16/01/2011 à 17h24

Ma rencontre avec un agriculteur bio, heureux et prospère

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89


Sur l’exploitation de Paul Thierry (Audrey Cerdan/Rue89).

Le rabotage des niches fiscales des agriculteurs bio ? Paul Thierry, maraîcher en Seine-et-Marne, ne le sentira pas passer. Lui ne se plaint pas : sur cinq hectares, il cultive des légumes pour 250 familles, fait travailler trois personnes et se paie 2 000 euros par mois.

J’ai la chance de tomber sur les trois mois d’hiver où sa terre se repose, il a donc un peu de temps pour discuter. La distribution des paniers bio reprendra en avril, les « consom’acteurs » ont rempli leur congélateur en attendant le printemps.

A 31 ans, Paul Thierry, père de deux enfants, a du mal à ranger son sourire. Malgré sa coiffure un brin rasta, il est satisfait d’avoir réussi à montrer qu’il est « possible de faire du bio avec une approche rationnelle et pas trop baba cool ou artisanale, et que ça marche ».

C’est grâce à la motivation des fondateurs des associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (Amap) qu’il a pu s’installer. Ce système de vente directe est très avantageux pour l’agriculteur : afin de l’aider à convertir des terres en bio, les clients s’engagent à lui payer d’avance les paniers sur la saison, et assument avec lui les aléas de la production.

En 2007, il a converti les deux hectares que son frère lui a loués (sur les 130 que ce dernier cultive en céréales conventionnelles) et aussitôt il s’est retrouvé avec une commande de 62 paniers par semaine. Ses études de musicologie et son idée de s’installer dans un minuscule recoin de la propriété familiale pour faire « du qualitatif » le faisaient déjà un peu passer pour l’original chez les Thierry.

Aujourd’hui, il bosse autant que son frère (60 à 70 heures par semaine), gagne au moins autant, mais en plus Paul a créé trois emplois.

« Que mes légumes soient moins chers que sur le marché »

« On ne fait pas le même métier », dit-il en croquant dans un reste de chou rouge ramassé par terre, et émerveillé par la saveur du légume. Grâce à la vente directe, Paul connaît son client. Même si le consommateur militant est a priori indulgent, il compte sur Paul pour être régulier :

« Ils ont payé chaque semaine 12, 16 ou 20 euros et le contenu du panier est variable. Je mise sur la qualité mais je fais aussi attention à ce qu’ils en aient pour leur argent. Et j’essaie que mes légumes soient moins chers que sur le marché, même s’ils ne sont pas toujours beaux. »


Paul Thierry et son chou rouge (Audrey Cerdan/Rue89).

Paul simule sur un tableau le prix au kilo de ses soixante variétés de légumes, herbes aromatiques et même de fruits. « Des prix d’ambiance », dit-il, car il n’a pas d’idée réelle de ce que lui coûte à produire chaque légume. Il se flatte d’inscrire la tomate de variété ancienne à 3,5 euros, quand Auchan propose de la « cœur de bœuf » hollandaise (et formatée) à 6 euros.

Réussir à fournir est la principale angoisse du maraîcher bio. Cette année il a fait chou blanc sur les oignons et les échalotes, parce qu’un de ses employés n’avait pas planté droit et que ça a compliqué le désherbage. Les rendements du maraîchage sans intrants chimiques sont 10% à 30% inférieurs au conventionnel, raison pour laquelle le prix final est plus élevé.


Sur l’exploitation de Paul Thierry (Audrey Cerdan/Rue89).

Ce ne sont pas les clients, mais les maraîchers bio qui manquent

Avec ses cinq hectares et ses trois salariés, Paul n’a pas l’intention de s’étendre plus, mais il espère gagner encore en efficacité :

« Mon objectif c’est d’avoir une ferme qui cartonne pour montrer que le bio n’est pas synonyme de mauvais rendements. »


Sur l’exploitation de Paul Thierry (Audrey Cerdan/Rue89).

Militant d’une agriculture respectueuse de son environnement, il voudrait faire des émules, et remarque avec justesse qu’avec « 120 maraîchers pour 12 millions d’habitants en Ile-de-France », nos paysans sont loin de nous nourrir. Le problème des Amap n’est d’ailleurs pas de trouver des consom’acteurs prêts à manger du chou tout l’hiver, mais des maraîchers pour les produire.

Paul participe à un réseau de fermes de démonstrations, monté par le Conseil régional. Il se fait payer 125 euros la demi-journée pour partager son expérience, une forme de reconnaissance qui lui fait plaisir :

« L’Europe a longtemps nié la spécificité du bio, on avait seulement des aides à la conversion pendant deux ans pour faire face aux baisses de rendement, et sinon les aides étaient fonction de la surface.

Avec mes cinq hectares, je ne touche rien par rapport à un céréalier. Le crédit d’impôts du gouvernement français compensait cette inégalité en offrant jusqu’à 4 000 euros par an. »


Sur l’exploitation de Paul Thierry (Audrey Cerdan/Rue89).

Désormais, le crédit d’impôts sera ramené à 2 000 euros, une somme en partie compensée par l’Europe. Sauf que la paperasse nécessaire pour obtenir ces aides est telle que beaucoup de petits agriculteurs se décourageront, prédit la Fédération nationale de l’agriculture biologique :

« Le crédit d’impôts c’était de l’argent de poche pour moi. Ça payait une machine, c’était toujours sympa, mais ma boîte elle doit tourner sans aide. »

Des soutiens, des conseils plutôt que des subventions

Plus que des revenus supplémentaires, Paul préférerait surtout « que la politique agricole arrête d’être à sens unique et de favoriser le productivisme à coup de subventions », il aimerait un investissement de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) sur le bio, de meilleurs conseils auprès des chambres d’agriculture :

« Si la France veut tripler ses surfaces cultivées en bio, comme le dit le Grenelle de l’Environnement, il est urgent de changer de logique. Moi, s’il n’y avait pas eu le système des Amap portées par les consommateurs, je n’aurais jamais pensé m’installer... »

  • 51454 visites
  • 242 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 17h59 le 16/01/2011
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    Super intéressant, même si ça flingue un peu mon projet d’article sur un autre exploitant d’AMAP, lui aussi plutôt « heureux et prospère »... après avoir rongé son frein comme ingénieur chez Monsanto !

    Sans rancune, car passionnant et éclairant !

    • solstice
      solstice répond à Le Yéti
      pigiste
      • Posté à 18h10 le 16/01/2011
      • Internaute 38451
        pigiste

      Non, non, ça flingue rien du tout : Paul est jeune et n’a pas bouffé du Monsanto pendant 20 ans, votre angle me semble très très bon, lâchez tout !

      • moustafari
        moustafari répond à solstice
        Onaniste
        • Posté à 19h22 le 16/01/2011
        • Internaute 60345
          Onaniste

        Je ne suis pas sûr que les employés de Monsanto aient vraiment envie d’en manger...

    • Indo
      Indo répond à Le Yéti
      Etudiant
      • Posté à 00h13 le 17/01/2011
      • Internaute 138978
        Etudiant

      Non non, ça ne flingue rien du tout. Inciter les gens à consommer ou produire Bio, c’est (pour une fois) un bon Job pour rue 89.

      Au fait, savez vous pourquoi le bio est salvateur ? Question subsidiaire : est ce que rue89 a fait un papier sur les perturbateurs endocriniens ? .

      • mar_le
        mar_le répond à Indo
        Ni oui, ni non
        • Posté à 11h18 le 17/01/2011
        • Internaute 30377
          Ni oui, ni non

        je pense que de manière plus globale il faut poser la question de l’opportunité sanitaire du bio (au-delà de son aspect positif sur le goût (pas toujours) avéré et de son impact sur le maintien d’une agriculture raisonnée.

        Bien qu’il soit difficile de dépassionner le débat (je me suis fait allumer par une convaincue des bienfaits non négociables du bio), je me pose calmement la question en tant qu’individu tentant de voir derrière le rideau des évidences (« le bio, c’est sans pesticides donc c’est obligatoirement mieux »)

        Le monde industriel que nous connaissons a vu également l’espérance de vie grimper de 15 ans depuis 1950.Difficile évidemment de dire dans quelle mesure les pesticides ont eu un impact négatif sur cette évolution . Mais le bon sens voudrait si possible qu’on les éradique.

        ceci dit, des voix scientifiques encore timides soumettent à notre analyse le fait que les fongicides sont un moindre mal et que ne pas traiter les légumes (tel que le bio l’interdit) peut exposer à une absorption régulière de mycotoxines bien plus dangereuses que les fongicides en eux-mêmes.

        On nous demanderait de choisir entre la peste et le choléra.

        Merci de ne pas m’allumer, je n’ai pas de réponse claire, je n’ai rien à vendre, j’ai juste un doute et serais heureux d’échanger des vues au-delà d’un quelconque dogme.

         
        • Lictor
          Lictor répond à mar_le
          informaticien
          • Posté à 12h00 le 17/01/2011
          • Internaute 68450
            informaticien

          Oui, les mycotoxines semblent clairement un problème du « bio », principalement dans les pays du tiers-monde où elle font des ravages...

          Après, il faut voir la situation du bio dans les pays riches, où il s’agit d’une consommation de luxe. Par exemple, un fruit abîmé qui serait consommé dans un pays pauvre va être jeté ici. De même, la conservation des céréales se fait dans de bien meilleures conditions, alors que dans les pays pauvres, la conservation en atmosphère non contrôlée est un véritable foyer de reproduction pour les champignons.

          Le bio n’impose pas non plus l’absence absolu de traitement, il limite seulement les traitements disponibles à un catalogue bio-compatible.

          Donc, il faudrait avoir des études sur ces aspects dans le contexte des pays riches...

          Enfin, il faut préciser que l’idée bio=santé est une conception très française. Le bio est avant tout destiné à protéger l’environnement, pas le consommateur.

          • mar_le
            mar_le répond à Lictor
            Ni oui, ni non
            • Posté à 14h00 le 18/01/2011
            • Internaute 30377
              Ni oui, ni non

            En effet Lictor. Bio ne veut pas dire santé. Cette conception est également très répandue en Belgique où je vis

            • Lictor
              Lictor répond à mar_le
              informaticien
              • Posté à 16h34 le 18/01/2011
              • Internaute 68450
                informaticien

              Après, l’argument existe par indirection : tout ce qu’on rejette dans l’environnement se retrouve un jour où l’autre dans l’assiette. Sans parler de l’impact du mode d’agriculture sur le cadre de vie.
              Il est également étonnant de retrouver un argument santé dans la lutte contre les OGM, alors qu’à priori les plus gros problèmes sont d’ordre économiques et environnementaux bien avant d’être de l’ordre de la santé qui reste hypothétique.

              Le problème actuel, c’est qu’on a un peu perdu les niveaux de gris entre bio et industriel. Effectivement, bouffer des graisses trans additionnés de colorants de synthèse et de fructose n’est pas forcément très bon pour la santé. Bouffer de la viande bourrée d’hormone non plus.
              Mais il y a pas contre, il y a plein de modes de production non bio qui évitent ça aussi : de l’agriculture raisonnée, de la production à l’ancienne...
              Étrangement, on retrouve dans les aliments sains les bons légumes du jardin des gentils petits vieux, alors que ce sont probablement les plus gros consommateurs au m^2 de Roundup et autres en France...

        • Indo
          Indo répond à mar_le
          Etudiant
          • Posté à 14h28 le 17/01/2011
          • Internaute 138978
            Etudiant

          Je ne vais pas t’allumer mais j’aimerai te sensibliser sur ce le sujet des perturbateurs endocriniens par le biais de ce reportage arté.

          Lien

          • mar_le
            mar_le répond à Indo
            Ni oui, ni non
            • Posté à 13h54 le 18/01/2011
            • Internaute 30377
              Ni oui, ni non

            Merci pour cette intéressante lecture. Il y a matière à réflexion. D’après ce que je crois comprendre il y a de sérieuses suspicions qui seront à terme validées ou non par la recherche

            Il semble nécessaire d’aborder le débat avec lucidité. Ce qui m’agace dans les prises de positions actuelles c’est une certaine tendance à opposer une démarche à une autre. Et les adeptes du 100% bio me font un peu peur dans ce domaine.

            Je serais plus serein si on se faisait autant l’écho des soupçons sur les mycotoxines dans le bio que sur des allégations (aussi peu vérifiées) que la nocivité de l’alu dans les déo et le paraben dans les produits cosmétiques.

            Mais ce n’est pas politiquement correct. Merci encore : -)

            • Indo
              Indo répond à mar_le
              Etudiant
              • Posté à 22h38 le 18/01/2011
              • Internaute 138978
                Etudiant

              le paraben est un conservateur qui a un effet xéno oestrogénique. Pas mal d’études sur le sujet assez peu contradictoires (yana toujours une mais bon).

              l’alu... je sais pas, suspecté de filer l’Alzheimer. Je me suis pas penché sur le sujet.

              Alors les mycotoxines : kézaco ? quel effet ?

        6 autres commentaires
      • alexein
        alexein répond à Indo
        -
        • Posté à 17h46 le 17/01/2011
        • Internaute 54573
          -

        Je voudrais apporter une précision en réponse à la question : « Pourquoi le bio est salvateur ? »

        Bien souvent, les premières réponses qui viennent à l’esprit sont l’absence de pesticides, moins de pollutions, la santé, l’environnement, etc.

        Pourtant, on oublie la plupart du temps, un élément qui me semble essentiel.

        Ce qui nourrit la plante, c’est le sol. C’est pour cela que les techniques culturales de la bio visent à nourrir, entretenir et fertiliser le sol pour le garder vivant.

        C’est ce sol vivant qui à son tour nourrira la plante.

        Ainsi, le sol se dispense des engrais chimiques de synthèse, directement assimilés par la plante, donnés en agriculture conventionnelle / productiviste / ou industrielle ou pétro-chimique (appelez ça comme vous voudrez).

        De même une plante bien nourrie, dans un environnement préservé, en équilibre avec un écosystème diversifié, se passera alors des traitements chimiques.

        C’est donc une démarche complètement inverse à l’agriculture industrielle et productiviste.

        Bref, à mon sens, l’essentiel c’est la préservation du sol, cette mince couche de quelques dizaines de centimètres, l’assise de toute vie.

        Un sol de 50 cm c’est en gros : 0,000 008 % d’épaisseur du rayon de la Terre. C’est très peu et encore beaucoup moins que l’atmosphère dont on a déjà conscience de la fragilité.

        Mais cette conscience de fragilité, nous ne l’avons pas encore assez pour les sols, qui le mériteraient autant, si ce n’est plus. Pourtant, sans sol pas de cultures possibles…

         
        • kercoz
          kercoz répond à alexein
          • Posté à 18h04 le 17/01/2011
          • Internaute 39954

          Bonsoir .
          Ton intervention est tres pertinente . Je provoque souvent lers gens en disant qu’une culture sans pesticide et basée sur du compost « bio », donne des produits plus sains, mais que l’appellation « bio » est usurpée .
          Toute la partie souterraine des cycles trophique est perturbée sinon supprimée en apportant de la nourriture aux racines . C’est proche du « hors sol » . La seule technique actuelle qui permet de réagrader le sol ou de maintenir son taux d’humus se fait a l’aide de ligneux et du couple lignine - Mycélium : la technique des « BRF “ développée par L’ U. LAVAL du Quebec .
          (voir le site des jardins de BRF ou EKOPEDIA-BRF)
          Pour l’interessante entreprise commentée , l’aspect remarquable , c’est le rejet des ‘aides’ et autres ‘subventions’ ..On ne soutiens que les causes qui tombent . Personnellement je suis auto-suffisant à env 60% en alimentaire vegetal et les commentaires négatifs sur le bio me plient de rire .
          Il est des réalités qu’il faut affirmer : 2 h de travail max par jour suffisent pour se nourrir. Quand on a produit ses légumes il est dur de manger pdt et tomates du commerce !

        1 autres commentaires
    • Sophie Verney-Caillat
      Sophie Verney-Caillat répond à Le Yéti
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 18h29 le 17/01/2011
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      Ca flingue rien du tout, chacun son histoire, à la revoyure !

  • Rebel Yell
    Rebel Yell
    Je pose une question.
    • Posté à 18h01 le 16/01/2011
    • Internaute 127333
      Je pose une question.

    Il serait bon de préciser que le truc jaune et vert derrière Paul Thierry sur la première photo est un tracteur bio.
     ; o)

    • solstice
      solstice répond à Rebel Yell
      pigiste
      • Posté à 18h11 le 16/01/2011
      • Internaute 38451
        pigiste

      Plus de produits phyto, c’est déjà ça... Le retour du Percheron n’est pas loin !

    • héliotrope
      héliotrope répond à Rebel Yell
      Ecocitoyen débutant, chercheur (...)
      • Posté à 18h15 le 16/01/2011
      • Expert 2978
        Ecocitoyen débutant, chercheur (...)

      Re-évolutionnaire !

  • jeffouletofou
    jeffouletofou
    cddiste
    • Posté à 18h00 le 16/01/2011
    • Internaute 43444
      cddiste

    sympa l’article juste un reproche

    « Aujourd’hui, il bosse autant que son frère (70 heures par semaine), gagne au moins autant, mais en plus Paul a créé trois emplois. »

    faire croire que les cerealiers bossent comme des fous c’est plus possible, sa passe plus, on est au courant qu’ils ne bossent quasiment pas.

    par contre lui en temps que maraicher bio (ou pas) il a un vrai boulot de chien.

    • Camill_
      Camill_ répond à jeffouletofou
      Lycéenne
      • Posté à 23h25 le 16/01/2011
      • Internaute 141150
        Lycéenne

      Je trouve que tu exagères un peu, certes les maraîchers et agriculteurs bio ont un énorme travail, un travail de fou il faut le dire. Un travail qu’ils doivent aimer pour supporter.
      Toutefois dire que les céréaliers ne font quasiment rien est trop catégorique. Ils en font moins que les exploitants bio mais sur une plus grande surface, premièrement. Ils ont également d’autres récoltes et doivent finalement faire face aux mêmes aléas.
      Alors oui il existe des céréaliers qui en font moins que d’autres... Je dirais que ça dépend du revenu et du capital plus que de la profession.

      Cela dit j’aime beaucoup cet article : le parcours réussi d’un exploitant bio, l’appel aux effectifs manquant et à une modification du système d’aides / de subventions afin qu’il corresponde plus efficacement à la réalité.

      • nikodiem
        nikodiem répond à Camill_
        plus conscient
        • Posté à 04h07 le 17/01/2011
        • Internaute 120529
          plus conscient

        « Normalement » un maraicher bio avec un vraie activité biologique sur son terrain ainsi qu’un équilibre a moins de travail que le meme en conventionnel... la part de travail en moins est du à l’équilibre justement qui s’occupe de tout un tas de tache normalement fastidieuse, comme élimination de parasite etc... de plus avec un bon couvre sol genre brf ou paillage : exit le déserbage, moins d’arrosage etc....
        de plus sur les baisse de rendement ya pas mal de mythe qui cours, certe il y a une legère baisse de rendement plus pres de 10%, que de 50% comme certain disent, mais... vu que le conommateurs de ce genre de filiare est moins frileux et surtout que le vendeur est moins parano, il ya bien moins de gaspillage au niveau du tri des légumes... Combien de milliers de tonnes de patates partent à la poubelle parce qu’elles sont un peu tordues aux yeux des supermarchés ? donc la question du rendement est archi fausse d’une part à cause du gaspillage de la filiere conventionnelle et puis de toute facon on produit trop ! donc pour moi exit la question des rendements... et surtout on a vu ce que ca donnait la course au rendement !
        La vrai question est celle de la qualité de production et environnementale... car le bio ne doit pas se résume pas « à ne pas mettre d’intrants ». Il doit y avoir une vraie intégration biologique de tout les acteurs de la nature. Les formations agricoles doivent se mettrent à l’Ecologie, la science, la vraie, qui explique les interactions entre les etre vivants, du rouge-gorge à la chenille, et nous les Hommes en passant par les chauve-souris... c’est le meilleur moyen de nous remettre dans l’écosystème ... apres la parenthese de 50ans que nous avons fait ! Une nichée de mésange dans un pommier élimine 90% des fameuses chenilles qui gachent nos pommes..... et nous on balance des pesticides uniquement parce que l’industrie chimique nous a dit de les mettre....
        Bien des maux de notre société s’ameunuiseront, santé, pouvoir d’achat, qualité de vie, emploi, jusqu’au inondation qui touchent beaucoup de monde... dans de nombreux cas les inondations sont du aux champs agricoles aux alentours qui ne retiennent plus les sols et ne se gonflent plus en eaux... est ce qu’il y a des inondations en forets ? non....

         
        • Lardonfree
          Lardonfree répond à nikodiem
          maraîcher bio
          • Posté à 11h58 le 17/01/2011
          • Internaute 10979
            maraîcher bio

          Bjr,
          le début de votre post me dérange un tantinet.

          « Normalement[...]un maraicher bio avec un vraie activité biologique sur son terrain ainsi qu’un équilibre a moins de travail que le même en conventionnel...la part de travail en moins est du à l’équilibre justement qui s’occupe de tout un tas de tache normalement fastidieuse, comme élimination de parasite etc...de plus avec un bon couvre sol genre brf ou paillage : exit le désherbage, moins d’arrosage etc...[...] » écrivez vous.

          Le mythe du paysan bio contemplatif, qui laisse faire la nature, à la vie dure, même chez ceux qui défendent l’AB. ; 0))
          je vous invite à approcher d’un peu plus près le maraîchage bio...

          Sans vouloir être désobligeant, votre louable démonstration est celle du jardinier amateur (sans méchanceté aucune) fort de ses lectures et du soupçon d’utopie qui l’anime.

        1 autres commentaires
      • JP_JP
        JP_JP répond à Camill_
        • Posté à 10h56 le 17/01/2011
        • Internaute 18274

        Les agriculteurs ne sont pas tous logés à la même enseigne.
        Si les producteurs laitiers font des journées à rallonge, les céréaliers font des semaines très très courtes.
        Il y a longtemps qu’ils sont à moins de 35 H par semaine !
        L’agriculture n’est pas composée de standards.

    • Triple buse
      Triple buse répond à jeffouletofou
      Quand on voit ce qu'on voit, (...)
      • Posté à 08h43 le 17/01/2011
      • Internaute 117308
        Quand on voit ce qu'on voit, (...)

      « ils ne bossent quasiment pas »

      Je suis un pro-AB hyper actif, d’autre dirons radical... et je connais bien le monde agricole dans son entièreté et dire cela d’un agriculteur est vraiment signe que vous na savez pas de quoi vous parlez !

      Un céréalier bosse incroyablement, même si ce n’est pas les mêmes taches que le maraichage de plein champs...

      • ShredBluZ
        ShredBluZ répond à Triple buse
        Ingénieur Agronome
        • Posté à 10h43 le 17/01/2011
        • Internaute 50286
          Ingénieur Agronome

        Désolé, mais c’est faux. Les systèmes en grandes cultures sont tellement simplifiés (presque pas de rotations, itinéraires techniques calés au jour près, pas d’élevage donc pas d’astreinte) que globalement, un céréalier bien bourrin bien intensif travaille 6 mois sur son exploitation. Le reste du temps, il fait ce qu’il veut : avocat ou syndicaliste (FNSEA bien sûr), ou bien tout simplement vacances, le reste de son année étant largement rémunérée par les prix actuels des céréales (soumis contre toute cohérence et tout bon sens à la spéculation, merci les banques) et les subventions européennes.

        Le temps de travail est un très bon indicateur de la durabilité, et malheureusement, ce sont les systèmes les moins durables qui s’en tirent le mieux. Un maraîcher bio aura besoin de beaucoup plus de main d’œuvre, et donc plus de temps de travail, c’est pourquoi sur seulement 5 hectares (énorme surface pour du maraîchage), il y a 3 ou 4 personnes qui bossent. Et ça, c’est TRÈS TRÈS durable.

         
        • JP_JP
          JP_JP répond à ShredBluZ
          • Posté à 10h58 le 17/01/2011
          • Internaute 18274

          Je travaille également dans le domaine agricole et je confirme totalement ce que vous écrivez.

        • Triple buse
          Triple buse répond à ShredBluZ
          Quand on voit ce qu'on voit, (...)
          • Posté à 13h59 le 17/01/2011
          • Internaute 117308
            Quand on voit ce qu'on voit, (...)

          Merci de votre très bonne réponse construite, je prend bonne note

        2 autres commentaires
      • jeffouletofou
        jeffouletofou répond à Triple buse
        cddiste
        • Posté à 12h04 le 17/01/2011
        • Internaute 43444
          cddiste

        « et dire cela d’un agriculteur est vraiment signe que vous na savez pas de quoi vous parlez ! »

        je n’ai fais que reprendre les paroles de cerealisers qui causaient de leur job sur le forum agricool et qui justement critiquaient la profession parce qu’elle essaye a tout bout de champ ( :)) de faire croire aux non agri qu’ils bossent comme des fou.

        l’agriculture, c’est pas l’usine. le vegetal faut qu’il pousse et pendant tout ce temps ben on le regarde......

         
        • Triple buse
          Triple buse répond à jeffouletofou
          Quand on voit ce qu'on voit, (...)
          • Posté à 14h00 le 17/01/2011
          • Internaute 117308
            Quand on voit ce qu'on voit, (...)

          Je ne me rendait pas compte de ce fait,merci

        1 autres commentaires
  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 18h08 le 16/01/2011
    • Internaute 38451
      pigiste

    Bravo : vivre aussi bien (ou pas trop mal) qu’en conventionnel et sans dépendre du système européen kolkhozien c’est formidable...

    Et les clients qui payent jusqu’à 20 euros les légumes de la semaine s’en tirent très bien aussi. Je partage du côté consom’acteur et suis ravie de constater que ce n’est plus réservé qu’aux ruraux et petites villes !

    Qu’est-ce que ça fait du bien de se réjouir, les amis !

  • héliotrope
    héliotrope
    Ecocitoyen débutant, chercheur (...)
    • Posté à 18h13 le 16/01/2011
    • Expert 2978
      Ecocitoyen débutant, chercheur (...)

    Finalement, on pourrait faire un Grenelle des Grenelles, non ?
    Et qu’est-ce qu’on en conclurait ?
    Rien, que ça ne sert à rien.
    Sauf que...
    Quand Luc Guyau est propulsé à la tête du Conseil de l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), avec le soutien inconditionnel du FMI (c’est qui déjà le boss ?), Mosanto trouve là ses meilleurs ambassadeurs. Promouvoir les semences hybrides et les phytosanitaires mortels au prétexte qu’on ne pourrait pas nourrir demain la planète sans.
    Et que vient nous dire Paul Thierry, ce nouveau fermier bio ? C’est juste qu’il faudrait que les paysans se réapproprient la terre et la faire renaître de ses cendres. Nous le savons tous, Bien respectée et bien cultivée, on a largement de quoi se nourrir de ce que notre planète peut nous offrir. Nous lui devons bien ça !

    • Oodini
      Oodini répond à héliotrope
      • Posté à 02h08 le 18/01/2011
      • Internaute 30418

      La Chine héberge 1,3 milliard de personnes, avec 3% des terres arables de la planète.

      Je ne suis pas sûr que le bio pourrait subvenir à leurs besoins.

      Et n’oublions pas que le bio demande plus de surface. S’il était généralisé, dans certains pays, cela serait des terres en moins pour le biotope sauvage.

      • héliotrope
        héliotrope répond à Oodini
        Ecocitoyen débutant, chercheur (...)
        • Posté à 16h24 le 18/01/2011
        • Expert 2978
          Ecocitoyen débutant, chercheur (...)

        Et si tous les pays commençaient par ne plus exporter les denrées produites par des paysans qui ne consomment plus ce qu’ils produisent et en meurent d’ailleurs (de faim, le comble) , à cause des produits phytosanitaires et des semences de Mosanto et toutes les cliques du genre ? Hein ?
        Allez faire un tour dans un magasin U (par exemple) et comptabilisez les denrées alimentaires que ce groupe indépendant importe de Chine. Je pense que vous n’en croirez pas vos yeux !
        Et que dire de ces fameux pomelos géants chinois vendus partout dans le monde et dont les analyses révèlent la présence de substances cancérogènes innombrables et interdites en Europe ? L’astuce, c’est que l’Europe dit qu’on a pas le droit d’utiliser ces substances dans l’agriculture des 27 pays de l’Europe mais n’interdit pas l’importation des fruits et légumes importés, cultivés avec ces mêmes substances dans leurs pays d’origine...
        C’est aussi ça l’Europe agricole.

  • LeTicien
    LeTicien
    Informaticien
    • Posté à 18h15 le 16/01/2011
    • Internaute 91779
      Informaticien

    Dans toute activite il faut trouver des clients first et puis les garder les fideliser... Ca me semble l’approche de bon sens pour prosperer. La preuve.

  • emiboot
    emiboot
    No Homs land
    • Posté à 18h16 le 16/01/2011
    • Internaute 81944
      No Homs land

    Il aurait été intéressant, en plus de citer la baisse (relative) de rendement, de montrer :
    *combien coûte un hectare de production donnée, genre choux (achat semence, biocide, engrais) en bio et en con-ventionel
    *Combien coûte l’écocert, à la charge de l’exploitant bio
    *combien reporte, à l’hectare, les dites subventions européennes pour les gros céréaliers vs les petits maraîchers, en particuliers ceux qui touchent la prime à l’irrigation et qui bousillent les réserve en eau du sud-ouest à coup de maïs

    Quand on fait correctement le tour, on s’aperçoit que le bio ne coute guère plus cher à produire vs le maraichage « non bio ». Et il serait temps que les consommateur S’EN RENDENT COMPTE et soutiennent non pas le bio venu d’Espagne (où les terres sont très abîmées) ni du Maroc (ou l’ecocert n’est pas très fiable). Les américains savent depuis longtemps (liberalisme oblige) que payer (un bien, une banque, etc) est une forme de soutient. Parce qu’on est plus en autonomie alimentaire, mes très chers concitoyens. Ca ne vous affole pas ? Moi si.

    • swoboda
      swoboda répond à emiboot
      • Posté à 18h28 le 16/01/2011
      • Internaute 125383

      intéressant ce que vous dites ! vous avez vos sources sous la main ?

      • emiboot
        emiboot répond à swoboda
        No Homs land
        • Posté à 18h50 le 16/01/2011
        • Internaute 81944
          No Homs land

        Avec une amie, nous avons voulu créer un hebdo gratuit il y a quelques années : premier sujet, un maraicher bio du Velay. L’homme nous expliquait que sur ses deux hectares :
        * il n’achetait pas de semences (les produisant lui même), ni d’engrais, ni de biocides, soit une économie - d’après lui - de 5000€/ha/an
        *Il avait une friche/jachère pour la rotation des cultures, produisant des orties qui lui servait de base en phytosanitaire et engrais bio
        *il passait plus de temps qu’en maraichage classique sur sa parcelle, mais c’était pour lui moins fatiguant qu’en usine (où il bossait avant, comme une bonne partie des gens en Ht Loire)
        *et le prix de ses légumes (que j’ai vu en petit magasin) était légèrement en dessous de celui des deux supermarchés du coin.

        Le bio ne coute pas plus cher (pour les légumes), parce que le rendement plus faible est compensé par l’économie sur le « pack technologique + semence » qu’utilisent ceux qui font de l’intensif et des hybrides. Sauf si ce bio est fabriqué hors territoire et vendu avec de plus grosses marges par les distributeurs (pour changer...). Pour la viande, l’écart se creuse : une poule indus est abattu à 4 ou 5 semaines, une poule bio au alentour de 8 semaines, etc.

        Si l’autosuffisance alimentaire vous intéresse : regardez donc ce qu’on produit sur le sol français et ce qu’on consomme. Calcul mathématique simple, étant donné qu’on ne mange pas beaucoup de maïs (une plante tropicale, il faut le rappeler).
        La prime à l’irrigation est une magnifique connerie, et très facile à trouver des docs dessus sur le web.

        Ah et sinon : bon appétit ;)

         
        • Karg se
          Karg se répond à emiboot
          Ingénieur agronome vendu à une (...)
          • Posté à 21h16 le 16/01/2011
          • Internaute 9172
            Ingénieur agronome vendu à une (...)

          « il n’achetait pas de semences (les produisant lui même), ni d’engrais, ni de biocides, soit une économie - d’après lui - de 5000€/ha/an » Oublie pas de préciser que c’est pour du maraichage, pour des grandes cultures divise ce chiffre par trois.

          « Le bio ne coute pas plus cher (pour les légumes), parce que le rendement plus faible est compensé par l’économie sur le “pack technologique + semence” qu’utilisent ceux qui font de l’intensif et des hybrides » Faux, sortie du champs il est plus cher, c’est justement pour ça que les circuits court sont indispensables à ces filière.

          • emiboot
            emiboot répond à Karg se
            No Homs land
            • Posté à 02h20 le 18/01/2011
            • Internaute 81944
              No Homs land

            « Faux, sortie du champs il est plus cher »
            Pourquoi donc ? (je veux bien une explication de texte :)

            De ce que j’ai pu constater : le bio ,sur un marché, ou avec un seul intermédiaire, pour les produits frais type légumes, n’est pas plus cher qu’en supermarché. A modérer avec les prix des supermarchés qui ne sont pas uniformes sur le territoire non plus.

            « c’est justement pour ça que les circuits court sont indispensables à ces filière. »
            C’est valable pour tous les produits de la terre/élevage, cet an ci, et pas uniquement en France...

            • Karg se
              Karg se répond à emiboot
              Ingénieur agronome vendu à une (...)
              • Posté à 07h46 le 18/01/2011
              • Internaute 9172
                Ingénieur agronome vendu à une (...)

              Le bio produit deux à trois fois moins (en grande culture c’est facile de trouver des chiffres, en maraichage c’est plus compliqué).

              Le bio impose plus de main d’œuvre et de travail mécanique pour le désherbage, ce qui est extrêmement couteux.

              Il faut aussi traiter en bio, les produits « naturels » sont aussi souvent bien plus cher que les produits de synthèses.

              Les produits bio sont plus fragile, ils ne tiennent pas le transport aussi bien car ils sont souvent abîmé. Chez Carrefour, la GMS anti OGM, le fruit et légume bio sont plastifiés individuellement...

              • emiboot
                emiboot répond à Karg se
                No Homs land
                • Posté à 13h13 le 19/01/2011
                • Internaute 81944
                  No Homs land

                « Le bio produit deux à trois fois moins (en grande culture c’est facile de trouver des chiffres, en maraichage c’est plus compliqué). »
                Ah ça j’avais fait une recherche dessus vs des maraichers, et je ne suis pas d’accord. j’en arrivais à 1/3 de moins jusqu’à moitié moins, pas 2 ou 3 fois moins. Du coup tu me mets le doute, je vais continuer à chercher :)

                « Le bio impose plus de main d’œuvre et de travail mécanique pour le désherbage, ce qui est extrêmement couteux. »
                Pareil, si le temps passé aux champs est plus important, c’était aussi du à la fabrication sur place de purin, à la sélection de semence, etc, temps qui est par ailleurs rentabilisé par l’économie sur les produits phytosanitaires+semences. Extrêmement coûteux me parait un brin trop.

                « , les produits “naturels” sont aussi souvent bien plus cher que les produits de synthèses. »
                Le purin d’ortie non, ça coute du temps, pas de l’argent. La mixité des plantes (pour favoriser ou empêcher certains insectes de venir) ne coûte guère. Sur une petite surface maraichère, les produits en bio sont généralement... une absence de produit. Après tout dépend du type de culture, de la surface et surtout des semences utilisées. j’te rappelle qu’en Europe, tout ce qui n’est pas au Catalogue est « interdit à la vente ». Or la très grande majorité des espèces autorisées sont des F1, pour l’essentiel, parfois plus fragiles, parfois non adaptées au terrain, au climat, etc.

                « Les produits bio sont plus fragile, ils ne tiennent pas le transport aussi bien car ils sont souvent abîmé. »
                Alors là pareil, tu me surleculfies : j’ai fais un test con. j’ai pris une pomme bio, une non bio, et je l’ai ai laissé pourrir. Celle qui a craqué la première c’était la non bio, et de loin. (un test qui ne vaut rien sinon pour moi, j’en ai conscience). J’achète souvent en bio pour le frais, et je trouve que les légumes s’abîment beaucoup moins vite. Ca doit dépendre pour quoi : mais je ne généraliserais pas cet argument de la fragilité. Autre avantage : le bio passe moins par un transport lointain (je n’achète PAS le pseudo bio espagnol ou marocain), moins par le frigo (pour le maraichage vendu hors gd surface), et n’est pas en général irradié.

                « Chez Carrefour, la GMS anti OGM, le fruit et légume bio sont plastifiés individuellement... »
                Ca c’est une pratique dite « commerciale & marketing ». Le produit et le producteur n’y sont pour rien la plupart du temps, le consommateur lui OUI : c’est lui qui demande ce genre de pratique, la GMS suit. D’où le fait aussi que je n’achète plus de frais en GMS, parce qu’il faut pas déconner non plus : trop de plastique effectivement.

                • Karg se
                  Karg se répond à emiboot
                  Ingénieur agronome vendu à une (...)
                  • Posté à 17h46 le 19/01/2011
                  • Internaute 9172
                    Ingénieur agronome vendu à une (...)

                  1/3 de moins c’est le chiffre dans des conditions idéales avec une très bonnes maitrise technique, c’est pas à la porté de tout les agriculteurs bio. De plus les cultures conventionnelles maintiennent une faible prévalence des maladies et parasites des cultures, un passage massif au bio provoquerait une explosion de ces populations de nuisible

                  « à la sélection de semence » la sélection de semence est hors de porté d’un agriculteur isolé. Il ne peut faire que du maintient de variété, et encore. Les agriculteurs bio achètent chez les semenciers, soit des semences produites en condition bio, soit des semences conventionnelles non traité quand il n’existe pas ou pas assez de variété « bio » disponible. Ils plantent surtout des hybrides ou des lignés productifs qui sont bien plus robustes que les anciennes variétés de pays.

                  Tant qu’au traitement bio, ils sont largement moins bucolique que ce que les médiats raconte, et l’intérêt environnementale très douteux.

                  Lien

                  « Or la très grande majorité des espèces autorisées sont des F1, pour l’essentiel, parfois plus fragiles, parfois non adaptées au terrain, au climat, etc »

                  C’est totalement faux, d’abord il existe un catalogue des semences anciennes, il est vrai réservé aux jardiniers amateurs. Le catalogue européens comprend 34 500 variétés. Ces variétés sont évidement adapté à tous les climats, sols et usages.On est très loin d’une perte de biodiversité, toute les variétés anciennes sont intégrés aux germplasms (base génétique) utilisé en sélection.

                  Ensuite les hybrides sont largement plus robustes que les variétés anciennes,y compris en condition difficiles (sans traitement et sol à faible potentiel) cherche les test de l’INRA ou d’Arvalis là dessus. Les variétés anciennes sont simplement 5 à 10 fois moins productive, même fertilisation égale, que les variétés anciennes sont incapable de valoriser. Sans ces travaux d’amélioration des plantes les tickets de rationnement serai encore notre lot quotidien.

                  Si tu veux comprend pourquoi les hybrides sont meilleurs tu peux lire « Heterosis et varietes hybrides en amélioration des plantes d’Andre Gallais.

                  En tomate il doit y en avoir plus de 800 en France, en maïs ça dépasse les 2000.

                  A tu comparé des pommes de variété strictement identique ? récolté à la même époque ? moi je remarque que le bio est sur emballé en GMS, signe de fragilité des produits.

                  Le consommateur demande ? oui et non, le marketing est aussi une fonction créatrice. Et j’en démord pas, la faible conservation et la faible rotation des produits bio entrainent un sur-emballage.

                  • emiboot
                    emiboot répond à Karg se
                    No Homs land
                    • Posté à 23h56 le 19/01/2011
                    • Internaute 81944
                      No Homs land

                    Merci à nouveau pour tes liens et pour tes infos. Et de prendre la peine de répondre. :)

                    Cela dit TOUS les maraichers bio qui je connais font leur propre semence. Sans déconner. D’où l’économie aussi. Bon ok, j’en connais 5.
                    Tu le dis toi même : pour vendre des produits, hors le catalogue, point de salut. Ce système de verrou sur le vivant me gêne. Après j’ai lu sur l’hétérosis, le principe de l’hybride n’est pas gênant, par essence, par contre devoir racheter ses semences pose problème - à mon sens, et ne pas avoir le choix aussi (y’a quoi, une ou 2 variétés par type qui sont du domaine publique maxi ?).

                    « moi je remarque que le bio est sur emballé en GMS, signe de fragilité des produits. »
                    Mouais, ce qu’on appelle « le lavé », ou prêt à consommer est emballé aussi en individuel. Et ce n’est absolument pas du bio. Disons que je sors d’une étude dessus et c’est une demande client : produit à l’unité, emballé pour cause (entre autre) de pseudo hygiène, mise en valeur du produit, gros segment de marché qui a pris environ 25 % d’augmentation de volume en zone urbaine l’année dernière. Ca cartonne de mettre du frais sous blister, que veux tu...

                    Juste une chose : le marketing créatif, ce n’est plus tout à fait du marketing... En marketing on ne se préoccupe que de données, subjectives ou objectives, quand il se mêle de création, ça devient... de la communication. Comprend : le marketing peut orienter la comm (puisqu’il est une remontée de la clientèle, une forme de test du réel), l’inverse donne une entité hybride qui n’est plus du marketing. Un F1 stérile mais pas franchement hétérosique ;)

                    • Karg se
                      Karg se répond à emiboot
                      Ingénieur agronome vendu à une (...)
                      • Posté à 07h41 le 20/01/2011
                      • Internaute 9172
                        Ingénieur agronome vendu à une (...)

                      « pour vendre des produits, hors le catalogue, point de salut. Ce système de verrou sur le vivant me gêne. » Ca évite le charlatanisme et ça a permis la progression technique. Et ça permet aussi d’interdire et de mettre en place une structure de contrôle, sans ce système les paysans qui ont semé du Mon810 pendant l’autorisation pourraient continuer à le faire.

                      « y’a quoi, une ou 2 variétés par type qui sont du domaine publique maxi ? » Les variétés passent dans le domaine publique au bout de 20-25 ans, donc il y en a beaucoup plus que deux. Le COV permet de faire ses semences de ferme...

        • Karg se
          Karg se répond à emiboot
          Ingénieur agronome vendu à une (...)
          • Posté à 21h32 le 16/01/2011
          • Internaute 9172
            Ingénieur agronome vendu à une (...)

          (doublon)

        • vermisseau
          vermisseau répond à emiboot
          étudiant ingénieur en (...)
          • Posté à 10h04 le 17/01/2011
          • Internaute 26276
            étudiant ingénieur en (...)

          mis à part les différents que nous avons

          concernant la production d’orties sur la jachère : cela n’est il pas inutile ? en effet sortir l’azote d’une parcelle pour la ramener sur une autre et tourner selon les années. le bilan final est nul.

          par ailleurs, les orties ne poussent que dans des zones à forte teneur en nitrates. pendant mon DUT, une zone couverte d’orties était qualifiée de « haute friche nitrophile », autrement dit une zone polluée par les nitrates et vide d’intérêt écologique.

          si c’est à cela que ressemble ses parcelles c’est inquiétan

          • ShredBluZ
            ShredBluZ répond à vermisseau
            Ingénieur Agronome
            • Posté à 10h52 le 17/01/2011
            • Internaute 50286
              Ingénieur Agronome

            Les milieux nitrophiles existent aussi à l’état naturel. N’importe quelle cuvette rassemblant les eaux de surface contiendra logiquement plus d’azote, puisque celui-ci est soluble sous forme de nitrate, et peut mettre du temps avant d’être lessivé ou lixivié. Vous pourrez trouver, même en montagne, des zones ou les orties poussent naturellement. Je pense que vous avez dans la tête un milieu infesté d’orties, ce qui n’est pas toujours le cas.

            Quant à l’utilisation des orties, ce n’est pas en tant que fertilisant (en fait les maraîchers bio travaillent presque tous avec des élevages bio pour faire du compost, qui est la quasi-totalité de la fertilisation), mais bien pour fabriquer du purin d’orties (interdit légalement, mais extrêmement efficace) qui est un superbe insecticide naturel. Qui plus est, je ne comprends pas votre raisonnement, puisqu’un transfert de fertilité (d’une parcelle à une autre) est tout à fait envisageable, quel que soit le bilan. Le but, c’est que la culture reçoive ce qu’il faut non ?

            Vraiment vraiment, vous me faites peur.

            • vermisseau
              vermisseau répond à ShredBluZ
              étudiant ingénieur en (...)
              • Posté à 11h05 le 17/01/2011
              • Internaute 26276
                étudiant ingénieur en (...)

              « produisant des orties qui lui servait de base en phytosanitaire et engrais bio »

              je n’avais effectivement pas vu l’aspect phytosanitaire... tout comme vous n’avez pas vu l’aspect engrais (1 partout balle au centre)

              merci pour l’aspect compost, mais sur ce point j’ai ce qu’il faut niveau connaissance

              concernant le transfert de fertilité :
              la jachère sous entend qu’il y’a rotation. mon étonnement est donc que si ce monsieur coupe les orties sur une parcelle 1, il en retire alors une quantité n d’azote. la parcelle 1 a alors un déficit n d’azote. cette quantité n repart sur une autre parcelle 2. la rotation s’effectue et un beau jour la parcelle 2 enrichie est fauchée d’une quantité n d’azote pour retourner à la parcelle 1 initiale en déficit de n azote, la ramenant à un état 0. sur le long terme cela donne alors un bilan nul.

              mon idée serait donc de semer un couvert végétal à base de légumineuse pour stocker l’azote atmosphérique et ainsi enrichir la parcelle pour accueillir la culture suivante.

              • Karg se
                Karg se répond à vermisseau
                Ingénieur agronome vendu à une (...)
                • Posté à 07h46 le 20/01/2011
                • Internaute 9172
                  Ingénieur agronome vendu à une (...)

                Sauf que notre ami maraicher n’a sans doute pas assez de surface pour s’amuser à ça. Qui plus est il produit un grand nombre d’espèce, il aurai du mal à caler son semis de couvert, surtout si il plante des espèces à récolter l’hiver (poireau par exemple).

                • vermisseau
                  vermisseau répond à Karg se
                  étudiant ingénieur en (...)
                  • Posté à 08h37 le 20/01/2011
                  • Internaute 26276
                    étudiant ingénieur en (...)

                  la surface qu’il laisse en jachère peut être ensemencée avec un couvert de légumineuses non ? parce que sur un an ça peut commencer à devenir intéressant

                  après ça reste un choix à faire dans la rotation des cultures

                  • Karg se
                    Karg se répond à vermisseau
                    Ingénieur agronome vendu à une (...)
                    • Posté à 13h12 le 20/01/2011
                    • Internaute 9172
                      Ingénieur agronome vendu à une (...)

                    Oui mais si sa surface est limite il va devoir réduire sa production. Un des problèmes du bio c’est que les parcelles sont réellement en production que deux à trois années sur cinq.

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3
  • 5