Entretien 09/01/2008 à 20h11

Renoncer à l'indicateur du PIB, une idée puisée à gauche

Pascal Riché | Redchef Rue89

En janvier 2008, Nicolas Sarkozy dans les voeux qu’il avait consacrés à la « politique de civilisation » avait suggéré l’utilisation de nouveaux indicateurs économiques. Une commission de 22 experts a été ensuite mise en place, présidée par le nobel d’économie Josephn Stiglitz.

Elle présente ce lundi 14 septembre 2009 son rapport à la Sorbonne.
L’idée de réformer les indicateurs de performance économique est directement empruntée à la gauche, comme nous le rappelait en janvier 2008 la philosophe Dominique Méda. (De nos archives)



Bassin de la Villette, juillet 2007 Flore-Ael Surun, Tendance Floue

Lors de sa conférence de presse, mardi, Nicolas Sarkozy a proposé d’oublier un peu le PIB, piètre mesure des performances des pays, et d’inventer de nouveaux indicateurs. Une idée pêchée dans les cartons de la gauche, selon la philosophe Dominique Méda, qui a conseillé Ségolène Royal pendant la campagne électorale.

Le président de la République juge le PIB « trop quantitatif, trop comptable », et estime qu’il dissuade les sociétés de changer leurs comportements, leurs façons de penser ou de produire : « Si nous voulons favoriser un autre type de croissance, il faut changer notre instrument de mesure de la croissance. »

Il compte réunir des experts de haut niveau pour « réfléchir aux limites de notre comptabilité nationale et du PNB ».


Dominique Meda a publié en 1999 un livre sur ces questions (« Qu’est-ce que la richesse ? “), dont un chapitre était d’ailleurs titré ‘Pour une politique de civilisation’.

Dans ce livre, elle juge absurde de mesurer le degré de civilisation des pays en fonction d’indicateurs de production, qui ne reflètent ni l’aptitude à la paix civile, ni le degré de cohésion sociale, ni la qualité de la gestion des ressources naturelles...

Pour Dominique Méda, cette idée a été produite par les cercles de réflexion de la gauche :

La philosophe ne peut que se réjouir que Nicolas Sarkozy reprenne l’idée, mais elle exprime des doutes sur le ‘timing’ de cette annonce : au moment ou la croissance du PIB commence à patiner, la tentation n’est-elle pas forte de ‘casser le thermomètre’ ?

Par manque de volonté politique, les dirigeants socialistes n’ont pas su se saisir des travaux de leurs intellectuels. Un nouveau signe de leur désarroi idéologique... Nicolas Sarkozy a donc repris l’offensive, et pour conduire le nouveau chantier, il a choisi deux experts internationaux très prisés à gauche (et même dans les milieux ‘alter’) : les deux prix Nobel d’économie Amartya Sen (qui a beaucoup travaillé sur la question, et qui est à l’origine de l’indice de développement humain du Pnud) et Joseph Stiglitz, ancien chief economist de la Banque Mondiale, qui pourfend depuis plusieurs années les méfaits de la mondialisation.

Pour en savoir plus :

 ? ‘Richesse’ (article de D.Méda dans le Dictionnaire de l’autre économie).

 ? Une évaluation de l’Indice du bien-être économique, par Lars Osberg et Andrew Sharpe (DARES)

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  • les_canards
    • Posté à 20h30 le 09/01/2008
    • Internaute 20527

    En fait, tout s’explique ! il est bien allé chercher la croissance à 5%, comme il l’avait promis (car il est évident que Nicolas Sarkozy n’échoue jamais)... et c’est volontairement qu’il a décidé de ne pas la ramener, pour privilégier la qualité (peut-être la croissance à 5% était-elle blonde, tandis que la croissance à 1,5% a la tête de Carla Bruni...).

    • pablico
      pablico répond à les_canards
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 00h17 le 10/01/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      Un malade qui a de la fièvre peut prendre de l’aspirine ou casser le thermomètre.
      Casser le thermomètre, voilà la solution, mais cela ne fera jamais tomber la fièvre

      • Argos
        Argos répond à pablico
        • Posté à 09h26 le 10/01/2008
        • Internaute 17902

        BRAVO ! ! !
        c’est tout à fait ça

      • ART MONIKA
        ART MONIKA répond à pablico
        • Posté à 14h55 le 10/01/2008
        • Internaute 10855

        Vous avez bien raison, Pablico.

        Ce type est « mal fini », en pleine crise d’adolescence, donc on imagine sans peine que le concept de « croissance » lui reste en travers de la gorge (d’où l’abcès de fixation). A le voir se retenir de glousser lorsqu’il se produit en public, tellement il est content de lui, on saisit qu’il est comme ces « enfants rois » qui ne veulent surtout pas grandir pour ne pas perdre leur toute-puissance. La France est dans ses mains comme une Game Boy où il joue et rejoue sans cesse le scénario de son imposture.

        Quant à ses pillages dans les bagages de la gauche (notions, personnages historiques et personnes réelles), ils font partie de ses habitus. Il les prend pour mieux les vider de leur contenu. Ce type simplexe et vulgus vulgaris est un Bernard l’ermite qui occupe la coquille des autres après les avoir bouffés.

         
        • Alice77
          Alice77 répond à ART MONIKA
          • Posté à 11h00 le 11/01/2008
          • Internaute 11594

          Le problème c’est que Ségolène Royal nous prend pour des enfants.
          Deuxième problème : je ne peux pas m’imaginer être gouvernée par quelqu’un qui ayant 4 endants, un compagnon, (plus maintenant peut-être mais bon) déclare faussement : « Ma plus belle histoire d’amour c’est vous », en s’adressant à une foule d’anonymes. elle plane à donf. Et cela doit être très agréable d’avoir une mère qui fantasme sur « l’amour » avec des inconnus électeurs potentiels. Et ne prend pas en compte, affectivement, sa vie amoureuse, sa vie affective « familiale ».
          Il est dément de voir que les socialistes surpassent finalement la droite en perfidie, en hypocrisie, en révisionnisme. Même pas élue Ségo change d’avis sur le Traité de Lisbonne. Et avec ses copains veut nous faire croire qu’un boycoott à Versailles ça fera genre rebelle.
          Alors entre deux maux je ne choisis pas.

        1 autres commentaires
      • Alice77
        Alice77 répond à pablico
        • Posté à 10h51 le 11/01/2008
        • Internaute 11594

        Oui entièrement d’accord.
        L’indicateur qu’il compte utiliser pour cacher ses échecs est l’indicateur utilisé et conçu pour les pays en voie de développement.
        Jamais je n’aurais pensé qu’on puisse les utiliser en France pour cacher la faillite économique.
        Second chose : et si l’indicateur IDH donnent de mauvais résultats, il va faire quoi ? Il ne donnera pas de mauvais résultats. Notre idh est un des meilleurs du monde, Sar Ko le sait très bien.

        Au fait, je viens de lire le discours d’arrivée à la tête de la Présidence de L’UE, le discours donc de son président. Il y a un excellent article de Laurent Hassid du Monde qui se trouve sur le site touteleurope et parle extrêmement bien des problèmes ethniques de la Slovénie pour nous faire savoir, comme si nous ne le savions pas, que encore en 2008 le concept de nationalité émanant de l’Etat ne parle pas au Slovènes, leur obéissance première va à leur ethnie.
        Bonjour les problèmes à venir... Surtout si les bretons et le Frioul et les Sine Et Marnais se découvrent plus bretons, frioulans, seine et marnais que Français.
        C’est l’année européenne du dialogue interculturel, donc Monsieur le Président Slovène a pondu trois feuillets, où nous retrouvons 27 fois le mot culture.
        Je plains la culture qui sera malmenée par ce président Slovène, qui ne connaît pas les dictionnaires des synonymes et donne à lire ou entendre une prose des plus pauvre, convenue, aérienne. Du vent européen culturel va-t-on déguster cette année.
        Vient l’idée aussi que sans doute comme Sarkozy doit se coltiner la culture européenne, il a commencé sa conf de presse pour s’entraîner, en blablatant civilisation, Morin et autres, alors qu’il n’a jamais ouvert un bouquin de sa vie.

        Donc tous ces méli mélos « culturel », IDH, ne sont que poudre aux yeux pour cacher la pauvreté des idées et du désir de partager les richesses économiques. D’un coup, subitement, les mecs de l’Europe disent : y’en a marre de l’économique, de la politique, l’humain est culturel, l’Europe doit être culturelle ; visitez les musées gratos etc... Ils reprennent perversement le discours d’une « gauche » ( ?) qui pense en termes de sensibilité, qui lit Proust, se régale de Picasso, ne sait pas passer une journée sans ouvrir un livre. Petit problème que ces gars là oublient : pas de culture sans argent, sans repos, sans disponibilité d’esprit, sans oisiveté, sans travail personnel.
        Ce n’est pas en confinant les humains dans une posture de « au boulot » donc claqué/stressé, ou « cherchant du boulot » donc claqué/stressé/sans le sou, que la « culture » peut-être une priorité européenne.
        Encore une fois les financiers de l’Europe tentent de nous prendre pour des bananes.
        Moi j’ai une vision de la culture. On va bouffer les tableaux, les faire cuire. Construire des baraques en bouquins.
        Logez les gens, donnez leur des sous, et après on causera...

      • Zeki
        Zeki répond à pablico
        Curieux de tout
        • Posté à 11h22 le 14/09/2009
        • Internaute 64085
          Curieux de tout

        Excellent !

        Qu’il le casse si lui plait pourtant pour garder une idée de l’évolution de la fièvre il faudra bien la mesurer (même en cati mini)...

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à les_canards
      yetiblog.org
      • Posté à 08h34 le 10/01/2008
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

    • Alice77
      Alice77 répond à les_canards
      • Posté à 11h35 le 12/01/2008
      • Internaute 11594

      Si le pib, indicateur de richesse fianncière, doit disparaitre, et que l’on doit mesurer les revenus en termes de « bonheur », « bien-être », « niveau d’éducation » bla bla bla, alors que Sarko ne soit plus payé du tout.

      Il est dans un état d’extase permanent frôlant l’acmé bouddhique donc il n’a plus besoin qu’on le paie.

      D’ailleurs le budget qu’il s’est octroyé pour présider l’Union Européenne pendant six mois dès juillet 2008 devrait lui être sucré. Il aura atteint là l’acmé exposant 4O (comme le CAC).

      Parce que le CAC 4O, la Bourse de Franckfort, le Nikkei etc. ils deviennet quoi, empâté de Sarko, avec ton IDH de daube ?

  • Incorrect
    • Posté à 20h45 le 09/01/2008
    • Internaute 27464

    C’est ça la droite « décomplexée »,on pille, on vole, on ment, on triche, on se sert....y a plus de tabous.

    • jide
      jide répond à Incorrect
      http://jide.romandie.com
      • Posté à 21h48 le 09/01/2008
      • Internaute 22641
        http://jide.romandie.com

      Non, il n’y a plus de tabou. Mais la colère monte.
      Lien

  • manu2005
    manu2005
    Afghanistan,Lybie, la france (...)
    • Posté à 20h46 le 09/01/2008
    • Internaute 1805
      Afghanistan,Lybie, la france (...)

    En fait, la nouvelle mesure simplifiée conciste à mesurer le PIB des 2000 premières fortunes de France.
    Là, les résultat sonts fulgurants.

  • jazzmataz
    • Posté à 20h46 le 09/01/2008
    • Internaute 11269

    Même si cette idée provient sûrement d’un désarroi face à une croissance qui ne fait que baisser, le fait de remettre en question le PIB comme indicateur de richesse est une révolution politique ! Tous les politiques d’aujourd’hui sont hypnotisés par « la croissance » et incapables et de remettre en cause cette indicateur.

    Si Sarkozy parvient à imposer un nouvel indice de richesse, les politiciens rattraperont un retard idéologique énorme (cela fait un moment que les économistes sont convaincus que le PIB devrait moins considéré, voire mis à l’écart)

    • manu2005
      manu2005 répond à jazzmataz
      Afghanistan,Lybie, la france (...)
      • Posté à 20h52 le 09/01/2008
      • Internaute 1805
        Afghanistan,Lybie, la france (...)

      Je suis tout à fait d’accord avec vous, mais j’ai de sérieux doutes sur la réalité d’une telle annonce. En tout cas, sur sa mise en oeuvre par un gouvernement aussi impliqué avec le Medef...

    • nipivime
      nipivime répond à jazzmataz
       ; -
      • Posté à 18h20 le 10/01/2008
      • Internaute 503
         ; -

      Tout à fait d’accord avec Jazzmataz. En ajoutant que les politiques ne sont pas les seuls hypnotisés par le PIB : entreprises, banques, médias... C’est LA référence de mesure de l’activité, il est donc implacablement logique que les efforts des uns et des autres s’y consacrent. A peine l’IDH, indice de développement humain, a t il une certaine notoriété, mais qui en connaît les résultats ? Qui sait comment il est calculé ? D’ailleurs, le PIB lui même est certainement une boîte noire pour nombre de ses utilisateurs.

      Le PIB....Les critiques en sont connues.
      - Avant tout, parce qu’il ne reflète que les activités « rémunérées ». Il laisse donc de côté les activités « bénévoles » (qui pourraient être « financiarisées », comme les activités associatives, le coup de main donné à un ami pour un déménagement, les activités ménagères ou potagères...), mais aussi les activités plus difficilement « monétarisables », comme une aide psychologique ou le bien-être procuré, par exemple, par un peu plus de temps libre.
      - Ensuite, parce qu’il ne tient pas compte des « effets négatifs ». Classique, l’embouteillage qui fait consommer de l’essence ou l’accident de voiture qui nécessite réparations fait augmenter le PIB. Plus récent comme critique, la destruction des ressources naturelles, énergie fossile, forêts, ou simplement... état de la planète.

      Or, et c’est le problème d’une mesure entérinée par tous, il conditionne les politiques décidées (puisque c’est lobjectif...).

      Cela dit, si les économistes pensent en général que le PIB devrait être moins « considéré », comme le dit Jazzmataz, peu suggèrent qu’il soit mis à l’écart.
      - D’abord, c’est plutôt une bonne mesure de ce qu’il prétend mesurer. Les pays qui ont un PIB important sont bien, globalement, les pays les plus riches. Est-ce que la richesse n’est qu’argent ? Non, mais c’est une autre question.
      - Ensuite, c’est une référence (une « convention ») : la faire changer ne se fait pas d’un coup de baguette magique, mais requiert toute une « rééducation » de l’ensemble de monde de l’économie.
      - Enfin, il attend encore son remplacant, qui soit statistiquement aussi fiable, techniquement aussi proche de ce qu’il veut calculer, et surtout en accord avec ce que cherche globalement la société humaine.

      Car le PIB n’est pas un problème, ce qui est un problème c’est plutôt qu’il soit la seule mesure de la richesse. Accuser l’outil n’est pas une manière d’avancer. Si la société a choisi cet outil, c’est qu’elle en avait besoin : tout l’après guerre (la deuxième moitié du XXe siècle) s’est concentrée sur la production matérielle (ou de services). Au détriment de plein d’autres objectifs, mais celui-là a longtemps été rempli

      Dernière remarque de ce long post : qu’on parle de changer de mesure est déjà, en soi, une victoire pour ceux qui aimeraient que la société réflechisse sur elle même. Quelle que soit leur appartenance.

      N :)
      PS à lire sur le sujet, le super petit ouvrage de Gadrey et JanyCatrice aux éditions La Découverte, « Nouveaux indicateurs de richesse »

    • Alice77
      Alice77 répond à jazzmataz
      • Posté à 11h03 le 11/01/2008
      • Internaute 11594

      l’idéal pour ne pas se faire avoir c’est d’avoir les deux.

      S’il veut faire joujou avec l’idh, qu’il le fasse mais qu’on garde le PIB. ou PNB.

    • ALTERNATIVEMENT VOTRE
      ALTERNATIVEMENT VOTRE répond à jazzmataz
      MILITANT ASSOCIATIF
      • Posté à 09h27 le 12/01/2008
      • Internaute 28248
        MILITANT ASSOCIATIF

      Le néolibéralisme a lamentablement échoué à augmenter le niveau de vie des populations de toute la planète, ce qui est une évidence pour les économistes honnetes.
      Communiqué du CADTM, Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde :
      Erreurs statistiques de la Banque mondiale en Chine : 200 millions de pauvres en plus

      Damien Mille t- Eric Toussaint (CADTM)

      La nouvelle est presque passée inaperçue dans les grands médias généralistes : la Banque mondiale a reconnu en décembre 2007 avoir surévalué le produit intérieur brut de la Chine depuis des années. Voilà ce qui s’est passé.

      Avec une somme fixe, disons 10 dollars, un consommateur lambda ne peut évidemment pas acheter la même quantité de biens à New York, à La PAZ, à Kinshasa ou à Pékin. Afin de gommer ces différences et de comparer des montants de PIB comparables, la Banque mondiale utilise une conversion des montants concernés en parités de pouvoir d’achat (PPA).

      La question est d’abord de savoir quels prix sont pris en compte. Et là, l’opacité est de mise. Comment le coût de l’accès à l’éducation ou aux soins de santé est-il intégré au calcul ? Quels biens et services de base interviennent réellement dans cette conversion ?

      Toujours est-il que les prix (ou le coût de la vie) considérés par la Banque mondiale dans le cas de la Chine étaient inférieurs à la réalité. En décembre 2007, la Banque mondiale a donc reconnu que le poids de l’économie chinoise était en fait inférieur de 40% aux précédentes estimations. Ce n’est pas rien. Ainsi, le PIB de la Chine exprimé en PPA pour 2005 serait de 5.333 milliards de dollars au lieu de 8.819 milliards avec l’ancienne estimation. La tendance est sans doute la même pour l’Inde, l’autre grande puissante asiatique émergente.

      Mais s’agit-il réellement d’une simple erreur ? La Banque mondiale dispose de toute une batterie d’experts grassement rémunérés et tout à fait en mesure de détecter bien plus tôt une telle erreur. D’autant que la Banque mondiale est coutumière du fait : à plusieurs reprises déjà, ses estimations étaient erronées et cela permettait à ce fer de lance de la mondialisation néolibérale de faire passer en force ses exigences. Alors, dans le cas de la Chine, à qui profite le crime ?

      Justement à la Banque mondiale et à ceux qui défendent le modèle économique dominant. Car cette surévaluation a des répercussions sur la croissance mondiale, qui ne serait que de 4,5% au lieu des 5% annoncés. Cet argument est souvent avancé pour expliquer qu’avec une telle croissance, les choses sont en train de s’améliorer dans le monde, preuve que le système actuel va apporter prospérité et bonheur…

      Mais cette surévaluation a aussi de fortes répercussions sur le discours lié à la réduction de la pauvreté. Car selon la Banque mondiale toujours, le nombre de pauvres a baissé de 100 millions entre 1990 et 1999, grâce aux chiffres venant de Chine et d’Inde (-200 millions) alors que ce nombre a augmenté sur les autres continents (+100 millions). Avec la réévaluation en cours, le nombre de personnes vivant avec l’équivalent de moins de 1 dollar par jour en Chine va augmenter de 200 millions environ. Si l’on fait le même travail en Inde, on se rend compte que le nombre de pauvres absolus dans le monde a en fait augmenté.

      Non seulement c’est la crédibilité des études de la Banque mondiale qui est gravement mise en cause, mais c’est toute la logique même de son discours sur la réduction de la pauvreté et les bienfaits de la mondialisation néolibérale qui s’effondre.

      Eric Toussaint
      international@cadtm.org
      CADTM
      345, Avenue de l’Observatoire
      4000 LIEGE
      Belgique
      Lien

    • Iv
      Iv répond à jazzmataz
      Roboticien utopiste
      • Posté à 11h26 le 14/09/2009
      • Internaute 39192
        Roboticien utopiste

      Le nombre de bonnes idées et de superbes déclarations d’intention faites dans les discours de Nicolas Sarkozy (qu’il n’écrit pas lui même) se retrouvent dans sa côte de popularité. Par contre on attend toujours leur réalisation.

    • marc44
      marc44 répond à jazzmataz
      • Posté à 13h24 le 14/09/2009
      • Internaute 24488

      je ne sais pas pourquoi ce commentaire est entouré. Sarkozy est depuis longtemps discrédité à avoir d’autre intérêt et d’autre valeur que l’argent, obtenu en exploitant autrui, et sa propre personne.

      Chirac a passé des années à dire que la maison brûle, que nous ne faisons rien, surtout lui. Mais combien d’années de naïveté faudra t-il encore supporter ? Mais vous êtes vraiment nés de la dernière pluie ?

  • thierry reboud
    • Posté à 20h49 le 09/01/2008
    • Internaute 20923

    En lisant votre compte-rendu de la conférence de presse de Sarkozy, je m’étais étonné que le recours à Amartya Sen et Joseph Stiglitz n’ait pas plus que ça frappé les esprits.
    N’étant pas économiste moi-même, je ne me sens pas apte à juger « techniquement » leurs écrits, mais il me semble que tous deux, sans récuser fondamentalement le capitalisme, proposent tout de même des alternatives à l’orthodoxie globalisatrice contemporaine.
    Au sujet de l’indice de développement humain, je crois que le roi du Bhoutan a déjà pris une telle initiative et qu’elle est à la base de la politique qu’il mène sur ses terres. Pour autant, il me semble qu’il serait hâtif de le qualifier de roi de gauche (et je veux bien parier que ça ferait beaucoup rire la majesté).
    Toutefois, d’une manière générale, l’impression que me laisse Sarkozy, c’est qu’il s’engouffre dans les silences du PS (TV publiques sans pub, urbanisme et développement durable, entre autres). Ce qui fait peut-être un beau discours : pour la politique, on jugera sur pièces (et ça risque de faire mal).

    • Yzokrass
      • Posté à 14h51 le 10/01/2008
      • Internaute 24438

      Sarkosy, un gauchiste ?
      Si on me l’avait dit avant, j’aurais certainement voté pour lui.
      L’idée de mesurer le « bien-être » plutôt que la croissance est bonne mais, gageons que dans 3 ans, après avoir cassé la sécurité sociale, l’éducation nationale, la fonction publique, la santé, le code du travail, le contrat de travail, ....., il faudra encore changer de « thermomètre » car il ne fera pas bon vivre en france.
      Mais d’ici là, peut être que la croissance sera repartie (Comme aux Etats-Unis, par exemple, qui viennent pourtant de subir 7 ans de libéralisme pur et dur)

    • nipivime
      nipivime répond à thierry reboud
       ; -
      • Posté à 17h51 le 10/01/2008
      • Internaute 503
         ; -

      En fait, le Bhoutan mesure son activité au moyen d’un « indice de Bonheur National Brut », ou BNB, et non de l’Indice de Développement Humain, IDH.

      Techniquement, l’IDH est un indice calculé pour tous les pays du monde par l’ONU (le PNUD pour être précis) et qui mixe
      1/ la santé, mesurée par l’espérance de vie à la naissance,
      2/ l’éducation, mesurée par le taux d’alphabétisation + le taux de scolarisation, et
      3/la richesse, mesurée par... le PIB par habitant.
      On voit donc revenir le PIB par la fenêtre. Les résultats sont très intéressants, surtout en les comparants avec ce que donne le seul PIB par habitant. Le site du PNUD propose des animations sur le sujet, et toutes les données, voir

      hdr.undp.org/external/flash/hdi_gdp/

      Le BNB est la manière dont le Bhoutan, depuis une trentaine d’années, calcule son activité. C’est d’ailleurs un indicateur un peu flou et basé sur les perceptions, pour certains facteurs. Il combine la croissance, la « bonne gouvernance », les questions environnementales et la culture.
      En effet, les indicateurs orientent les politiques menées. C’est donc un choix délibéré pour ce petit état (2 millions d’habitants), boudhiste, enclavé sur les montagnes entre l’Inde et la Chine.

      N)

    • Iv
      Iv répond à thierry reboud
      Roboticien utopiste
      • Posté à 11h29 le 14/09/2009
      • Internaute 39192
        Roboticien utopiste

      Je pense que Sarkozy, dans ses calculs court-terme ne se rend pas compte qu’il fait gagner à long terme les idéologies de gauche. Mettre DSK au FMI a été un coup de maître pour le neutraliser sur le plan national mais les réformes qu’il amène dans cette institution ont des répercussions au plan mondial.

      Si une personnalité forte de gauche se dégageait, elle trouverait un nombre de levier et d’accroches à saisir assez impressionnant dans la société actuelle.

  • anky
    anky
    panky
    • Posté à 20h56 le 09/01/2008
    • Internaute 25269
      panky

    Bonsoir .

    Aprés les éléphants .
    Aprés toute les idées puisées dans les propositions prises dans le programme de Madame Royal .
    Voici l’emprunt d’un livre d’un Philosophe de Gauche .
    Voila que l’on puise encore des idées à la gauche .

    Quand va t-on puiser dans les propositions de la gauche pour amèliorer le pouvoir d’achat .
    L’augmentation des retraites .
    La TIPP à rétablir d’urgence .
    Les taxes sur la maladie à abroger .
    Bientôt les retraits de la pub pour les chaines publiques .
    Qui va payer une hausse sur la redevance télé , les telephones mobiles , l’internet .
    une taxe sur la longueur des cheveux .
    Une taxe sur les genoux cagneux .
    Une taxe sur les moustaches .
    Et tout cela parce que des gens ont cru aux miracles ,
    aux belles paroles .
    Ils vont pleurer ceux qui ont cru au chant des sirènes .
    La plus rentable des taxes serait celle prise sur la connerie des blaireaux qui nous ont foutu dans la merde pour quatre ans et demi .

    Les municipales approchent , elles sont importantes , plus importantes qu’on ne le crois .
    Les sénateurs sont élus par les Maires de France .
    Donner une voix est la plus importante des mission des gens de gauche , elle comptera double .
    Les municipales vont etre politisées à bloc , attention aux bretteurs .

  • jissé
    jissé
    Ingé retraité
    • Posté à 21h01 le 09/01/2008
    • Internaute 23393
      Ingé retraité

    Si c’est inspiré d’un « conseiller de Ségolène », bonjour les dégats !

    JAGO dans le gaz ! (Eric BESSON)

  • king selewa
    • Posté à 21h02 le 09/01/2008
    • Internaute 23624

    je me demande vraiment ou il s’arretera...j’ai l’impression de me répeter mais, comment etre moins credible ! le comique est à son comble lorsqu’il veut se séparer de critères quantitatifs ! lui qui ne jure que par le chiffre, le mesurable...on atteint des sommets quand on sait que tout cela est instrumentalisé car la sacro-sainte croissance n’est pas au rendez-vous, depechons nous de trouver autre chose à mettre sous la dent du populo...quelqu’un pourrait lui dire qu’il commençe à etre la risée de son propre peuple...n’a-t-il donc vraiment aucune conviction à ce point...je m’interroge très sérieusement sur l’etat de sa santé mentale...
    Lien

    • jm1943
      jm1943 répond à king selewa
      retraite bordeaux
      • Posté à 10h31 le 11/01/2008
      • Internaute 24897
        retraite bordeaux

      Ca aussi c’est pas mal.
      Lien ! C7D3D14BE8F04566 ! 2087.entry

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 08h41 le 10/01/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    LA CROISSANCE, RÊVE OU CALAMITÉ ?

    Qu’est-ce qu’on peut nous en rebattre avec cette idée de croissance ! Sans croissance, pas de progrès, pas d’avenir, régression, no future, pas d’emplois, j’en passe et des meilleurs. Hum, hum, voyons voir tout ça de plus près…

    Si l’on en s’en tient à la définition première de la croissance économique comme accroissement de la production nationale des biens et des services pour satisfaire le public, rien à redire. L’idée de croissance devrait nous chavirer d’aise.

    Cet accroissement des biens et des services serait tout bénéfice pour le citoyen lambda si elle était mesurée par un indicateur de production en volume ou en indice de satisfaction. Mais non, elle est mesurée en valeur monétaire. Le taux de croissance équivaut au taux de variation du PIB (Produit Intérieur Brut). C’est donc un simple gain financier envisagé au niveau national.

    La question est de savoir si la progression des gains financiers au niveau national rime avec la satisfaction des besoins élémentaires de chacun.

    Si une année, j’achète un téléviseur X à tel prix et que l’an d’après il a été remplacé sur le marché par un téléviseur Y coûtant 40 % plus cher au prétexte de quelques innovations techniques, on nous dit que la croissance monétaire aura été de + 40 %. Ma satisfaction de consommateur aura-t-elle grandi de 40 % ? Rien n’est moins sûr.

    Autre exemple : pour faire tourner la machine diabolique, on limite l’offre à des produits de plus en plus archi-sophistiqués, donc de plus en plus chers, quitte à nous priver de biens ou services beaucoup plus simples, donc moins chers, mais qui suffiraient largement à nous combler. Ainsi de la fameuse Logan mini-prix de Renault, prestement retirée du marché européen quand on s’est aperçu qu’elle risquait de remplacer au pied-levé les engins sophistiqués bourrés de gris-gris électroniques qui vous inflationnent les tarifs et vous fragilisent la mécanique.

    Pire, et là on flirte carrément avec le sordide, que penser de ces grandes sociétés pharmaceutiques qui s’ingénient à contrarier la production de médicaments génériques pour pouvoir écouler leurs flacons de marques à prix exorbitants ? On en arrive à des tragédies comme celle du sida qui décime les populations des pays pudiquement appelés « émergents ». La croissance économique comme facteur de crimes contre l’humanité, bravo !

    J’entends d’ici les intégristes néo-libéraux brailler leur ultime argument-qui-tue : mais sans croissance, PAS D’EMPLOIS ! Allons, allons, poudre de perlimpimpin ! La croissance annuelle des grandes entreprises du CAC 40 se mesure à deux chiffres. Les avez-vous jamais vu embaucher, investir une part de leurs bénéfices en créations de postes ?

    C’est que la logique de l’économie néo-libérale n’a plus rien à faire de la satisfaction du public. Seule l’obnubile la quête effrénée d’un profit exclusivement monétaire réservé à une bande d’aigrefins insatiables. L’argent qui était à l’origine un simple moyen d’échange des biens et services produits, est devenu le but en soi de l’activité économique, une entité perverse et dévorante qui finit par semer la désolation plutôt que le contentement.

    Gardons-nous pourtant de condamner l’idée de croissance, mais dans son acceptation première. Reconsidérons la croissance dans l’optique d’une satisfaction des vrais besoins du public, de tout le public, et non d’une course imbécile aux profits financiers. Raisonnons-la, harmonisons-la avec les possibilités de notre élément naturel, socialisons-la.

    Pourtant tel n’est manifestement pas le but de notre caractériel président. Celui-ci a juste été forcé de se rendre à l’évidence : la croissance telle que l’entend le système néo-libéral est une idée durablement morte dans les pays privilégiés. (De quoi donc aurions-nous encore besoin puisque nous avons tout et plus que tout ?) Or sans croissance, plus de système.

    Alors comme d’habitude, notre névrotique Zébulon cherche à gagner du temps en essayant de prendre la tangente, de donner le change. Il découvre - c’est un scoop ! - que la croissance peut n’être pas seulement financière (idée de gauche). Mais de là à chercher une « croissance » de la satisfaction de tous, il y a un monde de Bolloré, de Bouygue, de Lagardère, de Parisot et autres voyous assimilés, qu’un président aussi marqué par son camp de droite n’est certainement ni en mesure, ni en volonté de franchir...

    • nipivime
      nipivime répond à Le Yéti
       ; -
      • Posté à 19h17 le 10/01/2008
      • Internaute 503
         ; -

      @Yéti (c’est la première fois que j’écris à un Yéti...)

      Pas trop d’accord avec les remarques, même si je suis d’accord sur le fond.

      -le coup de la télé : le PIB est bien un indice monétaire, mais la croissance, dans son sens général (et quand ce n’est pas précisé) est celle du PIB en volume (donc hors variations de prix). Une télé est une télé, qu’elle coute 40% de plus augmente le PIB (en valeur) mais ne se voit pas dans la croissance (en volume)

      - les autres remarques : le jeu des entreprises (Logan, produits pharmaceutiques) n’ont généralement pas pour origine cette mesure du PIB. Les entreprises visent la hausse de leur chiffre d’affaires (et, par là, leur rentabilité, mais c’est une autre histoire) et non les chiffres de PIB qui sont nationaux et constatés ex-post par les pouvoirs publics.

      Si le mode de calcul du PIB oriente quelque chose, c’est plutôt les politiques publiques au sens large : on va favoriser les salaires ou se battre pour une faible inflation (voir gesticulations sur les grandes surfaces) pour avoir plus de consommation au lieu de penser en « meilleure consommation », on va chercher à avoir plus de bénéfices pour les entreprises afin qu’elles distribuent des salaires ou des dividendes (toujours favoriser la consommation) ou qu’elles investissent plus au lieu de chercher à les faire investir « mieux » ou qu’elles améliorent les conditions de travail de leurs salariés, etc.

      Reste à savoir ce que veut dire « mieux », et les conséquences d’une évolution en la matière...
      N :)

  • Kruppe
    Kruppe
    Etudiant
    • Posté à 21h12 le 09/01/2008
    • Internaute 27059
      Etudiant

    Lorsque la croissance n’apparaît pas dans le PIB.. allons la chercher ailleurs ! Quel tour de maître il nous joue là. L’idée est loin d’être mauvaise, loin d’être nouvelle, mais permettez-moi de douter des intentions qui se profilent derrière.

  • A déménagé le 13-01-2012
    • Posté à 21h13 le 09/01/2008
    • Internaute 18368

    Il faut (hélas !) reconnaître à Mr. Sarkozy l’intelligence tactique :
    le PS est définitivement mis hors-jeu par cet étonnant appel à moderniser les mesures économiques...
    Je suis plus surpris pas le choix un peu « bling-bling » de deux « Prix Nobel » (ceci dit sans rien retirer, bien au contraire, aux talents des deux sus-dits)...
    N’a-t’on pas en nos Universités de brillantes et inventives personnalités en la matière ?

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à A déménagé le 13-01-2012
      yetiblog.org
      • Posté à 08h50 le 10/01/2008
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      Une « intelligence » tout de même sacrément cousue de fil blanc. Un vulgaire et grossier piège à gogos et à benêts. De plus déjà outrageusement utilisé par icelui « président ». Rappelez-vous l’affaire de la lettre de Guy Môquet, le plaidoyer pro-Jaurès et autres valeurs de gauche, rappelez-vous la solennelle annonce du Grenelle de l’environnement avec Al Gore himself en toile de fond. Et maintenant nos deux économistes à « visages humains »...

      Mais en ces temps de monumentaux pétages de plomb, les gogos et les benêts sont légions. Et même une sacré majorité pour porter et supporter de tels salauds et de tels malades au pouvoir.

      • moulinette
        moulinette répond à Le Yéti
        Peintrice Illustrateuse
        • Posté à 12h47 le 14/09/2009
        • Internaute 12255
          Peintrice Illustrateuse

        Peut-être qu’à force de puiser idées et valeurs morales à gauche, Sarkozy va finir par redorer le blason de la gauche que certains, dans la « gauche libérale », s’acharnent à ternir, hélas !

    • jerjer
      jerjer répond à A déménagé le 13-01-2012
      chercheur
      • Posté à 16h39 le 14/09/2009
      • Expert 48664
        chercheur

      il faut voir la composition de la commission.
      Il y a environ 1/3 de Français, ce qui n’est pas négligeable quand on pense à l’ambition mondiale du document. je pense au contraire qu’en prendre plus aurait donné un côté « France, donneuse de leçon » au rapport, ce qui n’est pas dans son esprit.

  • chtivelo
    • Posté à 21h16 le 09/01/2008
    • Internaute 10392

    Puisque les meilleurs sont à gauche (ouverture) les meilleures idées sont à gauche ,gens de droite faites plaisir à notre président
    Votez à gauche

    • honolulu38
      honolulu38 répond à chtivelo
      Ni en lutte ni assoupis
      • Posté à 10h26 le 10/01/2008
      • Internaute 21630
        Ni en lutte ni assoupis

      Mener une politique adroite sans être gauche, c’est encore la meilleure des solutions.

      Vive l’abandon des étiquettes et des clivages caricaturaux !

  • viva zebda
    viva zebda
    Ni maître, ni croquettes
    • Posté à 21h22 le 09/01/2008
    • Internaute 25029
      Ni maître, ni croquettes

    une journée où l’on ne rie pas,est une journée de perdue

    Lien

  • vol19
    • Posté à 22h10 le 09/01/2008
    • Internaute 13492

    Ces critiques des indicateurs sont bien connues et très anciennes... et bien-sûr il faut être atteint d’une crise économique intellectuelle, économique significative pour que l’on veuille bien prendre celà en considération.

    Un exemple que l’on donnait il y a vingt ans...

    Le médecin marié fait faire son travail administratif par son épouse : accueil des patients, comptabilité, secrétariat...un jour son épouse s’en va et divorce...
    Il passe une annonce, recrute via une société d’intérim une assistante médicale qui reprend le travail de son épouse ->conséquence : il augmente le PNB national, donc il augmente la croissance.
    Puis, il épouse la secrétaire qui stoppe son activité salariée et travaille bénévolement : conséquence diminution du PNB et de la croissance...
    Bien-sûr vous allez dire que de moins en moins d’épouses de médecin accueillent encore bénévolement les patients et réalisent le travail administratif... encore des changements sociaux liés à la montée de l’individualisme...

    Mais cet exemple montre bien la variation d’indicateur de PNB/croissance selon le statut alors que l’activité reste IDENTIQUE.

    Et puis qui sait le salaire de l’assistante peut-être le même qu’un jeune chercheur stagiaire qui fera lui ou elle une découverte majeure dans le secteur de la santé publique (je pense à un cas précis)...le même x % en plus de croissance ne correspond dans le deux cas à pas grand chose à long terme (travail administratif pouvant être partiellement remplacé par l’informatique/enjeux médicaux industriels)

    Ces remises en cause d’indicateurs auront une influence sur l’appréciation du secteur des services ou clairement tout ne se vaut pas...

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 22h24 le 09/01/2008
    • Internaute 24237
      prof. en province

    Modifier les indicateurs de croissance n’est peut-être pas une mauvaise idée, à condition que les décideurs qui ont pour habitude de s’y référer pour prendre leurs initiatives changent de comportement, sinon je crains que pour le Français lambda cela ne suffise pas, pour résoudre son quotidien immédiat !

    J’ai une anecdote, concernant un enfant malade, dans les années 60. La thérapie de l’époque consistait à mettre le petit malade à la diète tant que la fièvre n’était pas tombée. Celle-ci ne baissait pas, et plus les jours passaient, plus l’enfant s’affaiblissait.... !
    On s’aperçut finalement que la graduation du thermomètre était en fait décalée, dès lors, on se remit à nourrir normalement l’enfant qui se rétablit de manière fulgurante... !
    Pourquoi ne pas rêver d’un même traitement pour l’économie ? ...

  • Maria Rosa
    • Posté à 22h31 le 09/01/2008
    • Internaute 16292

    « j’irai chercher la croissance avec les dents »
    Mais il s’est cassé les dents...
    Alors il parle d’autre chose. Pour nous endormir.
    Il convoque des noms, éminents. Après Jaurès, Blum, voilà Amartya Sen et Stilgitz. Pour nous faire parler.
    Mais il faudrait qu’il comprenne qu’il ne sera pas jugé sur ses annonces, mais sur ses résultats. Or les indices de mesure des inégalités existent (indice de Gini, rapport entre les revenus des 10% les plus riches sur ceux des 10% les plus pauvres, indice de développement humain, ...). Et pour le moment , tout ce qu’il a décidé va vers leur aggravation.

  • glaurent
    glaurent
    ingénieur info
    • Posté à 23h16 le 09/01/2008
    • Internaute 1516
      ingénieur info

    Pour ceux qui écoutent France Inter le matin, il était tout à fait savoureux d’entendre Jean Marc Sylvestre, naturellement dans l’approbation de cette mesure de Sarko, en train de citer l’un des arguments alter-mondialiste de son « rival » Bernard Maris (lequel venait de le re-citer pour l’occasion 1h avant).

    L’argument étant que lorsqu’on est coincé dans un embouteillage à consommer de l’essence, on « fait de la croissance ».

  • agnesdecayeux
    agnesdecayeux
    femme à paris
    • Posté à 22h03 le 10/01/2008
    • Internaute 28007
      femme à paris

    Bonsoir,
    C’est extraordinaire cette amnésie, celle de rue89, la mienne et celle des autres. Aujourd’hui, 9 janvier 2008, anniversaire des 100 années de la naissance de Simone de Beauvoir, rue89 ne nous propose qu’une belle aventure de droite, de ces récits plats et cons en tout genre. C’est vrai que le mot « SA.K.ZY » est plus bénéfique financièrement sur GOOGLE (ou simplement sur un scrabble) que le mot Beauvoir. Mais putain, il faudrait que les gars dans leur after cuisine de libé à se croire libres pensent un peu à la culture, à la pensée. Il serait important qu’un écrivain comme régis jauffret puisse avoir honte d’affirmer son soutien impuissant (d’impuissant) à ce tout droitisant. Mais sans doute que dans les after de cuisine, on se croit révolutionnaire en fumant une clope ? que sais-je ?

  • Peureux anonyme
    • Posté à 23h47 le 09/01/2008
    • Internaute 24415

    Les indicateurs permettent de lancer des mesures qui vont alimenter des traitements statistiques, qui vont produire des tableaux de bord, qui vont être largement débattus par des consultants en Stratégie, qui en présenteront la synthèse aux « dirigeants », qui la claironneront au public, qui, s’il n’est pas trop bête, verra clairement que quand on est incapable de dire où il faut aller on n’est pas prêt d’arriver.

  • Servais-Jean
    • Posté à 00h40 le 10/01/2008
    • Internaute 4591
      43

    Au train où il est parti, je vois bien Sarkozy pendre sa carte au PS d’ici à 4 ans.
    Les seules bonnes idées qu’il trouve sont des idées de gauche, il faut dire qu’à droite ça pense pas beaucoup, il est difficile de penser en courant dns tous les sens.
    C’est peut-être ça le changement. On élit un président de droite et en bout de course on se retrouve avec un président de gauche et 53% de cocus.
    Comme disait Desproges : Etonnant non ?

    • nipivime
      nipivime répond à Servais-Jean
       ; -
      • Posté à 19h25 le 10/01/2008
      • Internaute 503
         ; -

      Euh... pas sûr.

      Déjà, le PS dans 4 ans, on verra ce que cela sera. Peut être que le Président y prendra sa carte, mais quel sera le programme, si le parti existe encore : -)

      Ensuite, il y a des gens qui pensent, à droite. L’histoire de l’ADN par exemple, l’allongement du temps de travail ou le recul de l’âge de la retraite, la volonté de « chasser les fraudeurs » à l’ASSEDIC ou au RMI comme si ces profiteurs étaient des nantis qui profitent de manière éhontée, la judiciarisation accrue et le durcissement des peines ou le jugement des personnes déclarées non responsables, la suppression de l’impôt sur le patrimoine alors qu’on maintient la TVA, impôt non-redistributif... ca ne sont pas des idées, ca ?

      Enfin, si cocus il y a, ce sont une partie des 53%... mais certainement pas tous. (d’ailleurs, marre de ce chiffre, ce ne sont pas 53% des francais qui ont voté, mais 53% des suffrages exprimés, soit une grosse 40aine de %).

      N :)

  • pedro66
    pedro66
    informaticien bon à rien
    • Posté à 11h47 le 10/01/2008
    • Internaute 25616
      informaticien bon à rien

    de quoi vous vous plaignez .
    sarkozy qui prend les idées à gauche, qui fait de la politique de gauche.
    Aux prochaines élections il fera 100 %
    Et arrêtez de pleurer .

  • Adarshini
    Adarshini
    Idéaliste
    • Posté à 12h01 le 10/01/2008
    • Internaute 14044
      Idéaliste

    Joseph Stiglitz interviewé sur France inter, en septembre 2006 :

    Lien

    pour écouter, cliquer sur « l’invité d’inter », et aussi sur « inter-activ’ »...

  • had
    had
    voyageur
    • Posté à 13h41 le 10/01/2008
    • Internaute 21439
      voyageur

    le B N B (« bonheur national brut ») existe depuis 1972 comme mesure de base à la « croissance » (qui n’a donc pas le même sens) au royaume du Bhoutan, basé sur quatre facteurs :

    * la croissance et le développement économique ;
    * la conservation et la promotion de la culture bhoutanaise ;
    * la sauvegarde de l’environnement et la promotion du développement durable ;
    * la bonne gouvernance responsable.

    En ce qui me concerne, je trouve le B.N.B. façon Bhoutan très sympa, sauf bien sur, le coté nationaliste de « conservation et promotion » de la culture bhoutanaise (ici on appelle ça « l’exception française »)

    Ni la gauche, ni la droite, ni Sarko, n’ont donc inventé ce principe, mais un roi au pouvoir absolu ! Comme quoi, il faut parfois regarder ce qui se fait ailleurs ...

    ( Lien )

    • Network 23
      Network 23 répond à had
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 14h51 le 11/01/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      « Ni la gauche, ni la droite (...) n’ont inventé ce principe » ? Tout ça parce que le roi du Bouthan est le premier à l’avoir mis en oeuvre ? Mais, il a bien du pêcher ses idées quelque part, non ? Selon D. Méda, ces réflexions datent des années 1970 (choc pétrolier, Rapport du Club de Rome sur la décroissance, etc.), et je doutent qu’elle viennent de l’Ecole de Chicago (Milton Friedman & co).

      Selon Lien, Schumacher en parlait en 1973 dans « Small is Beautiful : Economics as if People Mattered ». Toujours selon cet article, la Grande-Bretagne parlait de mettre en place un tel indicateur en 2005 (enfin, un peu différent : il consiste à prendre en compte les « pathologies mentales », la délinquance, la « civilité », l’accès aux jardins publics... que du bonheur pour notre ex-Ministre de l’Intérieur !). Le Canada fait de même.

      Bref, Sarko s’inspirerait plutôt de la Grande-Bretagne et du Canada qu’autre chose.

      La nécessité de mettre en place d’autres indicateurs que le PNB et le PIB devrait sauter aux yeux ! Mais, comment mesurer le bonheur ? Voilà une question nous ramenant à l’utilitarianisme, Bentham & co.

      Malgré l’ironie, on sait l’importance de disposer d’autres indicateurs (a contrario, voir le stupide classement Shanghai des universités, sur lequel s’appuie Valérie Pécresse pour faire passer sa loi LRU - cf. Lien et Lien :

      « Une autre explication possible [du faible classement de la France sur cet indicateur idiot] est le fait qu’en France la recherche fondamentale est en perte de vitesse (et c’est elle qui permet d’obtenir un plus grand nombre de publications...) par rapport à la recherche appliquée (contrats industriels et donc confidentialité et peu de publications/ an). Le désengagement financier de l’état français y serait-il pour quelquechose ? »)

      Alors, surveillons la mise en place des critères d’évaluation ! Amartya Sen et Stiglitz ne sont pas les plus mauvais à ce sujet.

      Maintenant, la question des emprunts, réappropriations, manipulations, etc., de Sarko vis-à-vis des idées de gauche, des personnes de gauche et de l’histoire de la gauche mériterait d’être posée dans d’autres termes qu’elle l’est actuellement : soit on s’en félicite (ô ! qu’il est bon notre Président !) soit on ironise (encore un coup monté !). Bref, soit on y croit sincèrement, soit on y voit que poudre aux yeux (alternative : vrai ou faux).

      Le problème est sans aucun doute beaucoup plus complexe, car même en admettant que Sarko ne fasse cela que pour des raisons de communication (c’est en effet probable) et pour déminer l’opposition de gauche, l’instauration d’un indicateur différent devrait normalement avoir des conséquences encore imprévues (tout est dans le conditionnel : mais croire qu’il n’en aura aucune c’est tout simplement affirmer que nous, la gauche, n’arriverons pas à nous emparer de ces résultats pour les tourner contre la politique de remodelage néolibéral-hypersécuritaire mis en place par Nicolas Paul de Nagy-Bocsa).

  • clive
    • Posté à 15h00 le 10/01/2008
    • Internaute 27908

    Quelqu’un aurait-il des nouvelles de Jacques Genereux, membre du PS ( ?) auteur du très clairvoyant essai « la dissociété » et dont le blog a disparu pendant la campagne présidentielle ?

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