Témoignage 05/01/2011 à 11h14

Lettre ouverte d'une crevure néolibérale aux jeunes chômeurs

Camille A | Consultante, chef d'entreprise


Cruella, personnage des « 101 Dalmatiens » de Disney.

Depuis le temps que je traîne sur la Rue, que je lis parfois pour me cultiver, parfois pour me faire du mal, ça me démangeait de poster un article (ou en tout cas d’essayer).

Le téléphone a sonné, et je me suis décidée. C’est un jeune. Un jeune sans emploi. Giuseppe a une petite vingtaine. Il a une licence Infocom, il sait bricoler du HTML et il est assis sur une montagne de stages. Il veut du travail. Mais pas de l’exécution : lui, il veut faire chef.

Il m’avait écrit voici un mois, j’avais ouvert puis zappé son mail : pas assez de trésorerie pour prendre une bouche de plus à nourrir, et un CV oubliable, dont je n’aimais pas le bleu en entête. J’aurais pu – et dû – prendre 25 secondes pour lui adresser une fin de non-recevoir pas trop rêche, mais je ne l’ai pas fait.

« Je me le fais, il finira sa journée un peu moins naïf »

Au bout de trois semaines, il appelle. Il veut un poste de chef de projet en CDI ou en CDD – autant dire l’Everest, encore que ça dépend des boîtes, on le verra sous peu. Je me dis :

« Pour une fois, celui-là n’appellera pas pour rien, je me le fais et il finira sa journée un peu moins naïf. »

Je lui explique qu’avec une licence Infocom, pas de spécialisation technique forte et si peu d’années au compteur, c’est mort pour trouver un poste de chef de projet web décent, à moins de frapper aux portes des pires lessiveuses de référencement cradingue ou de webmarketing douteux.

Giuseppe est crispé, déçu. Il me dit qu’on lui répète sans arrêt qu’il faut d’abord de l’expérience, qu’il a peur qu’en s’abaissant à des tâches d’exécution telles que webmaster – ce que je lui conseille afin de prendre de la bouteille – il ne s’éloigne de son but et ne se voit cantonné qu’à des rôles de sous-fifre minable.

Il préfère sortir la vaseline et signer un contrat pro bidon

Je lui demande s’il a un statut. Comprendre : s’il est autoentrepreneur ou affilié à l’Agessa [la Sécurité sociale des auteurs, ndlr]. Il me dit que non, qu’il ne veut pas en arriver là.

Je retrouve dans son discours quelque chose qui transpire souvent sur Rue89 : la peur maladive du grand méchant patron qui exploite l’autoentrepreneur, l’humilie, le rabaisse au rang de sous-homme, de non-salarié quoi.

Pourtant, Giuseppe est prêt à baisser son froc, et pas qu’un peu puisqu’il finit par me dire, penaud, qu’il accepterait aussi un contrat de professionnalisation.

Je lui réponds qu’il est déjà diplômé, et qu’à moins de viser une qualification précise, et donc un diplôme, le contrat pro n’est pas une fin en soi.

Je lui explique également qu’un chef de projet a souvent une double vocation opérationnelle et commerciale, et que pour cette raison, une boîte qui veut sérieusement recruter va proposer un salaire correct, voire des intéressements : on n’espère pas des prouesses de quelqu’un qu’on paye 700 euros par mois tout en lui faisant poser des « propales » de 10 000 euros – et si c’est le cas, on a tort.

Mais Giuseppe est persuadé que « ça pourrait aider ». Il n’en démordra pas, il préfère encore sortir la vaseline et signer un contrat pro bidon porté par la première école ou fac venue – mais qui précisera qu’il est chef de projet – que d’attaquer son problème d’emploi par un autre angle.

Je le malmène encore un peu, il finit par céder du terrain : il serait disposé à bosser un peu tout de suite plutôt que de chercher trois ans. La conversation se termine. Il ne le sait pas, mais je le rappellerai probablement : j’ai des trucs à déléguer, et il m’a l’air un peu motivé au fond, puisqu’il a appelé.

Tout ça pour en venir à ça : jeune chômeur, jeune sans emploi, jeune diplômé, jeune ce-que-tu-veux, qu’est-ce qu’une pourriture néolibérale-capitaliste de quelques années ton aînée, qui jette tes e-mails à la corbeille et ignore tes appels quand tu cherches un job, peut bien t’apprendre sur la construction de ta trajectoire professionnelle ?

Eh bien, au moins ça.

1

Tu ne sais rien, et même si tu sais, doute un peu : ça pourrait te faire du bien

Il faut parfois modérer ses ardeurs et consentir à apprendre avant de commander.

Je lis des tas de témoignages de jeunes outrés par le peu de cas que font les employeurs de leurs diplômes, de leurs nombreux trophées. C’est vrai. On n’en a absolument rien à branler.

Seuls les responsables RH de grosses boîtes recrutent au diplôme et au diplôme uniquement, d’après une grille d’indice classement/salaire, et si tu avais le bon, jeune chômeur, tu ne serais pas en train de chercher.

Donc laisse tomber : hors Sup de co, ingé et métiers très spécialisés, le seul impact que peut avoir le diplôme sur l’employeur est celui de l’affect (« il a fait la même formation que moi ! »).

Contrairement à ce que les jeunes diplômés déçus aiment à se répéter, un patron cherche avant tout des compétences précises, pas du papier.

Application pratique au cas Giuseppe : si tu veux gérer une équipe de prod web, approfondis ta maîtrise technique et ta connaissance du circuit par les piges ; monte des sites toi-même, mets les mains dans le cambouis et dans le marché.

2

Surprends-nous et montre-nous qu’on a raison de ne pas jeter ton mail

La plupart des CV que nous, employeurs, recevons chaque jour n’ont aucun intérêt : plus ou moins bien présentés, souvent sans aucune structure ou intention de convaincre, jonchés de stages, pour la majeure partie dépourvus de quoi que ce soit qui ressemble à de l’initiative ou à du culot, trop souvent blindés de fautes d’orthographe et de grammaire épiques, et ils n’émanent pas d’élèves issus des plus prestigieuses filières (ceux-ci ne savent pas non plus écrire un CV, mais allez savoir pourquoi, on leur pardonne...).

Donc à première vue, jeune, tu es inutile. Ou pas. La preuve, c’est qu’on te confie des stages.

Soigne le CV et la lettre de motivation. Tente des approches de présentation inédites, remets en main propre, fais des « distrib » à la sortie des chambres de commerce et d’industrie. De toute façon, tu es déjà au chômage, donc occupe-toi ! Bannis les fautes d’orthographe. Relis ce que tu écris ou fais le relire, prends du recul, demande-toi si tu dois vraiment écrire « Je suis prêt à rejoindre immédiatement l’équipe managériale » avec ta L2 d’anglais.

Un conseil plus concret est celui du CV anglo-saxon : commence le CV par un court paragraphe bien accrocheur mais pas vantard, où tu résumes ton profil et tes atouts. Ça met en jambes le lecteur, et ça va trancher un peu avec les 200 CV à la française qu’il a vu défiler ce matin.

Et pitié, pas la peine de mettre ta photo si c’est une photo d’identité sous les néons façon « casier judiciaire d’Emile Louis “ ou une photo de vacances foireuse. C’est pas forcément l’essentiel (perso, j’aime même pas trop les photos).

3

Mets le pied dans la porte et propose du concret

Là, je parle peut-être plus pour ma branche, celle du Web. Moi j’attendais de Giuseppe qu’il me dise :

‘ Bon, je sais faire des choses, est-ce que je peux pas déjà aider, participer à des projets, faire des trucs, puisque vous ne voulez pas me filer mon CDI ?’

Le CDD et le CDI, c’est très bien, mais en période de vaches maigres, montre-nous que tu en veux, que tu sais mettre le pied dans la porte, proposer du concret et t’accrocher. N’hésite pas à secouer un peu ton interlocuteur, à faire preuve de volontarisme. Le statut d’autoentrepreneur, c’est justement à ça que ça peut servir. Ça permet aussi de se vendre un peu plus à sa juste valeur, en faisant miroiter l’absence de charges et de contraintes à l’employeur.

Un sou est un sou, et moi j’aimerais entendre au moins une fois un candidat ou une candidate me dire :

‘ Allez-vous faire voir avec les offres de stage, moi je veux bien la mission, je veux bien démarrer cette nuit s’il faut livrer à temps, mais je le fais pour mon compte et pas pour 300 euros par mois. ’

Un employeur n’est pas naïf, il sait bien qu’un boulot mal payé est un boulot souvent mal fait et parfois pas fait du tout. Donne de la voix, cher jeune. Ose lâcher du lest sur le CDI que tu n’auras de toute façon pas, parce que des ronds, on n’en a pas. Enfonce un peu les portes. Bref, montre-nous que tu as compris comment on fonctionne, que tu as les pieds sur terre et que tu es prêt à jouer le jeu, mais pas à te mettre à poil non plus.

Accessoirement, avoir des rentrées d’argent, ça fait partie de ce qui donne la pêche : le gars qui cherche depuis deux ans, qui vit chez ses parents, qui est mort de faim et qui donne son sang pour aller au ciné, il ne nous fait pas envie en entretien. Celui qui semble assumer joyeusement sa ‘ précarité ’ (le mot est lâché !) et se paye un iPhone, des restos ou des conneries avec ses rentrées irrégulières mais bien réelles, il arrive en entretien plus relax : il veut le boulot, mais il est pas là pour jouer sa vie.

4

Arrête de râler

Le temps aidant, la ‘ génération précaire ’ est en fait en train de devenir la deuxième génération précaire. Donc, quand tu es en entretien face à un quasi trentenaire ou trentenaire et des brouettes, sache que dix ans plus tôt, il en a sué lui aussi pour faire son trou.

Du coup, la tactique de la pitié et de la génération sacrifiée ne marche pas trop – à dire vrai, ça nous gonfle essentiellement. Donc pas la peine de râler sur le marché du travail impitoyable ou le marché du logement qui ne ressemble plus à rien dans les grandes villes. Dis-toi plutôt que les autres y sont bien arrivés et que toi tu vas y arriver aussi. \o/

Maintenant, agite-toi et rentre-nous dedans, viens un peu nous chercher avec les dents au lieu de nous envoyer un mail neurasthénique ! :)

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  • Lictor
    Lictor répond à Maud
    informaticien
    • Posté à 12h21 le 05/01/2011
    • Internaute 68450
      informaticien

    Et inversement, l’emploi salarié n’est pas forcément une expérience...

    Comme le disait un article que j’ai lu récemment (dans PragProg), il y a des ingénieurs qui ont 5 ans d’expérience et des ingénieurs qui ont 5 x 1 an d’expérience, parce qu’ils ont fait la même chose pendant 5 ans... A la limite, le stagiaire a à priori au moins changé d’activité à chaque stage...

  • -Géo-
    -Géo- répond à Maud
    Tb
    • Posté à 12h45 le 05/01/2011
    • Internaute 51248
      Tb

    Oui, l’histoire du « un stage n’est pas de l’expérience » est une énorme connerie. TOUS les stages que j’ai fait étaient en réalité des postes de CDD/CDI déguisés en stages, mes 26 mois de stage sont en réalité 26 mois d’expérience professionnelle à part entière.

    • Maud
      Maud répond à -Géo-
      In the eeeeeyes of the tiger
      • Posté à 15h41 le 05/01/2011
      • Internaute 66739
        In the eeeeeyes of the tiger

      Cela me fait penser à un ami graphiste, qui pendant son stage de première année de BTS avait bossé tout autant qu’un salarié ordinaire. Il avait entre autres participé à un projet de création d’identité visuelle et sa proposition avait été choisie par le client. Il s’était donc retrouvé en rendez vous avec son patron et le client en question, à qui il avait été présenté comme « chef de projet ». : p
      Et devinez quoi ? Il n’avait même pas été payé pour son stage.
      Il garde cependant un bon souvenir de cette expérience puisque c’était intéressant et formateur.
      D’autres amis ont fait des stages dans des boites tournant uniquement grâce à des stagiaires, et je peux vous dire qu’ils avaient intérêt à bosser.

       
      • 101.7
        101.7 répond à Maud
        Promeneur
        • Posté à 19h00 le 05/01/2011
        • Internaute 59121
          Promeneur

        « il avait été présenté comme “chef de projet”

        Payer avec des mots ça ne coûte pas cher au patron, ça lui permet de diminuer ses frais et d’augmenter ses bénéfices.

        Bon, si le “chef de projet” est content de son salaire. :)

        Ce n’est quand même pas très sympa comme attitude, c’est même franchement dégueulasse d’agir comme ça envers des jeunes, de leur saboter l’entrée dans la vie professionnelle avec ce genre de façons de faire déplorables.

        • Maud
          Maud répond à 101.7
          In the eeeeeyes of the tiger
          • Posté à 00h10 le 06/01/2011
          • Internaute 66739
            In the eeeeeyes of the tiger

          « c’est même franchement dégueulasse d’agir comme ça envers des jeunes, de leur saboter l’entrée dans la vie professionnelle avec ce genre de façons de faire déplorables. »
          Entièrement d’accord, ça m’a aussi étonnée qu’il ait l’air plutôt détaché en en parlant, personnellement ça me serait bien resté en travers, mais c’est quelqu’un qui a bon caractère et gentil de nature. XD
          Et puis peu d’élèves étaient rémunérés pour leur stage de première année (dans ma classe on avait été 2 ou 3, dont moi qui ai eu du bol de tomber sur une boite vraiment sympa). Ce n’était pas obligatoire et il me semble que ça ne l’est toujours pas pour les durée inférieures à 3 mois..( ?)
          Il m’a précisé que l’équipe avait suggéré au patron d’au moins lui offrir un cadeau « symbolique », genre un ipod et que celui ci avait apparemment refusé.
          Enfin il a su tirer du positif de cette expérience et c’est pas plus mal, de toutes façons il est talentueux et il a bien fait de ne pas s’arrêter à « ça », il pourra trouver mieux sans soucis à mon avis ! :)

      2 autres commentaires
  • hmoi
    hmoi répond à Maud
    étudiant (mais je ne le dit pas (...)
    • Posté à 14h40 le 05/01/2011
    • Internaute 134080
      étudiant (mais je ne le dit pas (...)

    c’est vrai que de nombreux stages sont des emplois cachés. Mais normalement un stages c’est une formation du type apprenti-maître.

  • phroz
    phroz
    it's aliiiive !
    • Posté à 12h05 le 05/01/2011
    • Internaute 115548
      it's aliiiive !

    Je plussoie.

    Particulièrement au point 3 :

    Il ne faut pas hésiter à recadrer et à contredire un recruteur ou un patron (sans être insultant et en veillant à le faire avec de vraies bonnes raisons) :
    - un recruteur ou un patron capable d’admettre la contradiction et que vous n’accepterez pas n’importe quoi vaut la peine qu’on s’intéresse à lui. Cela permet donc de faire le tri entre le bon grain et l’ivraie... Hé oui, un employeur, ça se sélectionne aussi.
    - c’est l’occasion de montrer ce que vous valez concrètement, de lui proposer une autre approche, des idées, et cetera.

    C’est une question d’équilibrage des forces : au lieu de se présenter comme quelqu’un qui cherche du travail, il s’agit de montrer ce que vous lui apporterez, ce qu’il y gagnera en vous recrutant.

    En d’autres termes, au lieu de faire l’ « affamé », il faut lui donner faim, lui ouvrir en appétit ! C’est se mettre en position de force pour négocier :

    « Voilà ce que je sais faire, voilà comment je le ferai, voilà ce que j’apporterai. Vous voulez en profiter ? Vous me recrutez. Voici ce que j’attends en retour (les prétentions salariales, les responsabilités, et autres). Discutons-en. »

    Néanmoins, il faut être prudent avec le statut d’entrepreneur : il vaut mieux avoir plusieurs clients pour pouvoir démontrer que l’on utilise pas ce statut pour se faire recruter comme un salarié, mais bien dans le but d’avoir une activité commerciale.

    • Lictor
      Lictor répond à phroz
      informaticien
      • Posté à 12h25 le 05/01/2011
      • Internaute 68450
        informaticien

      « Il ne faut pas hésiter à recadrer et à contredire un recruteur ou un patron »

      Il ne faut pas hésiter non plus à dire NON, même quand on est au chômage... Déjà, ça évite de se retrouver à bosser pour des cons. Et en plus, ça change tellement la perspective, qu’on arrive beaucoup plus détendu et assertif à l’entretient suivant et donc qu’on y augmente considérablement ses chances de succès.

      En plus, dire NON rend désirable. Ainsi, une des fois où j’avais fait ça, je me suis fait harceler puis injurier au téléphone par le recruteur, qui m’a supplié puis menacé pour me faire accepter le poste (bon, il faut dire, recruteur con de SSII, je te présente au client avant de te recruter, manque de bol pour lui, le client m’a bien aimé et me voulait, mais je n’avais pas accroché). Ce qui au passage m’a rendu bien content d’avoir dit non...

      • phroz
        phroz répond à Lictor
        it's aliiiive !
        • Posté à 12h36 le 05/01/2011
        • Internaute 115548
          it's aliiiive !

        Complètement d’accord. Je disais la même chose dans un autre commentaire.

        Vous avez prononcé le mot clé : Lien

        (d’autant plus d’accord qu’il est toujours jouissif d’envoyer promener un con et de le laisser enrager face à sa connerie)

      • bibimbap
        bibimbap répond à Lictor
        en travaux
        • Posté à 19h05 le 05/01/2011
        • Internaute 86441
          en travaux

        « Il ne faut pas hésiter non plus à dire NON, même quand on est au chômage... Déjà, ça évite de se retrouver à bosser pour des cons »

        C’est tellement vrai. Ce qui est malheureux c’est que personne ne nous le dit (ce serait plutôt « mais te rends tu compte, tu as tellement de chance d’avoir été élue parmi les milliers de milliards de pôvres autres chômeurs, bénis ta chance). Du coup ça fait 4 ans que je bosse (je suis free lance) et je viens seulement de m’en rendre compte. Quand je pense à tous les cons que j’aurais pu m’épargner, ça me donne le vertige

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 12h46 le 05/01/2011
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    La guerre. De multiples parasites intermédiaires consultantes armées jusqu’aux dents et très énervées limite hystériques qui font les rabatteuses tapies dans la jungle en amazones..

    Tout ce cirque pour dégotter le connard ( ou la connasse, pardon) qui va bricoler des moches pages Web sur lesquels on jettera un regard vitreux en cherchant ou se cache le X permettant de les refermer au plus vite .. : -)

  • gounzor
    gounzor
    en lutte
    • Posté à 12h12 le 05/01/2011
    • Internaute 129458
      en lutte

    Je ne vois pas ou vous démontrez que vous êtes néolibéraliste, si vous êtes « vraiment » néolibéraliste « aujourd’hui » vous êtes certes un crétin très naif, mais bon... Vous n’êtes pas le seul.

    Donc, je travaille moi même dans le web et la vidéos, je suis freelance depuis 5/6 ans. Et je l’ai été dès ma sortie de l’école.
    Je vit correctement sans plus, mais je travaille pas trop, car je courre pas après la thune et j’ai suffisamment de talent pour trouver des missions alimentaires rapidement quand j’en ai besoin.

    Et des monsieur/madame grosse testicules/gros ovaires, patron de petites agences, j’en ai croisé vraiment beaucoup, des bons patrons de petites boites (qui ne serpillent pas des freelance en négociant les tarifs comme des crevards quitte à avoir un mauvais travail, ou qui ne naviguent pas au sein des SSII toutes pourries), j’en ai croisé très peu par contre.

    Mais pour moi vous oubliez plusieurs choses, d’abord tout le monde n’a pas la culture, et les épaules pour être auto entrepreneur ou freelance, il y a beaucoup plus de gens qui préféreront être salarié par ... culture.
    Des gens à qui la paperasse fait peur aussi, et qui ont du mal à s’en sortir même avec le peu de papiers que demande ces statuts.
    Se lancer en freelance ça demande aussi plusieurs choses : un capital de départ pour vivre un certain temps (toucher son chômage quand on a des rentrées de revenus, même si on en a le droit, c’est la mission mensuelle avec les assedics, qui font tout pour nous virer), et pouvoir/savoir communiquer sur son travail, « et stratégifier » cette communication, pas facile pour tous au début.

    En fait vous semblez chercher ceux qui vous « ressembleront » dans cette culture de l’entrepreneur, mais cette culture là est encore plus rare chez ceux qui sortent de stage, d’écoles ou ils ont été lessivés par le système de l’entreprise.
    Vous faites vraiment peu de cas de ce type qui est prêt a des solutions précaires mais contractuelle, et je trouve ça détestable, c’est comme si vous lui disiez « t’es pas comme moi, t’es une merde vu que tu te défroques au moindre coup de pression, mais bon dans ce monde de merdes tu feras peut être quand même l’affaire », et humainement c’est minable et arrogant...
    Professionellement, si je vous sentai comme ça, ou que vous l’étiez avec moi, vous seriez « blacklisté » de mes contacts professionnels, et j’en parlerai à tous mon réseau quand on parlerai de clients, et ces autres freelances hésiteraient beaucoup avant d’accepter une de vos missions, voir refuseraient...
    Bref ce genre d’attitude est mal perçue par beaucoup d’entre nous, et nous les freelances, qui sommes aussi des précaires, on a pas besoin de clients de merde non plus au contraire.
    Car ce genre d’attitude montre qu’en cas de problème, c’est pas sûr que vous ayez les épaules et la dignité pour rester réglo.

    Et enfin la généralisation des statuts de freelance, cache bien une précarisation déguisée du travail, que vous le vouliez ou non, il y a des gens qui en profitent, qui déguisent les salariés, qui les paient peu, et qui en plus n’ont pas à s’acquitter de charges patronales.

    Généraliser et proposer cette solution à n’importe qui qui débute, c’est juste irresponsable, pour nous les freelances qui sommes chers et qualifiés, pour eux les débutants qui sont bradés et peu qualifiés : ça précarise tout le monde, et au final ça ne profitera ni aux petites structures, ni aux grandes structures, car le problème de ce statut c’est bien son encadrement très limité...

    Dans mon métier les mauvais disparaissent, vivotent ou deviennent salariés.
    Les bons freelances perdurent, et montent un jour leur entreprise, mais dans tous les cas pour rester un bon, le meilleur avantage c’est d’avoir un réseau de professionnels qui nous aideront et nous soutiendront, et entre nous les freelances, ce qui compte en premier c’est d’être professionnel, réglos et humainement fiables. C’est la règle tacite. Et elle est valable avec les mauvais clients aussi.

    • Oister
      Oister répond à gounzor
      Soldat inconnu.
      • Posté à 12h13 le 05/01/2011
      • Internaute 46248
        Soldat inconnu.

      bravo, c’est parfaitement dit.

    • Erwann Radenac
      Erwann Radenac répond à gounzor
      stable
      • Posté à 20h46 le 05/01/2011
      • Internaute 115410
        stable

      Punaise...
      Le commentaire est carrément meilleur que l’article...

    • ouze29
      ouze29 répond à gounzor
      • Posté à 22h40 le 05/01/2011
      • Internaute 139428

      C’est un bête de commentaire à un bête d’article.

      Le commentaire a le mérite de donner quelques éléments de contexte culturel pour comprendre ce qui se trame dans la sphère web marketing.

      Qu’on soit pas en phase avec l’auteure de l’article et qu’à sa lecture on se sente une vulgaire crotte, a fortiori si on est le jeune en dèche en question, ça peut facilement se comprendre.

      L’article est tout de même un témoignage éclairant sur :
      - qu’est ce qui rassure un(e) patron(ne)
      - mais surtout la star cachée de l’article : le milieu particulier des agences web.

      C’est quand même une des clés de lecture essentielle pour éviter la vision d’Armaggedon généralisé du monde du travail.

      Vu de l’extérieur, le milieu décrit est structurellement éprouvant pour les gens qui y bossent :

      - énormément de boulot à fournir pour des livrables (bannières, bandeaux pubs, sites racoleurs et autres torche balles en son et lumière...) dont la durée de vie est très limitée

      - Une valeur créée faible pour les clients de ces agences

      - Pléthore de jeunes attirés par ce monde qu’il est trop cool que le soir à 23h30 on commande des pizzas parce que le bouzin il est pas fini

      - des technologies et des compétences très variées pour lesquelles aucune structure de formation ne peut délivrer de sésame

      - 90 % des gens qui y bossent sont sous payés par rapport au travail qu’ils fournissent

      - beaucoup d’agences jeunes, non rentables, non matures avec pas beaucoup de sous devant elles (Quoi ? ! Et ces employeurs ne sont pas capable de m’offrir les mêmes avantages que chez Total ? Vas y c’est des bâtards)

      Bref, disons le tout net, c’est quand même un gros secteur de merde ; -)

      C’est peut être utile de préciser ces points pour éviter que tous les jeunes chômeurs se recouchent.
      Si vous aviez pas khiffé le CPE de Villepin, vous allez pas adorer les emplois que ces sociétés ont à offrir ...

    • inspecteur crouton
      inspecteur crouton répond à gounzor
      troll de tram
      • Posté à 06h56 le 06/01/2011
      • Internaute 118828
        troll de tram

      Le paradoxe c’ est que vous dites finalement un peu la même chose que Camille A, mais différemment.

      C’ est parce que vous avez, semble t il, suffisamment de talent que vous pouvez vous permettre le statut que vous voulez - free lance, auto entrepreneur, salarié...- et vous aurez toujours du boulot.

      Et justement Camille A veut pouvoir embaucher - et payer - des gens comme vous et laisser crever ceux qui « n’ ont pas de talent », c’ est bien l’ essence même du libéralisme.

      Et on est peut être, nous Français, les derniers incorrigibles romantiques égalitaristes qui voudrions que tout le monde - talent ou pas - soit bien traité.

      Les Américains pensent intrinsèquement le contraire, et on voit bien que les Russes et les Chinois les rejoignent sur ce terrain, ce qui désespère Billancourt et fait de nous de sacrés pessimistes, parce qu’ on sent confusément que notre égalitarisme a du plomb dans l’ aile.

      Au fond on est peut être le seul pays où le communisme aurait pu marcher...

      • Numerosix
        Numerosix répond à inspecteur crouton
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 08h16 le 06/01/2011
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        D’ailleurs, elle est tellement désespérée aujourd’hui, l’Ile Seguin à Billancourt, qu’on devrait en faire une prison psychiatrique ..

        On a la fois les travailleurs les plus rétifs et les patrons les plus putes envers l’ ultra libéralisme, en France . Tu m’étonnes que ça peut marcher..Qui sont les fous , qui sont les infirmiers ?

      • gounzor
        gounzor répond à inspecteur crouton
        en lutte
        • Posté à 11h15 le 06/01/2011
        • Internaute 129458
          en lutte

        En effet il y a bien cette logique du marché du travail dont je parle.

        Mais mon commentaire ne se résume pas à ça.

        Si Camille cherchait vraiment uniquement des gens talentueux elle en trouverait très rapidement, en freelance ou en salariés, mais elle veut sûrement le beurre et l’argent du beurre en réalité, des gens talentueux, qu’elle paierait pas cher.

        Et c’est là que c’est incompatible, les gens talentueux, efficaces, coûtent cher, les débutants eux coûtent moins cher, et sont formables pour devenir eux aussi talentueux.
        Proposer comme elle l’a fait à un débutant de devenir auto entrepreneur, pour qu’elle n’ait pas à l’embaucher, c’est encore une fois vouloir le beurre et l’argent du beurre. C’est baisser le coût de sa main d’oeuvre, puis avoir le choix de la faire ou non travailler.
        C’est irresponsable humainement, car un débutant risque de galérer à finir ses fins de mois en freelance, surtout si c’est un choix « par défaut ».
        Bref il y a de la place pour les débutants peu qualifiés, et les pros très qualifiés, en salariat comme en auto entreprenariat.

        Le tout c’est de ne pas tout vouloir à la fois.

  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 11h57 le 05/01/2011
    • Internaute 70606
      Inquiet

    Cette véritable bataille à la recherche d’un emploi que vous nous présentez dans l’article est certes efficace si on la mène de manière acharnée. Le problème c’est que c’est LA SEULE façon d’avoir un emploi quand on est jeune (c’est à dire moins de 30 voire 35 ans aujourd’hui). Or nous ne sommes pas tous des combattants et il est navrant de voir des gens littéralement broyés par un système économique qui n’est adapté que pour une faible proportion de la population (les plus forts, les plus combattifs).

    « Celui qui semble assumer joyeusement sa “ précarité ” (le mot est lâché !) et se paye un iPhone, des restos ou des conneries avec ses rentrées irrégulières mais bien réelles, il arrive en entretien plus relax »

    C’est le mot d’ordre actuel pour le Jeune : soit pauvre, c’est cool, c’est « in », mais aie l’air d’un riche quand même sinon c’est sale.

    • Appleseed
      Appleseed répond à Tassin
      Mangeur de Twix
      • Posté à 12h03 le 05/01/2011
      • Internaute 11691
        Mangeur de Twix

      « soit pauvre, c’est cool, c’est “in”, mais aie l’air d’un riche quand même sinon c’est sale. »

      excellent : D

    • Lictor
      Lictor répond à Tassin
      informaticien
      • Posté à 12h28 le 05/01/2011
      • Internaute 68450
        informaticien

      « Le problème c’est que c’est LA SEULE façon d’avoir un emploi quand on est jeune (c’est à dire moins de 30 voire 35 ans aujourd’hui) »

      Rassurez vous, après 35 ans, vous serez TROP vieux et vous aurez aussi des problèmes... Par exemple, à 32 ans, un recruteur de SSII m’avait dit que mon âge était un problème pour le poste, car j’étais tout de même un peu trop vieux...

      La France, le pays merveilleux où l’on rentre dans le monde du travail à 30 ans pour en sortir à 45...

    • Mme Moi
      Mme Moi répond à Tassin
      • Posté à 12h46 le 05/01/2011
      • Internaute 128324

      Entièrement d’accord !

      Et si les employeurs se basaient vraiment sur l’expérience plus que sur les diplômes, les + de 50 ans n’auraient pas un taux de chômage aussi élevé.

      Se battre, montrer les dents, moi je veux bien. Mais certainement pas pour décrocher 1 CDD de 4 mois en tant que secrétaire à 50km de chez moi.
      Parce que quitte à perdre toute dignité, quitte à ne plus pouvoir me regarder dans une glace le matin, quitte à me faire baiser, je préfère carrément faire pute, je gagnerai ma vie au moins (et je pourrais même choisir mes horaires le pied).

      Je me suis battue pendant 7 ans à la fac pour décrocher mon diplôme parce qu’on m’avait dit que ça me donnerait du travail. Naïve ? A 18 ans j’imagine que c’est un peu normal.
      Je me battais déjà à l’époque pour décrocher des jobs étudiants merdiques qui permettraient de bouffer et de continuer mes études. Après je me suis battue avec ANPE pour restée inscrite et toucher un peu d’argent histoire de pas être à la rue.

      Alors chers DRH vous comprendrez que je suis un peu fatiguée de la baston. Je veux bien essayer de retrouver un peu d’énergie pour décrocher un poste qui en vaille la peine. Mais pour un stage ou 1 CDD d’1 mois, effectivement, allez vous faire foutre .

      Seulement ce « allez vous faire foutre », faut pas le dire chuuuut, sinon tout le monde nous reproche (comme vous le faites si bien dans cet article) de ne pas vraiment vouloir travailler.....

  • 101.7
    101.7
    Promeneur
    • Posté à 11h58 le 05/01/2011
    • Internaute 59121
      Promeneur

    Cynique et si vrai !

    Le problème c’est qu’il y a trop de gens dans ce genre de domaines, le droit, l’informatique, la gestion, le commercial.
    Trop de gens et au milieu du gué, ou trop qualifiés pour des petits postes ou pas assez pour les gros.

    Si j’avais quinze ans actuellement j’apprendrais à fond un métier manuel. Plombier, électricien, menuisier, maçon, coffreur etc.
    Devenir apprenti, ouvrier puis artisan éventuellement.
    Il n’y a pas de honte à être un manuel (à part pour Valls) et il y a du boulot dans tous ces métiers, souvent très bien payé vu la rareté des professionnels.
    Seule condition... se salir les mainsadmettre que le travail fatigue physiquement et laisser l’orgueil des parents :

    - Mon rejeton est bac+10 »... bon il est au chômedu mais bac+10 quand même... encore un petit four ?

    Cela dit, un demandeur d’emploi n’a pas à se prostituer lorsqu’il demande du boulot à un employeur aussi cynique soit-il. :)

    D’un autre côté un éventuel employeur qui reçoit une demande d’emploi n’a pas à mépriser celui qui l’interpelle, il ne faut pas qu’il oublie que s’il gagne du fric c’est grâce à la force de travail et les capacités de ceux qu’il emploie.

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à 101.7
      In enculo cum vibro
      • Posté à 13h03 le 05/01/2011
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Quand j’avais quinze ans, je voulais faire plombier, électricien, menuisier, maçon, coffreur etc.

      Mais ce n’est pas si simple.

      Il faut penser dès la sixième à plafonner à 8 de moyenne.

      Moi, j’avais quinze de moyenne, les profs et l’administration m’ont fait revoter jusqu’à ce que je dise « ouai, je vais aller au bac ».

      Je le regrette tous les jours, passer des CAP à vingt-cinq ans et se retrouver en concurrence avec des gars de mon âge qui ont dix ans d’expérience, c’est vraiment un plan de merde.

      Ceci-dit, à cinquante ans il vaut mieux allumer son ordi dans un bureau chauffé que de casser la glace dans le bidon pour mouiller la bétoche.

      • 101.7
        101.7 répond à Autist Reading -
        Promeneur
        • Posté à 14h34 le 05/01/2011
        • Internaute 59121
          Promeneur

        « Ceci-dit, à cinquante ans il vaut mieux allumer son ordi dans un bureau chauffé que de casser la glace dans le bidon pour mouiller la bétoche. »

        Ou travailler sous un climat plus favorable.
        Quand on ne travaille pas au soleil à 50 ans c’est qu’on a raté sa vie. :)

        Mais c’est vrai que rien n’est simple dans le domaine de l’emploi.
        Il y a aussi le choix de vie.

    • chenmawon
      chenmawon répond à 101.7
      Pécore en stage d'observation (...)
      • Posté à 15h21 le 05/01/2011
      • Internaute 39820
        Pécore en stage d'observation (...)

      Ouais,

      T’en parleras à mon père, 43 ans de chantier, plus de genoux ni de dos, pour 900 euros de retraite.... Pas sûr qu’il soit de cet avis !
      Ceci dit, pour avoir vécu en Norvège, un bon carreleur ou peintre à 4000 euros par mois, là on voit les choses différemment je pense !

  • clirstrim
    clirstrim
    parasite de la société
    • Posté à 11h58 le 05/01/2011
    • Internaute 26136
      parasite de la société

    La précarité joyeusement assumée...J’espère vraiment que c’est une maladresse. J’aime beaucoup l’idée du mec qui a pas un rond et qui achète plein de conneries sans se poser la question d’une société qui marche sur la tête, et qui finira en surendettement avec une dizaine de crédits revolving au cul. C’est sûr, ça donne envie.

    • kevangel
      kevangel répond à clirstrim
      Chercheur
      • Posté à 13h00 le 05/01/2011
      • Expert 24356
        Chercheur

      La précrité joyeuse, c’est exactement le système des subprimes. Mais pour un néolibéral, il est difficile d’ouvrir les yeux sur ce genre d’utopie.

      • clirstrim
        clirstrim répond à kevangel
        parasite de la société
        • Posté à 13h07 le 05/01/2011
        • Internaute 26136
          parasite de la société

        Oui, je me faisais la même réflexion en plus !

  • Oister
    Oister
    Soldat inconnu.
    • Posté à 11h58 le 05/01/2011
    • Internaute 46248
      Soldat inconnu.

    Je trouve cet article très bon.
    Il manque cependant un point que je permettrais d’ajouter ici.

    5. Le jeune, si tu en as plein le cul des patrons qui t’expliquent comment réussir à te faire embaucher dans des boites qui galèrent et n’ont pas un rouble pour te payer, je cite « Ose lâcher du lest sur le CDI que tu n’auras de toute façon pas, parce que des ronds, on n’en a pas. » tu peux toujours émigrer au canada. Là bas les français qui se croisent (et ils sont de plus en plus nombreux) se tapent sur la panse en repensant à leur vie d’avant. Celle avec les boulots de merde, les politiques de merde, les contrôles de police dans la rue.
    Le Canada c’est pareil qu’en France. Si tu te pointes pas avec un air arrogant et trois diplômes agrafés sur le cul, un CV façon cromagnon en exigeant un poste de Pdg des forêts ou de chef du monde, que tu bosses dur (tu feras parfois tout à fait autre chose que ce que tu avais prévu, mais c’est la vie et c’est ça qui est excitant) tu te feras un réseau, des amis et petit à petit si tu as un objectif que tu ne perds pas de vue, tu vas l’atteindre.
    En gros c’est comme en France, sauf que c’est 15 fois la France (Domtom compris) et que les entreprises ont du pognon. Et là bas quand il tombe 1 mètre de neige, les bus sont à l’heure....
    Tu vois le jeune, dans la vie, quand on a deux pieds dans le merde, il faut pas se plaindre de l’odeur. Fait un pas de côté.

    • Benjisite
      Benjisite répond à Oister
      (entrepreneur)
      • Posté à 13h19 le 05/01/2011
      • Internaute 51820
        (entrepreneur)

      C’est pas faux mais je ne suis pas sur que cela soit seulement du aux hommes différents las bas ;)

    • Arnaud L.
      Arnaud L. répond à Oister
      • Posté à 14h50 le 05/01/2011
      • Internaute 21898

      Avec ses 30 millions d’habitants, le Canada ce n’est pas 15 fois la France, mais la moitié...

      • Inpou
        Inpou répond à Arnaud L.
        J'enfonce le clou
        • Posté à 16h15 le 05/01/2011
        • Internaute 92671
          J'enfonce le clou

        Il parle du territoire. Ottawa, la capitale du Canada, c’est 26 fois Paris pour seulement 919 258 habitants... Paris en compte 2 211 297.

    • Inpou
      Inpou répond à Oister
      J'enfonce le clou
      • Posté à 18h35 le 05/01/2011
      • Internaute 92671
        J'enfonce le clou

      Tout à fait. Jeune français, tu en as marre de cette France qui se casse la gueule plus vite que les autres ? Fuis au Canada, vite !

      Je pourrais rester ici mais je pense sérieusement à partir au Canada en septembre ou l’année prochaine. Vous êtes déjà parti ?

    • A déménagé le 04-03-2012
      A déménagé le 04-03-2012 répond à Oister
      non connue
      • Posté à 19h12 le 05/01/2011
      • Internaute 89071
        non connue

      Pourquoi aller jusqu’au Canada ? Il y a plein de pays en Europe, bien plus petit que la France soit, qui proposent du boulot à qui en veut car la crise, ils ne connaissent pas.

      Entre la Suisse, le Luxembourg, le Danemark, la Norvège, la Suède, la Finlande...autant de pays qui ont une économie qui fonctionne et des institutions qui se portent merveilleusement bien. Pourquoi ça ? Parce que tout ces pays n’ont pas des politiques qui ont joué et qui jouent les apprentis sorciers dans l’espoir de se faire réélire aux prochaines élections.

      Si aujourd’hui les jeunes ne trouvent pas de boulot en France, c’est que dès que n’importe qui propose de changer le statu quo, la moitié de la population gueule et trouve ça inadmissible. Résultat ? On fait des fausses réformes qui ne règlent rien mais qui compliquent encore la chose, les retraites et les 35 heures en sont des exemples parfaits. Le monde va de l’avant, la France fait du surplace.

      Alors oui, tu as totalement raison. Il faut faire des pas à coté. L’Union Européenne, Schengen, tout ça ce n’est pas là pour rien.

      • Inpou
        Inpou répond à A déménagé le 04-03-2012
        J'enfonce le clou
        • Posté à 15h25 le 09/01/2011
        • Internaute 92671
          J'enfonce le clou

        Certes... mais au Canada, on respire. C’est très grand. D’ailleurs, le gouvernement canadien, pour attirer des jeunes et les pousser à rester au Canada, offre un crédit logement et voiture très avantageux à la fin des études. Je ne sais pas précisément comment ça marche, mais une chose est sûre, le pays sait attirer la jeunesse déçue. Il paraît que le pays attire trois fois plus d’immigrants par an que les États-Unis...

         
        • A déménagé le 04-03-2012
          A déménagé le 04-03-2012 répond à Inpou
          non connue
          • Posté à 16h00 le 09/01/2011
          • Internaute 89071
            non connue

          Les pays nordiques européens comme la Suède, la Finlande ou la Suède font également ce genre de geste. Pourquoi ? Ce n’est pas par philanthropie ou par sympathie, mais uniquement parce que ces pays, comme le Canada, possèdent un climat hostile qui n’est pas du genre à encourager les gens à venir s’installer, ni à rester.

          Mais c’est vrai que ces pays sont beaucoup plus flexibles que la France.

          • Inpou
            Inpou répond à A déménagé le 04-03-2012
            J'enfonce le clou
            • Posté à 16h24 le 09/01/2011
            • Internaute 92671
              J'enfonce le clou

            C’est pas faux. Le Canada fait aussi ça parce qu’ils ont besoin de population fraîche.

        2 autres commentaires
    • xavierdj
      xavierdj répond à Oister
      etudiant
      • Posté à 21h34 le 05/01/2011
      • Internaute 88171
        etudiant

      Salut,
      dire que le canada est le nouvel eldorado pour le travail, c’est pas aussi facile.

      Car tout d’abord, il faut passer l’immigration et pour avoir la residence permanente c’est pas gagne, encore plus avec les nouvelles restrictions (car avec un permis temporaire beaucoup de portes se ferment). Ensuite pour faire reconnaitre certains diplomes francais c’est pas non plus une partie de plaisir, parfois il faut refaire une annee d’etude pour le faire valider.

      Sinon pour revenir sur les controles de police, au canada (du moins en Ontario) siroter ta petite binouse sur la plage en fin de journee ou sortir la bouteille de rouge au cours du pique-nique tu peux aussi oublier ou faut pas croiser la police.

      Ensuite les conges payes en Ontario, le minimum c’est 2 semaines mais il est possible que cela depende des provinces. Et les conges maladies peuvent etre limite par ex 15 jours par an, et si tu peux pas venir a cause de la neige (car ca arrive quand meme) et bien tu utilises un jour maladie, si tu es malade plus de 15 jours tu le perdssur ta paye. Pour les maladies de longue duree je sais pas comment ca se passe.

      Il faut aussi aimer le froid car meme si ils sont bien equipes pour la neige, on se pele le cul.

      Au final, personnellement je compte bien revenir en France.

      • Gontran Abdelkader-Kowalski
        Gontran Abdelkader-Kowalski répond à xavierdj
        explorateur prolétaire
        • Posté à 01h04 le 06/01/2011
        • Internaute 104077
          explorateur prolétaire

        Exact. Les Canadiens et les Québécois sont sympas (quoique pas mal bornés sur certains sujets) mais le climat est vraiment merdique (et pas seulement l’hiver), la corruption est importante (mais moindre qu’en France) et, effectivement, si vous êtes ingénieur, médecin hospitalier, urbaniste, architecte, électricien, gestionnaire de projet, etc...il vous faut un à deux ans de cours (et pas/très peu de possibilité de bosser).

        Les flics sont meilleurs qu’en France, mais bon, même ceux d’Italie et d’Espagne le sont. : -/

        Il faut aussi ne pas espérer manger au resto à peu près correctement pour moins de 100$CA, ne pas espérer une hausse fantastique du pouvoir d’achat (les magnifiques forfait internet/tel fixe Rogers ou autres à plus de 80$CA par mois, la Mozarella made in Canada, déguelasse, coutant un bras, etc... hihihi), il faut oublier l’air pur (notamment à Toronto et Montréal), le bel urbanisme et la belle architecture des villes Européenne...

        PS : Et ne pas croire que dans ce pays il n’y a pas de racistes ou de xénophobes. Il y en a pas mal.

    • Bandiguile
      Bandiguile répond à Oister
      expat
      • Posté à 05h02 le 07/01/2011
      • Internaute 132442
        expat

      Exactement ! Le Canada est un grand pays où les opportunités sont très nombreuses.
      Je vis sur la côte ouest, à Vancouver (là où on ne se pelle pas, mais où il pleut beaucoup). J’avais un boulot pas trop mal à Paris, mais j’en ai eu ras le bol de la mentalité française et de la vie parisienne, alors j’ai pris mes clics et mes clacs et je me suis barré.

      Ca fait maintenant 5 ans (et oui, j’ai échappé au règne de Sarko !), et je ne l’ai jamais regretté. Alors oui, c’est pas forcément facile d’être loin de la famille, de s’adapter à une nouvelle culture, de pays une fortune pour bouffer correctement, etc. Mais putain ce qu’on se sent bien ! Plus de frustration, de rancoeur, de haine quotidiennes...

      Les vacances ? 2 semaines mini, la majorité en ont au moins 3, mois, j’en ai 4 plus 3 jours. C’est pas 5 semaines et 12 RTT, mais c’est déjà pas mal... Et puis, gagné deux fois plus qu’en France en payant moins d’impôts, ça aide à accepter la réduction des vacances...

      Moi, je n’aurais qu’un seul conseil à tous les « jeunes » (je hais ce mots, c’est comme si on disait « les demeurés ») :
      La France ne veut pas de vous ? Ben barrez vous, ce pays de cons et d’aigris remplis de connards comme celui qui a écrit cet article minable. Oui, l’herbe est plus verte ailleurs. Oui, dans d’autres pays, on respecte les jeunes, on les paie correctement, on leur donne leur chance. Je comprends votre désarroi, mais faut pas se laisser décourager, faut juste se bouger le cul.

      Quand on est dans la merde, on est toujours face à deux choix se plaindre ou faire en sorte d’en sortir... par tous les moyens. Et des fois, ça passe par des solutions radicales comme se barrer à l’étranger.

      J’aurais plein de conseils à donner pour « comment réussir son expatriation », mais ce n’est pas le but de ce message.

    • erqzor
      erqzor répond à Oister
      Détecteur de Greenwashing
      • Posté à 19h37 le 07/01/2011
      • Internaute 69919
        Détecteur de Greenwashing

      Comme j’y suis, ô Canada, je vais répondre rapidement. Car tu montres le bon côté des choses, ok ici tu peux facilement faire 35k$ annuel en débutant, qui toute choses étant presque égales, dit représenter les 35k$ de pouvoir d’achat en France, voire un peu plus même. Cependant, pour avoir ça il faut accepter les règles du jeu : epargner pour la retraite, se payer une assurance santé, être jeune, 2 semaines de congés payés, être dégagé en moins de deux semaines sans motif avec un permanent, dans la minute en contractuel... j’en passe et d’autres, après la fluidité du marché du travail c’est autre chose. 1 gros mois de chômage, sans vraiment chercher, je poste mon CV à jour sur Monster, le lendemain appel, et lundi entretien... en france il faut un mois pour décrocher un entretien, ici 5 minutes :)... Dans tous les secteurs je ne sais pas, mais le mien ca bouge pas mal.

      Enfin les bus ne sont pas toujours à l’heure...

  • Lictor
    Lictor
    informaticien
    • Posté à 11h59 le 05/01/2011
    • Internaute 68450
      informaticien

    Pas forcément en désaccord sur le fond, mais par contre, mélanger autoentrepreneur et Agessa, c’est un peu léger ! Autant l’Agessa est un très bon statut, autant l’autoentrepreneur est un truc vraiment mal foutu, car pensé pour faire de l’affichage plutôt que pour servir... La crainte ayant d’ailleurs été à un moment que les statuts comme l’Agessa ou la Maison des Artistes disparaissent au profit de l’auto-entrepreneur...

    Sur le fond, j’ai quand même un problème avec le fait de mélanger indépendant et débutant. Pour moi, un indépendant devrait plutôt être un expert ou au moins quelqu’un avec une solide expérience. C’est à dire quelqu’un de réellement capable de sauver les meubles rapidement - et donc de justifier un prix suffisamment élevé pour ses prestations pour ne pas sombrer dans la misère.
    Autrement, on est juste un salarié de seconde zone. Avec une période d’essai poussée maintenant à 8 mois, on peut tout de même assez facilement faire du CDI précaire sans pousser le bouchon encore plus loin...

  • Zigpoc
    Zigpoc
    transitoire
    • Posté à 12h00 le 05/01/2011
    • Internaute 104004
      transitoire

    Encore des chefs d’entreprises qui se croient capable de recruter en se basant uniquement sur leur expérience personnelle !

  • Mykiki
    Mykiki
    Fan de débat
    • Posté à 12h01 le 05/01/2011
    • Internaute 115210
      Fan de débat

    Donc tu penses que les 25% des moins de 25 ans au chômage (et quasiment 50% des jeunes dans les quartiers) ne sont que des fainéants ?
    On te dit sans étude tu n’auras rien (par étude je ne dis pas nécessairement bac+5, ça peut être un bac pro ou un BTS ou IUT etc...), donc un certains nombres de jeunes sont diplomés. Après on leur dit vous n’avez pas d’expérience, et donc on te propose des stages à 300€/mois. Mais 300€ / mois pour bosser, c’est juste se foutre de la gueule du monde...
    Sans tomber dans l’extrême de certains jeunes diplomés réclamant 1.500-2.000€, il faut peut être essayer de rémunérer plus justement les jeunes et arrêtant avec ces stages qui n’en finissent plus.

    Le statut d’autoentrepreneur avec ses lacunes ne peut convenir à tout le monde. Et puis on ferait quoi avec 40M d’autoentrepreneurs ?

    Concernant le marché du travail (4M de chômeurs plus les temps partiels subis et les autres formes de chômage non comptabilisées...) et du logement (Il est quasi impossible de trouver à se loger même avec 2 salaires temps complet dans les grandes agglomérations...), si tu préfères ne pas en parler, c’est ton droit mais c’est aussi la réalité de nombreuses personnes sur le territoire français.

    • Lictor
      Lictor répond à Mykiki
      informaticien
      • Posté à 12h33 le 05/01/2011
      • Internaute 68450
        informaticien

      « Sans tomber dans l’extrême de certains jeunes diplomés réclamant 1.500-2.000€, il faut peut être essayer de rémunérer plus justement les jeunes et arrêtant avec ces stages qui n’en finissent plus. »

      Et pourquoi pas ? Par exemple, en SSII, le jeune en question va être facturé 450-500€ par jour minimum. Franchement, réclamer un minimum de 1500€ dans ces conditions n’est absolument pas déraisonnable !
      Le salaire est proportionnel à ce qu’on rapporte. Franchement, si on ne rapporte pas de quoi être payé un minimum de 1500€ en étant diplômé, c’est à se demander pourquoi on a fait des études...

      • hmoi
        hmoi répond à Lictor
        étudiant (mais je ne le dit pas (...)
        • Posté à 14h46 le 05/01/2011
        • Internaute 134080
          étudiant (mais je ne le dit pas (...)

        d’autant plus vrai pour ceux qui savent ce qu’ils rapportent

         
        • Lictor
          Lictor répond à hmoi
          informaticien
          • Posté à 15h38 le 05/01/2011
          • Internaute 68450
            informaticien

          Pour moi, c’est un des ordres de grandeur important à avoir en tête avant d’aller en entretient ! Il est très dur de négocier correctement avec un employeur sans avoir au moins une idée sur des ordres de grandeur comme :

          - sa rareté : le chômage sur sa spécialité, le demande du marché sur ce domaine...

          - sa valeur : on est débutant, confirmé, expert, grand guru

          - ses qualités annexes : on sait communiquer en anglais, rédiger, parler à un client de manière compréhensible et le convaincre, garder son calme et abattre le travail alors que tout le monde court comme des canard sans têtes... Ça semble parfois évident quand on a ces qualités, mais elles sont en fait rares. Et elles ont une réelle valeur en entreprise.

          - combien on va rapporter à l’employeur

          - le degré d’urgence du recrutement. C’est très difficile à savoir à priori, mais pas impossible, les échanges d’emails sont souvent révélateurs. Par exemple, un recruteur qui veut faire l’entretien le plus rapidement possible ou qui commence à poser des questions ciblées par email avant même l’entretien. On peut aussi glaner des indices lors de l’entretien. Identifier un recrutement comme urgent (type : on a promis la livraison au client pour novembre, on est en janvier et on cherche à recruter la personne pour *commencer* à travailler) est essentiel, parce que ça permet d’inverser le rapport de force : de demandeur on devient sauveur.

          Ce sont des points importants, parce qu’il permettent de faire basculer la logique de l’entretien. De simple demandeur, on peut devenir un professionnel qui vient apporter des solutions et des revenus à l’entreprise, ce qui est bien plus confortable comme position. Ça permet de légitimer les prétentions salariales, voire le rôle dans l’entreprise.

          Dans le même ordre d’idée, il ne faut pas non plus oublier qu’un contrat est fait entre deux parties. Un futur-salarié a le droit de demander des modifications. Par exemple, faire sauter les clauses de mobilité débiles (France, Monde, Univers...).
          De même, un compromis sur le salaire ou le poste peut s’inscrire sur le contrat. Il est par exemple parfaitement légitime d’associer l’acceptation d’un salaire fourchette basse à une mention de réévaluation au terme de la période d’essai à fin d’une augmentation vers la fourchette haute.
          Les gens ont souvent peur de froisser un recruteur avec ce genre de chose. Mais c’est au contraire se conduire en véritable professionnel et non plus en candidat.

        1 autres commentaires
    • bibimbap
      bibimbap répond à Mykiki
      en travaux
      • Posté à 19h10 le 05/01/2011
      • Internaute 86441
        en travaux

      Réclamer 1500€ quand on est jeune diplômé c’est du foutage de gueule, selon vous ?

      • Mykiki
        Mykiki répond à bibimbap
        Fan de débat
        • Posté à 14h03 le 06/01/2011
        • Internaute 115210
          Fan de débat

        Tout dépend du cursus effectué. Mais les cursus sans contact de près ou de loin avec le monde du travail me semblent difficilement accessible à ce niveau de rémunération...

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