Bonnes feuilles 06/01/2011 à 12h08

Sarkozy et la justice : petites phrases et grosses pressions

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89

Rue89 publie des extraits du « Justicier », première enquête à montrer comment le Président contrôle ou contourne les juges.


« Le Justicier » de Dorothée Moisan.

Au début des années 80, Nicolas Sarkozy défendait des trafiquants, des voleurs à la tire et « avait plaisir à le faire », selon son avocat et « ami de trente ans », Me Thierry Herzog. Au prétoire, le jeune avocat ferraillait ferme pour qu’ils obtiennent du sursis.

Sarkozy est ensuite devenu un étrange hybride avocat-politicien-procureur, comme le montre l’excellent « Le Justicier, enquête sur un Président au-dessus des lois » de Dorothée Moisan, qui sort ce jeudi aux éditions du Moment et dont Rue89 publie des extraits.

Au service de ses amis, de ses soutiens politiques ou financiers, de ses visées politiques, et de son électorat.

Au détriment de ses ennemis. Tout en étant aujourd’hui, cas unique en Europe, garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire et nanti d’une immunité très protectrice. Inattaquable, ce qui ne l’empêche pas d’attaquer (sept procédures depuis son élection).

Journaliste, Dorothée Moisan suit les affaires du Palais de justice de Paris pour l’AFP. Elle a enquêté sur tous les liens de l’actuel président de la République avec le troisième pouvoir. En remontant à l’origine, sa mère, « Dadu », qui plaidait naguère dans un scandale politico-immobilier des Hauts-de-Seine (l’affaire Villarceaux).

« Allô, maman, je suis avocat, comme toi »

Sorti de Sciences-Po sans en décrocher le diplôme, son fils lui annonce sa nouvelle orientation de but en blanc, en 1981 :

« Allô, maman, tiens-toi bien, je suis avocat, comme toi. »

La suite est riche et variée, d’affaires futiles ou choquantes (la villa corse de l’ami Christian Clavier, le « off » Sarkozy/France 3/Rue89, « la » rumeur, le scooter de Jean Sarkozy) en scandales plus obscurs et gênants (Clearstream, Karachi, Bettencourt, l’arbitrage Tapie-Etat pour le Crédit Lyonnais, l’Angolagate, l’accord Chirac-Delanoë sur les emplois fictifs, le fief des Hauts-de-Seine...).

Côté politique, tout y passe : le passage de Rachida Dati place Vendôme, la récidive, les 35 lois depuis 2002 sur la sécurité et l’immigration, la volonté présidentielle de supprimer le juge d’instruction... Et l’« indulgence coupable » de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de la délinquance en col blanc.

Dans son livre « Libre », le Président a en effet écrit ces lignes :

« Ne serait-il pas plus juste de réserver la prison à la seule punition des crimes et délits ayant porté atteinte à l’intégrité physique de la victime ? »

Ce demi blanc-seing aux grands escrocs, Sarkozy a voulu le délivrer en dépénalisant le droit des affaires. Après la crise de 2008, il a jugé plus prudent d’attendre.

La suppression en trompe-l’œil de la double peine

D’une plume alerte, sans s’appesantir, Dorothée Moisan raconte comment Nicolas Sarkozy a fait du ministère de l’Intérieur son laboratoire de politique judiciaire.

Il tente, en vain, de court-circuiter deux gardes des Sceaux successifs (Dominique Perben et Pascal Clément) pour imposer ses peines planchers. Qu’il fait finalement voter une fois à l’Elysée, dès août 2007.

Il a plus de succès en 2003 avec l’abolition de la double peine, qui voulait qu’un étranger condamné en France soit expulsé du pays à sa sortie de prison.

Noble mesure dont Nicolas Sarkozy se vante toujours, mais surtout belle enflure médiatique que cette abolition : la voix des associations, qui réclament en 2006 « une véritable suppression de la double peine », ne porte pas. Elles dénoncent le calvaire administratif imposé à qui veut éviter la double peine. Laquelle, du coup, reste effective dans de nombreux cas.

Défendre les victimes et légiférer dans l’émotion

Ces lois en rafale, le futur Président les obtient depuis la place Beauvau en usant d’un des ingrédients majeurs de son succès politique : les faits divers. Sa recette est la suivante :

« Primo, se poser en défenseur des victimes. Secundo, rudoyer les juges, trop laxistes. Tertio, profiter de l’émotion pour légiférer dans l’urgence. L’affaire Crémel est à ce titre emblématique. »

Prétextant notamment que le veuf de Nelly Crémel (une joggeuse assassinée en 2005 en Seine-et-Marne par le récidiviste Patrick Gateau et un complice) lui a demandé « comment l’Etat peut-il relâcher un monstre ? », Nicolas Sarkozy défend la victime, tape sur le juge d’application des peines (JAP) qui a libéré le meurtrier après son premier crime, et obtient une loi contre la récidive.

Mais il y a deux problèmes. D’abord, l’avocate de la famille Crémel assure à Dorothée Moisan qu’elle n’a « jamais entendu M. Crémel tenir les propos que lui prête Nicolas Sarkozy ». La famille a très peu goûté cette récupération politique.

Ensuite, les organisations professionnelles de magistrats sont outrées par les propos du ministre. Lequel met une telle pression médiatique que le président du Conseil supérieur de la magistrature (et de la République) à l’époque, Jacques Chirac, lâche le corps judiciaire et tranche en faveur de Sarkozy. En rappelant du bout des lèvres le principe de la séparation des pouvoirs.

« Il faut faire payer le juge »

Les propos du JAP cloué au pilori par le ministre, concédés seulement quatre ans plus tard sur France 2, pourraient résumer à eux seuls le peu de cas que l’ex-avocat Nicolas Sarkozy fait des textes de loi de son pays.

Le juge Alain Hahn :

« J’ai une phrase qui revient dans ma tête : “Il faut faire payer le juge.” Mais quel juge ? Quel juge ? [La loi impose que trois juges, et non un seul, décident de libérer un criminel une fois sa peine de sûreté purgée, ndlr]

Ma première réaction à ce moment-là était une totale incompréhension.

Ensuite, j’ai très mal compris, accepté la façon dont un homme politique, avec des responsabilités importantes au niveau de l’Etat, encore plus importantes maintenant, était capable de mettre en cause un seul magistrat sans chercher à comprendre si la loi avait été appliquée, dans quelles conditions la loi avait été appliquée et la façon dont les choses s’étaient déroulées pour amener à cette décision favorable. »

Voilà l’impression de fond que confirme le livre de Moisan : celle d’un Président qui court-circuite la justice en jouant tour à tour de sa puissance de feu médiatique et des discrets rouages de ses réseaux.

En 2007, Woerth intervenait en faveur de Courroye...

Car si Sarkozy vilipende des magistrats (surtout des juges), certains autres (surtout des procureurs) ne s’offusquent pas du tout de la manière dont il les traite. A l’inverse, ils semblent faire corps avec lui et ses intérêts.

Patrick Ouart, pendant longtemps « vrai garde des Sceaux » sous Rachida Dati, un « homme de pouvoir et de réseaux ». Yves Bot, que Sarkozy appelle « mon procureur ».

Ou le célèbre Philippe Courroye, dont Dorothée Moisan révèle qu’il a sollicité en 2007 une intervention d’Eric Woerth pour se faire rembourser un déménagement de quelques milliers d’euros... ce qui n’a pas dû l’aider à enquêter sur les liens de Woerth Eric avec la famille Bettencourt, en tant que procureur de Nanterre, l’été dernier.

On peut ajouter à la liste Jean-Louis Bruguière ou Laurence Vichnievsky, pour ne citer que les plus connus. Et la « sarkozette » Rachida Dati, bien sûr, une magistrate qui constitue « la plus grande claque que le Président ait jamais infligée à la magistrature », selon Moisan.

Au final, écrit-elle,

« en quelques années, Nicolas Sarkozy a su phagocyter les hauts postes de la justice. Une toile d’araignée dont la gauche aura beaucoup de difficulté à se défaire si elle revient un jour au pouvoir ».

Rue89 a choisi de publier des extraits intéressants en ce qu’ils mêlent plusieurs facettes des relations de Nicolas Sarkozy avec la justice : Françafrique, justice des copains, soupçons de financement politique pour son camp, et relations avec les milieux d’affaires.

Comment Sarkozy a (pour l’instant) échoué à sauver Pierre Falcone

Comment Sarkozy a (pour l’instant) échoué à sauver Pierre Falcone

En 1993, l’Angola est dévasté par l’une des guerres civiles les plus sanglantes du XXe siècle. Le président José Eduardo Dos Santos cherche à acheter des armes pour terrasser les rebelles de l’Unita. La France refuse. Il contacte alors Pierre Falcone.

Aux côtés de son associé israélien d’origine russe, Arcadi Gaydamak, l’homme d’affaires procure à l’Angola, sans l’aval de la France, chars, navires, obus et hélicoptères dénichés dans l’ex-bloc soviétique. Montant de ces ventes sur cinq ans : 790 millions d’euros.

Pour favoriser leur trafic, Falcone et Gaydamak auraient, selon l’accusation, arrosé en cash leurs obligés français, dont l’ancien ministre Charles Pasqua et son ami Jean-Charles Marchiani, et versé de substantiels pots-de-vin à une trentaine d’officiels angolais, au premier rang desquels le président Dos Santos.

En 2000, la France ouvre une enquête sur ces ventes qu’elles soupçonnent illégales. Elle est confiée aux juges Philippe Courroye et Isabelle Prévost-Desprez qui à l’époque travaillent main dans la main. Aucun Angolais ne figure parmi les mis en examen, mais l’homme fort du pays n’apprécie guère d’être dépeint par les enquêteurs français comme un contrebandier corrompu. Pas plus qu’il ne goûte la mise en cause de son intermédiaire providentiel, Pierre Falcone.

Pour Luanda, il y a eu feu vert de Paris et il s’agit de ventes d’armes régulières à un Etat légitime et souverain. Point final. Piqué, Dos Santos rompt toute relation avec Paris. Et, en 2003, il nomme Pierre Falcone ambassadeur de l’Angola auprès de l’Unesco. Une manoeuvre qui lui permet de le protéger juridiquement.

Sarkozy en Angola pour Total, Bolloré, Bouygues et Areva

Dès son élection, Nicolas Sarkozy tente de renouer le contact. Pas question de se brouiller avec le premier producteur d’or noir de l’Afrique subsaharienne, surtout quand Total est le deuxième opérateur pétrolier en service dans le pays.

En novembre 2007, Claude Guéant joue les éclaireurs auprès de Dos Santos. Il ouvre le chemin à son champion. Le 23 mai 2008, Nicolas Sarkozy fait dix-sept heures d’avion pour rester cinq heures à Luanda, avec dans ses valises les patrons de Total, Bolloré, Bouygues ou encore Areva : c’est la première visite d’un président français depuis dix ans. Un événement. Les deux chefs d’Etat se félicitent d’avoir tourné « la page des malentendus du passé ». Face à la presse, pas un mot sur l’Angolagate. Pourtant, la rencontre entre les deux dirigeants n’a tourné qu’autour du procès prévu en octobre.

La réconciliation porte rapidement ses fruits. Mi-juillet, le ministre de la Défense Hervé Morin envoie aux avocats de Pierre Falcone une lettre susceptible de faire capoter le procès. Les armes n’ayant pas transité par le territoire français, écrit le ministre, aucune autorisation n’était nécessaire. Et sans infraction, pas de procès !

Alors que le dossier s’est construit sur une plainte du ministère de la Défense, la même autorité vient soudain dire : « Circulez, y a rien à voir. On n’a plus rien à vous reprocher. » On a rarement vu intervention politique plus explicite.

Pierre-François Veil, qui conseille Falcone, se rue alors triomphant dans le bureau du juge Jean-Baptiste Parlos. « Il n’y a plus de procès ! » jubile-t-il. C’est mal connaître le président de la 11e chambre, un magistrat courageux que la raison d’Etat n’effraie pas. En dépit de pressions peu discrètes de l’Angola, voire de filatures, celui-ci tient bon et écarte la lettre du ministère. Le procès de l’Angolagate s’ouvre le 6 octobre 2009.

Le « laisser-faire » de la France pour protéger « ses intérêts »

Survient la seconde offensive. Sur un ton menaçant, l’Angola réclame l’arrêt du procès et la restitution de toutes les pièces du dossier, en vertu du secret-défense. En vain.

Enervé du ton adopté par l’avocat de Luanda, le président Parlos s’enquiert même publiquement de savoir si « les juges seraient inquiétés » par les autorités angolaises et fait acter la réponse, négative, par la greffière.

Durant quatre mois, Pierre Falcone va répondre avec suffisance aux questions du tribunal. Car il se sait protégé par son immunité diplomatique et par les autorités françaises, soucieuses de bichonner Dos Santos et son pétrole. Chaque jour, la tension est plus palpable.

Le 11 février 2009, dans un réquisitoire exemplaire, le vice-procureur Romain Victor décrit « l’ambiance de plomb » et « les menaces à peine voilées » qui ont émaillé le procès. Courageux et pas bégueule, le jeune parquetier évoque le « laisser-faire » de l’Etat français qui a cherché à protéger « ses intérêts économiques et stratégiques ».

Quant à la démarche d’Hervé Morin, en juillet, elle est « extraordinaire » brocarde le magistrat, car c’est tout de même « une lettre d’une autorité ministérielle adressée à un prévenu de trafic d’armes ! »

La sanction de ce francparler est immédiate. En réintégrant son estrade après le déjeuner, le procureur est blême. « Il avait l’air vraiment secoué », témoigne un avocat présent ce jour-là. Il explique, gêné, que le journaliste de l’Agence France-Presse, qui a publié une dépêche à la mi-journée, a « un peu déformé » ses propos. Sur leurs carnets, les avocats sont pourtant quarante à avoir pris les mêmes notes !

Entre-temps, Romain Victor a surtout été convoqué par Jean- Claude Marin. Les remarques acides du jeune procureur n’ont pas plu à l’Elysée, qui l’a fait savoir au parquet. Mais qu’importe le prix à payer, Romain Victor a fait passer son message.

Falcone condamné à six ans de prison, c’est Hiroshima à Paris

Le 27 octobre 2009, le tribunal parvient à s’affranchir des pressions et condamne Pierre Falcone à six ans de prison ferme, avec incarcération immédiate. C’est Hiroshima à Paris. Sonné, les yeux clos, le businessman se mord les doigts d’avoir écouté ses avocats. Alors qu’il était en Chine, où il réside désormais, ses conseils, rassurés par Claude Guéant et un professeur de droit, lui avaient assuré qu’il ne risquait rien. Le marchand d’armes quitte pourtant le Palais de justice entre trois gendarmes.

Six mille cinq cents kilomètres plus au sud, le président Dos Santos est fou furieux qu’on ait pu jeter en prison le héros qui a sauvé Luanda. L’Elysée est en panique. La filière Guéant reprend du service. Auprès du secrétaire général, un apporteur d’affaires, Alexandre Djouhri, relaie les exigences angolaises. Patrick Ouart affirme depuis bien longtemps qu’on ne peut plus rien faire pour sauver le soldat Falcone.

« Selon lui, toute tentative d’intervention de l’exécutif sur le tribunal ajouterait la “défaite au déshonneur”. »

D’après les informations de L’Express, Djouhri, excédé par cette trop grande prudence, aurait menacé Patrick Ouart en des termes peu équivoques et Nicolas Sarkozy aurait été contraint de lui-même calmer le jeu.

Claude Guéant a les mains libres. Fissa, il décroche son téléphone et appelle son ami Laurent Le Mesle, le procureur général de Paris, pour lui demander de soutenir la demande de remise en liberté déposée par Falcone. L’avocat général présent à l’audience se démène pour défendre l’homme d’affaires et réclamer sa libération. Mais le président de la cour, Christian Pers, reste sourd à ses appels. Dans un arrêt soigné, il explique primo que l’immunité conférée à Pierre Falcone par l’Angola ne tient pas la route, secundo que, une fois en liberté, le loustic a toutes les chances de prendre la fuite avant son procès en appel.

Comme pour se faire pardonner, l’Etat français annonce le même jour au Franco-Angolais qu’en raison d’une « erreur de service », il va réduire de 140 millions à 15 millions d’euros le redressement fiscal imposé à sa société ayant mené les ventes d’armes.

Plus de nouveaux contrats avec l’Angola : « Il y a encore une bouderie »

Le prévenu se pourvoit en cassation. Rebelote. Cette fois, Claude Guéant contacte Jean-Louis Nadal, le procureur général près la Cour de cassation. Mais, une fois encore, les manœuvres secrètes du secrétaire général de l’Elysée avortent : Falcone devra rester à Fleury-Mérogis jusqu’à son procès en appel, prévu début 2011.

En toute logique, c’est Christian Pers qui doit présider cette audience à haut risque. Pourtant, à la Toussaint 2010, le magistrat, qui a déjà commencé à travailler le dossier, apprend qu’il est nommé à la Cour de cassation. Surprenant. Aurait-on cherché un juge plus compréhensif ? En tout cas, Alain Guillou, qui a été nouvellement désigné, est présumé être un magistrat à l’échine plus flexible.

Quelle que soit l’issue du procès en appel, les relations franco-angolaises gardent les séquelles de cette affaire. « Il est sûr qu’il y a encore une bouderie », analyse le spécialiste de l’Afrique, Antoine Glaser.

D’ailleurs, le président de l’Angola, un parfait francophone, l’a manifesté en boycottant le sommet France-Afrique du 31 mai 2010. C’est un second couteau a qui fait le déplacement à Nice.

Quant aux entreprises françaises, elles doivent prendre leur mal en patience. Car, si l’Angola exécute les engagements en cours, les nouveaux contrats ne viennent pas.

L’ami banquier, son yacht et les neveux du président Ben Ali

L’ami banquier, son yacht et les neveux du président Ben Ali

L’histoire mêle luxe, banquier et marina. Le 5 mai 2006, un yacht de dix-huit mètres, le Beru Ma, disparaît du port de Bonifacio. A cinq heures du matin, les voleurs s’éloignent discrètement du rivage, à bord de ce petit bijou nautique de plus d’un million d’euros. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de dérober le bateau de Bruno Roger, patron de la banque Lazard, accessoirement ami intime du président Chirac et proche du ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Mauvaise pioche…

Generali, qui assure le Beru Ma, met un de ses détectives sur le coup. Il s’appelle Jean-Baptiste Andreani. Il remonte d’abord la piste jusqu’en Sardaigne. L’écume le mène ensuite à Sidi Bou Saïd, tout près de Tunis, où il finit par retrouver le yacht. Il prend quelques photos et découvre rapidement que les nouveaux propriétaires ne sont autres que Moez et Imed Trabelsi, deux neveux par alliance du président Ben Ali.

Aussi influents que redoutés, les deux frères sont réputés pour leurs frasques. Ces intouchables se sont déjà fait livrer deux autres navires de luxe, le Sando et le Blue Dolphin, volés sur la Côte d’Azur, mais tels ces envieux qui maigrissent de l’embonpoint des autres, ils en voulaient un plus gros. L’affaire est embarrassante pour l’Etat tunisien.

Retrouvé, le Beru Ma est rapatrié illico à Bonifacio

A Paris, elle est suivie de près. Dans un PV d’audition consulté par l’auteure, le détective révèle aux gendarmes avoir « été contacté directement à deux ou trois reprises par M. Guéant, directeur de cabinet de M. Sarkozy ».

Selon M. Andreani, la direction de la gendarmerie a elle-même été alertée « par M. Sarkozy et ce à la demande du propriétaire, M. Roger […], une relation de M. Sarkozy. » Une fois le Beru Ma retrouvé, il est rapatrié illico à Bonifacio et rendu à Bruno Roger. De cette célérité ne bénéficieront pas les propriétaires du Sando et du Blue Dolphin, pourtant stationnés à quelques mètres du Beru Ma, dans la marina de Sidi Bou Saïd.

La justice française prend alors le relais. Un mandat d’arrêt international est lancé contre les frères Trabelsi. L’affaire est délicate car elle menace de brouiller les relations avec Zine El Abidine Ben Ali. « Sur ce dossier, le procureur d’Ajaccio José Thorel était pendu au téléphone avec Paris », confie un avocat.

Quinze jours après la visite du président Sarkozy à Tunis, en mai 2008, le juge d’instruction Jean-Bastien Risson s’y déplace à son tour pour entendre les deux frères. Ils reconnaissent avoir essayé le yacht mais disent ignorer qu’il ait été volé. Le juge du tribunal d’Ajaccio les met alors en examen pour complicité de vol en bande organisée, un délit passible de sept ans de prison. Il juge leurs explications « insuffisantes pour contrebalancer l’ensemble des éléments à charge retenus à leur encontre ».

Le magistrat français ne les réinterrogera plus jamais. Il les reconvoque pour une confrontation avec les autres mis en cause, mais ils ne viendront pas. De guerre lasse, le 31 juillet 2009, il finit par rendre une ordonnance renvoyant tout ce petit monde en correctionnelle. Le procès doit avoir lieu trois semaines plus tard à Ajaccio.

Une « parodie » de justice « jouée en catimini »

Mais, le jour de l’audience, les simples prévenus apprennent qu’ils seront les seuls à comparaître. Le parquet a décidé que les huit Français seraient jugés en Corse et les trois Tunisiens – les deux Trabelsi et un troisième larron – chez eux. « Il a paru plus simple au parquet de demander une disjonction des faits », se justifie le procureur général de Bastia, Paul Michel. « On ne savait même pas que c’était possible ! » s’étrangle un des avocats du dossier. En effet, d’ordinaire, les juridictions ne jugent pas leurs ressortissants pour des faits commis à l’étranger.

Bilan de l’opération : en France, les voleurs écopent de peines allant de six mois avec sursis à deux ans ferme. Quatre mois plus tard, c’est au tour des commanditaires d’être jugés.

A Tunis. Mokhtar Yahyaoui, un magistrat tunisien révoqué par le pouvoir, raconte l’audience fantoche à laquelle s’est prêtée la justice de son pays. Cette « parodie » écrit-il sur le blog collectif Nawaat, s’est « jouée en catimini » le samedi 30 janvier 2010, « après la fermeture du tribunal et le départ de tout le monde ».

Les deux prévenus vedettes sont absents. L’affaire est pliée rapidement. Imed Trabelsi est acquitté et son frère Moez, condamné à un an avec sursis.

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  • Pour que vive la République
    Pour que vive la République
    ligue contre les privilèges des (...)
    • Posté à 16h59 le 06/01/2011
    • Internaute 127461
      ligue contre les privilèges des (...)

    On ne parle plus de la culture du résultat du Président ? Chômage, endettement, morale et moral
    Un sondage personnel : Sur 8 électeurs de Sarko en 2007 un seul risque de revoter pour le traitre
    Un sujet qui n’est même pas effleuré par les médias. Il reste un an pour faire oublier la différence de traitement sur la reforme des retraites du peuple et des nantis qui font les réformes
    C’est quand même une bonne nouvelle pour l’enfant à naitre.... Il aura un jeune papa qui aura du temps à materner.
    Question : 1) combien y a t-il de P.S en France ?
    2) au vu des finances publiques, des contraintes européennes, avons nous intérêt à voter pour ceux qui défendent nos idées ?

  • dodu
    dodu
    Slow burn
    • Posté à 17h00 le 06/01/2011
    • Internaute 67365
      Slow burn

    Comme me l’avait dit le principal associé d’un cabinet spécialisé en droit maritime des entreprise « notre rôle c’est trouvé la faille dans les lois qui empêchent nos clients de se développer »
    le problème n’est pas que Nicolas Sarkozy soit avocat d’affaire , c’est qu’il ait oublié de prendre les distances que devraient lui imposer la fonction présidentielle.
    C’est le modèle berlusconien qui lui sert de références.

  • tacs
    tacs
    requin végétarien
    • Posté à 17h02 le 06/01/2011
    • Internaute 137693
      requin végétarien

    Dénoncer des comportements indéfendables en nommant les protagonistes n’est pas nécessairement une attitude partisane ; il s’agit de journalisme et non pas d’une réflexion générale sur la politique, ce qui justifie de ne pas préciser à chaque coin d’article que c’était pareil avant et que tout le monde est pourri...

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 17h27 le 06/01/2011
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    comme j’ai d’jà dit , faire des années d’études pour devenir une robe noire

    ensuite exercer avec une laisse au cou,j’ai plus de respect pour un CAP

    pis ta aussi le piston ,ta jamais rien su foutre dan ta vie, et d’un seul coup te v’la diplomé sans avoir passé un exam ,ou autre aussi

  • Pile_ou_Face
    Pile_ou_Face
    Baby Alone in Babylone
    • Posté à 17h51 le 06/01/2011
    • Internaute 99721
      Baby Alone in Babylone

    Comme pour se faire pardonner, l’Etat français annonce le même jour au Franco-Angolais qu’en raison d’une « erreur de service », il va réduire de 140 millions à 15 millions d’euros le redressement fiscal imposé à sa société ayant mené les ventes d’armes.

    En tant que contribuable on augmente mes impots mais Sarko fait des cadeaux à hauteur de 125 millions... Triste France

  • decodeur
    decodeur
    libéral
    • Posté à 18h01 le 06/01/2011
    • Internaute 100449
      libéral

    « Les français comprennent mal leur justice, c’est un fait. Les jugements devraient faire preuve de plus de pédagogie, c’est certain (mais c’est de plus en plus le cas) »

    Non, monsieur de Oewin ,la justice ne s’améliore pas,pas plus que l’éducation nationale, tout ça c’est du a une classe politique nulle et faite de fonctionnaires qui ont tous les pouvoirs et se foutent du peuple.La tyrannie n’est pas loin.

  • Tiphonnet
    Tiphonnet
    limousin
    • Posté à 18h22 le 06/01/2011
    • Internaute 39452
      limousin

    « justice de merde » restera mon opinion et ce n’est pas Sarkozy qui m’en fera changer. (surtout pas de grandj majuscule pour justice)
    Mon blog se trouve sur :
    Lien

    Merci à tout ceux qui veulent le diffuser

  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 18h46 le 06/01/2011
    • Internaute 39710
      Etudiant apolitique

    Le must reste pour moi les déclarations fracassantes d’Hortefeux concernant les policiers condamnés.
    Pour le reste... depuis combien de temps un homme politique n’a pas été condamné pour des affaires politico financières ?

  • inconnuaubataillon
    • Posté à 18h49 le 06/01/2011
    • Internaute 132965
      rien

    Quand on refusera de prendre vos plaintes, les avocats vous expliqueront que c’est politique.
    Quand vous êtes d’une gauche internationaliste, les policiers vous expliqueront qu’ils faut écarter les cuisses (ah oui quand on est une femme), sinon « cela risque d’être compliqué » : c’est leur phrase favorite.

    et cela depuis 2007.

    En 2007, il s’est passé quoi ?
    Sarko élu.

  • matahari
    matahari
    homo habilis
    • Posté à 22h53 le 06/01/2011
    • Internaute 80801
      homo habilis

    « Ou le célèbre Philippe Courroye, (...) qu’il a sollicité en 2007 une intervention d’Eric Woerth pour se faire rembourser un déménagement de quelques milliers d’euros… ce qui n’a pas dû l’aider à enquêter sur les liens de Woerth Eric avec la famille Bettencourt, en tant que procureur de Nanterre, l’été dernier. »

    C’est à vomir. Quant on pense que de tels énergumènes, avec un emploi stable relativement bien rémunéré, avec un réseaux de connaissance et éventuellement de multiples moyens de générer des revenus en extra, vont encore comme des gagnes-petits, prendre le temps d’aller gonfler un ministre au téléphone pour se faire rembourser quelques euro de déménagement (soit pas grand chose à cette échelle). C’est d’une mesquinerie sans borne, pathétique. Que de tels paltoquets puissent s’authoriser a penser qu’il revient aux citoyens de lui payer ses déménagements est à vomir. Monsieur vous êtes une honte. Comme le reste des faits énoncés dans cet article. Et encore un papier édifiant.

  • Michel-Petit
    Michel-Petit
    Retraité
    • Posté à 19h16 le 06/01/2011
    • Internaute 62964
      Retraité

    Une seule conclusion sur un si beau résumé, excellent résumé, bravo la Rue :

    Quand est-ce qu’il part ?

    Qu’il quitte une fonction réservée aux gens honnêtes, ce qu’il n’est pas exactement, et qu’il a prouvé des centaines de fois.

    Honte à ces 27% d’électeurs inconscients et sous-informés qui l’ont mis où il est.

    Sans référence à l’engouement d’actualité, simplement parce que çà le mérite :

    Indignons-nous !

  • fxh.dechezmoi
    fxh.dechezmoi
    Ancien étudiant en attente du (...)
    • Posté à 20h39 le 06/01/2011
    • Internaute 100035
      Ancien étudiant en attente du (...)
  • grosnaze
    • Posté à 21h51 le 06/01/2011
    • Internaute 27732

    Que de complications pour constater un fait. Le président a déjà le pouvoir en 5° République pour peu qu’il tienne le parti majoritaire d’une main de fer (ce qu’il fait) de faire voter toute loi qui lui chante pour peu qu’elle ne soit pas inconstitutionnelle.

    Le Parquet était déjà soumis hiérarchiquement au pouvoir (ce qui n’avait jamais été réellement exerce jusqu’ici par les gouvernements et président successif) suffisait de lui donner plus de prépondérance au démarrage de la procédure et de champ de manœuvre (chose faite sous Perben ) . Ne restait plus qu’a faire sentir aux Procureur qui était le patron (ce qu’a fait stupidement mais efficacement Dati)

    Meme chose pour la nomination des Procureur ou le pouvoir a clairement pris les choses en main malgré les protestations des syndicats chose qui jusqu’alors etait laisse a la Magistrature par les Présidents prédécesseurs.

    Ne reste plus que le siège d’indépendant mais qui tremble car une carrier de magistrat passe par le siège mails aussi par le Parquet une ou plusieurs fois. ET si mal vu on on es bloque a un niveau c’est la carrière qui en pâtit.

    La toile d’araignée mise en place a une faible solidité pour la faire disparaitre il suffit de rendre le Parquet indépendant et ôter le pouvoir de nomination de celui ci au gouvernement..

  • castor74
    castor74
    auxiliaire de vie
    • Posté à 21h53 le 06/01/2011
    • Internaute 76554
      auxiliaire de vie

    baste JE SUIS ETONNE EBAUBI QUOI ON AURAIS UN PRESIDENT CORROMPU.....mais braves gens ce MOSSIEUR EST A L INJUSTICE CE QUE L HERBE EST POUR LA VACHE SAUF QUE cette derniere mange de l herbe par ce que c est naturelle pour elle, tant dis que MOSSIEUR SARKOZY CULTIVE L INJUSTICE COMME D AUTRES CULTIVENT LEUR CAROTTES.....IL AS FAIT SIENNE LA DEVISE DE NICOLO MACHIAVELLI DANS LE PRINCE EN PARLANT DE LAURENT DE MEDICIS DIVISER POUR MIEUX REGNER......QUE LES FRANCAIS DE BASE OUVRENT ENFIN LES YEUX ET CHASSENT CEMONSIEUR DU POUVOIR LUI ET SES SEIDES.....CA SERAS UNE AFFAIRE DE SALUT PUBLIC..

  • Nadia Aouassi
    Nadia Aouassi
    Employée
    • Posté à 22h06 le 06/01/2011
    • Internaute 68357
      Employée

    LA MEME JUSTICE POUR TOUS
    Lien

  • christel070567
    christel070567
    Infirmière psy
    • Posté à 22h25 le 06/01/2011
    • Internaute 124203
      Infirmière psy

    Le pire,c’est de savoir qu’en France, il existe des gens qui sont condamnés sans passer par la justice. C’est bien plus simple et ça n’engorge pas les prisons. Il n’y a aucun jugement mais on fait savoir à la personne qu’elle est sous surveillance et on la harcèle pendant des années. C’est très efficace et la personne à qui celà arrive vit dans la terreur mais ne peut rien prouver. C’est l’enfer que l’on me fait vivre pour avoir osé dire la vérité à propos des agissements d’un médecin aux pratiques plus que douteuses,mais ami des « grands “ de ce monde !
    Il fait justement partie du fief des hauts de Seine !

  • Meney
    Meney
    Informaticien
    • Posté à 03h07 le 07/01/2011
    • Internaute 136844
      Informaticien

    Tiens, c’est très intéressant à lire. J’espère qu’il pourra paraître en Côte d’Ivoire où il est assuré d’avoir un très grand succès, étant donné la position cavalière de ce cher Sarkozy sur les élections qui se sont déroulées dans notre pays. La vérité, pour Sarkozy, c’est ce qu’il veut. Celui qui ne respecte pas la liberté des juges en France ne peut donc pas respecter celle des juges qui composent notre Conseil Constitutionnel. Il se prend pour le Président du monde, ce cher Sarkozy. Heureusement que le Créateur ne lui a pas donné la taille (je parle de son physique) qui correspond à ses ambitions. Je frémis en me demandant ce qu’il aurait été s’il avait la taille de Chirac par exemple...

    • Gustov53
      Gustov53 répond à Meney
      Retraité
      • Posté à 13h49 le 07/01/2011
      • Internaute 90667
        Retraité

      Dommage que le Conseil Constitutionnel de la côte d’Ivoire ne soit composé que de proche de votre « empereur » qui tient à son fauteuil soit disant présidentiel, veille que vaille ! !

      Ouvrez vos yeux ivoiriens, ne pratiquez pas la politique de l’autruche en soutenant un usurpateur.... Ou plutôt un piètre mauvais perdant ! ! !

  • pat.k
    pat.k
    médiatrice scolaire, formatrice
    • Posté à 07h46 le 07/01/2011
    • Internaute 91606
      médiatrice scolaire, formatrice

    A l’Ouest, rien de nouveau.
    Si seulement les électeurs comprenaient et croyaient ce genre de propos. Si seulement il était possible de faire comprendre que le « gouverneur » n’est pas le démocrate qu’il prétend. Déguisé dans son habit élyséen, drapé du mot justice, démocratie, il fait avaler des couleuvres à ces âmes sensibles, facilement émues et pratique l’arrogance premier degré en menaçant sur son siège quiconque ose le contrarier, le tout en dépit de la loi.
    Il devient urgent que cela cesse et j’ai espoir en une justice qui applique et non interprète la loi selon le sens du vent médiatique.
    Un jour viendra... Y a pas le choix.
    2011ment vôtre.
    pat.K

    • tacs
      tacs répond à pat.k
      requin végétarien
      • Posté à 10h05 le 07/01/2011
      • Internaute 137693
        requin végétarien

      Depuis les lustres que des gens se disent qu’un jour viendra, si c’était vrai nous n’en serions pas là.
      C’est beau d’y croire et souvent nécessaire mais il faut regarder plus près de soi pour constater que les principes ne guident que peu de gens en ce bas monde.
      Il y a une différence entre les invoquer et les appliquer lorsqu’ils ne vont pas dans le sens de ses intérêts et malheureusement peu de gens savent garder le cap.

  • e_d
    e_d
    autre
    • Posté à 11h44 le 07/01/2011
    • Internaute 114905
      autre

    Il ne faut pas compter sur ceux a qui cela profitent.
    Il est possible d’agir ! Les islandais nous le montre, mais aucuns média n’en parlent... aucun politicien non plus... et bien peu de site web...

    Faut il vraiment attendre la banqueroute pour réagir ?
    Hélas, c’est fort probable...

    Lien

  • Gustov53
    Gustov53
    Retraité
    • Posté à 13h43 le 07/01/2011
    • Internaute 90667
      Retraité

    L’homme aux talonnettes est un homme de pouvoir, un roi, que dis-je un empereur !

    Un empereur qui ne conçoit aucune contradiction... Doublé d’un personnage qui ne voit que sa vérité et ne s’aperçoit même pas de toutes les contres-vérités que le monarque profère...

    Dernier en date : hier en recevant les acteurs sociaux à l’Élysée : pas de perte de pouvoir d’achat a-t-il dit... Il a juste oublié de dire que les augmentations salariales des agents de l’État n’ont de loin pas suivi l’indice de la hausse des prix... N’est-ce pas là un exemple de perte de pouvoir d’achat ? Et ici, il s’agit de l’entreprise État...

    De fait, les entreprises privées suivront son exemple ! ! !

  • Dietrich13
    Dietrich13
    Juriste diplômé DEA
    • Posté à 14h48 le 07/01/2011
    • Expert 116652
      Juriste diplômé DEA

    Sarkozy et la justice : petites phrases et grosses pressions
    Par AUGUSTIN SCALBERT | Rue89 | 06/01/2011 | 12H08
    Rue89 publie des extraits du « Justicier », première enquête à montrer comment le Président contrôle ou contourne les juges.
    « Dietrichp13.wordpress.com ». Esbroufe minable des simulateurs, imposteurs, menteurs, tripatouilleurs... Le grand complot criminel contre la démocratie achevé par l’ancien ministre de l’Intérieur Sarko par mon arrestation illégale et pillage de mon domicile par ses ripoux, la concussion de ses acolytes du grisbi Woerth et compagnie, des juges corrompus de l’acabit de Courroye...
    Réaction à Rue 89 : GRAND ENTRETIEN
    Hessel (2/2) : « La Ve République a une Constitution dangereuse »
    Par CHLOÉ LEPRINCE ET PASCAL RICHÉ | Rue89 | 31/12/2010 | 18H33
    Pour l’auteur du mini-livre et best-seller « Indignez-vous ! », « le système français est plus à critiquer que l’homme ».
    Publié dans Rue 89 à la demande de Christian Leonce.
    Le problème de « l’illégitime politique et de l’illégalité constitutionnelle » des régimes gaullistes, bien pire que celle de Pétain 1940/44 dicté par les armes, c’est que ce pouvoir scélérat des conspirateurs contre la démocratie est fondée sur le financement par le crime organisé des grandes finances mafieuses et du gangstérisme du droit commun organisé par le bras droit du général De Gaulle, Jacques Foccart, exécuté de haute main par ses ministres, essentiellement des Armées et de l’Intérieur avec leurs services secrets, leur police officielle dirigeant leur police parallèle « Service d’Action Civique » des gangsters de pire espèces, des anciens Gestapistes, tous dotés de la carte d’intenté tricolore.
    Depuis les scandales des assassinats, massacres, du trafic de drogues par tonnes de la « French connexion » toute l’organisation est plongée aujourd’hui dans la clandestinité grâce aux actions criminelles de l’ancien ministre de l’intérieur Sarko : sous l’égide de la Justice, Conseil d’État et la Police soudoyées, des décennies de contrebande d’armes et de drogue, de proxénétisme et trafique des blanches, faux monnayage et de bons de trésors, escroqueries immobilières et TP faramineuses, marchés publics truqués, rackets et extorsions de fonds, corruption et trafic d’influence à tous les niveaux, vole industrielle des voitures, arnaques aux assurances, incendies volontaires tournant parfois à des hécatombes. Tout un complot contre la sûreté de l’État dont la compétence exclusive d’information et de jugement, piétinée, usurpée par les juges corrompus de droit commun relevait du Parlement et de la feue Haute Cour de justice.
    Dans les années 1978, avec comme viatique le livre d’Alain Jobert, « D comme drogue... », j’ai été plongé par l’armée dans ce chaudron des escroqueries monumentales, puis manipulé dans les universités de droit pour finir être déclaré officiellement à l’administration « personne décédée » après un assassinat manqué, exproprié par des faux à n’en plus finir de ma maison, de mes meubles, mes documents... Pour abattre le mur devant la Haute Cour de justice, pour la faire fonctionner comme en 1944 contre le complot de la magistrature corrompue, la plus grande bataille judiciaire trentenaire que la France ait connue dans son histoire, est occultée par la corruption massive des médias. Or, Jacques Foccart, le bras droit du général De Gaulle, a confirmé en grande partie les allégations d’Alain Jaubert dans son livre « Journal de l’Élysée, tome 2 1968-1969. Mais dès la dénonciation des compromissions personnelles de De Gaulle par le Le Canard enchaîné du 29 avril 1998, est devenu introuvable chez tous les revendeurs neufs ou occasion ce livre confirmant l’usurpation de la compétence juridictionnelle de la Haut Cour de justice.
    Résultat persistant : avancements et décorations des magistrats faussaires, escrocs et truqueurs des procédures manifestement illégaux, modification de la constitution, sabordage de la Haute Cour de justice et son remplacement par une juridiction fantoche des tricheurs chevronnés, supprimant la publicité de la procédure parlementaire de renvoi, amputant la compétence pour poursuivre les complices intouchables des “ gangsters d’État de l’État gangsters ” (expression d’un général des services secrets).
    Suppression du garde-fou contre la corruption judiciaire des articles 679 et suivants du code de procédure pénale, laissant la main libre aux pourris des céans de faire disparaître dans leurs tribunaux les dossiers, le plaignants et les témoins. Le dernier en date : le général Samy Albagli, s’apprêtant de reprendre mon flambeau.
    Voici pour les avertis les détails techniques de la catastrophe législative que Sarko compte de parfaire par la suppression des juges d’instruction. [Synthèse des pages 1 et 2 à l’attention du général Albagli, immédiatement retiré de la circulation.]

  • cindi
    cindi
    infirmière retraitée
    • Posté à 15h28 le 07/01/2011
    • Internaute 120359
      infirmière retraitée

    Tapez encore sur N.S. ! ! Vous trouvez normal d’avoir libéré cet assassin ? Vous me semblez plus près des juges et des voyous que des victimes ...Moi c’est le contraire . N.S. est là pour la France et les français ..On se moque pas mal de ce que pense Mr Scalbert dans ses accusations .Tous les jours on trouve de quoi attaquer N.S. ; ; ; Ce qui ne l’empêchera d’être élu si il se représente . A trop taper sur un clou c’est le marteau qui casse.....

    • leo s
      leo s répond à cindi
      (...)
      • Posté à 22h59 le 08/01/2011
      • Internaute 73621
        (...)

      NS : un clou ; bien vu

  • yaka-taka
    • Posté à 19h29 le 07/01/2011
    • Internaute 32864

    Combien vaut la justice ?

    Pour résumer, à en lire ces lignes, le justice ne vaudrait que quelques milliers d’euros, le prix d’un déménagement d’un procureur.
    Un procureur qui n’a pas l’excuse de pouvoir dire qu’il n’a pas le choix car pauvre donc faible.
    Un procureur gagne très correctement sa vie.

    A moins, bien sûr, que ce soit que par pure, conviction ou peut-être pure amitié.
    A moins encore que ce ne soit que pour, à minima, garder son travail ou mieux avoir de l’avancement.

    Dans toutes ces raisons peut y trouver une excuse ?

  • zecomedia
    zecomedia
    spectateur
    • Posté à 19h33 le 07/01/2011
    • Internaute 138539
      spectateur

    Bien sûr la république et son actuel président ne sont pas irréprochables… Mais regardons-nous dans la glace, nous français ; depuis Louis XIV nous avons connu 5 rois, 2 empires et 5 républiques, nous avons démonté, bricolé, remonté sans cesse nos institutions, nous n’avons jamais appliqué en matière de justice la séparation des pouvoirs pronée par nos philosophes des lumières… Voyons les anglais, l’acte d’habeas corpus de 1679, basé sur la jurisprudence n’a jamais fait l’objet de réforme et il fonctionne ! La preuve nous en est administrée aujourd’hui même :
    Scandale des notes de frais à Londres : 18 mois de prison pour un ancien député jugé coupable de fausses factures pour un montant de 22.650 livres (27.000 euros)*.
    Alors, en 2012, ayons le courage faire le tri dans nos illusions, d’affronter la réalité, et de pousser nos élites politiques à réformer vraiment notre actuelle constitution si néfaste…
    *Lien

  • alberte
    alberte
    Sage-femme retraitée
    • Posté à 16h45 le 08/01/2011
    • Internaute 60250
      Sage-femme retraitée

    Ce type est un vrai potentat, avec de la graine de dictateur, il a un culot monstre et n’ hésite devant aucune forfaiture. Vivement 2012 que l’ on soit débarrassé de ce potentat, qu’ il retourne à ses turpitudes. On comprend de mlus en plus la détestation des français. Une justice clémente pour les amis et sèvère pour les autres. Je pense qu’ il aura creusé sa tombe vers l’ oubli tout seul
    avec ses mensonges ses promesses non tenues, et son langage vulgaire

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