A debattre 02/01/2008 à 19h32

La lutte contre la dépression rallume la guerre des psys

Julia Pascual | Etudiante CFJ

Pour les psychanalystes, la récente campagne du gouvernement fait la part trop belle aux théories comportementalistes.



En octobre 2000, à Paris (Flore-Ael Surun/TF)

Personne n’a pu y échapper. Au détour d’une rue, d’une pub à la télé, à la radio ou chez le médecin, la campagne du gouvernement contre la dépression vous est forcément tombée dessus au cours du mois d’octobre. C’est la première opération massive de prévention publique en la matière. Panneaux grands formats, spots multiples, site Internet et 500000 exemplaires d’un guide dispatchés en France, à l’attention des professionnels et de leurs patients.

(DR) « Dépression : savoir plus pour en sortir » : le ministère de la Santé et l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) ont déployé d’importants moyens pour, in fine, provoquer une nouvelle fronde des psychanalystes. Constat de départ du guide :

« Il existe une maladie qui touche plus de 3 millions de personnes en France, une maladie qui peut vous empêcher de parler, de rire, de manger, de travailler, de dormir ou de vous lever le matin, une maladie qui peut vous empêcher de vivre, cette maladie, c’est la dépression. »

De prime abord, l’initiative du gouvernement a l’air consensuelle. Mais pour beaucoup de « psy », il est impossible de concevoir la dépression comme une maladie, ce qui encourage l’usage de traitements médicamenteux tout en jetant le discrédit sur des pratiques telles que la « psychothérapie ».

Bref, la campagne fait réapparaître la grande fracture qui divise le monde des « psy » et qui oppose les tenants de la psychanalyse (freudiens, lacaniens) aux héritiers de l’association de psychiatrie américaine (appelés comportementalistes et cognitivistes).

(DR)Les premiers accusent les seconds d’avoir glissé dans la campagne gouvernementale leur idéologie biologisante, médicalisante et normalisante. Les seconds se défendent d’avoir la mainmise sur la campagne.

Jacques-Alain Miller, philosophe et psychanalyste (gendre de Jacques Lacan et qui revendique le monopole de son héritage intellectuel) s’est posé en chef de file d’une virulente contre-campagne au sein de sa revue Le Nouvel Âne et à travers des colloques intitulés « Résister aux cognitivistes » (il n’a pas souhaité répondre à nos questions).

La guerre intestine au « monde psy » relève d’un débat d’experts difficile à vulgariser, mais qui a des conséquences concrètes sur la manière dont on appréhende l’homme, sur l’importance qu’on accorde au psychisme dans ses souffrances et sur les solutions que l’on apporte à son « mal-être ».

Les lacaniens/freudiens centrent leur travail sur le sujet et sur l’origine inconsciente et traumatique de ses problèmes. Ils promeuvent la psychanalyse, au cours de laquelle l’individu use de la parole pour aborder ses problèmes.

A l’inverse, les comportementalistes n’interviennent pas sur les origines des maux, mais travaillent au traitement des symptômes qui en découlent. Ils s’appuient sur des classifications médicales établies par la psychiatrie américaine à travers un manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV). Leur courant est lié à l’apparition et au développement des traitements psychotropes.

Lilia Mahjoub, présidente de l’Ecole de la cause freudienne et membre du conseil de l’association mondiale de psychanalyse, porte un regard critique sur la campagne du gouvernement :

« La dépression devient une sorte d’entité fourre-tout où les ’malades’ sont incités à consulter leur médecin généraliste pour que celui-ci leur prescrive des antidépresseurs. »

Marie-Jean Sauret est psychanalyste et professeur de psychologie clinique à l’Université de Toulouse II le Mirail :

« Tout ça part d’un préjugé : c’est l’organisme qui détermine le comportement. Le guide affirme que la dépression est une maladie. Alors on donne des médicaments, les symptômes disparaissent et on vous dit : ’Vous voyez que c’est biologique.’ Or on ne sait pas s’il existe une maladie.

“L’humain doit parler, donner un sens à ce qu’il vit. La dépression survient dans le rapport au monde du sujet. Les médicaments ne rendent pas au sujet un sens à sa vie même s’ils tamponnent son angoisse, sa fatigue, son agressivité, même s’ils inhibent ses symptômes. Personne n’est réductible à son organisme.”

Colette Soller (J.P./Rue89)Colette Soler appartient à l’Ecole de psychanalyse des forums du champ lacanien. Elle estime que la campagne de prévention est une “campagne de production de la dépression” :

Pour elle, “cette campagne est la pointe de l’iceberg (…) d’un mouvement idéologique scientiste et réducteur (dans lequel) la psychanalyse est directement ciblée” :

Le débat dépasse la simple critique faite à la campagne de prévention. Pour Marie-Jean Sauret, la montée en puissance des idéologies comportementalistes et cognitivistes est révélatrice d’une évolution plus globale de la société. Une évolution qui expliquerait, en outre, la multiplication des passages à l’acte suicidaires et des états dépressifs :

“Dans le monde contemporain, il y a une montée surpuissante de la dépression. Elle sera bientôt la première cause de décès chez les jeunes. Ça traduit notamment le rejet d’une société de surconsommation. L’individu n’accepte pas que le désir soit capté par la consommation d’un objet. La dépression est alors la protestation logique du sujet contre la façon dont le monde contemporain le traite. C’est une manière de sauver sa singularité. Le capitalisme a besoin de réduire l’homme à un objet du marché. Nous sommes formatés : on veut la pilule du bonheur, il n’y a plus de place pour l’inconscient.”

Jean Cottraux est psychiatre. Il est l’un des auteurs du “Livre noir de la psychanalyse” (2005), un ouvrage qui contredit les théories psychanalytiques et qui a marqué la montée en puissance de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) en France. Pour lui, la campagne du gouvernement est tout à fait “neutre” :

Aude Caria est également l’une des auteurs du guide. Psychologue et responsable de la Maison des usagers du CHU de Saint-Anne, elle s’étonne de la polémique suscitée par l’ouvrage :

“Je ne reconnais pas ce qui est reproché au guide. Jacques-Alain Miller est parti en croisade. Il attribue au guide et à ses concepteurs des intentions qu’ils n’ont pas eues. La seule philosophie du guide est celle d’avoir une vertu pédagogique.”

Selon elle, le guide ne donne en aucun cas la préférence aux traitements médicamenteux :

“Le guide ne dit pas : allez demander du Prozac à votre médecin. (…) La place de la psychothérapie est clairement reconnue et si le guide revient souvent sur le rôle des médecins généralistes, c’est parce qu’ils sont les premiers prescripteurs d’antidépresseurs. (...) Est-ce que ça médicalise la dépression ? Oui, en quelque sorte… Mais qui aller voir sinon ? La loi du médecin référent oblige à passer par son généraliste.”

  • 45746 visites
  • 181 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 19h52 le 02/01/2008
    • Internaute 16256

    Je m’inscris en faux, je n’ai vu aucune de ces pubs et je m’en félicite.

    Il ne nous manquait plus que le dernier volet de la main-mise sarkozyste sur la société : les psys. On est carrément dans la mouise.

    Au fait, qui osera dénoncer à haute voix que la France est le pays d’Europe qui interne le plus ?

    Qui osera rappeler que l’Italie a aboli les murs des asiles alors que la France ne cherche qu’à remplir les siens pour occuper des lits ?

    Qui osera dire que l’industrie pharmaceutique s’en met plein les poches avec les neuroleptiques et les tranquilisants et que ce sont les Français qui en consomment le plus au monde faisant la fortune des groupes pharmaceutiques ?

    Qui osera dire que pour vendre plus de psychotropes il faut des citoyens dépressifs et les maintenir dans cette dépression pour vendre plus ?

    Chômage, mal-vivre, voilà les clés d’un « bon » asservissement des masses. Avec ces deux clés, tu contrôles tout.

    • A déménagé le 19 avril
      • Posté à 21h28 le 02/01/2008
      • Internaute 24605

      Moi j’ai reçu cette pub.

      La France ne cherche qu’à remplir ses lits ? Alors qu’une des raisons qui fait qu’il y a de plus de plus de SDF dans la rue et des problèmes de délinquances c’est justement que les personnes avec des problèmes de personnalité ne sont pas suivies car les budgets hospitaliers sont réduits année après année ? Elles sont laissées dehors. Renseignez vous sur les chiffres avant de parler.

      Et oui les français sont champion du monde de la consommation de tranquilisants. A cause du mal-vivre, du blocage de la société et du sentiment de non prise en compte de la parole, le sentiment d’être pris pour une chose, pour une machine de production, une moyenne, un chiffre, un point dans un nuage statistique, pour un homo economicus et point barre.

      • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
        • Posté à 22h06 le 02/01/2008
        • Internaute 16256

        Précisément, vous le confirmez. Et vous pensez qu’une prise de médicaments pourra régler le problème de la précarité, du chômage, de l’exclusion ? Allons, un peu de lucidité. Pensez-vous faire admettre au plus grand nombre que la place des SDF est dans les asiles ? ?

        Disons le carrément, si demain il n’y a plus de malades et de dépressifs, vous êtes au chômage. Si demain il n’y a plus de SDF, ce sont des milliers d’emplois qui disparaîtront. Ca vous rappelle un sketch ? Normal. Les humoristes connaissent aussi la vie.

        Et en ce qui concerne les chiffres, croyez le bien, si j’en parle c’est que je les connais. Et j’en parle, en connaissance de cause, donc. Et parce que je vis dans une démocratie, et que nul ne me fera taire. Pas même avec des médicaments.
        A bon entendeur.

         
        • Stalker256
          • Posté à 16h11 le 03/01/2008
          • Internaute 22581

          comptecommun voyons ! je croyais qu’il avait été établi, dans un autre fils de discussion, que votre haine des médecins vous empeche de tenir des propos sensé.

          Vous faites un peu comme sarkozy en fait, vous affirmer quelque chose qui est evidement faux, mais vous le faite en disant « si j’en parle c’est que je les connais. Et j’en parle, en connaissance de cause, donc »... et c’est vrai que ça passe beaucoup mieu !

          Treve de plaisanterie : de toute évidence vous ne connaissez pas les chiffres. Dire qu’il y a trop de lit en france, et ce quelque soit le service d’ailleur, c’est une aberration, et pour le coup tout les psy (cognitivistes ou freudien seraient pour une fois d’accord) sauteraient au plafond.

          Pour mettre quelqu’un à « l’asile » (puisque c’est comme ça que vous appelez l’HP), il y a environs 3 mois d’attente si la personne est dangereuse et surement plus si elle ne l’est pas. C’est long 3 mois d’attente (pour un suicidaire).

          Enfin, une étude montre que pres du tiers des SDF présentent des troubles de la personnalité (une autre étude affirme 50%).

          Et pour finir, « si demain il n’y a plus de malades et de dépressifs », je serai peut etre au chomage, mais je n’en serai pas plus malheureux, bien au contraire.

          ++

        • letsgonice
          • Posté à 22h41 le 03/01/2008
          • Internaute 24293

          Puisque vous prétendez connaître les chiffres, que faites-vous des 15.000 morts par suicide et par an en France, concommitamment aux 150.000 tentatives de suicide en France par an ? !
          Ajoutez à cela que nous sommes toujours les « number one » au monde en matière de consommation d’alcool par an et par habitant... ça vous éclaire un peu sur l’urgence du problème ou pas du tout ? ? ?

        • jm1943
          jm1943 répond à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
          retraite bordeaux
          • Posté à 22h23 le 04/01/2008
          • Internaute 24897
            retraite bordeaux

          c’est vrai que la democratie ,c’est cause toujours.

        3 autres commentaires
      • pablico
        pablico répond à A déménagé le 19 avril
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 12h44 le 03/01/2008
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        << Le capitalisme a besoin de réduire l’homme à un objet du marché. Nous sommes formatés : on veut la pilule du bonheur, il n’y a plus de place pour l’inconscient.>>
        Si j’ai bien compris l’esprit tue (rend malade) le corps.
        Donc on veut soigner l’âme, avec des pilules.. étrange.

        Je comprendrai qu’on le soigne avec de la ’philosophie’, des activités cognitives, un spy, enfin quelqu’un qui essaye de vous aider en dédramatisant, en vous montrant qu’il y a d’autres solutions, d’autres rêves.
        Peux-t-on soigner l’esprit ?
        on aurait alors des pilules pour soigner la bêtise, les fanfarons, les avares, les dépensiers, les joueurs, les menteurs, les vicieux, et j’en passe et des meilleurs !
        Notre inconscient est-il déphasé avec la réalité ?
        Mais quelle réalité ? celle qu’on croit voire, ou qu’on voudrait voir, ou celle qu’on nous montre (donc inexacte) ?
        je m’arrête ! ! je commence à déprimer..

      • gérare
        gérare répond à A déménagé le 19 avril
        photographe
        • Posté à 14h10 le 03/01/2008
        • Internaute 24235
          photographe

        Quand les enfants gâtès commencent à se rendre compte qu’ils vont vivre comme le tiers monde , il y a de quoi prendre des anxiolitiques .
        Va falloir inventer face au désastre annoncé .
        Lorsque l’on se prend pour le centre du monde et que l’on se rend compte qu’on est le centre de la connerie ,
        y a de quoi consommer des tranquillisants .
        Point barre .

      • gérare
        gérare répond à A déménagé le 19 avril
        photographe
        • Posté à 14h15 le 03/01/2008
        • Internaute 24235
          photographe

        Lorsqu’un pays se prend pour le centre du monde ,
        imbu de sa personne , y croyant dur comme fer ,
        et qu’il se rend compte qu’il est le centre de la connerie ,
        il y a de quoi prendre des antidépresseurs .
        Point barre .

    • virginie78
      virginie78 répond à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
      Éteignez votre TV et apprenez à (...)
      • Posté à 06h31 le 03/01/2008
      • Internaute 25883
        Éteignez votre TV et apprenez à (...)

      Bientôt la pratique d’une religion qui donne de l’espoir sera obligatoire :)
      Non mais sans blague, avec le travailler plus pour bousiller plus sa famille, on va droit dans le mur.
      Avec le culte de l’individualisme, l’éclatement de la famille, de la vie de quartier, la solitude, on n’a pas fini de voir des dépressif dans notre beau pays !

    • gérare
      • Posté à 12h17 le 03/01/2008
      • Internaute 24235
        photographe

      Vous avez raison contre courant ,
      « si vous êtes mal c’est que vous êtes malade » ( sarkopub gouvernementale )
      C’est pas vrai .
      Il est vrai que je peux être malade et avaler mes antidépresseurs si vraiment je souffre atrocement .
      La souffrance psychologique est la plus grande des souffrances.
      Le mental est le poison .
      Le corps que nous avons peut nous libérer de ce mental .
      La grande idée du pouvoir et des médias est de gérer et rentabiliser la peur car ils savent que ça marche ,ils connaissent la peur , mais ils savent que l’on peut atteindre le pouvoir et y rester en gérant cette peur avec intelligence .
      Peur fondamentale de mourir ? Pourquoi pas .
      Notre civilisation a toujours rejeté la mort , on en parle pas , c’est tabou , et pourtant c’est la seule vérité que nous connaissions.
      Cette peur est utilisée par nos charmants prédateurs politiques .
      Peur des terroristes , peur du chômage , peur des autres , peur d’être malade , peur de manquer , peur pour nos enfants , pour le futur ,
      PEUR , PEUR , PEUR , à toutes les sauces .
      Ensuite , on se demade pourquoi nous ne sommes pas bien .
      Nous travaillons comme des ânes , nous nous asseyons devant la télé , sans conscience de nos vies d’êtres humains .
      Lobotomie de nos vies .
      La joie de vivre simplement de fait pas partie du discours publicitaire marchand et politique .
      Regardons notre chef vivre et nous remarquerons que ça n’a pas l’air d’être simple pour lui .
      C’est un malade .
      Soyons amoureux , soyons vivants dans le choix de nos vies .
      Jetons la télé et le gavage systèmatique des conneries ambiantes .
      Soyons conscients de la merde qui nous bourre le crâne . Nous avons tous les moyens de vivre pleinement .
      Les temps sont durs ?
      La vie n’est peut être pas faite pour être aussi simple et basique que notre président .
      Prenons conscience .
      Conscience .
      La vie et belle , soyons rebelle .
      Bonne année à tous .

    • tiburs
      • Posté à 11h28 le 05/01/2008
      • Internaute 6751

      En france on ne cherche qu’a remplir les asiles ?

      Heu, franchement je ne vois pas comment car tous les hopitaux psychiatriques ont des lits qui ferment progressivement faute de personnel.

      Par contre il est exact que certaines directions d’hopitaux demandent a leurs services de psy de faire du remplissage de lits. Mais là on parle de 2 ou 3 lits de difference.

      Donc on ne peut pas accuser les psychiatres francais de remplir pour remplis.

      Autre erreur : les psychotropes ne rendent pas depressifs. Mal prescrits ils sont dangereux c’est sur. Mais sinon ils servent a sortir des personnes de leur maladie.

  • Rouille_Encagée
    Rouille_Encagée
    Étudiant
    • Posté à 20h17 le 02/01/2008
    • Internaute 1144
      Étudiant

    Sous prétexte que ça ne va pas dans le sens de la psychanalyse, c’est scientiste ? C’est affligeant de faire des raccourcis comme ça. Mais c’est vrai que quand on est ancré dans des convictions, il est dur de s’en défaire, ça remettrait trop de choses en cause... Chacun veut défendre son steak, c’est l’essence de la vie, la lutte ; la vérité, on s’en fout bien sûr ! (ironie)

  • marie 75
    • Posté à 20h22 le 02/01/2008
    • Internaute 3563

    la loi du médecin référent n’oblige pas à passer par son généraliste pour aller voir un psychiatre.C’est une erreur que de l’affirmer. C’est un des derniers droits du malade que de pouvoir aller voir un psychiatre sans passer par son généraliste.
    BUT ...
    En cas de réel mal de vivre, de symptome grave,(et non de déprim légère) il faut aller voir un psychiatre qui, s’il le juge utile, saura engager un patient vers une psychothéapie ou une psychanalyse si nécessaire.
    Tout n’est pas lié à un trouble de la prime enfance...

    Le cerveau - comme tout organe - peut se mettre à « déconner ». Et cela se soigne ! Et avec des médocs ! Il faut déstigmatiser les problèmes psychiques. Le seul toubib spécialiste ? Le psychiatre, voire le neurologue (en étape 2, si gros problèmes).

    Ce manuel sur la dépression (je l’ai lu) n’est pas « orienté » comme voudrait l’indiquer J.A. Miller qui recommence la bataille du livre noir de la psychanalyse. Si c’est pour un coup de pub, qu’il le dise !

    Ce manuel n’est pas génial, mais permet à tous d’approcher des troubles psychiques et de leur traitement.
    Pas de manip pro TTC dans tout cela !
    Pas de manip de labos pharma !

    La déprim n’est pas le fonds de commerce des psychanalystes !
    La déprim peut être les prémices de symptômes plus profonds que -seuls - peuvent découvrir un psychiatre.
    Par contre, la parole et l’aide psy.... peut s’avérer utile, mais il ne faut pas louper le diagnostic médical. Donc....

    Après ou si on a des bleus à l’âme (on en a tous) ... on peut aller papoter, comme Woody Allen, avec son psy.
    Ca ne peut pas faire de mal.
    Et on peut y améliorer sa syntaxe de vie !

    • Nya
      Nya répond à marie 75
      technicienne informatique à (...)
      • Posté à 20h39 le 02/01/2008
      • Internaute 11182
        technicienne informatique à (...)

      Je rejoinds tout à fait Marie75. Pour avoir vu les spots de cette campagne, ils incitent à consulter s’il y a un problème. Moi je les ai trouvé plutôt neutres. Je trouve un peu abusif de tout de suite monter au crénaux.

      • jm1943
        jm1943 répond à Nya
        retraite bordeaux
        • Posté à 22h37 le 04/01/2008
        • Internaute 24897
          retraite bordeaux

        plus tard il sera peut etre trop tard

    • mqargot
      mqargot répond à marie 75
      • Posté à 21h47 le 02/01/2008
      • Internaute 26886

      Guerre de psy ?

      Ce qui est certain, il y a des suicides reconnus en accident de travail. Et cela coûte cher …. Alors….

      A moins de dépénaliser et de déresponsabiliser….on s’attaque a une « divergence » de psy et je pari que on lira que c’est la faute des dépressives……et tant que faire une franchise…

      Pour marie 75,
      Pour être remboursé par la CPAM, il faut passer par le médecin traitant.

      • gerard2
        gerard2 répond à mqargot
        Retraité
        • Posté à 22h38 le 02/01/2008
        • Internaute 19274
          Retraité

        Non, pas pour le psy...

         
        • Stalker256
          Stalker256 répond à gerard2
          • Posté à 16h19 le 03/01/2008
          • Internaute 22581

          La CPAM rembourse 70 % des honoraires (moins 1 euro) c’est à dire environ 27 euros auxquels la plupart des mutuelles à 100 % du tarif de convention ajoutent environ 12 euros.

          Soit 39€ sur 40 (prix d’un psy secteur 1 sans dépassement).

          Mais il y à aussi des psy secteurs 2 (qui tournent en moyenne à 70€) et la si on ne passe pas par le médecin traitant la mutuelle (meme la meilleur) rembourse mal (j’ai plus le chiffre en tete, mais y’a au moins 10-15€).

          Enfin en ce qui concerne les étudiants, il y à un nombre limite de consultation remboursé, les autres étant remboursé que par la CPAM.

          Bref, mieu vaut passer par le medecin traitant si on veux se faire rembourser par sa mutuelle.

        • letsgonice
          letsgonice répond à gerard2
          • Posté à 22h53 le 03/01/2008
          • Internaute 24293

          Pour les patients de plus de 26 ans qui consultent le psychiatre en passant par le médecin traitant, la CPAM remboursera 70%, alors que s’ils ne passent pas par leur médecin traitant, la CPAM ne rembourserait plus que 50%... et pour les mutuelles, elles sont obligées de pénaliser aussi, en remboursant certes, mais moins !

        2 autres commentaires
    • le Taiseux
      le Taiseux répond à marie 75
      de Ceux qui marchent debout
      • Posté à 08h58 le 03/01/2008
      • Internaute 11533
        de Ceux qui marchent debout

      Je m’intéresse à la dépression depuis que j’en souffre pour être bipolaire, ou maniaco-dépressif selon l’ancienne appellation. Cette maladie, inscrite au DSM IV, est considérée à juste titre comme une affection de longue durée. Dans cette maladie, la dépression peut aller jusqu’à la mélancolie, dépression extrême qui peut être définitive.

      Et les psychanalystes sont incapables de soigner cette maladie, car on parle bien de soins. La dépression, dans ce cas, est d’origine génétique et sans un traitement médicamenteux, éventuellement allié une psychothérapie, le malade n’a pas une chance de se stabiliser.

      Je ne parle pas de guérison, la maniaco-dépression est incurable, mais de soins. Nier que la dépression puisse être une maladie relève pour moi de l’aveuglement. Mais je ne chercherai pas à convaincre les lacaniens, le seul courant représenté dans l’article, et pour lesquels contester Lacan est déjà un symptôme méritant une psychanalyse.

      Je suis d’accord avec Marie, seul un psychiatre, et un bon, pourra correctement diagnostiquer une personne en état dépressif et éventuellement proposer une alliance thérapeutique.

      • Arnaud Aubron
        Arnaud Aubron répond à le Taiseux
        Les Inrocks (et ex-Rue89)
        • Posté à 10h27 le 03/01/2008
        • Internaute 77
          Les Inrocks (et ex-Rue89)

        Bonjour,

        Au passage, je ne peux vous laisser dire que les Lacaniens sont seuls représentés dans cet article, alors que deux représentants de l’école comportementaliste ont été interviewés et leurs propos retranscrits.
        Peut-être, je l’admets, les uns sont-ils plus présents que les autres, car ils sont ceux qui portent la critique, mais je pense que chacun a pu ici s’exprimer. J’ajouterais même que chacun est invité à s’exprimer à nouveau dans ces commentaires.

      • Crispus
        Crispus répond à le Taiseux
        • Posté à 13h37 le 03/01/2008
        • Internaute 15293

        ça se reconnait à quoi, un « bon » psychiatre ?

         
        • letsgonice
          letsgonice répond à Crispus
          • Posté à 23h00 le 03/01/2008
          • Internaute 24293

          A ce que vous pensez de lui en matière de qualité d’écoute, de restitution pour les questions que vous lui posez et, de qualité de la réponse thérapeutique que vous ressentez... Et quand même et surtout, par sa capacité à vous aider en cas de pensées voire de projets suicidaires...

        • marie 75
          marie 75 répond à Crispus
          • Posté à 13h27 le 04/01/2008
          • Internaute 3563

          un bon psychiatre ?
          il prend son temps, il vous écoute, il ne vous file pas le dernier médoc à la mode, il vous donne un rdv assez proche pour voir comment vous supportez le traitement, il vous donne son tél ou son mail pour l’appeler en cas d’urgence, il vous explique ce qui « dysfonctionne et pourquoi » (le cerveau est une mécanique comme une autre, mais nettement plus compliquée), il vous implique dans le traitement en vous expliquant le fonctionnement de la molécule, il vous donne l’adresse d’un psy ou autre aide si vous le demandez, il ne vous traite pas comme « un malade mental ».
          Il a avec vous un rapport d’égal à égal !
          Vous devez vous sentir en confiance !

          Si c’est un de vos proches qui va mal, accompagnez-le.
          La porte n’est pas si facile à franchir ! Eventuellement une partie du RDV se passera avec vous. L’avis de l’entourage est important : non pas pour l’enfoncer, mais pour l’aider ! Un bon psychiatre saura vous aire sortir pour papoter tranquille ou vous garder s’il le juge utile.

          Pour le trouver, compter sur le bouche à oreille, les sites d’aide aux patients (genre argos 2001, Unafam...), votre généraliste (s’il est un peu formé).

          Ne pas hésiter à en changer : ce n’est pas le bon dieu !
          Il faut trouver psychiatre à son pied et bien communiquer avec lui !

        2 autres commentaires
    • Iris2
      Iris2 répond à marie 75
      • Posté à 10h04 le 03/01/2008
      • Internaute 16898

      Tout à fait d’accord ! Je suis une ancienne dépressive qui,coup de tonnerre dans un ciel serein,a fait un épisode délirant.Heureusement j’ai été immédiatement soignée par un neurologue et psychiatre qui est un humaniste.Médicaments pour sortir de la phase critique,puis psychothérapie ET médicaments,pourquoi opposer les deux ? Une psychanalyse ne m’intéressait pas du tout,pour des raisons philosophiques,si l’on veut.Je ne me sens pas comme une masse d’affects déterminés par mon inconscient...Pour s’en sortir,il faut,selon moi,trouver de l’empathie et une grande compétence médicale chez son soignant.Après,on réfléchit seule sur sa vie,comme une grande,on sait que la question de l’inné et de l’acquis dans le surgissement de la maladie(c’en est une,on peut en mourir bêtement !)n’aura jamais de réponse scientifique. J’ajoute que malgré les souffrances,je ne regrette pas d’avoir frôlé le gouffre,on en sort plus riche.Merci à mon entourage qui m’a supportée et sans lequel,la guérison aurait certainement été difficile,sinon impossible,quels que soient les moyens employés.

      • Axe_du_mâle
        Axe_du_mâle répond à Iris2
        étudiante
        • Posté à 12h17 le 03/01/2008
        • Internaute 26938
          étudiante

        j’ai vécu une dépression et frôlé le gouffre aussi et je suis d’accord,la solution est dans le compromis entre la psychanalyse et le traitement médical.
        Mais c’est très difficile, comment s’orienter ? ? ? ? ?

        Personnellement je suis allée consulter un psychiatre qui a voulu me ranger dans la case « maniaco-dépressive », ce qui s’est révélée très dangereux !
        (je ne suis pas maniaco-dépressive)
        Ensuite, hospitalisée, les médicaments m’ont calmé mais ont effacé l’origine du mal-être, d’où la dépendance par rapport aux médicament et le mal-être toujours présent.
        Puis j’ai consulté une psychiatre, je pleurais toute la journée et ne dormais plus.
        Enfin j’ai consulté une psychothérapeute qui m’ai prendre de conscience du rôle de l’inconscient et de l’origine de mon mal-être.

        J’ai consulté 4 psychiatres, aucun n’a su m’expliquer pourquoi j’allais mal ! un tel parcours peut-être fatal !
        Et il semble très important de ne pas s’arrêter à la prescription de médicament qui ne règle rien.

        je ne suis vraiment pas certaine que cette campagne règle le problème de savoir comment s’orienter : les généralistes ne sont pas en mesure de dépister les dépressions ! ! !
        (le mien n’a rien vu)
        Aussi se pose la question de l’eficacité du système psychatrique français.
        et s’il est très difficile de trancher entre comportementaliseme et psychanalyse, il ne faut pas simplifier ce qui mène il me semble à opposer ces 2 approches ce qui n’est pas si évident.

         
        • abapu
          abapu répond à Axe_du_mâle
          • Posté à 15h12 le 03/01/2008
          • Internaute 26968

          j’ai eu cette expérience aussi
          - c’est vrai que ça n’est pas simple quand ça vous arrive
          - Colette Soler a raison de dire qu’il ne faut pas trop vite nommer un mal ; l’effet du langage, ça existe !
          - les médicaments, il y a des moments où ils sont nécessaires
          - parler, c’est bien, mais ça ne suffit pas
          - celui (celle) qui peut reconnaitre et accepter qu’il ne va pas bien et qu’il est agit quelque fois malgré lui, peut alors découvrir et se heurter à ce qu’on appelle l’inconscient (là le comportementalisme ne peut rien)
          - certains psychanalystes, parce qu’eux-mêmes ont suffisamment avancé dans leur chemin analytique et qu’ils travaillent régulièrement au sein d’une Ecole, sont les mieux placés pour nous pousser à trouver comment mettre notre désir à sa bonne place ; et ça ne se présente pas pareil d’une personne à une autre...
          - il faut trouver à la fois en soi une motivation continue et et chez le psychanalyste une compétence (rare)

          - dans ces conditions là, une psychanalyse opère et c’est une grande chance

        1 autres commentaires
    • Photine
      Photine répond à marie 75
      • Posté à 13h34 le 03/01/2008
      • Internaute 11770

      Si, il faut passer par son médecin traitant pour aller consulter un psy remboursé par la sécurité sociale.

      extrait Améli (site assurance maladie)
      D’autre part, vous pouvez consulter directement un gynécologue, un ophtalmologue ou pour les 16-25 ans, un psychiatre ou neuropsychiatre sans passer par votre médecin traitant.

      Mais si on connait bien son médecin traitant, un simple appel tel peut suffir pur obtenir son accord.

      Lien

    • le-concombre-masqué
      • Posté à 15h43 le 03/01/2008
      • Internaute 26966

      Effectivement, je suis moi-même intimement convaincu que des troubles psychiques peuvent avoir comme origine une déficience physiologique du cerveau. Grâce à l’IRM et aux recherches d’Antonio Damasio on sait que nos émotions dépendent de certaines aires du cerveau ; cortex, amygdale, lobe temporal ...
      Les médocs inhibiteurs de recapture de sérotonine sont trés efficaces pour combattre des phobies et autres nuisances en régulant l’activité du systéme nerveux central.
      S’il y a un déséquilibre d’un neurotransmetteur, cela concerne l’humeur et la gestion des émotions, c’est la capacité à réagir à autrui qui s’en trouve amoindrie et c’est finalement la direction de notre vie qui en est affectée.
      Je ne pense pas qu’il suffise de chercher dans notre prime enfance d’éventuels méandres d’ordre sexuels pour guérir des pathologies décrites ci-dessus.
      Si l’on est myope, on le reste toute sa vie. Seules les lunettes et maintenant le laser permettent de corriger ce défaut. Si l’on a une déficience d’hormone, aujourd’hui des molécules chimiques existent pour les réguler. Il faut avoir vécu une dépression pour apprécier sa guérison et qu’importe s’il faut réguler chimiquement ad vitam tels les déficients thyroidiens.
      Lorsque l’on abolit les émotions parasites et paralysantes , on peut enfin se consacrer à l’essentiel. Alors les querelles de clocher de la famille Miller c’est de l’accessoire. Les chiens hurlent, la caravane passe.
      jfs
      désolé pour le pseudo, j’ai manqué d’imagination

      • Angelica
        • Posté à 16h49 le 03/01/2008
        • Internaute 26975

        ce n’est pas parce que le synapse A s’active quand on boit du lait qu’on boit du lait parce que le synapse A est actif ! voyons, ce raisonnement est juste un renversement de logique...

        le dire n’empêche en rien l’efficacité des inhibiteurs de sérotononine pour combattre certains états psychiques : ça n’en efface pas les causes, mais ça aide à rééquilibrer les effets.

        En effet, parfois il suffit d’abolir « les émotions parasites » : certaines personnes en vivent très bien. D’autres se sentent coupés d’une part d’eux mêmes, et ça ne suffira donc pas.

    • Angelica
      Angelica répond à marie 75
      • Posté à 16h41 le 03/01/2008
      • Internaute 26975

      Certes : le cerveau comme tout organe peut se mettre à déconner. Mais le cerveau, contrairement à d’autres organes, et celui de la pensée, et celle-ci se construit d’une certaine façon, par apprentissages répétés, et analogies. Ainsi les émotions sont immédiatement associées à chaque objet, et à chaque apprentissage. Le cerveau peut avoir ses problèmes physiques, limités donc à son fonctionnement physique en tant que cause, parfois difficiles à ne pas confondre avec des « court-circuits » émotionnels, créant pour un individu une inadaptation à une situation présente du fait des apprentissages passés (ou plutôt des projections liées).

      Avant de pouvoir décréter aussi définitivement dans un tel débat que non, la dépression « peut » être du fait d’un dysfonctionnement physique, il serait bon de se pencher sur les causes de la dépression considérés par la psychanalyse.

      Pour ma part, j’affirme que non, la dépression est bien un mal-être dont les causes remontent à la petite enfance. Ça ne signifie pas qu’une personne telle a vécu forcément des tragédies dans son enfance, ni qu’il est « coupable » de sentiments innomables ou inacceptables envers ses proches. Car oui, tout vient de la petite enfance, concernant le psychisme, et chacun a vécu à peu près le même programme de base. C’est les différences individuelles, d’entourage mais aussi de personnalité, qui font que chacun est différent.

      L’intervention de Marie75 me fait penser que justement, elle considère la dépression comme un fourre-tout, comme hélas trop souvent, parfois avec une cause physique, parfois une autre psychique. Or la cause est ce qui détermine la nature de quelque chose. C’est bien là qu’il s’agit de fouiller pour poser un diagnostic, là qu’il s’agit d’investiguer pour savoir ce qu’est une dépression, et donc aussi savoir comment aider les dépressifs à en sortir.

      La dépression (et non la déprime... ne pas confondre) n’est le fond de commerce de personne, mais il s’agit juste de reposer les choses correctement. La psychanalyse ne peut certainement s’adapter à toute personne, la volonté y est pour beaucoup, on le sait, mais la théorie psychanalytique explique des processus psychiques que par ailleurs la psychiatrie reprend dans sa propre pratique. Les médicaments ne peuvent en aucun cas soigner une dépression ! Le laisser croire est extrêmement dangereux. La médicamentation aide, certainement, à rester à flot, à calmer un état excessif, mais ce n’est qu’une réflexion sur soi et sur les causes réelles de son mal-être qui peut en venir à bout. La psychanalyse offre un cadre et un langage à cette réflexion, il existe toujours d’autres possibilités !

      Pour répondre à Taiseux, personne n’a jamais fait la preuve d’une origine génétique de la dépression. Il s’agit là d’une théorie (contestée) tirée d’une méthode statistique d’investigation : il existe x personnes dépressives ayant un parent dépressif dans leur famille, donc cela pourrait être génétique. Mais personne n’a mis le doigt sur le gêne de la dépression ! C’est d’autant moins solide, comme argumentation, que l’apprentissage des émotions se fait près des membres de sa famille, et qu’une ressemblance de ce point de vue est compréhensible psychiquement également.

      En l’occurrence, il me semble que les réactions à cette campagne sont diverses. Pour ma part je retiens celle qui consiste à dire que la dépression n’est pas une maladie, qu’elle en est gravissime quand même, et que considérer l’état psychique comme source de dysfonctionnements de la vie est une nécessité. Je retiens également que cet état grave nécessite la consultation d’un spécialiste, et non d’un simple médecin généraliste. Il est à remarquer que peu de gens auront lu effectivement la brochure en entier, mais retiendront des phrases clé.

      Il me semble que la meilleure illustration de tout ceci est l’intervention d’Iris2, qui sans se sentir philosophiquement proche de la psychanalyse, n’en a pas moins suivi un parcours de réflexion sur elle-même, en profondeur.

      • Iris2
        Iris2 répond à Angelica
        • Posté à 11h09 le 04/01/2008
        • Internaute 16898

        Je crois comprendre que mon témoignage parait assez juste à Angélica.Je le complète en disant que j’ai,sur mon parcours,trouvé une très mauvaise psychiatre et que je n’ai pas eu,hélas, de mal à m’en apercevoir car elle m’a fait replonger à grande allure...en changeant mon traitement médical.Bien sûr je l’ai vite quittée pour retrouver « mon“neurologue-psychiatre ! Il me suit toujours d’ailleurs.Quant au parcours en profondeur sur moi-même,c’est quasiment mon fond de commerce car je suis professeur de lettres.Je pourrais écrire un florilège des grands textes littéraires sur la dépression ! Un exemple,le livre de Mishima intitulé ‘La musique’.Et un excellent bouquin d’Andrew Solomon,grand dépressif devant l’éternel,qui s’appelle : ‘Le diable intérieur. Anatomie de la dépressionchez Albin Michel.
        Bonne année et,chaque jour,il faut apprendre à voir
        the sunny side of the street,malgré Sarko et ce que tout le monde sait sur ce site ! ! !

      • letsgonice
        letsgonice répond à Angelica
        • Posté à 23h48 le 04/01/2008
        • Internaute 24293

        La souffrance (physique ou morale) est une situation inverse au bien-être (définition OMS) et, selon sa durée et son intensité, elle peut relever de caractéristiques pathologiques : elle devient donc « maladie » ; c’est le cas de la dépression dite « caractérisée », avec des critères repérables de tristesse, de tension anxieuse, d’insomnie, de perte d’appétit, de troubles de la concentration, d’incapacité à initialiser des actions même les plus élémentaires, de perte d’intérêt, de pessimisme croissant, d’idéation suicidaire…
        Au pire, ça a l’avantage d’être clair à l’entendement de tous, à condition d’avoir conservé l’usage de son « bon sens ».
        Quant aux médicaments, il convient de les comparer à une « bouée » pour une personne qui aurait failli se noyer : elle n’apprend certes pas à nager mais, elle donne le droit de suivre enfin une direction alors un peu plus librement choisie… Parfois, épuisé(e) de douleur, elle ne donnerait que le droit de surnager mais, sans avoir à se noyer, ouf !
        Pour ce qui concerne les aspects génétiques dans la maladie dépressive (caractérisée), ils ne sont que les « traceurs » d’une sensibilité psychique pouvant confiner au pathologique et ce, sans aucune prédictivité possible car, ils ne répondent pas aux « lois mendéliennes » classiques (comme c’est le cas pour la couleur des yeux par exemple) : il s’agirait de la résultante de l’expression de plusieurs gènes (polygénie) et que les généticiens tentent de repérer ; ces derniers ne prétendent pas faire dans la simplicité !
        Et quant on sait que le cerveau est à peu près constitué de 100 MILLIARDS de neurones qui chacun serait connecté à 10.000 autres, personne n’oserait avancer un caractère simpliste de la « mécanique cérébrale » (alias Cerveau).
        Et si notre pensée n’était que le fruit de cette « mécanique biologique », il conviendrait bien sûr de s’incliner tout de même… (de respect au minimum).

  • sugar
    • Posté à 20h32 le 02/01/2008
    • Internaute 26867

    Personnellement, je n’ai pas vu ces guides mais je suis totalement contre la prise de médicaments pour soigner ce type de maladie.

    Je peux témoigner des ravages qu’ils causent à cause de l’habitude d’en prendre : c’est une drogue et rien de plus. Ils ne règlent rien, je suis entièrement d’accord sur la déresponsabilisation qu’ils causent.

    Ils ne permettent que d’endormir la personne pour faire comme si tout allait bien, celle-ci les utilisant pour « survivre ».

    A force d’en prendre, il n’y a plus d’autres choix qui s’offre, et la personne finit par s’habituer à cet enfer, et surtout à ne pas aller au devant des difficultés.

    Bien sur, il s’agit d’extrême, et pour certaines personne les anti-dépresseurs sont peut-être bénéfiques mais je pense qu’il faut quand même faire attention.

    Par ailleurs, je considère que ces guides ne sont pas une surprise car aujourd’hui le monde est bien morose, et je pense aussi qu’il y a un risque que les gens extrapolent leur mal pour en faire une dépression. Le fait d’appartenir à un groupe est tellement plaisant, même s’il a une connotation négative.

    En tout cas, je ne vois rien de plus beau qu’une analyse de soi naturellement sans artifices, tout en prenant ses responsabilités. On pourrait en apprendre des choses !

    • Network 23
      Network 23 répond à sugar
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 21h17 le 02/01/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      Pardonnez-moi ce coupier-coller, en espérant souligner ici le conflit des interprétations à ce sujet...

      « Personnellement, je n’ai pas vu ces guides mais je suis totalement contre [la prise de médicaments/la consultation de psys-] pour soigner ce type de maladie (sic, puisque les psys prétendent précisément qu’il ne s’agit pas d’une maladie).

      Je peux témoigner des ravages qu’ils causent à cause de l’habitude d’en [prendre/consulter] : c’est une drogue et rien de plus. Ils ne règlent rien, je suis entièrement d’accord sur la déresponsabilisation qu’ils causent.

      Ils ne permettent que d’endormir la personne pour faire comme si tout allait bien, celle-ci les utilisant pour “survivre”.

      A force d’en prendre, il n’y a plus d’autres choix qui s’offre, et la personne finit par s’habituer à cet enfer, et surtout à ne pas aller au devant des difficultés.

      Bien sur, il s’agit d’extrême, et pour certaines personne [les anti-dépresseurs/les psys] sont peut-être bénéfiques mais je pense qu’il faut quand même faire attention.

      Par ailleurs, je considère que ces guides ne sont pas une surprise car aujourd’hui le monde est bien morose, et je pense aussi qu’il y a un risque que les gens extrapolent leur mal pour en faire une dépression. Le fait d’appartenir à un groupe est tellement plaisant, même s’il a une connotation négative.

      En tout cas, je ne vois rien de plus beau [qu’une analyse de soi/qu’une auto-médication] naturellement sans artifices, tout en prenant ses responsabilités. On pourrait en apprendre des choses ! »

      ––-
      Ce qui est clair, c’est qu’il n’y a pas de recette miracle ni de panacée universelle, et que la guerre des psy-psy n’est pas prête de s’arrêter !

      • sugar
        sugar répond à Network 23
        • Posté à 23h38 le 02/01/2008
        • Internaute 26867

        On pouvait pas trouver mieux comme conclusion !

    • soffi
      soffi répond à sugar
      là bas, trés loin...
      • Posté à 22h14 le 02/01/2008
      • Internaute 2096
        là bas, trés loin...

      Personnellement, je n’ai pas vu ces guides mais je suis totalement contre la prise de médicaments pour soigner ce type de maladie

      Avez vous déjà souffert de depression ? ?

      • sugar
        sugar répond à soffi
        • Posté à 23h32 le 02/01/2008
        • Internaute 26867

        Je n’ai que 20 ans mais effectivement j’ai été assez dépressive pendant mon enfance. Malgré ce que j’ai dit dans mon commentaire, cela ne m’a pas empêché de prendre des médicaments de toutes sortes, qui m’apaisaient sur le moment non pas parce que c’était leur but, mais parce qu’ils avaient un impact psychologique.

        Tous les jours je cotoie qqun de ma famille qui est dépressif, et voir cette personne prendre des médicaments pour s’enfoncer un peu plus dans une sorte de monde parallèle me fait halluciner. Je ne dis pas que tout est de la faute des médicaments, mais je pense qu’ils y contribuent. Et le pire, c’est quand on a l’habitude d’en prendre. Le mieux serait surement que les médicaments soient pris en complément d’un traitement psychologique pour justement éviter de tomber dans un cercle vicieux.

        J’ai choisit cette position au vu de ce que je vis, car je considère que la volonté des hommes est plus forte que ce que l’on croit, même si elle ne peut pas tout vaincre.

        Bref, je ne sais pas quel sous-entendu était présent dans votre question, donc j’ai peut-être répondu à côté !

         
        • soffi
          soffi répond à sugar
          là bas, trés loin...
          • Posté à 11h20 le 03/01/2008
          • Internaute 2096
            là bas, trés loin...

          Bonjour

          Il n y a aucun sous entendu. Vous dites avoir pris des tas de médicaments, mais lesquels ? ?

          La volonté n a rien à voir avec une dépression ! Un dépressif est conscient et lui dire « allez bouges toi, ne t écoutes pas, regardes autour de toi il y a des tas de gens bien plus malheureux etc... » lui feront plus de mal que de bien !

          La vie réserve tellement de surprises ! Parfois, on est obligés de s assoir sur ses principes !

          • sugar
            sugar répond à soffi
            • Posté à 14h18 le 03/01/2008
            • Internaute 26867

            Je ne comprends pas vraiment, je n’irai jamais dire à une personne dépressive qu’il suffit de se bouger et qu’il y a plus malheureux ! Il n’y a rien de pire ! Et la volonté, ce n’est pas dire ça à la personne !

            Par contre, je suis totalement contre le fait de dire que la volonté n’a rien à voir avec la dépression ! La dépression, ce n’est pas comme une maladie telle que le cancer où là, il n’y a vraiment rien à faire à part prendre des médicaments, parce que tout est organique !

            La dépression s’abat bien sur sur vous sans qu’on s’en rende compte, mais ce n’est pas une fatalité, là on peut faire quelque chose mais en étant actif ! Et l’activité nécessite de la volonté de la part de la personne !

            Je ne dis pas non plus que les dépressifs sont des zombies, mais que certains ne se rendent pas compte qu’ils ne sont pas bien, ils ne veulent pas l’accepter. Et avant de pouvoir faire quoi que ce soit, il faut que la personne se rende compte de ça !

        2 autres commentaires
      • Lechat
        Lechat répond à soffi
        esprit critique
        • Posté à 11h07 le 03/01/2008
        • Internaute 23925
          esprit critique

        Je pense qu’une personne qui dit etre contre la prise d’antidépresseurs n’ a jamais été dépressive ........
        Il y a également des personnes qui pensent que lorsqu’on est dépressif il suffit de faire des efforts pour sortir de cette dépression ces personnes n’ont visiblement jamais été dépressives
        Pour pouvoir parler de la dépression il faut l’avoir vécue

         
        • sugar
          sugar répond à Lechat
          • Posté à 14h05 le 03/01/2008
          • Internaute 26867

          Si je réagis à cet article, c’est justement parce que je pense avoir une opinion dessus, non pas parce que j’ai envie de dire n’importe quoi juste pour faire polémique, mais parce que j’ai appréhendé quelque peu la dépression. Mais bien entendu, je répète que je n’estime pas connaître cela comme un professionnel, ni rien du tout. Je dis juste ce que je pense.

          Je ne pense pas qu’il s’agisse de « faire des efforts » pour sortir de ça, comme s’il s’agissait de quelque chose de simple. Au contraire, peut-être le mieux serait de combiner la prise de conscience de la personne et la volonté de s’en sortir en allant voir un psy par exemple (ce n’est qu’un exemple parmi d’autres) à des médicaments (quand je parle de volonté de s’en sortir, il s’agit de dire que si la personne ne fait rien, c’est sûr qu’elle ne pourra pas aller mieux).

          Ce qui est dangereux selon moi, c’est si une personne dépressive prend l’habitude de prendre des médicaments, si elle ne peut s’en passer, et si elle se contente de ça au lieu de véritablement essayer d’en sortir. Voilà, c’est tout, et je ne renie pas l’effet bénéfique que peuvent avoir les antidépresseurs. Il s’agit juste de ne pas tomber dans les excès. Je ne pense pas dire quelque chose d’horrible !

          • Angelica
            Angelica répond à sugar
            • Posté à 17h28 le 03/01/2008
            • Internaute 26975

            je pense qu’il y a ambiguité sur le terme de « volonté ». Il me semble que Sugar parle d’une volonté dirigée vers soi, celle de s’en sortir, de chercher les causes, pas juste de se lever et aller bosser. Il s’agit de la volonté de s’accrocher à la vie, malgré sa souffrance intense de vivre.

            Comment aider quelqu’un qui n’a pas du tout envie d’être aidé ? c’est un autre débat.

        2 autres commentaires
  • Ouranos
    • Posté à 20h37 le 02/01/2008
    • Internaute 17760

    Je me garderais bien de prendre position sur un débat qu’on ne peut absolument pas trancher de manière manichéenne. Mais il est amusant de remarquer à quels point les psychanalystes semblent sur la défensive ces derniers temps ... Signe des temps ? Retour de bâton de l’influence démesurée des écoles psychanalytiques sur les sciences de l’esprit en France ? Euh ... je me garderais bien de trancher .... ; o)

  • gébé
    • Posté à 20h40 le 02/01/2008
    • Internaute 8332

    une phrase-clé du dernier paragraphe dans l’article :

    « La loi du médecin référent oblige à passer par son généraliste. »

    Bien sûr, mais absolument rien n’empêche un généraliste d’envoyer un patient chez le spécialiste.

    Ne s’en privant pas pour d’autres pathologies (cardiaques, digestives, rhumatismales...) on ne voit pas pourquoi il n’adresserait pas dès que possible quelqu’un qui visiblement est en dépression - une maladie à part entière - chez un neuro-psychiatre, plus au fait des dérèglements mentaux, et mieux à même de porter un diagnostic et un traitement adapté.

    Il semblerait d’ailleurs que la psychothérapie ne soit pas dévalorisée au profit du seul traitement médicamenteux. Seuls les psychanalystes semblent affirmer cela.

    En définitive, il est dommage de voir s’instaurer des querelles de clochers, alors que seul la santé des patients importe, que ce soit par des moyens rapides (anti-dépresseurs + psychothérapie) ou longs (analyse).

    • JeanCardinal
      JeanCardinal répond à gébé
      • Posté à 20h54 le 02/01/2008
      • Internaute 25139

      Un point à rappeler pour s’y retrouver un peu.

      Les psychiatres sont des médecins, qui ont suivi un enseignement de spécialité en psychiatrie. Leur traitement est médicamenteux.

      Les psychologues ou les psychanalystes sont des personnes ayant suivi un cursus de psychologie. Ils ne sont pas médecin et ne peuvent donc pas préscrire.

      Un médecin généraliste adressera plus facilement un patient à un autre médecin qu’à un psychologue.

      • clodille73
        clodille73 répond à JeanCardinal
        travailleur social
        • Posté à 22h08 le 02/01/2008
        • Internaute 26891
          travailleur social

        encore une fois, pas si simple : on peut être médecin psychiatre ET psychanalyste, puisque pour pratiquer la psychanalyse la seule règle est d’avoir sois-même été psychanalysé et d’être supervisé par un autre psychanalyste. Les approches ne sont pas forcément antinomiques, elles peuvent être complémentaires.

         1 autres commentaires
      • sery
        sery répond à JeanCardinal
        • Posté à 14h51 le 03/01/2008
        • Internaute 25622

        Il y carence grave en médecins psychiatres ; ds les structures hospitalieres c’est notoire mais aussi en libéral.Ceci se régule par les methodes expeditives des medecins hospitaliers etdes depassements d’honoraires souvent exorbitants pour les seconds (pratiquement jamais pris en charge par acune mutuelle)
        Orienter les « deprimo-depressifs) vers la psychiatrie c’est les envoyer a l’abattoir ou a la ruine.

        Il doit y avoir chute de la vocation en faculte

        Il Est des alienistes intelligents, mais ils ne sont pas tres honnetes
        Il en est d’honnetes , mais ils ne sont pas tres intelligents
        Maintenant, il est aussi , heureusement des gens honnetes et intelligents, mais c’est peu compatible avec l’exercice de la psychiatrie

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4