Comment Marine Le Pen veut (re)conquérir le Front national
Elle est venue en famille. Avec sa sœur, Yann, une poignée de militants dévoués et le secrétaire général du FN Louis Aliot, son meilleur allié dans les luttes de clans qui agitent le Front national. Comme si Marine Le Pen avait besoin de cette troupe de choc pour amortir la gifle électorale du premier tour des législatives. Sur 550 candidats présentés par le FN dimanche dernier, plus de 350 d’entre eux n’ont pas franchi la barre des 5%. Un effondrement qui ramène le parti d’extrême droite à ses scores des années 80.
Dans le Pas-de-Calais, la fille de Jean-Marie Le Pen entend bien faire de ce second tour un symbole de sa (re)conquête sur ses concurrents internes (Bruno Gollnisch, Carl Lang, Jean-Claude Martinez...). Même si elle n’a aucune chance d’entrer au palais Bourbon. « Arithmétiquement, dit-elle, je pars perdante, mais tout est possible avec la dynamique de campagne. » Avec 24,47% des voix, contre 28,24% au député socialiste sortant, Marine Le Pen fait quatre points de plus que Steeve Briois, candidat FN dans la 14ème circonscription en 2002. Un score en trompe-l’œil, car sur la commune d’Hénin-Beaumont, elle dépasse les 30% grâce à son suppléant, le même Briois.
Trentenaire dynamique, Steeve Briois laboure le terrain depuis dix ans dans le sillage de Marine Le Pen qui lui a mis le pied à l’étrier lorsqu’elle siégeait au conseil régional Nord-Pas-de-Calais. Ils se sont partagé les rôles : à elle la députation, à lui la mairie. En tandem. A l’heure du café matinal, avant d’aller tracter sur un marché, l’ancienne avocate s’efforce de convaincre : « Quelque chose est né ici avec les gens qui appellent de la France entière pour me soutenir. Ici renaît un espoir de reconquête, avec un état d’esprit militant. »
« Ce qu’on a fait ici, continue-t-elle, on peut le refaire ailleurs. Il faut faire d’ici le point de départ, de reconquête et de reconstruction d’un appareil militant, sans radicaliser le discours. » En face, la résistance s’est vite organisée. Jean Urbaniak, le candidat MoDem, a appelé à voter pour le socialiste sortant, Albert Facon, soutenu par le Parti communiste, qui réalise des scores supérieurs à 10% dans le département.
Le Front national, version Marine Le Pen, parviendra-t-il à supplanter durablement les partis de gauche dans une région fortement marquée par sa tradition populaire ? En tout cas, la candidate de 38 ans fait tout pour brouiller les repères. En lançant sa campagne électorale, elle promettait de défendre une « proposition de loi obligeant les entreprises à rembourser les aides publiques, en cas de licenciement hors raison économique ». Un thème qui rencontre un certain écho chez les ouvriers « délocalisés », signe d’une réelle popularité.
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Bonjour, Manu, écoutez, là vraiment vous y allez fort...
Je comprends que vous n’appréciiez pas Nicolas Sarkozy, mais de là à faire de l’UMP et de NS lui-même des sortes d’émules idéologique du Front National on rentre dans la contre-vérité.
Je me permets de vous faire remarquer que l’outrance en la matière est mauvaise conseillère (et d’ailleurs contreproductive politiquement) dans un débat démocratique.
J’ai l’âge d’avoir vu la gauche en corps constitué, messieurs Mitterand et Mendès-France en tête faire leur jogging entre République et Bastille au cris de « Le fascisme ne passera pas ! ! ! », c’était lors du retour au pouvoir de Charles De Gaulle...
Quand on a vu ça, on a tout vu en matière de crétinerie politique, mais quand même un minimum de modération ne nuirait pas à vos propos.
Alviano




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