Decryptage 05/01/2008 à 00h18

Chaotique démission du directoire du Monde


Ils étaient trois avant Noël, il n’y en aura plus qu’un à la mi-janvier. Deux membres du directoire du Monde ont confirmé vendredi matin leur démission : le président, Pierre Jeantet, quitte le groupe. Le vice-président, Bruno Patino, délaisse ses mandats sociaux mais conserve ses présidences de filiales, notamment Télérama et Le Monde Interactif. Seul Eric Fottorino reste au directoire. Si aucun remplaçant au président Pierre Jeantet n’est trouvé avant le 16 janvier, le groupe pourrait être placé sous administration judiciaire.

En fin de matinée, vendredi, la direction a d’abord confirmé dans un premier communiqué la « démission collective du directoire », avant de se raviser en précisant qu’Eric Fottorino, le directeur du quotidien, « avait repris » sa démission. Alors que la décision de Fottorino était pressentie depuis plusieurs jours, la direction plaide une « erreur de communication ». Jeantet et Patino renonceront à leurs mandats sociaux lors d’une réunion du conseil de surveillance, qui devra se tenir le 15 janvier au plus tard. Pierre Jeantet, qui quitte le groupe « à regret » car il n’a « pas trouvé un consensus sur [son] développement et [son] redressement », nous a confié avoir « des projets à Paris ».

Dans dix jours, Eric Fottorino demeurera donc le seul membre du directoire en fonction. Et pour certains, cela pourrait suffire à éviter la nomination d’un administrateur judiciaire. Pour d’autres, au contraire, le représentant légal du groupe étant son président -le sortant Jeantet-, le maintien de Fottorino ne suffirait pas à éviter un placement sous administration judiciaire provisoire. Une éventualité « inacceptable » pour les salariés, qui ferraillent depuis un an pour l’indépendance du groupe vis-à-vis des différents pouvoirs et entendent peser dans « le nécessaire débat qui doit s’instaurer sur la stratégie de l’entreprise », selon un communiqué diffusé dans la journée.


Jean-Michel Dumay dans son bureau (Audrey Cerdan/Rue89).

Le président de la Société des rédacteurs du Monde (SRM), Jean-Michel Dumay, estime qu’envisager une telle tutelle judiciaire, « c’est faire fi de la dynamique du conseil de surveillance » du groupe, dont il est vice-président. « Quand Jean-Marie Colombani a été écarté le 22 mai, il n’y a pas eu d’administration judiciaire. » Dumay entrevoit une solution : l’élection d’Eric Fottorino comme président du groupe par intérim. En déplacement à l’étranger, ce dernier n’était pas joignable ce vendredi.

On assiste donc à un nouvel épisode du bras de fer qui oppose le personnel et la direction du groupe. La balle est désormais dans le camp d’Alain Minc, président du conseil de surveillance jusqu’au 31 mars. Joint par Rue89, il s’est contenté d’une réponse lapidaire :

« Je fais une expertise juridique sur la situation, et je réunirai un conseil, en tout état de cause avant le 15 janvier. »

Pour la SRM, qui possède -avec les autres sociétés de personnel- 43% du capital de la société holding du groupe, ce nouvel épisode de la crise du Monde s’inscrit dans une vraie divergence de vues quant au développement du groupe. Dans un entretien réalisé jeudi après-midi, Jean-Michel Dumay développe, au nom de la SRM, la vision que les rédacteurs du Monde souhaitent défendre. Première surprise : Dumay se dit favorable à un rapprochement entre le journal et sa filiale numérique. Objectif : assurer l’indépendance du Monde.fr face à son actionnaire minoritaire, le groupe Lagardère (34% du capital).


Deuxième surprise, la récente vente du groupe Midi Libre à Sud Ouest redonne de l’oxygène au Monde. Des capitaux qui, pour Jean-Michel Dumay, devraient servir à la fois au développement du groupe et à limiter la casse d’un plan social que l’ensemble des protagonistes juge inévitable.


Augustin Scalbert et David Servenay

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  • napakatbrax
    • Posté à 00h33 le 05/01/2008
    • Internaute 23966

    Une petite indigestion d’après les fêtes ? C’est pas « le Monde », c’est Dallas...

    Euhh... j’y pense... la Belgique et le Liban n’ont plus de gouvernement, si le Monde perd le sien, mais où va-t-on ? ? ?

    Lien

  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 07h10 le 05/01/2008
    • Internaute 16256

    Ne chercherait-on pas à achever les résistants de la presse « libre » ?

  • mariemini
    • Posté à 09h39 le 05/01/2008
    • Internaute 20524

    Pour le non initié les informations apparaissent assez codées. En lisant très attentivement l’article (mais le phénomène est général), on n’arrive pas à comprendre la fond du conflit entre les acteurs du directoire et entre ceux-ci et la société des rédacteurs.
    En clair : qui veut ou ne veut pas quoi ?

    • jide
      jide répond à mariemini
      http://jide.romandie.com
      • Posté à 11h02 le 05/01/2008
      • Internaute 22641
        http://jide.romandie.com

      Tout a fait d’accord avec toi ! Le Monde est un organe de presse important, et malgré ses prises de position très consensuelles qui font que je ne le lit presque plus, j’aimerai savoir quels sont les tenants et aboutissants de ce conflit...

      Lien

    • Jachri
      Jachri répond à mariemini
      Bénévole association
      • Posté à 11h16 le 05/01/2008
      • Internaute 25661
        Bénévole association

      Ce qui est en filigrane dans cette lutte des journalistes du Monde, c’est la résistance aux pressions. Peu de journalistes veulent l’admettre officiellement ou l’écrire mais, comme elle existe réellement, ils se battent avec d’autres moyens pour la refuser.
      Je suis avec eux dans cette résistance.

    • David Servenay
      David Servenay répond à mariemini
      Ex-Rue89
      • Posté à 14h31 le 05/01/2008
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      @ Mariemini

      Désolé ne pas avoir été suffisamment clair dans notre article pour vous faire comprendre les enjeux de la crise qui secoue aujourd’hui Le Monde.

      Peut-être que notre précédent article était plus limpide, à lire ici :

      Lien

      Néanmoins, dans la vidéo, Jean-Michel Dumay explique bien pourquoi le bras de fer autour d’internet est vital pour l’avenir du groupe et son indépendance.

      A l’heure où l’ensemble de l’économie de la presse est en train de basculer vers le numérique, il est essentiel que les journalistes restent maître de leurs « outils de production ».

      En clair, que la Société des rédacteurs du monde soient en mesure de peser sur le contenu éditorial du Monde.fr, faisant ainsi contre-poids aux véléités d’influence des actionnaires industriels, qui ne défendent pas toujours une logique d’information libre et crédible.

      Enfin, pour rester libre, il faut gagner de l’argent (du moins ne pas en perdre) et là aussi, la SRM défend une stratégie différente de celle qui fut appliquée ces dernières années, plongeant les comptes du quotidien dans le rouge.

      Dernier point : nous souhaitions aussi, pour cet article, recueillir le point de vue de Pierre Jeantet sur la stratégie à suivre.

      Après nous avoir donné un accord de principe (lundi dernier) pour un entretien, il a d’abord (jeudi) repoussé le rendez-vous à la semaine prochaine, avant que nous n’apprenions, vendredi, sa démission.

  • citoyensly
    • Posté à 09h43 le 05/01/2008
    • Internaute 24690

    il est evident que la presse nationale a les mains liées par les pressions des patrons qui trient les informations , ne donnant au bon peuple que celle qui va dans le sens du pouvoir en place !
    la liberte de la presse étant le barometre d une démocratie on peut affirmer que notre république est entre de mauvaises mains !
    retrouver les infos censurés sur ce site de journaliste citoyen Lien

  • PierreAdrien06-
    • Posté à 11h23 le 05/01/2008
    • Internaute 25405

    Si la crise se confirme au monde, pourquoi Eric Fottorino, menbre du directoire démissionnaire a finalement décidé de rester ! ! !

    • David Servenay
      David Servenay répond à PierreAdrien06-
      Ex-Rue89
      • Posté à 14h20 le 05/01/2008
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Pour ne pas ajouter « de crise à la crise », c’est ce qu’il affirme dans l’article du journal de ce jour (daté dimanche lundi) à travers les propos rapportés par les confrères du service Médias du Monde.

      A lire aussi l’éditorial d’Eric Fotorino, en Une de la même édition.

  • satumare
    • Posté à 13h47 le 05/01/2008
    • Internaute 5333

    La crise actuelle ne doit pas masquer la responsabilité de Colombani minc, pour avoir amené le journal dans cette situation de faillite virtuelle.La chance du journal réside dans ce contrepouvoir qu’est la SDRM, pour contester qu’il n’y aurait qu’une seule solution, celle de Jeantet et Patino, pour sauver le journal.Leur seul souci était de casser ce groupe de pression qui le a empêché d’augmenter leur salaire, obligé à vendre le groupe « du midi libre » pour désendetter le journal. La SDRM est garante de l’indépedance « relative » du journal, elle est un sain contrepouvoir, aux dérives vécues, à des actes possible par des dirigeants, sans contrôle chassés par des prédateur financiers, bien connu,et sans scrupules. Si la SDRM réussit à éviter cette dérive et a conserver son pouvoir, , elle démontrera qu’une alternative autre qu’essentiellement financière est possible .Claude RUBIN

  • marie 75
    • Posté à 13h48 le 05/01/2008
    • Internaute 3563

    Les urgentistes et les anesthésistes sont en grève. L’amuf (syndicat de Pelloux) n’est pas convoquée par Bachelot aux négociations....
    Ca c’est de l’info !
    Le monde n’est plus le monde ... et depuis longtemps !
    Que le monde redevienne un organe d’information et alors on le défendra !

  • PierreAdrien06-
    • Posté à 14h06 le 05/01/2008
    • Internaute 25405

    marie 75

    bien sur, mais faut pas le dire ...

    où sont à présent les organes d’informations ?

    Regardez ce forum à la cubaine ! ! !

    Pensée unique et sa nouvelle forme de vote ! ! ! le replie....une invention à la libé ! ! !

    Expliquez moi Mrs Mmes les démocrates ... et tous ces ânes qui suivent ! ! !

    Le bolchevisme est bien présent.

    • Arcel.M
      • Posté à 15h20 le 05/01/2008
      • Internaute 18041

      En quoi le fait de défendre la libre information dans notre pays est une pratique bolchevique, j’aimerais bien que vous me l’expliquiez, chère madame ?
      Quand aux « posts » repliés ce sont ceux qui m’attirent le plus en général, et je ne crois pas être le seul à les lire en priorité.
      J’avoue moi aussi avoir du mal à suivre et à comprendre ce qu’il se passe dans les rédactions, dans les couloirs et dans les conseils d’administration du journal Le Monde.
      En tant que lecteur, depuis de nombreuses années, j’ai constaté une évolution négative de la qualité informative de ce journal.
      Nombreuses opinions et positions divergentes transparaissaient dans ses articles, mais cela était accompagné d’une certaine déontologie. Avant de développer leurs points de vue les journalistes cherchaient toujours au début de leurs articles de bien définir les données informatives en citant leurs sources de manière professionnelle, objective, et le plus complètement possible.
      Cela faisait du « Monde » un journal passionnant à lire par des lecteurs d’horizons politiques et idéologiques souvent très différents.
      Ce professionnalisme que j’appréciait tant devient actuellement de plus en plus rare, surtout depuis qu’un certain groupe financier a pris des parts de plus en plus importantes dans la propriété de ce journal.

    • george.B
      • Posté à 15h05 le 07/01/2008
      • Internaute 12795

      ustement hier soir je regardais les tontons flingueurs à la télé en noir et blanc
      pour dire qu’ils le repassent à la télé donc il est d’actualité ! ! !
      @rue89
      je ne savais pas que l’on ne pouvait se servir d’un article ou une partie d’un article déjà parue dans la presse ou d’un livre si l’on cite la source et la date de parution ce n’est pas légal ? ? ? ? ?
      je vais vérifier si sur d’autres articles , ce principe est respecté ! enfin le fait de dire que de « toutes façons les commentaires vont bientôt se terminer “, ce n’est pas un argument valable et adulte ! ! ! limite mesquin
      ça veut dire , de toute façons tu vas te faire avoir , comme ça tu vas arrêter de nous emmerder ! ! !
      LA CENSURE ARRIVE ! ! !
      La LIBERTE DES MOTS coûte très cher et APPAREMMENT VOUS N’AVEZ PAS LES MOYENS ! ! !
      Bien le bonjour dans la rue89 où la vérité est muselée

  • marie 75
    • Posté à 14h40 le 05/01/2008
    • Internaute 3563

    je défends rue 89. Ne comptez pas sur moi pour appuyer vos propos !
    Beuve méry est mort ! ! ! !
    Beaumarchais reviendra !
    Messieurs les censeurs anti-communistes primaires, secondaires, voire supérieurs, bonsoir !

    • PierreAdrien06-
      • Posté à 15h17 le 05/01/2008
      • Internaute 25405

      y aurait il une bonne censure de droite ou de gauche ?

    • george.B
      george.B répond à marie 75
      • Posté à 00h19 le 07/01/2008
      • Internaute 12795

      plus très sur pour rue89
      allez voir ce qu’ils font à pomponette sur l’article« le cercle de la rotonde »
      rue89 efface carrément ses commentaies ! !
      pas très réglo tout ça ! !

  • marie 75
    • Posté à 15h32 le 05/01/2008
    • Internaute 3563

    la censure que vous réclamez, elle est comme Mireille Mathieu, ni à gauche, ni à droite : elle est là où on la pose. Un peu hémiplégique quoi !

  • h2b1
    h2b1
    Retraité & Bénévole
    • Posté à 16h42 le 05/01/2008
    • Internaute 14058
      Retraité & Bénévole

    Le problème c’est que Le Monde n’est pas indépendant (plus personne ne l’est) et que ses journalistes, et une bonne partie de ses lecteurs ne l’acceptent pas.
    évidemment, ça fait plaisir de voir des réactions de journalistes, mais visiblement, ils n’ont plus le pouvoir...
    Alors, la seule solution est de laisser tomber ce quotidien, puisque nous ne pouvons pas cautionner le people ni la main mise des médias alignés dans la bien « pensance » actuelle.
    Rue 89 a été une réponse au même type de crise que celle du Monde, d’autres suivront, c’est la mort de la presse libre (ce n’est pas Sego qui y changera quelque chose, loin de là).
    Pourtant, internet ne pourra pas enquêter (quel mot démodé) avec une éthique de journaliste, s’il n’y en a pas qui s’y mette...
    Adieu Le Monde... too bad !

  • TARPON
    • Posté à 19h00 le 05/01/2008
    • Internaute 27263

    Minc aura quand meme atteint son but ,offrir LE Monde sur un plateau a l’un de ses « clients » pour pas cher .Car si le titre pese encore ,il faut tenir compte de la dette qui place le quotidien en depot de bilan permanent,ce qui entrainerait dans sa chute les autres journaux du groupe ,pourtant sains comme Telerama.Y viendra t’on ?
    Quand on a vu la conduite de Perdriel pour sauver la tete de Minc ,on peut se demander si cette operation n’etait pas planifiée d’avance ,que le maintien de Minc quelques mois de plus devait servir à cela .

  • eiwob
    • Posté à 19h03 le 05/01/2008
    • Internaute 27316

    @h2b1

    Une rédaction ne peut être indépendante que si elle a suffisamment de lecteurs pour faire rentrer de l’argent et se passer de la pub et des financiers. Ne plus acheter la presse, c’est la livrer à ceux qu’on ne voudrait pas (plus) voir faire pression sur les rédactions.

    • Network 23
      Network 23 répond à eiwob
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 19h19 le 05/01/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      Ouais, mais Le Monde n’est pas dans ma liste des journaux prioritaires à soutenir en s’y abonnant ou en les achetant régulièrement.

      Je préfère encore prendre gratis Le Figaro, distribué dans les bâtiments d’économie dans les facs ; au moins, l’international est nettement meilleur, c’est mieux écrit, et puis les pages national permettent de rigoler toute la journée !

      Tant qu’à acheter des journaux, Le Canard, Politis, l’Huma, le Gri-Gri International ou Le Monde diplo me paraissent nettement plus intéressants & instructifs que « la Pravda » du Monde.

  • Grégory
    • Posté à 21h30 le 05/01/2008
    • Internaute 12569

    Le Monde en l’état disparaissant... ce serait une excellente nouvelle. Un organe de propagande en moins, et l’un des pires en plus. Toutefois en étendant ce raisonnement, on irait jusqu’à souhaiter la dispartition de toute la presse, ce qui n’est pas non plus le but.
    Je souhaite donc surtout au groupe de retrouver un sursaut d’autonomie, mais aussi d’effectuer une veritable purge dans ses rangs de journalistes.

    Parce que bon, c’est pas non plus que la faute « aux puissances de l’argent », hein. Y a du boulot.

  • Unstern
    • Posté à 23h14 le 05/01/2008
    • Internaute 26295

    1. Bien que n’étant pas du tout journaliste ni même bon connaisseur du monde de la presse quotidienne, je trouve que les enjeux (considérables) du bras de fer actuellement engagé apparaissent très clairement si on veut bien prendre la peine de lire l’article en entier et d’écouter attentivement l’interview de Dumay.

    2. @ Tarpon. Tout à fait d’accord. Dès que Colombani a été éjecté, Minc a bien dû comprendre que ses jours étaient comptés. Et, à tant faire que de partir, il veut évidemment le faire dans les conditions les meilleures pour lui, en offrant le contrôle financier du journal au grand groupe de presse déjà présent dans le capital de la société Le Monde. S’il atteint cet objectif, l’ascenseur lui sera certainement renvoyé, d’une manière ou d’une autre…

    3. @ Grégory. Effectivement (et c’est triste à dire), la disparition du Monde dans son état actuel ne créerait pas un énorme trou dans le paysage de la presse écrite française, tant ce paysage est déjà sinistré… Dumay admet d’ailleurs lui-même que si la situation actuelle perdure, dans un an le journal est cuit. Si l’on ne veut pas voir Le Monde se convertir en sa propre caricature — comme c’est malheureusement le cas de Libération aujourd’hui, malgré l’activité de certains journalistes talentueux et courageux —, il faut espérer que les dérives financières programmées par Minc & Colombani seront colmatées, que le ménage sera fait dans la rédaction et que l’indépendance du titre redeviendra une priorité absolue. Ce qui, visiblement, est loin d’être le cas actuellement.

    4. En vingt ans, le fonctionnement de la presse écrite a radicalement changé, à cause entre autres du Libération des années 80-90 et, plus récemment, de la banalisation d’Internet (voir à ce sujet, sur Lien, une intéressante interview de Jean-François Kahn). Mais rêvons un peu : il faudrait sans doute se réjouir pour la démocratie si jamais un même quotidien (papier et on-line) parvenait à conjuguer la densité et la rigueur du Monde « précolombanien » avec l’attrait, le confort d’utilisation et le ton incisif d’un bon site Internet…

  • Philippe Meunier
    • Posté à 11h45 le 06/01/2008
    • Internaute 11602

    Rions un peu et consultons le site du Point.fr. Depuis vendredi 13 : 28, l’article d’un certain Berretta en est resté au premier communiqué erroné du Monde qui parlait de trois démissions au directoire. D’où ce titre : « Plus de pilote dans l’avion ». Aucune correction n’a été apportée depuis en dépit d’au moins une alerte - la mienne - vendredi soir.
    Le Point.fr, ce n’est pas l’actualité telle qu’elle est. C’est l’actualité telle que Minc la rêve.
    Nous voici donc éclairés.

  • camillouche
    camillouche
    étudiante
    • Posté à 23h21 le 06/01/2008
    • Internaute 13553
      étudiante

    Article passionnant, surtout les vidéos avec Dumay. Je comprends enfin un peu mieux de quoi il s’agit.
    Une petit article expliquant la structure des pouvoirs dans le jurnal le Monde, le fonctionnement, l’historique, la structure hiérarchique, et enfin une liste des différends (officiels et officieux) qui ont causé cette crise... Ce serait pas d’refus car cela reste très confus.

    Voilà voilà..

  • Beryl
    • Posté à 23h34 le 06/01/2008
    • Internaute 25737

    Le Monde a été plombé par trois espèces de Pieds Nikelés -Minc, Colombani, Plenel - qui se sont tirés en laissant un journal en quasi-faillite financière et rédactionnelle. Minc et Colombani,fossoyeurs du Monde, sont partis avec un beau parachute. Irresponsable ou crapmuleux ?

  • jcb29arz
    jcb29arz
    Retraité
    • Posté à 07h45 le 07/01/2008
    • Internaute 24331
      Retraité

    Minc, Colombani, Plenel... des irresponsables ... des crapuleux !

    A l’image du régime en place... et de son chef Sarko 1er
    qui se dit incarner les valeurs du gaullisme ! Quel culot !

    En 1954, Charles de Gaulle avait fait cette déclaration qui pourrait TOUT A FAIT coller avec le régime en place actuel :

    « Quelles que puissent être les intentions des hommes, l’actuel régime ne saurait produire qu’illusions et vélléités. Je demande aux Français de croire que, ni directement, ni par personne interposée, je ne prends aucune part à aucune de ses combinaisons.... Le redressement national est possible. Il commencera quand sera mis un terme au système sans tête, sans âme, sans grandeur, rebâti contre moi, après la victoire, et qui, depuis, gaspille les chances de la France et les hommes qui pourraient la servir. »
    Londres, 22 juin 1954 (Reuters)

    La vérité, la voilà. De Gaulle n’est pas tout à fait une légende mais quelque chose de bien plus rare :
    Une part de la conscience que nous avons de nous-même.

    Les Sarkozy, Minc, Colombani et consort... en sont à des années lumières !

    J’ai mal à la France...

  • Léonard
    Léonard
    chercheur (errer humanum est)
    • Posté à 11h38 le 07/01/2008
    • Expert 24584
      chercheur (errer humanum est)

    L’article est bien documenté. Cela étant, cela fait longtemps que Le Monde a coulé comme l’extrême majorité des journaux.

    Il faudra bien un jour parler du contenu et des lecteurs. Colombani, Fottorino et d’autres le font sans cesse, mais il faut bien comprendre qu’ils s’adressent à nous en tant que consommateurs, pas en tant que véritables lecteurs.

    Il y a une vingtaine d’années (avant internet et rue89 !), quelques étudiants en sciences humaines à Strasbourg ont fait l’expérience suivante : avec une poignée de personnes qui ont accepté de jouer le jeu - c’est-à-dire de payer une somme minimale par mois pour participer effectivement aux débats -, ils ont fait un journal local. Ils ont demandé à des lecteurs de comparer la qualité de l’information à celle des journaux locaux. Sur les sujets traités simultanément par le journal des étudiants et ceux locaux, l’extrême majorité des réponses des lecteurs extérieurs était que le journal des étudiants était meilleur. On peut toujours critiquer cette aventure qui n’était pas sans défaut - la critique est aisée, l’art difficile - il n’en demeure que cela fait réfléchir.

    Dans les années 50, il existait encore plus de 500 journaux ouvriers aux Etats-Unis. Combien en France ? Le vingtième siècle est le siècle de la prise de contrôle de la presse par les grands groupes via la publicité. Le contenu journalistique n’a plus aucune espèce d’importance du point de vue turbocapitaliste. Le Monde ne fait pas exception. Le corollaire est certainement un appauvrissement du contenu et l’uniformisation de la presse est palpable par tout le monde. Pour en arriver là, il faut arriver à faire du lecteur un consommateur, c’est-à-dire détruire le rapport social de la lecture et faire entrer le lecteur dans un circuit consumériste. Mais l’information n’était pas conçue au 19ème siècle seulement comme une denrée que les journalistes délivrent. Elle avait une vocation aussi de partage et de socialité.

    Les journaux écrits aujourd’hui appartiennent aux grands groupes qui les gèrent comme panneaux publicitaires.

    On sent bien aujourd’hui que la bataille ne se joue plus dans le champ de la presse écrite (imprimée...). Elle y est déjà perdue d’avance. La Toile est certainement une grande chance si nous savons la saisir et en comprendre les enjeux. Les grands groupes capitalistes ne sont pas fondamentalement contre la liberté d’expression tant que cette dernière ne nuit pas trop - pardon ne risque pas de nuire - à leurs intérêts. La Toile ne sera pas plus verrouillée que les journaux écrits, mais Google, Microsoft et les autres feront en sorte que l’accès à l’information véritable (c’est-à-dire non filtrée par leurs intérêts) soit de plus en plus difficile. Le courrier électronique, les moteurs de recherches ’gratuits’ de Google qui analysent les requêtes et les messages des utilisateurs pour insérer de la publicité participent de cette même logique. Les grands groupes de communication proposent un scénario similaire aux Etats-Unis pour le téléphone (i.e., la gratuité contre la possibilité d’analyser par un robot les mots clés des conversations pour générer une publicité ciblée).

    Il existe des sujets tabous en France dans la majorité des journaux. Le monde réel du travail - pas celui des pages du Monde ou du Figaro -, l’agro-alimentaire (avez-vous déjà visité une usine de protéines de lait ? C’est plus difficile que de visiter une centrale nucléaire) ou la collision de l’industrie pornographique avec le monde de la publicité (n’avez-vous jamais remarqué une certaine complaisance croissante des grands journaux ? L’envahissement de l’un va de pair avec celui de l’autre. Pour un exemple simple voir Lien

    mais il y en a bien d’autres. Concernant la pornographie, la partie émergée de l’iceberg est décrite dans le livre ’La vie sexuelle des magazines’ écrit par une journaliste d’un magazine féminin - mais en réalité le sujet concerne la plupart des grands journaux)

    Si Rue89 se concentre sur les vrais enjeux et développe des noyaux de résistance, alors l’avenir du journalisme est possible.

  • Ades
    • Posté à 16h33 le 07/01/2008
    • Internaute 25193

    France 3 a fait un reportage trés intérréssant sur tous les nouveaux médias en ligne dont Rue89, si vous voulez voir la vidéo, c’est ici :
    Lien

  • camillouche
    camillouche
    étudiante
    • Posté à 23h24 le 07/01/2008
    • Internaute 13553
      étudiante

    Vidéo intéressante malgré un Plenel très langue de bois... et quelque peu vendeur promoteur de sons site...