Bonnes feuilles 06/01/2011 à 12h08

Sarkozy et la justice : petites phrases et grosses pressions

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89

Rue89 publie des extraits du « Justicier », première enquête à montrer comment le Président contrôle ou contourne les juges.


« Le Justicier » de Dorothée Moisan.

Au début des années 80, Nicolas Sarkozy défendait des trafiquants, des voleurs à la tire et « avait plaisir à le faire », selon son avocat et « ami de trente ans », Me Thierry Herzog. Au prétoire, le jeune avocat ferraillait ferme pour qu’ils obtiennent du sursis.

Sarkozy est ensuite devenu un étrange hybride avocat-politicien-procureur, comme le montre l’excellent « Le Justicier, enquête sur un Président au-dessus des lois » de Dorothée Moisan, qui sort ce jeudi aux éditions du Moment et dont Rue89 publie des extraits.

Au service de ses amis, de ses soutiens politiques ou financiers, de ses visées politiques, et de son électorat.

Au détriment de ses ennemis. Tout en étant aujourd’hui, cas unique en Europe, garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire et nanti d’une immunité très protectrice. Inattaquable, ce qui ne l’empêche pas d’attaquer (sept procédures depuis son élection).

Journaliste, Dorothée Moisan suit les affaires du Palais de justice de Paris pour l’AFP. Elle a enquêté sur tous les liens de l’actuel président de la République avec le troisième pouvoir. En remontant à l’origine, sa mère, « Dadu », qui plaidait naguère dans un scandale politico-immobilier des Hauts-de-Seine (l’affaire Villarceaux).

« Allô, maman, je suis avocat, comme toi »

Sorti de Sciences-Po sans en décrocher le diplôme, son fils lui annonce sa nouvelle orientation de but en blanc, en 1981 :

« Allô, maman, tiens-toi bien, je suis avocat, comme toi. »

La suite est riche et variée, d’affaires futiles ou choquantes (la villa corse de l’ami Christian Clavier, le « off » Sarkozy/France 3/Rue89, « la » rumeur, le scooter de Jean Sarkozy) en scandales plus obscurs et gênants (Clearstream, Karachi, Bettencourt, l’arbitrage Tapie-Etat pour le Crédit Lyonnais, l’Angolagate, l’accord Chirac-Delanoë sur les emplois fictifs, le fief des Hauts-de-Seine...).

Côté politique, tout y passe : le passage de Rachida Dati place Vendôme, la récidive, les 35 lois depuis 2002 sur la sécurité et l’immigration, la volonté présidentielle de supprimer le juge d’instruction... Et l’« indulgence coupable » de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de la délinquance en col blanc.

Dans son livre « Libre », le Président a en effet écrit ces lignes :

« Ne serait-il pas plus juste de réserver la prison à la seule punition des crimes et délits ayant porté atteinte à l’intégrité physique de la victime ? »

Ce demi blanc-seing aux grands escrocs, Sarkozy a voulu le délivrer en dépénalisant le droit des affaires. Après la crise de 2008, il a jugé plus prudent d’attendre.

La suppression en trompe-l’œil de la double peine

D’une plume alerte, sans s’appesantir, Dorothée Moisan raconte comment Nicolas Sarkozy a fait du ministère de l’Intérieur son laboratoire de politique judiciaire.

Il tente, en vain, de court-circuiter deux gardes des Sceaux successifs (Dominique Perben et Pascal Clément) pour imposer ses peines planchers. Qu’il fait finalement voter une fois à l’Elysée, dès août 2007.

Il a plus de succès en 2003 avec l’abolition de la double peine, qui voulait qu’un étranger condamné en France soit expulsé du pays à sa sortie de prison.

Noble mesure dont Nicolas Sarkozy se vante toujours, mais surtout belle enflure médiatique que cette abolition : la voix des associations, qui réclament en 2006 « une véritable suppression de la double peine », ne porte pas. Elles dénoncent le calvaire administratif imposé à qui veut éviter la double peine. Laquelle, du coup, reste effective dans de nombreux cas.

Défendre les victimes et légiférer dans l’émotion

Ces lois en rafale, le futur Président les obtient depuis la place Beauvau en usant d’un des ingrédients majeurs de son succès politique : les faits divers. Sa recette est la suivante :

« Primo, se poser en défenseur des victimes. Secundo, rudoyer les juges, trop laxistes. Tertio, profiter de l’émotion pour légiférer dans l’urgence. L’affaire Crémel est à ce titre emblématique. »

Prétextant notamment que le veuf de Nelly Crémel (une joggeuse assassinée en 2005 en Seine-et-Marne par le récidiviste Patrick Gateau et un complice) lui a demandé « comment l’Etat peut-il relâcher un monstre ? », Nicolas Sarkozy défend la victime, tape sur le juge d’application des peines (JAP) qui a libéré le meurtrier après son premier crime, et obtient une loi contre la récidive.

Mais il y a deux problèmes. D’abord, l’avocate de la famille Crémel assure à Dorothée Moisan qu’elle n’a « jamais entendu M. Crémel tenir les propos que lui prête Nicolas Sarkozy ». La famille a très peu goûté cette récupération politique.

Ensuite, les organisations professionnelles de magistrats sont outrées par les propos du ministre. Lequel met une telle pression médiatique que le président du Conseil supérieur de la magistrature (et de la République) à l’époque, Jacques Chirac, lâche le corps judiciaire et tranche en faveur de Sarkozy. En rappelant du bout des lèvres le principe de la séparation des pouvoirs.

« Il faut faire payer le juge »

Les propos du JAP cloué au pilori par le ministre, concédés seulement quatre ans plus tard sur France 2, pourraient résumer à eux seuls le peu de cas que l’ex-avocat Nicolas Sarkozy fait des textes de loi de son pays.

Le juge Alain Hahn :

« J’ai une phrase qui revient dans ma tête : “Il faut faire payer le juge.” Mais quel juge ? Quel juge ? [La loi impose que trois juges, et non un seul, décident de libérer un criminel une fois sa peine de sûreté purgée, ndlr]

Ma première réaction à ce moment-là était une totale incompréhension.

Ensuite, j’ai très mal compris, accepté la façon dont un homme politique, avec des responsabilités importantes au niveau de l’Etat, encore plus importantes maintenant, était capable de mettre en cause un seul magistrat sans chercher à comprendre si la loi avait été appliquée, dans quelles conditions la loi avait été appliquée et la façon dont les choses s’étaient déroulées pour amener à cette décision favorable. »

Voilà l’impression de fond que confirme le livre de Moisan : celle d’un Président qui court-circuite la justice en jouant tour à tour de sa puissance de feu médiatique et des discrets rouages de ses réseaux.

En 2007, Woerth intervenait en faveur de Courroye...

Car si Sarkozy vilipende des magistrats (surtout des juges), certains autres (surtout des procureurs) ne s’offusquent pas du tout de la manière dont il les traite. A l’inverse, ils semblent faire corps avec lui et ses intérêts.

Patrick Ouart, pendant longtemps « vrai garde des Sceaux » sous Rachida Dati, un « homme de pouvoir et de réseaux ». Yves Bot, que Sarkozy appelle « mon procureur ».

Ou le célèbre Philippe Courroye, dont Dorothée Moisan révèle qu’il a sollicité en 2007 une intervention d’Eric Woerth pour se faire rembourser un déménagement de quelques milliers d’euros... ce qui n’a pas dû l’aider à enquêter sur les liens de Woerth Eric avec la famille Bettencourt, en tant que procureur de Nanterre, l’été dernier.

On peut ajouter à la liste Jean-Louis Bruguière ou Laurence Vichnievsky, pour ne citer que les plus connus. Et la « sarkozette » Rachida Dati, bien sûr, une magistrate qui constitue « la plus grande claque que le Président ait jamais infligée à la magistrature », selon Moisan.

Au final, écrit-elle,

« en quelques années, Nicolas Sarkozy a su phagocyter les hauts postes de la justice. Une toile d’araignée dont la gauche aura beaucoup de difficulté à se défaire si elle revient un jour au pouvoir ».

Rue89 a choisi de publier des extraits intéressants en ce qu’ils mêlent plusieurs facettes des relations de Nicolas Sarkozy avec la justice : Françafrique, justice des copains, soupçons de financement politique pour son camp, et relations avec les milieux d’affaires.

Comment Sarkozy a (pour l’instant) échoué à sauver Pierre Falcone

Comment Sarkozy a (pour l’instant) échoué à sauver Pierre Falcone

En 1993, l’Angola est dévasté par l’une des guerres civiles les plus sanglantes du XXe siècle. Le président José Eduardo Dos Santos cherche à acheter des armes pour terrasser les rebelles de l’Unita. La France refuse. Il contacte alors Pierre Falcone.

Aux côtés de son associé israélien d’origine russe, Arcadi Gaydamak, l’homme d’affaires procure à l’Angola, sans l’aval de la France, chars, navires, obus et hélicoptères dénichés dans l’ex-bloc soviétique. Montant de ces ventes sur cinq ans : 790 millions d’euros.

Pour favoriser leur trafic, Falcone et Gaydamak auraient, selon l’accusation, arrosé en cash leurs obligés français, dont l’ancien ministre Charles Pasqua et son ami Jean-Charles Marchiani, et versé de substantiels pots-de-vin à une trentaine d’officiels angolais, au premier rang desquels le président Dos Santos.

En 2000, la France ouvre une enquête sur ces ventes qu’elles soupçonnent illégales. Elle est confiée aux juges Philippe Courroye et Isabelle Prévost-Desprez qui à l’époque travaillent main dans la main. Aucun Angolais ne figure parmi les mis en examen, mais l’homme fort du pays n’apprécie guère d’être dépeint par les enquêteurs français comme un contrebandier corrompu. Pas plus qu’il ne goûte la mise en cause de son intermédiaire providentiel, Pierre Falcone.

Pour Luanda, il y a eu feu vert de Paris et il s’agit de ventes d’armes régulières à un Etat légitime et souverain. Point final. Piqué, Dos Santos rompt toute relation avec Paris. Et, en 2003, il nomme Pierre Falcone ambassadeur de l’Angola auprès de l’Unesco. Une manoeuvre qui lui permet de le protéger juridiquement.

Sarkozy en Angola pour Total, Bolloré, Bouygues et Areva

Dès son élection, Nicolas Sarkozy tente de renouer le contact. Pas question de se brouiller avec le premier producteur d’or noir de l’Afrique subsaharienne, surtout quand Total est le deuxième opérateur pétrolier en service dans le pays.

En novembre 2007, Claude Guéant joue les éclaireurs auprès de Dos Santos. Il ouvre le chemin à son champion. Le 23 mai 2008, Nicolas Sarkozy fait dix-sept heures d’avion pour rester cinq heures à Luanda, avec dans ses valises les patrons de Total, Bolloré, Bouygues ou encore Areva : c’est la première visite d’un président français depuis dix ans. Un événement. Les deux chefs d’Etat se félicitent d’avoir tourné « la page des malentendus du passé ». Face à la presse, pas un mot sur l’Angolagate. Pourtant, la rencontre entre les deux dirigeants n’a tourné qu’autour du procès prévu en octobre.

La réconciliation porte rapidement ses fruits. Mi-juillet, le ministre de la Défense Hervé Morin envoie aux avocats de Pierre Falcone une lettre susceptible de faire capoter le procès. Les armes n’ayant pas transité par le territoire français, écrit le ministre, aucune autorisation n’était nécessaire. Et sans infraction, pas de procès !

Alors que le dossier s’est construit sur une plainte du ministère de la Défense, la même autorité vient soudain dire : « Circulez, y a rien à voir. On n’a plus rien à vous reprocher. » On a rarement vu intervention politique plus explicite.

Pierre-François Veil, qui conseille Falcone, se rue alors triomphant dans le bureau du juge Jean-Baptiste Parlos. « Il n’y a plus de procès ! » jubile-t-il. C’est mal connaître le président de la 11e chambre, un magistrat courageux que la raison d’Etat n’effraie pas. En dépit de pressions peu discrètes de l’Angola, voire de filatures, celui-ci tient bon et écarte la lettre du ministère. Le procès de l’Angolagate s’ouvre le 6 octobre 2009.

Le « laisser-faire » de la France pour protéger « ses intérêts »

Survient la seconde offensive. Sur un ton menaçant, l’Angola réclame l’arrêt du procès et la restitution de toutes les pièces du dossier, en vertu du secret-défense. En vain.

Enervé du ton adopté par l’avocat de Luanda, le président Parlos s’enquiert même publiquement de savoir si « les juges seraient inquiétés » par les autorités angolaises et fait acter la réponse, négative, par la greffière.

Durant quatre mois, Pierre Falcone va répondre avec suffisance aux questions du tribunal. Car il se sait protégé par son immunité diplomatique et par les autorités françaises, soucieuses de bichonner Dos Santos et son pétrole. Chaque jour, la tension est plus palpable.

Le 11 février 2009, dans un réquisitoire exemplaire, le vice-procureur Romain Victor décrit « l’ambiance de plomb » et « les menaces à peine voilées » qui ont émaillé le procès. Courageux et pas bégueule, le jeune parquetier évoque le « laisser-faire » de l’Etat français qui a cherché à protéger « ses intérêts économiques et stratégiques ».

Quant à la démarche d’Hervé Morin, en juillet, elle est « extraordinaire » brocarde le magistrat, car c’est tout de même « une lettre d’une autorité ministérielle adressée à un prévenu de trafic d’armes ! »

La sanction de ce francparler est immédiate. En réintégrant son estrade après le déjeuner, le procureur est blême. « Il avait l’air vraiment secoué », témoigne un avocat présent ce jour-là. Il explique, gêné, que le journaliste de l’Agence France-Presse, qui a publié une dépêche à la mi-journée, a « un peu déformé » ses propos. Sur leurs carnets, les avocats sont pourtant quarante à avoir pris les mêmes notes !

Entre-temps, Romain Victor a surtout été convoqué par Jean- Claude Marin. Les remarques acides du jeune procureur n’ont pas plu à l’Elysée, qui l’a fait savoir au parquet. Mais qu’importe le prix à payer, Romain Victor a fait passer son message.

Falcone condamné à six ans de prison, c’est Hiroshima à Paris

Le 27 octobre 2009, le tribunal parvient à s’affranchir des pressions et condamne Pierre Falcone à six ans de prison ferme, avec incarcération immédiate. C’est Hiroshima à Paris. Sonné, les yeux clos, le businessman se mord les doigts d’avoir écouté ses avocats. Alors qu’il était en Chine, où il réside désormais, ses conseils, rassurés par Claude Guéant et un professeur de droit, lui avaient assuré qu’il ne risquait rien. Le marchand d’armes quitte pourtant le Palais de justice entre trois gendarmes.

Six mille cinq cents kilomètres plus au sud, le président Dos Santos est fou furieux qu’on ait pu jeter en prison le héros qui a sauvé Luanda. L’Elysée est en panique. La filière Guéant reprend du service. Auprès du secrétaire général, un apporteur d’affaires, Alexandre Djouhri, relaie les exigences angolaises. Patrick Ouart affirme depuis bien longtemps qu’on ne peut plus rien faire pour sauver le soldat Falcone.

« Selon lui, toute tentative d’intervention de l’exécutif sur le tribunal ajouterait la “défaite au déshonneur”. »

D’après les informations de L’Express, Djouhri, excédé par cette trop grande prudence, aurait menacé Patrick Ouart en des termes peu équivoques et Nicolas Sarkozy aurait été contraint de lui-même calmer le jeu.

Claude Guéant a les mains libres. Fissa, il décroche son téléphone et appelle son ami Laurent Le Mesle, le procureur général de Paris, pour lui demander de soutenir la demande de remise en liberté déposée par Falcone. L’avocat général présent à l’audience se démène pour défendre l’homme d’affaires et réclamer sa libération. Mais le président de la cour, Christian Pers, reste sourd à ses appels. Dans un arrêt soigné, il explique primo que l’immunité conférée à Pierre Falcone par l’Angola ne tient pas la route, secundo que, une fois en liberté, le loustic a toutes les chances de prendre la fuite avant son procès en appel.

Comme pour se faire pardonner, l’Etat français annonce le même jour au Franco-Angolais qu’en raison d’une « erreur de service », il va réduire de 140 millions à 15 millions d’euros le redressement fiscal imposé à sa société ayant mené les ventes d’armes.

Plus de nouveaux contrats avec l’Angola : « Il y a encore une bouderie »

Le prévenu se pourvoit en cassation. Rebelote. Cette fois, Claude Guéant contacte Jean-Louis Nadal, le procureur général près la Cour de cassation. Mais, une fois encore, les manœuvres secrètes du secrétaire général de l’Elysée avortent : Falcone devra rester à Fleury-Mérogis jusqu’à son procès en appel, prévu début 2011.

En toute logique, c’est Christian Pers qui doit présider cette audience à haut risque. Pourtant, à la Toussaint 2010, le magistrat, qui a déjà commencé à travailler le dossier, apprend qu’il est nommé à la Cour de cassation. Surprenant. Aurait-on cherché un juge plus compréhensif ? En tout cas, Alain Guillou, qui a été nouvellement désigné, est présumé être un magistrat à l’échine plus flexible.

Quelle que soit l’issue du procès en appel, les relations franco-angolaises gardent les séquelles de cette affaire. « Il est sûr qu’il y a encore une bouderie », analyse le spécialiste de l’Afrique, Antoine Glaser.

D’ailleurs, le président de l’Angola, un parfait francophone, l’a manifesté en boycottant le sommet France-Afrique du 31 mai 2010. C’est un second couteau a qui fait le déplacement à Nice.

Quant aux entreprises françaises, elles doivent prendre leur mal en patience. Car, si l’Angola exécute les engagements en cours, les nouveaux contrats ne viennent pas.

L’ami banquier, son yacht et les neveux du président Ben Ali

L’ami banquier, son yacht et les neveux du président Ben Ali

L’histoire mêle luxe, banquier et marina. Le 5 mai 2006, un yacht de dix-huit mètres, le Beru Ma, disparaît du port de Bonifacio. A cinq heures du matin, les voleurs s’éloignent discrètement du rivage, à bord de ce petit bijou nautique de plus d’un million d’euros. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de dérober le bateau de Bruno Roger, patron de la banque Lazard, accessoirement ami intime du président Chirac et proche du ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Mauvaise pioche…

Generali, qui assure le Beru Ma, met un de ses détectives sur le coup. Il s’appelle Jean-Baptiste Andreani. Il remonte d’abord la piste jusqu’en Sardaigne. L’écume le mène ensuite à Sidi Bou Saïd, tout près de Tunis, où il finit par retrouver le yacht. Il prend quelques photos et découvre rapidement que les nouveaux propriétaires ne sont autres que Moez et Imed Trabelsi, deux neveux par alliance du président Ben Ali.

Aussi influents que redoutés, les deux frères sont réputés pour leurs frasques. Ces intouchables se sont déjà fait livrer deux autres navires de luxe, le Sando et le Blue Dolphin, volés sur la Côte d’Azur, mais tels ces envieux qui maigrissent de l’embonpoint des autres, ils en voulaient un plus gros. L’affaire est embarrassante pour l’Etat tunisien.

Retrouvé, le Beru Ma est rapatrié illico à Bonifacio

A Paris, elle est suivie de près. Dans un PV d’audition consulté par l’auteure, le détective révèle aux gendarmes avoir « été contacté directement à deux ou trois reprises par M. Guéant, directeur de cabinet de M. Sarkozy ».

Selon M. Andreani, la direction de la gendarmerie a elle-même été alertée « par M. Sarkozy et ce à la demande du propriétaire, M. Roger […], une relation de M. Sarkozy. » Une fois le Beru Ma retrouvé, il est rapatrié illico à Bonifacio et rendu à Bruno Roger. De cette célérité ne bénéficieront pas les propriétaires du Sando et du Blue Dolphin, pourtant stationnés à quelques mètres du Beru Ma, dans la marina de Sidi Bou Saïd.

La justice française prend alors le relais. Un mandat d’arrêt international est lancé contre les frères Trabelsi. L’affaire est délicate car elle menace de brouiller les relations avec Zine El Abidine Ben Ali. « Sur ce dossier, le procureur d’Ajaccio José Thorel était pendu au téléphone avec Paris », confie un avocat.

Quinze jours après la visite du président Sarkozy à Tunis, en mai 2008, le juge d’instruction Jean-Bastien Risson s’y déplace à son tour pour entendre les deux frères. Ils reconnaissent avoir essayé le yacht mais disent ignorer qu’il ait été volé. Le juge du tribunal d’Ajaccio les met alors en examen pour complicité de vol en bande organisée, un délit passible de sept ans de prison. Il juge leurs explications « insuffisantes pour contrebalancer l’ensemble des éléments à charge retenus à leur encontre ».

Le magistrat français ne les réinterrogera plus jamais. Il les reconvoque pour une confrontation avec les autres mis en cause, mais ils ne viendront pas. De guerre lasse, le 31 juillet 2009, il finit par rendre une ordonnance renvoyant tout ce petit monde en correctionnelle. Le procès doit avoir lieu trois semaines plus tard à Ajaccio.

Une « parodie » de justice « jouée en catimini »

Mais, le jour de l’audience, les simples prévenus apprennent qu’ils seront les seuls à comparaître. Le parquet a décidé que les huit Français seraient jugés en Corse et les trois Tunisiens – les deux Trabelsi et un troisième larron – chez eux. « Il a paru plus simple au parquet de demander une disjonction des faits », se justifie le procureur général de Bastia, Paul Michel. « On ne savait même pas que c’était possible ! » s’étrangle un des avocats du dossier. En effet, d’ordinaire, les juridictions ne jugent pas leurs ressortissants pour des faits commis à l’étranger.

Bilan de l’opération : en France, les voleurs écopent de peines allant de six mois avec sursis à deux ans ferme. Quatre mois plus tard, c’est au tour des commanditaires d’être jugés.

A Tunis. Mokhtar Yahyaoui, un magistrat tunisien révoqué par le pouvoir, raconte l’audience fantoche à laquelle s’est prêtée la justice de son pays. Cette « parodie » écrit-il sur le blog collectif Nawaat, s’est « jouée en catimini » le samedi 30 janvier 2010, « après la fermeture du tribunal et le départ de tout le monde ».

Les deux prévenus vedettes sont absents. L’affaire est pliée rapidement. Imed Trabelsi est acquitté et son frère Moez, condamné à un an avec sursis.

  • 55663 visites
  • 128 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Redroom
    Redroom
    La V2, une grosse merde.
    • Posté à 12h13 le 06/01/2011
    • Internaute 23589
      La V2, une grosse merde.

    53% et ils se sont rués dessus...

    • yabon
      yabon répond à Redroom
      Klingon
      • Posté à 12h35 le 06/01/2011
      • Internaute 98602
        Klingon

      « 53% et ils se sont rués dessus... »

      « ruer » c’est un peu exagéré : Il a gagné grâce aux voix des plus 75 ans.

      • 101.7
        101.7 répond à yabon
        Promeneur
        • Posté à 12h41 le 06/01/2011
        • Internaute 59121
          Promeneur

        « Il a gagné grâce aux voix des plus 75 ans. »

        Ils se sont rués en déambulateur.

         
        • yabon
          yabon répond à 101.7
          Klingon
          • Posté à 12h46 le 06/01/2011
          • Internaute 98602
            Klingon

          « Ils se sont rués en déambulateur. »

          Ça devait être horrible !

        • Rue253
          Rue253 répond à 101.7
          Ligérien
          • Posté à 12h51 le 06/01/2011
          • Internaute 139120
            Ligérien

          En 2012, il y en aura quelques uns de morts !

          • Redroom
            Redroom répond à Rue253
            La V2, une grosse merde.
            • Posté à 13h26 le 06/01/2011
            • Internaute 23589
              La V2, une grosse merde.

            Mais yen aura plein de nouveaux également qui voudront de la sécurité, alors que la droite c’est l’insécurité entretenue afin que justement les vieux cons par réflexe, votent bêtement à droite quand ils ont peur...

            C’est tellement facile de manipuler un vieux tout seul dans son coin...

            • h31nz3
              h31nz3 répond à Redroom
              voila
              • Posté à 20h55 le 06/01/2011
              • Internaute 122595
                voila

              l’insecurité c’est les juges, et ceux qui defendent les criminels, tant qu’il y’aura une pensée ambiante a les defendre dans ce pays, rien ne changera. si on excuse un délinquant a cause de la « pauvreté » ou des « inegalites », c’est qu’on a strictement rien compris, et les sanctions clémentes tomberont en conséquence... pour 0 résultats. depuis le temps qu’on relache des délinquants , vous avez toujours pas compris que ca ne leur serve pas de lecon, bien au contraire, ca leur conforte dans leur impunité... parce que c’est un « jeu » pour eux et ils ont inculqué grace au valeur de la « rue » une culture du délit et de la violence, tant que vous comprendrez pas ca on avancera jamais et les sanctions type « stage de voile en bretagne » est completement incohérent avec le réel diagnostique. il faut de la sanction ferme face a un « jeu »

              ps : la prison ne sert a rien je precise, ayant trainer avec eux, ca fait ni chaud ni froid donc quand j’entends dire que ca leur servira de « lecon » ca me fait légèrement rigoler. taper dans le porte feuille, vous verrez les résultats nettement s’ameliorer, ou les TIG type « ramasser ou laver la crasse de leur cité... ». voila pour faire bref, on a pas la meme mentalité que les blancs, arretez de croire qu’un jeune apprend en allant en prison il pourra dire ca devant vous et la caméra (question bien orienté avec la reponse avec..) mais la realité est tout autre, sachant qu’on est nourrit, loger et « distrait » en prison ca change rien de la vie habituelle dans la cité

              • Redroom
                Redroom répond à h31nz3
                La V2, une grosse merde.
                • Posté à 09h25 le 07/01/2011
                • Internaute 23589
                  La V2, une grosse merde.

                Votre propos est incohérent et contradictoire...

                • h31nz3
                  h31nz3 répond à Redroom
                  voila
                  • Posté à 18h33 le 09/01/2011
                  • Internaute 122595
                    voila

                  toute la repartie de gauche est la. aucun argument. en générale vous critiquez la forme ou taxer par des « arnaques » idéologiques comme le racisme ou l’islamophobie, ca change bravo, mais toujours aussi inutile

                  • Redroom
                    Redroom répond à h31nz3
                    La V2, une grosse merde.
                    • Posté à 09h14 le 10/01/2011
                    • Internaute 23589
                      La V2, une grosse merde.

                    Non, non je vous assure, relisez vous, votre texte est incompréhensible...

              • lucsky
                lucsky répond à h31nz3
                la force en moins
                • Posté à 11h06 le 07/01/2011
                • Internaute 54632
                  la force en moins

                Yaka, faukon...

          • 101.7
            101.7 répond à Rue253
            Promeneur
            • Posté à 13h27 le 06/01/2011
            • Internaute 59121
              Promeneur

            « En 2012, il y en aura quelques uns de morts ! »

            Une bonne canicule en 2011, une vraie de vrai, et n’importe qui écrase le Ventilo au premier tour.

          • iaorana-huahine
            iaorana-huahine répond à Rue253
            papi
            • Posté à 13h50 le 06/01/2011
            • Internaute 109913
              papi

            pas assez, j’ai peur ! ! !

        10 autres commentaires
  • A déménagé le 13-10-2012
    • Posté à 12h19 le 06/01/2011
    • Internaute 19357
      non connue

    J’espère qu’ils auront de la mémoire et qu’ils le feront payer en 2012 .

  • aumusee
    aumusee
    en direct de l'élysée Montmartre (...)
    • Posté à 12h19 le 06/01/2011
    • Internaute 6663
      en direct de l'élysée Montmartre (...)

    Président des riches, des copains friqués.
    Prédateur.
    Cet individu casse la France.
    Il a choisi ses clients en tant qu’avocat, à commencer par Servier. Il les décore.
    Et nous, nous agonisons la gueule ouverte.
    Merci au conducator président expérimenté et protecteur.
    Mais protecteur des riches uniquement.

    • Di
      Di répond à aumusee
      • Posté à 12h33 le 06/01/2011
      • Internaute 8231

      « Mais protecteur des riches uniquement. »

      Je ne doute pas qu’il les protège uniquement pour s’en servir. Sans doute un bon dossier sur chacun d’eux, dont il se servira le jour venu, si besoin. Même eux se sont fait avoir.

  • gotfers
    gotfers
    Doctorant en droit et webmaster (...)
    • Posté à 12h23 le 06/01/2011
    • Internaute 35637
      Doctorant en droit et webmaster (...)

    « Au début des années 80, Nicolas Sarkozy défendait des trafiquants, des voleurs à la tire et “ avait plaisir à le faire ”, selon son avocat et “ ami de trente ans ”, Me Thierry Herzog. Au prétoire, le jeune avocat ferraillait ferme pour qu’ils obtiennent du sursis. “

    Je ne vois pas l’intérêt d’un tel paragraphe sauf à dire que tous les avocats qui défendent des accusés sont des méchants. Et qu’en plus s’ils essayent de tout faire pour leurs clients, ils sont encore pire... Cela dessert totalement le reste du propos...

    • Augustin Scalbert
      Augustin Scalbert répond à gotfers
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 12h27 le 06/01/2011
        rédacteur
      • Journaliste 27
        Journaliste

      C’est pour souligner le contraste entre l’avocat se battant pour du sursis et, trente ans plus tard, le politicien introduisant les peines planchers, par exemple.

      • yalienx
        • Posté à 12h41 le 06/01/2011
        • Internaute 66859

        Donc c’était sans intérêt en effet. Merci de la précision.

      • gotfers
        gotfers répond à Augustin Scalbert
        Doctorant en droit et webmaster (...)
        • Posté à 13h41 le 06/01/2011
        • Internaute 35637
          Doctorant en droit et webmaster (...)

        Au regard du début de votre article, le lien n’est vraiment pas évident.

    • 101.7
      101.7 répond à gotfers
      Promeneur
      • Posté à 12h46 le 06/01/2011
      • Internaute 59121
        Promeneur

      « sauf à dire que tous les avocats qui défendent des accusés sont des méchants. »

      Vous oubliez ce petit bout de phrase :

      « avait plaisir à le faire »

      Alors que maintenant, c’est quand même la même personne, se dit intransigeant.

      La république irréprochable qu’il dit... enfin, c’est vrai que « dire » et faire » sont des verbes différents même s’ils appartiennent au troisième groupe.

      • gotfers
        gotfers répond à 101.7
        Doctorant en droit et webmaster (...)
        • Posté à 13h40 le 06/01/2011
        • Internaute 35637
          Doctorant en droit et webmaster (...)

        Quel mal y-a-t’il à avoir plaisir à faire son métier...

         
        • 101.7
          101.7 répond à gotfers
          Promeneur
          • Posté à 13h50 le 06/01/2011
          • Internaute 59121
            Promeneur

          « Quel mal y-a-t’il à avoir plaisir à faire son métier... »

          Lisez bien... ce que je trouve bizarre c’est d’avoir ce plaisir et de le renier peu de temps après, ça fait girouette de compétition.

          Quand on a 15 ans ça se comprend... mais quand on est mûr et président de la république ça craint.

        1 autres commentaires
    • DeSuisse-
      DeSuisse- répond à gotfers
      Je pense donc je gêne !
      • Posté à 13h23 le 06/01/2011
      • Internaute 101756
        Je pense donc je gêne !

      C’est pour dire que d’un côté de la barrière NS fait le ’méchant’ (avocat) et que de l’autre côté de la barrière, il fait l’ignoble méchant...

      Une mise en perspective du sieur Scalbert, une ! !

  • Venera84
    Venera84
    http://vallesmarineris. (...)
    • Posté à 12h25 le 06/01/2011
    • Internaute 125864
      http://vallesmarineris. (...)

    Surtout, mettons tout sur le dos de Sarkozy et évitons toute remise en question de notre système judiciaire et de nos institutions.

    Un nouveau Sarkozy, mais de gauche, donc gentil et cool, pourra alors continuer à faire n’importe quoi avec notre système judiciaire qui sera resté tel quel.

    • yabon
      yabon répond à Venera84
      Klingon
      • Posté à 12h39 le 06/01/2011
      • Internaute 98602
        Klingon

      « Un nouveau Sarkozy, mais de gauche, “

      Vous pensez à quelqu’un ?

      • yalienx
        yalienx répond à yabon
        • Posté à 12h41 le 06/01/2011
        • Internaute 66859

        On a eu Mitterrand. On en trouvera bien un autre (Aubry, Royal, DSK sont de sérieux candidats pour 2012 par exemple).

    • yabon
      yabon répond à Venera84
      Klingon
      • Posté à 12h44 le 06/01/2011
      • Internaute 98602
        Klingon

      J’entendais ce matin que le verrouillage du système continue et que, même si la gauche revenait au pouvoir, elle aurait toutes les peines du monde à désentraver l’institution...

      Dans ces conditions, effectivement, nous ne pouvons plus éviter une « remise en question de notre système judiciaire et de nos institutions » comme vous dites.

      • Venera84
        Venera84 répond à yabon
        http://vallesmarineris. (...)
        • Posté à 12h55 le 06/01/2011
        • Internaute 125864
          http://vallesmarineris. (...)

        Vous « entendiez » ? C’est intéressant et sûrement vrai, mais une source serait ici de rigueur ;)

        En fait, le système judiciaire n’a pas changé d’un iota depuis l’arrivée au pouvoir de Sarkozy (à l’exception de deux ou trois bidules votés en urgence par le Parlement à la suite d’une quelconque affaire de chiens écrasés, bidules qui n’ont de toute façon aucune chance de pouvoir s’appliquer un jour). Je ne vois donc pas à quel « verouillage » vous faîtes référence...

        Si bien qu’il suffirait à quiconque veut promouvoir l’Etat de droit d’établir quelques règles de bon sens (indépendance du parquet, légitimation du rôle de l’avocat, fin du juge d’instruction en tête) afin d’affermir le système judiciaire et d’interdire de facto les interventions stupides d’un chef de l’Etat tel que cet article en dresse la liste...

         
        • fxh.dechezmoi
          fxh.dechezmoi répond à Venera84
          Ancien étudiant en attente du (...)
          • Posté à 13h49 le 06/01/2011
          • Internaute 100035
            Ancien étudiant en attente du (...)

          « En fait, le système judiciaire n’a pas changé d’un iota depuis l’arrivée au pouvoir de Sarkozy (à l’exception de deux ou trois bidules votés en urgence par le Parlement à la suite d’une quelconque affaire de chiens écrasés, bidules qui n’ont de toute façon aucune chance de pouvoir s’appliquer un jour). »

          Tout dépend ce que vous mettez derrière l’expression « le système judiciaire » ? ?

        • yabon
          yabon répond à Venera84
          Klingon
          • Posté à 14h06 le 06/01/2011
          • Internaute 98602
            Klingon

          « Vous “entendiez” ? C’est intéressant et sûrement vrai, mais une source serait ici de rigueur ;) »

          Oui, excusez-moi. C’était sur France Inter mais je n’étais pas bien réveillé.

        • glop-pasglop
          glop-pasglop répond à Venera84
          justiciable à merci
          • Posté à 16h52 le 06/01/2011
          • Internaute 117082
            justiciable à merci

          « ... il suffirait à quiconque veut promouvoir l’Etat de droit d’établir quelques règles de bon sens ... afin d’affermir le système judiciaire ... »

          Vous semblez ignorer que de tels changements (qui seraient effectivement les bienvenus pour sauvegarder un semblant d’Etat de droit en France) ne pourraient intervenir que par l’abandon de la réforme envisagée et par l’adoption de nouvelles lois, lesquelles sont votées par les parlementaires.
          Or la composition actuelle des chambres ne le permet guère...

        3 autres commentaires
      • decodeur
        decodeur répond à yabon
        libéral
        • Posté à 17h50 le 06/01/2011
        • Internaute 100449
          libéral

        La gauche a tout signé (Traité de lisbonne ,les délocalisations,les dettes,les impots,les taxes,les enrichissementhonteux,Tapie,LCL,Triangle etc etc.....) Il faudrait peut-être changer de musique mafieuse,pour améliorer les choses.

         
        • yabon
          yabon répond à decodeur
          Klingon
          • Posté à 18h11 le 06/01/2011
          • Internaute 98602
            Klingon

          Chat échaudé craint l’eau froide (Tapie et la gauche, j’ai un peu de mal).

          • decodeur
            decodeur répond à yabon
            libéral
            • Posté à 18h40 le 06/01/2011
            • Internaute 100449
              libéral

            Tapie ministre important et magouilleur de Mitteux comme tous les autres d’ailleurs,Nunuche, DSK,Aubry,Lang,Fabius ce sont les même vieux croutons depuis 30 ans .

            • yabon
              yabon répond à decodeur
              Klingon
              • Posté à 21h24 le 06/01/2011
              • Internaute 98602
                Klingon

              Et vous proposez qui, vu qu’il faut choisir pour le père Noël ?

              • decodeur
                decodeur répond à yabon
                libéral
                • Posté à 21h36 le 06/01/2011
                • Internaute 100449
                  libéral

                Je verrai , mais je voterai pour du neuf pas un rond de cuir et du cuit et du recuit .

                • yabon
                  yabon répond à decodeur
                  Klingon
                  • Posté à 03h14 le 07/01/2011
                  • Internaute 98602
                    Klingon

                  Du neuf ? C’est l’heure de la réclame !

                  • decodeur
                    decodeur répond à yabon
                    libéral
                    • Posté à 08h10 le 07/01/2011
                    • Internaute 100449
                      libéral

                    Pas de brocanteur ,c’est la cata assurée .Dans le neuf on ne risque pas d’avoir que des merdes.

                    • yabon
                      yabon répond à decodeur
                      Klingon
                      • Posté à 11h20 le 07/01/2011
                      • Internaute 98602
                        Klingon

                      « Dans le neuf on ne risque pas d’avoir que des merdes. »

                      Ça, ça reste à prouver...

    • kiki le chien
      kiki le chien répond à Venera84
      observateur
      • Posté à 13h16 le 06/01/2011
      • Internaute 130584
        observateur

      oh une pierrrrrote !

    • potius mori quam foedari YLM
      potius mori quam foedari YLM répond à Venera84
      aime etre à Madagascar
      • Posté à 14h08 le 06/01/2011
      • Internaute 138303
        aime etre à Madagascar

      Échantillon indigeste qui ne donne vraiment pas envie d’acheter le bouquin...

      Encore un énième livre politique à charge contre Sarkozy....

      Depuis qu’à quinze ans, j’ai choisi Camus contre Sartre, ces narcisses et ces tartufes de gauche qui admirent leurs vertueuses indignations et leurs saintes colères dans le miroir complaisant de leur bonne conscience tout en habitant dans les beaux quartiers s’insupportent ....

      Le succès ou la publicité fait à ce genre de livres prouve à ceux qui en douteraient encore à quel point nous sommes cernés par les cons....

    • Di
      Di répond à Venera84
      • Posté à 15h53 le 06/01/2011
      • Internaute 8231

      Compte tenu des « réformes » qu’il a faites dans tous les domaines, on est en droit de se demander s’il ne croyait pas rester président à vie...
      ou du moins y mettre que des copains (ou ses descendants) ? Il se donne tellement de pouvoirs que je ne peux pas imaginer qu’il veuille que ses « ennemis » puissent un jour en avoir autant, avec une alternance normale.

      Ouuuups, c’est à l’auteur de l’article que je posais cette question. Désolée, venera84 !

    • Naidj
      Naidj répond à Venera84
      Hé bin...
      • Posté à 13h48 le 10/01/2011
      • Internaute 128339
        Hé bin...

      Surtout ne faisons rien et laissons Sarko & Co organiser le cambriolage financier et social de la France... Et puis ne faisons rien, heu les suppressions de policiers c’est la gauche aussi ? Le peu de moyen à la justice, c’est la gauche aussi ? Au pouvoir depuis 2002 et RIEN a bougé.... bilan minable,ah non c’est la faute à la crise-qu’on-savait-pas-que-ça-allait-nous-tomber-dessus-mais-que-c’est-pas-grave-parce-que-nous-on-est-riche...

  • vik75
    • Posté à 12h38 le 06/01/2011
    • Internaute 89761

    je suis partagé par ce livre à charge :

    d’une part , oui , la separatiion justice, pouvoit a été mis en pièce par sarko et il flotte cette idée d ’une justice à plusieurs vitesse

    Mais l’institution judiciaire n’est pas une sainte et beaucou^de francais ne comprennent pas certains jugements, n’ont pas confiance en elle à cause de son corporatisme ( ex juge burgo d’outreau)...donc ok pour taper sur sarko mais si c’est pour eviter d’ être mis en face de ses propres lacunes, je ne cautionne pas

    Lien

    • Eowyn
      Eowyn répond à vik75
      • Posté à 13h21 le 06/01/2011
      • Internaute 31766

      Certes l’administration judiciaire n’est pas un modèle de perfection. Mais les citoyens gagneraient beaucoup à la connaître mieux que par le seul truchement des médias... ainsi, le « soutien » au juge Burgaud (qui est tout de même très relatif), s’explique non par le corporatisme des juges, mais parce qu’il a servi de bouc émissaire dans une procédure qui aurait du être beaucoup plus large.
      La preuve ? Les avocats aussi ont eu des réserves sur le traitement qui lui a été consacré. On peut difficilement les accuser de corporatisme avec les juges...

      Les français comprennent mal leur justice, c’est un fait. Les jugements devraient faire preuve de plus de pédagogie, c’est certain (mais c’est de plus en plus le cas). Mais si vous voulez porter un vrai regard sur la justice, allez un jour à une audience : pour voir à quel point un dossier peut diverger de la perception médiatique qui en est faite (souvent, l’opinion publique ne connait le dossier... que par l’un des avocats !).

      Désolé de ce message un peu long mais je n’aime pas les jugements à l’emporte pièce ;)

      • mimia
        mimia répond à Eowyn
        étudiant
        • Posté à 15h19 le 06/01/2011
        • Internaute 139532
          étudiant

        Tout à fait d’accord avec toi Eowyn. De même, les gens qui critiquent le juge d’instruction souvent ne connaissent pas cette institution ni les réformes qui ont été mises en place ces dernières années. Si leur seule source est ce que l’on entend dans les principaux médias, je leur conseille en tant qu’apprenti juriste de regarder précisément ce qu’il en est.
        Dans l’affaire du juge Burgaud, le juge n’était pas le seul en cause et on avait au premier étage les policiers et les psychologues qui ont vu ces enfants. Il fut cependant le « seul coupable ». Il l’était effectivement, mais pas seul.

        Pépé61 écrivait cela dans un commentaire : « Il est plus que temps de bannir le terme de “justice” pour qualifier l’appareil judiciaire français. Immunité aux élus, ...prisons insalubres, foisonnement de lois faites à la suite de faits divers médiatisés, réinsertion et soins psychologiques quasiment ignorés du milieu carcéral, etc “.
        Il s’agit bien là de l’appareil judiciaire français. Mais là où vous vous trompez, il me semble, c’est que ces dérives ne proviennent pas de la justice sinon du législateur : 577 députés notamment qui votent des lois en ayant oublié il y a des années déjà l’IG.

        Si en France on souhaite réformer quelque chose, il me semble utile en premier lieu de réformer d’abord la classe dirigeante afin d’obtenir des hommes d’État (peu importe ici qu’ils soient de droite ou de gauche) qui mettent de véritables valeurs derrière les mots État de droit, démocratie et justice. C’est à cette condition que l’on aura une justice plus équitable, c’est à cette condition il me semble que l’on peut critiquer la justice en France aujourd’hui. Si les politiques cassent le système de justice, rien ne sert de taper sur la conséquences (un système défectueux), il faudrait peut être remonter à la cause.

      • Pilobolus
        Pilobolus répond à Eowyn
        Croudutul
        • Posté à 16h24 le 06/01/2011
        • Internaute 44424
          Croudutul

        Bien d’accord avec vous, l’affaire Outreau en est un très bon exemple.
        Au début, tout le monde voulait pendre haut et court tous les accusés et 1 an après ils étaient tous devenus des héros...

        Résultat on se défoule sur le petit juge Burgaud...

        Y’avait pas un truc qui disait que la justice devait s’exercer dans la sérénité...bla, bla, bla...

      • glop-pasglop
        glop-pasglop répond à Eowyn
        justiciable à merci
        • Posté à 17h30 le 06/01/2011
        • Internaute 117082
          justiciable à merci

        « Les français comprennent mal leur justice, c’est un fait. Les jugements devraient faire preuve de plus de pédagogie ... »

        Les Français n’ont pas besoin d’une « pédagogie » officielle pour se rendre compte :

        - que nos juges donnent toujours raison et n’appliquent jamais la rigueur des lois aux flics, même si tout le monde sait que ces derniers mentent et manipulent les dossiers, notamment à l’occasion des nombreuses bavures qu’ils commettent ;

        - que nos juges, d’une façon générale, donnent raison au riche et tort au pauvre ; la justice à deux vitesses est une évidence en France ;

        - que nos juges sont les seuls fonctionnaires qui n’aient légalement aucun compte à rendre de la façon dont ils exercent leur profession, alors même qu’au cours de leur carrière, certains vont infliger des milliers d’années de prison, saccager des vies, commettre sans aucun scrupule des erreurs de jugement monumentales et nombreuses ;

        - que la seule chose qui intéresse les magistrats, c’est leur avancement et leur carrière, et que la plupart d’entre eux, pour ne pas la compromettre, accepteront éventuellement de s’abandonner à la complaisance.

         
        • Eowyn
          Eowyn répond à glop-pasglop
          • Posté à 17h42 le 06/01/2011
          • Internaute 31766

          Si les juges portaient des jugements sur les affaires avec la moitié des préjugés dont vous faites preuve, la démocratie serait en danger.Vous n’avez visiblement jamais mis les pieds dans un tribunal, mais vous avez raison, ça pourrait vous faire perdre vos préjugés. Ne le tentez même pas.

          Sinon, juste pour corriger quelques imbécilités :
          - les juges appliquent les lois aux policiers. l’affaire de Bobigny en est la preuve. Je ne pense pas que tous les policiers mentent et trichent. Vous généralisez autant sur les uns que sur les autres sans connaître.
          -je me demande comment font les juges d’instance qui traient du droit de la consommation, du surendettement, pour donner raison au riche contre le pauvre, alors même que tous ces droits ont pour vocation de protéger le pauvre, et que des milliers de dettes sont annulées, par an, par des juges. Mais oubliez ça, c’est la réalité, et non votre préjugé.
          -Les juges ont des comptes à rendre, disciplinairement, devant le CSM. La loi organique permet d’ailleurs au citoyen de saisir le CSM.
          -Affirmation totalement gratuite. Je ne vous souhaite qu’une seule chose : que les réformes (absurdes) de la justice passent. Et que ces juges que vous vilipendez disparaissent. Mais je ne le souhaite pas aux citoyens.

        1 autres commentaires
  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3