Enquete 27/11/2010 à 11h11

Ces trentenaires qui n'ont plus envie de se lever pour bosser

Nolwenn Le Blevennec | Journaliste Rue89

Ils ont des diplômes, un job, un bon salaire... mais s’ennuient à mourir, découvrant sur le tard les affres de la quête de soi.

Alexandre a un parcours plutôt classe : il est diplômé d’une grande école de commerce parisienne, après avoir effectué un parcours universitaire et scolaire à l’étranger. Son CV a de la gueule et c’est une mince consolation. Sa vie professionnelle l’ennuie terriblement (il n’en voit pas le bout).

Alors qu’il méprise la comptabilité, il a travaillé trois ans à la direction financière d’un groupe de luxe suisse. Il vient de quitter son poste, pour faire « à peu près la même chose » en France.

Alors que fin 2009, le taux de chômage des moins de 30 ans était de 17,3%, de nombreux trentenaires surdiplômés, qui ont décroché un contrat indéterminé, n’arrivent pas à s’en réjouir. Enfants gâtés ? Alexandre, 30 ans, n’a pas l’air d’être difficile. Pourtant, les postes qu’il occupe le lassent. Il a appris à tuer le temps :

« Je suis un forum américain depuis bientôt six ans, où les mecs balancent leurs videos Youtube. La sérendipité guide mes parcours wikipédiesques. »

Des bandes de potes s’envoient au moins cent mails par jour, articles ou vidéos « lol » (cet article fera peut-être l’objet d’un mail). Ils sont des Adrien Deume à l’heure du web, vivent d’eau fraîche et de procrastination, et ne travaillent qu’une fois au pied du mur. Diagnostic ? Ils se sont trompés de métier :

« Pendant mes études, j’ai suivi les modes, audit et banques, et ai mis du temps avant de me défaire de ce comportement panurgien. »

Le poids du diplôme, et les parents qui surinvestissent

Sandra Gaviria, sociologue de la jeunesse, explique que beaucoup de trentenaires, « quand même pas la majorité
 », se sont laissé guider par « la contrainte économique », oubliant « 
l’authenticité de soi ». Ils ont suivi, comme Alexandre, la route du CDI, sans se poser de questions :

« En France, il y a un poids du diplôme très important. Une pression
particulière. Et les parents surinvestissent souvent le parcours de
leur enfant. Il faut du courage pour aller contre eux. »

Lucie Davoie, psychologue du travail, évoque elle aussi « le poids des diplômes » et rappelle que Bourdieu décrivait déjà une noblesse d’Etat française qui puisait « la conviction
de sa légitimité dans le titre scolaire ».

Ici, la jeunesse est vécue comme un « placement », alors qu’elle est, pour les Danois, « une recherche de soi » avec option tâtonnements et faux pas, comme l’établissent notamment les travaux de Cécile Van de Velde.

L’ouverture d’esprit ou l’argent des parents peuvent en sauver certains. Alexandre :

« Mon ami Julien, lui, est prof de français au lycée. Il a eu la chance d’avoir des parents aisés et qui l’encourageaient à poursuivre sa voie. Chez moi, c’était “une vie comme papa, pour avoir le train de vie de papa”. »

Bac S, prépa, grandes écoles : la trilogie infernale

De nombreux jeunes Français soignent donc leurs CV, comme des nouveaux-nés. Il faut enchaîner Bac S, prépa, grandes écoles. Rafaël Vivier, fondateur de Wit-Associés, un cabinet de chasseurs de tête, voit tous les jours défiler des victimes de la trilogie infernale. Ils officient dans le conseil, le droit, l’audit, la gestion, le marketing ou la finance, et sont en quête de sens et de sensations.

« Certains se demandent pourquoi ils travaillent toute la journée, comme des acharnés, pour faire bouger un cours de Bourse de un euro dans la journée », dit Rafaël Vivier. Les futurs « néo-ruraux » veulent tout plaquer pour aller élever les moutons dans l’Eure, d’autres rêvent de devenir barman dans le Sud, confectionneuse de colliers et de sacs dans le Marais ou commissaire de police.

Alexandre, lui, aurait aimé être batteur, « parce que j’aime l’instrument, c’est tout. Et vivre comme artiste c’est quand même autre chose... ».

Ce syndrome « J’aurais voulu être un artiste » qu’on nommera « Plamondo » est très répandu chez ces trentenaires. Céline, directrice de clientèle dans la grande conso, 33 ans, « coincée entre le client et le créatif », « passe-plat inutile dans un secteur insensé », est devenue actrice. Cela lui a permis de « se rassembler », mais elle gagne très peu d’argent.

Enfin, il y a ceux qui veulent être « utiles ». Ils rêvent de bosser dans le paramédical, l’entrepreneuriat social et les ONG. C’est le cas de Marie qui a lâché son poste dans l’immobilier pour reprendre des études de psycho. Sur les bancs de la fac, elle s’est fait deux autres copines trentenaires, en reconversion elles aussi. Le chasseur de tête Rafaël Vivier :

« Depuis la crise, je trouve que les jeunes ont plus d’audace. Ils hésitent moins à se lancer. Mais, plus ils gagnent d’argent plus c’est dur de bouger. Entre la prime de 50 000 euros et l’épanouissement personnel, ils ont du mal à choisir. »

La plupart d’entre eux n’osent pas tout plaquer. Ils essaient de se « construire » en-dehors de leur boulot. Enchaînent les concerts, les livres et les dons aux associations caritatives.

Diplômée à bac+5, Claire emballe les cadeaux du patron

Parmi les trentenaires (ou quasi) qui ne se sont pas trompés de voie, l’insatisfaction prospère aussi. A 26 ans, Claire n’est pas complétement déprimée parce qu’elle a réussi à « mettre les deux pieds dans le cinéma », mais elle souffre de « surqualification » chronique.

Fière détentrice du master 2 en stratégie de la communication, « le cinquième de France », elle vient de démissionner d’un poste d’assistante de production ascendant secrétaire. Un jour, son patron lui a demandé d’aller acheter du papier cadeau et d’emballer un livre pour son frère : « Je l’ai fait. C’est la loi de l’offre et de la demande. Les bac+5 prennent le boulot des bac+3, etc. » (Claire aime le cinéma coréen et elle surpasse la plupart de ses supérieurs en cuture gé).

Aujourd’hui, l’assistante master 2 gagne à peine plus que le smic et la moitié part dans son loyer. Le job bien payé et épanouissant, « ce sera pour quand je serai grande », sourit-elle. Une réaction que connaît bien la sociologue Sandra Gaviria :

« C’est un autre motif d’insatisfaction : un quart des jeunes sont déclassés. Les jeunes sont désenchantés, parce qu’ils se rendent compte qu’ils gagneront moins que leurs parents, alors qu’ils ont fait de longues études. De nombreux jeunes actifs doivent vivre en coloc. »

En plus d’être mal payés, ils sont souvent infantilisés. Entrés tard sur le marché du travail tard, ils aimeraient être vite pris au sérieux. Des salariés comme les autres, or « on » les ramène constamment à leur condition de junior.

Des bêtes sensibles qui veulent des chefs doux et maternants

« Ah, pauvres jeunes, c’est terrible ce qui leur arrive », se dira peut-être le lecteur à ce point... « Je n’arrive pas à savoir si nous subissons beaucoup ou si nous ne supportons rien ? », se demande Claire.

Ces trentenaires sont en effet des petites bêtes très sensibles, qui ont tendance à ne rien supporter. Enfants de la génération Y, la moindre contrariété les mine. Ils ne supportent pas bien les ordres et veulent des chefs doux et maternants.

Sandra Gaviria trouve aussi qu’ils ont tendance à se plaindre avec emphase :

« Ils ont conscience de leurs difficultés et n’arrête pas de l’exprimer. Ils se sentent autorisés à se plaindre, ce qui est bien, mais cela a des limites. Le pessimisme va loin. »

Car ce n’est ni la première génération, ni la dernière à être désabusée par le marché du travail. La solution intemporelle à la déprime professionnelle : tomber amoureux, comme l’exprime le héros d’« Un monde sans pitié », d’Eric Rochant, dans le générique du film.

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  • terpsichore
    terpsichore
    Littéraire
    • Posté à 12h03 le 27/11/2010
    • Internaute 115690
      Littéraire

    Je vais faire ma vieille c*** mais tant pis ! ! !

    Après un M1 de lettres, je suis passée par la case : « Ça y est, j’ai trouvé, je vais me réaliser en faisant de la pâtisserie ! ! ! »

    Un CAP en apprentissage (en un an) après, et l’exploitation qui va avec malheureusement, ma vision des choses a été sérieusement modifiée ! !

    Je ne crache plus sur les weekends, des fêtes de fin d’année (et de Pâques) en famille et un rythme de vie qui n’est pas décalé... sans parler d’un salaire bien plus élevé.

    Alors tant pis si je ne fabrique rien avec mes petits doigts musclés, éditrice, c’est bien aussi ! ! !

    Conclusion : la reconversion dans l’artisanat ou l’élevage de chèvres, c’est beau, mais en avoir tâté pour de vrai remet sérieusement les idées en place ! ! !

  • Urmacht
    Urmacht
    Esprit curieux
    • Posté à 11h56 le 27/11/2010
    • Internaute 91816
      Esprit curieux

    Je me souviens d’une discussion que j’ai eu avec un ami qui a fait le parcours « classique » d’une tete de classe scientifique : 3 ans de prépa, 3 ans d’école d’ingénieur. Après 1 an de chomage, il a pris un job à Paris et il a commencé à rembourser son prêt étudiant (15 000 euros, les parents de milieu très modestes ne pouvant l’aider financièrement). Il m’a dit : j’ai fait tout ce qu’on attendait de moi, j’ai joué le jeu, alors ou est le bonheur ?

    De mon coté, après des études à rallonge et un bac+4 en commerce international, j’ai échoué dans la grande distribution en logistique. Horaires décalés, charge horaire de dingue, j’ai fait un burn out après 3 ans de bons et loyaux services au terme desquels j’ai été licencié car, dixit mon patron, j’étais « incompétent ». Genre, au bout de trois ans, dont deux comme expatrié !

    Alors je comprends le malaise des trentenaires. Longues études, premier job loin de la famille, généralement au minimum de la convention collective, mobilité tous les deux ans... Impossible de fonder une famille, impossible de s’impliquer dans la vie associative, connaitre les voisins relève de l’exploit...

    Aujourd’hui j’investis mon allocation chômage dans un beau projet de reconversion, pour travailler à mon compte. Ca veut dire encore des études, mais au moins il y a du sens au bout. Parce qu’effectivement faire du chiffre, c’est assez vain en fin de compte...

    Pour ceux qui parlent anglais, le livre « Wishcraft » de Barbara Sher sur Amazon coute une misère et répond tout à fait à ces interrogations dont parle l’article.

  • survivant
    • Posté à 11h57 le 27/11/2010
    • Internaute 25864

    Comme je comprend cette jeunesse mise sous perfusion par de vieux ringards. Le problème de notre société de vieux, c’est que les anciens depuis belle lurette ont une fâcheuse tendance à mettre le couvercle de la cocotte minute sur la jeunesse. Dans le style. Moi Môsieur je connais la vie et tu ne pisseras jamais là où j’ai laissé mes traces d’urine. Tu n’es qu’une petite merde sans envergure. Non, en 2010 il est plus que temps que la jeunesse s’émancipe. Diplômée ou non. Le tout est de franchir le pas. Et dire à papa maman.- Tu comprends papa maman, aujourd’hui j’ai envi de voir autre chose dans ma vie et ce n’est pas à vous de décider de ma vie. Vous m’avez élevé. Merci, j’ai des diplômes, je gagne convenablement ma vie en cirant les pompes du patron. Mais, vous ne m’avez pas élevé pour me garder sous tutelle éternelle. Alors, je propose aux vieux ringards d ’aller faire un stage dans les écoles qui pratiquent la psychologie Freinet. Ça leurs donnera une petite idée de l’émancipation humaine.

    • barbouille
      barbouille répond à survivant
      surfeuse
      • Posté à 21h51 le 28/11/2010
      • Internaute 62861
        surfeuse

      Il me fait plaisir votre texte. J’ai foutu mes parents hors de ma vie après qu’ils aient critiqué une fois de trop l’éducation que je donnais à mes enfants.

  • heretok
    heretok
    citoyen hors-service
    • Posté à 11h58 le 27/11/2010
    • Internaute 62306
      citoyen hors-service

    « Élever des chèvres dans le Var »

    J’aimerai les y voir tiens.
    Même pas une semaine qu’ils tiennent.

    • survivant
      survivant répond à heretok
      • Posté à 12h15 le 27/11/2010
      • Internaute 25864

      Le but n’est pas de savoir le temps qu’ils tiendront. déjà il faut commencer par le début, gros malin. Evidemment si tu dis à un jeune de venir nettoyer les écuries de ta bergeries ils ne tiendront même pas une heure. Un projet, ça se prépare, ça se construit. Tu commence par visionner le projet, puis tu le travail en faisant la part des choses du positif et du négatif. Et si le projet te plaît, alors seulement après tu te lances dans l’aventure si tu estime que tu es apte pour vivre dans de telles conditions.

      • heretok
        heretok répond à survivant
        citoyen hors-service
        • Posté à 17h27 le 27/11/2010
        • Internaute 62306
          citoyen hors-service

        Oui alors faut pas non plus partir en vrille à la moindre remarque.

        Un « jeune » pour moi c’est pas un trentenaire détenteur d’un Master qui se plaint un peu trop parce qu’il fait pas le boulot de ses rêves
        –> Fantasme sur l’agriculture/élevage comme grand accomplissement de soi. Moi j’dis qu’après une semaine à se lever à l’aube pour tailler des vignes, ramasser des patates où s’occuper de centaines de poules, ils y reviendront à leurs vies de trentenaires en recherche de soi.

        Par contre je comprend l’inquiétude qui est la leur et spécialement d’avoir fait de longues études pour se retrouver à faire le taff de « monsieur tout le monde » (encore que hein, faudra bien que quelqu’un le fasse).

         
        • survivant
          survivant répond à heretok
          • Posté à 18h12 le 27/11/2010
          • Internaute 25864

          Où as-tu vu dans l’article ? je reprends ta phrase : Un « jeune » pour moi c’est pas un trentenaire détenteur d’un Master qui se plaint un peu trop parce qu’il fait pas le boulot de ses rêves
          –> Fantasme sur l’agriculture/élevage comme grand accomplissement de soi.
          Le gars se fait chier dans son boulot et il cherche un moyen d’échapper aux « on dit » parentaux et de l’entourage familial, qui lui pourrissent la vie. Quand des parents misent sur la carrière de leurs gamin(e)s pour exemple : Un père ou une mère sportive qui a loupé sa vie de sportif et qui le répercute sur son môme, en misant la carrière du môme sur le sport ou il a échoué. Ne sais-tu pas les dégâts psychologiques que ça peut causer pour le môme ? Il est prisonnier de l’autorité parental qui lui collera à la peau toute sa vie, même s’il gagnera du fric à foison. Sa liberté de penser sera bouffée. Et bien lorsque tu fais un métier quelque soit le métier. Tu peux être bardé de diplômes si ça ne te plaît pas, ou si c’est un métier que l’on a choisi pour toi. Ce n’est plus de l’épanouissement mais de l’esclavagisme.

          • heretok
            heretok répond à survivant
            citoyen hors-service
            • Posté à 18h55 le 27/11/2010
            • Internaute 62306
              citoyen hors-service

            Oui donc là tu te fous de ma pomme j’imagine.

            le « jeune » en question il est pas dans l’article mais dans ton caca nerveux posé juste en dessous du mien :

            « . Evidemment si tu dis à un jeune de venir nettoyer les écuries de ta bergeries »

            Voilà c’est bon là ?

            • survivant
              survivant répond à heretok
              • Posté à 19h05 le 27/11/2010
              • Internaute 25864

              Non je crois que tu as un gros caca dans tes yeux et que tu te fous tout seul de ta pomme. Ton premier post : « Élever des chèvres dans le Var »

              J’aimerai les y voir tiens.
              Même pas une semaine qu’ils tiennent.

              • heretok
                heretok répond à survivant
                citoyen hors-service
                • Posté à 20h12 le 27/11/2010
                • Internaute 62306
                  citoyen hors-service

                « veulent tout plaquer pour aller élever les moutons dans l’Eure » dixit l’article.

                J’avoue ma bassesse de n’avoir pas recopié mot à mot. J’aurai très bien pu dire « élever des cochons en Bretagne » où encore « faire pousser des salade sur le larzac ». Tu vois ou je veux en venir là non ?

                Et je maintiens mon opinion, c’est jolie comme tout de rêver tout plaquer pour aller jouer au paysan (surtout quand finalement on a la « chance » d’avoir un taff régulier qui paye décemment), c’est nettement moins drôle quand il s’agit de le faire pour la vie.

                Ami presbyte, je te salue !

                • survivant
                  survivant répond à heretok
                  • Posté à 11h19 le 28/11/2010
                  • Internaute 25864

                  Honnêtement, je ne pense pas qu’un type qui est sur diplômé serait prêt à 30 balais à se lancer dans une aventure paysanne. Déjà, il faudrait que l’agriculture intensive et les élevages du genre grande batterie de cochonnailles ou de poulagas bretons, comme tu fais allusions dans ton post sur la Bretagne, passe à autre chose, pour laisser la place à une agriculture et à un élevage où la bouffe n’est pas bourrée de pesticides et les élevages bourrés d’antibiotiques. Pour revenir sur l’article, ça ne change en rien ma façon de penser. Un jeune qui veut s’émanciper doit commencer par couper le cordon ombilical s’il veut s’affirmer dans la vie. Un sur diplômé contrairement à un type démuni de tout, a juste à franchir le pas s’il veut bifurquer sur autre chose que sa formation professionnelle initiale. Et revenir sur son métier initial comme bon lui semble. Et pour finir, ami aux doubles foyer. Le pognon ne fait pas l’individu. Alors, tu peux gagner tout le fric que tu veux, si tu te fais chier dans la vie à cirer les pompes de ton taulier, lorsque tu rentre chez toi le soir, je plains ton entourage familial qui doit supporter tes états d’âme que tu dois méchamment dégueuler pour faire le vide de ta journée de travail bien pourrie, parce que tu n’arrives pas à dire merde à ton patron. Allez sans rancune et n’oublie pas le cirage pour lundi, ton patron veut des pompes aussi brillantes qu’un miroir.

                  • heretok
                    heretok répond à survivant
                    citoyen hors-service
                    • Posté à 11h51 le 28/11/2010
                    • Internaute 62306
                      citoyen hors-service

                    C’est fou cette conversation de dingue :

                    « si tu te fais chier dans la vie à cirer les pompes de ton taulier, lorsque tu rentre chez toi le soir, je plains ton entourage familial qui doit supporter tes états d’âme que tu dois méchamment dégueuler pour faire le vide de ta journée de travail bien pourrie, parce que tu n’arrives pas à dire merde à ton patron. Allez sans rancune et n’oublie pas le cirage pour lundi, ton patron veut des pompes aussi brillantes qu’un miroir. »

                    Tu ne pouvais pas mieux taper à coter. A l’inverse de ces charmantes personnes dans l’article, je ne suis ni sur-diplômé ni en quête de moi, pas plus que je ne cire de bottes (même pas les miennes, c’est dire).
                    Je t’invite d’ailleurs quand tu veux dans ma campagne du Sud y boire de la piquette du cru, ça sera nettement plus facile de se comprendre qu’ici apparemment.

                    Sans rancune cela dit.

        6 autres commentaires
  • Célia
    Célia
    Etudiante
    • Posté à 12h02 le 27/11/2010
    • Internaute 114304
      Etudiante

    « Ces trentenaires qui n’ont plus envie de se lever »

    Ils n’ont qu’à faire comme moi : je ne me suis pas couchée cette nuit pas besoin de me lever

  • Jerome_Marcel
    • Posté à 12h04 le 27/11/2010
    • Internaute 117708

    « Ils ont conscience de leurs difficultés et n’arrête pas de l’exprimer. Ils se sentent autorisés à se plaindre, ce qui est bien, mais cela a des limites. Le pessimisme va loin. »

    Mais c’est que ces jeunes revendiqueraient des droits, en plus.

    J’ai dû mal à suivre une partie de la logique de l’article, utilisant le stéréotype de la génération Y qui a bon dos et qui permet de dire tout et son contraire. Je cite : « En plus d’être mal payés, ils sont souvent infantilisés. Entrés tard sur le marché du travail tard, ils aimeraient être vite pris au sérieux », puis quelques lignes plus loin « Ces trentenaires sont en effet des petites bêtes très sensibles, qui ont tendance à ne rien supporter ».

    Infantilisés ou s’infantilisant ? Dépréciés ou se dépréciant ? Cause ou effet ? Ce double discours semble être à l’image de l’ambivalence de la situation des jeunes sur le marché de l’emploi : on prône l’adaptation d’une part, alors qu’elle est le meilleur levier pour transformer les jeunes en matière corvéable et malléable à souhait. Si possible en silence, car même se plaindre à tout bout de champ est devenu d’un mauvais goût par ces temps de crise ! ; -)

  • chunnly67
    chunnly67
    mère au foyer,marre de (...)
    • Posté à 12h06 le 27/11/2010
    • Internaute 134651
      mère au foyer,marre de (...)

    Un monde sans pitié,oui,on pourrait le résumer comme ça,mais pourquoi ne devrions pas nous plaindre ? Sous prétexte que nous sommes nés dans un pays riche ? Nous devrions accepter notre condition sans avoir d’états d’ames ? Les conseillères d’orientation et autres félés(soi-disants experts dans les filières) nous ont bien démonté le moral depuis quelques décennies,le résultat ? Des milliers voire des millions de gens qui ne sont pas heureux dans leur travail parce qu’on les a poussé à choisir une carrière censée leur offrir de « vrais débouchés »,au lieu d’un réel épanouissement... ! ! !
    Pas étonnant qu’il y ait tellement de dépréssions,sans parler des erreurs médicales,et du manque d’investissement personnel dans de nombreuses branches telles que l’administration et j’en passe,la vérité,c’est que peu de gens peuvent se vanter de nos jours,de mener la vie qu’ils avaient rèvée,nous faisons partie de ces générations sacrifiées de part le monde,au profit du capitalisme... ! ! ! Travaille et boucles-là....Ou crève en silence... ! ! !

  • oyibo
    oyibo
    libre-penseur
    • Posté à 12h06 le 27/11/2010
    • Internaute 97344
      libre-penseur

    Ca me rappel les fils a papa a l’epoque qui parradaient comme des coqs au village, fierent qu’ils etaient de faire de longues etudes. Depuis, beaucoup ont dechanter, faire des etudes pour voir qu’au bout il y a un panneau sens interdit ca calme.Les etudes ne sont valorisantes que si il y a des debouchees a la clef.
    Ceux la n’ont pas eu de chance, mais faire de longue etudes tout en sachant que la voie choisie n’est pas la bonne, et le faire pour faire plaisir aux parents, faut vraiment en avoir un grain.

  • ezekiel2.0
    ezekiel2.0
    Etudiant
    • Posté à 12h09 le 27/11/2010
    • Internaute 133294
      Etudiant

    Je crois que le malaise est simplement dû à un manque de repère de manière générale, à cause d’un système scolaire qui récompense la rapidité et ce depuis le plus jeune âge... On vit dans une société à 100 à l’heure qui exige une certaine productivité. Plus le temps de se poser les vrais questions classiques mais fondamentales : qui suis-je ? Qu’est-ce que je veux ? Ou vais-je ? On arrive à un âge où on se retrouve sur-diplômé, on doit trouver un boulot vite parce que les études ça coûte, et on ne sait toujours qui on est, surtout dans le contexte actuel basé sur l’image. ça passe pendant quelques années durant lesquelles on bosse comme des cons et on fait l’impasse sur soi, jusqu’à ce qu’on pète un câble en se disant : qu’est-ce que je fout là ?
    Au passage, je ne sais pas s’il convient de plaindre les personnes interrogées. Elles ont au moins un boulot convenable par rapport à d’autres qui bossent pour se taper un salaire misérable, voire d’autres qui n’ont pas de travail du tout.

  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 12h09 le 27/11/2010
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    François Béranger
    TANGO DE L’ENNUI
    1974

    Anastasie, l’ennui m’anesthésie
    Je mesure aujourd’hui, combien favorisé
    J’étais quand je travaillais chez Petit Louis
    A Billancourt sur Seine, dans l’entrepôt modéle
    Je participais à l’expansion
    A six heures du matin
    Levé comme un aveugle
    Se laver avaler son café
    S’enfoncer dans le noir, prendre le bus d’assaut
    Piétiner dans le métro, c’était le pied
    Anastasie, l’ennui m’anesthésie

    S’engouffrer au vestiaire, cavaler pour pointer
    Enlever sa casquette devant le chef
    Faire tourner la machine, baigner toute la journée
    Dans l’huile polluée, quelle santé
    Surtout ne pas parler
    Mais ne pas trop rêver
    C’est comme ça que les accidents arrivent
    Et puis le soir venu repartir dans l’autre sens
    Pour le même enthousiasmant voyage

  • Pas tripette.
    Pas tripette.
    Si j'aurais su, j'aurais po lu.
    • Posté à 12h09 le 27/11/2010
    • Internaute 117974
      Si j'aurais su, j'aurais po lu.

    Dans les années 1800 et des bananes, y’avait un barbu qui écrivait des choses comme ça :
    « Un homme qui ne dispose d’aucun loisir, dont la vie tout entière, en dehors des simples interruptions purement physiques pour le sommeil, les repas, etc., est accaparée par son travail pour le capitaliste, est moins qu’une bête de somme. C’est une simple machine à produire la richesse pour autrui, écrasée physiquement et abrutie intellectuellement. Et pourtant, toute l’histoire moderne montre que le capital, si on n’y met pas obstacle, travaille sans égard ni pitié à abaisser toute la classe ouvrière à ce niveau d’extrême dégradation. »
    Karl Machinchose ou un nom dans ce genre-là, je sais plus très bien. Il racontait aussi des trucs comme quoi le chômage poussait les salaires vers le bas et, de fait, augmentait les profits.
    Bon, c’est c’qu’il disait hein, z’êtes pas obligés de le croire non plus.

    • survivant
      • Posté à 12h39 le 27/11/2010
      • Internaute 25864

      On peut résumer la pensée de karl machinchose à : Métro, boulot, dodo.

    • survivant
      • Posté à 12h45 le 27/11/2010
      • Internaute 25864

      Mais bon n’allons pas mettre de mauvaises idées dans la tête de ces petits cons, comme dirait nos chers détenteurs du pognon. Il ne manquerait plus que la jeunesse les laisse en plan et qu’elle leur ferme la porte au nez en décidant de ne plus consommer pour faire plaisir aux boursicoteurs. Tu ne vois pas la gueule des écureuils ?

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 12h42 le 27/11/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    La fièvre qu’on a cru vaincue en 69 ne semble pas être retombée après 40 ans de destruction de thermomètres.

    C’est de l’acharnement thérapeutique !

  • framboise92
    framboise92
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 12h16 le 27/11/2010
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    Plus sérieusement, on vit une époque formidable depuis belle lurette....mais celle-ci est vraiment difficile à vivre. Je comprends le malaise de la jeunesse...même s’il n’est pas que financier. (ex cet article).
    Alors, c’est le moment de réfléchir ensemble....vieux et jeunes et VITE !

    • survivant
      survivant répond à framboise92
      • Posté à 13h38 le 27/11/2010
      • Internaute 25864

      Hum ! ! La tarte aux framboise un régal. Je pense que les vieux ne sont pas contre un engagement citoyen, eux, sont déjà passés par l’étape du couvercle de la cocotte minute, et vu la reconnaissance de cette politique pour les petits retraités qui les démunis de tout. Ils sont obligés de se retourner vers les restos du cœur pour combler leurs fins de mois de misérables retraités. Je suis certain que pour eux, ce serait une aubaine que la jeunesse se tourne vers ces anciens, pour que ces derniers leur transmette leur savoir et que les jeunes ne les regarde plus comme des boulets de la société. Si les jeunes sont là c’est grâce à eux. Non ? Maintenant, ce sont les générations qui sont dans la vie active qu’il faut convaincre de l’urgence d’un engagement citoyen. les générations des quarante, soixante ans. Ces générations qui ont subis le phénomène du couvercle de la cocotte minute par leur ainés, et qu’ils le retranscrivent sur leurs propres enfants. C’est eux qui doivent se rendre compte que ce système est usé jusqu’au trognon.

  • sabrina
    sabrina
    NounouOgg ascendant Vimaire
    • Posté à 12h17 le 27/11/2010
    • Internaute 24259
      NounouOgg ascendant Vimaire

    L’échec de la société « fric » des 90’. Je fais partie de cette génération qui devait réussir pour être bien payé. Bac s, prépa, la voie royale.
    Venant d’une famille modeste, j’ai longtemps hésité entre cette voie ( a laquelle j’avais accès grâce aux bourses) qui semblait attirante et celle qui me plaisait, certes moins glamour (et moins payée) mais bien plus épanouissante. J’ai, dès cette époque, fait le choix de ma qualité de vie. Je suis instit, je gagne correctement ma vie sans plus. Mais contrairement a tout ces trentenaires blasés, je me lève le matin ( la majorité du temps en tout cas) en étant contente et même fière (si j’ose dire) de ce que je fais chaque jour. Je bosse dans l’humain, valorisé par les progrès de mes élèves, pas pour faire gagner plus de fric à un quelconque patron. A un moment on a tous fait des choix de vie. Il faut les assumer au lieu d’accuser la société.

    • temudjin1155-
      temudjin1155- répond à sabrina
      Horror humanum est
      • Posté à 12h43 le 27/11/2010
      • Internaute 127128
        Horror humanum est

      Hors du contexte de cet article (quoique...), vous conviendrez tout de même que tout le monde n’a pas le même niveau d’éducation et que la société doit être là pour palier aux lacunes ou déficiences (naturelles, accidentelles) de certains. Quand elle ne répond pas à ces attentes, il est de bon ton de le faire remarquer voire de s’en plaindre

    • Spool
      Spool répond à sabrina
      ici
      • Posté à 20h27 le 27/11/2010
      • Internaute 52054
        ici

      A un moment on a tous fait des choix de vie.

      oui, mais ça ne veut pas dire qu’on en est seul responsable

  • ADCR
    • Posté à 12h19 le 27/11/2010
    • Internaute 14797

    Juste un réctificatif. pas le premier article que je lis a ce sujet, les gens de ma génération qui ne veulent plus bosser, qui en sont las...
    Bizarrement c’est toujours un peu le même milieu d’ex élèves d’écoles de commerce, d’étudiants dans la finance, des gens qui ont été élevés pour conforter le systeme. C’est plutot une bonne chose qu’ils s’y retrouvent pas, voir qu’il rejete le systeme. Mais leur démotivation pour leur boulot n’est pas trop dramatique lorsqu’ils se retrouvent au chomage, vu les allocs qu’ils se paient ensuite. ça doit pas être trop stressant. Mais ce phénomène des trentenaires qui n’ont plus de motivation pour aller bosser se retrouve aussi chez ceux qui galèrent, qui retournent chez leurs parents et qui n’ont que le rsa pour s’en sortir. Le travaillez jamais situationniste était une revendication en 68, maintenant c’est surtout un ras le bol des conditions de travail de plus en plus inhumaines ou toute relation entre collègue est une affaire de concurrence ou la majorité des travailleurs ne survivent que grace aux drogues : cocaïne, alcool, antidépresseur, anxiolytique, cannabis (au mieux). Le monde du travail est tellement merdique, les entorses au code du travail sont si systématiques (parfois avec un mauvaise conscience patronale) que la galère du chômage est considéré comme une amélioration de la qualité de vie.
    Même ceux qui, contrairement a vos élève d’écoles de commerce ont trouvé leur voie dans un travail qu’ils pensaient aimer n’en peuvent plus, commencent à détester leur travail.
    Le ras le bol est général.

  • Papayuf
    • Posté à 12h23 le 27/11/2010
    • Internaute 50618

    Eh oui, il fallait s’attendre à tout ce tas de commentaires agressifs de la part de ceux qui ne sont donc pas concernés et ne tentent pas de comprendre l’article.

    Il ne s’agit pas de « plaindre » un groupe, qui au fond s’en sort très bien et en est conscient. Il s’agit du mensonge de la société aux jeunes : ayez des gros diplômes et vous serez heureux.
    Ceux qui ne parviennent pas à ces diplômes ne sont pas conscient du mensonge. Par contre, ceux qui les ont obtenus et qui, pleins d’illusions se lancent sur le marché du travail, se rendent compte au bout de quelques années qu’on les a bien entubés. On les a tannés toute leur jeunesse pour ces putain de diplômes, puis ils se retrouvent à des bouleaux, certes bien payés, mais très souvent avec une surcharge horaire impressionnante, un très haut niveau de stress, et surtout une tâche complètement vide de sens, où la seule utilité est de gonfler le bénéfice pour l’actionnaire.
    Une fois qu’on est là, on comprend qu’on s’est fait utiliser comme n’importe quel autre. Vis à vis de soi, l’expérience est vide, et vis à vis de la société, non seulement on est pas utile mais on peut carrément être néfaste.

    Je connais des tonnes de gens dans cette situation. Dans un sens c’est aussi de leur faute. Ils ont pêché tout d’abord par ignorance, immaturité, comme le dit l’article par panurgisme, bref par paresse intellectuelle. Un peu de conscience politique leur aurait rapidement ouvert les yeux sur le système et leur aurait permis de virer de bord quand il le fallait.

    Ceci dit, il n’est jamais trop tard. Ils en ont encore la possibilité, bien plus qu’un ouvrier. Alors, dernière chance de dire merde à une boîte de merde, autant la prendre. « oui, mais c’est compliqué » evidemment les couilles molles resteront.

    • A déménagé le 23-6
      • Posté à 13h03 le 27/11/2010
      • Internaute 85924

      « Un peu de conscience politique » => oui, c’est exactement là que se situe le problème, à mon avis... J’ai l’impression qu’on formule en termes de plus en plus individualistes, psychologiques, un mal-être qui pourrait / devrait s’exprimer en termes politiques.
      (D’ailleurs on le voit bien dans leurs aspirations, travailler en ONG ou faire du développement durable me semblent des palliatifs pour se rendre utile sans agir sur le plan politique...)

    • Jubelee
      Jubelee répond à Papayuf
      En transit
      • Posté à 15h05 le 02/12/2010
      • Internaute 124854
        En transit

      c’est un bon résumé du problème, mais je voudrais nuancer un tout petit peu le fait de pécher par paresse intellectuelle.

      Au-delà du classique « je suis la voie de papa », on a aussi beaucoup de « j’ai des bonnes notes à l’école mais je ne sais pas quoi faire », « on m’a dit qu’une prépa ça permettait de pas se fermer de porte si on sait pas trop quel métier on veut faire ». Le choix de la prépa se fait quand même à 17 ans, avant le bac...

      Alors si on a la chance d’avoir des parents, de la famille qui connait ce genre de parcours, tant mieux, sinon on tatonne pas mal, accompagné par des conseillers d’orientation qui en connaissent généralement encore moins que vous (sans leur jeter la pierre, je vois mal comment ils pourraient vous donner une vision de ce qu’est la fusion-acquisition ou le conseil en stratégie).

      Quant à la conscience politique, on peut aussi avoir des parents impliqués socialement et politiquement, mais qui vous poussent vers ce genre de voie parce qu’au moins vous serez à l’abri du besoin...

  • WhiteWarrior-
    • Posté à 12h26 le 27/11/2010
    • Internaute 129329

    De mon temps, on appellait çà de « jeunes cadres dynamiques », reconnaissable à leur attaché-case, leur costard cravate de chez Brummel ,leur ligne entretenue par le footing et leur calvitie naissante.Giscard jeune, en somme. Maintenant ces pauvres petits ont le « blues »...arrêtez, je vais pleurer sur leur sort. On se cotise pour leur donner la pièce ?

  • Corti
    Corti
    Onaniste Otaku
    • Posté à 12h34 le 27/11/2010
    • Internaute 46986
      Onaniste Otaku

    Tiens, je dois être dans le lot, j’approche de la trentaine. Niveau boulot, je ne me sens pas dévalorisé même si j’adapte le comportement décrit dans l’article (glande jusqu’à être au pied du mur).
    Jusqu’à présent, je suis plutôt positif sur mon taf’, vu qu’il correspond à peu près. Par contre, je commence à avoir un peu de lassitude qui pointe, et j’aimerai tester un autre job (si possible, toujours aussi bien payé : D ).

    Mais voilà, je sais déjà que si je me quitte mon taf’ et que je recherche un autre boulot, on ne va me proposer que le même type de job que ce que j’ai fait jusqu’à présent, ce qui ne m’intéresse pas et ça va être une galère de pouvoir trouver un autre taf un peu différent. Et mon côté « je n’aime pas me prendre la tête » me pousse à rester sur place en attendant une possibilité interne, ce qui est le plus sûr et le plus facile.

    Sinon ouaip, des fois, ça me démange d’envoyer des mails cinglants à quelques personnes, surtout celles de la com’ qui nous spam de mail, de posters pour mettre en valeur le changement de la société et patati et patata avec des dépenses en millions sur la com’ alors qu’on se bat pour avoir 10 euros d’augmentation (en gros, on est dans un version très soft de ce que Naomi Klein a décrit dans « No Logo », mais très soft, j’ai quand même la chance d’être entreprise plutôt sympa).

    Donc finalement, je ne suis pas si mal et je ne m’en plains pas (par contre, entendre les collègues se plaindre aux repas de midi peut être usant parfois, tant j’ai l’impression qu’ils n’ont pas l’air de réaliser qu’on n’est pas trop mal loti finalement : genre on voit avoir 200 euros de prime brut à Noël, ils trouvent que c’est nul et pas assez, mais je trouve que c’est déjà mieux que rien).
    Après, j’ai aussi eu la chance d’avoir des parents qui m’ont dit qu’ils s’en foutaient du boulot que je ferais, du moment que je sois heureux de le faire. Donc ouip, j’ai un BAC + 4, mais si j’avais décidé de faire un BAC -1, ils ne m’en auraient pas empêché. Bon, ils auraient ptêt été un peu déçu que je voie pas plus haut, mais ils auraient pris sur eux.
    Comme quoi, tout dépend des parents finalement. C’est leur faute s’il y a des trentenaires désabusés maintenant : D
    Enfin à 30 ans, ils sont théoriquement capables de se débrouiller par eux-mêmes normalement maintenant ^^

    Mais concernant les études, une belle-soeur a été à Science Po et c’est vrai qu’elle a croisé pas mal de gens qui faisaient Science Po, Ponts et Chausses, X et autres grandes écoles mais qui étaient là sans savoir pourquoi ils étaient là, mais qui suivaient ce qu’on leur disait de faire. Ils ne savaient même pas pourquoi ils faisaient ce cursus à part que ça leur donnera du boulot à la fin.
    Mais bon, un jour, il faut se réveiller aussi ^__^

    Sauf qu’on ne se réveille qu’après un ou deux ans de boulot. Et vu la lourdeur des diplômes dans les recrutements français, on se retrouve prisonniers d’eux quelque part. Il est probable que les choses iront mieux dans le futur si les recruteurs se détachent un peu des diplômes. Car bon, un an de travail à fond sur un poste, c’est largement équivalent à trois années d’études - si ce n’est 5- que l’on suit sans grande motivation. L’école file des clés de compréhension, mais c’est à peu près tout.

    Je vais dériver un peu mais après, si les diplômes ont un poids aussi élevé dans le recrutement en France, c’est aussi lié au fait que le code du travail est rigide et que ce n’est pas évident de se « débarrasser » d’un incompétent une fois qu’il est en CDI. ’tention, je ne critique pas le code du travail en soit, je l’aime bien tel qu’il est, c’est juste que du côté de l’entreprise, si elle foire son recrutement, elle le paye bien plus cher en France, que dans un pays anglo-saxon, c’est aussi un fait (et l’argument que c’est aussi son problème est recevable, mais il ne faut alors pas s’étonner que ces dernières se rabattent sur les diplômes pour la sélection, qui reste un gage d’un minimum de connaissance sur le métier).
    Faudrait ptêt un contrat de travail un peu plus souple quand on tente un poste pour lequel on n’est pas formé de manière classique. Le souci est le même que d’habitude, le risque d’abus du côté des entreprises... : (

    • Tropicaleyes
      Tropicaleyes répond à Corti
      Jean-Christophe, En Slim, (...)
      • Posté à 12h53 le 27/11/2010
      • Internaute 95001
        Jean-Christophe, En Slim, (...)

      Itinéraire d’une enfant pourri gatée et promis à un avenir rempli de tristesse et de depression, pauvre france.....

      • A déménagé le 16-01-2012 3
        • Posté à 15h01 le 27/11/2010
        • Internaute 110430
          nc

        Racontez nous donc le votre pour voir ?

      • Corti
        Corti répond à Tropicaleyes
        Onaniste Otaku
        • Posté à 09h59 le 28/11/2010
        • Internaute 46986
          Onaniste Otaku

        Vu que je suis totalement indépendant actuellement sur tous les plans, je ne suis pas une( ?) enfant mais un adulte.

        Et je suis pleinement satisfait de mon cas, au moins je sais que j’ai des choses à faire : D

    • Urmacht
      Urmacht répond à Corti
      Esprit curieux
      • Posté à 09h20 le 30/11/2010
      • Internaute 91816
        Esprit curieux

      Très juste concernant cet état de fait révoltant : une fois rentré dans une case, quasi impossible d’en sortir. « Vous avez le profil logistique, vous allez faire de la logistique alors ? » « Ben non, j’ai fait le tour... » « Pourtant, vous avez le profil logistique... »

      Et doublement d’accord concernant le droit du travail, beaucoup trop rigide et véritable barrière à l’embauche. A croire que l’objectif du RH est avant toute chose d’éviter l’embauche en CDI. Auquel cas prendre quelqu’un d’une filière différente, même avec un fort potentiel d’apprentissage et de progression, représente un risque que l’on ne souhaite pas prendre.

      Maintenant je peux comprendre les deux pour avoir été à la place du recruteur à mon petit niveau. J’aimais bien les profils atypiques car souvent il y a des histoires humaines intéressantes derrière. J’ai ainsi reçu en entretien un prof qui voulait changer de filière : hélas pour lui il n’avait pas du tout le profil entreprise privé, il aurait été mis au ban par les collègues ouvriers (qui ne sont pas des tendres ni des modèles de tolérance) donc une heure de recrutement perdu. Par contre je me souviens aussi d’un homme d’une quarantaine d’année qui avait tenté la création d’entreprise et changé de région, son projet n’avait pas marché et il toquait à la porte pour revenir dans le marché du travail. Un type en or on lui a fait un contrat tout de suite. La semaine suivante il était pris en CDI ailleurs. J’étais vraiment content pour lui.

      Si les RH faisaient leur boulot dans le sens de découvrir et valoriser une force de production, ça tournerait mieux. Malheureusement aujourd’hui leur job c’est surtout : faire la nique aux syndicats, truander les salariés (accords 35h par exemple) et diminuer la masse salariale. Logique de financier tout ça. Mais bon ça ne date pas d’hier : Ford le décrivait il y a 100 ans déjà...

  • Sixpatte-
    Sixpatte-
    Sur Mars
    • Posté à 12h35 le 27/11/2010
    • Internaute 77583
      Sur Mars

    D’autant qu’ils se lèvent pas non plus pour aller voter ces d’jeuns.

  • ge rard
    ge rard
    libre
    • Posté à 12h36 le 27/11/2010
    • Internaute 50781
      libre

    comme je suis triste pour ces jeunes qui s’ennuient au travail...
    allez..on ne travaille plus.. ;
    on vit d’amour et d’eau fraîche.. ! !

    houppy..........

  • Srgvlt
    Srgvlt
    Twitter @srgvlt
    • Posté à 12h39 le 27/11/2010
    • Internaute 23660
      Twitter @srgvlt

    la dernière fois que j’ai entendu parlé d’un sujet un peu semblable, c’était il y a quelques années, plutôt pour parler des étudiants qui pêtent un câble, et changent de voie, partent dans la nature, l’humanitaire, voire terminent en hôpital psychiatrique.

    là le décalage semble être vécu beaucoup mieux mais plus tard, une fois dans la vie professionnelle, sans pour autant supporter cette vie grise qui a toujours été le lot de beaucoup, et sans forcément avoir une dimension plus grande qu’individualiste - s’envoyer des mails lolesques c’est pas tout à fait la même chose que se lancer dans l’associatif, par exemple.

  • Yores
    Yores
    Etudiant
    • Posté à 12h42 le 27/11/2010
    • Internaute 132116
      Etudiant

    Je pense juste que cette génération et celles qui suivront n’ont pas et n’auront pas comme seul objectif dans la vie le travail... Les générations précédentes mettaient le plus possible en avant le travail, quand je vois mes parents et grands parents qui ne vivent qu’à travers une réussite professionnelle je n’arrive pas à comprendre cela, c’est bien pour cela qu’il y a une certaine crise de l’identité aujourd’hui, on remet en cause le système constamment nous les jeunes car nous ne nous sentons pas bien dans ce système (profits, bénéfices,etc...) Enfin pour ma part et beaucoup de gens autour de moi...

  • geneviève421
    geneviève421
    medecin
    • Posté à 12h49 le 27/11/2010
    • Internaute 121096
      medecin

    Les seuls privilégieux vont rester les journalistes, pas besoin d’études, juste un peu de boulot peinard, avec un égo bien en place pour ne pas s’en laisser compter, comme on dit. Bon faut quand avoir la chance d’être assez bien né, et/ou d’avoir une bonne bouille de bo-bo.

    • Tropicaleyes
      Tropicaleyes répond à geneviève421
      Jean-Christophe, En Slim, (...)
      • Posté à 12h50 le 27/11/2010
      • Internaute 95001
        Jean-Christophe, En Slim, (...)

      T’es fou ? les journalistes viennent de la cité, ont connu des discriminations et bien sûr vivent avec la diversité ! Nom d’une pipe à pierrot huchon !

  • Tropicaleyes
    Tropicaleyes
    Jean-Christophe, En Slim, (...)
    • Posté à 12h49 le 27/11/2010
    • Internaute 95001
      Jean-Christophe, En Slim, (...)

    « Beaucoup de gens rêvent leurs vie, mais ne réalisent pas leurs rêves »

    Chercher pas c’est de moi les bobos...

    • Noob_Basher
      Noob_Basher répond à Tropicaleyes
      hein
      • Posté à 12h49 le 29/11/2010
      • Internaute 100527
        hein

      Wah quelle prose, t’as du bien vendre avec ce talent.

      Wait, Jean-Claude c’est toi ?

      • Tropicaleyes
        Tropicaleyes répond à Noob_Basher
        Jean-Christophe, En Slim, (...)
        • Posté à 12h53 le 29/11/2010
        • Internaute 95001
          Jean-Christophe, En Slim, (...)

        Non , je ne vends pas, je ne m’apelle pas huchon désolé

    • Urmacht
      Urmacht répond à Tropicaleyes
      Esprit curieux
      • Posté à 09h23 le 30/11/2010
      • Internaute 91816
        Esprit curieux

      Je vous suggère de changer votre pseudo pour Tropical Troll, cela correspondrait davantage à vos interventions...

      • Tropicaleyes
        Tropicaleyes répond à Urmacht
        Jean-Christophe, En Slim, (...)
        • Posté à 10h07 le 30/11/2010
        • Internaute 95001
          Jean-Christophe, En Slim, (...)

        Loll tu veux que je devienne une tapette sans personnalité, regarde bien j’ai quasiment 1000 messages ici

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