Polémique 16/01/2011 à 16h54

Les remèdes de Xavier Bertrand face au scandale du Mediator

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89


Xavier Bertrand à l’Assemblée nationale, le 30 novembre 2011 (Benoît Tessier/Reuters).

« Le doute a profité au médicament et non au malade », écrit l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) dans sa sévère enquête sur le Mediator, rendue ce samedi. Dans la foulée, le ministre de la Santé Xavier Bertrand a promis de « rebâtir un nouveau système du médicament pour qu’il n’y ait pas demain de nouveaux Mediator ».

Petit rappel : cette toute première enquête sur le Mediator analysait uniquement la chaîne de décision de l’administration. La question était de comprendre pourquoi ce médicament n’a pas été interdit dès 1999 comme cela aurait dû être le cas si tout avait fonctionné normalement.

Revue des maux dénoncés par l’Igas et des remèdes proposés par le ministre.

Les responsabilités du laboratoire

Servier a réussi pendant 35 ans à « rouler tout le monde dans la farine », a entendu l’Igas plusieurs fois. La molécule du Mediator, le benfluorex, est un anorexigène puissant dérivé des amphétamines, mais les laboratoires Servier ont réussi à le présenter et à le faire rembourser comme un antidiabétique.

► Le constat de l’Igas

« Dès l’origine, les laboratoires Servier ont poursuivi une stratégie de positionnement en décalage avec la réalité pharmacologique de ce médicament. »

Au moment où les anorexigènes entrent dans le collimateur des autorités (1995), le Mediator n’est pas inquiété.

« Cette erreur de raisonnement pharmacologique va emporter des conséquences graves. »

Les inspecteurs n’ont pas interrogé Servier, mais pointent la responsabilité flagrante du laboratoire dans ce scandale.

► La réponse de Xavier Bertrand

« Un faisceau d’indices indique une responsabilité première et directe de Servier », a estimé le ministre, plaçant l’entreprise au sommet de la hiérarchie des fautifs.

Les suites
judiciaires et l’indemnisation des victimes sont un autre volet. A ceux qui auraient souhaité un fonds public d’indemnisation des victimes, rapidement en place, Xavier Bertrand a préféré que les patients aient « le choix de la solution qui leur convient le mieux ».

L’incompréhensible tolérance de l’Afssaps

L’ancienne agence du médicament, devenue Afssaps en 1998, est ce « gendarme » qui n’a pas joué son rôle. Cette administration qui autorise les médicaments et décide de leur retrait, fait travailler de très nombreux experts supposés indépendants et qui déclarent leurs éventuels conflits d’intérêts. C’est ce système qui a failli, et sur près de 35 ans, à voir la dangerosité du Mediator.

► Le constat de l’Igas

Servier a « anesthésie » les acteurs de la chaine du médicament. Le Dr Aquilino Morelle qui présentait l’enquête a eu des mots très durs :

« L’Afssaps est apparue comme une bureaucratie sanitaire, où personne n’a pu avoir un raisonnement pharmacologique clairvoyant. Une structure lourde, lente, peu réactive, figée. »

► La réponse de Xavier Bertrand

Comme souvent dans ces cas-là, il faut couper des têtes. Celle du directeur de l’agence Jean Marimbert, en poste depuis 2004, est la première. Ce serait étrange que ce soit la seule. Xavier Bertrand a annoncé samedi son remplacement par un « binôme » (un professionnel de la santé et un administratif). Des réformes de fond sont avancées par le ministre :

  • sur les conflits d’intérêts : comme nous le rappelions dans notre article sur ce conseiller de son cabinet fréquemment rémunéré par les labos, dont Servier, le ministre veut faire le ménage. « Tous les membres des cabinets ministériels, qu’ils s’occupent du médicament ou pas, devront déclarer leurs conflits d’intérêts », a-t-il dit, sans préciser si un lien d’intérêt avéré interdirait l’accès aux cabinets.
  • sur les commissions de l’Afssaps : Xavier Bertrand veut diminuer le nombre de commissions et accentuer la mobilité. Plus iconoclaste, il a proposé que les débats soient filmés, que les avis minoritaires soient publiés et que les représentants des patients ou les membres de revues indépendantes puissent y assister. Prescrire, seule revue indépendante, et qui dénonçait le Mediator depuis 1997, aurait pu être entendue plus tôt par les experts.
  • sur le financement de l’Afssaps  : « Il sera maintenant directement assuré par les subventions de l’Etat, qui recevra par ailleurs les redevances de l’industrie pharmaceutique, mais ce n’est pas la même chose que si ce sont les redevances qui alimentent le budget de l’Afssaps. » La différence ne sera nette que si le budget en question augmente et que les experts sont moins dépendants d’appointements auprès des labos.
  • sur les lanceurs d’alerte : le ministre n’a pas tout à fait reconnu leur statut mais recommandé de préciser leur rôle, et de suivre leurs alertes. Irène Frachon, la pneumologue de Brest, aurait ainsi eu droit à la parole plus tôt.

Les défaillances de la pharmacovigilance

De 1995 à 2005, les comités techniques de pharmacovigilance ont enquêté sur le benfluorex, la molécule du Mediator, sans que l’hypothèse d’un retrait du marché ne soit abordé.

► Le constat de l’Igas

« Le retrait du Mediator aurait dû être décidé dès 1999, si le principe de précaution s’était appliqué correctement. L’inertie est incompréhensible alors que des cas graves sont mentionnés, que le médicament est retiré du marché en Italie et en Espagne, et que la place du Mediator dans la stratégie thérapeutique du diabète est contestée. »

Aucune information sur les risques du Mediator n’est remontée aux ministres de la Santé, précise l’Igas .

► La réponse de Xavier Bertrand

Une révolution est promise :

« Il ne doit plus suffire au médicament de prouver un bénéfice supérieur au placebo, il faut que le bénéfice pour le patient soit au moins supérieur aux produits de référence déjà présents sur le marché. “

Xavier Bertrand entend mettre la pression sur les labos qui devront, en cas de doute sur un médicament, prouver que le rapport bénéfice/risque reste positif au lieu que les autorités aient à prouver qu’il est devenu négatif. Si des études sont demandées aux labos et qu’ils ne les fournissent pas rapidement, leur autorisation de mise sur le marché pourrait être suspendue.

Grande nouveauté, un médicament dont le service médical rendu est jugé insuffisant ne pourra plus être remboursé. Ça peut paraître une évidence mais le Mediator avait réussi cette acrobatie d’être mal jugé mais remboursé.

‘Sous quinze jours’, le ministre attend un bilan des 76 médicaments faisant l’objet d’un suivi national de pharmacovigilance et la réévaluation de leur rapport bénéfice/risque. Il était temps.

Conscient que c’est ‘la confiance dans notre système de santé’ qui est en jeu, le ministre donne rendez-vous en juin, après les autres rapports et enquêtes sur le Mediator, pour faire de ses idées des réformes concrètes.

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  • glop-pasglop
    glop-pasglop
    justiciable à merci
    • Posté à 17h02 le 16/01/2011
    • Internaute 117082
      justiciable à merci

    Les promesses n’engagent que ceux qui y croient...

    • resistance citoyenne
      resistance citoyenne répond à glop-pasglop
      conseil en gestion - vigneron
      • Posté à 19h47 le 16/01/2011
      • Internaute 120598
        conseil en gestion - vigneron

      Ben en fait de promesses ca s’appelle du vent... bon les futurs medicaments auront un effet supérieur au placebo...donc placebo c’est effet=zero par définition, faut juste qu’il y ait un effet.. Sur cette base là, la coke va bientot etre prescrite a tout le monde et rembourser par la sécu... là y’a de l’effet.. mieux que le placebo..

      et deuxio les améliorations seront jugées à l’aune des médicaments DEJA référencé, cad, référencés COMME LE MEDIATOR...

      En conclusion, xavier bertrand nous promet la légalisation des drogues, mais remboursées, si elle ont pu prouver qu’elles sont moins nocives que les actuels poisons... Ca ouvre des perspectives ! ! !

      Bon d’un autre coté les mêmes luttent CONTRE l’agriculture bio, ... personne n’est à labri du mensonge ou des contradictions ! ! pas même Xaxa.ahahahahahaa ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

      • lagrue
        lagrue répond à resistance citoyenne
        Ostéopathe
        • Posté à 09h42 le 17/01/2011
        • Internaute 77190
          Ostéopathe

        l’effet placébo est loin d’être égal à 0...il se situe plutôt autour des 30% ....ce qui veut dire que pour 3 ou 4 patients malades sur 10 ,qui prennent un « faux » médicament, on aura une guérison ...étonnant...et ce qui est encore plus étonnant c’est qu’on ne cherche pas à potentialiser cette effet...pas assez rentable ? ?

         
        • zicosas
          zicosas répond à lagrue
          le retour
          • Posté à 10h32 le 17/01/2011
          • Internaute 99796
            le retour

          mais ça existe, c’est l’homeopatie !

          • Jean Michel Abitbol
            Jean Michel Abitbol répond à zicosas
            Dinosaure Partouseur de Droite
            • Posté à 12h55 le 17/01/2011
            • Internaute 134333
              Dinosaure Partouseur de Droite

            Ouaip...Le Haribo de la pharmacie en quelque sorte.

            Du coup je me suis mis à la Rienopatie. Deux ou trois cuillère de Rienthovil, un principe inactif extrait de Rien, combiné à 100g de Bifoirus actif, qui me font trop de bien à l’intérieur du dedans.

            Les jours de forme je fais passer avec un jus d’orange du Brésil, qui ont un bilan carbone à dégommer de l’ours polaire, et là, patator, j’ai une vraie journée de héros.

        • Lictor
          Lictor répond à lagrue
          informaticien
          • Posté à 11h39 le 17/01/2011
          • Internaute 68450
            informaticien

          C’est d’ailleurs un peu ce qui peut justifier la présence de médicament à service rendu insuffisant s’ils ont peut d’effets secondaires et qu’on a un grand recul sur leur nocivité.

          Par exemple, pour un petit vieux qui a du mal à dormir ou des attaques d’anxiété, il peut être plus raisonnable de s’appuyer sur un médicament à service rendu faible mais avec un effet placébo réel que d’aller tout de suite lui coller un médicament très efficace (et probablement sur-dimensionné pour son problème) mais avec des effets secondaires et une nocivité mal établie (on manque souvent de recul sur les personnes âgées)...
          Le placébo fait normalement partie de l’arsenal d’un médecin.

          A signaler aussi qu’il existe également un effet nocébo (effets secondaires déclenchés par un faux médicament), qui tend à progresser avec la peur des médicaments...

          « ce qui est encore plus étonnant c’est qu’on ne cherche pas à potentialiser cette effet...pas assez rentable »

          Au contraire, l’effet placebo est exploité à fond par l’homéopathie, et c’est une industrie extrêmement rentable...

        • resistance citoyenne
          resistance citoyenne répond à lagrue
          conseil en gestion - vigneron
          • Posté à 14h48 le 18/01/2011
          • Internaute 120598
            conseil en gestion - vigneron

          mouais ! ! l’effet placebo a 30 % vuos vous avancez un peu ! ! prendre de l’eau salée ou du sucre en poudre n’a jamais engagé la rémission d’un cancer il me semble.. Que ca influence sur certaines maladies avec des composantes psychosomatiques je veux bien...mais un placebo c de l’eau + du sel ou du sucre...
          DOnc il suffirait que le médicament en question sous meilleur qu’un bout de sucre pour être considéré comme un médicament.

          EN fait ca fait 50 ans que le peuple sert de cobayes aux experiences de charlatans capitalistes. Le scandale de la vaccination HN n’aura pas laissé beaucoup de trace dans votre souvenir..

          Puisqu’on trouve encore qq défenseurs de ces labos (au nom de la santé publique si bien représentée par un Xavier bertrand ou une bachelot), je ne résiste pas à développer les remarques que m’a faite encore un ami hier soir.

          En matiere d’amphétamine ou d’exctasy, il me rappelle que pour en faire il faut des précurseurs chimiques tres specifiques... ET donc sans ces chers labos (si 450 millions d’euros c cher !) les dealers ne pourraient créeer leurs merdes... De là a penser que les labos sont les entreprises mysanthropes pour lesquelles on veut les faire passer, y’a une marge....que dis-je, ...un fossé.

          • lagrue
            lagrue répond à resistance citoyenne
            Ostéopathe
            • Posté à 21h32 le 18/01/2011
            • Internaute 77190
              Ostéopathe

            « Efficacité du placebo
            L’efficacité moyenne du placebo est difficile à évaluer globalement, tant sont nombreuses les variables. Pour la plupart des auteurs, elle se situerait en moyenne autour de 30 % »

            Lien

            .... les placebos interviennent dans toutes sortes de pathologies (on a meme montré un role dans la maladie de parkinson en faisant croire au patient qu’il a été opéré)..et pas seulement pour ce qui peut vous sembler « pas trés grave »...c’est le corps qui soigne la plaie pas le pansement....

            • resistance citoyenne
              resistance citoyenne répond à lagrue
              conseil en gestion - vigneron
              • Posté à 04h16 le 19/01/2011
              • Internaute 120598
                conseil en gestion - vigneron

              mouais.... mais l’extasy est aussi prescrite pour lutter contre kle parkison.

              il n’en demeure pas moins qu’un placebo, par définition , c’est ....de l’eau et du sucre... ou de l’eau et du sel...bref pas grand chose...si l’eau salée est un médicament..alors c’est que la médecine chinoise est remboursée par la sécu.

              qu’il existe peut etre une dimension psychologique favorable à l’expression des symptomes, mon défunt père, docteur en sémiologie médicale vous eût apporté peut être une réponse plus précise.

              mais ça vaut le coup de l’étudier, je suis d’accord....et pour cause !

        6 autres commentaires
    • resistance citoyenne
      resistance citoyenne répond à glop-pasglop
      conseil en gestion - vigneron
      • Posté à 19h50 le 16/01/2011
      • Internaute 120598
        conseil en gestion - vigneron

      désolé...j’ai pas pu m’empecher de rire sur la fin .... ahahahaha
      quel comique troupier ce xavier ! ! ! et dire qu’il est ministre. avec (géniale la photo ! !) roselyyyyyyyyne en arrière plan..
      Pour nettoyer la corruption médicale, elle pourra faire un rapport de premier plan sur les dérives du système qui ne profite qu’à ses amis des labos.

      Y’a quand meme un petit gout d’entre deux guerres dans les problématiques d’actualité, non ?

      • Akhu
        Akhu répond à resistance citoyenne
        Des yeux derrière la tête
        • Posté à 22h05 le 16/01/2011
        • Internaute 119883
          Des yeux derrière la tête

        Mais voyons, elle s’est entourée des « meilleurs experts » en matière de grippe.

        L’avis du Dr Marc Girard sur la question :

        Lien

        LienRapport de l’Igas sur Médiator
        UN COUP POUR RIEN

         
        • resistance citoyenne
          resistance citoyenne répond à Akhu
          conseil en gestion - vigneron
          • Posté à 04h10 le 19/01/2011
          • Internaute 120598
            conseil en gestion - vigneron

          faut pas dire un coup pour rien...plutot « un coup de plus pour lever l’armée de lutte contre l’incompétence et la corruption ».

          parce que si ils etaient seulement malhonnétes et méchants , ca ne serait pas grave.. raisonner un délinquant....c’est l’action quotidienne de la justice... ca peut marcher ! ! !

          mais raisonner des cons qui n’ont conscience de rien en dehors de leur ego (trou du cul : rayez la mention inutile) l) c’est une vraie performance...voire une cause perdue ! ! !

          • Akhu
            Akhu répond à resistance citoyenne
            Des yeux derrière la tête
            • Posté à 04h20 le 19/01/2011
            • Internaute 119883
              Des yeux derrière la tête

            « faut pas dire un coup pour rien »

            Désolé, ce n’est pas mon commentaire mais le titre du post de Marc Girard.
            C’est un lien, il suffit de cliquer dessus.
            Mais bon, sinon, comme ces cons là prônent la tolérance zéro envers les petits délinquants, je propose que l’on leur applique la même chose, à eux qui nous pourrissent l’existence à tous et hypothèquent l’avenir de nos enfants.
            Ah oui, mais pour ça, il faudrait que la justice soit indépendante, j’oubliais.

        2 autres commentaires
    • lancetre
      lancetre répond à glop-pasglop
      • Posté à 22h46 le 16/01/2011
      • Internaute 18658

      S’il existe encore des journalistes dans ce pays, j’attends d’eux qu’il harcèlent le président de la République et ses ministres, aussi longtemps qu’ils n’auront pas répondu clairement à cette question simple :

      Qu’est-ce qui justifie que Nicolas Sarkozy ait remis en personne au patron du laboratoire Servier la plus haute distinction française, à savoir la grand-croix de la Légion d’ Honneur ?

      • réactionnelle
        réactionnelle répond à lancetre
        retraitée
        • Posté à 10h11 le 17/01/2011
        • Internaute 119991
          retraitée

        Eh bien une belle enveloppe kraft du même style qu’employait mémé Zinzin.

      • Ellington
        Ellington répond à lancetre
        • Posté à 16h37 le 17/01/2011
        • Internaute 27898

        Les laboratoires Servier ont de longue date été contribuables à Neuilly. Le bon Docteur Servier a également bien servi le parti du président par ses contributions électorales.

        En retour, les autorités ont fermé les yeux sur les pratiques scandaleuses du-dit laboratoire en matière de relations sociales et les enquêtes de bien-pensance (oui, je sais que le mot n’existe pas) préalables à l’embauche.

        On se demande si la collectivité va venir en aide aux victimes ?

        Non, ce serait injuste, il faut faire payer les responsables, ils sont solvables !

  • zénon denon 84
    • Posté à 17h12 le 16/01/2011
    • Internaute 30028
      Bonne

    Quelle volonté ,montrée...
    Quel menton volontaire _O combien _

    Et tout ça devant une « Bacelotte “qui fait la grimace !
    et un bien gras mossieur
    qui se cure les dents !

    Qui a dit qu’a l’assemblée dite nationale
    il ne se passait rien ____Que voilà un bien beau contraire /

    • gillou69
      gillou69 répond à zénon denon 84
      Technicien
      • Posté à 23h45 le 16/01/2011
      • Internaute 90570
        Technicien

      Le monsieur bien gras.
      C’est michou, le traite au modem.
      Le sinistre de la justice pour certains, les riches de sarkozy.

  • Rebel Yell
    Rebel Yell
    Je pose une question.
    • Posté à 17h16 le 16/01/2011
    • Internaute 127333
      Je pose une question.

    A ceux qui auraient souhaité un fonds public d’indemnisation des victimes, rapidement en place, Xavier Bertrand a préféré que les patients aient « le choix de la solution qui leur convient le mieux ».

    Dans la mesure où les laboratoires font en France des bénéfices colossaux, il me semblerait plus logique de créer un fond privé d’indemnisation, via d’une part une grosse amende aux laboratoires Servier et à son propriétaire (car il n’est pas de doute aujourd’hui sur leurs responsabilités dans le cas du Médiator) et d’autre part une taxe spéciale dédiée aux laboratoires en général.

    Par ailleurs, pourquoi ne met-on pas en place la vente de médicaments « à la pilule » plutôt que de vendre des quantités toujours supérieures à la prescription ce qui fait sans aucun doute le bonheur des laboratoires et des pharmaciens, mais creuse d’autant plus le déficit de la sécurité sociale ?

    • Lictor
      Lictor répond à Rebel Yell
      informaticien
      • Posté à 11h53 le 17/01/2011
      • Internaute 68450
        informaticien

      Pour la prescription à la pilule, j’ai quand même des doutes. C’est pratiqué surtout aux USA, mais on constate qu’en fait, la pilule à l’unité y coûte le prix de la boite complète chez nous.
      Ce système permettrait peut-être d’économiser côté laboratoires, mais pas côté pharmaciens, parce qu’il y aurait de la main d’oeuvre supplémentaire à payer...

      Un autre problème de cette solution, c’est qu’on réduit l’information du patient et qu’on accroît le risque. Si je prends un médicament en France, j’ai une boite distinctive (avec le nom du médicament en braille), avec une notice semi-complète. Cette notice rappelle la posologie normale, les risques d’allergie, les effets secondaires... Je peux ainsi vérifier la prescription du médecin (si, il y a parfois des erreurs de posologie). Je peux également vérifier s’il va y avoir un problème d’allergie. Et, enfin, savoir quoi faire en cas d’effets secondaires.
      Avec la prescription à l’unité, on a un flacon banalisé avec une étiquette illisible pour une partie de la population. Seule l’aspect des pilules est distinctif. Il n’y a pas de notice, il faut faire une confiance aveugle à son médecin. Ou alors investir dans un Vidal, ce que ne ferons pas la plupart des gens.

      Mais surtout, il faut voir où vont les dépenses de médicaments !
      Déjà, il y a déjà pas mal de traitements où la boite correspond à la durée du traitement. C’est le cas pour la plupart des antibiotiques par exemple.
      Surtout, l’essentiel des dépenses est en fait sur les traitements à vie ou au long cours : anti-diabétiques, anti-cholestérol, anti-hypertensifs, traitement de l’arthrose... Les patients prendront des dizaine de milliers de pilules au cours de leur vie. La délivrance à l’unité ne présente aucun intérêt, au contraire, elle induit un coût en remplaçant un traitement automatisé (la mise en boite à l’usine) par un traitement manuel effectué par un personnel sur-qualifié (le pharmacien)...
      Donc, au final, pour le poste de dépense le plus important, le passage à la vente à l’unité risque en fait d’augmenter les coûts...

      Au final, pas sûr que la vente à l’unité soit vraiment une bonne idée dans les faits...

      • Rebel Yell
        Rebel Yell répond à Lictor
        Je pose une question.
        • Posté à 19h33 le 17/01/2011
        • Internaute 127333
          Je pose une question.

        @ Lictor :

        Vos arguments se tiennent mais je ne suis quand même pas totalement convaincu.

        Le fait que cela se pratique aux USA est un bon indice de faisabilité.

        L’argument de la main d’œuvre coté pharmacien : je vous parie que si les médicaments se vendent à la pièce, les pharmaciens ne mettront pas plus de quelques jours à s’équiper de machines compte-pilules ou compte-sachets sur le principe de celles utilisées dans les laboratoires mais en plus petit.

        L’argument de la réduction voire de l’occultation de l’information au patient : combien de personnes lisent la notice des médicaments qu’ils prennent ? Pourquoi ne pas mettre les notices en téléchargement sur Internet ? (Je crois que cela se fait déjà.) Et pour ceux qui n’ont pas de connexion, le pharmacien, qui en a forcément une lui, peut imprimer la notice avant de la donner au patient. On doit pouvoir aussi mettre des étiquettes en braille ou à défaut, des marques en relief conventionnelles sur les boites destinées aux aveugles.

        Je suis d’accord sur le principe des maladies chroniques et des boites correspondant exactement à la prescription (antibiotiques) mais il n’empêche que j’ai chez moi des stocks de médicaments inutilisés qu’il faut rapporter régulièrement au pharmacien : je ne pense pas être le seul et c’est bien un signe de gaspillage. Et puis je maintiens que certains médicament sont maladroitement (ou adroitement, selon qu’on regarde le coté Sécu ou le coté labos) packagés de façon à ce que le prescription dépasse un tout petit peu la quantité d’une boite : par exemple il vous faut 6 jours à 3 pilules par jour et la boite contient 15 pilules. Et bien là, le pharmacien vous donne 2 boites et 40% du traitement part à la poubelle.

        Alors je sais qu’il y a de bons médecins qui font attention à cela, de bon pharmaciens qui agissent de façon professionnelle et proposent systématiquement des génériques, mais ils sont trop rares. Il me semble que la logique est quand même à l’optimisation des dépenses de la Sécu et au contrôle de la prescription par une juste quantité distribuée.

        Mais je dois être trop naïf et idéaliste.

         
        • Lictor
          Lictor répond à Rebel Yell
          informaticien
          • Posté à 10h44 le 18/01/2011
          • Internaute 68450
            informaticien

          « Le fait que cela se pratique aux USA est un bon indice de faisabilité. »

          Oui, ça se fait, mais c’est probablement le pays au monde où les médicaments sont les plus chers. Comme je vous disais, la boite complète en France vous coûtera moins cher que la pilule aux USA. Et je parle bien de prix, sans même faire intervenir le remboursement sécu/assurance...

          « les pharmaciens ne mettront pas plus de quelques jours à s’équiper de machines compte-pilules ou compte-sachets »

          Machine pas gratuite, dont l’amortissement et l’utilisation seront facturés. Et là, on suppose que ça sera répercuté en fonction du prix...

          « L’argument de la réduction voire de l’occultation de l’information au patient : combien de personnes lisent la notice des médicaments qu’ils prennent ? Pourquoi ne pas mettre les notices en téléchargement sur Internet ? (Je crois que cela se fait déjà.) »

          Normalement, tout le monde devrait lire les notices ! Quand on met en place des politiques de sécurité sanitaire, le patient est considéré comme un acteur à part entière. Par exemple, à l’hôpital, faire répéter les informations au patient évite des erreurs médicales (opération sur le mauvais organe ou le mauvais patient par exemple).
          De plus, sur les maladies longues, qui représentent l’essentiel des coûts, la participation du patient est essentielle au succès du traitement. Il ne peut pas se contenter de prendre des pilules passivement : il doit identifier les effets secondaires graves, il doit identifier les signes d’aggravation de sa maladie, il doit savoir comment réagir à un oubli ou un surdosage. Même une simple contraception hormonale demande de connaître la notice - par exemple pour éviter l’auto-médication qui perturbe son fonctionnement.

          Internet n’est pas accessible aux plus gros consommateurs de médicaments : les vieux. De plus, depuis Hadopi, on sait qu’Internet n’est pas un droit fondamental, on ne peut donc pas faire dépendre une information de santé essentielle dessus.

          Faire imprimer la notice au pharmacien pourrait être une solution. Mais elle ne sera pas gratuite non plus. Ce genre de chose fait généralement l’objet d’une bataille rangée qui se négocie à coup de revalorisation ou de forfait mensuel.

          « il n’empêche que j’ai chez moi des stocks de médicaments inutilisés »

          Oui, j’en ai aussi. Sachant que la moitié correspond en fait à de l’auto-médication et n’a donc rien coûté à la sécu. Une autre partie correspond à des médicaments à usage occasionnel, comme les anxiolytiques, où parfois la date de péremption arrive avant la fin de la boite.
          Mais ces volumes restent négligeables. Combien de pilules est-ce que ça représente ? Surtout, combien est-ce que cela représente en valeur remboursée ? Il y a un biais : les traitements pour les maladies chroniques sont les mieux remboursés (ALD à 100%) et aussi souvent les plus chères (recherche active car rentable, donc molécules sous brevet). Par exemple, la dernière molécule contre l’acide urique revient à 50€ la boite, ce qui correspond à un mois de traitement. Au passage, la version à l’unité aux USA revient autours de $300 par mois. Et c’est une traitement à vie, donc sur facilement 30-40 ans. Sachant qu’il s’agit encore d’un traitement pas trop cher, d’autres maladies montent bien plus haut.
          Par comparaison, la plupart des traitements courants (anti-douleurs légers/moyens, anti-inflammatoires courants....) ne coûtent presque rien.

          En comparaison, pas mal de personnes âgées prennent 5 médicaments différents par jour, à raison de 1 à 3 pilules, voire plus, chacun. Elles remplissent votre reliquat de médicament en quelques jours de consommation. Et avec certains médicaments bien plus chers. C’est là que se situe le gros du coût.

          « certains médicament sont maladroitement packagés de façon à ce que le prescription dépasse un tout petit peu la quantité d’une boite »

          Le problème, c’est qu’il n’y a pas de prescription standardisée pour toutes les spécialités. Votre médecin, qui est responsable de sa prescription, aurait tout aussi bien pu vous arrêter à 5 jours.

          « de bon pharmaciens qui agissent de façon professionnelle et proposent systématiquement des génériques »

          Pour le coup, générique ou pas, ça n’a aucun impact sur la sécu qui rembourse sur la base du générique de toute façon...Le surcoût est payé par le patient ou sa complémentaire.
          Après, le générique n’est pas strictement équivalent à la version d’origine. Par exemple, les excipients ne sont pas les mêmes. Parfois, la molécule n’est pas tout à fait identique spatialement. Sans même parler de la forme de la pilule - c’est con, mais c’est un problème pour certains patients âgés d’avoir une pilule différente d’un mois sur l’autre. Sans parler de certains variations où la pilule est impossible à avaler pour les gens qui ont un problème de déglutition...
          Le traitement est aussi efficace, par contre les réactions d’intolérance peuvent varier. Les personnes allergiques peuvent une réaction non pas à la molécule mais à un excipient.
          L’option générique marche pour beaucoup de monde, mais pas pour certaines personnes. Mais elles payent de leur poche, pas sur la sécu...

          « Il me semble que la logique est quand même à l’optimisation des dépenses de la Sécu »

          Le problème, c’est que l’optimisation n’est pas gratuite. L’optimisation creuse donc un peu plus le déficit. Elle doit donc se rembourser. Elle prend également la place d’une autre optimisation.
          Un exemple, c’est la photo sur la carte vitale. Elle est destinée à lutter contre la fraude. Certes. Mais quel est le coût de cette fraude ? Parce que le coût du remplacement de toutes les cartes vitales, lui, est énorme. Sachant que beaucoup de pharmacien de vérifient pas vraiment. Et qu’au bout de 10 ans, les photos ne ressembleront plus à rien de toute façon. Par contre, cette opération sera très rentable pour la boite privée qui remportera le contrat de mise à jour...

          Pour les médicaments, il vaudrait mieux s’attaquer aux plus gros postes de dépense :

          - la sur-médication chronique => les psychotropes par exemple, mais aussi les personnes âgés dont certaines ont de véritables cocktails de médicaments, sachant qu’au delà de 5, les interactions deviennent difficiles à maîtriser...
          - la valse des spécialités => quand le brevet d’un médicament expire, le labo sort une nouvelle spécialité sous brevet, donc bien plus chère. Souvent, la nouvelle spécialité ne rend pas un service supérieur, mais introduit un danger (effets secondaires moins connus, usage moins maîtrisé). Comme l’AMM évalue le service rendu par rapport au placebo, ces nouvelles molécules passent comme une lettre à la poste. Mais elles coûtent dix fois plus cher que l’alternative tout aussi efficace...
          - les maladies chroniques => des politiques de prévention ou des approches basées sur l’hygiène de vie éviteraient bien des maladies chroniques, qui représentent l’essentiel des dépenses. Par exemple, les douleurs chroniques sont un poste de dépense très important (traitement, arrêts maladies), alors que la plupart auraient été évitables, notamment en adaptant les postes de travail...
          - les critères diagnostiques => sur certaines maladies métaboliques, on descend d’années en années les critères diagnostiques. Du coup, des patients qui étaient « sains » deviennent « malades » et sont traités à vie avec des médicaments coûteux... Sachant qu’une bonne partie de la recherche, et donc des études qui établissent ces critères, sont financées par l’industrie...

        1 autres commentaires
  • laflibuste
    • Posté à 17h31 le 16/01/2011
    • Internaute 33759

    au delà de l’indemnisation des victimes directes, il me semble qu’il doit y avoir une juste indemnisation la sécurité sociale et des citoyens. En effet, il me semble que ce médicament a été prescrit larga-manu comme coupe faim (et remboursé parce-que déclaré utilisé comme anti-diabétique). Les médecins prescripteurs devraient donc nous rembourser pour cette fraude massive.

    • Lictor
      Lictor répond à laflibuste
      informaticien
      • Posté à 12h12 le 17/01/2011
      • Internaute 68450
        informaticien

      Tout à fait.

      Sachant que la situation reste tout de même compliquée. Dans certains cas, la prescriptions hors AMM est justifiée. Notamment dans le traitement de maladies rares ou orphelines. Ou encore dans le cadre de l’exploration par les CHU d’utilisation d’anciens médicaments pour de nouvelles applications. Les AMM sont toujours lentes à suivre, quand elles suivent, et il peut donc y avoir plusieurs années entre les travaux de recherche trouvant une nouvelle application d’un médicament et l’autorisation officielle.

      Et dans ce cas, la chasse à la fraude pratiquée sans discernement risque en fait de pénaliser au final les patients, qui ne verront plus leur traitement remboursé...

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 17h45 le 16/01/2011
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Le scandale continue :

    Le ministère à communiqué uniquement sur les dangers du princep, le Mediator 150 mg®, mais n’a rien dit sur ses deux génériques, Benfluorex Mylan et Benfluorex Qualimed,

    « Le doute a profité au médicament et non au malade [encore] »

  • in girum
    • Posté à 17h49 le 16/01/2011
    • Internaute 8170

    ah oui ? l’ancien chef de l’ump va faire toute la lumière( ! ! !) sur la pyramide de corruption active qui bénéfice à un gros donateur du parti ? et pourquoi pas demander au loup de mener l’enquête sur la disparition du petit chaperon rouge ? on dirait du philippe courroye !
    on est dans la corruption au cube, de la protection de corruption !

  • terremerair
    terremerair
    Ca gamberge
    • Posté à 17h52 le 16/01/2011
    • Internaute 31540
      Ca gamberge

    Mediator : deux conseillers de Xavier Bertrand en 2005 avaient des liens avec Servier

    Lien

  • inspecteur crouton
    inspecteur crouton
    troll de tram
    • Posté à 17h57 le 16/01/2011
    • Internaute 118828
      troll de tram

    Martin Hirsch proposait la suppression des visiteurs médicaux, aussi.

    De sacrés parasites la plupart du temps totalement incompétents et qui sont surtout là pour inviter les médecins à des cocktails ou des « séminaires » aux Seychelles, histoire de les convaincre de prescrire comme il faut.

    Pas une perte, et sûrement un service à rendre à la Sécu.

    (NB Irène Frachon est pneumologue à Brest, pas cardio )

    • A déménagé le 31-1
      • Posté à 20h45 le 16/01/2011
      • Internaute 115310

      hep hep hep !
      on mange gratis au boulot grâce aux labos qui viennent faire leur spitch. Italien, grec, pakistanais, etc. Les molécules qu’ils ont à refourguer, on s’en tamponne.
      On le connaît le spitch !
      Ce qui nous intéresse, c’est la bonne bectance gratos, le dé-jeu-ner ! le reste, fff...
      en tout cas, c’est comme ça que je le vois...

      • tOrDrE L¤RdRe
        tOrDrE L¤RdRe répond à A déménagé le 31-1
        chien de talus
        • Posté à 22h03 le 16/01/2011
        • Internaute 50571
          chien de talus

        tu en croques donc, mon filou...

         
        • A déménagé le 31-1
          • Posté à 22h17 le 16/01/2011
          • Internaute 115310

          malédiction, je suis démasqué
          cher M. TordReLordRe, rien ne vous échappe, c’est terrible.
          Sachez toutefois pour votre gouverne que je me contente d’aller à la soupe avec ma bien aimée équipe - et des médecins concernés -, mais que, NON ! justement, je me contente de taper l’incruste en loucedé quand vient l’heure de manger... Surtout si les labos ont commandé des spécialités que j’aime. C’est tout. Cela ne fait pas de moi un monstre. Je ne suis que l’humble parasite des labos qui viennent faire de la retape dans ma boite...

          • tOrDrE L¤RdRe
            tOrDrE L¤RdRe répond à A déménagé le 31-1
            chien de talus
            • Posté à 22h33 le 16/01/2011
            • Internaute 50571
              chien de talus

            c’est toi le GOUFFRE de la sécu, tout fini dans ton ventre !

            • A déménagé le 31-1
              • Posté à 22h46 le 16/01/2011
              • Internaute 115310

              tiens c’est marrant j’en parlais au boulot y a pas longtemps de ce film génial.
              Le trou de la sécu c’est en effet aussi, en bonne part, l’industrie pharmaceutique qui s’arrange sans problème avec le politique qui lui mange souvent dans la main, pour évincer un médoc pas cher quand elle en peut en diffuser un nouveau qui coûte bonbon, car la prise en charge sécu, y en a bon pour le larfeuille de l’administrateur de labo. Qui mange avé le politique. Le parasitage de la sécu est là...

              • tOrDrE L¤RdRe
                tOrDrE L¤RdRe répond à A déménagé le 31-1
                chien de talus
                • Posté à 22h52 le 16/01/2011
                • Internaute 50571
                  chien de talus

                ce que je trouve inquiétant aussi c’est qu’une grande partie de la recherche dépende des investissements privés, c’est se tirer une balle dans le pied.

                • A déménagé le 31-1
                  • Posté à 23h05 le 16/01/2011
                  • Internaute 115310

                  tu l’as dit, et ça s’aggrave je crois
                  Il faudrait que le public fonctionne pile poil pareil que le privé, critères d’excellence, primes d’excellence, chaires d’excellence, équipements d’excellence, laboratoires d’excellence, initiatives d’excellence, périmètres d’excellence, pôles d’excellence.

                  « L’excellence s’expédie. Peu importe que les excellents d’aujourd’hui ne le soient pas demain. Ce qui compte, c’est que le pouvoir ait la haute main sur l’excellence. Les experts, les jurys, les critères et les grilles n’ont aucune importance ; personne ne fait semblant d’y croire. L’excellence se décrète là où il convient. On sait déjà à peu de chose près qui seront les heureux gagnants. La France sarkozyste est un pays où l’agitation du pouvoir crée la qualité de la science. Les scientifiques, transformés en hommes de dossiers inutiles pleins de work package,track records, deliverables et dissemination, désespèrent, tandis que les officines de rédaction, traducteurs en globish et consultants managers, prospèrent.
                  L’excellence est un nom de code. On parlait déjà de plans sociaux pour ne pas parler de licenciements. L’euphémisme évolue. Il adopte maintenant le superlatif : excellent, le meilleur. Mais il ne s’agit jamais d’identifier des singularités, où qu’elles soient. Il s’agit de virer le grand nombre, downsizer. L’excellence est le plan social de la science. » B. Cassin, P. Buttgen, CNRS

    • Lictor
      Lictor répond à inspecteur crouton
      informaticien
      • Posté à 12h36 le 17/01/2011
      • Internaute 68450
        informaticien

      Le problème, c’est que les visiteurs médicaux assurent la formation des médecins. Pas que ça soit une bonne chose. Mais sans ces visiteurs, on va se retrouver avec des médecins qui ont 10, 20 ou 30 ans de décalage entre leurs connaissances et l’état de l’art.

      C’est d’ailleurs un gros problème en France. Combien de médecin passent régulièrement des DU ou autres formations pro pour se maintenir au courant ? Combien, d’ailleurs, sont abonnés à Prescrire ?

      Au delà de l’interdiction des visiteurs médicaux, il faudrait sérieusement se pencher sur ce problème... Par exemple, est-ce que des médecins à jour sur la pharmacologie ou la nutrition aurait prescrit du Médiator ? Les premiers aurait su reconnaître une amphétamine et ses dangers. Les seconds auraient su que les coupes-faims ne présente pas d’intérêt à long terme.

      • inspecteur crouton
        inspecteur crouton répond à Lictor
        troll de tram
        • Posté à 14h44 le 17/01/2011
        • Internaute 118828
          troll de tram

        Sauf qu’ il y a aussi des formations indépendantes des labos, mais c’ est du boulot en plus et c’ est à la discrétion des médecins, rien ne les y oblige en effet...

  • enfumage
    enfumage
    parti de rien pour arriver (...)
    • Posté à 18h03 le 16/01/2011
    • Internaute 97031
      parti de rien pour arriver (...)

    Oui ou non Sarkozy a il été l’avocat des labos Servier ?
    oui ou non les labos Servier ont ils leur siège à Neuilly ?
    oui ou non Sarko a il décoré papy Servier de la légion d’honneur ?
    oui ou non les labos Servier étaient ils un des donateurs du 1er cercle de l’UMP ?

    après l’affaire Bettencourt et Woerth la coupe de l’infamie est pleine ...la mafia de Neuilly a pris le pouvoir en France ..Sarko combien de morts ?

    • Alexad
      Alexad répond à enfumage
      • Posté à 18h21 le 16/01/2011
      • Internaute 8145

      Que de bonnes questions en effet ! ! ...

    • in girum
      in girum répond à enfumage
      • Posté à 19h34 le 16/01/2011
      • Internaute 8170

      on attend l’enquête de rue89 sur toutes ces questions pour aller chercher les preuves de corruption, parce que si on doit compter sur patrick cohen ou david pujadas, on risque pas voir de voir l’insurrection venir. on est pas encore en tunisie.

    • sans-tabou
      sans-tabou répond à enfumage
      Citoyen de la République
      • Posté à 20h15 le 16/01/2011
      • Internaute 99446
        Citoyen de la République

      « ...Sarko combien de morts ? ... »

      Secret défense !

  • EdkOb
    EdkOb
    la France d'après...
    • Posté à 18h05 le 16/01/2011
    • Internaute 85736
      la France d'après...

    Et rien de rien, sur les conseillers de Bertrand, comme l’a révélé le Canard, qui bossaient pour Servier ?

    C’est quoi, cette mansuétude, à l’égard de cette bande de racaille en costards 3 pièces.

    Quand donc les imbéciles cesseront de regarder le doigt ?

    • Akhu
      Akhu répond à EdkOb
      Des yeux derrière la tête
      • Posté à 22h12 le 16/01/2011
      • Internaute 119883
        Des yeux derrière la tête

      Quand donc les imbéciles cesseront de regarder le doigt ?
      Quand celui-ci sera dans leur lune ?

      • EdkOb
        EdkOb répond à Akhu
        la France d'après...
        • Posté à 11h43 le 19/01/2011
        • Internaute 85736
          la France d'après...

        C’est déjà le cas, pour beaucoup.

        Peut-être que 23 ans de dictature produira des révoltes...

  • ROBINDESBOIS
    ROBINDESBOIS
    travailleur indépendant
    • Posté à 18h19 le 16/01/2011
    • Internaute 58362
      travailleur indépendant

    Que l’on s’attaque déjà au « système » de ce laboratoire, dont le PDG a fait montre d’une arrogance certainement héritée de son cabinet d’avocats d’affaire...suivez mon regard !
    que de silence monsieur le président d’habitude si bavard et gesticulant ! ! !

  • boboland
    boboland
    ex-o'placard
    • Posté à 18h28 le 16/01/2011
    • Internaute 104841
      ex-o'placard

    on plaint les malades, on pleure ceux qui sont morts, on dénonce le labo, les visiteurs médicaux, l’ Administration, le ministre etc.
    Ce Mediator était un anti diabétique bidon remboursé par la Sécu,
    les medecins le savaient depuis 1976et d’ailleurs ne le prescrivaient pas à ce titre mais comme coupe-faim et, du coup, ce coupe-faim était remboursé par la Sécu...c’est du détournement
    Les medecins et leur Ordre, les Syndicats font profil bas, il leur sera surement reproché d’avoir largement prescrit cette spécialité et d’avoir triché pour en faire obtenir le remboursement

    • Rebel Yell
      Rebel Yell répond à boboland
      Je pose une question.
      • Posté à 19h01 le 16/01/2011
      • Internaute 127333
        Je pose une question.

      @ boboland :

      Je vous prierais d’être un peu plus respectueux de la profession de médecin.

      Vous remarquerez que les médecins n’ont pas besoin de faire grève pour obtenir les augmentations du prix de la consultation : ce sont des gens persuasifs.

      Vous remarquerez en outre qu’ils les obtiennent toujours en échange de meilleures prescriptions (médicaments génériques) visant à combler le déficit de la sécurité sociale. Bon, cet objectif n’est jamais atteint car il faut bien soigner les malades : ce sont des gens humains.

      Vous remarquerez enfin que lorsque vous arrivez dans un cabinet et que vous demandez précisément (allez, un peu de culot) un médicament particulier, le bon médecin obtempère la plupart du temps : ce sont des gens à l’écoute.

      Donc cessez vos sarcasmes !
      (Ironie)

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