décryptage 09/01/2011 à 21h08

La « révolution démocratique » en Islande tient du fantasme

Pascal Riché | Redchef Rue89

S’il a choisi des solutions originales après l’effondrement de son économie, le pays n’est pas devenu un paradis anticapitaliste.


Johanna Sigurdardottir, premier ministre islandais, lors d’un meeting après l’élection législative (Bob Strong/Reuters)

Nationalisations du système bancaire, chute de la droite, pressions de la haute finance repoussées par référendum, assemblée constituante... Depuis quelques jours, bizarrement, nous sommes bombardés d’e-mails s’enthousiasmant sur la « révolution démocratique anticapitaliste » qui aurait lieu en Islande, et dont les succès seraient déjà palpables.

Dans ces courriers, on nous renvoie à certains articles enflammés, comme cette note qui décrit pas moins qu’une « révolution en marche, à faire circuler le plus largement possible, puisqu’on ne doit compter sur aucun média pour le faire à notre place ». Bigre.

Les Islandais que j’ai appelés sont assez surpris de cette présentation. Ils s’accordent pour qualifier de fantasme ce prétendu rejet du capitalisme par le peuple.

La population de cette île reste attachée à l’économie de marché, et l’économie et la constitution sont bouleversées, m’expliquent-ils, ce n’est pas pour abandonner le système existant, c’est pour le régénérer : « Mes compatriotes sont plutôt schumpéteriens de nature, adeptes de la destruction créatrice “, précise l’un d’entre eux.

Le président de l’association France-Islande, Jean Le Tellier, relativise en outre l’intérêt de présenter en modèle les initiatives islandaises :

‘L’Islande, c’est 300 000 habitants, c’est moins que la ville de Metz. Comparer sa gouvernance à celle de la France ou des Etats-Unis n’a pas grand sens .

1

Economie : une timide reprise, pas de miracle

Aujourd’hui, l’Islande, dont l’économie a été entièrement ravagée par la crise financière, retrouve un peu d’espoir. Mais le pays n’est pas encore sorti de la récession.

Au troisième trimestre, pour la première fois depuis 2008, l’Islande a certes affiché un PIB supérieur à celui du trimestre précédent : +1,2%. Cependant, la croissance, qu’on mesure d’une année sur l’autre, n’est pas encore au rendez-vous : le PIB a baissé de 2,1% pendant ce même trimestre si on le compare au même trimestre de l’année précédente...

Personne n’attend des miracles à court terme, notamment en raison des difficultés que rencontrent les entreprises pour se financer. Le FMI, en novembre 2008, avait injecté 2,1 milliards de dollars pour aider au redémarrage, une somme très insuffisante.

Mais ce qui est intéressant, ce sont les recettes utilisés, différentes des autres pays européens, à commencer par l’Irlande et la Grèce. Elles tiennent en deux termes qui n’ont pas bonne presse : nationalisation et dévaluation.

2

Trois grandes banques en faillite et nationalisées

L’Islande, en octobre 2008, n’a pas sauvé la peau des actionnaires de ses trois grandes banques : Kaupthing, Glitnir et Landsbanki. Elles se sont effondrées, et l’Etat les a purement et simplement nationalisées.

L’Etat a indemnisé les déposants islandais, mais pas les étrangers. Ce qui a fâché deux pays : la Grande Bretagne et les Pays Bas, dont de nombreux épargnants (400 000) avaient investi dans les produits de la banque en ligne Icesave, filiale de Landesbanki. En jeu : près de 2,7 milliards d’euros.

Les gouvernements britanniques et néerlandais ont indemnisé leurs’ épargnants, pour éviter leur ruine. Mais ils ont envoyé la note à Reykjavik, en lui proposant un crédit rémunéré à 5,5%. En octobre 2009, un accord a été trouvé et a été approuvé par le Parlement islandais.

Surprise, le président de la République, Olafur Ragnar, auquel la constitution donne pourtant très peu de pouvoir, a tiqué : il a refusé de promulguer la loi. En mars, un référendum a été organisé sur le sujet : 60% des électeurs se sont déplacés et 93% d’entre eux ont rejeté les modalités du remboursement de la dette aux Britanniques et Néerlandais.

Un nouvel arrangement a depuis été trouvé avec Londres et Amsterdam. Car l’Islande, candidate à l’adhésion à l’Union européenne, ne veut pas se fâcher à jamais avec deux de ses membres... L’accord porte désormais sur un prêt à environ 3%. Il doit encore être avalisé par le parlement islandais.

3

La monnaie dévaluée pour relancer les exportations

L’Islande a laissé filer sa monnaie, la couronne. Elle a perdu près de 50% face au dollar. Les exportations sont donc reparties : le poisson, bien sûr, mais aussi l’aluminium -une grande spécialité industrielle de l’île : sa production demande des ressources énergétiques importantes, ce dont dispose le pays.

Le tourisme aussi va mieux : ses recettes se sont accrues de 7%. Il a été bien aidé, il est vrai, par le volcan Eyjafjallajökull, dont le panache a attiré l’attention de la planète en avril 2010.

4

Un pouvoir qui passe à gauche

La crise a bousculé le jeu politique islandais. En janvier 2009, des milliers d’Islandais manifestent autour de leur parlement, l’Althing, armés de bruyants ustensiles de cuisine : des gens qui perdaient leur emploi, leur logement, pendant que leurs élus débattaient du fait de savoir si les supermarchés pouvaient ou non vendre de l’alcool. (Voir la vidéo)

Déjà affaibli par l’effondrement des banques, ces manifestations achèvent de déstabiliser le gouvernement ; le Premier ministre annonce alors sa démission, invoquant des raisons de santé.

Lors des élections d’avril 2009, une majorité de gauche, composée de socio-démocrates et du parti ‘gauche verte’, est élue. C’est une première en Islande, pays traditionnellement gouverné au centre droit. Une femme, Johanna Siguroardottir, prend la tête du gouvernement, une autre première dans ce pays (qui a cependant eu une présidente pendant 16 ans, Vigdis Finnbogadottir).

Mais le coup de barre est modéré : les socio-démocrates sont pro-marché et pro-Europe. Le programme discuté avec le FMI se poursuit, et le gouvernement engage en juillet des négociations pour adhérer à l’Union européenne.

5

Une réforme de la Constitution

Dans le programme de la gauche, il était question d’une réforme de la constitution, notamment pour redéfinir les pouvoirs du président de la République. Cette initiative n’est pas une grosse surprise politique, comme l’explique au téléphone le politologue Eirikur Bergmann, directeur du centre pour les études européennes à l’université de Bifröst :

‘Notre constitution de 1944 était calquée sur celle du Danemark ; depuis des années, nous prévoyions de la changer, pour nous doter d’une constitution propre à l’Islande. Nous avons repoussé le projet plusieurs fois. La crise de nos banques a servi d’opportunité pour se lancer.

C’est un peu comme dans la vie, les crises vous forcent à la réflexion sur vous-même. Mais ce travail constituant n’a rien à voir, sur le fond, avec la crise financière.’

Une assemblée constituante, composée de 25 personnes, est élue le 27 novembre 2010. N’importe qui pouvait se présenter à cette élection.
Plus de 520 candidats l’ont fait, de tous horizons. Les élus sont des universitaires, des juristes, des journalistes ; on compte aussi un syndicaliste, un agriculteur, un pasteur, un metteur en scène...

La participation à l’élection de cette assemblée des 25, cependant, n’a pas été énorme : seulement 36% des électeurs se sont déplacés, ce qui a été analysé comme un revers pour le nouveau gouvernement, et comme le signe d’un désintérêt pour ce toilettage constitutionnel.

La commission doit plancher sur la réforme à partir de mi-février et fournir un texte dans le courant de l’été. Il devra être voté par le parlement et sera soumis au réferendum en 2012.

6

Remous autour des règles du FMI et de l’adhésion à l’UE

Pendant ce temps, le gouvernement de Johanna Siguroardottir s’escrime à respecter les règles dictées par le FMI, ce qui ne fait rien pour accroître sa popularité. Mais ces ‘ajustements’, comme dit pudiquement le fonds, ne s’accompagnent pas de manifestations : la population semble s’être résignée à avaler la potion amère.

Le gouvernement de gauche connait cependant de nombreuses turbulences et tiraillements. En ce moment, c’est la candidature à l’Union européenne qui crée des remous : selon les sondages, la population n’y est pas favorable (‘mais dans les sondages, l’adhésion à l’UE est très erratique en Islande, variant selon les périodes de 30% à 90%’, tempère Bergmann).

Au parlement, à plusieurs reprise, les ‘verts de gauche’ se sont désolidarisés d’un pouvoir jugé trop centriste sur la question européenne comme sur d’autres. ‘Ce gouvernement est en crise depuis sa prise de fonction’, résume Bergmann.

On est donc loin du conte de fée qui circule sur le net. L’Islande ne vit pas une alternative réussie et harmonieuse au capitalisme, mais une suite de tâtonnements confus, douloureux et résignés... en restant dans les rails du FMI.

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  • xoxo-
    xoxo- répond à Alkali
    libre penseur
    • Posté à 12h14 le 10/01/2011
    • Internaute 119008
      libre penseur

    c’est le probleme de la démocratie ; on élit les plus populaires pas les plus capables

    oui le gouvernement a joué a la finance et a perdu
    mais ils avaient été élus...

    • Alkali
      Alkali répond à xoxo-
      déboucheur surpuissant de (...)
      • Posté à 14h01 le 10/01/2011
      • Internaute 121880
        déboucheur surpuissant de (...)

      Ce n’est pas, que je sache, le gouvernement qui a joué, mais les banques privées.

      Ceci dit, il y a toujours des membres pourris dans un gouvernement, en l’occurence ceux qui ont appuyé ces débordements et ont poussé pour la dérégulation des marchés financiers.

      Philippe Le Bel, si mes souvenirs sont encore bons malgré les années, avait imposé le monopole d’état « pour battre monnaie ».

      Exit les droits privés de battre monnaie et autres droits de guerres privées. Seuls l’état pouvait créer la monnaie. Ce qui permettait à cet état de réguler l’argent.

      Aujourd’hui c’est les banques privées qui « battent monnaie » et donc régulent (très mal) le système financier.

      Les états s’endettent auprès de ces banques qui, de fait, finissent par dicter les règles aux états.

      Lorsque ces banques s’étouffent à avoir voulu gloutir des bouchées trop grosses pour leur gueule, c’est sur l’état que retombe la facture.

      Donc sur le peuple....

      C’est eux qui boulimisent à se rendre malade, mais c’est nous qui payons le toubib, l’hopital et les médicaments.

  • Bein...
    Bein...
    fils de mon père
    • Posté à 23h00 le 09/01/2011
    • Internaute 134428
      fils de mon père

    Même si l’on ne peut pas comparer, cela prouve surtout que l’on n’est pas obligé de tout casser pour refaire : les lendemains qui chantent peuvent se trouver simplement dans le bon sens...

  • qwsxdcfv
    qwsxdcfv
    assise
    • Posté à 23h02 le 09/01/2011
    • Internaute 131602
      assise

    Par contre faudrait peut-être arrêter de comparer l’incomparable. L’Islande c’est moins de 400 000 habitants, hein. En gros le nombre d’étrangers qui arrivent en France en moins de deux ans.

    On a qu’à comparer la France à la Principauté de Monaco tant qu’on y est. Tout le monde est riche là-bas, comment font-ils ? Ou alors au Vatican : insécurité 0, comment font-ils ?

    (- ;

    • LIB.EGA.FRA.ahah
      LIB.EGA.FRA.ahah répond à qwsxdcfv
      il a bon goût l'agneau français (...)
      • Posté à 23h06 le 09/01/2011
      • Internaute 106701
        il a bon goût l'agneau français (...)

      « En gros le nombre d’étrangers qui arrivent en France en moins de deux ans. »

      en gros c’est aussi le nombre de crétins qui nous sortent ce genre de ritournelle à deux balles en moins de deux ans.

    • A déménagé le 04-03-2012
      A déménagé le 04-03-2012 répond à qwsxdcfv
      non connue
      • Posté à 23h27 le 09/01/2011
      • Internaute 89071
        non connue

      Vatican, insécurité 0 ? Dîtes ça au gamin de 5 ans qui se promène avec t-shirt mouillé et short moulant vers la basilique St-Pierre. : p

      C’est bon, j’arrête.

    • nadimah
      nadimah répond à qwsxdcfv
      enseignante
      • Posté à 10h17 le 10/01/2011
      • Expert 105503
        enseignante

      Ce n’est pas le nombre qui compte seulement les intentions. Le « partage des richesses et des décisions » pour 400 000 ou 4 millions d’habitants a toujours le même effet : l’enrichissement (monétaire et intellectuel) de tous ! !

  • adrienl
    adrienl
    researcher
    • Posté à 23h03 le 09/01/2011
    • Internaute 42640
      researcher

    La « révolution démocratique anticapitaliste » (premières lignes de l’article) tient sans doute du fantasme.
    La « révolution démocratique » en Islande (titre de l’article), peut-être moins.

    • A déménagé le 04-03-2012
      A déménagé le 04-03-2012 répond à adrienl
      non connue
      • Posté à 23h29 le 09/01/2011
      • Internaute 89071
        non connue

      Révolution démocratique anticapitaliste, un terme vraiment rigolo.

      Comme la République populaire et démocratique de Corée. Un nom qui n’a rien à voir avec la réalité en somme.

  • jacquesbrol
    jacquesbrol
    terrien
    • Posté à 23h06 le 09/01/2011
    • Internaute 136695
      terrien

    nous devons abandonner notre naiveté et penser qu’une chose n’est positive que si spectaculaire et rapide ; cet article semble jeter le bébé avec l’eau du bain.
    Les Islandais parlent de « destruction créatrice » ça suffit amplement comme attitude positive.

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à jacquesbrol
      Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
      • Posté à 08h49 le 10/01/2011
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      Relisez : l’article au contraire sauve le bébé, et ne jette que l’eau.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 23h10 le 09/01/2011
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    L’Islande quel beau pays ! quelle leçon de démocratie !
    Pays de nature libérale, il a pris une claque monstrueuse avec les subprimes, ses banques ont été sinistrées en 2007, elles ont été nationalisées. L’Etat Islandais a emprunté en Grande Bretagne et en Hollande au taux de 5.5%. Le peuple a été consulté et il a dit NON à 93% obligeant non seulement les dirigeants à renégocier les taux d’intérêts à 3%, mais à revoir la constitution.
    De plus, cerise sur le gâteau, quand il y a un référendum, les gouvernants prennent en compte le résultat du scrutin, impensable en France.
    L’Islande quel beau pays ! quelle leçon de démocratie !

    • Mon-Al
      Mon-Al répond à padiran
      roturière : -)
      • Posté à 23h11 le 09/01/2011
      • Internaute 24219
        roturière : -)

      OK, mais en Islande 300 000 habitants ... en France, 60 000 000 !

      • LIB.EGA.FRA.ahah
        LIB.EGA.FRA.ahah répond à Mon-Al
        il a bon goût l'agneau français (...)
        • Posté à 23h13 le 09/01/2011
        • Internaute 106701
          il a bon goût l'agneau français (...)

        « OK, mais en Islande 300 000 habitants ... en France, 60 000 000 ! »
        quand on est déterminé, on est pas de trop à 60 000 000 !

      • padiran
        padiran répond à Mon-Al
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 23h24 le 09/01/2011
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Et en plus ils n’ont que deux fromages le skyr ou la mysa, alors que nous avons plus de 400 fromages comme le disait si justement de Gaule. France pays ingouvernable ? non France pays pas gouverné !

         
        • Mon-Al
          Mon-Al répond à padiran
          roturière : -)
          • Posté à 23h33 le 09/01/2011
          • Internaute 24219
            roturière : -)

           : -)))

        • nemo3637
          nemo3637 répond à padiran
          Déchoukeur
          • Posté à 13h08 le 10/01/2011
          • Internaute 44521
            Déchoukeur

          C’est pas possible ! Tu sembles tellement informé sur le sujet que tu sais que les islandais n’ont que deux fromages ! Comment fais-tu ? Des lectures ? Tu y es allé ? Tu as une maîtresse islandaise ? ...

          • padiran
            padiran répond à nemo3637
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 15h09 le 10/01/2011
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            En fait le copain de ma fille connait un gars qui est le neveu par alliance de la concierge de l’ambassade islandaise à Paris. J’ai voulu passer par elle pour avoir des informations et elle a été pertinente, elle m’a répondu
            « tu tapes Islande, dans googole et après t’auras l’air moins con », pour mon apparence personnelle j’en sais trop rien, mais pour le reste, c’est pas mal.

            • nemo3637
              nemo3637 répond à padiran
              Déchoukeur
              • Posté à 00h38 le 11/01/2011
              • Internaute 44521
                Déchoukeur

              Ah bon ?
              C’est ce que je fais aussi d’ordinaire.
              Pas besoin alors , pour avoir de l’information, de se compromettre avec une sévère nordique, ...

              • padiran
                padiran répond à nemo3637
                Chroniqueur Grolandais
                • Posté à 10h08 le 11/01/2011
                • Internaute 5159
                  Chroniqueur Grolandais

                Excuse moi d’avoir révélé qu’il n’y a nul besoin pratiquer le massage islandais pour connaitre le secret de leurs fromages.

        5 autres commentaires
      • femmedesbois
        femmedesbois répond à Mon-Al
        dans sa forêt
        • Posté à 09h16 le 10/01/2011
        • Internaute 93115
          dans sa forêt

        Vous voulez dire que l’on ne peut pas instaurer de vraie démocratie dans un pays très peuplé ?

        .... alors coupons la France en petits bouts avec des gouvernements locaux ?

         
        • Mon-Al
          Mon-Al répond à femmedesbois
          roturière : -)
          • Posté à 10h43 le 10/01/2011
          • Internaute 24219
            roturière : -)

          Oui, une sorte de fédération de départements gérés localement, avec un gouvernement central ? On connait déjà ça ... en Allemagne, même aux USA ... par exemple.

          Mais il faut quand même remarquer qu’il est plus facile de gouverner les pays moins peuplés. Un référendum en Islande ou en Suisse est certainement plus « direct » et plus facile à gérer que dans un pays de 60 millions d’habitants.

        1 autres commentaires
    • qwsxdcfv
      qwsxdcfv répond à padiran
      assise
      • Posté à 00h44 le 10/01/2011
      • Internaute 131602
        assise

      Vous devez adorer la Suisse alors, avec sa loi anti-minaret et sa loi d’expulsion des étrangers criminels. Bah oui, tout ça par référendum. « La Suisse quel beau pays : ! Quelle leçon de démocratie. »

      (- ;

      • decodeur
        decodeur répond à qwsxdcfv
        libéral
        • Posté à 05h53 le 10/01/2011
        • Internaute 100449
          libéral

        Le DG ,d’ HSBC d’Amérique du sud disant ,L’Amerique du sud ,C’est la Merde.Tout le monde de rire et il reprend : « OUI mes c’est notre merde ».
        La suisse c’est la merde, mais les suisses l’aime bien,c’est une merde a forte niveau de vie bien mérité,et pourquoi devraient-ils être les seul a ne pas pouvoir se gérer comme ils le souhaitent.

      • padiran
        padiran répond à qwsxdcfv
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 12h47 le 10/01/2011
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Désigner « l’étranger » comme responsable de ses propres problèmes est l’apanage des lâches.

         
        • qwsxdcfv
          qwsxdcfv répond à padiran
          assise
          • Posté à 15h02 le 10/01/2011
          • Internaute 131602
            assise

          Là n’est pas la question. Je répondais à un riverain qui prenait comme critère de démocratie le recours au référendum. Or, en Suisse c’est exactement ce qu’il s’est passé avec pour résultat deux mesures aux antipodes du courant politique de Rue89. Je demandais donc à cet internaute s’il était en extase devant la Suisse, qui recourt très souvent au référendum et qui en applique le résultat.

          Je veux juste voir si ce riverain va être cohérent ou s’il va, ce que je pense fortement, développer un idéal à géométrie variable.

          (- ;

          • padiran
            padiran répond à qwsxdcfv
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 15h34 le 10/01/2011
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            En France depuis 1958, 10 référendums ont été organisés, qui vont de septembre 58 (constitution de la Vème République) a mai 2005 (traité établissant une Constitution pour l’Europe). Seuls deux consultations ont donné un résultat négatif, en 1969 sur la régionalisation, ce qui a entrainé la démission de de Gaule, et celui sur le TCE qui a été annulé par Sarkozy par un vote de l’Assemblée Nationale.
            Ces référendums sont institutionnels et nationaux, certains concernaient les accords d’Evian sur l’indépendance de l’Algérie ou sur le statut de la Nouvelle Calédonie, tous sujets hautement sensibles et qui ont été débattus sereinement.
            Quand un parti veut organiser un référendum sur l’étranger et qu’il commence par la stigmatisation, qu’il matraque à grands coups d’affiches racistes, en posant des questions qui renferment des réponses, ce n’est plus un référendum qu’il veut organiser, mais un plébiscite pour ses thèses populistes.

            • qwsxdcfv
              qwsxdcfv répond à padiran
              assise
              • Posté à 15h54 le 10/01/2011
              • Internaute 131602
                assise

              Voilà la géométrie variable dont je parlais.

              (- ;

              • padiran
                padiran répond à qwsxdcfv
                Chroniqueur Grolandais
                • Posté à 16h03 le 10/01/2011
                • Internaute 5159
                  Chroniqueur Grolandais

                Minable comme argumentation. C’est toujours comme ça avec les gars de la Marine

        4 autres commentaires
  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 23h15 le 09/01/2011
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Peu de gens à ma connaissance ont prétendu que l’Islande vivait une « Révolution anticapitaliste »...
    Par contre le pays a été ruiné par la spéculation dont certains auteurs, des « responsables politiques » et des financiers, ont du quitté le pays, s’enfuir pour se réfugier à l’étranger.
    Ce qui a été dit et constaté ce sont les méfaits d’un système qui est en train de partout s’efondrer tenu par la seule logomachie d’un Trichet de BCE.
    Ce qui a été dit c’est que les Islandais ont refusé - comme d’autres - de payer des dettes dont la responsabilité n’est pas celle de la population.
    Et ce qui arrive, malgré les atermoiements de Pascal Riché (qui voudrait nous faire croire que tout roule comme avant ou presque), c’est une volonté de changement, de meilleur contrôle du pouvoir politique et financier.
    C’est comme ça que les « révolutions anticapitalistes » commencent et jamais bien sûr en appuyant sur un bouton, ou en sortant dans la rue en affirmant d’emblée la fin du système capitaliste.
    Ce dernier ne porte t-il pas d’ailleurs sa propre mort en son sein ?

  • laogong
    • Posté à 23h15 le 09/01/2011
    • Internaute 27856

    Ouf ! On est tous rassurés. Il ne s’est rien passé en Islande. La nationalisation des banques, un gouvernement qui tombe sous la pression de la rue, le rejet par le peuple du remboursement de la dette, une assemblée constituante...
    ne vous inquiétez pas peuple français, les islandais se mettent en position pour se faire enc... par le FMI comme vous, alors n’allez surtout pas penser qu’il y aurait des idées à prendre chez eux.
    Merci M. Riché pour cet extraordinaire moment de journalisme, qu’est-ce qu’on aurait manqué si vous n’aviez pas décroché votre téléphone !

  • Hulk
    Hulk
    Gros con de droite
    • Posté à 23h42 le 09/01/2011
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    Utile rappel des faits. Encore un peu, après Cantona en décembre, Hessel en janvier, les Vikings Rouges d’Islande allaient devenir la coqueluche des gaucho-débilos en février.

    Espérons que le département marketing nous prépare quelque chose pour mars puis pour avril, sinon ça va déprimer sévère quand ça va se rendre compte que le capitalisme libéral se poursuit, vu qu’il n’y a rien d’autre...

    • Errance
      Errance répond à Hulk
      écouteur d'histoires
      • Posté à 00h21 le 10/01/2011
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      c’est toujours mieux que la monomanie d’une certaine droite.

    • qwsxdcfv
      qwsxdcfv répond à Hulk
      assise
      • Posté à 00h45 le 10/01/2011
      • Internaute 131602
        assise

      En mars y’a pas une nouvelle version de l’iPad pour les riverains ?

      (- ;

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à Hulk
      chien de talus
      • Posté à 10h53 le 10/01/2011
      • Internaute 50571
        chien de talus

      c’est bien, félicitations, que tu considère que la nationalisation des banques et qu’une constitution plus démocratique aillent de soi. Tu as fait de gros efforts, continus tu es sur la bonne voie, courage !

  • Valentin Cruard
    Valentin Cruard
    Etudiant
    • Posté à 00h41 le 10/01/2011
    • Internaute 107576
      Etudiant

    Metz, c’est plus 120 000 habitants que 300 000.

  • Samuel_A
    Samuel_A
    Expat'
    • Posté à 01h35 le 10/01/2011
    • Internaute 112135
      Expat'

    Il serait faux de prétendre que l’Islande deviendrait un pays anticapitaliste. Totalement faux. D’ailleurs, l’Islande tente d’entrer dans l’UE et si l’UE était une instance anticapitaliste, je crois que ça se saurait. Néanmoins, force est de constater que les islandais ont eu plus d’audace que bien d’autres face à une crise qui les a laminés. Contrairement à la France qui a décidé de sauver les banques sans leur imposer le moindre contrôle en contrepartie, l’Islande les a nationalisées, ce qui leur en redonne un certain contrôle. Ils ont aussi eu les noix de mettre dehors les politiciens corrompus qui ont placé le pays dans cet état, en renonçant à exercer un minimum de contrôle sur ce que faisaient leurs banques et leurs entreprises, les laissant jouer à la roulette avec de l’argent qu’ils n’avaient pas.

    L’Islande restera un pays capitaliste, il ne faut pas se leurrer. Mais ils semblent avoir sû tirer des leçons de la période ultralibérale délirante et semblent revenir à une économie plus raisonnée. Qui plus est, ils ont quand-même fait payer les coupables, même un tout petit peu.

    Nous, on n’en est même pas là. Sarkozy et ses potes continuent comme si de rien n’était.

    • nemo3637
      nemo3637 répond à Samuel_A
      Déchoukeur
      • Posté à 04h24 le 10/01/2011
      • Internaute 44521
        Déchoukeur

      Le problàme est qu’à notre époque on ne sait pas ce que veut dire « revenir à une économie plus raisonnée. »
      Que doivent faire les Islandais ? Revenir à la pêche à la morue ?
      Intensifier l’élevage du mouton ? Développer la culture des bananiers grace aux geysers ?
      Une sorte d’autarcie dans un pays rude où des gens courageux ont peiné dans le passé pour simplement survivre ? ....
      Cela pourrait finalement sembler raisonnable. Mais il faut un sacré courage politique pour effectuer une telle révolution qui sera peut-être aussi dictée par la nécessité.

      • Samuel_A
        Samuel_A répond à nemo3637
        Expat'
        • Posté à 05h05 le 10/01/2011
        • Internaute 112135
          Expat'

        Revenir à la pêche, ils en ont vaguement parlé, mais finalement ça ne les a pas vraiment enchanté, comme perspective. Finalement, ils préfèrent rentrer dans l’UE - qui impose des quotas de pêche donc pour redevenir une nation de pêcheur c’est fichu - et garder une économie libérale. Mais plus complètement dingue comme elle l’était devenue juste avant 2008, parce qu’il faut bien comprendre que l’Islande, avant la crise, n’était plus qu’une gigantesque bulle spéculative, la finance était devenue une fin en soi dans ce pays au lieu d’être un moyen de (justement) financer des activités productives. Je caricature à peine, il y avait tout de même quelques entreprises hors du monde de la finance, mais c’était peau de zob par rapport à la taille des banques.

        C’est bien pour ça, d’ailleurs, que l’Islande s’est écroulée. Quand la crise bancaire est arrivée chez nous, nous avons pu dire « nan mais y a pas de soucis, vous pouvez prêter à nos banques, parce que nous on vous garantit le pognon, si nos banques arrivent pas à vous rembourser, c’est nous qu’on s’en chargera », du coup, nos banques ont continué à inspirer la confiance et ont survécu.

        En Islande, les banques avaient pris une importance tellement gigantesque par rapport à tout le reste, que le pays était bien incapable dede garantir quoi que ce soit à qui que ce soit, car les sommes en jeu étaient à des années-lumières des budgets du pays.

        Revenir à une économie raisonnée, ça commence par là : éviter de jouer des sommes qui dépassent le niveau économique « normal » du pays de plusieurs ordres de grandeurs. Faire de la finance un moyen de faire exister une économie basée sur de vrais biens et services, plutôt qu’une fin économique en soi.

        Et comme on imagine assez mal les banques privées s’auto-limiter, la nationalisation de celles-ci est un moyen somme toute logique pour permettre que la volonté politique se traduise en conséquences sur le fonctionnement des banques.

         
        • nemo3637
          nemo3637 répond à Samuel_A
          Déchoukeur
          • Posté à 05h35 le 10/01/2011
          • Internaute 44521
            Déchoukeur

          Faire de la finance un moyen de faire exister une économie basée sur de vrais biens et services, plutôt qu’une fin économique en soi.

          L’économie, à l’échelle mondiale est aujourd’hui uniquement basée sur la finance. Il n’y a pas ou plus d« économie raisonnée », c’est à dire ce que vous entendez par une économie basée sur la « production de biens et de services ». A titre d’exemple, regardez ce que peuvent représenter les exportations chinoises de biens manufacturés relativement à la bulle financière.
          La spéculation, garantie par les Etats, est beaucoup plus rentable.
          Je ne m’étendrai pas plus ici sur le sujet ce qui ferait vraiment disgression. Simplement, pour faire court, on aurait pu espérer ...- une déclaration de faillite en règle pour la Grèce et l’Islande. Cela n’a rien d’extrordinaire. Le Brésil et la Russie, par exemple, l’ont fait il n’y a pas si longtemps. Seulement au lieu de saisir les biens des pauvres, comme dans ce dernier pays, il faudrait simplement ne plus rembourser les banques qui font faillite dans ces pays ainsi que les créanciers. Dans ce genre de situation les gouvernements annoncent alors unilatéralement et pudiquement un rééchelonnement de la dette. Seulement l’Islande est petit un pays sur lequel on fait pression d’autant plus facilement. Du moins le croit-on car apparemment les habitants, le peuple, se rebiffe...

        1 autres commentaires
      • decodeur
        decodeur répond à nemo3637
        libéral
        • Posté à 06h08 le 10/01/2011
        • Internaute 100449
          libéral

        Non,non ils font une révolution à gauche pour jeter le capitalisme Islandais parterre et avec l’argent ainsi récolté ,ils pourront le distribuer aàla terre entière. les gauchos du monde entier sont tellement généreux avec le fruit du travail des autres ,alors c’est comme ça que cela va se passer ! si,si lisez bien les posts !

  • Mamichette
    Mamichette
    retraitée de l'enseignement
    • Posté à 01h42 le 10/01/2011
    • Internaute 113683
      retraitée de l'enseignement

    Si l’Irlande veut se sauver, elle a la solution économique d’Inoppression Active de Maillard. Sans mettre cela en place, ce sera la catastrophe !

  • asselin
    • Posté à 05h08 le 10/01/2011
    • Internaute 62896

    En faisant une petite règle de trois, et par une comparaison malhonnête (on est pas à une prêt) je vois que le FMI a prêté 1 fois et demi moins d’argent par tête de pipe aux Islandais qu’aux grecques. C’est parce qu’il pense que la situation est moins graves, ou c’est parcequ’il a plus confiance en la capacité de rebond des Islandais ?

    Ou c’est parceque les volcans grecques ont la courtoisie de ne pas emmerder le monde ?

    Note : au moment de revendre ses actions sur ses banques, l’état Islandais fera la démonstration aux idéalistes du monde entier que la révolution peut s’avérer être un excellent placement !

  • decodeur
    decodeur
    libéral
    • Posté à 05h35 le 10/01/2011
    • Internaute 100449
      libéral

    Avec la gauche au pouvoir les travailleurs n’ont pas fini de trinquer,la misère c’est tout au font à gauche et en Europe

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 06h58 le 10/01/2011
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Tant que la loi du marché ne sera pas remise ne cause par les Islandais, ce sera difficile de dire que ce pays, après avoir été mis en faillitte, révolutionne la façon de gouverner. D’ailleurs, les trois banques nationalisées retrouveront leur liberté quand il y aura assez de liquidités pour que ses Traders puissent reprendre le jeu du Monopoly financier... ! !

    Lien

  • nakuyouguisu
    nakuyouguisu
    Indépendant
    • Posté à 07h38 le 10/01/2011
    • Internaute 87675
      Indépendant

    Nationaliser les banques, comme le Crédit Lyonnais ? Donnez-moi un exemple de nationalisation réussie svp.

  • A déménagé le 18-1
    • Posté à 08h09 le 10/01/2011
    • Internaute 116615
      bc

    Nationalisations du système bancaire, chute de la droite, pressions de la haute finance repoussées par référendum, assemblée constituante..
    Que l’on fasse ça en France, déjà pour commencer et on verra !

  • expat
    • Posté à 08h15 le 10/01/2011
    • Internaute 25627

    Un peu triste cette foi inebranlable dans l’ordre etabli et le marche (dont les lois curieusement ne doivent jamais etre suivie dans la tombe que par ceux qui en profitent le moins).

    Je trouve scandaleux que 300 000 personnes (ca inclu les enfants je pense) soient condamnees a payer 2.7 milliard d’euros a des etrangers qui apres tout ont investi pour gagner, et n’aurais jamais partage la mane avec les islandais.

    Si il y a un exemple qui montre bien que le systeme est juste une machine a extorsion c’est celui, si les braves copains islandais sont aussi prets a se faire tondre et a laisser leur descendance se fair tondre pour des generations se sont vraiment des pauvres cons, que dire d’autre. si une personne se retrouve conmdamnee a payer d’autres dettes que les siennes au minimum on a pitie, mais il semble que nous sommes tous des speculateurs qui esperent bien que l’ont forcera quelqu’un a payer si ca tourne mal pour nos petites economies, en fait cette article relfete plus notre peur de voir quelqu’un refuser de jouer le jeu et peut-etre nous placer dans une situation delicate (les banquiers sont deja sauves et de nouveua riches merci pour eux), vive la solidarite humaine.

  • valreni
    valreni
    Homme de culture
    • Posté à 08h17 le 10/01/2011
    • Internaute 139841
      Homme de culture

    Voici un très bon papier. Je me réjouis de le voir sur ce site. La seule chose que l’on pourrait y ajouter est que le pays a fait une véritable révolution technologique. Le souci de l’environnement a conduit à une utilisation de l’hydrogène pour tous les autobus de sa capitale.

    Le développement du monde universitaire a , en revanche, conduit à une introduction au monde frelaté de la finance ango-saxonne avec les conséquences connues dont l’acharnement de la Grande -Bretagne et de la Hollande à récupérer l’argent de ses déposants. Le conte de fée est terminé mais les bases d’une économie d’avenir ne sont pas perdues. Ce tout petit pays en nombre d’habitants peut nous en apprendre beaucoup.

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