A Lyon, le MoDem s'entre-déchire en direct
« Je pense moi qu’il faut que nous présentions une liste, indépendante, autonome, libre, fière d’elle-même », disait encore François Bayrou vendredi sur France 3 Rhônes-Alpes. Samedi matin, surprise : on apprenait que le candidat MoDem, Christophe Geourjon aurait passé un accord avec l’UMP Dominique Perben.
Dans la soirée Michel Mercier, sénateur UDF a annoncé sa démission du poste de président du MoDem dans le Rhône. Plus que jamais, à Lyon, les divisions du MoDem animent la campagne.
Le MoDem assure le spectacle
Sans le parti aux couleurs orange, la route vers le 9 mars serait bien terne. Le maire socialiste, Gérard Collomb, court vers une réélection tranquille, déjà promise par les sondages. Dominique Perben, jusqu’ici, patine, s’enlise, et accumule les retards.
Le ralliement des centristes n’a pas été une mince affaire. Il devait être annoncé lundi dernier, à l’ocasion des voeux présentés aux Lyonnais par Perben, ancien ministre des Transport. Mais il n’en fut rien.
Probablement refroidis par les sondages, les centristes se sont cabrés, décidant de discuter à la fois avec Collomb et Perben. Finalement, le rendez-vous du centriste et du socialiste a été annulé, Geourjon décidant de soutenir Perben.
Ce ralliement, qui ne fera sans doute pas basculer l’élection, est un nouvel épisode de la saga tragi-comique des centriste lyonnais. Au commencement était Azouz.
Il souhaitait faire de Lyon « la capitale de la résistance anti-Sarkozy ». L’ancien ministre Azouz Begag, connu pour ses déclarations fracassantes, a longtemps tenu la corde. Cet enfant du pays possédait la notoriété nécessaire pour faire fructifier les 22% de François Bayrou à la présidentielle.
Le MoDem écartelé
Mais le patron du MoDem local, Michel Mercier, ne désirait pas s’attirer les foudres de l’Elysée et de l’UMP. Privilégiant un accord local avec la droite pour préserver des postes. Comme celui de la présidence du département. Du coup, Begag abandonne. Les divisions s’affichent.
Le choix de Christophe Geourjon ne devrait pas apaiser les déchirements locaux du MoDem. Si, après son retrait, Azouz Begag a disparu de la scène lyonnaise, d’autres ont tenu à manifester leur mécontentement. Eric Lafond et Sébastien Perros par exemple, à travers le blog Regards d’une Génération Démocrate.
Certains se verraient bien rejoindre les listes de gauche. Dimanche, la vaste journée de rencontre organisée par les troupes socialistes pourrait être l’occasion d’annoncer la venue de quelques recrues MoDem. Voilà qui ne ravirait pas davantage François Bayrou, qui déclarait vendredi :
« Ce que les électeurs lyonnais qui ont voté pour moi à l’élection présidentielle attendent, de nous, ce n’est pas qu’on aille en catimini se rallier aux uns ou autres. »
Quand il n’y a que deux solutions, le MoDem choisit toujours la troisième. Si l’on suit la logique du leader national du MoDem, une liste indépendante pourrait voir le jour. Anne-Marie Comparini, figure centriste locale qui s’était mise en retrait, n’est plus totalement absente des débats. Elle discuterait notamment avec l’équipe d’Azouz Begag.
La grande vadrouille centriste ne fait que commencer.
► Lire aussi : Explosion du MoDem à Lyon (suite) : Begag soutient Collomb
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Le Modem va finir par donner des leçons à l’extrême-gauche : la scission d’une scission pour se retrouver à poil à la sortie, c’est du grand art.
Ce à quoi nous assistons en direct (cela ne m’attriste pas plus que ça, faut-il le préciser), c’est ni plus ni moins que l’explosion en vol d’une imposture.
Parce que, tout de même, la légende de Lyon, place forte centriste, ça peut faire rire les enfants. Mais le centrisme à Lyon, c’était la droite, point Barre (Raymond).
Sous cet angle-là, le centrisme lyonnais ne saurait être mieux représenté que par Gérard Collomb himself et en personne. Naguère adoubé par Raymond Barre, justement, il fait aujourd’hui une campagne de notable typique du centrisme local. Avec tout ça, allez donc trouver une place pour caser Perben et Gourjeon...
Ce qui ne signifie pas que ça le disqualifie en quoi que ce soit : ça signifie que c’est un choix politique.




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