Les supporters du PSG en colère contre le « dédain » du président
Supporters évincés, supporters contestataires, supporters écœurés. Ce samedi la rencontre PSG-Monaco a des allures de PSG-OM, avec 1 000 policiers et 700 stadiers mobilisés pour contrôler les ex-abonnés des tribunes Auteuil et Boulogne. Les parias du Parc vont se noyer dans la masse des spectateurs pour faire entendre leur colère.
Une chose est sûre, l’ambiance, qui avait déserté le Parc des Princes depuis le début de la saison, sera bien là. Rendez-vous a été pris samedi à 19 heures par SMS, via les forums Internet et sur les réseaux sociaux. Ils seront 1 000, 2 000 ou 5 000, membres des associations dissoutes et habitués des tribunes latérales à rompre le boycott, non pour soutenir leur équipe mais pour se faire entendre.
Comme lors du déplacement à Valenciennes ils hurleront et chanteront « Leproux démission », pour dénoncer le plan « machiavélique » du président du PSG. Une « démonstration de force » qui se veut « pacifique et festive ».
« Sur la sécurité, Leproux a fait un boulot extraordinaire, mais... »
Le dirigeant contesté a annoncé lundi la reprise des abonnements au Parc des Princes. Ils se feront de manière aléatoire : le spectateur achètera une place pour le reste de la saison, mais sans savoir s’il sera placé dans la tribune Auteuil ou Boulogne.
Leproux entérine ainsi des mesures prises après la mort d’un homme au printemps dernier lors d’affrontements entre ultras des tribunes rivales.
Le placement sera le même jusqu’à la fin du championnat. Chaque supporter qui se soumettra à cette règle pourra être accompagné de quatre autres abonnés. Le prix de cet abonnement est d’un peu moins de 100 euros. La plupart des représentants de ces derniers ont décliné la proposition.
Dans un entretien à So Foot, Alain Cayzac, ancien président du cub, ménage la chèvre et le chou :
« D’un point de vue sécurité, Robin Leproux a fait un boulot extraordinaire. On ne peut rien lui reprocher quand on regarde le résultat. Mais sur la ferveur, ce n’est pas celle que je recherche. Et la fréquentation est en baisse. »
Nous publions ici deux réactions de supporters qui « manifesteront » au Parc samedi. Le témoignage de Yves Jamet, 42 ans, un « Auteuil » irréductible et révolté, et une lettre ouverte de Daniel, un « Auteuil » plus conciliant mais amer.
Yves : « On a toujours été derrière eux »
« Les gens comme moi, on a tout connu, les titres de champion, les années où on a failli descendre en deuxième division. On a toujours été derrière eux. On ne va pas lâcher l’affaire. Comment on lâcherait ?
Il y a des raclures (dans la presse) qui parle d’assainissement du stade, assainissement des » fachos » de la tribune Boulogne, et des « racailles » dans celle d’Auteuil. C’est avaliser le principe d’une punition collective, d’une augmentation des tarifs qui exclut socialement.
C’est la première fois depuis 1980 que je ne vais pas au Parc. Un petit groupe a décidé de partir au Paris FC. D’autres font les déplacements hors du circuit officiel du club (qui font un vrai flop).
C’est interdit, mais grâce à la solidarité des supporters des autres clubs qui se disent que ça pourrait leur arriver, on réussit à acheter des places. On était 400 à Valenciennes, et ça s’est bien passé. »
A l’issue de la saison 2009-2010, Aurélie Champagne et Anne Thomes avaient rencontré Yves :
« Le PSG sera toujours le PSG, il y aura toujours des problèmes au cours de saison. » (Voir le diaporama sonore)
Daniel : « Vous avez trahi les supporters historiques de ce club »
« M. Leproux, au nom de la lutte contre la violence (il est évident que la volonté d’éradiquer ce problème qui colle aux crampons du PSG comme un vieux chewing gum ne se conteste en aucun cas) et donc du respect d’autrui, vous avez vous-même manqué de respect, voire fait preuve d’ostracisme envers une population à laquelle j’appartiens, et ce, à deux reprises en quelques mois.
Donc, tu es un hooligan
Je suis un simple ex-abonné de la tribune Auteuil : vingt-huit ans d’abonnement et près de 700 matchs au compteur. J’ai vécu, en compagnie de quatre amis au pedigree similaire, les heurs et malheurs de notre club dans cette tribune populaire et devenue, au fil des années, vibrante et parfois incandescente.
Une telle fidélité aurait dû nous attirer du respect et de la considération. Nous n’avons reçu qu’ignorance et dédain, classés dans la catégorie “délinquant” sans autre forme de procès.
C’est toujours sympa de s’entendre dire “tu es abonné en tribune Auteuil, donc tu es un hooligan” quand on a passé la quarantaine, qu’on est père de famille, sans casier judiciaire et avec tous ces points sur son permis de conduire !
Une vraie catastrophe en terme d’ambiance
Nous avons longtemps hésité à ne pas nous réabandonner pour marquer notre désaccord face à ce traitement. Puis, nous nous sommes dit que le club et l’amour de nos couleurs (et aussi la galère pour acheter des billets match par match !) étaient plus forts qu’un dirigeant pratiquant le traitement sans discernement.
Et puis, il faut bien avouer que pour une fois qu’un président faisait preuve de courage dans ce domaine, il méritait tout de même notre soutien.
Nous avons donc émigré vers la tribune H, le tout pour 650 euros pour la saison (tarifs les plus bas proposés aux bannis et deux fois plus cher qu’à Auteuil !), pour vivre un excellent début de saison sportif mais une vraie catastrophe en terme d’ambiance.. Cela m’a rappelé les années 80 !
Le sentiment que vous vous foutez de nous
Aujourd’hui, sous la pression des groupes de supporters et d’un parc sonnant le creux (comme la caisse des recettes billeterie ?), vous rouvrez les abonnements en virages.
Au final, j’ai simplement le sentiment que vous vous foutez de nous (cochons de payeur !) et que vous avez trahi les supporters historiques de ce club (au-dela de notre petit groupe, il est facile en tribune H d’identifier les dizaines d’ex-Auteuil) au motif qu’ils appartiennent à une tribune dans laquelle une minorité se sont livrés à des actes de violence. »
- Sur Rue89Les supporteurs du PSG : « Non au châtiment collectif »
- Sur sofoot.comSur SoFoot, l'entretien de l'ancien président du PSG, Alain Cayzac
- Sur liberte-abonnes.comLe site de "Liberté pour les abonnés"
- Sur liberte-abonnes.comLe communiqué appellant à un rassemblement
- Sur rue89.comTous nos articles sur le PSG
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Théoricien de la vie des autres
Théoricien de la vie des autres
Deux choses :
- Blandine Grosjean , avez-vous reçu une fin de non-recevoir de la part d’un supporter de la tribune Boulogne ou est-ce que le choix de ces deux itwés est délibéré ? Je ne vois pas non plus le nom du collectif qui est au coeur de l’affrontement avec Leproux : Liberté pour les abonnés. Enfin, je trouve que votre article manque de fond quant au déroulé des « négociations » entre dirigeant et asso de supporter : Voici un lien qui relate les évènements du côté de Liberté Pour les Abonnés : Lien
- Deuxième chose : Je suis supporter Lensois et vraiment attristé de voir comment les supporters sont traités à Paris. Ce club reflète depuis qq années tout ce que je déteste dans le football : dirigeants qui ne sont pas des passionnés mais des machines à faire du fric, sous couvert de Colony Capital, fond d’investissement américain qui fait avant tout des placements, et non de véritables investissements dans le football.
Qu’on le veuille ou non, la mort d’un supporter de Boulogne l’an dernier a été une bénédiction pour Leproux : Partir d’un fait divers pour entreprendre des opérations sécuritaires et ultralibérales qui vont dans le sens du consumérisme, et cela au détriment du passé » , Un peu comme la stratégie du choc de Naomi Klein.
Opération coup de poing qui a comme objectif de libérer les tribunes de « supporters » fidélisés, peu consuméristes et qui font peur pour les remplacer par des « spectateurs », qui ne chantent peut être pas mais qui consomment. Leproux a tablé sur des pertes de 5 millions d’euros cette année en matière d’entrée d’argent en billetterie, opération vite rentabilisée dans les années à venir si les résultats sportifs suivent et attirent des gens...et des investisseurs.
Je ne dis pas qu’il y avait pas de problèmes à Paris, qui est un cas spécifique en France (cette affirmation émane du livre blanc du supporterisme demandé par le ministère de la jeunesse et des sports), mais la façon dont c’est passé le dialogue entre dirigeants et supporters est indigne.
Je suis sur que certains vont répondre que le football est suivi par des abrutis mais derrière les chants, les animations, les déplacements, la gestion, il y a des associations et des hommes qui se démènent ensemble. Et œuvrer ensemble pour une même passion est une cause noble. Même si cela n’est que du bête football.




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