La TVA sociale, casse-tête chinois pour économiste-blogueur

Pour commencer, Emmanuel (Ceteris Paribus), qui épingle le premier ministre François Fillon, et son argument du T-shirt chinois censé « financer un peu la protection sociale ». « François (...), l’apostrophe Emmanuel, il va vraiment falloir que je t’explique un truc ; les T-shirts chinois ne paient pas d’impôt. En fin de compte, c’est toujours le consommateur qui raque, et le travailleur français se trouvera fort dépourvu au moment de passer à la caisse pour régler son T-shirt chinois, sa voiture japonaise ou son iPhone américain. »
Tout en reconnaissant certains mérites à la TVA sociale, dont celui de « faire financer une partie » de la Sécurité sociale « par les consommateurs et non plus par les seuls travailleurs », Emmanuel remarque avec ironie que « dire qu’on va prendre aux retraités [qui consomment la plus grande part de leur revenu, ndlr] pour donner aux smicards [qui bénéficient des baisses de charges, ndlr] n’est pas un slogan très prometteur »... Mieux vaut « exploiter le mercantilisme crasse de l’électorat, à coup de lamentis sur l’air du ’travail qui s’en va dans d’autres pays’. »
En un mot, ce n’est pas cette mesure protectionniste qui va financer la protection sociale française, comme l’explique fort bien le chercheur Henri Sterdyniak, spécialiste de l’économie de la mondialisation, sur le blog du centre de recherche en économie de Sciences Po. Celui qui devra payer, c’est le consommateur français.
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Voilà les arguments ministériels rhabillés pour l’été (avec des T-shirts chinois). Alors à quoi peut bien servir ce que Versac appelle non sans malice “cette mesure providentielle qui court tous les lièvres à la fois (les délocalisations, le financement de la solidarité, le chômage, tout ça, coco)” ? 
“Si, la TVA sociale peut être juste ! ‘, clame Etarcomed (Elucubrations publiques) : si on a un souci d’aider les gens les moins aisés, il est tout à fait possible de faire une TVA sociale variable. Faible sur les produits de première nécessité, forte sur les produits de luxe. On introduit donc une forme de progressivité de l’impôt le faisant peser plus sur les revenus les plus élevés.’
Un outil intéressant, mais à manier avec prudence donc. Chez les observateurs européens, on assiste avec circonspection aux nouvelles orientations françaises. Quand les Allemands ont augmenté leur TVA, les Français ont pesté contre leur politique de ‘pillage des voisins’, remarque l’économiste allemand Sebastian Dullien (Eurozone Watch), avant de leur emboîter le pas. Peut-être le début d’un mouvement à l’échelle européenne, ‘l’Italie et le Portugal étant les plus suspects d’être les prochains’.
A lire :
La TVA sociale, premier vrai couac du nouveau pouvoir
Nicolas Sarkozy forcé de recadrer ses ministres.
► Sur le volet d’une fenêtre lu par Pascal Riché.
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Une mauvaise réponse à une bonne question ?
Il est sans doute juste d’arrêter de vouloir financer la solidarité nationale (sécurité sociale, retraite, chômage...) par des prélèvements assis sur les seuls salaires.
Il est cependant étonnant (enfin, si on veut !) que la solution proposée soit si orientée ...
Enfin, qui paye de la TVA ? Celui qui consomme des biens ou des services. Et qui consomme ces biens ou ces services ? Principalement, les retraités et les personnes gagnant le moins qui sont ceux qui, proportionnellement consomment le plus.
Et qui ne paye pas de TVA ? Celui qui cède son entreprise, celui qui vend ses actions, ses stocks-options, son immeuble... Celui-là en effet paye ... de la CSG et de la CRDS qui sont eux assis sur les revenus du patrimoine, contrairement à la TVA...
Alors si la question de la baisse des « charges » sociales (on devrait dire « cotisations », mais les mots ne sont pas choisis au hasard) est une bonne question, on devrait y répondre par une augmentation de la CSG qui est un impôt qui touche quasiment l’intégralité des revenus et qui est donc beaucoup plus juste... Mais, le gouvernement préfère évidemment ne pas évoquer cette possibilité qui coûterait beaucoup plus à ceux qui possèdent du patrimoine et qui constituent évidemment son électorat privilégié.
On pourrait même se dire que le gouvernement choisirait ainsi de faire financer par les « petites gens » les cadeaux accordés (bouclier fiscal, suppression de l’impôt sur les successions...) à ceux qui possèdent déjà beaucoup . Sarkozy, le nouveau Robin des bois, celui qui prend aux pauvres pour donner aux riches !




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