Tribune 14/12/2010 à 17h08

Le cahier de textes numérique, c'est Big Brother en classe

Bernard Girard | Enseignant blogueur


Nicolas Sarkozy visite une école à Périgueux, le 15 février 2008 (Régis Duvignau/Reuters).

Comment surveiller dans les moindres détails, à tout instant, le déroulement d’un cours, les supports pédagogiques, les activités des élèves, les contrôles et évaluations, tout au long de la semaine, du trimestre, de l’année ?

Ce vieux rêve inquisitorial est en train de prendre corps à partir d’une simple circulaire, parue au Bulletin officiel de l’Education nationale du 9 septembre, qui règlemente en quelques lignes le cahier de textes numérique dont chaque établissement scolaire devra se doter pour la rentrée 2011.

Jusqu’à présent, tous les enseignants étaient tenus de renseigner le cahier de textes papier censé présenter, pour chaque classe, les activités pratiquées dans les différentes disciplines.

La circulaire qui en précisait les modalités remontant à un demi-siècle en arrière (3 mai 1961), les enseignants choisissaient massivement de l’ignorer, attitude d’autant plus compréhensible que ce cahier de textes n’avait d’autre fonction que de permettre un contrôle tout ce qu’il y a de plus formel de l’administration lors des non moins formelles visites d’inspection émaillant la carrière de l’enseignant.

Les récriminations des inspecteurs sur le cahier de textes de la classe faisaient traditionnellement partie du rituel.

Davantage de travail pour les enseignants

Avec le cahier de textes numérique, par un de ces détournements auxquels l’informatique nous a habitués, la charge de travail des enseignants se voit notablement alourdie sans qu’un quelconque bénéfice en soit attendu pour les élèves.

Pour chaque cours en effet, le cahier de textes devra mentionner « le contenu de la séance et, d’autre part, le travail à effectuer, accompagnés l’un et l’autre de tout document, ressource ou conseil à l’initiative du professeur, sous forme de textes, fichiers joints ou de liens [...]. Les travaux donnés aux élèves porteront, outre la date du jour où ils sont donnés, l’indication du jour où ils doivent être présentés ou remis par l’élève ».

On respire : pour l’instant, l’heure et la minute ne sont pas exigées. Bien sûr, « les textes des devoirs et des contrôles figureront au cahier de textes, sous forme de textes et de fichiers joints. Il en sera de même du texte des exercices ou des activités lorsque ceux-ci ne figureront pas sur les manuels scolaires ».

Cette liste n’oublie pas non plus de prendre en compte les travaux de groupes ou de « sous-groupes d’élèves » (sic) pour lesquels « le contenu des activités spécifiques sera mentionné dans le cahier de textes ».

Avec cette énumération digne d’Ubu, arrêtée par une haute administration qui ne connaît manifestement rien au quotidien de la classe, le cahier de textes numérique demandera bientôt davantage de travail aux enseignants que la préparation des cours.

Parents et chefs d’établissement virtuellement en classe

Ce nouveau support ne dispensant pas « chaque élève de continuer à tenir un cahier de textes individuel », comme le précise la circulaire, il n’est pas nécessaire d’en chercher longtemps la finalité, ce dont d’ailleurs nul ne fait mystère.

Ce cahier de textes « sera à la disposition des personnels de direction et d’inspection », ce qui ouvre la porte à l’intrusion des chefs d’établissement dans un domaine qui n’est pas de leur ressort.

Il pourra également être consulté « par les enseignants, les conseils d’enseignement, le conseil pédagogique, les conseils de classe [...] », avant d’être archivé pour une durée de cinq ans, voire davantage selon le bon plaisir du chef d’établissement.

Aussi bien qu’une caméra de surveillance : avec le cahier de textes numérique, les chefs d’établissement comme les parents seront ainsi virtuellement présents dans les classes, à chaque cours, tout au long de l’année.

Un outil au service de la suspcion de l’administration

Cette nouvelle lubie de l’Education nationale n’arrive pas maintenant par hasard. Sans rapport avec un projet pédagogique ou éducatif bien pensé, dans lequel les parents peuvent avoir leur part, elle n’est pas liée à une légitime préoccupation d’améliorer l’efficacité du système.

Le cahier de textes numérique apparaît comme le dernier avatar -mais sans doute pas l’ultime- d’une volonté politique de surveillance qui se manifeste déjà dans le contrôle des élèves, à travers le très controversé fichage informatique, la vidéosurveillance ou la répression de l’absentéisme.

Cet outil extravagant donne à l’administration un pouvoir sur les enseignants à la mesure de la suspicion qu’ils lui inspirent, un pouvoir qu’elle n’a jamais eu jusqu’à présent et qu’elle aimerait d’ailleurs partager avec les chefs d’établissement.

Il s’inscrit d’une certaine façon dans le projet présidentiel de l’UMP qui prévoit de donner à ces derniers la possibilité « de rentrer dans les classes pour en extirper » les éléments douteux.

Avec le cahier de textes numérique, Big Brother fait son entrée dans les salles de classe. Et pour arriver à cette fin, il suffit d’une simple circulaire signée benoîtement, l’air de ne pas y toucher, par le directeur général de l’enseignement scolaire, sous le regard bienveillant de son ministre de tutelle.

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  • stupidboy59
    stupidboy59
    Fines plaisanteries
    • Posté à 17h15 le 14/12/2010
    • Internaute 124816
      Fines plaisanteries

    Faut voir le bon côté des choses...

    Les parents vont pouvoir suivre le travail
    de leurs enfants.

    Quoi ? Pourquoi vous rigolez comme ça ?

    L’avantage avec les cahiers de textes analogiques
    c’est que les élèves les niquent dés les premières
    semaines. On les rafistole le jour de l’inspection, et
    on les truffe de séances de « foly » comme les steurs
    les aiment.

    • paumahu
      paumahu répond à stupidboy59
      désabusée
      • Posté à 22h09 le 14/12/2010
      • Internaute 69240
        désabusée

      En ce qui me concerne, j’ai réglé le problème, je ne remplis pas plus le numérique que son pote, la version papier.
      L’inspecteur ? Ben pour qu’il lise le cahier de texte numérique, il faut lui imprimer. Fastidieux...si Pronote (le logiciel plus ou moins obligatoire) ne plante pas ce jour là, ce qui serait étonnant. Avec le numérique, le cahier de textes, il se nique tout seul, c’est magique !

      • stupidboy59
        stupidboy59 répond à paumahu
        Fines plaisanteries
        • Posté à 23h31 le 14/12/2010
        • Internaute 124816
          Fines plaisanteries

        Monstre ! Pirate ! Boucher !

        C’est tellement important... Quel cynisme..

        En plus Pronote c’est du fiable, c’est du lourd ! !

        « il se nique tout seul, c’est magique ! »
        m’a fait sourire, tellement vrai..

         
        • Teberli
          Teberli répond à stupidboy59
          Enseignant
          • Posté à 04h31 le 15/12/2010
          • Expert 48108
            Enseignant

          L’enseignant aussi il se Nich tout seul : plus de temps pour Big B C moins de temps pour parler avec les collègues et penser.
          Big B, tranquille, dispose aussi de visagelivre, des matches à la télé, des péripéties des primaires au sein des partis de droitecentregauchelibérale, des frasques de tel ou tel chaud-politicien, de la neige en hiver et des émissions de cuisine ( pas électorale, l’autre, la vraie, celle des produits naturels cultivés aux pedticides et herbicides, celle des produits OGM)

          Big B dispose aussi d’une armée de cadres, de journalistes, de petits et gros patrons, de leaders syndicaux partenaires compréhensifs, de technocrates et d’inspecteurs aux ordres.... TRANQUILLE ... Sauf que les cahiers ne sont pas que « de texte » , ils sont aussi de revendications et que les citoyens ne sont pas tous des consommateurs de daube démocraticolibéraleavancée prêts à veauter au lieu de tout prendre en main.

        • paumahu
          paumahu répond à stupidboy59
          désabusée
          • Posté à 11h10 le 15/12/2010
          • Internaute 69240
            désabusée

          20 ans d’éducation nationale m’ont rendue en effet assez cynique. Effet collatéral de la médiocrité (je suis top gentille) de nos ministres successifs et de leurs sous fifres. Heureusement, il reste les élèves qui sont les seuls à bien souvent me surprendre agréablement.

        2 autres commentaires
      • 01zebu01
        01zebu01 répond à paumahu
        enseignant
        • Posté à 16h22 le 15/12/2010
        • Expert 70940
          enseignant

        Excellente façon de faire ! c’est comme cela que nous devrions tous agir, s’ il y avaient moins de frileux ...

    • Oudinot
      Oudinot répond à stupidboy59
      llanoddr yffr â gastell caedidd (...)
      • Posté à 16h12 le 15/12/2010
      • Internaute 24903
        llanoddr yffr â gastell caedidd (...)

      et surtout c’est déja en vente (euh pardon) utilisé dans plusieurs pays alors il faudrait que nous restions en retard ? non ? c’est pourquoi avec le gouvernement nous avons décidé d’équiper les écoles avec le cahier de textes numérique.

      (argument et élément de langage généralement utilisé par les membres du gouvernement pournous faire avaler des couleuvres (taser, tests génétiques, loppsi, Hadopi et j’en passe)

  • fdrebin
    fdrebin
    Dilettante doué
    • Posté à 17h18 le 14/12/2010
    • Internaute 78377
      Dilettante doué

    [Air indigné, vive agitation, tête légèrement penchée vers l’arrière, main sur le front]

    Quoi ? Moi, l’Enseignant, le seul maître de ma classe après Dieu (non, même pas, Dieu n’a rien à faire dans une école laïque !), je vais devoir rendre des comptes à mon inspecteur, pire, à mon chef d’établissement ou même, affreuse intrusion dans ma sacro-sainte « liberté pédagogique », aux élèves et - horreur suprême - à leurs parents ! ?

    J’aime aussi votre mauvaise foi quand vous passez sous silence un passage intéressant de la circulaire :

    Lien

    « Le cahier de textes de classe [...] assure la liaison entre les différents utilisateurs. Il permet, en cas d’absence ou de mutation d’un professeur, de ménager une étroite continuité entre l’enseignement du professeur et celui de son suppléant ou de son successeur. »

    • Loup de Nissac
      Loup de Nissac répond à fdrebin
      Nietzschopathe
      • Posté à 17h22 le 14/12/2010
      • Internaute 130344
        Nietzschopathe

      Ce que je ne comprends pas, pour ma part, c’est qu’il soit possible d’accorder des crédits pour des gadgets, précisément, quant par ailleurs on ne le fait pas pour maintenir des écoles ouvertes dans de nombreux endroits en France ou tout bonnement pour donner aux établissements le personnel nécessaire qui fait donc cruellement défaut...

      Bien à vous

      • julienE
        julienE répond à Loup de Nissac
        producteur
        • Posté à 17h30 le 14/12/2010
        • Internaute 116770
          producteur

        C’est loin d’être un gadget, vous ne semblez pas avoir mesuré l’ampleur de la révolution internet et de ses conséquences dans les activités des jeunes notamment.

         
        • Loup de Nissac
          Loup de Nissac répond à julienE
          Nietzschopathe
          • Posté à 17h37 le 14/12/2010
          • Internaute 130344
            Nietzschopathe

          Heu...je ne sais si votre réponse est sur un mode ironique (à priori, je ne crois pas) mais pour avoir travailler de nombreuses années à l’Education nationale, j’ai pu constater une assez grande méconnaissance d’un ordinateur pour ne pas aller plus loin.

          Toutefois je vous accorde les conséquences que vous évoquez... seulement au vu de l’état dans lequel finissent beaucoup de cahier de texte à la fin de l’année, je crains pour l’état futur nos bourses de contribuable (lol) et comme je le disais entre autre j’aurais préféré que les crédits soient accordés à des choses plus indispensables....voili voilou

          Bien à vous

          • julienE
            julienE répond à Loup de Nissac
            producteur
            • Posté à 17h43 le 14/12/2010
            • Internaute 116770
              producteur

            Ma réponse n’est pas ironique, faites confiance aux jeunes, il y en a aussi à l’Education Nationale.

            • Loup de Nissac
              Loup de Nissac répond à julienE
              Nietzschopathe
              • Posté à 17h50 le 14/12/2010
              • Internaute 130344
                Nietzschopathe

              Tout à fait ! ; -)

              Seulement même s’il ne s’agit que de ma propre expérience : que ce soit un collège ou un lycée, je devenais le dépanneur officieux de nos ados....d’ailleurs, j’exprime encore à cet instant mon étonnement car j’imaginais qu’ils étaient plus doués que « nous autres » de la tranche des 30-40 ans.....mais encore une fois, il est vrai que ce n’est que ce n’est que mon expérience et ne peut être, de ce fait, généralisable...

              Bien à vous

              • Malavita
                Malavita répond à Loup de Nissac
                Pfff...
                • Posté à 21h46 le 14/12/2010
                • Internaute 116342
                  Pfff...

                Je confirme, effectivement, les élèves ne savent pas se servir d’un ordinateur. Exemple, tout bête, cette après-midi, des élèves (de lycée) ont déformé des images en voulant les agrandir et alors que je leur avais déjà montré ! Le B2i collège n’est-il pas validé par pure formalité, sans connaître le niveau ? (le B2i lycée aussi et beaucoup d’autres choses...)

                Sinon, dans mon lycée, nous avons le cahier de texte numérique, que je remplis (alors que je ne le faisais pas sur papier, attrait de la nouveauté ?) en fin de semaine pour tous les cours mais je ne joint pas mes documents, juste les références. D’ailleurs, joindre les documents impliquent des serveurs puissants ! L’éducation nationale les a-t-elle ?

                En tout cas, cela me fais bien rire, quand j’entends dire que le cahier de texte est fait pour les élèves... Aucun des miens ne va le voir et ont perdu leurs codes d’accès... Papier ou numérique, cela ne change pas sur ce point...

                • nonova
                  nonova répond à Malavita
                  observateur participant
                  • Posté à 16h42 le 15/12/2010
                  • Internaute 106356
                    observateur participant

                  « effectivement, les élèves ne savent pas se servir d’un ordinateur. ... alors que je leur avais déjà montré ! “

                  Parce qu’il suffit de montrer une fois pour que quelqu’un sache re-faire ?

                  • Malavita
                    Malavita répond à nonova
                    Pfff...
                    • Posté à 17h54 le 15/12/2010
                    • Internaute 116342
                      Pfff...

                    Bien sûr que non mais nous allons au moins une fois par semaine en salle informatique depuis le début de l’année (avec moi car les collègues le font aussi) et je leur répète les mêmes choses à chaque fois. Or nous sommes en décembre et ils ont 16-17 ans !

                    • lancetre
                      lancetre répond à Malavita
                      • Posté à 22h42 le 15/12/2010
                      • Internaute 18658

                      « Mais même Dan Brown ou Marc Levy, y’a plus de cent mots de vocabulaire, on sera encore à lire la préface même après l’hiver... »

                      Fatals Picards, La sécurité de l’emploi.

                       : -)))

                • BobCat
                  BobCat répond à Malavita
                  observateur
                  • Posté à 18h59 le 15/12/2010
                  • Internaute 71310
                    observateur

                  mais je ne joint pas mes documents, juste les références . . . joindre les documents impliquent des serveurs puissants

                  C’est là où l’on s’aperçoit qu’il y a (un peu ? ? ?) de la démagogie dans cette circulaire.

                  1 . Laisser les productions personnelles des professeurs, accessibles à tous sur la toile ? Le problème n’est pas « l’accès sécurisé » , cela est litéralement ridicule. Mais il est question par exemple de droit d’auteur, [Ctrl C] , [Ctrl V] . . .

                  2 . Les profs utilisent souvent des logiciels spécifiques pour leurs documents (construction, schémas, études marketing ...) et si le document ne peut être ouvert qu’avec ces logiciels, à quoi cela sert-il d’encombrer le serveur avec ? D’ailleurs, combien d’élèves revoient chez eux, le soir venu, le travail de la journée ?

                  3. Dans un lycée moyen de 1000 élèves, il faut déjà un réseau assez conséquent pour faire TOUT se communiquer (salles informatiques, postes spécifiques, postes dans salles de cours, équipements [systèmes] pédagogiques, bureaux . . . ) et l’éducation nationale est - elle en mesure d’investir pour que déjà en interne, le réseau du lycée fonctionne, et que ce réseau soit accessible depuis l’extérieur et en état de satisfaire à tout moment les besoins de connexion ?

                  4 . Déjà pour saisir sur le réseau, les absences / retards, les notes, les appréciations . . . les professeurs semblent passer plus de temps devant un terminal « qui rame, qui rame », que lorsqu’ils « passent leurs cours » ! Et il faudra qu’ils saisissent aussi le cahier des textes, les documents joints ... n’est - ce pas : « a little bit too much » pour reprendre l’expression d’un entraîneur footballistique marseillais ?

                  5 . Sachant que c’est parce que l’élève ne remplit pas son cahier des textes « papier » (personnel) pour que les parents y prennent connaissance du contenu de la journée, que le cahier des TXT en ligne est mis en place, il est loisible de supprimer le cahier des textes papier élève, puisque c’est au prof de faire le boulot (à l’attention des parents) !

                  6 . Puisque les « documents », exercices, devoirs . . . sont disponibles en ligne, les « absentéistes » n’ont qu’à y « copier / coller » les documents, et ce qui est à faire, sans nécessité de « venir en cours » (tout lui est estr fourni à domicile tout frais pondu sur un plateau d’argent).

                  7 . En fait à terme, puisqu’il faut sauvegarder pour au moins cinq ans les documents, il n’y aura plus besoin de « présence en chair et en os » du professeur,.Une vidéo du prof dispensant son cours devrait suffire. Et les questions des élèves à poser en ligne, ou par mail. Chaque élève « podcaste la vidéo » chez soi, les documents du cours sont disponibles en ligne. Cela évite les bavardages par effet de groupe, et les élèves qui veulent bosser, ne sont pas perturbés par ceux « qui n’en ont rien à f . . .aire ! »

                  8 . Tous, tout et tout le monde y gagne(nt) . . . pourquoi vous souriez ? . . . Si si ! . . . Economies tous azimuths, rentabilité élevée des dépenses de salaires de fonctionnaires (ces parasites qui grèvent le déficit de l’état). . . C’est dans l’air du temps. Les chers bambins restent chez eux, sous la responsabilité des parents, qui auront tout loisir de « suivre » de très près le travail de leurs rejetons.

                  Ouf, enfin, chacun son travail !

                  - Le prof (télé)transmet le savoir, apporte ses conseils, établit des relations personalisées de confiance, trouve l’occasion d’individualiser les aides et les soutiens, d’adapter la pédagogie, envers ceux qui veulent réellement progresser. Et le prof aura sans doute alors le temps d’accomplir les tâches administratives qu’on lui impose.

                  - Tandis que les parents seront face à leurs véritables responsabilités de géniteurs-éducateurs- répondants légaux...

                  M’enfin, j’ dis cela . . . c’est aux prof aussi de s’exprimer hein ? !

                • patisson
                  patisson répond à Malavita
                  riverain
                  • Posté à 21h29 le 15/12/2010
                  • Internaute 108284
                    riverain

                  tout à fait,
                  la plupart du temps les élèves ne prennent pas la peine de consulter les supports qu’on leur met à disposition sur les serveurs. seuls les plus motivés et les plus sérieux vont consulter lesdits sites.
                  Personnellement je ne remplis pas toujours le cahier de texte, par manque de temps, parce que le système plante (impossible de donner un devoir à réaliser à plus d’une semaine d’échéance), par manque d’outil disponible (7 pc en salle des profs et une 100 taine de profs) les ordis sont obsolètes : 10’ pour le boot, 5’ pour afficher la page d’accueil du site pour faire l’appel. bref 15’ perdues sur un temps de 55’ soit 27% du temps destiné à faire cours gaspillé à des tâches administratives. il est beau le progrès !
                  avant 30 secondes pour faire l’appel sur papier suffisait et 3 à 5’ pour écrire son compte rendu. et si on était pas trop con 30 secondes juste pour coller une bandelette avec le compte rendu du cours déjà imprimé.
                  bref on va encore devoir gaspiller de l’énergie à justifier notre travail auprès des grands y’qu’à, alors qu’ils sont incapables eux mêmes de comprendre ce qu’est un gosse ils ne savent pas comment il fonction, comment il faut l’aborder pour lui permettre de lui transmettre les différents savoirs.

                  • Malavita
                    Malavita répond à patisson
                    Pfff...
                    • Posté à 22h59 le 15/12/2010
                    • Internaute 116342
                      Pfff...

                    Les ordinateurs en salle des profs sont rapides (avantage d’être en LP tertiaire avec des gros moyens en informatique et des collègues qui font des merveilles sur le réseau) mais peu nombreux. Par contre, on bénéficie de quelque chose de plus vicieux... un cahier de texte accessible de chez nous ainsi que les bulletins ! Donc pas de problèmes de connexion...
                    Seulement, quand quelqu’un résilie l’abonnement, le basculement sur le serveur du lycée ne se fait pas et le tout bien sûr en pleine semaine de conseils de classe, sinon ça n’aurait pas été drôle !

          • Lictor
            Lictor répond à Loup de Nissac
            informaticien
            • Posté à 17h53 le 14/12/2010
            • Internaute 68450
              informaticien

            « pour avoir travailler de nombreuses années à l’Education nationale, j’ai pu constater une assez grande méconnaissance d’un ordinateur pour ne pas aller plus loin. »

            C’est tout de même un vrai handicap dans un monde où il devient quasiment impossible de trouver un boulot qualifié sans utiliser l’outil informatique... Même dans les métiers artistiques, comme acteur, un minimum de maîtrise de l’outil devient indispensable.
            Il n’est donc pas vraiment déraisonnable de demander à cette profession d’évoluer un peu...

            Après, effectivement, ça à un coût. Pas forcément du côté de l’appareillage électronique d’ailleurs. Le budget par élève et par an est colossal au collège et au lycée en France (8k€ pour les premiers, 10k€ pour les seconds). C’est pas un machin à 500€ par promotion amorti sur 3 ans qui va changer grand chose.
            Mais le gros du coût risque d’être côté développement logiciel et serveurs, ce genre de projet est invariablement confié aux grosses SSII qui se goinfrent un bon coup sur l’argent du contribuable.

            Dans le même genre, le cartable électronique serait vraiment un gros plus. Certes, c’est cher, mais quand on voit le budget que la sécu engouffre pour traiter les problèmes de dos, il y aurait probablement une économie au final...

            • Loup de Nissac
              Loup de Nissac répond à Lictor
              Nietzschopathe
              • Posté à 18h03 le 14/12/2010
              • Internaute 130344
                Nietzschopathe

              Vous n’avez pas tord pour ce qui est de faire évoluer cette profession, quoique mon propos ne reposait pas sur les professeurs, mais je reste dubitatif....

              La raison en est qu’au vu de l’état dans lequel finissent un grand nombre d’outils scolaires à la fin de l’année, je me demande si « le machin à 500€ » ne va pas devenir un gouffre ou une usine à gaz comme le remarque un autre riverain car après l’achat par l’État de ces « objets » (oui aussi, c’est beau ! lol) qu’en restera-t’il dans la pratique....

              Bien à vous

              • Lictor
                Lictor répond à Loup de Nissac
                informaticien
                • Posté à 18h23 le 14/12/2010
                • Internaute 68450
                  informaticien

                Oui, je sais qu’entre la théorie et la pratique, il y a un monde : j’ai vécu en tant qu’élève le plan « informatique pour tous », et on avait beaucoup ri à l’époque.

                N’empêche que si on essaye rien, on est sûr de ne rien obtenir. Et que dans ce domaine, il faut essayer beaucoup pour arriver un peu.

                Par exemple, la situation de l’informatique au lycée est tout de même meilleure aujourd’hui qu’à mon époque.

                • Loup de Nissac
                  Loup de Nissac répond à Lictor
                  Nietzschopathe
                  • Posté à 18h41 le 14/12/2010
                  • Internaute 130344
                    Nietzschopathe

                  Je suis d’accord pour dire qu’il ne faut pas s’empêcher d’innover, de créer mais sans vouloir reprendre tous les arguments d’autres riverains, je ne suis pas sûr de la pertinence de cette « innovation », dans la mesure où elle n’apporte pas grand chose à la version papier sauf pour ceux qui s’y connaissent déjà un peu (je parle toujours des élèves, les profs, c’est encore autre chose) et qu’au final, les crédits déboursés ici auraient sans doute été plus utiles ailleurs....

                  M’enfin, le gros doute demeure et je souhaite que l’avenir vous/nous donne une réponse constructive et donc utile à tous....

                  Bien à vous

            • BlackScholes
              BlackScholes répond à Lictor
              Etudiant
              • Posté à 20h54 le 14/12/2010
              • Internaute 116349
                Etudiant

              Certains ont trouvés la parade : ils payent un enseignant une misère pour gérer un parc informatique de plusieurs centaines d’ordinateurs. Le pauvre tentera bien de refiler la patate chaude, mais bon il y a peu d’informaticiens parmi ses collègues. Et au final il s’exécutera par peur de pénaliser les élèves.

              Par contre, pour les logiciels il existe suffisament de logiciels libres pour faire déjà pas mal de choses (sauf besoin spécifique bien sûr).

              • Lictor
                Lictor répond à BlackScholes
                informaticien
                • Posté à 11h07 le 15/12/2010
                • Internaute 68450
                  informaticien

                Les logiciels libres ne sont pas gratuits :
                - certains sont réellement payant à l’achat, libre ne veut pas dire gratuit ! Par exemple, il y a des versions payantes de MySQL (enterprise)...
                - il faut les choisir - donc payer une entreprise pour faire une étude
                - il faut former les gens dessus
                - il faut les installer
                - il faut payer une entreprise pour la maintenance
                - il faut les modifier pour les adapter au besoin - ce qui est indispensable pour ce dont on parle !

                Le coût final n’est de toute façon pas très différent du propriétaire. Pour un logiciel de gestion de cahier comme celui-ci, il s’agit de toute façon d’un développement spécifique. Il sera effectivement probablement fait à partir de briques libres (PHP, Java, Apache, moteur Wiki ou CMS...) mais c’est loin d’être gratuit pour autant !

                • BlackScholes
                  BlackScholes répond à Lictor
                  Etudiant
                  • Posté à 13h34 le 15/12/2010
                  • Internaute 116349
                    Etudiant

                  Certes, libre ne veut pas dire gratuit. Mais en l’occurence je doute qu’une version MySQL payante soit nécessaire. De plus je parlais des logiciels en général pas de ce besoin spécifique qu’il nécessitera sans doute un developpement.

                  Je doute cependant que cela soit très couteux. Une banale appli web suffira, qu’une JE quelconque se fera un plaisir de vous faire pour une somme pas très importante à l’échelle d’une académie.

                  • Lictor
                    Lictor répond à BlackScholes
                    informaticien
                    • Posté à 14h12 le 15/12/2010
                    • Internaute 68450
                      informaticien

                    « Une banale appli web », ça peut coûter plusieurs millions d’euros à développer selon ce qu’on met dedans ! Ça veut tout dire et rien dire...
                    Et faire développer ça par une JE, c’est la meilleur façon de faire exploser les coûts en aval, notamment avec la formation, la maintenance et les difficultés d’évolution... L’un des trucs que les jeunes ingés maîtrisent le plus mal, c’est l’adaptation aux besoins des utilisateurs (invariablement mal formulés par ceux-ci) et tout ce qui touche à l’ergonomie...

                    Franchement, pour ce genre de truc, la JE est une très mauvaise idée... C’est typiquement le genre de truc où le « small business act » serait adapté, parce qu’une PME, avec de l’expérience et des pratiques agiles, est la bonne échelle à adopter.

                    Pour MySQL, c’est pas forcément le plus adapté pour gérer un produit de cette envergure ! On parle tout de même de milliers d’établissements et enseignants et de millions de parents et d’élèves. Certes, on peut le faire sur du MySQL, mais ça demande du travail au niveau de l’architecture, des outils d’analyse et d’optimisation... Pour le coup, la version free de MySQL va probablement faire perdre de l’argent...

            • lancetre
              lancetre répond à Lictor
              • Posté à 23h03 le 14/12/2010
              • Internaute 18658

              « demander à cette profession d’évoluer un peu.. »

              Claude Allègre et ses successeurs ont quasiment supprimé toute formation continue des professeurs.

              C’était, selon eux, une perte de temps.

              Cette année, il était possible de demander UN SEUL stage de formation.

              Aucun remboursement, bien entendu, des frais de déplacements.

              Et comme il n’y a quasiment plus de remplaçants (15 000 postes supprimés chaque année), si le prof laisse ses élèves, ils vont en permanence...

              Ne vous en prenez pas aux profs.

              Le responsable, c’est le ministère, qui a toujours refusé de financer un véritable plan de formation à l’utilisation de l’outil informatique, et même de recruter des personnels vraiment spécialisés, qu’il serait nécessaire - horreur ! - de payer correctement.

              Dans la quasi-totalité des collèges et lycée, on en est réduit au bricolage.Un ou deux profs qui se sont formés tout seuls ont, au mieux, quelques heures de décharge ou quelques heures sup pour asssurer la maintenance du parc informatique.On a aussi confié cela à des jeunes, payés au lance-pierres, qui restent un an ou deux, et se sauvent dés qu’ils peuvent.

              Le constat (ignorance du maniement de l’outil informatique par une grande partie des profs) est juste.

              Mais ne vous trompez pas de responsables !

              Et ce n’est pas en forçant les profs à rester en place jusqu’à 68 ans qu’on va améliorer les choses...

              • Lictor
                Lictor répond à lancetre
                informaticien
                • Posté à 11h15 le 15/12/2010
                • Internaute 68450
                  informaticien

                Oui, je suis d’accord que couper la formation des gens chargés de former d’autres personnes est crétin. Mais c’est un mouvement général en France : la formation passe aussi à la trappe dans beaucoup d’entreprises privées. La plupart des entreprises ne comprennent pas que leur principale valeur est constituée par la compétence des salariés. Le service public étant de plus en plus géré comme une entreprise, ça n’est pas complètement étonnant...

                En contraste, on peut se rappeler que des entreprises comme Google consacrent 20% du temps de travail à de l’auto-formation...

                Après, oui, je pense qu’on devrait demander aux profs de se former. Comme on devrait le demander aux médecins d’ailleurs. Ce qui suppose, bien sûr, d’accompagner cette obligation des moyens nécessaires. Sachant que ces moyens peuvent être financiers (formations privées) ou simplement du temps bloqué (auto-formation pour ceux qui en sont capables).
                Je me rappelle d’ailleurs que c’était prévu dans le plan d’origine des 35h - celui qui prévoyait le 4/5. Ce plan prévoyait de nombreux aménagements autours du principe du 4/5. Pour les professions intellectuelles (chercheurs, médecins hospitaliers, profs, informaticiens...), un des aménagements étaient l’année sabbatique tous les 5-6 ans. Année qui aurait été une immense possibilité de se former tout au long de la carrière...
                Malheureusement, les 35h ont été flinguées par la gauche avec de l’être encore plus par la droite...

                • lancetre
                  lancetre répond à Lictor
                  • Posté à 21h24 le 15/12/2010
                  • Internaute 18658

                  Là, je vous suis entièrement.

                  Ce qui me met en rogne, c’est lorsqu’on reproche aux profs de n’être que de la graisse de mammouth ( un ministre osa cette comparaison...) alors que dans le même temps, c’est le parcours du combattant pour celui qui voudrait quelques heures de formation annuelles...

                  Tenir en même temps les deux discours est hypocrite.

                  Si l’on refuse de financer la formation continue des profs, il ne faut pas leur reprocher de ne pas vouloir changer leurs pratiques...

                  En réalité, ce que voudrait le ministère, c’est que les profs se forment à leurs frais, pendant les vacances, et uniquement pour l’amour du métier.

                  Alors même que ceux qui nous donnent ces conseils ne voyagent qu’en voiture de fonction, n’habitent que des logements de fonction, ne paient jamais un repas ni un billet de train...

                • patisson
                  patisson répond à Lictor
                  riverain
                  • Posté à 21h45 le 15/12/2010
                  • Internaute 108284
                    riverain

                  il y a 12 ans, en 98-99 en plein bulle internet, j’avais proposé de suivre une formation en informatique sur plusieurs semaines (6 au total) durant les vacances scolaires avec pour objectif créer des pages, web, des sites web, administration de site web, utilisation des outils types : flash, et toute la suite de création et de retouche pour internet et l’imagerie sous adobe. il était mis à disposition un portable et la formation débouchait sur une validation avec création d’un site web. cette formation avec un coût important (6000fr de l’époque) avait été refusée au motif qu’il existait déjà des formations au PAF (plan académique de formation). pour celui qui a déjà suivi ce genre de formation il y a de quoi parfois se fendre la pipe. comparer un stage de 2 jours avec une formation de 6 semaines...
                  ce ne sont pas les enseignants qui refusent de se former mais c’est souvent l’institution qui a le porte monnaie en peau de hérisson.
                  plutôt que de développer des niches fiscales sur les times share en dom-tom ou favoriser la construction navale ou d’autre délire, on devrait permettre à tout citoyen qui désirent se former, de pouvoir défiscaliser une partie du coût de sa formation en complément des cif et dif.
                  Un salarié (privé ou public) qui se forme, n’est pas un coût pour la collectivité mais un investissement pour l’avenir.

                  • Lictor
                    Lictor répond à patisson
                    informaticien
                    • Posté à 11h50 le 16/12/2010
                    • Internaute 68450
                      informaticien

                    La formation continue en France est de toute façon méprisée. Le CIF/DIF est une blague, personnellement, je peux toujours faire des demandes à mon employeur, il les refusera. Et j’aurai changé d’employeur d’ici à ce que le nombre maximum de refus soit atteint et que la procédure plus ou moins obscure qui doit aboutir à financer ma formation malgré mon employeur aboutisse...
                    Finalement, le DIF sert uniquement d’argent de poche au moment du licenciement, avec des montants de toute façon ridicules ne permettant pas de se payer une seule journée de formation privée avec 5 ans de cumul...

                    Ce qui n’est pas vraiment étonnant dans un pays où seul compte le diplôme initial ! On peut parfaitement faire médecine et avoir le droit d’exercer pendant 30 ans sans jamais avoir à actualiser sa formation (à part via les visiteurs médicaux)...

                    Pourtant, ce droit à la formation devait être réformé, pour permettre l’appropriation par les salariés sans devoir continuer à dépendre du bon vouloir de l’employeur... Mais rien du tout... A croire qu’avec des carrières de plus en plus longues (au moins en théorie) et des métiers de plus en plus techniques, la formation continue ne sert à rien...

        • pablico
          pablico répond à julienE
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
          • Posté à 18h09 le 14/12/2010
          • Internaute 14278
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

          il manque ce qu’on appelait avant la chute du mur : l’oeil de Moscou..

          la webcam.. qui va filmer les classes un jour ou l’autre.. tout sera filmé et enregistré..

          comme au rugby, et bientôt au foot, les arbitres seront présents....virtuellement...

          une copie sera envoyée aux parents...

          • thelgein
            thelgein répond à pablico
            pas là
            • Posté à 18h28 le 14/12/2010
            • Internaute 79541
              pas là

            Eh oui, on y vient, c’est sûr ! Mais pour ce qui est d’en envoyer une copie aux parents... une idée pas si mauvaise s’il ne s’agissait que de cela... ils seraient bien étonnés de voir leurs petits anges en pleine action ! ...

          • Gilles31
            Gilles31 répond à pablico
            Gaucho
            • Posté à 09h17 le 15/12/2010
            • Internaute 57081
              Gaucho

            Essentielle la webcam. Histoire de détecter les tire-au-cul près du radiateur, les tricheurs lors des interros et les profs masculins potentiellement pédophiles.
            Attendons un fait divers de ce type pour avoir une loi.

            Ceci dit, le carnet électronique ne me parait pas une mauvaise idée !

    • Fred24
      Fred24 répond à fdrebin
      Rural
      • Posté à 18h03 le 14/12/2010
      • Internaute 89386
        Rural

      Des remplaçants, des suppléants ? Mais c’est une espèce en voie de disparition ça. Les remplaçants quand il y en a sont recrutés via pôle emploi...Y a plein d’offres pour des vacataires avec des contrats de 2 ou 3 semaines...Alors la continuité étroite.....Ma fille a eu 4 profs de maths et pas souvent depuis la rentrée en seconde. La lecture de l’appréciation sur le bulletin est émouvante.

    • stupidboy59
      stupidboy59 répond à fdrebin
      Fines plaisanteries
      • Posté à 18h17 le 14/12/2010
      • Internaute 124816
        Fines plaisanteries

      Quoi ? Moi, l’Enseignant, le seul maître de ma classe après Dieu (non, même pas, Dieu n’a rien à faire dans une école laïque !), je vais devoir rendre des comptes à mon inspecteur, pire, à mon chef d’établissement ou même, affreuse intrusion dans ma sacro-sainte « liberté pédagogique », aux élèves et - horreur suprême - à leurs parents ! ?

      fdrebin (referens)

      C’est vrai ! Mes collègues passent leur temps sur internet
      en demandant aux élèves de s’occuper d’eux-mêmes.

      Il n’y a aucun contrôle ! Pis y sont payés pendant les grèves
      ces fainéants...Sans compter ceux qui boivent.

      Je retourne lire le Figaro pour me calmer.

    • Bellérophon
      Bellérophon répond à fdrebin
      Enseignant-musicien-écrivain
      • Posté à 18h47 le 14/12/2010
      • Expert 90060
        Enseignant-musicien-écrivain

      Cher Dilettante,

      [air contristé par l’amalgame et la courte vue]

      « je vais devoir rendre des comptes à mon inspecteur »
      -> c’est déjà le cas, les enseignants sont inspectés... par des inspecteurs !

      « à mon chef d’établissement »
      -> le chef d’établissement a ses attributions propres, il n’est pas formé à évaluer un enseignant sur le plan pédagogique.

      « aux élèves »
      -> vous plaisantez, bien sûr. Vous voyez un collégien de 11 ans évaluer un fonctionnaire en exercice ? Avec quels outils ? Sur quelles bases ? Des extraits de son blog « wa la prof el a tro flipé kan jlui é rendu ma feuill blanch en la téma den lé yeu mortel... » ?

      « à leurs parents »
      -> on touche au cœur du problème ; le cdt est un document technique, à visée professionnelle, d’évaluation et de passation en cas de changement d’enseignant. Les parents -sauf exception- ne sont pas des spécialistes de l’éducation, et pour certains cela va plutôt être la porte ouverte aux critiques et questions absurdes.

      D’autre part, un parent qui suit son enfant le fait avec ou sans cahier de texte électronique. Ceux qui s’y mettraient, une fois l’attrait de la nouveauté passé, s’en lasseront en un mois.
      Par contre, la charge supplémentaire restera -oui, il est plus rapide d’écrire et de coller une feuille que d’ouvrir une session sur un réseau interne, puis sur un site, puis dans le menu de ce site, taper, uploader les documents (ça rame...), et encore, tout cela sans compter un bug lors d’une des étapes, ce qui arrive souvent.
      Par ailleurs, la linéarité du temps-agenda n’est pas celle du temps-séquence, en d’autres termes on peut très bien avoir une séance étalée sur trois jours. Impossible de rendre compte de cela dans un cahier de texte classique, papier ou non. L’obsolescence ne date pas d’hier, si je puis dire.

      Bref, une fausse bonne idée, et une vraie intrusion de non-spécialistes. Vais-je vérifier chaque diagnostic de mon médecin de famille ? Les livres de droit de mon notaire ?
      Comment, enfin, conjuguer un contenu dévolu à une évaluation pédagogique, et un destiné à un grand public ?

      Les enseignants ne sont pas frileux au sujet du partage, il est aisé de consulter la pléthore de sites proposant des séquences, progressions annuelles, cours de tous acabits, signés du nom de leur auteur.

      L’article se veut alarmiste dans la tonalité, je suis tout à fait d’accord dans le sens où cet outil est, sous cette forme, une perte de temps énorme à l’année, pour un résultat au mieux nul. A reconsidérer dans 50 ans.

      • lidiot du village-
        lidiot du village- répond à Bellérophon
        imbécile heureux
        • Posté à 22h12 le 14/12/2010
        • Internaute 106647
          imbécile heureux

        Je te remercie pour ton commentaire qui me donne à croire que, malgré les apparences, il y a quand même quelques personnes qui savent de quoi elles parlent sur ce fil.

      • illiera Trevisa
        illiera Trevisa répond à Bellérophon
        dépressive
        • Posté à 09h00 le 15/12/2010
        • Internaute 74681
          dépressive

        Entièrement d’accord sur la perte de temps occasionné par cet « outil » , le temps d’ouvrir une session, de se rappeler son code, etc... j’allais 10 fois plus vite avec le cahier de texte « réel » . Et là , je n’ai même plus le temps d’aller voir sur ce gadget où en sont mes collègues pour pouvoir prévoir des ponts pédagogiques tellement l’outil est lourd..

        On nous demande de plus de marquer les travaux que les élèves doivent effectuer pour la séance suivante... Tiens , ils n’ont donc plus de doigts pour écrire dans leur agenda... ?

    • Samuel_A
      Samuel_A répond à fdrebin
      Expat'
      • Posté à 19h07 le 14/12/2010
      • Internaute 112135
        Expat'

      Je suis d’accord avec vous, il y a quelque chose de malsain dans cet article, tout ce côté « je ne supporte pas qu’on sache ce que je fais en classe ». L’auteur trouve même moyen de trouver scandaleux qu’on veuille « extirper les éléments douteux » des classes.

      En revanche, là où je partage son avis, c’est que c’est une charge de travail surréaliste, stupide, au ratio travail/utilité mauvais.

      A vue de nez, ce sont plusieurs heures de travail chaque semaine (rien que pour scanner le moindre contenu donné aux élèves, y mettre le moindre fichier joint, etc.) qui pourraient être utilisées à des tâches infiniment plus utiles et plus proches du métier d’enseignant.

    • Paintitblack
      Paintitblack répond à fdrebin
      hangover the rainbow
      • Posté à 19h11 le 14/12/2010
      • Internaute 120625
        hangover the rainbow

      Bonjour,

      (Air guitar, vive le vent, tête de noeud, main à la pâte)

      Vous croyez que les enseignants n’ont pas déjà de comptes à rendre ?

      Et que ce mouchard électronique va subitement changer le comportement du parent qui suit de trop loin la scolarité de Junior ?
      Si l’on veut s’intéresser à son enfant, on a déjà tous les moyens qu’il faut.
      Idem pour les chefs d’établissements et les inspecteurs....Ah non, remarquez, peut-être pas pour ces 2 derniers exemples. Pourquoi ? Parce que les effectifs ont été réduits, que les classes sont en surnombre. La faute à...ceux qui mettent en place ce truc en débloquant un budget jusqu’à maintenant inexistant puisque « les caissedelétassonvidelafautàlacriz ».

      Donc, la vraie raison de cette mise en place est énoncée dans l’article : « extirper » les mauvais éléments des classes. C’est quoi un mauvais élément ? Ce sont les données informatiques qui vont le décider, et non pas l’être humain qui est en contact toute la journée avec les élèves. D’ailleurs, un enfant ce sera quoi ? Une colonne dans un tableau excel ?

      Remplaçons donc l’humain par la machine, jusque dans l’éducation des enfants, au moins, un ordinateur, c’est pas une feignasse de fonctionnaire qui fait des manifs pour dénoncer de dangereuses aberrations, et qui va s’embarrasser de psychologie, d’empathie et de compréhension face aux difficultés du petit.

    • anini
      anini répond à fdrebin
      terrienne de souche !
      • Posté à 20h28 le 14/12/2010
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      « Le cahier de textes de classe [...] assure la liaison entre les différents utilisateurs. Il permet, en cas d’absence ou de mutation d’un professeur, de ménager une étroite continuité entre l’enseignement du professeur et celui de son suppléant ou de son successeur. »

      Il a toujours servi à ça et toujours existé !

    • lancetre
      lancetre répond à fdrebin
      • Posté à 23h12 le 14/12/2010
      • Internaute 18658

      Evitez d’écrire sur un monde dont vous ne connaissez manifestement rien.

      Celui qui veut vraiment savoir ce qui a été fait dans une classe consulte le cahier d’un élève, et certainement pas le cahier de textes de la classe.

      On peut en effet y écrire n’importe quoi.

      J’ai connu un exemple de prof qui ne faisait strictement rien.Bordel du début à la fin du cours, aucune préparation, aucune connaissance même de ce qu’il était censé enseigner.

      Son cahier de textes était impeccable.On avait le sentiment, en le lisant, que le cours progressait harmonieusement.

      Inversement, nombre d’excellents professeurs ne remplissent jamais le cahier de textes.

      Quant au « suppléant “...Vous voulez dire remplaçant ?

      Mais dans quel monde de bisounours vivez-vous ?

      Depuis des années qu’on supprimé 15 000 postes par an, il n’y a quasiment plus de remplaçants !

      • 01zebu01
        01zebu01 répond à lancetre
        enseignant
        • Posté à 17h08 le 15/12/2010
        • Expert 70940
          enseignant

        ici un dinosaure qui est entièrement d’accord avec lancetre ! Question remplacement et continuité de l’enseignement .... il y a beaucoup d’utopistes, d’aveugles ou de démago ; ces prétextes sont de la foutaise quant on sait réellement comment cela fonctionne .

    • peixinho
      peixinho répond à fdrebin
      cyclobotaniste
      • Posté à 23h22 le 14/12/2010
      • Internaute 77064
        cyclobotaniste

      quand j’entends le mot « liberté », je sors mon revolver
      ...

    • Bernard Girard
      Bernard Girard répond à fdrebin
      Auteur(e) de l'article Enseignant blogueur
      • Posté à 07h04 le 15/12/2010
      • Expert 31637
        Enseignant blogueur

      Ce qui justifierait le cahier de textes numérique, c’est le bénéfice qu’en tirerait l’élève. Ici, le bénéfice est nul. Si la fonction du cahier de textes de la classe (papier ou numérique) est effectivement d’’assurer la liaison » entre profs ou entre profs et élèves, je dois avouer que dans ma déjà longue carrière de prof, je n’ai jamais rien vu de semblable.
      C’est par ailleurs négliger le fait que bien des profs n’ont pas attendu les instructions officielles pour réfléchir aux possibilités nouvelles offertes par l’informatique : cela fait de nombreuses années, par exemple, que mes élèves utilisent des fiches de travail mises à leur disposition sur leur espace de travail numérique, fiches synthétiques qui leur permettent de retrouver le cours, réviser, liens internet etc. Une initiative qui ne m’a d’ailleurs jamais rapporté la moindre considération de la hiérarchie, ni le moindre signe d’intérêt, ce qui me fait dire que la présente circulaire a sans doute d’autres préoccupations en tête que l’intérêt des élèves.

      • Saera
        Saera répond à Bernard Girard
        -
        • Posté à 09h15 le 15/12/2010
        • Internaute 93175
          -

        Je trouve que vous condamnez un peu vite le cahier de texte numérique. Pour le connaitre depuis deux ans, l’outil s’améliore et devient plus simple à utiliser.

        Je le remplis, tout en sachant bien que pour l’instant, seulement quelques élèves le consultent. Il faut du temps pour diffuser de nouvelles pratiques.

        Vous parlez de la lourdeur du travail. Je vous réponds, pas plus d’un quart d’heure de travail par classe, sachant que tous les documents donnés aux élèves sont préparés sur l’ordinateur. La manipulation est donc très simple. Bénéficiant depuis peu d’une connexion internet en classe, je pourrais bientôt le remplir au fur et à mesure.

        Vous vous insurgez sur le fait que cela permet à la hiérarchie administrative et pédagogique d’avoir un regard sur ce que nous faisons...encore heureux. Les profs oublient bien trop souvent le sens de la hiérarchie. Qu’on vienne contrôler mon travail, me dire ce qui va, ce qui ne va pas, je suis pour !

    • Neferourê paillette
      Neferourê paillette répond à fdrebin
      prof
      • Posté à 08h55 le 15/12/2010
      • Internaute 109763
        prof

      Parce que vous imaginez qu’une inspection d’un enseignant se base sur ce cahier de texte ? ? ? Bien, donc je conclus que vous ne maîtrisez pas du tout le sujet à propos duquel vous donnez votre avis. Ouf ! J’ai eu peur une demi seconde.

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