01/01/2008 à 16h19

Dans la peau de Ségolène Royal (ou comment perdre un vote)

Victor Kaplan | enseignant

Dans un commentaire sur Rue89, Victor Kaplan racontait qu’il tentait depuis six mois de monter une liste (de gauche) aux municipales de son village : « Face à une droite mobilisée et disciplinée, les gens de gauche critiquent leur candidat (trop ceci, pas assez cela....) et refusent de s’investir (la vie privée passant d’abord) ». Nous lui avons demandé de raconter son expérience.

Préhistoire : l’affaire de la Poste

Au tout début, il y a deux ans, il y a eu « l’affaire de la Poste ». A cette époque, j’apprends que le bureau de poste du village va fermer. Ni une ni deux, je tire sur mon imprimante un appel à une réunion publique.

Les gens viennent en masse. Le maire est là. La réunion est tendue. Des volontaires viennent me proposer leur aide.

Suivent six mois durant lesquels je ne fais que cela : me battre pour le bureau de poste. Un petit groupe se forme. Le directeur départemental de la Poste accueille notre délégation avec un sourire narquois. Nous écrivons partout, à Chirac, à Villepin, à Sarkozy, au député…

La gauche aux abonnés absents

Parmi les élus locaux, seule Roselyne Bachelot remplit honnêtement son rôle d’élue de la République. La gauche est aux abonnés absents. Nous organisons la première manifestation de l’histoire du village, pas une semaine se passe sans qu’un article ne paraisse dans la presse locale. TF1 nous consacre même un reportage.

Au bout du compte, nous sauvons le bureau de poste mais à des horaires impraticables. Nous décidons de lancer une feuille « citoyenne » qui fait vite scandale pour avoir lancé le débat sur l’extension des maraîchages et la pollution qu’elle entraîne.

« Tu sais que j’ai toujours voulu être maire »

Législatives. Dans sa profession de foi, le député du coin se félicite d’avoir sauvé la poste de notre commune. Il n’a, en réalité, jamais répondu à nos courriers.

Les municipales s’annoncent. Usé, le Conseil municipal fait savoir qu’il ne se représente pas et, au passage, le maire tape sur les doigts des agités que nous sommes. Deux listes se préparent, celle du candidat autrefois battu et une autre sous la conduite de la seule rescapée de l’actuel conseil. Disons CNPT-sarkoziste et centre-droit.

Le candidat de droite me propose d’être son adjoint à la Culture. Avec lui, les choses sont simples : « Tu sais que j’ai toujours voulu être maire. » Il me donne une liste de colistiers dont, vérification faite, une partie n’a pas donné encore son accord.

Je refuse à mon tour pour la simple raison que l’ambition d’accéder à la notabilité ne constitue pas un programme suffisant. Un projet de gauche est-il possible dans une commune où, comme tout le monde s’en félicite hypocritement, il ne peut être question de clivages politiques ?

La commune est située à 30 kilomètres d’une très grande ville et subit depuis quelques années une pression démographique très forte. Les lotissements ont commencé à pousser, une nouvelle population s’installe, transformant peu à peu un village rural en cité dortoir. Les commerces périclitent, les services publics sont débordés, l’urbanisme n’est pas maîtrisé.

La chasse aux colistiers

Reste à trouver 18 colistiers. Aucune liste ne pourra rassembler autant de candidats. Les électeurs feront le Conseil mais la liste la plus nombreuse aura toutes les chances de l’emporter. Un projet est donc à inventer. Grosse déception : la plupart des anciens du collectif de défense de la Poste refusent de s’engager plus avant.

Pour eux, la défense de la Poste était une question de principe, au-dessus des considérations politiques. Deux seulement acceptent de monter une liste. Je prends mon bâton de pèlerin, convaincu que l’engagement passé ouvrira les portes. Celles-ci s’ouvrent certes, mais pour aussitôt se refermer.

Les premiers rencontrés, qui sont comme moi des « nouveaux venus » et avec lesquels nous avons mille fois refait la monde, se défaussent en cascade. Pour la petite bourgeoisie néo-rurale, la vie professionnelle et la vie familiale sont prioritaires. Individualisme féroce qui se traduit par une forme de consumérisme : consommation de paysages, de services, de relations sociales...

Chacun aurait bien voulu, chacun votera pour ma liste, mais… c’est non. Quelques uns se réfugient derrière la légitimité du sol. Ils se considèrent comme « rapportés » . La commune appartiendrait à ceux qui y sont nés. Je ne préfère pas creuser. Ma position républicaine « je suis d’où je paye mes impôts » ne rencontre qu’un succès mitigé. Les plus « ancrés » dans la commune préfèrent se consacrer à la vie associative.

La gauche instinctive se rassemble

Néanmoins la liste s’étoffe. L’école publique est derrière nous. A mesure que mon réseau amical s’émiette, avec ce que cela implique sur le plan affectif, d’autres personnes font leur apparition. Toujours inattendues, plus sincères aussi, et plus simples. La gauche instinctive. Deux CGT, un créateur de SCOP, une assistante maternelle, une institutrice, un chef d’équipe du BTP, une conseillère à l’ANPE, une éducatrice sportive, une graphiste… large majorité de femmes.

Hélas, la première à m’avoir rejoint, une mère de famille d’origine tunisienne, ne donne plus de nouvelles. Trop occupée. La liste plafonne à dix. Le programme est discuté, remanié dix fois. Les grandes lignes sont établies :

- Le projet est présenté par une équipe. Pas de hiérarchie, pas de place d’adjoint à la clef. Les dossiers seront pris en charge selon les besoins et selon les capacités.

- Rupture avec la gestion paternaliste-autoritaire, ouverture des commissions à tout citoyen, recours au référendum d’initiative locale, bilans annuels, non-cumul des mandats politiques et associatifs. La municipalité est l’outil de la population.

- Adhésion au PLU, maîtrise des sols pour limiter l’extension des maraîchages intensifs et bloquer tout nouveau lotissement. Recours à des urbanistes consultants pour élaborer un projet de développement à long terme qui préserve les paysages tout en répondant à la demande de construction.

- Transformation du patrimoine immobilier communal en logements sociaux et foyer d’accueil pour jeunes travailleurs. Ouverture de salles confiées à l’association du troisième âge et à celle des adolescents. Création d’un jardin botanique, devant l’école.

- Filtrage de toutes les décisions selon les critères de développement durable c’est à dire de respect de l’environnement, d’impact sur l’emploi et de l’adhésion des citoyens.

- Restauration du lien social et de l’activité économique (regroupement des commerces, création, d’un marché, réouverture du camping, désensablement du bras de Loire pour la création d’un plan d’eau, aide à l’ouverture de gîtes ruraux, etc.). Mise en valeur du patrimoine naturel et architectural local.

Nous savons qu’il nous faut obligatoirement des gens du cru. Inutile de compter sur les commerçants et les artisans qui, unanimement, se refusent à un engagement qui leur coûterait de la clientèle. En douce, l’un d’entre eux présente toutefois sa femme sous son nom de jeune fille...

La présidente et la trésorière de l’amicale de l’école publique se proposent. Une juriste et une gestionnaire. Elles ont rencontré les deux autres têtes de liste et ont constaté leur absence de programme. Elles assistent à une de nos réunions, prennent des notes, mènent quasiment les débats.

Déceptions en chaîne

Elles proposent même l’ouverture de l’école publique en dehors des heures de classe et sa ré-oganisation sous forme de centre culturel associant la bibliothèque, la halte-garderie, le périscolaire, l’école et l’association culturelle. Adopté !

Huit jours plus tard, elles annoncent qu’elles se retirent. Elles ne nous estiment pas assez compétents. Nous ne maîtriserions les dossiers... Je défends la représentation populaire contre la technocratie. Rien à faire, elles se désistent.

Un couple me reçoit. Je découvre le mari, très écolo, et glane encore quelques bonnes idées. Plus tard, ils déclinent.

Jusque là, nous avons tout juste l’avantage du nombre. C’est alors que l’on apprend que la tête de liste centre-droit, une femme, plante sa maigre équipe et rejoint la liste de droite ! Je l’appelle. Je me sens dans la peau de Ségolène. Elle tient à ce que la rencontre ne soit pas publique et que je vienne à son domicile.

Je m’y rends, convaincu de pouvoir dissiper le malentendu. L’explication est rapide et franche : elle me déclare s’être présentée pour que je ne sois pas élu.

Une phrase coup de poing

La phrase me fait l’effet d’un coup de poing. Elle trahit une hostilité qui dépasse largement le conflit d’idées. Je retiens au passage une allusion à des thèmes abordés lors de notre dernière réunion de liste. Y aurait-il des fuites ?

Ses colistiers, plus à gauche qu’elle, ne sont pas décidés à me rejoindre. Ils imaginent constituer ultérieurement une opposition hors Conseil municipal… J’aurais une réputation d’autoritaire pour m’être accroché avec la présidente de l’association culturelle, dont je snobe la manifestation artistique annuelle.

Pour la même raison, les jeunes, qui fréquentent le bar qui sert de centre culturel, me sont hostiles. Nous décidons d’organiser, un jour, une réunion dans le bar en question pour contrecarrer la rumeur. La droite rassemble déjà les chasseurs, l’école privée et des artisans.

Catastrophe en vue

Je sonne le tocsin. Nous courons à la catastrophe. Chacun de leur candidat draîne cinquante cousins, beaux-frères, oncles et neveux. Chacun des nôtres ne représente que lui-même. Nous préparons une réunion publique. Nous nous sommes déjà répartis en commissions. Nous avons récupéré les comptes administratifs et le plan cadastral.

Les projets s’affinent mais la consigne est d’écouter, d’éviter les promesses et la démagogie en général. Organiser des débats participatifs, en quelque sorte. Peu de monde. Les propositions existent mais nous voulons d’abord entendre les électeurs. Du coup, nos discours restent trop vagues, nous donnons une image d’indécis.

Finalement dans la salle quelqu’un demande pourquoi nous n’avons pas de proposition concrète concernant les commerces. Vient l’écolo qui conteste notre proposition de désensabler le bras de Loire au nom de la préservation d’espaces sensibles. Un copain récuse nos suggestions concernant l’accueil des jeunes en nous reprochant de vouloir instaurer une ségrégation générationnelle. Au bout de deux heures, les petits vieux nous piègent sur notre connaissance des lieux-dits. On nous refait le coup des sous-marins !

Les commentaires qui suivent la réunion sont unanimes : nous sommes inconnus des gens du cru et nous n’avons pas assez d’expérience dans la commune. Le candidat de droite, lui, est « d’ici » . En réalité, c’est faux, mais c’est un chasseur…

Et puis, pendant six ans, il a assisté à tous les Conseils municipaux. Il a su se fondre dans le paysage, devenir une sorte de conseiller bis, tout en entretenant sa légère différence de style avec le maire. Nous nous rencontrons, d’ailleurs, lui et moi. Rapports détendus. Il me propose à nouveau de le rejoindre :

« Nous n’avons pas les même références mais nous avons les mêmes objectifs. »

Je décline. Quelques temps plus tard, je découvre son programme imprimé. C’est le nôtre, quasiment photocopié !

Il a tout repris.

Pour finir : le syndrome Besson

Enfin, la plus mauvaise nouvelle tombe : le mari d’une institutrice de l’école publique se présente sur la liste de droite ! Je suis consterné. Moi qui ai toujours soutenu toutes les grèves des enseignants, les ai prévenus de problèmes… Il s’avère que nous avons sur notre liste une institutrice d’un autre village, qui, en tant que mère d’élève, aurait lancé autrefois une pétition contre sa collègue… d’où le retour de bâton. Le syndrome Besson.

Déjà usés, nous rencontrons un éleveur. Plutôt sympathique. Sa fille nous soutenait dans l’affaire de la Poste. Il rejoint l’autre liste trois jours plus tard. Maintenant, ils ont l’avantage du nombre. Si le vote se tenait aujourd’hui, nous serions mathématiquement battus.

Le candidat de droite se comporte déjà en maire. Il va examiner les travaux publics, se montre un peu partout, serre les paluches.

La raison ne peut rien contre le désir.

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  • FIL VERT
    FIL VERT
    Directeur Financier
    • Posté à 16h55 le 01/01/2008
    • Internaute 20612
      Directeur Financier

    Le syndrome Besson ou aller à la soupe : seul un comportement digne des élus démocrates peut éviter aux forces de progrès une défaite électorale !
    Lien

  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 17h05 le 01/01/2008
    • Internaute 16256

    En affaires, il faut savoir rester discret et ne pas mettre tous ses produits en avant tout de suite. D’ailleurs, ça se vérifie. Tous les candidats vendent du vent, certains parce qu’ils n’ont que ça à vendre et les autres de peur de se faire prendre leurs idées.
    C’est valable dans les petites communes comme au plan national.

    Bon courage.

  • jide
    jide
    http://jide.romandie.com
    • Posté à 17h12 le 01/01/2008
    • Internaute 22641
      http://jide.romandie.com

    Merci pour cette chronique de la « petite » politique (adjectif nullement péjoratif !).
    Dur dur en tout cas... La lute n’est pas de tout repos...

    Bon courage également !

    Lien

    • ART MONIKA
      ART MONIKA répond à jide
      • Posté à 19h14 le 01/01/2008
      • Internaute 10855

      Ce témoignage est très intéressant. Il recoupe d’autres que j’ai recueillis auprès de copains ayant tenté de monter des listes pour les Municipales.

      Beaucoup de choses entrent en jeu. Il y a :
      (a)l’indisponibilité des gens (notamment des femmes, ayant souvent déjà de doubles tâches),
      (b)les dissensions de la gauche qui ne parvient pas à trouver ses plus grands communs dénominateurs,
      (c) la « notabilité » de certains qui s’imposent « naturellement »,
      (d) la méfiance de « spécialistes » devant des non professionnels de la politique,
      (e) la tranquille assurance de la droite qui se sent le vent en poupe, prête à tout ratisser....

      Tout cela, dans un climat général d’assoupissement des gens de gauche, voire d’auto-dénigrement ou de retournement de veste.

      Que Kaplan se soit senti « dans la peau de Ségolène » ne m’étonne pas. Mais courage, Kaplan, faites comme Ségolène, renforcez le mouvement autour de vous, avec des gens fiables, ce qui prendra du temps.

      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à ART MONIKA
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 01h00 le 02/01/2008
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        Tout ça me désole, car il aurait suffit de presque rien... Lien

        Pierre JC allard

         
        • pierrejcallard
          pierrejcallard répond à pierrejcallard
          http://www.nouvellesociete.org
          • Posté à 07h51 le 04/01/2008
          • Internaute 3366
            http://www.nouvellesociete.org

          En attendant que Rue 89 supprime ce droit donné aux bornés et intolérants de censurer ceux qui ont vraiment quelque chose à dire, je pense que c’est un devoir pour tout lecteur qui croit à la liberté d’expression de mettre un « top » à tout texte replié dont le contenu n’est pas illégal ou injurieux.

          Pierre JC Allard

          Lien

        1 autres commentaires
  • Venezuela
    Venezuela
    vit aux Pays-Bas
    • Posté à 17h14 le 01/01/2008
    • Internaute 114
      vit aux Pays-Bas

    J’avoue que je suis moi aussi au mieux dubitative. Je me suis inscrite au PS le 4 mai 2007 (alors que j’avais toujours ete abstentionniste, meme en 2002 !) en esperant pouvoir leur apporter quelque chose, mais lorsque je vois les querelles, le vocabulaire indigeste et surtout le manque de discipline et bien je pense que je vais redevenir abstentionniste.

  • désinscrit-
    • Posté à 17h44 le 01/01/2008
    • Internaute 736

    Je décline. Quelques temps plus tard, je découvre son programme imprimé. C’est le nôtre, quasiment photocopié !
    Il a tout repris

    C’est quand même le plus important, continuez à vous bagarrer, pour vous faire élire et surveiller la mise en application du programme.

    Bon courage,

  • Charles Bukowski
    • Posté à 18h03 le 01/01/2008
    • Internaute 26546

    Apparemment, votre projet serait victime de la « Mauvaise réputation » : autoritaire parce que critiquant déjà quelqu’un en place et en plus pas du coin !
    Mais je pense que c’est plutôt son caractère « démocratie directe » où chacun participe à la vie du vilage, de la politique en somme, qui l’a plombé. Car comme vous le dites si bien, seules la carrière professionnelle et la famille compte. Le reste on préfère le laisser à ceux qui veulent bien le gérer. Mais après faut pas râler si ce sont des arrivistes qui s’en occupe. Malheureusement cela fait des années que l’on nous « vend » cet idéal consommateur où seul sa personne et/ou son clan compte. Et vous le décrivez à l’échelle d’un village, nous imaginons donc ce que cela peut donner à l’échelle nationale.
    Mais surtout, continuez à penser les mêmes choses et que l’amertume ou le dégoût ne vous prennent pas, c’est ce qu’ils souhaitent.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 00h28 le 02/01/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    VEAUX & BENÊTS

    Bravo à Kaplan pour son courage et sa ténacité ! Il en faut !

    Les écueils auxquels il se heurte sont hélas symptomatiques des veilles de débandade. À défaut d’être capables d’adhérer à un projet d’ensemble, les « bonnes âmes citoyennes » (sic !) multiplient les réactions individuelles, plus réactives que raisonnées, mesquines et recroquevillées, derniers sursauts pathologiques des intelligences enfuies.

    On entend beaucoup de ci de là, le déferlement de critiques qui attribuent à l’équipe en place les dérives et les difficultés du moment. Erreur de cible à mon sens. Le pantin agité qui nous sert de président et ses comparses ne sont que les produits falots de nos dérives. Les principaux responsables de la situation sont à chercher parmi la majorité de « veaux » (De Gaulle) qui les ont portés au pouvoir... et dans la minorité de benêts qui se sont laissés refiler par des sondages de circonstance et des médias courtisans, de mauvais chevaux pour s’y opposer. AUCUN n’a la moindre excuse à faire valoir. Il n’y a RIEN à attendre d’eux. Comme d’habitude, ils suivront le vent.

    Comment s’étonner alors des difficultés de Kaplan et des autres bonnes volontés pour essayer de contrecarrer la déroute collective.

  • zecite
    zecite
    Technoscopie
    • Posté à 18h13 le 01/01/2008
    • Internaute 3895
      Technoscopie

    Quel rapport entre le titre et le contenu de votre message ?

    Je vois dans l’aventure que vous narrez une absence de ligne directrice et une difficulté à fédérer positivement autour d’un programme, alors qu’à l’inverse Ségolène Royal a attiré et continue à créer toute une dynamique autour des thématiques de son programme.

    Vous indiquez par ailleurs avoir pu obtenir une forte mobilisation médiatique (sur la fermeture de la poste), chose qui a le plus fait défaut à Ségolène Royal.

  • J.C.M.
    • Posté à 18h19 le 01/01/2008
    • Internaute 11431

    Bonjour Kaplan.

    « Les plus “ancrés” dans la commune préfèrent se consacrer à la vie associative. “

    Ca, c’est la mode : les militants politiques sont méprisés, seuls les militants associatifs sont - parfois - bien considérés et dignes d’éloges.

    ‘ non-cumul des mandats politiques et associatifs.

    Pourquoi avoir inclus ce non-cumul ?
    Vous vous compliquez la vie.
    Et donnez un argument aux associatifs’ pour ne pas vouloir rejoindre votre liste.

    Enfin, pourquoi ce secret sur le nom de votre commune ?
    Ou alors, j’ai mal lu.

    Bon courage !

    Cordialement.

    J.C.M.

    • Victor Kaplan
      Victor Kaplan répond à J.C.M.
      Auteur(e) de l'article enseignant
      • Posté à 20h32 le 02/01/2008
      • Expert 4445
        enseignant

      Non-cumul des mandats associatifs et municipaux pour trois raisons :
      - Parce que nous ne voyons pas comment un conseiller peut voter des subventions à l’association dont il est président.... C’est une pratique courante dans ce pays mais qui ne nous semble pas très saine.
      - Parce que cette concentration des responsabilités aux mains de quelques uns empêche d’autres de s’investir dans la vie communale - ce qui semble parfois être le réel objectif-.
      - Parce que plusieurs associations (cantine, halte-garderie, péri-scolaire) sont dans les faits des services publics à gestion privée et que nous préférons que les choses soient claires : soit des services publics gérés par la mairie, soit des prestations privées mais certainement pas un recours aux associations par facilité de gestion.
      Voilà un point que je tenais à éclaircir
      VK

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h25 le 01/01/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    La suite , j’ espere .Courage ..
    Tenez bon , et bravo à Rue89 , qui demarre fort : encore plus divers et interessant en 2008 qu’en 2007.
    Y a de l’espoir dans les nouveaux medias ..

  • bidule
    • Posté à 18h32 le 01/01/2008
    • Internaute 25967

    Ton témoignage est trés intéressant...mais j’en retire une impression de découragement infinie .
    Et sais-tu pourquoi à la reflexion ? Parce que ce que tu décris là est l’exacte réplique de ce qui nous a amené Sarkosy au pouvoir .
    Je veux dire le manque de courage , le côté moutonnier qui fait que surtout dans un village les gens préfèrent majoritairement suivre les personnes « du cru “ fussent-elles insuffisantes, démago et/ou poujadistes ect...c’est un peu la condition pour continuer à être reconnu, ‘ labelisé comme appartenant au village à cette communauté qui pense (ou pas) en gros pareil et ou des opinions font lien et permettent de se reconnaitre dans l’autre de se rassurer de se serrer encore la main et de boire un coup au troquet du village .

    C’est navrant .

  • rigas
    rigas
    sociologue
    • Posté à 18h38 le 01/01/2008
    • Internaute 1087
      sociologue

    L’absence de la gauche « institutionnelle » y est pour bcp dans cette chronique de l’échec annoncé. L’épisode avec la tête de liste centre-droit qui vous annonce sa détermination à barrer votre route est effectivement terrible. L’ensemble de votre « mésaventure » est un cas d’école (usurpation, incompréhension, peur du « qu’en dira-t-on », catastrophe annoncée, haines personnelles, pillage du programme par la droite, fausse « communauté » locale des chasseurs, trahison par lassitude, ...). Merci de nous le faire partager.

  • m a i a
    m a i a
    aquoiboniste
    • Posté à 18h42 le 01/01/2008
    • Internaute 9081
      aquoiboniste

    Votre récit est passionnant !

    Sans doute parce qu’on y sent le vécu, les heures passées et le temps personnel donné, les remises en questions perpétuelles, la ténacité certainement contrebalancée par des découragements à l’abri des regards...

    En fait, au delà de la politique, vous avez mené un combat d’enseignant, voulant à tout prix « transmettre » et « convaincre », alors qu’en face, on pense à d’autres intérêts que ceux du bien collectif (pour la plupart, je ne veux pas être manichéenne)...

    Et maintenant vous vous estimez « comptable » d’une défaite, d’un échec... On peut ressentir votre amertume, mais aussi, sans doute, cette petite flamme de ténacité et d’idéal républicain inextinguible. C’est bien là la preuve du désintéressement sincère et de la capacité à recommencer.

    Politiquer, comme éduquer, c’est s’obstiner.

    Courage, collègue !

    maia

  • leconcombrevert
    leconcombrevert
    La vraie vérité > : -))
    • Posté à 18h44 le 01/01/2008
    • Internaute 8843
      La vraie vérité > : -))

    Je comprends votre déception.

    Mais surtout n’abandonnez pas avant l’heure, tenez bon au moins jusqu’aux élections et en cas de défaite continuez votre combat en considérant que l’implication politique demande un travail de longue haleine, que ce soit en tant que élu ou en tant que citoyen-oppositionel sans mandat « officiel ».

    N’est-ce pas un peu normal aussi que les gens ne sont pas prèt à accorder leur confiance « au prémier venu » ? Je sais que à la campagne les années ne sont que poussière devant les yeux du seigneur et qu’on peut facilement rester un « nouveau pas bien de chez eux » pendant 20, 30 ou 40 ans. (Et cela n’est pas une question de droite ou de gauche, je vous l’affirme pour l’avoir rencontré dans une commune communiste depuis toujours du 04.)

    Et puis, si la liste qui vous a piqué votre programme l’emporte, ce sera au moins la « révolution démocratique » au village (je vous cite) :

    - Rupture avec la gestion paternaliste-autoritaire, ouverture des commissions à tout citoyen, recours au référendum d’initiative locale, bilans annuels, non-cumul des mandats politiques et associatifs. La municipalité est l’outil de la population.

    Cela vous permettra à vous et aux « votres » (et « nous », la gauche) de vous familiariser avec les dossiers, les nons des lieux dits, de faire valoir vos opinions et vos compétences, donc de montrer ce dont vous êtes capables et de mieux préparer les alliances politiques/claniques qui vous auront encore fait défaut cette fois-ci !

    Je reste convaincu que la révolution démocratique l’emportera, l’emportera aussi sur l’immobilisme et la « zoologisation » du PS !

    Il ne faut surtout jamais lacher pieds !

  • Djoun-Fanch
    Djoun-Fanch
    passant
    • Posté à 18h48 le 01/01/2008
    • Internaute 6282
      passant

    « La raison ne peut rien contre le désir »... Formule séduisante mais à laquelle il me semble manquer un complément.
    La raison ne peut-elle rien contre le désir du candidat avide de parvenir ou bien contre le désir de l’électeur sensible à la personnalité du premier et pas seulement à son programme ? Je crains que votre échec actuel ne s’explique par cette indétermination.
    Ce « candidat de droite », que vous dépeignez comme profondément narcissique, semble avoir en effet réussi à séduire la confiance de pas mal de monde et est loin d’être seul face à son reflet. Cela suppose, outre de l’ambition et de la volonté, une certaine forme d’intelligence des relations humaines et de l’empathie. La bonhomie peut cacher un sens tactique redoutable : il vous a marginalisé tant au niveau des idées que des soutiens mais vous propose d’entrer dans son équipe (alors que parmi elle certains ne vous portent pas dans leur coeur) : annihiler mais ne pas humilier, diviser ou équilibrer, bref tout un art de l’ambiguïté.
    Serrer des paluches aux inaugurations et banquets peut paraître vulgaire et protocolaire voire inutile au regard des vrais enjeux de la gestion municipale, mais les électeurs de l’autre bord doivent penser la même chose des réunions participatives. Il y a souvent dans les campagnes plus de respect pour ces Machiavels en herbe que pour les démocrates transparents. D’où cela vient-il ? Goût du secret, des intrigues, attachement au principe de propriété en même temps qu’esprit d’insoumission aux discours des maîtres... de logique ? Goupil, en tout cas, a la vie dure.
    Tout cela pour vous dire que dans ce désir de parvenir et dans celui d’élire, il y a tout de même de la raison, certes particulière mais que votre passion sincère ne devrait pas ignorer aussi vite.

  • Victor Kaplan
    Victor Kaplan
    Auteur(e) de l'article enseignant
    • Posté à 19h10 le 01/01/2008
    • Expert 4445
      enseignant

    Bien.
    Me voilà bel et bien pris. Chacun de vos message témoigne d’une telle sympathie, d’une telle compréhension, d’une telle solidarité, qu’il ne me reste aucune excuse pour baisser les bras.
    MERCI
    VK

    • kamelya
      kamelya répond à Victor Kaplan
      • Posté à 21h11 le 01/01/2008
      • Internaute 3593

      les encouragement de la rue89 ne font que conforter ce que vous pressentez déjà. Pour avoir participé à une expérience identique en milieu rural, je peux également vous prédire que vous serez soumis également à la perversité de la rumeur (vie privée, argent..... Par ailleurs, on comprend tout à fait votre souci de propositions et de construction, toutefois vous marquerez davantage de points en dénonçant, en contrant, en imposant votre présence et en tissant des réseaux. Ce qui marche bien en milieu rural ce sont le réunions façon « tupperware » . Au terroir vous opposerez les compétences, l’engagement et la motivation. Et en fin de course vous pourrez dévoiler vos projets et vos engagements... BON COURAGE et tous mes voeux pour votre élection prochaine ! ! !

    • PhB_31840
      PhB_31840 répond à Victor Kaplan
      as 2 pic
      • Posté à 15h39 le 02/01/2008
      • Internaute 26818
        as 2 pic

      Votre témoignage est en effet très révélateur de l’état de notre population ; inquiète, incertaine, fuyant les emm...nuis et demandant des résultats immédiats. Moi (nous) aussi sommes en course pour les municipales 2008 (village dans le 31 ht-Garonne)et ce n’est pas triste. Nous avons un prg, une liste mais le Maire sortant a des appuis dans la presse que nous n’avons pas, il n’a rien fait pendant 7 ans mais ose afficher un bilan positif. Notre prg sortira mi janvier pour ne pas se faire copier-coller les meilleures idées. Nous partons de loin (2001) nous avons eu le tps de nous préparer, une assos, un site (asdepic.net) un journal et pas mal de présence un peu partout sur la commune. Pour le moment nous avons la pêche, pourvu qu’ça dure... mais bon ! de votre coté tenez bon ! !

    • Abacad
      Abacad répond à Victor Kaplan
      • Posté à 23h24 le 02/01/2008
      • Internaute 14609

      Bonsoir Victor,

      Je ne sais pas ou est ta commune, mais elle ressemble à la mienne. La poste, les dortoirs, tout y est.
      Je me presente sur la liste « d’opposition », le maire sortant a droit à un article tous les jours dans le canard local, et en 2 semaines de couverture mediatique il a tout fait ce qu’il n’a pas fait sur plusieurs mandats, j’ai la nausee ! Mais on y va, le sillon est droit et profond, la semence est bonne, les recoltes seront abondantes.
      puisque personne ne couvre nos perigrinations, à l’exception de rue89, il faut se debrouiller accentuer la couverture mediatique, et si on federait nos efforts pour la campagne electorale !
      Comment peut-on s’echanger les coordonnees ?

      • leconcombrevert
        leconcombrevert répond à Abacad
        La vraie vérité > : -))
        • Posté à 02h14 le 03/01/2008
        • Internaute 8843
          La vraie vérité > : -))

        Normalement il suffit d’aller sur un post de Victor, de cliquer sur son nom et -ensuite - sur « écrivez lui ».

        Et en plus il a mis son adresse mel plus bas sur cette page.

        Bonne chance à vous et votre liste ! !

  • gaebus
    • Posté à 19h17 le 01/01/2008
    • Internaute 3011

    Rien compris eu égard au titre anti Ségolène.

  • Chad
    • Posté à 19h20 le 01/01/2008
    • Internaute 26424

    Je ne suis pas sûr que l’on puisse comparer une élection présidentielle et des municipales. L’enjeu me parait un peu différent.
    Contrairement à Ségolène Royal, vous croyez dans le programme que vous présentez et vos propositions sont intéressantes. En particulier la première concernant l’absence de hiérarchie et le travail d’équipe.
    Votre analyse des difficultés est pertinente et je vous souhaite de réussir en restant fidèle à vos idées.

  • Anonyme

    Que dire mise à part Courage et encore Courage !
    Par contre, une simple note optimiste, il vous faut tenir car les choses peuvent changer voire même être complètement bouleversées en quelque mois car nous ne sommes pas voyants et ne pouvons deviner ce qui va pouvoir bien se passer dans ce petit bourg !
    L’homme tourne comme le vent et il se pourrait qu’il tourne à nouveau afin de renverser cette situation qui n’est pas figée au demeurant !
    Bon courage

  • asozial
    asozial
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 19h33 le 01/01/2008
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    et si ce n’est pas pour celles-là, ce sera pour les prochaines - le temps d’apprendre quelques trucs de plus et de devenir encore plus local !

    bonne chance !

  • Crispus
    • Posté à 19h57 le 01/01/2008
    • Internaute 15293

    Quand on est « de gauche », laissez passer et laisser faire la droite c’est finalement ce qu’il y a de plus reposant : ça permet de s’indigner facile (on est de gauche, quand même !)sans trop se mouiller (militer, c’est ringard. Et puis flûte, on va pas louper « Plus belle la vie ». Une fois refermé le sas du sous-marin familial ne nous demandez plus rien). Veulerie, petites lâchetés quotidiennes, attitude de consommateur tant vis à vis des partis de gauche que vis à vis des syndicats... étonnez-vous maintenant ! Bon, nuançons : il est vrai aussi que lesdits partis et syndicats sont parfois bien difficiles à vivre (la « cour » de l’élu ; le petit cercle des copains « au parfum » ; le/la secrétaire de section qui s’écoute parler pendant deux plombes etc.) ! Et l’actuelle cacophonie ambiante à gauche n’aide pas non plus à entendre grand chose. Bref : y’a du boulot !

  • stella matutina
    stella matutina
    élue quercynoise
    • Posté à 20h00 le 01/01/2008
    • Internaute 26032
      élue quercynoise

    Copié-Collé ! Je vis quasiment la même chose que vous...et le plus dur reste à venir...Passage obligé pour qui, en mars, n’est même pas sûr de voir son labeur récompensé...
    Allez, on y croit ! ! !

    Bon courage !

  • hagalma
    • Posté à 21h12 le 01/01/2008
    • Internaute 8451

    Témoignage remarquable,qui fait vivre de l’intérieur la naissance d’un engagement politique, avec toutes les difficultés qui jonchent le chemin, tout cela pour avoir désiré sauver un bureau de poste, donc oeuvrer à une certaine qualité des liens.

    J’habite une grande ville, mais travaille dans un territoire plutôt rural. Et bien je constate après différents scrutins que la grande ville vote davantage à gauche, tandis que bien des petits villages votent à droite, voire très à droite... Ca me surprend toujours, mais c’est peut-être que l’apparente sérennité de ces villages cache des crispations « terriennes », un espace rétif à la « mondialisation » ? Faudrait comparer avec des villages de gauche... Le replis argué sur la famille pour ne pas concentrer de temps à la politique y est-il aussi de mise ?

    En tous les cas, merci pour ce document quasi ethnologique !

    • brise marine
      brise marine répond à hagalma
      portier de nuit
      • Posté à 22h32 le 01/01/2008
      • Internaute 23644
        portier de nuit

      « La terre » d’Emile Zola semble toujours d’actualité.

  • Renard
    • Posté à 21h18 le 01/01/2008
    • Internaute 24789

    Je n’arriverai jamais à comprendre tous ces personnes se balançant des peaux de bananes sous les pieds ! ! ! ! .

    Cela bien sûr pour notre bien être ! ! ! ! , il reste aux diviseurs de tous poils de beaux jours devant eux et des journées tristes à tous les autres.

    Il existe en France en 2008, un sérieux problème démocratique, tous ces gens obligés de se désister posent un sérieux souci.

    Des pressions s’exercent, des intimidations. La grande perdante est la démocratie, pour l’avoir vécu je vous assure, ce qui est dit est bien réel.

  • Victor Kaplan
    Victor Kaplan
    Auteur(e) de l'article enseignant
    • Posté à 21h24 le 01/01/2008
    • Expert 4445
      enseignant

    Une précision, à l’égard de ceux qui se méprendraient sur mes intentions :
    Jamais, je n’ai eu l’intention d’agresser Ségolène. Quoique je pense de sa compagne ou de ses propositions, l’alternative appelait à une mobilisation sans état d’âme. Elle n’a pas eu lieu, nous le payons chaque jour.
    Ce que je tentais d’expliquer est une chose très étrange, que je ne comprends pas totalement moi-même. Dans cette campagne pour les municipales dans un tout petit patelin du fin fond de la France, il me smeble que, sans le vouloir, sans calcul, nous rejouons la campagne présidentielle. Comme si un inconscient nous poussait irrésistiblement, guidait nos actes, nos engagements. Nous commettons les mêmes erreurs avec la même bonne volonté et la même honnêteté que Ségolène. En face, ils se montrent aussi démagogues et opportunistes que Sarko, aussi disciplinés et décomplexés que la droite. Que ce passe-t-il ? Pourquoi ne pouvons-nous échapper à ces modèles ? Pourquoi devons-nous les ré-interpréter à notre corps défendant ?
    C’était la seule question que je posais.
    VK

    • stella matutina
      stella matutina répond à Victor Kaplan
      élue quercynoise
      • Posté à 21h40 le 01/01/2008
      • Internaute 26032
        élue quercynoise

      Pour avoir vécu quelques campagnes depuis 1995...Le problème est récurrent. A Gauche, on aime bien scier la branche sur laquelle on est assis...Le fait nouveau des dernières présidentielles, c’est le déballage médiatique qui en a été fait. Au risque de favoriser la forme au détriment du fond, il vaut toujours mieux laver son linge sale en famille, dans le secret des alcôves.
      Passez outre et suivez la force de vos convictions.

    • george.B
      george.B répond à Victor Kaplan
      • Posté à 22h02 le 01/01/2008
      • Internaute 12795

      parce que on est shootés à tfi , a l’intox à la pub on est lobotomisé ! ! ! on est anhestésié , on pense plus on travaiile pour cosommer ! ! on s’occupe plus des enfants on travaille pour consommer plus
      et ça depuis +de 20ans
      donc on se laisse porte ! c’est celui qui parle le plus fort qui l’emporte ! ! on se laiise mener par le bout du nez comme des « veaux “
      toutes les circonstances sont réunies pour qu’un dictateur emmerge (d’ailleurs il n’est pas le seul regardez dans les petites villes il y a bcp de dictateur en herbe )la peur du lendemain , la dureté de la vie de tous les jours ( la mort des 35h va compliquer la vie des femmes )etc...

    • Anthropia
      • Posté à 00h24 le 02/01/2008
      • Internaute 17441

      Victor Kaplan, je pense que ce que vous décrivez est le fruit d’une non-implantation locale.
      Vous devez d’abord constituer votre groupe, le rodez, lui donner envie de vous suivre.

      Ensuite, ce que vous décrivez, ressemble aussi à des phénomènes de clans, des gens se cooptent et déterminent qui sera le Maire. Et donc il vous faut trouver les autres clans, ceux qui feront alliance avec vous, parce qu’ils ne sont pas d’accord avec l’autre.

      Enfin, le gars aus Berlin a raison, il faut du temps pour construire une dynamique de groupe, ce n’est pas dans le court terme, qu’on y arrive, et c’est vrai pour Ségo comme pour vous. Cela ne marche pas par passage à l’acte, ça marche par processus accumulatif, alliances réussies, présences en continu. Et on doit reconnaître à Sarko de s’être donné le temps pour y arriver. Cinq ans de campagne non-stop, il faut suivre.

      Quant aux traîtres, il y en a aussi eu sous Mitterrand, des gens de droite qui ont plié genoux et fait allégeance. Donc rien de grave.

  • grabouillie
    • Posté à 22h04 le 01/01/2008
    • Internaute 17833

    Et voilà, quelque soit l’étage, c’est toujours le même bordel ! Election présidentielle, (l’enjeu est différent) municipales....chaque candidat voit son truc par le petit bout de la lorgnette. Regardez bien et analysez les 5 dernières municipales......c’est quand même bien le peuple qui vote et les états d’âme des uns ou des autres représentants ne jouent pas franchement.....les français sont mécontents......ils le feront savoir......ils sont contents, ils le feront savoir aussi. Pour ma part, je pense que la droite va se prendre une « veste ».

    Le commerçant qui pense que, le petit jeune associatif qui croit que, l’institutrice qui devrait être de gauche et qui ne l’est pas franchement......ce n’est pas toujours représentatif de ce que sentent les français, et Kaplan comme tous les autres candidats a le nez dans le guidon, il devrait lever la tête et voir autre chose. Qu’il se batte, oui bravo mais attention, les détails de campagne n’intéressent que les intéressées. Tous les électeurs ne sont pas au fait de la rubrique « déboire de campagne ». Le marchand de journaux, le tabac, le frère de...la copine de...tout le monde s’en fout royalement....vos histoires aussi. Pourvu qu’il y ait une liste de gauche, une liste de droite, et peut-être du centre, de l’extrême gauche.....on fait son choix comme on le pense, souvent pas comme les candidats le sentent...d’où la fracture permanente entre les uns et les autres.

    Et puis, pourquoi ne pas nommer la ville ou le village concerné ? ? ? ? ? ? Si nous connaissions par exemple, le nombre d’habitants, les difficultés de Kaplan seraient plus ou moins compréhensibles mais là, aucune info.... entre une ville et un petit village, les difficultés s’appréhendent différemment.

    Des municipales après 8 mois de présidence ne se jouent pas sur le programme local mais sur le sentiment de la politique nationale menée ! Revoir les déboires de certains gouvernements qui ont parfois été très surpris ! ! ! ! vague bleue, vague rose....

  • Panca
    Panca
    raleur qui aime les débats
    • Posté à 23h01 le 01/01/2008
    • Internaute 23059
      raleur qui aime les débats

    J’aime beaucoup ce récit que je qualifierait de « tranche de vie politique ». Sans faire de théorie « savante » il nous enseigne que la politique est une pratique, un métier dit on parfois, que les « bonnes intentions » ne suffisent pas. Au delà de ça on voit que « faire bouger ses concitoyens, et aussi les politiques » c’est possible, que cela a ses limites. Cette histoire me réjouis parce qu’à sa lecture, même si Victor Kaplan n’est pas élu, je crois qu’il sortira de cela une forme de progrès dans cette commune (C’est mon avis et je le partage !), sans pour autant que celui-ci soit nécessairement celui qu’il appelle de ses voeux, mais la question et la difficulté de la démocratie ne vient elle pas justement du fait que les avis les actions et les choix sont multiples voire divergents ou antagonistes ?

  • vol19
    • Posté à 23h02 le 01/01/2008
    • Internaute 13492

    Un récit de vie locale intéressant et pas très surprenant qui suscite quelques réactions :

    1°) 36000 clochers, pardon communes n’est-ce pas trop justement ? 6000 ne serait-ce pas mieux ? par rapport à nombreux problèmes qui sont soulignés dans ce récit plus les redondances et les coûts et ce pervertissement de la démocratie locale ?

    2°) Les villages néoruraux (30-60km d’une grande ville, c’est l’horreur pour l’avoir vécue. Une identité rurale qui meurt d’un côté, des urbains plutôt modestes, exclus des grandes villes de l’autre, rajouter des pseudo intellectuels, l’ensemble fait un collectif peu lié qui tient pas mais se supporte : méfiance, peu de coopération, phénomènes d’alliances/coalitions, clivages, projections parano sur les uns ou les autres, ce phénomène est connu sur un plan psychosociologique.La néoruralité n’est pas de tout repos. Et c’est donc la bourgeoisie et ses réseaux qui font davantage consensus. C’est un peu partout pareil. J’observe que le modèle « démocratique » marche dans des zones urbaines avec la diversité, ou dans des petites communes dans des zones avec des rurbains « éduqués » (qui ont quitté la ville pour de l’espace se sont installés... à 10-15 km de la ville et si d’autres conditions sont réunies) par contre les villages déchirés entre la mort de la culture rurale et l’arrivée des exilés des villes, et s’il n’y a pas de communication, ça ne fonctionne pas. Par effet gestalt, dans ces « systèmes », l’émergence d’un leader, d’un activiste, d’un courrant « nouveau » menace la collectivité et donc suscite l’émergence ou le renforcement d’un leader opposé. C’est quasiment mécanique.

    3°) Vous soulignez aussi l’individualisation et la perte du désir d’aspiration à un engagement civique collectif et les motivations de plus en plus égotistes/carriériste, ce qui est le cas un peu partout en ce moment .

    4°)Les solutions du côté des sciences sociales seraient de créer un cadre, constituer un groupe avec des réunions régulières pour créer du lien, une certaine cohérence, ouvert par moment peut-être plus fermé à d’autres, permettant de faire un travail sur un projet et aussi sur les personnes entre elles pour éventuellement aboutir à... une liste électorale ou à d’autres actions. Le groupe décide. Ce travail d’élaboration s’il est bien mené dans un petit groupe peut avoir aussi au final une répercussion indirecte sur le fonctionnement local. Ces démarches dites psychosociales ou démocratiques marchent si elles sont bien menées mais elles nécéssitent du temps, un cadrage rigoureux, un espace de communication et une certaine prudence dans des contexte ou les coups bas sont permis, et ou on ne sait jamais ce qui peut ressortir d’une action.
    Mais, pour finir, c’est curieux à dire, mais justement...les choses peuvent émerger de manière les plus imprévues... rester à l’écoute de ce qui se passe... Rien n’est jamais acquis ou perdu totalement.

  • Philmo
    • Posté à 23h04 le 01/01/2008
    • Internaute 26753

    Bonsoir et meilleurs voeux

    Bravo pour votre courage.
    Dans notre petite république grande par ses principes, moyenne par ses idées et franchement étriquée par ses citoyens peu de choses changent en réalité.
    Dans nos villes et nos campagne les bals de faux-culs du 14 juillet 2008 seront ouverts par la danse du ventre de mars 2008. Je serai à votre place, je ferai le mort quelques temps avant que tout ceci ne vs nuise vraiment, ou tout au moins que çà vous prenne la tête. Je ne doute pas une seconde de votre sincérité et de certaines de vos convictions...mais je constate juste que ce sont deux choses qui semblent de plus en plus hors de propos dans notre beau pays pour pouvoir faire son « chemin public ». Je partage assez le point de vue de Djoun Fanch et cette empathie nécessaire à de nombreux élus de campagne, de terrain pour se faire élire (sans vouloir forcément se faire comprendre)...
    Difficile de s’accomoder de tout ce bordel, difficile de s’en abstraire aussi qd on a un peu d’éducation, de bon sens et d’envie de faire bouger les choses dans le sens qu’on croit le bon pour sa commune et son environnement proche...Encore bon courage à vous...
    C’est ma première lecture de rue 89... Sympa.

  • Salaves
    Salaves
    Métallo
    • Posté à 00h32 le 02/01/2008
    • Internaute 5988
      Métallo

    L’histoire de V.Kaplan me donne l’envie d’écire ma propre expérience récente aux municipales en cours.

    Pour ce qui de la défense des services publics, il y a un collectif national « Convergence » qui existe et qui fait ce qu’il peut pour résister au démantèlement des services publics.
    Au mois de mars dernier une manifestation nationale était organisée à Firmy (12). C’est vrai qu’il n’y avait pas beaucoup de monde et comme politique seul le PRS de J.L Mélanchon était fortement représenté.

    Pour ce qui est des municipales, j’ai aussi tenté de participer à une liste. Étant dans une assos de défense de l’environnement, le côté écolo, avec le mot « environnement » dans son intitulé m’avait attiré. Je me suis aperçu qu’en fait, la candidate tête de liste était une socialiste (ségo) dissidente de l’équipe en place à la Mairie. Un autre candidat à quitter, lui aussi, le PS pour pouvoir faire sa propre liste. C’est 30 personnes qu’il faut pour faire une liste. Nous étions quatre au début octobre. Militant syndical, pris dans le mouvement universitaire, je n’ai pu m’investir plus dans la recherche de colistiers. J’avais bien quelques contacts mais eux aussi ce sont dégonflés comme des baudruches quand il y a fallu passer aux actes, même quand il s’agissait de personnes qui étaient un peu actives dans les quelques réunions de quartiers qu’il y avait. Deux mois plus tard ma tête de liste n’avait pas plus avancé, malgré son activité de retraité, dans cette même recherche.
    Elle renonça donc à la liste et décida d’en rejoindre une autre (de droite).
    Voilà pour ma propre expérience dans la vie politique locale.
    On est surpris par la volonté qu’on les candidats à masquer le camp politique auquel ils sont attachés.
    Toutes les listes de ma commune se présentent comme apolitiques. Et toutes usent et abusent du mot environnement. Mon expérience aura, certes, été de courte durée, mais elle m’aura permis de côtoyer des gens qui seront les prochains dirigeants de la cité, ils sont tous d’un âge avancé et ils ne connaissent pas grand-chose aux questions qui concernent le cadre de vie et l’environnement, pour eux une forêt cela doit rapporter, sinon ils en voient pas l’utilité, Autant mettre des maisons. Ils sont démagos et ne cherchent qu’un petit pouvoir et quelques honneurs.

    J’habite dans une ville-dortoir de 8000 habitants, en zone urbaine, presque plus de rural, dans le sud au soleil. Il y aura quatre listes aux élections toutes sans étiquettes. L’intérêt d’avoir quand même l’investiture d’un parti, c’est que celui-ci vous fournira des colistiers pour boucher les trous, mais il ne faut surtout pas le dire trop fort. Sinon si vous n’avez pas de cercle d’amis très étendu, il ne vous reste plus qu’à faire le tour des assos de votre commune pour y recruter, j’ai été moi-même démarché par d’autres candidats à cause de cette appartenance. L’assos sportive, celle de la chasse, celle de cela ou de ceci etc. Rien de tel que la foire aux assos de début septembre pour connaître du monde.
    C’est vrai, mais c’est marrant, à droite les intérêts supérieurs du portefeuille, arrivent toujours plus facilement à regrouper les personnes en nombre suffisant pour faire une liste. Les derniers propriétaires fonciers, quelques professions libérales (du médecin au kiné en passant par le pharmacien) quelques artisans et commerçants et c’est tout bon.

    A gauche c’est une autre histoire.
    A une époque le PC était en mesure d’aligner régulièrement des listes. Mais c’est fini. Au PS, les gens changent d’étiquettes comme de chemises.
    Certains ont même parfois tendance à confondre intérêts collectifs et intérêts particuliers.

    Pourtant quand il s’agit d’élections nationales, avec des étiquettes bien claires, il y a des milliers de gens qui votent à gauche.
    Mais au final il n’y a même pas trente personnes pour se réunir sur la même liste.

    J’ai côtoyé d’anciens militants PC ou PS, mais beaucoup sont désabusés et n’y croient plus. Pour les jeunes c’est le manque de temps et surtout cette volonté de ne pas se sentir engager, prisonnier d’un mandat, d’un appareil, d’une forme de pensée, etc.

    Dans les conflits sociaux que j’ai traversé, j’ai connu le même phénomène entre syndicats et collectifs ou comités. Des individus se réunissent pour réagir ponctuellement à quelque chose, mais refusent de s’engager plus loin, et dès que le problème est réglé ils recouvrent leur liberté.

    Bon voilà, je vais retourné à l’action syndicale, sur le terrain social, et rejoindre un collectif qui malgré tout le mal qu’on pense de lui, n’a pas encore réussi à faire disparaître ma chère et bien aimée individualité.

    • rigas
      rigas répond à Salaves
      sociologue
      • Posté à 23h23 le 02/01/2008
      • Internaute 1087
        sociologue

      Salaves et Kaplan devraient écrire un beau texte ensemble ! ! ! ! (je vous encourage en tout cas)

      Le découragement est aussi le produit d’une recomposition sociale (merde, je vais enlever le « sociologue » entre parenthèse) que vous décrivez fort bien. La bonne entente du fric et des intérêts bien compris n’explique pas tout. J’ai un membre de ma famille qui est catho et friqué (et vit dans un bled qui sent bon la vieille France en Loden) et qui est plutôt de gauche. Par besoin de justice.

      Malheureusement ce qui me frappe le plus dans votre histoire et celle de Kaplan c’est la facilité du retournement de veste pour ceux qui veulent un mandat. Sous n’importe quel drapeau. Ça me sidère (ou comme dirait Martinon, la langue de bois ça me scie).

  • Alfary
    Alfary
    Ronchon
    • Posté à 04h33 le 02/01/2008
    • Internaute 9751
      Ronchon

    Les honorables contributeurs ont épuisé les diverses grilles interprétatives de cette histoire. Elles vont de l’histoire des idées à celle du pragmatisme.

    Il reste, au mieux, deux mois pour gagner l’élection locale. Sans préjuger de la traduction de sa victoire (modalités et capacité de mise en œuvre programmatique), si M. Kaplan en a besoin, je suis disponible pour le coup de pouce opérationnel.

    Bon courage, à tout le moins.

    • Victor Kaplan
      Victor Kaplan répond à Alfary
      Auteur(e) de l'article enseignant
      • Posté à 21h59 le 02/01/2008
      • Expert 4445
        enseignant

      victorkaplan@free.fr

  • Demian-West
    • Posté à 09h51 le 02/01/2008
    • Internaute 9632
    • nobi
      nobi répond à Demian-West
      • Posté à 02h17 le 03/01/2008
      • Internaute 21832

      narcissique et hors sujet le bon vieux damian.....théoricien de la pollution devant l’éternel.

  • Claude PELLETIER
    Claude PELLETIER
    Retraité dans son jardin
    • Posté à 11h03 le 02/01/2008
    • Internaute 10710
      Retraité dans son jardin

    Cet échec n’est pas un échec personnel. Merci pour ce coup de loupe. Mais la comparaison avec Ségolène ne me dit rien pour des raisons d’échelle et parce que la gauche de votre village n’a pas atteint le même niveau de structuration et Mme Royal avait reçu le soutien actif de milliers de militants encartés (les réticences de certains d’entre eux n’ont pas eu tellement d’importance).

    Au fond, pour faire de la politique, il vaut mieux être un animal. Obstiné. Si ça ne passe pas cette fois, ce sera pour la prochaine……

    Ce serait sans doute souhaitable que vous trouviez un levier pour pérenniser la présence de votre courant dans l’opinion locale. Il faut du temps pour consruire qq chose. Bientôt une ne feuille de choux ?

  • Art-35_Constitution-1793
    Art-35_Constitution-1793
    Pour une Republique Bonsensiste (...)
    • Posté à 11h20 le 02/01/2008
    • Internaute 4675
      Pour une Republique Bonsensiste (...)

    C’est partout pareil, dans la campagne, les Maires sont maires de père en fils, c’est en fait facile car ils choisissent les plus « naïfs » comme adjoint, histoire de ne pas créer de concurrence ! Vous comprendrez que quand j’écris naïf, je suis très gentil. Pourtant, le poste de maire, qui soi dit en passant risque de disparaitre est en fait utile a la vie locale et ne peut disparaitre que si on instaure le référendum d’initiative populaire.

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