TRIBUNE 06/02/2008 à 00h24

Nous ne pouvons importer toute la misère (salariale) du monde

Daniel R | Visiteur d'entreprise

Les salaires des deux millions de salariés français payés au Smic sont attaqués par le patronat au nom de la mondialisation. C’est l’indexation de ce salaire minimum qui est ciblée. Il semblerait que 8,44 euros de l’heure représente un salaire trop élevé par rapport aux salaires pratiqués dans certains pays concurrents comme la Chine et l’Inde par exemple.

En effet, c’est au nom de la mondialisation que le patronat réclame « une meilleure maîtrise du Smic » en invoquant « des réalités prégnantes de la compétition mondiale » , explique Jean-François Veysset (CGPME).

Même l’ancien conseiller de Laurent Fabius, Xavier Lacoste, le président du groupe de travail du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) s’interroge : « Les mécanismes de 1970 d’indexation du Smic sont questionnés. » Le COE rappelle cependant que 20 milliards d’exonération de charges sur les bas salaires sont compensés par l’Etat à la Sécurité sociale, au profit des employeurs...

Jérémiades patronales

Le gouvernement Fillon prête une oreille attentive à ces jérémiades. Mais, la décision sera évidemment prise par le président Sarkozy, élu au suffrage universel.

En juillet 2007, il avait refusé tout coup de pouce supplémentaire à l’application de la règle d’indexation. Le Smic avait augmenté de 2,1% passant de 8,27 à 8,44 euros de l’heure soit 26 euros de plus en un an, ce qui semble encore trop pour le Medef.

Les syndicats des salariés ont fait connaître leur désaccord sur la remise en cause du calcul de l’indexation actuel. C’est le cas de la CGT qui souligne que l’indexation est la garantie du maintien du pouvoir d’achat. Sans oublier que beaucoup de temps partiels non choisis sont payés au Smic. Ce sont ces salariés qui forment les bataillons de travailleurs pauvres, cauchemar dans lequel une majorité de Français craignent de tomber.

La concurrence salariale par le bas

La politique d’ouverture des marchés à l’échelle mondiale produit des conséquences de plus en plus dramatiques pour la population. Il est évident que le principe de mise en concurrence des salariés à l’échelle mondiale conduira à toujours plus de misères dans l’avenir.

« Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde » , avait dit en son temps Michel Rocard. Nous ne pouvons pas non plus, importer la misère tout court. Il serait temps que l’Union européenne prenne le problème à bras le corps et revienne de ses positions libérales dogmatiques. L’Europe doit se développer dans l’intérêt des populations européennes.

Les responsables politiques doivent prendre conscience que les importations massives de marchandises à bas prix en provenance de pays à des stades de développement différents, aux mépris des besoins et des droits des populations locales, ne profitent qu’aux seules multinationales et à leurs actionnaires.

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  • François Doutriaux
    François Doutriaux
    Juriste et enseignant chercheur
    • Posté à 01h00 le 06/02/2008
    • Expert 13463
      Juriste et enseignant chercheur

    les exonérations de charges et/ou fiscales bénéficiant aux employeurs ont d’aprés la cour des comptes atteint 30 milliards annuels en 2007 (pour 3 en 1998 si ma mémoire ne me fait pas défaut). La même cour signale également que ces exonérations sont des gouffres pour les finançes publiques, mais également des mécanismes à l’efficacité douteuse, sinon inexistante.

    Quant au fond du propos, la « concurrence » des mains d’oeuvre à bas salaire est le fond de commerce de l’idéologie ultralibérale et/ou conservatrice de la droite française. Monsieur Dassault expliquait il y a peu à un parterre de journalistes amusés dans la salle des quatre colonnes qu’il fallait « abolir le code du travail » pour ne pas « mourrir face à la concurrence indienne ou chinoise ».

    Outre le caractère économiquement aberrant de ces positions (les PPIs et les PVDS se concurrencent relativement peu, d’un point de vue macroéconomique, leurs activités étant souvent nettement différenciées en terme de secteur et en terme qualitif (ainsi par exemple de la quasi absence de contrôle qualité dans l’industrie chinoise)), cette logique de mise en concurrence en terme de salaire et de coût du travail est une vieille lune ultralibérale qui a depuis longtemps démontré son absence de fondement.

    Vouloir concurrencer une main d’oeuvre payée 30 dollars par mois et travaillant 15 heures par jour (ce qui est le cas de 40% de la population mondiale) est totalement dépourvu de sens.

    Outre le caractère à l’évidence irréaliste de telles propositions, elles signeraient le glas de l’économie d’un pays qui fonctionne essentiellement sur sa consommation intérieure, et donc son pouvoir d’achat.

    Les grands (et petits) patrons français sonneraient le glas de leurs entreprises en contribuant à diminuer un pouvoir d’achat déjà largement entamé sur la période 2002/2007.

    La concurrence, dans le sens économique du terme, repose sur la productivité horaire, le développement des techniques et technologies de pointe, l’excellence de la formation (aussi bien à haut niveau que pour les emplois manuels), l’offre de service qualitatifs et spécifiques, l’investissement dans la recherche et le développement, etc...

    La France aurait tout à gagner à augmenter les salaires de l’essentiel de la population (notamment des personnes vivant sous le seuil de pauvreté et/ou bénéficiant du RMI ou du SMIC). Le coût comparé d’une augmentation massive de ces revenus serait de plus limité au regard des dépenses somptuaires et à fond perdu de l’état au bénéfice des employeurs.

    Malheureusement, la France est régie par l’idéologie et non par le principe de réalité.

    Comme l’écrivent les économistes néo-classiques, tant appréciés dans notre pays : lorsque la réalité et la théorie divergent, c’est la réalité qui a tort...

    • Daniel R
      Daniel R répond à François Doutriaux
      Auteur(e) de l'article Visiteur d'entreprise
      • Posté à 19h53 le 06/02/2008
      • Internaute 6667
        Visiteur d'entreprise

      Vos précisions sont importantes.

      Le total des subventions dont bénéficient les entreprises se montent à 103 milliards d’euros annuel en incluant l’agro-alimentaire.

      A comparer avec les 46 milliards d’impôts sur les bénéfices des sociétés, on peut se demander s’il ne serait pas plus profitable de réduire au minimum européen cet impôt et de supprimer les subventions.

      Et en plus, elles pleurent, ces très chères entreprises ! ! !

      • kawouede
        kawouede répond à Daniel R
        • Posté à 21h22 le 06/02/2008
        • Internaute 27995

        Ben on imagine quand même que l’impôt collecté et les subventions ne touchent pas les mêmes entreprises, si ?

         
        • Daniel R
          Daniel R répond à kawouede
          Auteur(e) de l'article Visiteur d'entreprise
          • Posté à 22h41 le 06/02/2008
          • Internaute 6667
            Visiteur d'entreprise

          On peut l’imaginer mais en réalité les subventions agricoles sont drainés par les plus grosses sociétés fermières, les exonérations salariales par les employeurs payant de nombreux bas salaires, les subventions d’installations pour attirer les plus grandes entreprises par ces dernières, ainsi que les subventions recherche, les subventions à l’exportations,...etc...

          et il y en a des centaines du même tonneau.

        1 autres commentaires
    • montagnard
      • Posté à 15h47 le 07/02/2008
      • Internaute 29362

      100 % d’accord avec l’article et le commentaire. Fonctionnaire au ministère du travail, qui gère si libéralement ces aides aux entreprises (enfin qui gérait puisque le gvt actuel a trouvé plus simple de transférer la partie emploi à bercy, ministère des entreprises... comme ça le circuit est plus court ...), j’ajouterai que les aides emploi sont versées très « libéralement » : la cour des comptes a pointé régulièrement le fait qu’il n’y a pas de réel contrôle de l’usage de ces fonds publics ou sociaux (exo de cotisations) par l’Etat.
      Alors que depuis Mme Aubry (1998) le ministère du travail a une norme d’emploi prévoyant un contrôleur pour 10 000 chômeurs indemnisés (dans chaque département) il n’existe aucune autre norme d’emploi fixe, ni pour les postes affectés au contrôle des conditions de travail, salaires, (les agents d’inspection du travail, 1500 pour 1,6 millions d’entreprise à ce jour...), ni pour les milliards d’euros donnés sans contreparties vérifiées aux entreprises.
      Et la cour des comptes n’arrive pas à se faire entendre là. Alors que pour les 3 s... de RMISTES qui roulent en mercedes on vient de mettre en place un super système de flicage, controle des déclarations de revenus et du niveau de vie,... C’est y pas beau le libéralisme « aménagé » ?

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 05h40 le 06/02/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    FRONTIÈRES DE SAUVEGARDE

    Il y a une trentaine d’années, à l’heure où le bloc de l’Est sévissait encore, il m’arrivait d’aller en vacances dans un pays qui m’était cher, la Hongrie. Quelle aubaine pour le jeune fauché que j’étais alors. Mon franc triomphant valait à peu près six fois le forint local et j’étais un roi.

    Le pain, le café, les restaurants, tout valait à peu près six fois moins cher que dans mon pays à moi. Et le salaire minimum hongrois correspondait à un sixième du SMIG gaulois de l’époque. Pourtant la Hongrie était alors considérée comme un pays relativement riche. Comme la France. Et elle l’était puisqu’un Hongrois devait travailler le même laps de temps que nous pour un acheter son pain, son café ou se payer le restau.

    C’est la frontière, cette terrible limite entourée de barbelés et de miradors qui régissait tout l’équilibre.

    La chute des frontières fut ressentit comme une formidable ouverture à la liberté. Et elle l’était... sauf qu’elle foutait tout l’équilibre économique par terre !

    Ce fut pareil dans le monde entier, l’Inde, la Chine, etc., avec la fameuse mondialisation. Une aubaine, non pour les jeunes fauchés de maintenant, mais pour les nouveaux riches et les possédants qui comprirent imédiatement tout le bénéfice — personnel — qu’ils pouvaient en tirer. Continuer à vendre au prix fort le pain, le café, le restau en les faisant fabriquer aux faibles salaires de là-bas.

    C’est ainsi que les populations chinoises ou indiennes ne s’enrichirent pas, mais que nous nous appauvrîmes. La « liberté » économique était antinomique de la liberté humaine tout court.

    Bénéfique quand elle l’est entre pays de niveau économique similaire (la CEE de l’époque, par exemple) l’ouverture « sauvage » des frontières est une catastrophe dans les autres cas, une fausse liberté acquise, et surtout un vrai moyen d’exploitation des masses par une élite lorsque cette dernière, plutôt que de tirer l’ensemble des pays vers le haut niveau, les pousse allègrement, pour son seul profit, vers le bas.

    On en est là.

    • Tophee
      Tophee répond à Le Yéti
      en haut a gauche
      • Posté à 07h54 le 06/02/2008
      • Internaute 2159
        en haut a gauche

      Bravo pour cette bonne analyse fort bien ilustree !

    • Daniel R
      Daniel R répond à Le Yéti
      Auteur(e) de l'article Visiteur d'entreprise
      • Posté à 20h01 le 06/02/2008
      • Internaute 6667
        Visiteur d'entreprise

      D’autant qu’il n’est pas nécessaire de réduire la liberté de circuler. Les ennemis ne sont pas les hommes des autres nations, mais ceux qui font des profits en exploitant leur misère sociale, juridique et écologique.

      Dans quelques années, si les politiques n’ouvrent pas les yeux à l’intérêt général, nous serons revenus au 19ème siècle avec des salaires de misère, la pollution et les maladies qui vont avec, tout ça pour nourrir un caste de rentiers.

      • Le Yéti
        Le Yéti répond à Daniel R
        yetiblog.org
        • Posté à 21h53 le 06/02/2008
        • Internaute 6095
          yetiblog.org

        D’autant qu’il n’est pas nécessaire de réduire la liberté de circuler.

        Mouais, ok (pour vous faire plaisir !), mais disons au moins établir quelques contrôles pour ne plus que N’IMPORTE QUOI CIRCULE N’IMPORTE COMMENT !

  • Claude-le-breton
    • Posté à 07h41 le 06/02/2008
    • Internaute 30706

    Il ne peut pas être sérieusement question de supprimer le principe d’un salaire minimum indexé sur le niveau des prix. Par contre, faire glisser progressivement la masse des prélèvements obligatoires de l’assiette « salaires » (Charges salariales, taxes professionnelles, TVA même) vers l’assiette « matières premières consommées » me semblerait judicieux. Cela irait dans le sens, à la fois, d’un allègement des coups salariaux et du développement durable. Les matières premières extraites de la terre sont précieuses car non-renouvelables, qu’elles soient énergétiques ou non. La meilleur façon de les économiser est de les rendre progressivement beaucoup plus chères. Actuellement, on envoie au Maroc, par avion, des crevettes danoises péchées dans la Mer du Nord, pour y être décortiquées (coût main d’oeuvre), puis on les ramène, toujours en avion au Danemark pour y être conditionnées et commercialisées. Un pétrole encore plus cher limiterait ce type dérives (et bien d’autres).

  • DidierB63
    DidierB63
    Devant un écran
    • Posté à 07h50 le 06/02/2008
    • Internaute 30265
      Devant un écran

    Henri Ford doit se retourner dans sa tombe...

    Aujourd’hui, les entreprises veulent toujours augmenter la production et la productivité, il y a toujours une déqualification du travail et un controle accru sur les employés.

    Mais pour Henri Ford, la contrepartie était de mieux payer ses salariés.
    A l’epoque, le fondateur de Ford avait presque doublé les salaires dans ses usines, considérant qu’il devait lutter contre le turn-over et augmenter le pouvoir d’achat de ses ouvriers, entrainant ainsi une hausse de la consommation (en particulier de ses voitures).

    Le patronat et le gouvernement auraient ils oublié ce principe simple ?

    Ce n’est pas en baissant les salaires qu’on améliorera le pouvoir d’achat.
    Ce n’est pas en mettant les salariés de France et d’Europe au niveau des salariés d’Inde ou de Chine qu’on améliorera la croissance.

    Lien

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 07h50 le 06/02/2008
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    « Les responsables politiques doivent prendre conscience que les importations massives de marchandises à bas prix [...], ne profitent qu’aux seules multinationales et à leurs actionnaires. »

    Mais ils en sont très conscients ! C’est même leur but : faire gagner les actionnaires. L’argent, d’une part appelle l’argent, d’autre part vient en dormant. Il faut poser les bonnes questions sur l’OMC, l’AGCS, le FMI etc toutes ces organisations mondialisées qui font du fric pour le fric au détriment de toutes les populations.

    Tant qu’on ne s’attaque pas à ces monstres, la misère ira galopante.

    PS la phrase citée de Rocard est incomplète : »« Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde » », il faut ajouter (de mémoire, pas le temps de rechercher) : mais nous devons en prendre notre part

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à caro
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 18h24 le 06/02/2008
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Oui cette phrase de Rocard a été souvent livrée incomplète. Ce qui en modifie considérablement le sens. Avanie trop fréquente et probablement mal intentionnée que vous avez eu raison de relever.

  • Tophee
    Tophee
    en haut a gauche
    • Posté à 08h01 le 06/02/2008
    • Internaute 2159
      en haut a gauche

    Merci pour ce tres bon article. Un autre point qu’il faut aussi garder a l’esprit c’est que de plus en plus en personne sont paye au smig. Celui-ci augmente tous les ans, mais ce n’est pas le cas de beaucoup d’autre salaire. Ce qui fait que des personne qui etaient payer au dessu du smig il y as 10 ans sont maintenant de nouveau des smicards.

    Les salaires les plus eleves sont ceux qui augmentes le plus rapidement. Pour les autres, c’est la stagnation.

  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 09h06 le 06/02/2008
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    Il suffit de répondre à ce monsieur : « ok, que la patronat commence donc par montrer l’exemple en maitrisant mieux son salaire moyen, vu les réalités prégnantes de la compétition mondiale, et que celui ci redescende au niveau de celui d’un entrepreneur chinois »

    enfin juste au niveau du patronnat européen hors france ça serait déjà pas mal.

  • xavier-xavier
    xavier-xavier
    muntagnolu
    • Posté à 09h08 le 06/02/2008
    • Internaute 23086
      muntagnolu

    la « politique d’ouverture des marchés à l’échelle mondiale » a ainsi pour effet d’appauvrir les pauvres des pays riches pour enrichir les riches des pays pauvres.

    • Tophee
      Tophee répond à xavier-xavier
      en haut a gauche
      • Posté à 09h36 le 06/02/2008
      • Internaute 2159
        en haut a gauche

      Oui, mais elle enrichie aussi les riches des pays riches. Enfin, on commence a voir aparaitre dans ces pays « pauvres » (Je met des guillemet car ces pays sont souvent tres riches, mail leur richesse a ete tres mal geree) des riches plus riches que « nos » riches, comme Mittal. Bientot, ces nouveau riches commenceront a bouffer la laine sur le dos des riches occidentaux, et vous n’entendrez plus les beaus discours sur la mondialisation et l’ouverture des frontiere pour les biens et marchandises....

  • Di
    Di
    • Posté à 09h19 le 06/02/2008
    • Internaute 8231

    Personne ne dit qu’en France, les salaires des grands patrons sont les plus hauts d’Europe...

  • Bon Scott
    • Posté à 09h52 le 06/02/2008
    • Internaute 24531

    Est il possible d’importer des élus du « tiers monde », les salaires et indemnités seraient moins couteuses pour le contribuable que nous sommes ! ?
    Une réflexion à émettre au locataire de l’élysée et ses sbires ! Ces politiques qui essayent de nous faire croire qu’ils maitrisent le libéralisme !

    Dans l’attente d’une réponse d’un ou quelques élus ...

    • Daniel R
      Daniel R répond à Bon Scott
      Auteur(e) de l'article Visiteur d'entreprise
      • Posté à 20h11 le 06/02/2008
      • Internaute 6667
        Visiteur d'entreprise

      Bonne idée ! !

      J’ai l’impression que nos politiques (de l’UMP au PS) sont plus chargés par les organismes non démocratique (OMC, FMI, OCDE, Banque mondiale, Commission européenne etc..) d’imposer le libéralisme et le modèle anglo-saxon du chacun pour soi, en ruinant au passage le modèle français (économie mixte et juste répartition des profits), que d’apporter le bien-être dans notre beau pays.

      Il ne font même plus semblant de nous demander notre avis. Ils s’arrangent entre eux et ratifient à tout va.

    • athénaïs
      athénaïs répond à Bon Scott
      • Posté à 21h40 le 06/02/2008
      • Internaute 30637

      Je suis pas élue,mais je suis d’accord

  • sumacel
    • Posté à 09h58 le 06/02/2008
    • Internaute 14251

    Que voilà un article fort intéressant et riche d’enseignements ! Non pas tant pour les idées qu’il développe et argumente, car elles sont connues, mais plutôt par l’accueil qui lui est réservé, via les commentaires. Pour la faire courte et quelque peu caricaturale, on défend ici l’idée qu’il faudrait voir à fermer les frontières aux importations massives. Si je ne m’abuse, les seuls partis politiques à défendre fermement cette idée sont les extrêmes, droite et gauche confondus.

    Il y a quelque chose de paradoxal à vouloir d’un côté, et c’est louable en soi, aider les pays sous-développés (dits « en développement » pour faire bien), et de l’autre leur refuser la seule solution qui soit acceptable dignement, sans forme d’assistanat, à savoir du travail. Pour bien connaître l’Afrique du nord, je pense pouvoir affirmer que les travailleurs, payés au SMIC local qui leur permet de s’en sortir bien mieux que sans aucun travail, ne sont pas aussi exploités qu’on voudrait bien le faire croire. Ils sont seulement payés au minimum local, tout comme les travailleurs Européens, sauf que le curseur n’a pas la même position.

    Car enfin, si on est contre les importations massives en provenance de pays émergeants, il faudrait voir à être cohérent, et à cesser, à titre individuel, de plébisciter les produits qui entretiennent ce système. Nous nous retrouverons tous tout nus, et plus personne ne pourra intervenir sur Rue 89, qui n’existera plus, faute d’ordinateurs…

    Cet ironique raccourci posé, il faudrait peut-être dans un premier temps que l’Etat français et son mentor, l’Europe, commencent par taxer les importations à un niveau tel que le seul critère de concurrence devienne la qualité du travail, et non plus le seul prix de revient. A ce moment-là, nous aurons une saine concurrence, de laquelle les produits Européens sortiront gagnants, peut-être...

    Ce n’est pas le cas, et de très loin. Parce que, comme rappelé ici, la seule motivation est le capital, au détriment de toute autre considération.

    • Tophee
      Tophee répond à sumacel
      en haut a gauche
      • Posté à 12h04 le 06/02/2008
      • Internaute 2159
        en haut a gauche

      Dans un but de coherance, il serait bon aussi que nous n’exportion pas de produits agricole fortement subventiones, qui leur coute moins cvher que la production locale. Le dumping existe aussi dans l’autre sens, on a trop souvent tendance a l’ignore. Bien sur, on peut aussi dire que cette concurence sur les matiere agricole n’a d’autre but que de transformer le fermier en mains d’oeuvre a pas cher pour l’industrie.

      Ne pas non plus leur prendre tous leur diplomes me semble etre aussi la moindre des choses.

    • Daniel R
      Daniel R répond à sumacel
      Auteur(e) de l'article Visiteur d'entreprise
      • Posté à 20h26 le 06/02/2008
      • Internaute 6667
        Visiteur d'entreprise

      Je suis d’accord avec vous quand vous rappelez que le problème est connu.

      Les larmes de crocodiles versées sur la misère du monde précèdent l’envoi massif de denrées gratuites qui ruinent les paysans locaux. Qui achèterait du lait ou des volailles, alors que les ONG les offrent ?

      La première cause de famine, est la guerre. La première cause de guerre est la lutte que se livrent, par Seigneurs de Guerre interposés, les grandes compagnies internationales pour l’exploitation des matières premières.

      A tel point que d’avoir du pétrole ou des minerais rares est devenu une malédiction pour les populations locales.

      Les troupes françaises en Afrique ne sont pas là pour protéger nos ressortissants ou pour assister les populations comme on nous le serine tous les jours, mais pour protéger les intérêts de ces compagnies.

      Ce n’est ni plus, ni moins que du colonialisme.

      Et qui votent l’envoi des troupes hors du territoire national ?

      • François Doutriaux
        François Doutriaux répond à Daniel R
        Juriste et enseignant chercheur
        • Posté à 16h10 le 07/02/2008
        • Expert 13463
          Juriste et enseignant chercheur

        La première cause de la famine est malheureusement la politique.

        Politique locale lorsque la famine est utilisée comme un moyen de contrôle des populations.

        Politique internationale lorsqu’elle est utilisée par les puissances majeures (notamment les états-unis) pour faire plier les gouvernements « hostiles » (voir l’exemple de la corée, de l’afrique centrale, du moyen-orient).

        Politique régionale lorsqu’elle résulte du soutien artificiel de la production agro-alimentaire par les états (la PAC et le GATT sont ainsi les fossoyeurs du tiers-monde depuis plus de vingt ans).

        De plus, ces politiques ont de nombreux effets pervers : n’importe quel criminologue sait que l’une des principales causes du développement du trafic de stupéfiant pendant la deuxiéme moitié du vingtième siécle est la politique agricole européenne.

        Quant à l’exploitation des matières premières, c’est effectivement une guerre que se livrent (notamment en matière pétrolière) les trusts par soutien de factions interposées. Une guerre que « nous » sommes cependant en train de perdre : les investissements massifs de la chine au sein des pays producteur (voir la politique de rachat des entreprises afin d’éviter l’émergence de situations de monopole, comme l’a récemment illustré l’exemple sud américain), découlant à la fois de l’importance de ses fonds d’investissement et de sa dépendence aux importations de matières premiéres, sont en train d’apprendre aux pays occidentaux que le colonialisme économique instauré aprés les deux grandes vagues de décolonisation change aujourd’hui de visage.

        Il n’est pas certain, cependant, que les pays producteurs s’en porte mieux pour autant....

  • Lairderien
    • Posté à 10h04 le 06/02/2008
    • Internaute 22751

    Pour tout un pan de l’économie la mondialisation est un faux problème.

    En effet notamment la grande distribution, les sociétés de service (nettoyage, sécurité …) la réparation automobile, etc… ne sont pas en compétition sur les salaires avec les pays à bas coût.

    Or c’est bien souvent dans ces secteurs que les salaires sont les plus bas, avec le plus grand nombre de salariés payés au SMIC

    Même dans l’industrie ,des secteurs entiers sont peu concernés par cette concurrence sauvage, dont par exemple, la construction .

    Il en est de même des services publics, transports intérieurs, eau et … électricité (à 75% d’origine nucléaire en France !)

    Ainsi la concurrence des pays asiatiques sert beaucoup trop souvent d’épouvantail brandi par le patronat et la droite ultra décomplexée qu’elle soutient et qui nous gouverne au profit des seuls nantis qui amassent des montagnes de fric dont-ils ne savent même plus que faire, malgré les yachts toujours plus grands, les tel portables sertis de diamants et toutes les futilités bling, blings dont ils sont si friands.

  • compte supprimé 22 janvier
    • Posté à 10h27 le 06/02/2008
    • Internaute 24826

    Là j’aimerais avoir une réponse CLAIRE du gouvernement.

  • sumacel
    • Posté à 11h00 le 06/02/2008
    • Internaute 14251

    Bonjour Lairderien,

    Ce que vous dites est juste, mais à relativiser. En effet, dans les secteurs d’emplois impossibles à délocaliser totalement tels que les services que vous citez, l’importation de main d’œuvre peu regardante permet tout de même de faire pression sur les bas salaires : vous en voyez beaucoup, des « gaulois », dans le bâtiment, le nettoyage ou la sécurité ?

    • Daniel R
      Daniel R répond à sumacel
      Auteur(e) de l'article Visiteur d'entreprise
      • Posté à 20h43 le 06/02/2008
      • Internaute 6667
        Visiteur d'entreprise

      Ce que je vois, ce sont des conditions de travail extrèmement pénibles.

      Des hommes de 50 ans qui en paraissent 60, des dos brisés par des manutentions excessives, des cancers mystérieux non reconnus, des produits chimiques à la toxicité non recherchée, des hommes qui deviennent sourds de travailler dans le bruit en permanence...

      Savez-vous que le medef refuse de négocier sur la pénibilité du travail niant qu’il y ait une corrélation entre la pénibilité et l’espérance de vie, que c’est trop compliqué et que dans les autres pays, personne ne le fait.

      Certains chantiers ouverts par de gros promoteurs commencent sans eau ni évacuations pour l’hygiène, sans électricité pour sècher les vêtements mouillés par la sueur quand il fait chaud ou par la pluie quand il fait froid, ou pour réchauffer la gamelle.

      Que nos compatriotes refusent ces conditions de travail à la Zola pour un salaire de misère, je le comprends. Que des pauvres des pays pauvres s’y résolve pour fuir la misère, je le comprends aussi.

      • caro
        caro répond à Daniel R
        délinquante avérée
        • Posté à 21h25 le 06/02/2008
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        vous avez entièrement raison sur les conditions de travail à la Zola, que les pauvres des pays pauvres acceptent. Il y a beaucoup de sans papiers que le gouv s’acharne à expulser et que les employeurs, par peur, ne font plus travailler. Mais les braves entrepreneurs ont la parade, ils sous-traitent et les sous-traitants font venir les européens pauvres, les fameux polonais, par exmple, à des tarifs polonais : 5 €/heure ... quand ils les paient.

        Il est devenu légal ou va le devenir de faire travailler les salariés au tarif des pays d’origine et non du pays où ils travaillent. Il y en a qui se font beaucoup d’argent sur les dos cassés !

        pour sumacel
        Les services vont être ouverts à la concurrence française et étrangère (AGCS). Les PTT n’existent plus, EDF non plus, bientôt GDF, la Sécu tend vers les assurances privées et bientôt ce sera l’école... restera-t-il un bout de service public ?

  • Photine
    • Posté à 11h20 le 06/02/2008
    • Internaute 11770

    Effectivement, la totalité des exonérations de charges atteint maintenant 3 Mds d’euros/an, dont 20 Mds pour les salaires au niveau du SMIC.

    Sur cette somme, l’Etat refuse de rembourser 5 Mds/an.. somme à comparer avec les besoins de recettes de l’assurance maladie ou de la retraite !

    Lien

  • plumette
    • Posté à 21h18 le 10/02/2008
    • Internaute 31563

    Commençons par demander la suppression de la commission européenne en ce qu’elle n’est pas démocratiquement élue et qui propose des directives « conseillée » par des experts payés par des lobbies qui veulent dérèglementer pour offrir tous les bénéfices de ces marchés publics à l’appétit des actionnaires : santé, éducation, culture, énergie.... Exigeons que l’assemblée européenne puisse être à l’initiative de lois ! Cessons d’accepter que le gouvernement français et la gauche réunis foulent au pied notre refus de cette Europe du fric comme il vienne de le faire à Versailles car « lorsque les représentants du peuple violent la volonté du peuple, celui ci a le droit et le devoir de s’insurger ! » Exigeons une Europe sociale et fraternelle ! Pesons, en votant blanc sur toutes les élections municipales où le choix existe « entre la peste et le choléra » je veux dire entre bonnet blanc et blanc bonnet ! Les décisions ne se prennent plus dans les états européens mais à Bruxelles et il reste à nos gouvernants la portion congrue de faire la « police » dans leurs pays de là une répression qui va s’accentuer au service du capital !

    • Daniel R
      Daniel R répond à plumette
      Auteur(e) de l'article Visiteur d'entreprise
      • Posté à 23h13 le 11/02/2008
      • Internaute 6667
        Visiteur d'entreprise

      plumette, bienvenue au club.