Enquete 03/02/2008 à 17h11

L'accord secret qui lie la France au Tchad

David Servenay | Ex-Rue89

« Nous avons un accord avec le Tchad, nous mettrons en oeuvre cet accord. » Le ministre de la Défense, Hervé Morin, s’est-il trop avancé, jeudi à Washington, en évoquant la crise tchadienne ? Officiellement, la France et le Tchad sont liés par un accord bilatéral « d’assistance logistique et de renseignement ». Mais il existe aussi un accord secret toujours en vigueur...


Evacuation de Français à N’Djamena, dimanche (Ministère de la Défense/Reuters)


Le laboratoire des liens militaires franco-africains

Les africanistes ont coutume de décrire le Tchad comme le coin supérieur droit du pré carré. S’il tombe, alors tout l’édifice s’écroule. Une vision un peu mécanique, mais qui a toujours inspiré les chefs des armées de la Ve République. Le Tchad fait en effet partie des premiers signataires des accords de défense ratifiés par la France dans la période des indépendances.

Puis, en 1976, sous l’impulsion de Valéry Giscard d’Estaing, les deux pays remplacent l’accord de défense par un accord de coopération militaire technique. La principale différence de ce type d’accord tient au contenu de l’article 4, qui définit le cadre d’intervention des forces françaises :

« Les personnels militaires français servent dans les forces armées tchadiennes avec leur grade. Ils revêtent l’uniforme tchadien ou la tenue civile suivant les instructions de l’autorité militaire tchadienne. (...) Ils ne peuvent en aucun cas participer directement à l’exécution d’opérations de guerre, ni de maintien ou de rétablissement de l’ordre ou de la légalité. »

En théorie, les soldats français de la coopération militaire n’ont pas le droit de faire la guerre. En pratique, il suffit qu’ils soient en dehors de ce cadre de coopération pour jouer un rôle actif. Tous les observateurs ont en mémoire le massif déploiement aérien d’avril 2006 qui, non content d’effrayer les rebelles, avait surtout permis de fournir aux forces tchadiennes des renseignements indispensables pour mettre en déroute la colonne de pick-up menaçant N’Djaména.


Une convention secrète de maintien de l’ordre remontant à l’indépendance

Voir le document

(Fichier PDF)

Cette dernière précision sur le « maintien de l’ordre » n’est pas anodine, car dans plusieurs états africains, une convention secrète de maintien de l’ordre a été signée, dès les années 60, pour garantir aux potentats locaux la tranquillité. Une sorte d’assurance-vie ou plutôt d’assurance de conserver le pouvoir. Comme Rue89 le révélait en juillet 2007, ces textes secrets prévoient une intervention, à la discrétion du président de la République française, en faveur des présidents africains qui en font la demande :

► Premier point : la France « peut » intervenir, mais n’a aucune obligation de le faire. C’est à la discrétion du président de la République française, seul décisionnaire sur ce sujet. La demande passe par l’ambassadeur de France.

► Deuxième point : c’est le chef de l’Etat africain qui formule sa demande « dans une situation particulièrement grave ». Laquelle situation n’est pas plus détaillée : il n’est pas fait mention d’agression extérieure ou de menace quelconque. Les termes restent suffisamment vagues pour justifier toute demande.

► Troisième point : le commandement des troupes locales et l’usage du feu sont immédiatement transférés à l’officier français envoyé sur place.

Ces textes seraient toujours en vigueur, si l’on en croit du moins les explications données en mars 2006 par le général Henri Bentégeat au Sénat, qui venaient compléter ces propos de 2002 tenus à l’Assemblée nationale

 :

« Personne n’imagine aujourd’hui une application des accords de défense en dehors des situations ne correspondant pas à une agression extérieure, même si certains accords de défense passés par la France comportent des clauses secrètes prévoyant des cas d’intervention plus larges. »

En résumé, si la France n’intervient pas, ce n’est pas parce que le cadre réglementaire le lui interdit, mais bien sur une décision politique. Un sujet auquel le législateur devrait s’attaquer, car ces textes semblent bien obsolètes dans le contexte actuel.


L’invention du Dami pour le renseignement et le maintien de l’ordre

L’histoire du Tchad prouve que les nouveaux accords des années 70 n’ont rien changé à la conception foccaro-gaulliste de l’Afrique. Aussitôt conclus, les nouveaux accords de coopération vont se doubler d’un dispositif ad hoc baptisé Dami, pour Détachement d’assistance militaire et d’instruction. Officiellement, il s’agit de promouvoir une coopération plus légère, plus efficace et plus professionnelle.

En fait, les Dami, composés de troupes issues des forces spéciales -très souvent les 1er et 8e RPIMa-, vont devenir des unités de renseignement et de protection du pouvoir en place. Placés du sommet à la base de la hiérarchie de l’armée tchadienne, les conseillers Dami forment une chaîne de commandement parallèle à la hiérarchie officielle. Cela permet à la France de maintenir ou de changer les dirigeants en place, avec l’intervention discrète de la DGSE si nécessaire. Hissène Habré, puis Idriss Déby en sont les exemples achevés.

Ainsi, au printemps 2006, lors d’une précédente tentative de coup d’Etat, Idriss Déby fut protégé par un petit Dami composé d’hommes du 1er RPIMa. Des « gros » -leur surnom dans le milieu- pour assurer une protection personnelle au chef de l’Etat. Aujourd’hui, cette protection a disparu. Nul hasard. La coopération militaire est donc loin de jouer son rôle officiel, dont l’objectif est ainsi décrit sur le site de l’ambassade de France :

► « Accompagner d’une part l’armée nationale tchadienne dans sa réorganisation conforme à la stratégie nationale de bonne gouvernance.

► Conforter d’autre part sa capacité à garantir la souveraineté de l’Etat tchadien. »

Au sud du Sahara, la « bonne gouvernance » est toujours aussi fluctuante.

A voir :

La carte du dispositif militaire Epervier.

L’accord de coopération militaire technique de 1976.

La convention de soutien logistique aux forces armées tchadiennes.

Le protocole additionnel de 1990.

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  • 41 réactions
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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 18h14 le 03/02/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    « . Cela permet à la France de maintenir ou de changer les dirigeants en place, avec l’intervention discrète de la DGSE si nécessaire. Hissène Habré, puis Idriss Déby en sont les exemples achevés. »

    Donc c’est un coup d’état fait par la France ?
    Jeu très dangereux.

    vous savez quel était le prénom de monsieur Machiavel ? (né le 3 mai 1469 à Florence - mort le 21 juin 1527)

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à pablico
      journaleux - blogueur
      • Posté à 18h29 le 03/02/2008
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      @pablico,

      Niccolo, non ? un italien…

      Mais puisque Guéant affirme que Déby est le président élu, donc légitime… il faut le croire, jusqu’à preuve du contraire !

      Fabien
      Lien

    • David Servenay
      David Servenay répond à pablico
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 18h32 le 03/02/2008
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Vous allez vite en besogne, pablico.

      Cette phrase s’applique aux épisodes précédents : arrivée au pouvoir d’Hissène Habré, puis d’Idriss Déby, où les services secrets français ont joué leur partition.

      Tout cela est raconté dans le détail par un ancien de la DGSE, Claude Faure, dans un livre récent intitulé « Aux services de la République ».

    • yan
      yan répond à pablico
      loin
      • Posté à 19h32 le 03/02/2008
      • Internaute 9191
        loin

      Merci Nico pour ta politique de rupture en Afrique
      « Vive les mariés » on dit ?

    • Zengakuren
      Zengakuren répond à pablico
      • Posté à 02h01 le 05/02/2008
      • Internaute 30944

      Contrairement à la chansonnette du Ministre de la défense française, ce n’est pas le bon soldat Deby qui dirige les opérations,
      ce sont plutôt l’Ambassadeur de France à N’djaména et le Conseiller Militaire français qui dirigent toutes les opérations du début jusqu’à maintenant.
      Le Conseiller Militaire français a élu domicile au Commissariat de Farcha, entouré d’Adoum Younousmi, Mahamat Orozi et Abass Tolli. C’est en fait le vrai QG des opérations.
      Toutes les informations sont transmises par l’Ambassade et l’épervier à ce QG de circonstance, et ce QG, à son tour, répercute aux militaires et à Deby lui-même.
      L’Ambassadeur de France et le Conseiller qui exécutent les ordres de Paris, sont aussi connus à N’djamena pour être des zélés et obligés supporteurs de Deby. Selon des informations très fiables Deby a investi la bagatelle de 3 milliards de CFA entre ces deux individus pour pouvoir bénéficier de leurs services à tout moment.

      C’est avec le zèle de ces deux individus que la France conduit les opérations contre l’opposition armée tchadienne.

      La France protège l’aéroport, protège les hélicos de l’armée tchadienne qui bombardent quotidiennement les rebelles. La France a établi un pont aérien entre N’djamena et Libreville par où passent les armes et minutions fournies par Kadhafi,
      ainsi que des militaires que Bongo a envoyés sous couvert de la Cemac. Les français ont transporté dans leur avion Transal les éléments du MJE depuis Abéché dont le criminel recherché par la communauté internationale, Djibrine Teck.

      Selon les informations sûres, Djibrine Teck habillé en rebelle, doit provoquer les forces française ce qui déclenchera une riposte armée de légitime défense contre
      les rebelles.

      Plus gravissime, sur ordre du Conseiller militaire, les chars français ont participé directement aux combats du dimanche matin et tiré sur les rebelles tout autour du
      palais présidentiel.

      C’est l’Ambassadeur de France qui a informé Deby que les leaders des partis politiques sont en contact avec les rebelles selon les écoutes opérées par ces services et il lui a suggéré de les « neutraliser »

      L’ambassadeur de France au Tchad a personnellement rédigé
      la lettre que le Gouvernement tchadien devrait envoyer au Conseil de sécurité ; le projet de lettre a été soumis à Deby qui l’a approuvé sans changer une virgule.
      Et depuis la France est en train de s’agiter au Conseil de sécurité pour avoir les mains libres afin d’intervenir militairement, avec le concours d’autres pays particulièrement de la Libye et du Gabon.

      En choisissant Deby, au détriment de ses propres intérêts, sans parler les intérêts du Tchad, sur la base des intérêts égoïstes, privés et mafieux, La France fait un mauvais choix.

      La chute du régime de Deby est inéluctable ; après les combats du dimanche après-midi où les derniers éléments de la GR ont été anéantis par la rébellion, la agissements de ses compagnons de circonstance (Kadhafi et Bongo), ne peut plus sauver le soldat Deby.
      L’insistance aveugle de la France de vouloir sauver Deby
      ne peut que perpétuer la désolation chez les tchadiens, augmenter le sentiment anti-français largement diffus et difficilement étouffable et enfin compromettre
      durablement les relations entre le Tchad et la France.

      La France est en train de rééditer au Tchad les sinistres événements de de Ruanda dix après. La cohorte des déplacés et des refugiés, ceux qui fuient aujourd’hui à N’djamena,
      ou qui vivent en plein air à Kousseri (Cameroun), ou qui errent entre Ndjamena et Guelendeng, rappellent malheureusement ce qui s’est passé à Ruanda et dont la France était partie prenante.

      Si la Français et son opinion publique ont décidé de sacrifier le Tchad et les tchadiens au profit d’un seul individu dont le soutien est basé sur des relations
      françafricaines et néocolonialistes, alors, ainsi soit-il, l’histoire en jugera et tant pis pour le Tchad et les tchadiens.

  • peuapeu
    • Posté à 18h00 le 03/02/2008
    • Internaute 30375

    C´est pas l´« Ecole des Ameriques », mais cela y ressemble assez fort...

    Vive l´Empereur donc !

    Mais c´est que l´on va se sentir libres en France à la fin, à force d´apprendre comment on garde les gens prisonniers ailleurs...

    Pas sùr qu´il faille en être si fiers...

    Et la machine à expulsions, elle fait partie de la diplomatie à long terme aussi ?

    La France, pays de l´amour...

  • cath54
    • Posté à 18h39 le 03/02/2008
    • Internaute 27652

    Donc , en gros , n’importe quel chef d’état africain ayant passé de tels accords avec la France , peut demander de l’aide ,pour la bonne cause(la paix)...mais aussi pour des motifs bien moins nobles , notamment pour maintenir une dictature.Ce qui est poliment appelé « convention secrète pour le maintien de l’ordre » ne me semble guère aller dans le sens de l’autonomie de l’Afrique et du bien être des Africains.C’est vrai que dans son discours de Dakar,N.Sarkozy mettait en doute la capacité des Africains à choisir leur avenir...

  • Senior
    • Posté à 18h53 le 03/02/2008
    • Internaute 30787

    N’Djamena un simple épisode
    Les intérêts économiques des grandes puissances et la nécessité de la sécurisation des accès aux principales matières premières que l’Afrique peut offrir, sont la source d’un conflit régional qui ne veut pas dire son nom et dont on assiste au Tchad au nième épisode. L’épicentre de ce conflit régional, c’est déplacé de la zone équatoriale vers le nord. Les conflits qui ont ébranlé l’Angola, la RD Congo, l’Uganda ont atteint leur phase d’équilibre ou sont partiellement stabilisés. La zone de turbulences a maintenant atteinte le Soudan, le Tchad, la Centre-Afrique (Pétrole oblige). Pour enrayer la propagation de cette turbulence, les américains s’emploient à stabiliser la zone au sud du Sahara comprenant le Niger, le Mali, la Mauritanie, zone qui commence à s’agiter. Les américains ont émis de sérieux doutes sur les capacités de réaction de la France dans cette région. Pour palier l’affaiblissement notoire de la France en tant que puissance régionale, les américains mettent en œuvre leur propre stratégie sans trop se soucier de l’ancienne puissance coloniale. Commandement militaire spécifique pour l’Afrique, mise en place d’un réseau stratégique d’alliance comprenant l’Afrique du sud, le Nigeria, l’Algérie, le Sénégal. Assistance militaire permanente au Mali, construction d’une des plus grandes ambassades américaines à Abidjan, présence maritime dans le golfe de guinée, manœuvres militaires communes avec les pays de la ceinture saharienne.
    Pour la France les enjeux sont aussi très importants, à l’ouest du Tchad il y a le Niger avec l’uranium et peut être le pétrole (déjà Chinois), au sud il y a la Centre-Afrique et le Gabon avec aussi beaucoup de pétrole. Pour la France, l’écueil serait de se retrouver dans un tête à tête militaro-politique avec les rebelles. La seule porte de sortie de ce bourbier est pour Paris l’internationalisation du conflit. La Centre-Afrique, le Gabon à travers la Fomuc vont être activés pour jouer les pompiers.
    N’Djamena dans tout cela ne serait qu’un simple épisode s’il n’y avait les populations civiles que ce conflit prend en otages. Les intérêts économiques de la Chine et de l’Amérique sont bien plus importants que la vie de quelques Tchadiens.

    • peuapeu
      peuapeu répond à Senior
      • Posté à 19h09 le 03/02/2008
      • Internaute 30375

      Merci pour les infos et la clarté.

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 19h14 le 03/02/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    en tout cas c’est bien suivi par rue89 ! bravo !

  • Don Matito
    • Posté à 19h23 le 03/02/2008
    • Internaute 25853

    Un article intéressant avec quelques bons commentaires. Je n’aimerais pas etre a la place du CEMA, de Sarko ou de Kouchner. D’un coté, aider Deby, c’est continuer la Francafrique, soutenir les dirigeants incompetents et corrompus pour le seul gain de la stabilité et de l’allégeance à la France. De l’autre coté, abandonner Deby c’est montrer à tous les dirigeants africains qu’ils ne peuvent pas compter sur la France, et les inviter à se tourner vers les USA ou la Chine pour leurs alliances ou leurs votes à l’ONU. De tous cotés la France a tout à perdre, si la France s’en sort honorablement cela sera un miracle à saluer.

    • ababush
      ababush répond à Don Matito
      • Posté à 19h51 le 04/02/2008
      • Internaute 30701

      Je ne pense pas que nos dirigeants soient aussi dépassés que cela. Leurs dénégations/mensonges concernant l’impossibilité d’aider Deby alors meme que l’article ci-dessus démontre bien qu’il y a un accord secret le permettant (si tant est que la France s’embarrasse de ce type de formalisme en afrique), me laisse penser qu’ils ont de nombreuses cartes à jouer dans la situation actuelle qui n’est pas pour leur déplaire.

      La France ayant créé tous les chefs d’états « élus » ou pas au Tchad, j’ai du mal à croire que nos diplomates et militaires ne soient pas en partie (ne serait-ce que par défaut) à l’origine de la situation actuelle.

      Ce type de situation est au contraire une occasion pour démontrer que la France a encore des moyens d’action crédibles en Afrique(à venir).

  • peuapeu
    • Posté à 19h38 le 03/02/2008
    • Internaute 30375

    Nous n´avons pas accés à la carte du dispositif epervier,
    l´accès en est bloqué.

    Cela fait sérieux avec l´écusson, on se croirait à la CIA...

    Pensez aux vies humaines, svp.

    • peuapeu
      peuapeu répond à peuapeu
      • Posté à 19h40 le 03/02/2008
      • Internaute 30375

      Ah mais non c´est reactivé !

  • Dornbusch
    Dornbusch
    Socialiste en banlieue
    • Posté à 20h52 le 03/02/2008
    • Internaute 30801
      Socialiste en banlieue

    Bonsoir
    concernant le Tchad, les commentaires sont d’une pauvreté étonnantes et il faut avouer que cet article de Rue89 est un des rares à amener un peu d’info
    Mais si l’on regarde réellement ce qui se passe :
    -en 2006 dans une meme situation la France décide de sauver Déby, par un simple vol de Mirage, alors que quelques mois plus tot il était déclaré « perdu » (en clair on le lachait) par les milieux autorisés
    -deux ans plus tard, la France le lache (c’est meme drole, cette fois on se sent obligé de mettre les avions à l’abri).
    Le bon article commencerait en se posant la question du pourquoi de ce lachage : est ce que Deby « tenait » Chirac et qu’il ne « tient » pas Sarko, est ce une vengeance de Sarko pour l’affaire Arche de Zoé (auquel cas deby doit bien regretter d’avoir laissser repartir les prisonniers), une autre raison ?
    Enfin, il y a là quelque chose à comprendre, qui a des éléments pour avancer ?
    DD

  • pautreb
    • Posté à 21h32 le 03/02/2008
    • Internaute 5656

    Vous disertez beaucoup et savamment
    Alors que le premier constat, c’est l’échec sanglant de Sarkosy et Kouchner . La question n’est plus le darfour et la force européenne
    Mais comment dégager nos troupes du piège de l’aéroport de N’jamena
    Notre général en chef est nul

  • FPM
    FPM
    Journaliste
    • Posté à 21h51 le 03/02/2008
    • Journaliste 18908
      Journaliste

    Idriss Déby n’est peut être pas sympathique, mais il a été élu et reconnu internationalement. Depuis hier, la France annonce rester « neutre » dans cette affaire. Et n’a fait que proposer à Déby de s’enfuir.
    Traduction en langage normal : « T’as perdu, reconnais-le, on t’aidera à t’en sortir vivant. Si tu restes, on te laisse crever ».

    Pas de chance (pour ses adversaires), Idriss Déby a au moins une qualité, qui manque à de nombreux dictateurs : il est courageux.
    Il a toujours mené ses troupes au combat, ne s’est jamais abrité derrière d’autres. Il l’a prouvé en 2006, ralliant ses troupes face aux rebelles. Il le prouve encore aujourd’hui, en continuant à défendre son palais et tentant encore de rallier ses troupes.

    La partie n’est pas gagnée pour lui. Mais le temps joue contre les rebelles : ils sont loin de tout ravitaillement et dépôt de munitions, dans une grande ville qui ne leur est pas acquise. Les troupes rebelles se dispersent pour piller. D’où l’inquiétude croissante des chefs rebelles, et leur agressivité à l’égard des soldats français. Ils menacent maintenant de prendre l’aéroport (sous contrôle français, qui évacuent les ressortissants étrangers) pour empêcher les hélicoptères gouvernementaux de les attaquer.

    Actuellement, la stratégie française est illisible : le ministère de la Défense tient un discours, le Quai d’Orsay un autre, et personne ne sait ce que veut l’Elysée.

    Mais on peut prévoir que si Déby s’en sort vainqueur, malgré la « trahison » de son alliée, des règlements de compte sont à prévoir.

    • cooper59
      cooper59 répond à FPM
      nazer c pueril et con
      • Posté à 23h24 le 03/02/2008
      • Internaute 18535
        nazer c pueril et con

      vous dites que Deby a eté elu , je suis pret a croire que c’est de maniere legale et transparente ( en 96 et 2001 ), mais si c’est aussi legal et transparent que le tribunal que j’ai vu l’autre jours pour le jugement des pieds nickelés de l’arche des zozos . . . ceci dit s’il faut vraiment choisir entre Deby et EL Bechir . . .

  • LA REPUBLIQUE
    • Posté à 22h17 le 03/02/2008
    • Internaute 30806

    L’Affaire de l’ARCHE DE ZOE a mis en évidence les dangers du droit d’Ingérence :
    - Pour humanisme, l’association a décidé seul ( sans le QUAI D’ORSAY, ni les autorités tchadiennes) de sauver des enfants dits « orphelins » de la guerre du DARFOUR.
    Usant de stratagèmes, les membres de l’association ont siemment violé les règles les plus élémentaires de droit d’ingérence comme la notion d’invité en terre étrangère.
    - Soucieux de son autorité à l’étranger, la France a également usé de son droit d’ingérence en affirmant pouvoir se substituer à la Justice Tchadienne - totalement souveraine :
    ( Récupération lapidaire des journalistes français,et extradition rapide des 6 membres condamnés à 8 ans de travaux forcés)

    La confusion des procédés a crée le trouble dans la population tchadienne défiante et haineuse à l’égard des français devenus « impérialistes. »
    Cette confusion a servi les rebelles de l’opposition - déterminés dans leur coup d’état vis à vis de leur président DEBY.

    Depuis les évènements de COTE D’IVOIRE, il est à noter les peuples d’Afrique voient en la France, un peuple souverain qui a su propagé les idées de la Révolution de 1789.
    Alors tout acte de l’Autorité Française qui ne s’inscrit pas dans la maxime LIBERTE, EGALITE ET FRATERNITE est très mal perçu à l’étranger.

    L’Autorité Française doit retrouver son intégrité et ses vertus d’antan afin de promulguer sa politique de Civilisation - aussi bien à l’INTERIEUR ( SEVRAN) qu’à l’EXTERIEUR ( TCHAD).

    LA REPUBLIQUE. 03 FREVRIER 2008

    • DBL8
      DBL8 répond à LA REPUBLIQUE
      Retraité
      • Posté à 08h15 le 04/02/2008
      • Internaute 19562
        Retraité

      D’après vous il serait plus facile de maintenir l’odre dans les anciennes colonies que dans certains quartiers en france ?
      Un manque volonté ou la crainte de déplaire à certaines assos. ?

    • cooper59
      cooper59 répond à LA REPUBLIQUE
      nazer c pueril et con
      • Posté à 11h01 le 04/02/2008
      • Internaute 18535
        nazer c pueril et con

      alors là ! si les peuples d’Afrique voient en nous un peuple qui diffuse les idées de la revolution « liberté egalité choucroute » , si ils croient a ces conneries ! là on peux plus rien faire ! c’est une secte ? ! si je retrouve le gars qui leurs a mis ça dans la tete !

      • cooper59
        cooper59 répond à cooper59
        nazer c pueril et con
        • Posté à 11h21 le 04/02/2008
        • Internaute 18535
          nazer c pueril et con

        je repondais a LA republique , je sais c’est un pseudo bizarre mais c’est comme ça , vive la France VIVE LA REPUBLIQUE ! vive les frites , vive la choucroute et vive les couscoussieres en inox ! repos vous pouvez fumer ! triple lol !

    • mathieu-s2
      • Posté à 11h07 le 04/02/2008
      • Internaute 18461

      Merci d’éclaircir quelle « La République » fait ici ce qui ressemble beaucoup plus à un communiqué qu’à une intervention d’internaute.

      Au passage, merci aussi de dire ce que vous visez par le terme « l’Autorité française »,
      expression qui sent très, très mauvais..

      Enfin, qui êtes vous pour autoriser cette « Autorité française » à « promulguer » une « politique de civilisation » ?

      En tout cas, vous ne semblez pas habilité à parler au nom « des peuples d’Afrique ».

      Si l’on prend votre message à la lettre, vous dites qu’une « Autorité française » vertueuse serait fondée à « promulguer sa politique de civilisation » en Afrique.

      Vous faites tout simplement l’apologie du colonialisme éclairé.

      Ca ne nous rajeunit pas !

  • re-belle
    re-belle
    mère au foyer
    • Posté à 00h50 le 04/02/2008
    • Internaute 24966
      mère au foyer

    quel est le président français qui n’a pas fait d’accords secrets envers certains pays africains(ceux qui ont des matières premières bien entendu) ! ! ! ...

  • Amandine
    Amandine
    graphiste maquettiste freelance
    • Posté à 10h53 le 04/02/2008
    • Internaute 1609
      graphiste maquettiste freelance

    Correction typo :
    1ère ligne : en œuvre (plutôt que « oeuvre »).

  • marie 75
    • Posté à 11h42 le 04/02/2008
    • Internaute 3563

    RSS Sarkozy pris dans les sables mouvants du Tchad | 00h05

    BERNARD BRIDEL / RUBRIQUE MONDE | 04 Février 2008 | 00h05

    Nicolas Sarkozy n’aura guère eu le temps de profiter de ses noces ! La bague à peine passée au doigt de Carla Bruni, samedi, la dure et complexe réalité du monde s’est brutalement rappelée au bon souvenir du président de la République.

    Car, pour l’hôte de l’Elysée, la violente offensive des rebelles tchadiens contre le pouvoir chancelant du président Idriss Déby apparaît comme un formidable défi pour ne pas dire le premier vrai défi de sa présidence sur le plan international.

    Le problème, c’est que Sarkozy n’aborde pas cette crise les mains libres. Depuis l’affaire rocambolesque de l’Arche de Zoé, dans laquelle il s’est spectaculairement impliqué pour obtenir le transfert vers la France de ses six compatriotes condamnés à N’Djamena pour enlèvement d’enfants, « l’hyperprésident » a contracté une dette à l’égard d’Idriss Déby.

    Ce dernier, déclaré alors « ami » de la France pour son « geste de clémence » à l’égard des zozos de l’humanitaire, le sait très bien. Tout comme il sait que Sarkozy, à l’instar de ses prédécesseurs, ne peut pas se passer du Tchad, maillon essentiel de la politique française en Afrique. La difficulté aujourd’hui pour Paris est évidemment de savoir jusqu’à quand soutenir l’ami tchadien.

    Diablement compliquée et risquée, la situation qui prévaut ces jours au Tchad est aussi mouvante que les sables de cette immense région où la France s’est maintes fois enlisée. Sarkozy échappera-t-il à la règle ? On peut en douter.

    De : tribune de genève

  • Servais-Jean
    • Posté à 11h42 le 04/02/2008
    • Internaute 4591
      43

    En voyant l’embarras des ministres de la défense et des affaires étrangères et l’aplomb du représentant tchadien des « rebelles », il me semble que le gouvernement, c’est à dire le président, ne sait pas sur quel pied danser.
    Ils devraient peut-être demander à Védrine !
    C’est un homme de bon conseil.

  • Congolais
    Congolais
    Journaliste à Kinshasa
    • Posté à 12h52 le 04/02/2008
    • Journaliste 25138
      Journaliste à Kinshasa

    Par rapport à l’aide de la France au Tchad, tient-elle compte des réalités Tchadiennes ou avons-nous encore une fois une ingérence qui a pour but la protection des intérêts de la France ?

    Ce genre de scénario n’est malheureusement pas surprenant en Afrique. Nous vivons avec des dirigeants maintenus des années au pouvoir parce qu’ils sont amis de telle ou telle autre puissance occidentale. Pour ces puissances, changement de dirigeant en Afrique veut dire changement de termes pour les nombreux contrats d’exploitation des richesses africaines. Le nouveau peut tout reconsidérer, alors mieux vaut soutenir aveuglement celui en place.

    L’ancien commence à trop poser des questions, on finance vite une rébellion pour le mettre dehors. Les dirigeants des puissances occidentales ont dans leurs mains une télécommande qui leur permet de décider du destin des populations africaines.

    Qui a dit que l’Afrique était indépendante ?

    Congolais (Lien)

  • said sellali
    said sellali
    cadre à nantes
    • Posté à 13h43 le 04/02/2008
    • Internaute 25979
      cadre à nantes

    Chirac avait dit en Juin 2006 en petit comité que « le Tchad était un espace défini par les frontières de ses voisins ».Au vu de la situation d’aujourd’hui, on ne peut qu’acquiescer à son expression.En effet, le Tchad est un état néant, qui n’a jamais existé.Les tchadiens eux-mêmes n’’existent pas.Il s’agit uniquement d’Hadjerai, de zaghawas, de Tama,de gorane, d’Arabe.On ne peut même pas dire qu’il s’agit d’un « failed state » car l’Etat tchadien en pratique est un mythe irréalisable.

    • Alfary
      Alfary répond à said sellali
      Ronchon
      • Posté à 15h45 le 04/02/2008
      • Internaute 9751
        Ronchon

      Le « Tchad est un Etat néant » ? C’est pour le moins excessif.

      1 - l’expression de M. Chirac (pour autant qu’elle soit avérée) peut s’appliquer à chaque Etat représenté aux Nations-unies.
      2 - l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation est une pierre angulaire de la charte de l’Union Africaine (de l’O.U.A déjà).
      3 - il existe un sentiment national tchadien. Les libyens en savent quelque chose (tentative ratée d’annexion de la bande d’aouzzou).

      Bien entendu il y existe des forces centrifuges. Comme en France (Corse, Bretagne, Pays Basque) et ailleurs. De là à renvoyer ces pays au néant...

  • Steve LOEMBA
    • Posté à 14h45 le 04/02/2008
    • Internaute 24713

    Il y’a quelque mois après cette affaire de l’arche de zoé, je sentais venir le conflit sur un fond de désaccord français.J’ai jugé utile de vous faire partager cet article qui remis au gout du jour, prend une acuité particuliére.

    Lien

  • Humain
    • Posté à 21h34 le 04/02/2008
    • Internaute 21387

    L’accord n’est pas secret...

    La preuve !

    Par ailleurs nous faisons au Tchad ce que nous avons fait en côte d’Ivoire....
    Et en général en Afrique avec des gens aussi gentils que BHL et d’autres.

    Grosso modo nous y faisons ce que le Américains font (en plus gros certes) en Iraq.

    A part cela, on fait quoi ?
    (Nous, les Français super-Démocrates ?)

    -

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 23h00 le 04/02/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    On dirait que Deby va s’en sortir ! et que donc les rebelles ont echoués ; quand a la France elle precise qu’elle a appliqué les accords , ni plus ni moins ; dont la securisation de l’aeroport , ce qui otait toutes chances de reussite aux rebelles ?

  • Senior
    • Posté à 23h09 le 04/02/2008
    • Internaute 30787

    On ne nous dit pas tout,
    Interrogé sur RTL, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a une nouvelle fois rappelé que la France avait avec N’Djamena « un accord de coopération militaire » et non pas un accord de défense.
    Cet accord recouvre « la formation, le soutien logistique et la santé », a-t-il encore précisé, avant d’ajouter : « La France n’a pas à participer à des combats qui n’entrent pas dans un cadre légal. »
    Dans les colonnes du Figaro, il précise toutefois que ces règles pourraient être modifiées, en cas de mandat des Nations unies ou de l’Union africaine.
    Bernard Kouchner a également évoqué cette possibilité. « Nous ne sommes pas impliqués dans cette guerre (...). Pour le moment il n’y a pas de changement mais s’il y a une résolution au Conseil de sécurité (de l’Onu), s’il y a une autre suggestion lors de la réunion de l’Union africaine, nous verrons ».

    Et pendant ce temps là, à New-York, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni d’urgence, dimanche, en fin de journée, pour étudier la situation au Tchad. La séance est demandée par la France appuyée par trois membres non permanents du conseil à savoir la Libye, le Burkina Faso et l’Afrique du Sud. Malgré plus de trois heures de négociations, la France n’est pas parvenue, dimanche soir, à faire passer son texte de soutien au gouvernement tchadien. Les négociations devaient reprendre Lundi dans la matinée. Une formule du texte a immédiatement suscité l’opposition de la Russie. La France voulait que le Conseil appelle les pays à soutenir « par tous les moyens nécessaires, le gouvernement tchadien ». Il faut savoir qu’en termes diplomatiques cette formule est généralement utilisée dans des résolutions qui autorisent l’usage de la force. Certains y ont vu une tentative française d’obtenir une couverture juridique, dans l’hypothèse d’une intervention militaire de Paris en faveur du président Idriss Deby. Après une interruption de séance demandée par la Russie, la formule française a été édulcorée. Mais elle appellerait toujours les Etats à soutenir le gouvernement tchadien.

    Pourquoi tant d’efforts diplomatiques de la part d’un pays qui ne veut pas intervenir militairement au Tchad. Que se passait-il Dimanche à N’Djamena pour que la France envisage une intervention militaire au profit d’Idriss Déby ? .
    (Sources : tchad-actuel / RTL / Le Figaro)

    • re-belle
      re-belle répond à Senior
      mère au foyer
      • Posté à 01h50 le 05/02/2008
      • Internaute 24966
        mère au foyer

      cela sent le PETROLE si je ne m’abuse ? ? ? ! ! ! ...
      tout pays (pauvres en général) qui ont des matières premières ou des ressources convoitées par les pays riches ou émmergents sont un épée d’amocless ! ! ! ...
      pourquoi ces pays sont-ils si pauvres avec tant de richesses ! ! ! ...

      • cooper59
        cooper59 répond à re-belle
        nazer c pueril et con
        • Posté à 11h31 le 05/02/2008
        • Internaute 18535
          nazer c pueril et con

        parce que les africains doivent virer les crapules soudoyées par les occidantaux , les escrocs qui leurs servent de gouvernants , voilà pourquoi ça ne s’arrete jamais , je le dis souvent mais en Amerique du Sud ils y sont a peu pres arrivé , avec des dictatures pires que tout et appuyées par la CIA en direct ! y’a qu’une solution !

  • charlec
    • Posté à 02h24 le 05/02/2008
    • Internaute 30697

    quand on parle denos jours du tchad il erait bon de rappeler l’a sequestration de Mme Clauss par issen habbraye qui au passage a recupere 1millar de nos franc Et puis apres il est devnu le grand du thacd on lui aderoulé le tapis rouge Mais je reste persuadé que le sous sol tchadien est une concurence la baase d’enjeu strategique qui fait que l’on lui fait des yeux doux

  • Machala
    • Posté à 12h03 le 05/02/2008
    • Internaute 30978

    La France, partie prenante dans les combats de N’djamena

    Depuis le début des combats, on s’en doutait, mais les preuves formelles de la participation directe de la France dans les combats de Ndjamena sont suffisamment nombreuses pour être portées à la connaissance de l’opinion internationale.

    Contrairement à la chansonnette du Ministre de la défense française, ce n’est pas le bon soldat Deby qui dirige les opérations, ce sont plutôt l’Ambassadeur de France à N’djaména et le Conseiller Militaire français qui dirigent toutes les opérations du début jusqu’à maintenant. Le Conseiller Militaire a élu domicile au Commissariat de Farcha, entouré d’Adoum Younousmi, Mahamat Orozi et Abass Tolli. C’est en fait le vrai QG des opérations. Toutes les informations sont transmises par l’Ambassade et l’épervier à ce QG de circonstance, et ce QG, à son tour, répercute aux militaires et à Deby lui-même.

    L’Ambassadeur de France et le Conseiller qui exécutent les ordres de Paris, sont aussi connus à N’djamena pour être des zélés et obligés supporteurs de Deby. Selon des informations très fiables Deby a investi la bagatelle de 3 milliards de CFA entre ces deux individus pour pouvoir bénéficier de leurs services à tout moment. C’est avec le zèle de ces deux individus que la France conduit les opérations contre l’opposition armée tchadienne.

    La France protège l’aéroport, protège les hélicos de l’armée tchadienne qui bombardent quotidiennement les rebelles. La France a établi un pont aérien entre N’djamena et Libreville par où passent les armes et minutions fournies par Kadhafi, ainsi que des militaires que Bongo a envoyés sous couvert de la Cemac. Les français ont transporté dans leur avion Transal les éléments du MJE depuis Abéché dont le criminel recherché par la communauté internationale, Djibrine Teck. Selon les informations sûres, Djibrine Teck, habillé en rebelle, doit provoquer les forces française ce qui déclenchera une riposte armée de légitime défense contre les rebelles.

    Plus gravissime, sur ordre du Conseiller militaire, les chars français ont participé directement aux combats du dimanche matin et tiré sur les rebelles tout autour du palais présidentiel.

    C’est l’Ambassadeur de France qui a informé Deby que les leaders des partis politiques sont en contact avec les rebelles selon les écoutes opérées par ces services et il lui a suggéré de les « neutraliser »

    L’ambassadeur de France au Tchad a personnellement rédigé la lettre que le Gouvernement tchadien devrait envoyer au Conseil de sécurité ; là le projet de lettre a été soumis à Deby qui l’a approuvé sans changer une virgule. Et depuis la France est en train de s’agiter au Conseil de sécurité pour avoir les mains libres afin d’intervenir militairement, avec le concours d’autres pays particulièrement de la Libye et du Gabon.

    En choisissant Deby, au détriment de ses propres intérêts, sans parler les intérêts du Tchad, sur la base des intérêts égoïstes, privés et mafieux, La France fait un mauvais choix.

    La chute du régime de Deby est inéluctable ; après les combats du dimanche après-midi où les derniers éléments de la GR ont été anéantis par la rébellion, la France, quels que soient son armada, son appui et les agissements de ses compagnons de circonstance (Kadhafi et Bongo), ne peut plus sauver le soldat Deby. L’insistance aveugle de la France de vouloir sauver Deby ne que peut perpétuer la désolation chez les tchadiens, augmenter le sentiment anti-français largement diffus et difficilement étouffable et enfin compromettre durablement les relations entre le Tchad et la France.

    La France est en train de rééditer au Tchad les sinistres événements de Ruanda dix après. La cohorte des déplacés et des refugiés, ceux qui fuient aujourd’hui à N’djamena, ou qui vivent en plein air à Kousseri (Cameroun), ou qui errent entre Ndjamena et Guelendeng, rappellent malheureusement ce qui s’est passé à Ruanda et dont la France était partie prenante.

    Si la Français et son opinion publique ont décidé de sacrifier le Tchad et les tchadiens au profit d’un seul individu dont le soutien est basé sur des relations françafricaines et néocolonialistes, alors, ainsi soit-il, l’histoire en jugera et tant pis pour le Tchad et les tchadiens.

    Source : tchadactuel.com

  • romi45
    romi45
    découvre l'information
    • Posté à 14h54 le 05/02/2008
    • Internaute 20205
      découvre l'information

    de toute facon l’armee francaise a deja prit parti dans ce conflit, elle garde l’aeroport de N’Djamena, et donc forcement empechera les rebelles de venir detruire les helicopteres tchadien.
    CDlt

  • Lugi
    • Posté à 16h20 le 05/02/2008
    • Internaute 28945

    Vu le niveau des ingérence de Paris en Afrique, je ne vois pas pourquoi les Africains n’ont pas le droit de vote à nos élections présidentielle.
    Humour à part, ce n’est pas complétement n’importe quoi.
    Je me souviens d’un témoignage sur une radio associative toulousaine d’un intellectuel ivoirien pendant la période de trouble où (encore une fois) on était fortement impliqué.
    Il parlait des élections de 2002. L’élection de Chirac avait été perçu comme une mauvaise nouvelle, sans doute fondaient-ils plus d’espoir dans un autre gouvernement.

    De mémoire il y a eu une courte période de « décolonialisation » pendant la « cohabitation » Rocard/Mitterand.