui, on en conviendra, ne fera pas avancer le shmilblick.

    • A déménagé le 8-10
      • Posté à 18h26 le 11/02/2008
      • Internaute 1001
        nc

      Texte démesuré, quasi-discrédité par ses outrances comme vous le dites. Démesuré comme la réaction policière et judiciaire qui a suivi. Mettre sur le même plan un mauvais réflexe momentanée et un comportement régulier fondant une pédagogie sur une crainte permanente obtenue par la brutalité, non. Ce n’est sans doute pas un hasard s’il émane de « pédagogistes (oui, je suais, ils détestent ce qualificatif ; -). Pédagogistes qui, à vouloir placer “ l’élève au centre ”, l’ont placé au-dessus. Et, si on voulait rire, on dirait que ce texte est comme ceux des élèves-au-centre : incapables de nuances, utilisant le même “ génial !” pour qualifier la Chapelle Sixtine et leurs dernières shoes (bon, pas sûr qu’ils diraient ça de la chapelle. Cette affaire devait être réglée en interne et dans la discrétion (attention, je ne dis pas : enterrée). Si cela n’a pas été possible, c’est parce que la majorité des parents est passée, en moins de deux générations, d’un excès à l’autre. Autrefois, le maître était sacré, aujourd’hui il est discrédité. Autrefois qu’il agisse bien ou mal il était cru, maintenant, un élève-au-centre se plaint chez lui (note insuffisante, sanction, etc) les parents ne prennent même pas la peine de contacter l’enseignant et foncent directement chez son proviseur voire au Rectorat.

      Quand va-t-on remettre au centre non l’élève ni le prof, mais le balancier ? Quand va-t-on enfin mériter notre réputation de cartésiens ?

      PS Je rappelle que j’ai donné deux ou trois gifles en trente-sept ans de carrière. Je frémis en pensant que ce serait maintenant, j’irais au gnof et ma carrière serait comme celle de ce prof : brisée.

      • Clarence
        • Posté à 18h54 le 11/02/2008
        • Internaute 2860

        Cher PMB,
        Nous sommes donc bien d’accord, et c’est en effet avant tout les outrances de ce texte que mon post visait à dénoncer.
        Je suis d’accord aussi avec votre qualification du geste de l’enseignant en « mauvais réflexe momentané », et sur le fond, je ne voulais pas justifier en quoi que ce soit le geste en question. Tout au plus suggérais-je, avec d’autres, qu’il ne justifiait pas un foin pareil...
        Pour en revenir aux outrances, j’invite les lecteurs de Rue89 à jeter un oeil au blog de Bernard Girard : Ils y liront avec profit une dénonciation par Alice Miller du respect de l’adulte (i.e. « des parents, des instituteurs, du curé », tous dans le même sac et sur le même plan) illustrée par des propos de ... Rudolf Höss, qui fut commandant du camp d’Auschwitz ! Rien de moins.
        Toujours ce même sens de la nuance, donc.

         
        • Gotch
          Gotch répond à Clarence
          • Posté à 16h56 le 13/02/2008
          • Internaute 15306

          Bravo, Clarence ! Nous sommes parfaitement d’accord ! Il m’est moi-même arrivé une fois ou deux d’en coller une (gifle) à l’un de mes enfants en pleine crise de colère. Pas nécessaire d’être violent, et çà calme ! Le tout est de s’efforcer de le faire à bon escient.... et après on s’explique !

          Le blog de Monsieur Girard devrait être déserté par tous....

        1 autres commentaires
  • joanici
    • Posté à 15h46 le 11/02/2008
    • Internaute 17477

    « pour faire cesser ce déferlement irresponsable, pour faire en sorte que, dans les établissements scolaires, la Convention des droits de l’enfant soit autre chose qu’une simple affiche placardée sur un mur, pour que l’on comprenne que les coups portés aux enfants ne sont jamais légitimes, que l’adulte n’a pas toujours raison, que l’enseignant peut aussi avoir des comptes à rendre. »

    Navré M. Girard, mais il me semble qu’en l’occurence l’enseignant a rendu des comptes tels qu’une garde à vue et une plainte déposée contre lui. Vos propos indiquant que ces mesures sont, selon vous, insuffisantes, que proposez-vous de plus ? Révocation automatique, peine de prison ferme, privation des droits civiques ? Je suis tout ouïe.

    • Chipek
      Chipek répond à joanici
      • Posté à 18h18 le 11/02/2008
      • Internaute 9870

      Mr Girard, article grandiose ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
      la peine de mort peut être ? le pal, l’écartèlement, le bûcher ? ? ? ? ? ? ? ?
      et cellule d’aide psychologique pour ce malheureux mouflet..........

      • xavier-xavier
        xavier-xavier répond à Chipek
        muntagnolu
        • Posté à 18h32 le 11/02/2008
        • Internaute 23086
          muntagnolu

        Et, pour le professeur, après son supplice, une période de retention de sûreté pour prévenir toute récidive.

         
        • thierry reboud
          • Posté à 20h07 le 11/02/2008
          • Internaute 20923

          De toute façon, si ce prof ne passe pas au Tribunal Pénal International, c’est qu’il n’y a pas de justice.

        3 autres commentaires
  • nord.mand
    nord.mand
    Prof Seine Maritime
    • Posté à 15h55 le 11/02/2008
    • Internaute 29066
      Prof Seine Maritime

    Lien

    Allez lire cet article et vous comprendrez que cette affaire est plus complexe que l’ image qu’on a voulu nous en imposer

    • Prolo du livre
      • Posté à 16h07 le 11/02/2008
      • Internaute 12784

      Un prof, qui sans raisons, d’après l’article de votre lien, vire mes affaires de ma table d’un revers de la main, puis me plaque au mur, mérite bien plus qu’un « connard »...
      C’est moi qui lui aurait collé une mandale, voir p’t’être plus...

      Le respect n’est pas un du, il se gagne.

      • Hatamoto
        Hatamoto répond à Prolo du livre
        Vendeur de temps de cerveau (...)
        • Posté à 16h12 le 11/02/2008
        • Internaute 29766
          Vendeur de temps de cerveau (...)

        Je me suis pris une baffe en seconde(16 ans), j’ai attrapé le prof par le col (il faisait ma taille et pas particulièrement baraqué) et je suis sorti quelques secondes aprés.(de mémoire je ne l’avait pas insulté, mais j’avait du le prendre gravement pour un con)
        Même si je l’avait provoqué, je pense encore qu’il n’aurai jamais du faire une chose pareille.
        A l’époque j’étais assez sanguin, et c’est justement la peur de graves représailles qui m’a empêché de répliquer.
        Au pire il aurai reçu un blâme si je l’avait dénoncé.
        De mon coté, si je l’avait frappé, mes études étaient finies, et peut être me serai-je retrouvé en prison, ou en tous cas j’aurai subi des poursuites judiciaires.

         
        • janpoleroy
          janpoleroy répond à Hatamoto
          • Posté à 13h02 le 12/02/2008
          • Internaute 17301

          Pourquoi ne dites-vous pas pourquoi vous aviez pris une baffe ?
          A l’époque, vous étiez un sanguin dites-vous, peut-être étiez-vous aussi un petit c.. !
          Avez-vous évolué ? A vous lire, je n’en suis pas sûr.

        1 autres commentaires
    • nahera
      nahera répond à nord.mand
      • Posté à 21h11 le 11/02/2008
      • Internaute 6180

      De toute façon, maintenant on ne saura plus ce qu’il s’est réellement passé.
      Parce qu’effectivement d’après l’article il s’est passé des trucs avant la gifle. Mais avant que le prof ne vire les affaires de l’élève ? ? ? Ça lui a pris comme ça ? ? ?

      Parce que le gamin de 11 ans qui dit « Pourquoi monsieur avoir fait cela ? » ...vous je sais pas, mais moi j’y crois pas....

      • Claude-le-breton
        • Posté à 06h10 le 12/02/2008
        • Internaute 30706

        L’article de la Voix du Nord n’éclaire en effet pas beaucoup : le contexte de la gifle n’est pas vraiment établi.
        Mais, en tout état de cause et jusqu’à plus ample informé, toute cette affaire semble totalement hypertrophiée.

         
        • janpoleroy
          • Posté à 13h09 le 12/02/2008
          • Internaute 17301

          Cette affaire est hypertrophiée parce que notre chère télévision n’a rien de mieux à faire que de diffuser une si grave information ! Notre pays est en si bonne santé qu’elle n’a plus pour s’exprimer, que sur les idylles présidentielles et les chiens écrasés, parfois agrémentées des affres électorales de la Capitale du monde : Neuilly-sur-Seine.
          JPL

        1 autres commentaires
  • Hatamoto
    Hatamoto
    Vendeur de temps de cerveau (...)
    • Posté à 16h02 le 11/02/2008
    • Internaute 29766
      Vendeur de temps de cerveau (...)

    J’aurais tendance, comme chacun, à minimiser le geste du prof, pourtant il est clair qu’un tel geste doit être sanctioné.

    Imaginons la situation suivante : vous vous engueulez avec quelqu’un, il vous giffle en public vous infligeant une rude humiliation devant vos pairs.
    Que faites vous ?

    a) Tendez la joue droite ?
    b) L’humiliez a votre tour par une réplique (verbale) cinglante ?
    c) Vous lui en collez une en retour ?
    d) Portez plainte ?

    La réponse « a » est à mon sens inadaptée. Rien ne justifie la violence, même la plus insignifiante, sinon c’est l’escalade.
    La réponse « b » nécessite une certaine maitrise de langue, et soyons sérieux, nous ne sommes pas tous des Cyranos en puissance, encore moins un enfant de 11 ans.
    La réponse « c » est sans doute celle que je choisirai à chaud, mais soyons raisonables, une telle réponse provoquerai une escalade. Si l’enfant avait choisi cette solution, il serai en prison aujourd’hui.
    La réponse « d » est celle qu’a choisi l’élève (ou ses parents) et au vu des autres réponses, me semble la plus adaptée.

    J’ignore ce que j’aurai fait à la place de l’enseignant, mais aprés tout je ne suis pas prof, je n’ai pas été formé pour faire face à ce genre de situations.

    Le prof s’est fait justice lui même en giflant l’enfant, ce qui n’est pas compatible avec la notion même de justice impartiale.
    De plus, en giflant l’enfant, il à démontré son incapacité à se faire respecter. La violence, n’est en aucun cas un outil pour obtenir le respect. La peur peut être, mais pas le respect.
    Le gosse ne pouvait pas répliquer, alors que le prof lui avait de quoi répliquer aux insultes de l’élève autrement que par la violence.

    Les réactions du gouvernement tendent à donner encore une fois l’image de « la restauration de l’autorité », par la force, et au mépris des droits du plus fort.

    Si l’affaire n’avait pas été médiatisé, le prof aurai eu une sanction disciplinaire aprés médiation avec les parents, ce qui aurai été normal et satisfaisant pour toutes les parties je pense.
    Maintenant c’est « l’opinion publique » qui va juger, et en général ça ne donne rien de bon.

  • yapadebug
    • Posté à 16h05 le 11/02/2008
    • Internaute 840

    Ce qui est choquant dans cette affaire c’est de voir un parent d’élève utiliser son statut de gendarme pour mettre en garde à vue un prof. C’est très excessif je trouve, et je me demande si tous les gendarmes qui giflent un gamin vont aussi en garde à vue.

    Ce qui est choquant dans cette affaire c’est de voir un premier ministre soutenir un prof qui a donné une gifle à un élève. Un prof qui gifle un élève commet une faute, et ne devrait pas voir son geste approuvé de fait par un ministre.

    Les 2 partis ont tort dans cette malheureuse affaire, mais tout cela ne mérite pas tout le tapage médiatique qui a été fait autour.

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à yapadebug
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 17h02 le 11/02/2008
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      J’ai été d’abord d’accord avec votre conclusion mais ce fait divers donne du sens aux pressions contradictoires qui sont en jeu dans un établissement scolaire et dans tout rapport pédagogique. Et ce n’est donc pas anodin. De plus, la presse a joué son rôle de tambour et le retentissement donné en fait un événment d’importance.

      Avant toute chose, il faudrait être mieux informé(e)s sur la réalité des faits, sur les enchaînements d’événements et le contexte. Je soupçonne —question d’habitude— les médias de nous livrer des versions très simplifiées et donc de nous induire en erreur. Je considère donc qu’il est délicat (pour nous, ici) de se lancer dans une évaluation. Sauf que le ministre prend de sacrés risques puisqu’il se prononce sans temps de réflexion contre le droit ……… alors qu’il devrait se contenter d’un rappel du droit !

      La violence d’un enseignant peut avoir deux origines.
      Dans le temps, cette violence pouvait être théorisée ; c’était un élément, un outil dans le dispositif scolaire. Cela ne doit plus être.

      De tous temps, elle a pu être aussi un élément non théorisé, un incident, une réaction impulsive. Elle nous dit sûrement des choses sur l’état d’une école, d’un enseignant et d’une institution et de sa place dans la société. Encore faudrait)il avoir de bons instruments de mesure et une méthode d’analyse … et donc les renforts d’experts.

      La réaction impulsive, on sait qu’elle peut se produire mais elle n’a pas de légitimité. Pourquoi ? Elle est contre-productive dans le processus éducatif ; même si elle révèle quelque chose sur la réalité, elle tire l’effort pédagogique en arrière. En effet, tous les efforts des adultes et de l’institution éducative visent à substituer à la violence naturelle des enfants des comportements policés et à les doter de moyens d’action, de pouvoirs individuels tournant le dos à l’agressivité. C’est essentiellement la richesse du langage qui fournit ou devrait fournir des armes nouvelles.

      • yapadebug
        • Posté à 17h07 le 11/02/2008
        • Internaute 840

        Le problème c’est que cette affaire est récupérée par des gens qui se disent « modernes » mais qui défendent l’éducation du 19ème siècle, à coup de baffes...

    • rol8329
      rol8329 répond à yapadebug
      • Posté à 22h38 le 11/02/2008
      • Internaute 23885

      S’agissant du premier point, je ne suis pas certain qu’il y ait un lien direct entre le statut du père et la garde à vue. Je crois que c’est un excès de zèle de la part de la brigade de gendarmerie qui est en cause (Peut-être que l’un des gendarmes avait été giflé par un prof quand il était à l’école).

      Pour ce qui est du deuxième point, avec ses récents résultats dans les sondages, le premier ministre n’est pas prêt de faire son mea culpa puisqu’on sait que c’est ce type d’instrument qui tient lieu de morale chez certains politiques.

  • A déménagé le 13-10-2012
    • Posté à 16h42 le 11/02/2008
    • Internaute 19357
      non connue

    Le leitmotiv des magistrats « la justice manque cruellement de moyens et d’effectifs “ pourtant pour une mornifle qui ne mériterait qu’un passage par le bureau du proviseur avec une bonne explication et quelques avertissements , là on en trouve des juges pour écraser ce pauvre type sans défense qui semble avoir pêté les plombs pour la première fois ! !

  • mangue
    • Posté à 16h43 le 11/02/2008
    • Internaute 29195

    Vous écrivez : « cet enfant de 11 ans, maltraité, rudoyé, humilié devant toute la classe, comment devait-il réagir ? »
    on peut écrire pareillement :
    ce prof rudoyé, insulté, humilié devant toute une classe...
    classe qui aura toute l’année scolaire pour se souvenir qu’on peut dire « connard » à un prof... et qui s’en souviendra

  • tonimarus45
    • Posté à 17h09 le 11/02/2008
    • Internaute 22823

    oui le prof aurait du se maitriser mais j’aimerais que tout ces donneurs de leçons essaient de se mettre a la place de l’enseignant se faisant traiter de « connard ».comment auraient t’ils reagis.ceci dit l’auteur de l’article parle des droits de l’enfant mais oubli les devoirs de l’enfant.l’un ne va pas sans l’autre et memme je pense que avant de parler de droits on devrait parler de devoirs et cela irait bien mieux ; quand a mettre en garde a vue pour une taloche je pense que c’est absolument excessif et que si le papa n’avait pas ete gendarme cela se serait passe tout autrement.j’ai un certain age et a l’epoque ou j’allais a l’ecole tous les enseignants auraient ete en prison bien que nous soyons loin de nous permettre de les insulter.oui le respect ce gagne mais surtout il s’apprend ce que les parents de l’eleve ont oublie

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 17h32 le 11/02/2008
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    « Pour une gifle dont le retentissement traverse pour une fois les murs de l’école, combien de brutalités “physiques et mentales”, de coups, de vexations, d’humiliations sont le lot quotidien d’élèves qui préfèrent se taire, encaisser sans broncher, parce qu’ils ont peur ou parce qu’ils savent bien que, de toutes manières, leur parole ne sera pas entendue. »
    Combien ?
    Lien

    • A déménagé le 13-10-2012
      A déménagé le 13-10-2012 répond à Infovite
      non connue
      • Posté à 18h04 le 11/02/2008
      • Internaute 19357
        non connue

      Pas tant que ça mon grand ,pas tant que ça ,il n’y a qu’à voir la réaction pour une baffe, on est quand même pas au moyen âge que diable et un bon coup de pied au cul vaut mieux que de vains discours
      On ferait mieux de s’occuper des ouvriers dans les entreprises qui serrent les fesses et font le poing dans la poche parce qu’ils subissent une violence bien plus grave et à laquelle ils ne peuvent pas répondre a cause des crédits ,des gosses à faire bouffer ,du loyer etc ...

  • Mon-Al
    Mon-Al
    roturière : -)
    • Posté à 18h38 le 11/02/2008
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    Monsieur Girard, vous êtes prof ? Et tout ce laïus pour une taloche donnée à un galopin mal élevé qui a insulté son maitre devant toute une classe ? E...ler les mouches, voilà ce que je pense de cette affaire. On se demande si les médias n’ont pas autre chose à faire que d’encourager un fils de gendarme dans cette voie...je ne sais pas, moi, ils pourraient s’occuper du Président ! ! On ne parle presque pas de lui ! ! ! !
    Quant à votre « défenseure », Monsieur le Professeur, vraiment, je n’arriverai JAMAIS à m’y faire ! ! ! !

  • sinclair
    • Posté à 18h51 le 11/02/2008
    • Internaute 2580

    Il n’a jamais s’agit a ma connaissance de trouver une gifle très bien, l’auteur de cette fameuse gifle l’a d’ailleurs reconnu lui même. Ce qui pose question est la disproportion entre l’acte et ses conséquences. A savoir garde a vue suspension etc..

    Si l’on suivait vos propos on devrait aussi parler de la gifle de M Bayrou a un enfant qui lui faisait les poches ou des propos pour le moins violent de notre président qui voulait passer la racaille au nettoyeur haute pression.

    L’amalgame qui est fait avec les enfants battus victime de mal traitance est hors de propos ici. A moins que vous ne pensiez que l’enfant a toujours raison et que l’on ne doit que lui expliquer que c’est pas bien et qu’il ne faut plus le faire. Dans ce cas vous ouvrez la voie a l’enfant roi et à l’ultime violence qu’est la prison ou la camisole chimique. Cette dérive a cours depuis plusieurs années, suite aux dérivés de très jeunes enfants certains se penchent depuis quelques années sur la possibilité d’incarcérer des enfants a partir de 10 ans. Outreau enfant a rappelé entre autres que la parole de l’enfant n’était pas forcement la vérité.

    La violence sous toute ses formes est dans l’éducation et les bonnes relations entre humain tout au long de la vie. Matraques, flash ball, taser, gaz lacrymogène, police, justice sont la pour nous ramener a la norme par la violence si nécessaire. Par contre contre la réponse a la violence doit être proportionne a l acte. Privilégier l individu fut il un enfant est la porte ouverte a toutes les tyrannies.

    • rol8329
      rol8329 répond à sinclair
      • Posté à 22h10 le 11/02/2008
      • Internaute 23885

      Là, franchement, les bras m’en tombent. Je renonce à vous expliquer l’inconvénient qu’il y a à tolérer la violence dans les rapports humains car l’oeuvre civilisatrice semble avoir oublié votre quartier. Je pense qu’un minimum de culture est nécessaire pour comprendre ces enseignements et qu’une dose de sagesse est obligatoire pour les respecter. D’ailleurs, la peur du gendarme n’est elle pas le début de la sagesse ?

      Quoi qu’il en soit, je ne peux quand même pas vous laisser dans cet état là. Vous écrivez « qu’Outreau a rappelé entre autre que la parole de l’enfant n’était pas forcément la vérité ». Mais vous avez cent fois raison cher monsieur. Mais vous oubliez l’enseignement principal d’Outreau qui est que la parole d’un adulte peut briser des vies, condamner injustement... Tout est parti des mensonges d’une femme adulte ! Légitimer a priori la gifle, c’est accepter que le plus fort puisse faire la loi. L’autorité n’est plus morale mais physique. Et que se passe t’il quand l’élève est plus fort que le prof ? Vous continuez à lui donner des gifles ? Vous considérez que c’est lui qui a raison ? Où vous devenez inventif pour trouver enfin la bonne méthode ?
      Bien cordialement, en espérant que ces quelques phrases vous permettent d’évoluer.

  • MaxD
    MaxD
    médecin, humoriste http://maxd. (...)
    • Posté à 19h14 le 11/02/2008
    • Internaute 9540
      médecin, humoriste http://maxd. (...)

    « Les dictateurs naissent dans les maisons où on n’ose pas donner un ordre à la bonne. » Henry de Montherlant

    Lien

    • Compte supprimé le 3 janvier 3
      Compte supprimé le 3 janvier 3 répond à MaxD
      in angulo
      • Posté à 19h50 le 11/02/2008
      • Internaute 10904
        in angulo

      @MaxD

      Celui qui exalta « l’élite héroïque des grands aventuriers nazis » n’était peut-être pas le mieux placé pour nous faire un cours, même succinct, sur les tyranneaux domestiques...

      • MaxD
        MaxD répond à Compte supprimé le 3 janvier 3
        médecin, humoriste http://maxd. (...)
        • Posté à 19h59 le 11/02/2008
        • Internaute 9540
          médecin, humoriste http://maxd. (...)

        @broglio

        Certes, mais la citation n’en comporte pas moins un fond de vérité.

         
        • janpoleroy
          janpoleroy répond à MaxD
          • Posté à 13h35 le 12/02/2008
          • Internaute 17301

          Il eut sans doute mieux valu trouver une autre citation... ou pour le moins se passer de citation et exprimer simplement votre sentiment.
          JPL
          Au fait, Montherlant pensait donc que toute maison avait « sa bonne » !

        2 autres commentaires
  • m a i a
    m a i a
    aquoiboniste
    • Posté à 19h55 le 11/02/2008
    • Internaute 9081
      aquoiboniste

    Monsieur Girard,

    L’énergie me manque un peu au retour du lycée pour vous faire une réponse aussi développée que je le souhaiterais.

    Je trouve votre texte outrancier et de ce fait incohérent, écrit sans grand recul ni profonde reflexion quelle qu’elle soit, hormis des relents brighellistes (quelques conférences ou lectures de vrais chercheurs pointus en sciences de l’éduc ne sont pas du luxe parfois, perso je m’y plie).

    La lecture du début de votre blog donne également à penser que cette « affaire » de la gifle vous obsède furieusement ; j’espère qu’elle vous laisse le temps de préparer et d’assurer vos cours dans la sérénité, entre deux lectures de publications syndicales ou d’autres blogs fumeux.

    Il est, à mon sens, des combats plus nobles, plus urgents, plus fondamentaux, que de déterminer qui du prof ou de l’élève aurait dû demander l’autorisation de balancer « connard » ou une « gifle ».

    Je ne prétends pas détenir la vérité sur cette « affaire », ni me poser en détentrice de la justice, d’autres sont là pour s’en charger, mais un peu de discrétion et d’humilité ne nuisent jamais.

    maia *vit-elle sur la même planète ? *

    • rol8329
      rol8329 répond à m a i a
      • Posté à 21h57 le 11/02/2008
      • Internaute 23885

      A vous lire, on comprend mieux le problème des banlieues. Votre façon d’écrire et les arguments que vous déployez pour étayer votre « brillante » démonstration en disent long sur votre façon de penser. Terrifiant. Vous devriez peut-être vous reposer, prendre du recul ou alors penser à changer de boulot parce que là, franchement, vous n’êtes pas du tout au niveau que l’on attend de la part d’un CPE !

      • m a i a
        m a i a répond à rol8329
        aquoiboniste
        • Posté à 22h25 le 11/02/2008
        • Internaute 9081
          aquoiboniste

        @ rol8329

        J’attends votre brillante réussite au concours pour tenir compte de votre remarque ô combien constructive.

        ...ou ptet un stage dans une vraie banlieue...

        (han, j’ai écris ptet au lieu de peut-être ! MAL ! Pan, une gifle !)

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