16/01/2011 à 17h24

Ma rencontre avec un agriculteur bio, heureux et prospère

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89


Sur l’exploitation de Paul Thierry (Audrey Cerdan/Rue89).

Le rabotage des niches fiscales des agriculteurs bio ? Paul Thierry, maraîcher en Seine-et-Marne, ne le sentira pas passer. Lui ne se plaint pas : sur cinq hectares, il cultive des légumes pour 250 familles, fait travailler trois personnes et se paie 2 000 euros par mois.

J’ai la chance de tomber sur les trois mois d’hiver où sa terre se repose, il a donc un peu de temps pour discuter. La distribution des paniers bio reprendra en avril, les « consom’acteurs » ont rempli leur congélateur en attendant le printemps.

A 31 ans, Paul Thierry, père de deux enfants, a du mal à ranger son sourire. Malgré sa coiffure un brin rasta, il est satisfait d’avoir réussi à montrer qu’il est « possible de faire du bio avec une approche rationnelle et pas trop baba cool ou artisanale, et que ça marche ».

C’est grâce à la motivation des fondateurs des associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (Amap) qu’il a pu s’installer. Ce système de vente directe est très avantageux pour l’agriculteur : afin de l’aider à convertir des terres en bio, les clients s’engagent à lui payer d’avance les paniers sur la saison, et assument avec lui les aléas de la production.

En 2007, il a converti les deux hectares que son frère lui a loués (sur les 130 que ce dernier cultive en céréales conventionnelles) et aussitôt il s’est retrouvé avec une commande de 62 paniers par semaine. Ses études de musicologie et son idée de s’installer dans un minuscule recoin de la propriété familiale pour faire « du qualitatif » le faisaient déjà un peu passer pour l’original chez les Thierry.

Aujourd’hui, il bosse autant que son frère (60 à 70 heures par semaine), gagne au moins autant, mais en plus Paul a créé trois emplois.

« Que mes légumes soient moins chers que sur le marché »

« On ne fait pas le même métier », dit-il en croquant dans un reste de chou rouge ramassé par terre, et émerveillé par la saveur du légume. Grâce à la vente directe, Paul connaît son client. Même si le consommateur militant est a priori indulgent, il compte sur Paul pour être régulier :

« Ils ont payé chaque semaine 12, 16 ou 20 euros et le contenu du panier est variable. Je mise sur la qualité mais je fais aussi attention à ce qu’ils en aient pour leur argent. Et j’essaie que mes légumes soient moins chers que sur le marché, même s’ils ne sont pas toujours beaux. »


Paul Thierry et son chou rouge (Audrey Cerdan/Rue89).

Paul simule sur un tableau le prix au kilo de ses soixante variétés de légumes, herbes aromatiques et même de fruits. « Des prix d’ambiance », dit-il, car il n’a pas d’idée réelle de ce que lui coûte à produire chaque légume. Il se flatte d’inscrire la tomate de variété ancienne à 3,5 euros, quand Auchan propose de la « cœur de bœuf » hollandaise (et formatée) à 6 euros.

Réussir à fournir est la principale angoisse du maraîcher bio. Cette année il a fait chou blanc sur les oignons et les échalotes, parce qu’un de ses employés n’avait pas planté droit et que ça a compliqué le désherbage. Les rendements du maraîchage sans intrants chimiques sont 10% à 30% inférieurs au conventionnel, raison pour laquelle le prix final est plus élevé.


Sur l’exploitation de Paul Thierry (Audrey Cerdan/Rue89).

Ce ne sont pas les clients, mais les maraîchers bio qui manquent

Avec ses cinq hectares et ses trois salariés, Paul n’a pas l’intention de s’étendre plus, mais il espère gagner encore en efficacité :

« Mon objectif c’est d’avoir une ferme qui cartonne pour montrer que le bio n’est pas synonyme de mauvais rendements. »


Sur l’exploitation de Paul Thierry (Audrey Cerdan/Rue89).

Militant d’une agriculture respectueuse de son environnement, il voudrait faire des émules, et remarque avec justesse qu’avec « 120 maraîchers pour 12 millions d’habitants en Ile-de-France », nos paysans sont loin de nous nourrir. Le problème des Amap n’est d’ailleurs pas de trouver des consom’acteurs prêts à manger du chou tout l’hiver, mais des maraîchers pour les produire.

Paul participe à un réseau de fermes de démonstrations, monté par le Conseil régional. Il se fait payer 125 euros la demi-journée pour partager son expérience, une forme de reconnaissance qui lui fait plaisir :

« L’Europe a longtemps nié la spécificité du bio, on avait seulement des aides à la conversion pendant deux ans pour faire face aux baisses de rendement, et sinon les aides étaient fonction de la surface.

Avec mes cinq hectares, je ne touche rien par rapport à un céréalier. Le crédit d’impôts du gouvernement français compensait cette inégalité en offrant jusqu’à 4 000 euros par an. »


Sur l’exploitation de Paul Thierry (Audrey Cerdan/Rue89).

Désormais, le crédit d’impôts sera ramené à 2 000 euros, une somme en partie compensée par l’Europe. Sauf que la paperasse nécessaire pour obtenir ces aides est telle que beaucoup de petits agriculteurs se décourageront, prédit la Fédération nationale de l’agriculture biologique :

« Le crédit d’impôts c’était de l’argent de poche pour moi. Ça payait une machine, c’était toujours sympa, mais ma boîte elle doit tourner sans aide. »

Des soutiens, des conseils plutôt que des subventions

Plus que des revenus supplémentaires, Paul préférerait surtout « que la politique agricole arrête d’être à sens unique et de favoriser le productivisme à coup de subventions », il aimerait un investissement de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) sur le bio, de meilleurs conseils auprès des chambres d’agriculture :

« Si la France veut tripler ses surfaces cultivées en bio, comme le dit le Grenelle de l’Environnement, il est urgent de changer de logique. Moi, s’il n’y avait pas eu le système des Amap portées par les consommateurs, je n’aurais jamais pensé m’installer... »

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  • ljos
    ljos répond à vermisseau
    photographe / géologue
    • Posté à 13h59 le 17/01/2011
    • Internaute 32902
      photographe / géologue

    encore une fois ... et alors ? pas de diplômes mais une expérience ... est-ce qu’on pourrait ENFIN en France valoriser l’expérience plutôt que le diplôme ?

    Pourtant j’ai le plus gros diplôme possible en France ... mais ça n’a rien à voir avec l’expérience. Un docteur en n’importe quoi peut être un piètre pédagogue et dispenser des cours de merde en croyant être le meilleur du monde (ce sont les pires) ... et j’en connais un certain nombre ! ... comme je connais des techniciens à la fac qui sont plus doués pour diffuser leur savoir que n’importe quel prof de fac ...

    C’est pas le diplôme qui fait la valeur d’un enseignant ... c’est juste son envie de diffuser son savoir ... donc le mec, s’il a une bonne pédagogie, qu’il a des étincelles dans ces yeux parce qu’il est passionné ... je préfère le payer lui que celui qui fera briller ses diplômes comme autant de trophées.

    Et pour finir, ce tarif est le tarif LEGAL pour n’importe quel intervenant d’une formation ... qqe soit le diplôme ou l’expérience, il n’y a pas de distinctions (fort heureusement).

    • vermisseau
      vermisseau répond à ljos
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 14h06 le 17/01/2011
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      ce gars n’a pas d’expérience intéressante à donner
      le binage c’est quand même pas un savoir

      en gros ce gars prêche la bonne parole mais n’a AUCUNE compétence ou connaissance

      je viens d’expliquer à un riverain pourquoi le bio peut être aussi nocif que le conventionnel pour l’environnement
      et ça, ça ne s’improvise pas avec un doctorat en musicologie ou chépakoi

      comment ce monsieur peut il enseigner les transferts de polluants, l’impact de ses pratiques, le bien fondé de son action ?
      il ne peut pas

      un ignorant qui enseigne aux ignorants, c’est beau l’agriculture biologique à 125€ la demi journée...

      • ljos
        ljos répond à vermisseau
        photographe / géologue
        • Posté à 14h22 le 17/01/2011
        • Internaute 32902
          photographe / géologue

        vous savez ... les meilleurs conseils en bio qu’on m’a fait ... c’est un simple paysan de montagne qui me les a donné. Sans diplôme le mec ... mais avec des techniques vieilles comme le monde, il obtient de super rendements.

        Mais ça, pour des diplômés prétentieux ... c’est juste irréel.

        Après, si on lui paye 125€ la demi-journée, tant mieux pour lui ! ! si un réseau trouve bon de profiter de son expérience ... TANT MIEUX ! et merde aux grincheux ! ! je préfère les donner à lui, agriculteur, qu’à un ingénieur bardé de diplômes qui n’aura jamais foutu les pieds dans la terre ...

        Et pour finir, et c’est quand même bien là l’essentiel, vous êtes qui pour le juger à travers un article qui oublie certainement de parler des 3/4 des choses ? ... que savez vous de lui ? ... de la façon dont il travaille ? ... de ses connaissances ? ... des méthodes bio qu’il utilise ? ... RIEN vous ne savez RIEN ... mais vous vous permettez de juger ce mec, juste parce que l’article dit qu’il est diplômé en musicologie. Oooh ! vous connaissez le mot « autodidacte » ? ? vous avez vu aussi qu’il vient d’une famille d’agriculteur ? vous savez qu’on peut apprendre énormément de choses (et largement plus) sans être allé une seule fois à l’école de sa vie ? ?

        • vermisseau
          vermisseau répond à ljos
          étudiant ingénieur en (...)
          • Posté à 14h25 le 17/01/2011
          • Internaute 26276
            étudiant ingénieur en (...)

          je crois qu’on a atteint le point de non retour

          bonne journée

          • ljos
            ljos répond à vermisseau
            photographe / géologue
            • Posté à 15h11 le 17/01/2011
            • Internaute 32902
              photographe / géologue

            effectivement ... si vous n’êtes pas capable de prendre un peu de recul face à ce genre d’article, sans juger à l’emporte pièce ... nous avons atteint un point de non-retour.

            • vermisseau
              vermisseau répond à ljos
              étudiant ingénieur en (...)
              • Posté à 15h41 le 17/01/2011
              • Internaute 26276
                étudiant ingénieur en (...)

              non, je préfère ne pas échanger avec vous avant que ça ne dégénère

              • ljos
                ljos répond à vermisseau
                photographe / géologue
                • Posté à 15h48 le 17/01/2011
                • Internaute 32902
                  photographe / géologue

                dommage j’aurais bien aimer savoir pourquoi vous vous entêtez à penser que ces personnes ne sont pas dignes de diffuser leur savoir-faire et leur connaissance ...

                vous savez, on peut aussi échanger de manière virulente, sans tomber dans la violence ... on est entre gentleman (enfin j’espère) !

                • vermisseau
                  vermisseau répond à ljos
                  étudiant ingénieur en (...)
                  • Posté à 23h14 le 17/01/2011
                  • Internaute 26276
                    étudiant ingénieur en (...)

                  Admettons.

                  Donc, pour apporter des conseils en agriculture il faut avoir reçu une VRAIE formation en ce sens. Pourquoi ?

                  Je vais prendre mon cas :

                  Quand vous débarquez chez un agriculteur sans aucune compétence en agriculture, dans le simple but de faire évoluer ses pratiques, et que vous lui donnez des leçons, vous n’avez aucun crédit. Pourquoi ? Parce que vous expliquez à cet agriculteur comment améliorer ses pratiques, vous lui tenez un discours auquel vous croyez. Celui-ci va vous écouter le plus poliment du monde, va vous dire « oui ».
                  Plus tard vous apprendrez que celui-ci n’a pas continué le programme entamé. Pourquoi ? Parce que vous lui avez expliquez un tas de choses qu’il savait déjà, en imaginant lui apporter la bonne parole. Celui-ci n’y aura vu qu’un éternel recommencement et strictement rien de nouveau.

                  Pourquoi cette petite histoire ? Parce ce que ça m’est arrivé en stage et que ça a en partie orienté mon choix d’étude.

                  l’agriculture ce n’est pas qu’une entité économique. Pas plus qu’une simple gestion des sols comme vous pouvez la connaître dans votre jardin.
                  l’agriculture c’est un système entier, qui a sa propre mutuelle, sa propre banque, ses propres pratiques, stigmatisée par le reste de la population, bien souvent mise de côté.
                  Et quand vous voulez vous intéresser à ce monde, il ne faut pas seulement dire « ok j’achète ou je loue 5 hectares, je me mets en bio parce que tout le monde en parle », il faut se dire : « comment je vais gérer cette entreprise ? Comment je vais mettre en place mes pratiques ? Quel sol est sur mon exploitation ? Quels débouchés économiques ? “ (liste au combien non exhaustive)

                  Ce que je veux dire par là, c’est que c’est très facile d’exposer à des ‘ignorants’ (sans être péjoratif) ses idées sur l’agriculture

                  Néanmoins, quand on arrive face à des professionnels, on perd tout crédit, juste parce que l’on pensait maîtriser quelque chose qui nous dépasse

                  l’agriculture est un sujet vaste
                  La protection de l’environnement encore plus

                  Et avoir la prétention de donner des formations communes sur ces deux sujets demande des connaissances énormes que ce monsieur, malgré son BTS, n’a sûrement pas. Par expérience personnelle, les personnes que j’ai pu voir aborder ce sujet avaient un savoir extraordinaire, une expérience énorme, et une capacité de réflexion absolument fantastique

                  Ce qui vraisemblablement ne semble pas être le cas de ce monsieur. celui n’a pas idée ni de ce que représentent ses pratiques sur ses parcelles, ni l’impact de ses pratiques sur son environnement.

                  tout cela impacte des entités gigantesques qu’il convient de connaître, et qui ne réagissent pas forcément de la même façon qu’une mélodie écrite sur du papier à musique.

                  • ljos
                    ljos répond à vermisseau
                    photographe / géologue
                    • Posté à 23h59 le 17/01/2011
                    • Internaute 32902
                      photographe / géologue

                    je l’entends bien ... mais ce que je reproche à votre démarche, c’est qu’elle se base uniquement sur les dires d’un article.

                    N’oubliez pas que son frère est agriculteur, que ses parents visiblement l’étaient aussi. Donc il connait le dur labeur, il connait le système agricole dans son ensemble ...

                    Un simple ex, je suis indépendant, j’ai monté ma boite. Pour monter sa propre boite, c’est comme se lancer dans l’agriculture. Si on ne connait pas les démarches, les institutions, les aides, les cotisations, les caisses d’assurance maladie, ... ce qu’il faut faire pour glaner ses 1ers clients, comment les garder, etc, etc ... bref, tout le monde qui fait qu’on monte une boite avec un projet solide et l’assurance que ce soit pérenne. Croyez moi c’est un véritable sac de noeud.

                    Il n’y a aucune diplôme qui forme à ce genre de choses ... il y a des formations d’aides aux entrepreneurs ... peut être. Je n’en ai fait aucune. Mais je me suis renseigné ... j’ai consulté ... j’ai pris un expert comptable pour m’aider ... et surtout, j’ai demandé à mon père, artisan de profession. Je l’ai également observé pendant toute ma jeunesse, je connais ce que peut être une période difficile, le besoin de se remuer les fesses, ne pas s’endormir sur ses lauriers ... etc ... bref, c’est immense ce qu’il faut savoir et j’en apprends tous les jours ...

                    Tout ça pour dire, qu’être autodidacte, c’est possible. D’autant plus quand dans son entourage qqun a déjà partagé cette expérience. En l’occurrence mon père ... pas n’importe qui ! mon père ! Si ce mec a eu un père agriculteur ... pas de pb, ce mec est au courant des difficultés du métier et du labyrinthe pour arriver à une activité pérenne ...

                    Personnellement, j’ai l’expérience de l’enseignement ... 10 ans d’enseignement à la fac, 10 ans d’études avant ... et par expérience, je peux vous assurer que les diplômes, le savoir extraordinaire ... ne sont rien face à la pédagogie. On peut avoir les plus grandes connaissances, si on ne sait pas les diffuser ... on sera un bien piètre enseignant. Par contre, j’ai vu des mecs qui en savaient carrément moins ... mais qui le diffusait avec une telle passion que ça valait tous les beaux discours des plus diplômés. Un ex : j’ai eu des profs de fac bardés de diplômes absolument déplorables ... pédagogie zéro ... contact nul ... rien ! ! ... et j’ai vu des accompagnateurs moyennes montagne qui avaient fait 6 mois de géologie dans leur vie ... qui avaient une capacité fantastique à diffuser le peu de savoir qu’ils avaient appris dans qqes livres. Juste parce qu’ils avaient cette envie que le prof n’avait pas ! Et l’expérience du milieu ... l’amour de la montagne ...

                    Après, l’histoire ne nous dit pas ce qu’il donne comme cours ... je n’ai pas l’impression que ce soit des cours magistraux dans une école d’agronome .... mais bien, faire part de son expérience, de sa reconversion, etc, etc ...

                    Il faut juste se méfier de ce que dit un article ... et ne pas oublier qu’il y a un monde entre la réalité et le récit forcément réducteur d’un journaliste. Le papier à musique ça me semble plus être celui de l’auteur ... pas de l’agriculteur.

                    • vermisseau
                      vermisseau répond à ljos
                      étudiant ingénieur en (...)
                      • Posté à 06h35 le 18/01/2011
                      • Internaute 26276
                        étudiant ingénieur en (...)

                      je suis tout à fait d’accord avec vous : le diplôme ne fait pas tout.
                      mais le fait d’avoir un père dans le milieu non plus.

                      à mon tour de prendre un ex : mon cousin vit ans une ferme depuis qu’il est né. il veut devenir agriculteur. pour lui, cela est aussi simple que de monter dans un tracteur et aller labourer... nous attendons donc avec impatience qu’il commence sa formation pour saisir le VRAI métier
                      car malgré des années passées dans une ferme, il semble tout ignorer du métier

                      enfin je suis aussi d’accord avec votre dernière remarque :)

                      bon courage pour votre entreprise ! : p

  • Sophie Verney-Caillat
    Sophie Verney-Caillat répond à vermisseau
    Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
    • Posté à 17h47 le 17/01/2011
      rédacteur
    • Journaliste 50753
      Journaliste

    Il a aussi un BTS en études agricoles, avec spécialisation en agri bio,
    c’est un prix normal pour faire partager ses connaissances,
    bien à vous

    • vermisseau
      vermisseau répond à Sophie Verney-Caillat
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 18h08 le 17/01/2011
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      il a déjà plus de crédit ainsi ! :)

      mais je m’étonne dans ce cas, pourquoi ne pas avoir mentionné cela au moment où vous parlez de ses études de musicologie ?

      il serait devenu Dj, j’envisage le fait que l’on mette en avant ses études de musicologie. Il devient agriculteur, il serait pertinent de parler de son BTS. Ici vous le vendez comme un agribio adepte de musicologie, donc pour faire très court, comme d’un gentil bohème s’étant rapproché de la terre...

      les choix rédactionnels m’étonneront toujours... ; p

  • Redroom
    Redroom
    La V2, une grosse merde.
    • Posté à 10h01 le 17/01/2011
    • Internaute 23589
      La V2, une grosse merde.

    Excellent article optimiste, ça fait du bien.

    « “ On ne fait pas le même métier ”, dit-il en croquant dans un reste de chou rouge ramassé par terre, et émerveillé par la saveur du légume. »

    Par contre cette formule vous auriez pu vous en passer hein ! : D

  • patdu49
    patdu49
    chomiste du maine et loire
    • Posté à 10h25 le 17/01/2011
    • Internaute 34595
      chomiste du maine et loire

    mon budget, célibataire, fruits et légumes « frais » et « non frais » pour 5 semaines :

    filet de patates 2,5 kgs : 2,70€
    clementines filet 2 kgs : 2,10€
    betteraves rouges sous vides 1,5 kgs : 1,90€
    endives sachet 1 kg : 1,70€
    courgettes filet 1 kg : 1,68€
    oignons filet 2 kg : 1,17€

    total « frais » = 11,25€ (10 kilos) soit 2,25€ / Semaine
    1,13€/kg

    non frais :
    confiture de figue 370 grammes : 1,24€
    ratatouille en boite 750 grammes 2 x 1,10€ soit 2,20€ (1,5 kg)
    poires au sirop 460 grammes : 1,02€
    chips natures sachet 200g 0,54€ x 3 = 1,62€
    compote pomme 4x100 grammes : 0,39€
    ail deshydraté semoule ducros 110 grammes : 1,55€

    total non frais : 8,02€ soit 1,60€ / semaine

    TOTAL budget fruits/légumes 19,27€ les 13,640 kilos
    soit 3,85€/semaine pour une personne pour 2,72 kilos

    soit moyenne générale 1,41€ le kilo

    bon je dis pas que j’ai une alimentation équilibrée hein .. loins de là, encore moins que je me régale ..
    moyenne de 389 grammes par jour de « fruits et légumes » absorbés
    courses au SUPER U du village voisin.

    • solstice
      solstice répond à patdu49
      pigiste
      • Posté à 11h06 le 17/01/2011
      • Internaute 38451
        pigiste

      Oui mais un panier bio, c’est pour des familles, pas des personnes seules... Le célibat est un luxe, malheureusement...

      Je mange aussi des conserves, faites avec des légumes de mon jardin : la ratatouille en boîte, c’est vraiment infect !

      Quand on a un jardin ou qu’on est client d’une AMAP, on apprend à cuisiner vite pour mettre en bocaux ou au congélo les produits afin qu’ils ne perdent ni vitamines, ni goût.

      Mes fistons étudiants sont ravis de repartir avec des « petits bouts de jardins » quand ils rentrent.

      • patdu49
        patdu49 répond à solstice
        chomiste du maine et loire
        • Posté à 11h21 le 17/01/2011
        • Internaute 34595
          chomiste du maine et loire

        ça j’imagine ..

        un rêve ça, quand qq nous donne des trucs fait maison avec des bons produits ..

        j’ai des amis qui les rares fois ou je les vois me filent de temps en temps 2 ou 3 bricoles de leur jardin ...
        je ressens la difference ... leurs oignons sont gouteux, font pleurer quand on les épluche ...

        pas mes filets premiers prix de chez U ..

        une betterave fraiche, idem à du gout, ... les miennes sous vide on pas de gout quasimment ... mais bon, ... quand je regarde la betterave « fraiche » au U ou bio, bah c’est le double ou le triple le prix ...

    • patdu49
      patdu49 répond à patdu49
      chomiste du maine et loire
      • Posté à 20h15 le 17/01/2011
      • Internaute 34595
        chomiste du maine et loire

      en gros ça voudrait dire, que pour un foyer fiscal populaire, pauvre, de 4 personnes.

      si Paul voudrait pouvoir nourrir ce même foyer, avec de bons légumes frais, et pas de la « merde » comme j’achete parfois au supermarché, pour pouvoir concurencer le super U.

      faudrait que le panier à 16€ par exemple comporte en gros 11 kilos de fruits et légumes, pour une semaine.

      ça correspond peut etre à ces tarifs ?
      on ne sait pas trop ce que peut comporter un panier, sur la photo avec le tableau, c’est trop petit et trop flou pour pouvoir lire ...

      edit : j’aurais préféré des réponses plutot que des votes « nuls » ... c’est pas correct de parler tarifs ? ça doit etre réservé aux riches seulement les bons légumes ?

  • ajuga
    ajuga
    informaticien champêtre
    • Posté à 11h21 le 17/01/2011
    • Internaute 52255
      informaticien champêtre

    Le mec travaille 70 heures par semaine au printemps et en été, beaucoup moins en hiver, mais quand même. Je me demande combien de temps il peut tenir sans se casser, c’est physiquement dur, non ?

    PROSPERE ? c’est quoi ce baratin ? ça fait à peine le smic ! mettons un peu plus. Heureux je veux bien, on en reparlera quand il aura 65 ans, un dos en petits morceaux et une retraite agricole. Enfin si elle existe encore. !

    • vermisseau
      vermisseau répond à ajuga
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 13h12 le 17/01/2011
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      2000€ à peine le SMIC ? pardon ?

      • Unknown
        Unknown répond à vermisseau
        boiseux
        • Posté à 13h58 le 17/01/2011
        • Internaute 78653
          boiseux

        70 heures/semaine d’après l’article, soit environ 280 heures/mois.

        Logiquement, 2000 € pour 280 heures de taf, on obtient, sauf erreur de ma part, du 7.14 € de l’heure.

        Effectivement, ça se rapproche d’un smic net.

         
        • vermisseau
          vermisseau répond à Unknown
          étudiant ingénieur en (...)
          • Posté à 14h02 le 17/01/2011
          • Internaute 26276
            étudiant ingénieur en (...)

          effectivement en taux horaire... mais bon 2000€ quand même

        1 autres commentaires
    • ljos
      ljos répond à ajuga
      photographe / géologue
      • Posté à 13h23 le 17/01/2011
      • Internaute 32902
        photographe / géologue

      en même temps ... entre un informaticien qui va passer 50h au taff + ces 2-3h quotidiennes dans les trajets ... je ne suis pas sûr que ce soit moins éreintant que le travail d’un agriculteur.

      Après les 70h, ça a toujours été. Quand on se lance en agriculture on ne s’attend pas à larver tous les soirs devant la télé ... ni à profiter du we dans son lit. C’est un choix ... d’autres font exactement le même rythme derrière leur écran pour faire tourner leur boite, ou autre.

      Et alors ? faudrait-il arrêter tout parce que c’est trop fatiguant ? La passion ne compte pas ses heures ... je ne suis pas sûr que ce mec soit moins heureux qu’un gros céréalier plein aux as ....

      • Lictor
        Lictor répond à ljos
        informaticien
        • Posté à 16h44 le 17/01/2011
        • Internaute 68450
          informaticien

        « en même temps ... entre un informaticien qui va passer 50h au taff + ces 2-3h quotidiennes dans les trajets ... je ne suis pas sûr que ce soit moins éreintant que le travail d’un agriculteur. »

        On est pas obligé non plus... Personnellement, je fais 35h. Et pour le trajet, c’est 1h porte à porte si je prends le métro, à peine plus si je rentre en vélo et un peu moins de 2h si je rentre à pied. Là encore, c’est une question de choix et de priorité...

        « Et alors ? faudrait-il arrêter tout parce que c’est trop fatiguant ? La passion ne compte pas ses heures ... “

        Malheureusement, le corps ne se préoccupe pas qu’on l’épuise avec passion ou pas... Et sa capacité à fonctionner au seuil de l’épuisement diminue avec l’âge. Pas sûr que ce rythme soit toujours tenable à 65 ans.

         
        • ljos
          ljos répond à Lictor
          photographe / géologue
          • Posté à 17h18 le 17/01/2011
          • Internaute 32902
            photographe / géologue

          je ne peux pas vous contredire ... mais c’est effectivement une histoire de choix.

          Perso, j’ai choisi de m’extraire du rythme plan-plan des 35h, vacances à dates fixes chaque année, we, etc ... pour me lancer dans un des pires boulots au niveau du rythme vu que je suis intimement dépendant de la météo et des heures de lever et coucher du soleil. Certains trouveraient ça aberrant, moi c’est ma raison de vivre ...

          Donc je comprends qu’on puisse s’acharner et se tuer à la tache pour produire qqe chose de ses mains, encore plus si ce qqchose peut nourrir des familles, préserver l’environnement ... bref, une noble tache en qqsorte. Et malheureusement, il faudra bien qqe qquns s’y collent si on veut continuer à bouffer.

          Dans l’idéal, il faudrait un consensus général pour aider ces gens, leur rendre la vie plus « light », tout en leur apportant un revenu suffisant pour vivre. Après tout, on fait bien ça pour les céréaliers et les sucriers (qui se sucrent bien de subventions ....).

          Après, même avec une « décharge de travail », est-ce qu’ils travailleraient moins ? je ne suis même pas sûr ... le travail de la terre est une passion dévorante ... les qqes agriculteurs que je connais dans mon coin, ont soit continuer à travailler au même rythme qu’avant ... mais dans leur potager ... soit crevé à petit feu, ne supportant pas le manque d’activité justement ...

          • ajuga
            ajuga répond à ljos
            informaticien champêtre
            • Posté à 10h46 le 18/01/2011
            • Internaute 52255
              informaticien champêtre

            je suis bien d’accord avec ces histoires de choix, ce qui me gêne c’est le mot PROSPERE, ou alors on n’a pas la même définition.

            Mais l’article n’est pas assez précis pour que l’on sache réellement. Par exemple en hiver, il a beaucoup moins de travail. Alors quelle est sa moyenne annuelle ? 40 heures semble probable, ce qui du coup conduirait à un revenu horaire nettement meilleur que le smig.
            De là à parler de prospérité, ben c’est un peu juste quand même.

            • ljos
              ljos répond à ajuga
              photographe / géologue
              • Posté à 11h14 le 18/01/2011
              • Internaute 32902
                photographe / géologue

              ah bah ça ... entre l’article et la réalité il y a toujours un monde ... et je suis bien placé pour le savoir vu que je suis aussi photographe pour la presse ...

              l’expression « brosser le lecteur dans le sens du poil » prend tout son sens ....

        3 autres commentaires
  • bouvine
    bouvine
    technicien
    • Posté à 12h04 le 17/01/2011
    • Internaute 106577
      technicien

    enfin une vraie bonne nouvelle dans cette morosité ambiante

  • coucoule46
    coucoule46
    instit
    • Posté à 12h57 le 17/01/2011
    • Internaute 60750
      instit

    excellent ! Il faut acheter bio et restreindre la consommation bète qui ne sert à rien : voitures, écran larges etc..Plats tout faits remplis de cochonneries..
    Pensez aussi aux toilettes sèches : l’eau va rencherir car elle est aux mains du privé et elle est rare sur la planète !
    D’une pierre, faisons deux coups : « vive le bio et les toilettes sèches ! “

  • nakuyouguisu
    nakuyouguisu
    Indépendant
    • Posté à 13h26 le 17/01/2011
    • Internaute 87675
      Indépendant

    Ça fait effectivement plaisir de voir des agriculteurs qui s’en sortent, avec des produits de qualité.
    A mon avis, concernant la vente directe, il reste encore à gagner la bataille du service ! Parce que les différents paniers vendus livrés à des heures pas possibles sans aucune flexibilité, ça en a rebuté plus d’un autour de moi !
    Sans sens commercial on ne touche pas la majorité de la population... L’approche de cet agriculteur, qui voit son entreprise comme n’importe quelle entreprise est formidable, c’est le seul moyen pour multiplier le commerce « éthique » !

  • aline
    • Posté à 13h55 le 17/01/2011
    • Internaute 42161

    Maintenant qu’il vit bien de son exploitation, il va peut-être penser à rembourser les aides et les subventions qu’il a perçues ?

    • Sophie Verney-Caillat
      Sophie Verney-Caillat répond à aline
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 17h36 le 17/01/2011
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      si vous voulez que chacun rembourse toutes les aides publiques reçues, l’Etat va se retrouver très riche !

      • aline
        • Posté à 19h34 le 17/01/2011
        • Internaute 42161

        Dans des cas comme celui-ci, c’est une éventualité qui pourrait être étudiée. « L’Etat t’aide et si tu réussis, tu rembourseras l’aide publique qui t’as mis le pied à l’étrier pour que beaucoup d’autres puissent en bénéficier à leur tour ».

         
        • Oodini
          Oodini répond à aline
          • Posté à 02h59 le 18/01/2011
          • Internaute 30418

          Avez-vous remboursé à l’État les 15 ou 20 années que vous avez passées dans le système scolaire ?

          • aline
            aline répond à Oodini
            • Posté à 08h24 le 18/01/2011
            • Internaute 42161

            Oui, j’ai remboursé. Je me suis toujours refusé à vivre en parasite, comme vous par exemple.

            • Oodini
              Oodini répond à aline
              • Posté à 09h47 le 18/01/2011
              • Internaute 30418

              Pourquoi comme moi ?

              Combien avez-vous remboursé ?

              • aline
                aline répond à Oodini
                • Posté à 09h56 le 18/01/2011
                • Internaute 42161

                environ dix mille francs (de l’époque !) par année d’études plus cinq ans de service pour l’Etat.

                • Oodini
                  Oodini répond à aline
                  • Posté à 11h37 le 19/01/2011
                  • Internaute 30418

                  Un lycéen coûte 20000 €, soit 20000 F par année au lycée. À cumuler à vos années d’étude. Qui doivent coûter encore plus cher que des années de lycée.

                  Ne pas oublier de compter également le primaire et le collège.

                  Et pendant vos 5 ans au service de l’État, vous n’étiez pas payée ?

                  Et quel était ce service ? Parce que si vous étiez fonctionnaire et avez suivi une formation rémunérée, vos années d’étude ont compté bien plus cher que ce que je laisse entendre plus haut.

        5 autres commentaires
  • vermisseau
    vermisseau
    étudiant ingénieur en (...)
    • Posté à 14h10 le 17/01/2011
    • Internaute 26276
      étudiant ingénieur en (...)

    le lien pour les formations mène sur une page vierge

    • Sophie Verney-Caillat
      Sophie Verney-Caillat répond à vermisseau
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 15h50 le 17/01/2011
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      lequel ?

      • vermisseau
        vermisseau répond à Sophie Verney-Caillat
        étudiant ingénieur en (...)
        • Posté à 16h22 le 17/01/2011
        • Internaute 26276
          étudiant ingénieur en (...)

        oui effectivement désolé je n’ai pas précisé

        celui sur les formations du GAB d’ile de france, la page se lance mais aucune donnée n’est disponible

        mais il est possible que ce ne soit pas la faute de rue89

  • Biloo
    Biloo
    Citoyen éveillé.
    • Posté à 15h35 le 18/01/2011
    • Internaute 141342
      Citoyen éveillé.

    Pour avoir eu un bref passage sur les banc d’un lycée agricole il y a quelques années, j’ai eu des relations intéressante avec les gens de la profession.
    Le bio est viable à grande échelle, sauf que pour passer au bio, cella demande des moyens conséquents, c’est la refonte d’une filière. En effet, la culture bio, demande des outils agricoles spécifiques. Tous le monde sait par exemple que le labours de la terre la rend incuiltivable. (j’avais entendu parler d’une commission d’expert européen chargé de statuer sur chose d’ailleur, sans nouvelles...)
    La culture bio demande aussi environ 4 à 5 fois plus d’heures de travail et une gestion très poussée de l’environement : organisation des jachères, rotation des cultures, choix des variété en fonction de l’environment et des autres cultures alentour, controle de l’état des sol (microbiologie et composition), découpage des grandes surface en parcelles réduites, gestion des haies et bosquets.... etc
    Il existe des instituts techniques spécialisé pour la certaines cultures spécifiques (je pense principalement au lin), il en faudrait plus. A la clef ce sont des emplois, dans les exploitations, les centres techniques, etc...

    Il existe encore des gens de la profession qui pensent que le bio n’est pas assez rentable. Rendement trop mauvais etc.
    Je me souviens avoir lu il y a quelques années dans une revue scientifique un article très interessant. Rien à voir avec l’ingénierie agricole, c’est une étude archéologique. Des écrit de l’époque gallo romaine ont été retrouvé avec des rapports listant sur les tonnage des récoltes en gaule après l’invasion romaine. Les chiffres en questions sont assez édifiant, car bien avant toute révolution industrielle, nos ancêtres mangeurs de sangliers (oui, je suis fan d’astérix) avais des rendements à l’hectare égaux à ceux des producteurs français des années 60. ( les rendements sont passés de 1tonne/Ha en 1900 à 2.9tonnes/Ha en 2000)
    Bref, le bio n’est pas viable.....

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