A la Une 14/06/2007 à 00h57

René Char : les 100 bougies du poète du feu

David Servenay | Ex-Rue89

Pour le centenaire de sa naissance, Rue89 est allé à l’Isle sur la Sorgue sur les traces de sa vie. Dossier.



René Char (Jacques Robert)

Poète exigeant et méconnu, René Char demeure une énigme. Presque vingt ans après sa mort, une seule biographie (« L’éclair au front, la vie de René Char » de Laurent Greilsamer, Fayard 2004) a tenté d’éclairer les heures sombres de ce personnage solaire. La fréquentation des surréalistes, qu’il influença ; la guerre, où il fut un chef de maquis redoutable ; la philosophie d’Albert Camus, dont il fut un frère de lettres. Artiste provincial admiré par les intellectuels parisiens, René Char a toujours refusé de se laisser enfermer dans une case. Libre et rétif aux modes, il le resta jusqu’à son dernier souffle, le 19 février 1988.

Ours pour les uns, guerrier des mots pour les autres, il laisse une œuvre majeure du XXe siècle et le souvenir d’un homme hors du commun et terriblement attachant. A l’Isle sur la Sorgue, dans le Vaucluse, une Maison René Char expose sa vie et son œuvre. Indispensable pour comprendre une poésie intensément ancrée dans une terre sèche et violente. Un peu plus près du Mont Ventoux qu’il aimait parcourir, nous avons rencontré l’un de ses amis, Claude Lapeyre, prof de maths amoureux des « Chants de la Balandrane » qui lui sont dédicacés. Enfin, pour ceux que la poésie vivante attire, quelques rendez-vous vont rythmer cette saison 2007 célébrant le centenaire de sa naissance, le 14 juin 1907.

Balade dans les champs de Char avec Rue89.

A lire :
« La poésie de Char c’est comme une montagne »
Entretien avec Claude Lapeyre.

A lire :
A la Maison René Char, l’homme a disparu
pas son souffle.

A lire :
Quelques rendez-vous à venir
A la Maison René Char.

A lire :
Entre fureur et mystère
Un site dédié au centenaire du poète.


► Le Bruit de l’alumette lu par David Servenay.




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  • Pibole
    Pibole
    auteur
    • Posté à 17h36 le 14/06/2007
    • Internaute 1365
      auteur

    « Ils sont privilégiés ceux que le soleil et le vent suffisent à rendre fous, sont suffisants à saccager ! “

  • Anonyme

    C’est magnifique.

  • Anonyme

    et je vous encourage à lire le magnifique hors-serie Télérama sur René Char « le Géant magnétique » 7.80 euros en kiosque

    • Nikolakis
      • Posté à 12h31 le 15/06/2007
      • Internaute 3145

      Gardez vos 7,80 euros pour acheter un livre de René Char et renvoyez Télérama lécher les bottes de Lagardère.

      • Sexus Empiricus
        • Posté à 00h02 le 16/06/2007
        • Internaute 6004

        Désolé de vous dire, Nikolakis, que les injonctions à l’impératif relèvent typiquement de la phraséologie des boutiques : les premiers à « lécher les bottes de Lagardère » sont ceux qui ont employé pendant de longs mois les impératifs de cette sorte.
        Lit René Char qui veut, - ou qui peut.

        Et par dessus le marché, bien qu’il donne le prix du Hors-Série de Télérama, notre courageux anonyme encourageait à lire - et non pas comme vous le faites à acheter. Maintenant, je suis d’accord avec vous : mieux vaut lire du Char, que d’acheter du Lagardère. N’empêche, pour le grand public, je trouve moi aussi que le Hors-Série de Télérama est très bien fait - cochon qui s’en dédit !

  • Yvan T
    • Posté à 10h59 le 14/06/2007
    • Internaute 9492

    J’ai en mémoire un passage des Feuillets d’Hypnos, qui correspond tout à fait à la période que nous vivons en ce moment : « Ce qui importe le plus dans certaines situations, c’est de maîtriser à temps l’euphorie »...

  • Anonyme

    Ca pu le truc intello de la gauche caviar votre truc c chiant.
    Parlez plutôt de hip hop, vos trucs paris centre sur des mecs morts, c’est chiant

    • Pibole
      Pibole
      auteur
      • Posté à 17h34 le 14/06/2007
      • Internaute 1365
        auteur

      il faut savoir que pendant l’occupation, ce sont les poètes qui ont aidé les populations à garder l’espoir. Des avions jetaient des tracts sur les campagnes, et c’étaient des po ! èmes d’Eluard.
      « j’écris ton nom, libert », et René Char ne s’est pas posé la question d’^$être un intello quand il est entré daéns la résistance.
      Intéressez-vous à des choses qui ne servent à rien, elles serviront toujours à quelque chose

    • andelle
      • Posté à 22h14 le 14/06/2007
      • Internaute 1104

      Non pas chiant du tout. Mais ça demande un petit effort d’écoute et quand on a franchi ce seuil de l’effort, c’est du miel.
      On peut essayer de goûter ce qu’on a jamais mangé et ça peut être délicieux.

  • Anonyme

    bien ! TRES BIEN ! un poète en une
    de nos jours...
    c’est une provocation

    gloire a vous gens de rue 89

  • Anonyme

    merci à vous

    Dis ce que le feu hésite à dire
    Soleil de l’air
    Clarté qui ose
    Et meurs de l’avoir dit pour tous

    René Char

    de la part de : Yvette Ferrand Tours

  • Syl
    Syl
    • Posté à 14h26 le 14/06/2007
    • Internaute 9466

    Merci pour ce très bel article à propos de ce poète si particulier.

    « Un homme sans défauts est une montagne sans crevasses. Il ne m’intéresse pas. » (extrait des Feuillets d’Hypnos).

  • Anonyme

    Enfin
    la poésie

    pain pas assez quotidien.

    Nous en avons besoin, même un peu, chaque jour.

    « J’ai confectionné avec des déchets de montagnes des hommes qui embaumeront quelques temps les glaciers ».

  • Anonyme

    « Tu es pressé d’écrire
    Comme si tu étais en retard sur la vie
    S’il en est ainsi fais cortège à tes sources
    Hâte-toi
    Hâte-toi de transmettre
    Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
    Effectivement yu es en ratard sur la vie
    La vie inexprimable
    La seule en fin de comptes à laquuelle tu acceptes de t’unir
    Celle qui t’est refusée chaque jour par les êtres et les choses
    Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
    Au bout de combats sans merci
    Hors d’elle tout n’est qu’agonie soumise fin grossière
    Si tu rencontres la mort durant ton labeur
    Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride
    En t’inclinant
    Si tu veux rire
    Offre ta soumission
    Jamais tes armes
    Tu as été créé pour des moments peu communs
    Modifie-toi, disparais sans regret
    Au gré de la rigueur suave
    Quartier suivant quartier la liquidation du monde poursuit
    Sans interruption
    Sans égarement
    Essaime la poussière
    Nul de décèlera votre union »

    perso, je trouve que c’est de la bombe

  • lespecialk
    lespecialk
    commerciale et porte-monnaie (...)
    • Posté à 19h25 le 14/06/2007
    • Internaute 1831
      commerciale et porte-monnaie (...)

    Résistant, et poète,... Un homme qui choisit de ne plus écrire le temps de la guerre pour se concentrer sur son combat,... et qui détestait le Général de Gaulle : -)) Comme quoi tous les gouts sont dans la nature,... humaine.

    • Anonyme répond à lespecialk

      Ecrire ainsi, c’est méconnaitre « Feuillets d’hypnos » que René Char , modeste, appelle des « notes ». Il les prit entre 43 et 44, alors que , résistant sous le nom du capitaine Alexandre, il se battait.

      Vous me trouvez heureux de rectifier cette erreur qui, après tout , est humaine.

      « l’homme qui ne voit qu’une source ne connaît qu’un orage. Les chances en lui sont contrariées »

  • andelle
    • Posté à 19h44 le 14/06/2007
    • Internaute 1104

    « L’essentiel est menacé par l’insignifiant » (René Char)

    Pour les parisiens : ne manquez pas d’aller voir la belle exposition sur René Char à la bibliothèque Miterrand jusqu’au 29 juillet.Un régal pour les yeux également. Vous y verrez aussi une affiche qu’il a rédigée pour des législatives du 5 mars 67
    « Il faut élire leurs vrais représentants et non des commis mimétiques affolés, aux pieds d’un pouvoir qui idéalise et exalte, par la grâce de son orgueil et de son génie du faire valoir, ses exhibitions, sa duplicité, ses fautes, les donnant comme de fallacieuses preuves de grandeur. »
    Que ne dirait-il aujourd’hui en juin 2007 !

    • Sexus Empiricus
      • Posté à 22h03 le 14/06/2007
      • Internaute 6004

      « L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant. Cycle bas. »
      (Recherche de la base et du sommet (1971), IV, « À une sérénité crispée », 1952)

      « Allez à l’essentiel : n’avez-vous pas besoin de jeunes arbres pour reboiser votre forêt ? »
      (Les Matinaux (1947-1949), « Rougeur des Matinaux », VI.)

  • MAS
    MAS
    • Posté à 19h45 le 14/06/2007
    • Internaute 10137

    la bêtise aime à gouverner. Lui arracher ses chances. Nous débuterons en ouvrant le feu sur ces villages du bon sens. (Moulin Premier - XLII)

  • pikasso02
    • Posté à 21h58 le 14/06/2007
    • Internaute 10134

    Bonsoir
    René Char fut un ami de Pablo Picasso. Un hommage à René Char eut lieu au musée d’art moderne de Céret en 1969. L’affiche représentait la tête de René Char dessinée par Picasso en 1964. Qui penserait aujourd’hui, que sous cette « Tête de René Char » se cache une femme assise ? Cette oeuvre de Picasso, comme des centaines d’autres, est une interprétation et métamorphose de « Madame Cézanne dans un fauteuil rouge » vue en miroir. Si cette annonce vous laisse froid, c’est que vous croyez comme Malraux et Char dans la magie de Picasso. Picasso ne fut pas que magicien. Il put l’être grace à un modèle. C’est ce que ma thèse défend sur mon blog. Ceci n’est pas une plaisanterie ! Qui osera envisager que cette thèse est possible ? A celui là, je l’invite à cliquer pikasso02 sur Google. De préférence, commencer par les articles 29, 34 et 39. Qui acceptera aujourd’hui de croire que Picasso n’a jamais été confondu ! (à suivre)

  • Anonyme

    « Poète exigeant et méconnu, René Char demeure une énigme ».
    Méconnu ? Par ceux qui vivent loin de la Littérature, de la poésie ou plus généralement de la culture, je veux bien. Mais Char est tout de même depuis quelques années un des poètes français du XX°siècle les plus reconnus (publié dans l’édition de La Pléiade, il y a plus de vingt ans). Qui plus est, on entend depuis des années citer son oeuvre, ses aphorismes en particulier, par des tas de personnalités issues de cercles différents (scientifiques, philosophes, historiens, chefs d’entreprise, journalistes...).
    Une énigme ? Oui, son écriture, à l’allure « très poétique » cultive l’énigme, l’épaisseur du mystère. Mais c’est aussi, me parait-il, pour cacher ou pour n’énoncer qu’une morale que je trouve douteuse. Une morale qui me semble piocher assez naïvement dans Nietzsche, Camus, Heidegger aussi (beaucoup !), en s’assurant, de l’autre main, du gage reçu par l’expérience de la Résistance.
    C’est bien un poète exigeant. Il n’y a qu’à relever le nombre de poèmes où il emploie l’impératif, les « tu dois », « fais », etc. Je dirais personnellement, plutôt un poète paternaliste dont la vision est au fond peu profonde et peu poétique et dont le sens des poèmes une fois mis à nu est souvent pauvre. C’est un poète très décevant Char.
    NANNI

    • Anonyme

      « La réalité ne peut être franchi que soulevé »

      encore un effort.

    • Sexus Empiricus
      • Posté à 08h04 le 15/06/2007
      • Internaute 6004

      Bonjour,

      Votre appréciation du poète René Char est indiscutable, comme vos goûts, et vos couleurs : on ne va pas pinailler - ce serait là aussi « très décevant ».

      • En revanche, et sans l’esprit qui va avec, lorsque vous contestez la méconnaissance de Char, vous épaissisez beaucoup (trop) le mot, et plus encore l’esprit du mot. Dans le journalisme de valeur, on sait bien que la crainte de l’ajectif est le commencement de l’information. Or, en l’occurrence, ce que vous relevez (édition anthume dans la Pléiade en 1983, etc.) signifie assurément reconnaissance et notoriété. Mais de ce fait, et d’autres d’un acabit en-dessous (les « citations » à tort et à travers), je ne vois pas que le poète René Char en soit moins méconnu : pas inconnu, mal connu.
        (Le comble de la méconnaissance, c’est de croire connaître soi-même, et de croire que citer, s’extasier, se pâmer... ou vomir, est l’indice d’une connaissance.)

      • Que Char soit méconnu ne tient pas seulement à son fond de commerce (la beauté, les dieux, la poésie) ; cela tient aussi à la fulgurance de son écriture. Ainsi de Cioran, qui lui reprochait (c’est dans son journal en 1971) de faire du fulgurant. Cioran l’hopital se moquant de la Char-ité, car la foudre est au coeur de l’oeuvre et du géant.
      • Voyez Claude Roy :
        « Ce que René Char disait, en parlant de la crise cardio-vasculaire qui le frappe en mai 1968, peut s’appliquer à son œuvre entière. “ La foudre, écrit-il, que j’avais si souvent regardée avec envie dans le ciel, éclata dans ma tête. ” Avant d’être un travail d’écrivain et la mise sur papier d’un “ texte ”, l’écriture de Char est ce qu’il appela un jour “ une expérience de pensée ”, la recherche et la retrouvaille des états intérieurs que l’homme traverse, états intérieurs de l’amant et du combattant, de l’ami et du méditatif, du campagnard et de l’amateur d’art. Brutalité de la foudre ou douceur de la caresse, explosions de la nécessaire colère ou écoute calme du ruissellement des Eaux Mères, on sent toujours que Char ne s’est jamais assis à sa table de travail en se disant : “ Je vais écrire un poème. ” Il préfère prêter constamment l’oreille aux grondements d’orages et aux battements d’ailes de son “ espace du dedans ”. Le poème s’écrit en lui comme il a été vécu, ressuscitant et faisant ressurgir les “ éclats dans la tête ” et la mélodie dans le corps. Il y aurait dix façons possibles d’envisager les “ expériences de pensée ” de Char. Il est un artisan du style profondément original. Il est ce qu’on est bien obligé de nommer, pour aller plus vite qu’il ne conviendrait, un mystique sans théologie. Il est plusieurs, et il est un, et ces plusieurs, inséparables de cet un, font exploser les images et les mouvements intérieurs d’un inspiré. »

      • Vous présumez que Char cultive l’énigme pour cacher une morale douteuse, - que vous croyez naïvement empruntée à des mentors du style Nietzsche, Camus ou Heidegger. STOP - vous faites erreur.
        Si le lecteur veut se faire une idée du rapport de René Char à ces auteurs, se procurer d’urgence le livre de Paul Veyne, René Char en ses poèmes. Par rapport à la vulgate de base, fondée précisément sur la méconnaissance, la réalité du poète - pour ne rien dire du Résistant que fut le Capitaine Alexandre -, la réalité à ce sujet déniaise plus que toute déception.

      Bien entendu, on peut ne pas accrocher du tout à la poésie, et en particulier à la poésie de René Char - qui laisse peu de prises aux pieds et aux mains. Reste que la phrase citée par Nanni est justement impeccable : « Poète exigeant et méconnu, René Char demeure une énigme ». Vrai.

      • Anonyme répond à Sexus Empiricus

        « Tacheron à la coulée de mots et sa toujours ténèbre. »

        Ceci n’est pas de Char mais clôture du désir d’en découdre. (cf ; une tempête dans un dé à coudre)

      • Anonyme répond à Sexus Empiricus

        Cher Sexus Empiricus, et tous les autres ;
        Je ne peux que reconnaitre la partialité de mon jugement, et son insuffisance, face à une réponse qui est très habitée par la lecture de l’oeuvre du poète.
        Mais je dois l’avouer, il y avait dans mon propos davantage, et surement trop facilement, une réaction à ce que peut susciter Char. Phénomène qui me rappelle la façon dont peut s’emparer de l’oeuvre de Nietszche. Et il y a vraisemblablement quelque part dans les écrits de René Char des « antidotes » à cette façon de l’approcher, comme il y en a chez le philosophe.
        Parler de poésie et de méconnaissance est pour la même chose. Je sais que je vais choquer bon nombre de personnes mais, la poésie, à quelques rares exceptions près (et Char n’en fait pas partie, me semble-t-il)est réservée à une élite. Le partage ne se fait vraiment que dans une « fraternité », sur un chemin que peu d’entre nous empruntent. Ou il peut exister par une étude très approfondie (encore qu’ici la question mériterait qu’on s’y attarde).
        Et c’est vrai que ces termes de « méconnu » et d’« énigme », m’ont paru un peu flotter, si je peux dire, ou ne dire pas grand chose. Mais revient à moi la responsabilité de leur avoir donner une épaisseur exagérée...
        Problèmes de « voisinnage » ? Je ne laisserai pas en tout un sentiment négatif l’emporter dans ces lieux...
        NANNI

         
        • Sexus Empiricus
          • Posté à 23h43 le 15/06/2007
          • Internaute 6004

          Cher Nanni,

          Vous avez du flair pour l’essentiel : fraternité à la base et solitude au sommet - c’est presque, ou pour un peu ce serait une définition du réfractaire. Grand astreignant, René Char était tout le contraire d’un animal grégaire ; ses poèmes n’avaient pas vocation à draîner les foules (ils étaient plutôt voués aux dieux).

          Je crois comprendre à votre « réaction » de gêne ce qui pourrait agacer plus d’un connaisseur, dans le bruit et la fureur du centenaire. On va donc faire beaucoup de bruit « autour » ? « La brûlure du bruit. Louée soit la neige qui parvient à en éteindre la cuisson. » (Chut !)

          Que cette poésie soit difficile, n’est pas un argument contre elle, ni contre lui. Aussi le reproche d’élitisme serait aussi déplacé que de reprocher à l’Aiguille verte d’être ce qu’elle est - inaccessible à la plupart d’entre nous.
          On apprend pourtant à le lire. Pas forcément dans les écoles, mais enfin on apprend à le lire, par exemple, que « la sécurité est un parfum » : une essence d’un autre ordre que celui maintenu - ou restauré - par les forces du même nom. (S’il y a énigme, disons que les vers de Char sont des mantra ou des koân - s’il est permis de parler, à propos de poésie occidentale, la langue des bouddhistes.)

          Lire certains poèmes de Char confine parfois de but en blanc à l’exorcisme : on se surprend à sortir du cycle bas. Par le haut. Alors oeuvre au noir, oeuvre au rouge - quelle couleur encore ?

          Je vous salue Nanni - de ma main amie.

  • Anonyme

    ... mais je m’étonne que les badauds de Rue89 ne le fêtent pas davantage avec les mots de son sabir amoureux.

    On peut constater au compteur qu’il n’y a pas mal de lecteurs, de l’article aux 100 bougies tout au moins, - mais pourquoi si peu de citations ? De témoignages ? D’impressions ? Serait-ce par timidité ou par déférence ?

    Ah oui ! Il paraît que ce sont les élections...

  • Berardy
    • Posté à 14h41 le 20/06/2007
    • Internaute 10709

    Merci pour ces beaux articles de ta part, David. Je me rappelle avoir eu quelques difficulés à lire ce poète au début. Et puis progressivement on se laisse entraîner par sa langue (car c’est vraiment l’invention d’une langue). L’étude que lui a consacré Jean-Pierre Richard (Onze études sur la poésie contemporaine, 1964) me paraît vraiment de qualité pour entrer dans l’univers de ce poète. Il y a aussi le Cahier de l’Herne de 1971, dont certains articles (pas tous, hélas) sont vraiment passionnants. Il faut continuer ainsi !

  • Anonyme

    merci pour votre site. je fais un travail sur cet homme splendide, dont la lecture parfois m’arrache des sanglots contenus...je veux par mon travail (3 nuits textes lumière et musique aux archives départementales)le servir, lui être fidèle et à ses textes aussi. la nuit qui m’avait tant servi..
    marie-claude