A la une 09/02/2011 à 12h49

Erreur de clic : la DRH envoie un fichier secret aux salariés

François Krug | Journaliste Rue89

300 techniciens d’une filiale de Cap Gemini ont reçu un fichier fixant leurs salaires et commentant leurs performances.

Infosignalée par
un internaute



Capture d’écran du fichier d’évaluation (cliquez pour agrandir)

« Pas impliqué », « ne se remet pas en question », « n’intègre pas les messages », « très ironique » : près de 300 salariés d’une filiale de Cap Gemini ont reçu par erreur un fichier d’évaluation nominatif réservé à la DRH. Ils ont pu comparer leurs notes et leurs salaires.

Ces techniciens informatiques travaillent dans l’Ouest de la France pour Sogeti, une filiale du groupe de services informatiques Cap Gemini. Vendredi après-midi, ils ont malencontreusement reçu un e-mail destiné aux cadres des ressources humaines. L’expéditeur avait cliqué un peu trop vite, expédiant le message à l’ensemble de la liste de diffusion.

« N’intègre pas les messages », « très ironique »...

En pièce jointe, un fichier Excel nominatif résume les évaluations de 298 salariés. En précisant le montant de l’éventuelle augmentation de salaire, et en y ajoutant parfois un commentaire, dans une case réservée à cet effet. Exemple, parmi les salariés ne bénéficiant d’aucune hausse :

  • « Sorti de mission / pas mobile (arrêt maladie) / très ironique »
  • « Sorti de mission / ne se remet pas en question / pb [problème, ndlr] de performance »
  • « Pb mobilité - relation compliquée »
  • « Pb de performance et comportement »
  • « Sorti de mission - relation pas simple - pb de comportement »
  • « N’intègre pas les messages / Comportement chez les clients »
  • « Pas impliqué »

Les deux tiers des salariés bénéficient toutefois d’une augmentation, même si celle-ci est parfois symbolique. Certains de ces bons éléments ont droit, eux aussi, à leur commentaire :

  • « Element important pour [nom d’un client de Sogeti] / très bon état d’esprit » (augmentation de 7,71%)
  • « Perf [performance, ndlr] / capacité technique / très bon relationnel » (+7,69%)
  • « Travail très apprécié par le client / mise à niveau du salaire » (+6,92%)
  • « Pb potentiel/capacités - mais fait des efforts » (+3,45%)
  • « Très belle perf cette année » (+2,3%)


Sogeti sait rétablir certaines injustices, tout en restant méfiant avec ceux qui voudraient abuser de sa générosité :

  • « Faible salaire / et très bons résultats » (+8,21%)
  • « Voir si annulé en mars selon comportement » (+7%)

Ces révélations involontaires risquent aussi de faire des jaloux chez les élus du personnel, désignés dans le fichier sous le sigle « IRP » (« institutions représentatives du personnel ») :

  • « IRP - bon état d’esprit / pondère » (+4,33%)
  • « IRP - %age [pourcentage, ndlr] vu par la DRH - revoir fonction ? ? ? car inadapté » (+2%)
  • « IRP - rem [rémunération, ndlr] déjà élevée par rapport à sa fonction » (pas d’augmentation)
  • « IRP - année difficile » (pas d’augmentation non plus)
  • « IRP [...] - souhait de ré-orientation professionnelle / mauvaise volonté » (toujours pas de hausse)

Un fichier « parfaitement licite », selon le DRH

Cette bourde ne concerne qu’une toute petite partie des effectifs de Sogeti, puisque le groupe annonce 20 000 salariés dans le monde, dont la moitié en France. Elle a néanmoins été jugée suffisamment gênante pour que le DRH central, Eric de Saqi, se fende d’un e-mail aux techniciens concernés. Cette fois-ci, pas d’erreur dans les destinataires :

« J’ai été avisé de la diffusion involontaire du fichier de données de CED (Comité d’évaluation) de la Practice [branche de l’entreprise, ndlr] au sein de laquelle vous exercez.

Je vous présente, au nom de la direction, toutes nos excuses pour cette diffusion [...].

Ce fichier, parfaitement licite, n’a bien évidemment pas vocation à être diffusé à l’ensemble des collaborateurs.

Il a pour seule vocation de répertorier les éléments de rémunération et d’évaluation en vue de la tenue des entretiens de restitution pendant lesquels votre situation salariale, vos notes de performance et potentiel et l’appréciation de votre manager vous sont communiquées de manière individuelle.

Nous regrettons très sincèrement que de telles données aient pu être diffusées largement via une mail-list préenregistrée et veillerons à ce que cela ne se reproduise plus. [...]

Avec toutes nos excuses. »

Contactés par Eco89 à plusieurs reprises depuis mardi soir, Sogeti n’avait pas encore donné suite à nos sollicitations lorsque cet article a été mis en ligne. Le DRH auteur de l’e-mail d’excuses, en déplacement à l’étranger, n’était pas joignable non plus.

Ce fichier est-il « parfaitement licite », comme l’affirme le DRH ? Contactée par Eco89, la Cnil (Commission nationale de l’informatique des libertés) rappelle les règles :

« Autant le processus d’évaluation du salaire, du comportement ou de l’activité du salarié relève de l’employeur, autant il faut éviter les jugements de valeur à l’emporte-pièce. Et quand on a une zone de commentaires, il faut être vigilant et éviter les informations interdites par la loi de 1978 [comme les orientations politiques, religieuses ou sexuelles, ndlr]. »

Dans les commentaires de Sogeti, on reste très loin, par exemple, des « gros con » et autres « seul bémol : il pue » relevés par la Cnil dans les fichiers clientèle d’Acadomia. Le fichier envoyé aux salariés pourrait donc bien être « licite ». Mais peut-être pas « parfaitement licite » : la loi exige aussi qu’on assure la sécurité des données. Pour éviter, par exemple, qu’un salarié puisse accéder à des informations confidentielles sur ses collègues...

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  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 12h54 le 09/02/2011
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    en fait, ça ne fait pas de mal un peu de transparence dans l’entreprise. Finie, l’hypocrisie patronale.

    Nous pourrions en attendre de même de notre république et de ses innombrables fiches.

    • Dubovor
      Dubovor répond à flixp
      Alternant
      • Posté à 13h05 le 09/02/2011
      • Internaute 132491
        Alternant

      Oui mais non, car ici les salariés peuvent voir la notation de tous leurs collègues.... du coup : compétition à outrance !
      Bonjour la jalousie, coup de couteau dans le dos, etc.
      Pour ce genre de document, il faut que ce soit individualisé afin que la transparence soit efficace.

      • ammianus
        ammianus répond à Dubovor
        Guide de musée
        • Posté à 13h42 le 09/02/2011
        • Internaute 126841
          Guide de musée

        Mouai... parce que ce n’est pas déjà le cas ?

         
        • Dubovor
          Dubovor répond à ammianus
          Alternant
          • Posté à 14h18 le 09/02/2011
          • Internaute 132491
            Alternant

          Personnellement, je bosse dans une PME, donc s’il y a un problème, mon patron me fait la remarque directement (permet de corriger le tir).
          Mais dans une SA, il me semble que ce n’est pas le cas (ou alors c’est une spécificité de l’entreprise).

        1 autres commentaires
    • maxpower
      maxpower répond à flixp
      Opportuniste
      • Posté à 00h22 le 10/02/2011
      • Internaute 123187
        Opportuniste

      Ce genre de fichier est normal, comment voulez vous que le DRH vous augmente ou pas sinon ?

      A la tête du client ?

      Ce que je remarque c’est que c’est par contre relativement soft, pas de jugement de valeur, juste des remarques sur le travail.

      En fait ce fichier en lui même n’a rien de choquant, si ce n’est la boulette du DRH qui lui risque d’avoir en commentaire :

      « pb de performance » et « départ souhaité »

  • xoxo-
    xoxo-
    libre penseur
    • Posté à 12h57 le 09/02/2011
    • Internaute 119008
      libre penseur

    un employé RH chômeur de plus ! !

    • Alexad
      Alexad répond à xoxo-
      • Posté à 13h32 le 09/02/2011
      • Internaute 8145

      En espérant qu’il s’agit d’un ou d’une jeune RH, ça lui donnera l’occasion de changer de métier, car c’est un métier qui ne peut plus être exercé que par des malades et des pervers ou des imbéciles. Celui ou celle qui veut établir des règles d’évaluation équitable, sans jugements de valeur, basée sur du factuel, celui qui veut être juste est bien mal parti et il finit par se faire jeter pour avoir voulu faire respecter un peu d’éthique ! ! ..

  • Malzieux
    Malzieux
    Ex-chomeur
    • Posté à 13h02 le 09/02/2011
    • Internaute 124404
      Ex-chomeur

    Y’en a un qui va voir son évaluation quelque peu modifiée pour cette année : « ne sait pas se servir d’une messagerie » : -)

    Dans l’ensemble, si c’est une grosse boulette, cela permet aux employés de voir comment leur hiérarchie les évalue.
    L’ambiance risque cependant d’être mauvaise dans les prochains jours.

    • monOpinion-
      monOpinion- répond à Malzieux
      Coon & Friends
      • Posté à 13h11 le 09/02/2011
      • Internaute 22434
        Coon & Friends

      Sympa en effet.. Par contre on sait qu’il s’agit d’une boite qui tire ses employés vers le haut. En soit ça ne me paraît pas choquant, je dirais même que d’autres boites devraient s’y mettre également...

    • guyome
      guyome répond à Malzieux
      • Posté à 13h11 le 09/02/2011
      • Internaute 11884

      On oserai espérer que les employés sont au courant de leurs évaluations, sinon j’en vois mal l’intérêt... D’ailleurs, si les critères des évaluations ne sont pas connus, il y a de forte chance qu’elle foute plus le bordel qu’autre choses : chacun criant au favoritisme.

      • Amazone
        Amazone répond à guyome
        • Posté à 14h38 le 09/02/2011
        • Internaute 29473

        bien sûr qu’il y a des évaluations, mais déjà on ne sait pas forcément le retour, et puis on n’a pas à connaître celle du voisin !

         
        • guyome
          guyome répond à Amazone
          • Posté à 11h04 le 10/02/2011
          • Internaute 11884

          Qu’on a pas à connaitre celle du voisin, c’est normal. Mais, il faut bien savoir sur quelle base ont est jugé et ce qui nous est reproché, non ?

          Typiquement, est-ce que « très ironique » était un critère connu de jugement et si l’évaluateur en a parler avec l’employé peut être que celui-ci peut le détromper.

          Si les gens n’ont aucun retour de l’évaluation et ne connaissent pas sur quoi ils sont jugés : ce n’est plus de l’évaluation, c’est du flicage. C’est aussi stressant parce qu’on ne sait jamais si on fait bien ou mal, ni comment prioriser. Et c’est générateur de suspicion puisque tout le monde peut imaginer le favoritisme de l’un sur l’autre.

    • Naradamuni
      Naradamuni répond à Malzieux
      sans
      • Posté à 13h27 le 09/02/2011
      • Internaute 30050
        sans

      Hiérarchie ? ! Tiens je croyais cette chose archaïque disparu ! ?

      « [...] en 1960, le mot le plus souvent cité dans
      quatre-vingt-dix ouvrages de management est le mot “ hiérarchie ”.
      A cela, rien que de bien normal : on voit bien pourquoi il faut apprendre à nos futurs dirigeants à raisonner en terme de hiérarchie.
      Alors je vous pose la question : selon vous, combien de fois le mot
      “ hiérarchie ” apparaît-il dans quatre-vingt-dix ouvrages de management de l’année 2000 ?
      ZERO fois !
      Le mot “ hiérarchie ” a disparu de la théorie du capitalisme ! Je vous pose alors cette question complémentaire : selon vous, la hiérarchie a-t-elle disparu des entreprises ?
      Parce que si comme moi, vous pensez qu’elle n’a pas disparu et qu’à bien des égards elle s’est renforcée - mais qu’on ne peut plus la nommer comme hiérarchie ! - alors, on ne peut plus la penser comme hiérarchie !
      Et le syndicalisme a un problème !
      Parce qu’autant on peut mobiliser un collectif de travailleurs contre une hiérarchie, autant il est extrêmement improbable de lancer des individus à l’assaut de ce qui tient lieu aujourd’hui de hiérarchie….

      Et selon vous, quel est le mot qui arrive “ number one ” en tête de
      quatre-vingt-dix ouvrages de management de l’année 2000 ?
      Je vous présente notre ennemi : le “ projet ” !
      Si nous ne parvenons pas à combattre ça, nous sommes foutus ! Nous sommes foutus, parce que ce satané mot - qui est tellement positif par ailleurs ! - ce satané mot a tellement colonisé nos façons de penser en vingt ans - c’est un mot récent - que nous ne parvenons plus à penser en dehors de lui !
      Nous estimons que les jeunes doivent avoir des projets. Nous disons de certains jeunes qu’ils n’ont pas de projets. Nous estimons que les pauvres doivent faire des projets ! Les gens le plus en difficulté, pour se projeter dans l’avenir, on leur demande des projets !
      Les seuls à qui on ne demande pas de projets, ce sont les riches.
      Nous estimons qu’il nous faut avoir un “ projet de vie ”. Manifestement “ vivre ” ne suffit plus ! Nous devons transformer notre propre vie en un processus productif ! Parce que ce mot est un mot qui transforme tout ce qui bouge en un produit ! C’est-à-dire en une marchandise. Des choses qui, jusqu’à maintenant, échappaient à la logique de la marchandise - du social, de l’éducatif, du culturel…... “
      Lien

      • papy_tergnier
        papy_tergnier répond à Naradamuni
        électron libre
        • Posté à 14h14 le 09/02/2011
        • Internaute 123235
          électron libre

        Bonjour,

        il semblerait que vous ayez un problème avec la sémantique : -)

        Il y a des mots à la mode et d’autres non. Je me souviens quand j’étais en études c’était « stragégique » : tout le monde l’utilisait à toutes les sauces.

        Je pense qu’il y a toujours eu une hiérarchie même si cela se nomme autrement quoique dans mon entreprise on parle toujours de hiérarchie.
        Pareil pour projet : on pourrait l’appeler but ou sens cela reviendrait au même.

        Étymologiquement, le mot projet provient 1 du mot latin projectus , participe passé dérivé de pro-jicere, « jeter quelque chose vers l’avant » (source wikipedia) donc
        « Les gens le plus en difficulté, pour se projeter dans l’avenir, on leur demande des projets ! » cela coule de source puisque c’est la définition même de projet.

        Je ne vois vraiment pas de mal à cela : on se projette toujours vers l’avant : « demain est ce que je vais fonder une famille », « demain comment je vais élever mon enfant » ...

        Cette réponse ne se veut en aucun cas être désagréable mais je n’ai pas compris le fond derrière ce message.

         
        • Naradamuni
          Naradamuni répond à papy_tergnier
          sans
          • Posté à 14h36 le 09/02/2011
          • Internaute 30050
            sans

          Je ne faisais que rebondir sur le terme, actuellement sorti du langage managérial... *< ; o)

        • A déménagé le 16-01-2012 3
          • Posté à 14h38 le 09/02/2011
          • Internaute 110430
            nc

          Pour comprendre on peut prendre un autre exemple que donne Franck Lepage par exemple avant ont disait « les exploités » aujour’dhui on dit les « défavorisés » la différence est toute simple dans le mot « exploité » on cherche forcément l’exploiteur, non ? celui qui retire du profit ? alors qu’un défavorisé c’est juste un mec qui a pas eu de bol !

          C’est un peut la même chose avec « hiérarchie » remplacée par « projet » le fonctionnement reste à peu près le même sauf qu’aujourd’hui on ne nomme plus ce type de fonctionnement salarié/patronat ou subordonné/décideur mais que ce soit le mot projet qui revienne à la place qu’est-ce que ça veut dire (c’est pourtant sympa comme vous dites d’avoir des projets non ?) c’est une façon de mettre la pression aux gens sur du court terme, c’est la rentabilité (mais rentabilité vous comprenez aussi que c’est moins classe parce qu’on cherche aussi à qui ça va profiter cette rentabilité ... bref un mot idéal pour camoufler les véritables enjeux...)

          • papy_tergnier
            papy_tergnier répond à A déménagé le 16-01-2012 3
            électron libre
            • Posté à 15h20 le 09/02/2011
            • Internaute 123235
              électron libre

            ce que je ne comprends pas alors c’est le lien entre projet et hiérarchie :
            Naradamuni a dit que dans les années 90 le mot le plus utilisé dans les livres était hiérarchie et que dans les années 2000 c’était projet.
            Mais ça ne veut pas dire que projet a remplacé la définition de hiérarchie.
            Ce sont 2 mots différents qui ont 2 notions différentes. Il ne faut pas faire d’amalgame hâtifs. Leur seul point commun c’est leur haute fréquence d’apparition dans les livres de management.

            Après, je comprends très bien ce que vous dites sur le sens des mots et sur le fait que les managers et/ou RH utilisent des mots jolis.
            Mais bon ça a toujours existé (c’est pas depuis les années 2000 qu’on est plus dansle monde des bisounours) et surtout dans toutes les situations : je dis « un client » et non « une vache à lait », je dis « une jolie demoiselle » et non « une meuf bonne » alors qu’au fond c’est la même chose.

            Bien évidemment cette dernière phrase est à prendre au second (voir 3ème) degré : -)

            ++

            • A déménagé le 16-01-2012 3
              • Posté à 17h37 le 09/02/2011
              • Internaute 110430
                nc

              bien sur que le sens n’est pas tout à fait le même (c’est ça qui est intéréssant d’ailleurs) quand on dit qu’un mot en a remplacé un autre c’est dans sa fréquence mais donc également dans la signification de l’idéologie véhiculée... le mot « hiérarchie » renvoyant à une connotation bien trop paternaliste un peu dépassée (mai 68 a fait son effet) il est devenu tabou ... par contre se poser la question du pourquoi ce mot de projet revient autant débouche sur d’autres questions = initié par quoi ? encouragé par qui ? avec quels bénéfices pour qui et comment ? etc...

              beaucoup d’autres exemples ici
              Lien

            • Naradamuni
              Naradamuni répond à papy_tergnier
              sans
              • Posté à 18h08 le 09/02/2011
              • Internaute 30050
                sans

              Le management (RH, gouvernants et autres) n’utilise pas des « mots jolis » mais des concepts opérationnels !

              « [...] Par exemple, vous aviez un ministère “ du travail ” qui défendait le droit du travail, puis c’est devenu un ministère “ du travail et de l’emploi ”, avec deux directions dont une défendait le droit du travail et l’autre l’attaquait (au nom de l’emploi, de n’importe quel emploi), et aujourd’hui vous n’avez plus qu’un ministère “ de l’emploi et de la solidarité ” dont le but est de démolir le droit du travail.

              Les linguistes nous expliquent cela très bien. Ils expliquent que les mots, c’est ce qui permet de penser. Non pas : “ Je pense la réalité sociale et puis je fabrique des mots ”, ça ne marche pas comme ça ! C’est : “ Il y a des mots. Et avec ces mots, je peux penser la réalité sociale ” ! Donc, si on m’enlève des mots et si on m’en met d’autres à la place, je ne vais la penser de la même manière, la réalité sociale !

              Je vais prendre un exemple, parce que je sens que je parle chinois. Je vous sens perplexes.

              Ceux d’entre vous qui ont connu la guerre de 1968, savent qu’à cette époque-là, les pauvres - (tiens, en voilà un de mot en train de
              disparaître ! Moi, je trouve cela très bien qu’il y ait de moins en moins de pauvres, je trouve ça génial !) - on les appelait dans ces années-là des “ exploités ”. Je jure aux plus jeunes dans la salle, que c’est vrai ! Ca ne nous posait pas de problème ! On parlait d’eux comme ça couramment !
              Quand on était éducateur social dans les quartiers, on parlait des
              “ exploités ”.
              Vous comprenez bien que c’est un mot très-très embêtant pour le pouvoir. Parce que c’est un mot qui vous permet de penser la situation de la personne, non pas comme un état, mais comme le résultat d’un processus qui s’appelle “ l’exploitation ”. Si ce type-là est exploité, c’est donc qu’il y a un exploiteur quelque part ! Donc, quand vous le nommez exploité, vous le pensez comme un exploité et vous cherchez tout de suite… l’exploiteur. “ Quel est le salaud qui exploite ce type, que je lui casse la figure !”
              Le pouvoir nous fait comprendre, que ça serait bien dorénavant
              d’appeler ces gens-là des “ défavorisés ”. Et regardez bien, c’est très très amusant : c’est le même type, dans la même situation… mais dans un cas, il a été exploité par quelqu’un, dans l’autre, “ il-n’a-pas-eu-de chance !” “ Qu’est-ce que vous voulez qu’on y fasse ? On ne va pas aller faire chier le patronat parce que ce con n’a pas de pot, quoi !”
              C’est un état, vous voyez ? “ Défavorisé ”, c’est un état. Il n’y a pas de défavoriseur, si vous voulez.
              C’est comme “ exclus ”. Il n’y a pas d’exclueur. Vous êtes exclus : vous ne pensez pas à un processus, vous pensez à un état. Exclus, c’est un état : le type, il est né comme ça ! Je m’en fous, moi : je suis inclus ! Je m’en tape de lui ! C’est comme les noirs et les blancs : moi, je suis né inclus ! Voilà ! Lui, il est né exclus, qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ? Je suis travailleur social, d’accord, mais qu’est-ce que vous voulez que je fasse ?
              Évidemment, vous comprenez bien que, si en tant que travailleur social, vous pensez le gars comme un type qui a été exploité ou comme un type qui n’a pas eu de bol, vous ne le travaillez pas de la même manière votre intervention sociale ! Et le ministère, l’état, le pouvoir - je ne sais pas moi, “ la région ” ? - si vous acceptez de les nommer les “ défavorisés ”, si vous acceptez de penser la réalité sociale avec ces yeux-là, alors le pouvoir vous donne de l’argent de la subvention. Voilà, c’est très simple ! [...] “

              Lien

              Quant à ‘votre’ bisounours ! ? Qui vous l’a suggéré la première fois ?
              Enfin l’assimilation parait être terminée.

              Pour conclure...
              ‘La représentation populaire’ - que l’on devrait nommer la représentation de la Démocratie, Souveraineté des Peuples ! - conçoit l’art de gouverner comme un élevage de singes.”
              – L. Daste “Intellectuel anthropocrate”

              • papy_tergnier
                papy_tergnier répond à Naradamuni
                électron libre
                • Posté à 10h07 le 10/02/2011
                • Internaute 123235
                  électron libre

                Bonjour,

                en effet là je comprends mieux le sens où vous vouliez aller et je suis d’accord avec vous.
                Mes exemples et le mot « joli » n’étaient pas appropriés et vos exemples sont plus pertinents.

                Mais ce que vous décrivez est (pour moi) du sophisme : notion qui existe depuis bien bien longtemps et qui n’est pas nouvelle.

                Après ce n’est pas parce que ça existe depuis la nuit des temps, qu’il ne faut pas le combattre ou plutôt s’insurger si je prends un mot à la mode (qui va d’ailleurs dans le même sens que ce que vous décrivez).

                Charly

                PS : merci pour la petite leçon d’histoire sur les exploités

        6 autres commentaires
      • pecu
        pecu répond à Naradamuni
        retraité
        • Posté à 17h13 le 09/02/2011
        • Internaute 140471
          retraité

        Vos réflexions sont intéressantes et pertinentes. Avez-vous remarqué que l’on ne dit plus « présenter un projet, le soutenir ou le défendre », expressions généralement utilisées il y peu encore. Désormais, pour parler et penser politiquement correct, on « porte un projet »... ce qui m’insupporte. Dans le moindre compte-rendu de conseil municipal du plus petit bled du fond de la Corrèze, relaté dans la presse locale, le maire ne présente plus un projet de création d’un édicule public mais il le porte... Sémantique rime, il est vrai, avec comique.

         
        • Naradamuni
          Naradamuni répond à pecu
          sans
          • Posté à 18h21 le 09/02/2011
          • Internaute 30050
            sans

          « “ PROJET ” : le coeur de la nouvelle culture capitaliste. Le “projet” apprend à travailler seul, à viser une production, c’est à dire à réaliser un produit. Le projet détruit le temps et le long terme. Il a un début et surtout une fin. Il est remplaçable par un autre. Pour le pouvoir, (très friand des projets) il transforme des relations politiques en relations marchandes car il permet d’acheter des prestations-produit en les déguisant en démarches. En management, “projet” remplace “hiérarchie”... Avec l’envahissement de la culture du “ projet ” depuis une vingtaine d’années le capitalisme révèle le cœur de son idéologie : une société qui n’a plus de projet (de transformation sociale vers plus toujours plus d’égalité) et dont la volonté politique semble se résigner au règne de la marchandise pour cause de concurrence, de mondialisation, et d’écroulement des socialismes “ réels ”, ne cesse de demander à ses citoyens (et surtout aux plus pauvres privés d’avenir) de se projeter, de faire des projets, (des micro-projets d’adaptation). Une société qui ne se projette plus dans l’avenir mais aménage à l’infini le présent de la marchandise dans un capitalisme pour seul horizon dispense des miettes de futur sous forme de micro-projets où chacun devient petit capitaliste de sa vie.
          S’engager dans un “ projet ” c’est manifester son dynamisme, son esprit d’initiative, son adhésion à ce système compétitif et parcellisé…ce n’est pas critiquer, ni militer, ni douter. Le “ projet humanitaire ” remplace le combat politique. Il est évaluable immédiatement et remplaçable par un autre projet. Il annule le long terme et la nécessité de s’intégrer durablement à un collectif.

          En engageant les jeunes dans des dynamiques multiples de projets, les travailleurs sociaux leur aprennent à morceler leurs désirs, leurs vies, leurs idéaux. On leur interdit de n’avoir qu’un projet qui durerait toute une vie : vocation, métier, marriage…et on les dresse à l’éphémère, à la mobilité, à l’employabilité d’eux-mêmes dans un monde présenté comme instable et qui n’a jamais été aussi stable : de la stabilité de la marchandise capitaliste pour toujours, pour tous et en tous lieux. Pratiquer une “ pédagogie par projets ” c’est enseigner l’adaptation au court terme, et la renonciation aux idéaux qui structurent une vie, une personne, un groupe social. Dans cette nouvelle exigence/oppression/aliénation, le perdant, l’exclu est celui qui n’est pas engageable dans un projet ou qui se montre incapable de changer de projet (celui qui se cramponne à un idéal). L’intérêt du projet est d’avoir un début et une fin (surtout une fin). Une fois celle-ci atteinte, on dissout l’équipe, sa subvention, la dynamique et on est prêt pour un tout autre nouveau projet, avec de nouvelles têtes et de nouveaux financements. On vous a déjà vu l’année dernière, vous n’allez pas vous abonner, laissez la place à d’autres et tentez votre chance ailleurs ! Sous l’intitulé de “ projet ”, le pouvoir achète en réalité des “ produits ” et prépare le futur travailleur aux nouvelles règles du management libéral, de la marchandise, de la rotation des tâches et de sa propre employabilité. La pédagogie par projet, la subvention au projet, est l’apprentissage du nouveau management, de la rotation accélérée des produits et des marchandises sociales, de la précarité et de l’incertitude acceptées par avance : soyons aventureux dans un monde instable que diable, et que les faibles perdent !

          Exercice de traduction : remplacez projet par produit :

          Dans les zones à re-dynamiser, les chefs de projets financent des projets d’habitants dans le cadre de contrats d’objectifs.

          Dans les groupes sociaux à réduire au silence politique, les chefs de produits du nouveau marketing public achètent la paix sociale des habitants en renouvelant au coup par coup leur dépendance financière au pouvoir. »

          Lien

          • pecu
            pecu répond à Naradamuni
            retraité
            • Posté à 19h18 le 09/02/2011
            • Internaute 140471
              retraité

            Je partage tout à fait votre vision. Mais le « projet » (pardon pour le mot) d’une autre société me paraît, hélas, plutôt mal barré.

        2 autres commentaires
    • Pi.K
      Pi.K répond à Malzieux
      Vilain Parisien
      • Posté à 13h30 le 09/02/2011
      • Internaute 105016
        Vilain Parisien

      Un salarié féru de théorie du signal sait déjà comment sa hiérarchie l’évalue. Bon, c’est du signal très réduit, pour ne pas dire rudimentaire (du signal-prix si on pose que le salaire correspond au prix du travailleur, ce qui est un brin abusif mais suffisant en première approximation), mais les variations de salaire expriment assez clairement le jugement porté sur les travailleurs par les employeurs/RH.

      Après, on peut bien sûr s’interroger sur la valeur incitative des variations de salaire. Mais autant le dire tout de suite, je suis incapable de fournir une réponse tranchée.

      • Fanch35
        Fanch35 répond à Pi.K
        Breton
        • Posté à 14h17 le 09/02/2011
        • Internaute 119226
          Breton

        C’est beau les ptites fleurs bleues...

        Dans la boîte idéale, un salarié qui travaille bien est augmenté, un salarié qui travaille mal ne l’est pas (ou peu). Mais la boîte idéale existe-t-elle ?

        Je vais pas faire de grande théorie, mais j’ai déjà eu entre les mains ce genre de grille de salaires, à plus grande échelle. Salaires et augmentations ne sont que peu corrélées avec le niveau de compétence. Ils sont, dans le meilleur des cas, corrélés à une perception de la compétence (autrement plus subjective). En fait, généralement ils sont corrélés à une notion de rapport de force, qui elle est issue du réseau du salarié (le fayotage aide) voire d’un pouvoir de nuisance.

        Ceci explique pourquoi un ouvrier qui bosse bien, honnêtement, avec assiduité, plafonnera toujours à un peu plus du SMIC. Au mieux on fera tenir sa motivation par des mini-primes au résultat (genre 200€ ponctuellement).
        Ceci explique encore plus sûrement la notion de placards dorés, lorsque des incapables pantouflent pour des salaires à 5 chiffres (qui ne commencent pas forcément par un 1), simplement parce qu’il est trop délicat, cher et dangereux de chercher à s’en séparer.

        Et là encore je parle d’une boîte qui marche...

         
        • pecu
          pecu répond à Fanch35
          retraité
          • Posté à 17h25 le 09/02/2011
          • Internaute 140471
            retraité

          La perception de la compétence est subjective, dites-vous. Certes. Mais vous conviendrez avec moi que la perception de certains comportements ne relève pas de la subjectivité. Un salarié qui arrive tous les lundis à son boulot avec deux heures de retard parce qu’il a eu un week-end festif (je vous parle ici d’un cas concret) mérite-t-il le même traitement que celui qui prend son service en temps et en heure ?

          • nicolas.boulay
            nicolas.boulay répond à pecu
            ingé
            • Posté à 10h37 le 10/02/2011
            • Internaute 94389
              ingé

            Qu’est-ce que l’on demande à un employé ? Qu’il arrive tout les matins à 8h ou est-ce qu’on lui demande de finir son projet à la date prévu ?

        2 autres commentaires
      • François Krug
        François Krug répond à Pi.K
        Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
        • Posté à 15h22 le 09/02/2011
          rédacteur
        • Journaliste 52034
          Journaliste

        Pour les salariés non férus de théorie du signal, quelques explications via Wikipedia :

        Lien(%C3%A9conomie)

  • Naradamuni
    Naradamuni
    sans
    • Posté à 13h04 le 09/02/2011
    • Internaute 30050
      sans

    Et Base-élèves is not dead ?

    Le fichage des élèves n’en finit pas de ressurgir... Les dangers de Base élève, de multiples fois dénoncés, restent hélas à l’ordre du jour et le Ministère de l’Education Nationale continue de vouloir l’imposer sans tenir compte de toutes les recommandations du Conseil d’Etat. SUD Education continue de s’opposer à Base élève et à tout système de fichage.

    Suite aux décisions du Conseil d’Etat du 19 juillet 2010, le ministère devait revoir sa copie concernant le traitement des données « Base élèves premier degré » (BE1D) et « Base nationale des identifiants élèves » (BNIE). Dans un communiqué de presse du 21/10/2010, le ministère de l’Éducation nationale dit s’être mis en conformité avec les exigences du Conseil d’État dans les décisions rendues le 19 juillet dernier sur les traitements BE1D et BNIE, et n’hésite pas à avancer que « l’utilisation de ces bases est donc à ce jour tout à fait régulière. » Le ministère, à travers ce communiqué ment par omission et oublie étrangement de parler des décisions du Conseil d’Etat rétablissant le droit d’opposition et déclarant illégales les interconnexions entre fichiers. C’est pour le moins fâcheux, pour ne pas dire malhonnête.

    Aujourd’hui et face à la triste opération de communication du ministère de l’Éducation nationale, le syndicat Sud éducation :
    - Refuse toute utilisation de données à caractère personnel dans des fichiers informatiques qui renseignent déjà et vont renseigner d’autres services que l’Education Nationale.
    - Rappelle que les données chiffrées anonymes sont suffisantes pour la gestion des effectifs des écoles.
    - Appelle plus que jamais les parents d’élèves à exercer leur droit d’opposition, rétabli par le Conseil d’Etat, sans se laisser décourager par des chantages illégaux et sans légitimité aucune des Inspecteurs d’Académie ou des Inspecteurs de l’Education nationale.
    - Exige que les sanctions (retraits de salaire, retrait du poste de direction, mutation d’office) infligées aux directeurs résistants soient annulées.
    - s’oppose à tout dispositif de fichage, de la maternelle à l’université, et demande l’abandon de AFFELNET, APPLIEO, ENT, Livret de compétences, SCONET, SDO, et s’oppose à tout système de fichage.
    Solidaires - Lien

    • DeSuisse-
      DeSuisse- répond à Naradamuni
      Je pense donc je gêne !
      • Posté à 13h24 le 09/02/2011
      • Internaute 101756
        Je pense donc je gêne !

      Outre que cette contribution n’a rien à faire ici, je pense au contraire de vous que ces fichiers sont indispensables à la bonne marche de l’EN et, plus, que sans eux, l’EN (ainsi que certaines administrations connexe comme les mairies9 ne pourraient pas fonctionner qu’avec plus de difficultés, ce qui serait un comble....

      • framboise92
        framboise92 répond à DeSuisse-
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 13h50 le 09/02/2011
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        - - - - - - - - - - - - - - - - -

         
        • DeSuisse-
          DeSuisse- répond à framboise92
          Je pense donc je gêne !
          • Posté à 13h54 le 09/02/2011
          • Internaute 101756
            Je pense donc je gêne !

          +++++++++++++++++++++++++++

          et sinon ?

          • framboise92
            framboise92 répond à DeSuisse-
            je choisis la campagne, la (...)
            • Posté à 13h58 le 09/02/2011
            • Internaute 24519
              je choisis la campagne, la (...)

            Rien.

            • DeSuisse-
              DeSuisse- répond à framboise92
              Je pense donc je gêne !
              • Posté à 14h18 le 09/02/2011
              • Internaute 101756
                Je pense donc je gêne !

              Ah !

              • framboise92
                framboise92 répond à DeSuisse-
                je choisis la campagne, la (...)
                • Posté à 16h48 le 09/02/2011
                • Internaute 24519
                  je choisis la campagne, la (...)

                Alors tchao

                • DeSuisse-
                  DeSuisse- répond à framboise92
                  Je pense donc je gêne !
                  • Posté à 17h25 le 09/02/2011
                  • Internaute 101756
                    Je pense donc je gêne !

                  salut !

                  • framboise92
                    framboise92 répond à DeSuisse-
                    je choisis la campagne, la (...)
                    • Posté à 17h27 le 09/02/2011
                    • Internaute 24519
                      je choisis la campagne, la (...)

                    Bye. Au moins, vous, vous avez bon caractère !

                    • DeSuisse-
                      DeSuisse- répond à framboise92
                      Je pense donc je gêne !
                      • Posté à 17h46 le 09/02/2011
                      • Internaute 101756
                        Je pense donc je gêne !

                      Pas de soucis.

                      • framboise92
                        framboise92 répond à DeSuisse-
                        je choisis la campagne, la (...)
                        • Posté à 17h56 le 09/02/2011
                        • Internaute 24519
                          je choisis la campagne, la (...)

                        Merci.

        8 autres commentaires
    • framboise92
      framboise92 répond à Naradamuni
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 13h49 le 09/02/2011
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
      J’allais le dire.

  • guyome
    • Posté à 13h07 le 09/02/2011
    • Internaute 11884

    Pour une fois que l’on des chiffres sûr, on pourrai pas les avoirs anonymisés ? On pourrai pas exemple savoir si les plus grosses augmentations vont au salaire les plus élevés, si l’augmentation est en générale très faible avec quelques personnes qui en profite bcp plus, comment les salaires sont répartis, le nombre de personne payé au variables, etc...

    Une sorte de super « porte monnaie au rayon X »

  • insoucience
    • Posté à 13h07 le 09/02/2011
    • Internaute 54081

    erreur involontaire ou volontaire ? ? ?

    • Waldeck
      Waldeck répond à insoucience
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 14h10 le 09/02/2011
      • Internaute 36864
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      -« erreur involontaire ou volontaire ? ? ? »

      Je suis comme vous, je suis perplexe (et dans ce cas, s’agit t-il d’une « erreur » (volontaire ou involontaire) ...

      Il s’agirait dans ce cas d’une volonté de lancer en pâture les appréciations de la direction en s’économisant le processus d’un entretien d’évaluation.

      But de la manip’ ? - L’émulation, vieille marotte paternaliste du patronat, destinée - le pense-t-il - à provoquer une réaction positive de la part des « intéressés » ...

      Pourquoi pas, sinon que le procédé est pervers car si l’on est informé des sa cote ou de sa décote, on est également au fait du « cours » de ses collègues, et ça, c’est pas très loyal, c’est même une atteinte grave à la vie de l’individu (fort malmené ces temps-ci).

      ... Mais il semblerait que cela ne heurte pas nos Riverains d’Eco89 habitués (résignés) de la maltraitance en entreprise !

    • François Krug
      François Krug répond à insoucience
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 15h23 le 09/02/2011
        rédacteur
      • Journaliste 52034
        Journaliste

      Au risque de vous décevoir, tout porte à croire que c’est involontaire...

  • Lexarino
    Lexarino
    Webmestre
    • Posté à 13h07 le 09/02/2011
    • Internaute 111708
      Webmestre

    Ou comment mettre une bonne ambiance entre les salariés de l’entreprise ! C’est bien si en plus c’est au format Excel, ils pourront calculer les ecarts-types, faire des courbes de croissances, des diagrammes en bâton... des différents salaires de leurs collègues ! Des outils en plus pour renégocier une augmentation !

  • lidiot du village-
    lidiot du village-
    imbécile heureux
    • Posté à 13h08 le 09/02/2011
    • Internaute 106647
      imbécile heureux

    Bah... C’est pas vraiment étonnant, et même pas choquant.

    Au moins, les salariés sont au fait de ce que l’on pense d’eux en « haut lieu »... Et ça se borne à une appréciation basée sur l’activité professionnelle de chacun, alors...

    Le fait que la DRH publie un document qui devait rester secret est rigolo, mais on pouvait s’attendre à des détails un peu plus salés et personnels sur chacun des employés, du genre « Guérin pue de la gueule » ou « Françoise de la compta pète au lit »...

    C’est un peu décevant, comme info, en fait...

    • Amazone
      • Posté à 14h43 le 09/02/2011
      • Internaute 29473

      c’est pas tellement le travail de chacun qui est noté... vous trouvez que « pas mobile » c’est parlant au sujet de la qualité du travail fourni ? ? ?

      • Shibori
        Shibori répond à Amazone
        (variable)
        • Posté à 15h48 le 09/02/2011
        • Internaute 76319
          (variable)

        En fait, il s’agit d’une SSII, et donc la mobilité est un critère important pour la hiérarchie. Après que ce soit bien ou mal est un autre débat...

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