Un ponte du Figaro balance sur Sarkozy et Dassault
Tout juste mis en ligne, le site Haut Courant livre une petite information qui risque de faire jaser dans le microcosme politico-médiatique : un directeur adjoint de la rédaction du Figaro dit tout haut ce que tous les titulaires de la carte de presse pensent tout bas. A savoir, que son président -Serge Dassault- considère ce journal comme une vulgaire feuille de propagande, et que notre Président -Nicolas Sarkozy- n’a pas une grande affection pour les journalistes.
Il s’agit d’Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction du vénérable quotidien conservateur, aujourd’hui dirigé par Etienne Mougeotte. Lors d’une conférence organisée à Montpellier le 17 janvier sur « la liberté de l’information en France » et à laquelle participait aussi Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, le journaliste a renvoyé Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs à leur triste condition de censeurs :
« Je crois que Nicolas Sarkozy n’est pas plus censeur que ses prédécesseurs, qui l’étaient tout autant que lui. Je crois simplement que Nicolas Sarkozy, peut-être un peu plus que les autres, n’aime pas les journalistes. Mais pas du tout. Et qu’on a du mal à l’accepter. Il déteste les journalistes. Nous sommes des empêcheurs -j’espère qu’on est ça- des empêcheurs de tourner en rond ». (Voir la vidéo.)
Quant au propriétaire du Figaro -et sénateur UMP de l’Essonne-, Serge Dassault, « il a un but militant », selon Yves Thréard : « Monsieur Dassault a un journal pour faire oeuvre de militantisme politique. » Là non plus, ce n’est pas un scoop. Ce qui en est un en revanche, c’est que ce genre d’information soit confirmée, en public, par un journaliste du quotidien.
Haut Courant est un site d’information créé et animé par des étudiants en master 2 de journalisme à l’université de Montpellier I. L’expérience a vocation à être maintenue par les promotions suivantes.
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Sarkozy a une haine des journalistes, mais aussi je présume, des intellectuels en général. Pierre Bourdieu a bien montré dans ses diagammes que le capital financier ou économique s’opposait structurellement au capital culturel. Il ressort que les patrons situés au sommet de la variable « capital économique » ne sont quasiment pas dotés de « capital culturel », que les professeurs, les intellectuels ou les journalistes ont par ailleurs. Par contre, les deux dernières décennies ont vu la transformation de la nature des champs, du champ journalistique par exemple, touché par la logique financière. Ce n’est pas plus un parasitage qu’un échange parfois trivial, simplement économique pour rester visible. C’est par exemple l’échange de « capital symbolique culturel » du Monde avec TF1, chaîne dotée d’un fort « capital économique ».Ce sont des données objectives, elle trahissent l’illusion idéologique qui voudrait masquer les différences de classes en droite et gauche, contrairement à l’ouverture sans idéologie pronée par Sarkozy.




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