Entretien 21/10/2010 à 19h09

« C'est pas bien de dire qu'ils le font pour pas aller en cours ! »

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Dialogue à bâtons rompus entre lycéens d’Ile-de-France, ou comment la politique, et la mobilisation pour les retraites, vient aux jeunes.


Quatre lycéens devant une poubelle brûlée lors d’une manif, le 18 octobre 2010 à Lyon (Robert Pratta/Reuters).

Depuis un an, Rue89 rencontre chaque semaine un groupe de première et de terminale STG (sciences et technologies de la gestion). Ils ont entre 17 et 18 ans et vivent à Ivry et Vitry-sur-Seine.

Leur lycée est bloqué depuis dix jours par les opposants à la réforme des retraites. Ce mercredi, l’atelier a été consacré aux retraites. Pendant un peu plus d’une heure, les sept lycéens ont parlé blocus, politique et avenir. Aucun d’entre eux n’est encarté ou issu d’une famille politisée. Les prénoms ont été modifiés.

« Au lycée, ils sont “déter” ! »

Rue89. Comment ça se passe dans votre lycée ?

Inès. Le 12 octobre, il y a eu la grève des profs et depuis mercredi, c’est le blocus. Ils mettent des barrières, des matelas, tout ce qu’ils trouvent à l’entrée du lycée et avec leur mégaphone, ils crient. Le slogan, c’est : « Sarkozy, t’es foutu, la jeunesse est dans la rue. »

Ahmed. Ils distribuent aussi des prospectus pour appeler à manifester. Le matin, on regarde sur Facebook s’il y a blocus ou pas. S’il y a blocus, je me rendors.

Vous les sentez comment vos camarades qui bloquent ?

Mam. C’est pas pour ne pas avoir cours, ils sont vraiment motivés. Ils balaient même le soir.

Fatou. Il y a des cons, mais sinon la plupart, ils se lèvent à 6 heures, ils sont « déter » [« déterminés », ndlr], vraiment.

Inès. A Romain-Rolland, c’est très bien organisé. C’est bien qu’ils défendent leur retraite, s’ils sont convaincus.

Pourquoi vous ne vous sentez pas concernés ?

Inès. Je suis pour la réforme, donc je ne vais pas aller bloquer.

Pourquoi tu soutiens la réforme ?

Inès. Je lis ce que propose le PS, mais ce n’est pas une solution, je ne suis pas d’accord.

Mam. Mais c’est tes parents qui le pensent ou c’est toi ?

Inès. Ah non, c’est moi. Je lis des articles et tout.

Mam. T’es à droite ?

Inès. Oui.

(Silence.)

Mam. Mais t’habites où ?

Inès. A Ivry, une ville communiste, mais je suis de droite.

Mam. Waouh... c’est grave.

Inès. D’habiter dans une ville communiste et de vouloir voter à droite ?

Mam. Non, mais je sais pas, c’est chelou.

Pourquoi tu lui poses toutes ces questions ?

Mam. Pour savoir, pour comprendre. (Il s’adresse à Inès.) Si à ton âge, tu veux voter à droite, ça veut dire que t’es contre toutes les personnes du lycée qui font le blocus, alors !

Inès. Ah non ! Je suis contre leurs idées, pas contre les gens. S’ils veulent bloquer pour leurs retraites, c’est leur droit de l’exprimer, mais je suis contre leurs idées politiques, oui.

Je peux être amie avec des gens de gauche. Le seul truc, c’est que t’as le droit de faire la grève, mais n’empêche pas les autres d’aller bosser et d’aller au lycée !

Ahmed. Ça sert à rien de bloquer. Le gouvernement s’il a décidé de faire quelque chose, il va le faire. Les ministres, tout ça, ils s’en fichent des manifestations, ils sont trop haut. Le Premier ministre, il n’a même pas l’air inquiet de la pénurie d’essence.

Inès. Si. Il a dit que c’était intolérable de bloquer les gens.

Fatou. S’il n’y a plus d’essence, c’est la merde, il n’y a plus de transports.

Renée. Les gens peuvent plus bosser, c’est pas possible que ça continue comme ça ! Il y a plus de voitures, plus de trains, plus de métros.

Sophie. Il y a le tramway. (Rires)

Mam. Et c’est quoi le problème ?

Inès. Tu peux pas nuire à autrui.

Mam. Mais justement, c’est leur travail, ils ont le droit de décider de pas fournir d’essence, c’est leur grève.

« J’ai perdu cinq notes dans le trimestre »

(Ils discutent de la pénurie de gazole. Sophie reprend la parole sur le blocus.)

Sophie. Je pense qu’on est en retard sur le programme à cause de ça.

Renée. Je ne suis ni pour ni contre la réforme, mais je ne vais pas aller manifester, alors que je ne travaille pas.

Fatou. On nous fait croire que la retraite des aînés, elle dépend que des gens qui travaillent, mais elle ne dépend pas que de ton salaire à toi. Il n’y a pas que ça. Il y a d’autres choses comme la croissance, le PIB tout ça. Pourquoi ils [les médias, ndlr] font croire que ça dépend que de ceux qui travaillent ?

Inès. Les médias ne montrent que ceux qui manifestent.

Mam. Archifaux ! Tu regardes que d’un point de vue, les télés elles montrent que la casse, elles veulent faire croire que les manifestants, ils sont pas responsables, ils savent pas ce qu’ils font.

Vous en parlez avec vos parents ? Qu’est-ce qu’ils en disent ? Qu’est-ce qu’ils pensent des blocages ?

Sophie. Oh, ils nous voient même pas partir le matin.

(Ils rient.)

Ahmed. Mon père, il dit qu’on est des petits gamins, qu’on n’est pas concernés.

Mam. Les jeunes, c’est l’avenir, ils doivent être concernés.

Pourquoi tu ne manifestes pas alors ?

Mam. Je ne sais pas, il y a des gens qui le font, mais moi, je ne me sens pas capable.

Ahmed. Pourquoi on va bloquer le lycée alors qu’on n’a même pas encore de diplôme et on n’est pas sûrs de bosser ?

Mam. Faut pas que ça dure deux-trois mois quand même ! Là, ça va, ça fait que dix jours.

Inès. Deux semaines ! J’ai perdu cinq contrôles, c’est cinq notes dans un trimestre.

Mam. Mais tu te rends compte ! C’est quoi cinq contrôles dans une vie ?

Inès. C’est rien dans une vie mais dans un trimestre, c’est ce qu’ils regardent à l’entrée des écoles.

Mam. Mais il y a des gens qui travaillent, ils se demandent comment ils font avec leur corps tellement ils sont crevés !

Inès. C’est quoi le rapport avec le blocus ?

Mam. Mais c’est ça la réforme ! C’est travailler plus longtemps.

Inès. Mais non parce que tu commences plus tard. Nos grands-parents, ils commençaient jeunes mais là, on commence à 25 ans. C’est logique.

Mam. La réforme, elle met une limite. Pourtant les gens qui rentrent, y compris jeunes, ils finissent tard ! Ils vont finir comment ?

Vous connaissez des gens de votre âge qui travaillent ?

Tous. Oui !

Ils font quoi ?

Tous. Mécanicien, aide-soignante, hôtesse d’accueil, sur les chantiers, dans une boulangerie...

« Sarko, il va pas gagner en 2012 ! »

Revenons-en au blocage. Quelles sont les autres revendications ?

Mam. C’est pas bien de dire que les lycéens le font pour pas aller en cours.

Inès. Ils veulent vraiment que ça change mais attends, le slogan « Sarko t’es foutu », quand tu parles du président de la République, tu parles pas comme ça. C’est dégueulasse. Que t’aimes pas un personnage, d’accord, mais il y a un respect...

Mam. Mais t’es trop Sarko, toi ! Mais comment tu peux respecter un mec qui a traité tes grands frères, le Kärcher ?

Ahmed. Par rapport aux jeunes, il faut pas dépasser les bornes, Sarkozy a raison.

Mam. Oh, mais vous regardez tout d’un seul côté. Et celui qui a perdu son œil à Montreuil ?

Inès. Et c’est quoi le rapport avec Sarko ? Tout est prétexte pour être contre lui, comme pour les grèves.

Mam. Et quand il était ministre de l’Intérieur ? Il avait la police. Il fait n’importe quoi.

Ahmed. Mais non, il fait des choses bien et des choses pas bien.

Mam. Sarko, il va pas gagner en 2012 parce que la nouvelle génération, elle votera pas pour lui.

(Ils parlent des qualités et des défauts de Nicolas Sarkozy avant d’en revenir aux blocages.)

Comment vous expliquez que dans votre lycée, les blocages se passent dans le calme ?

Mam. Dans les autres endroits, c’est à cause de la police.

Inès. Mais pourquoi c’est toujours la faute de la police ? Quand ils cassent une vitrine, c’est la police...

Renée. Chez nous, les lycées sont très bien organisés, ils savent ce qu’ils font. Dans un lycée à côté de chez moi, ils font n’importe quoi, ils prennent les poubelles n’importe où, ils bloquent la rue...

Inès. Quand on sait de quoi on parle, il n’y a pas de problème mais quand même, ils pourraient nous laisser aller en cours.

Mam. Ecoute, si tu vas en cours avec ta copine, les autres ils vont être notés absents. C’est pour ça qu’ils bloquent.

A votre avis, pourquoi des gens de votre âge sont si déterminés ?

Inès. Le chômage, il augmente, alors ils ont peur, ils veulent faire quelque chose.

Fatou. Il y a l’environnement familial qui compte. Quand les parents font grève, les enfants, ils suivent.

Ahmed. Il y a des gens ils sont contre Sarkozy donc ils en profitent pour s’exprimer.

Renée. C’est pas la retraite, mais ils se demandent comment ce sera plus tard, ils ne savent pas ce qui se passera.

Mam. Les filières générales, ils manifestent plus parce qu’ils ne savent pas vers quoi ils se dirigent. Ils pensent pas encore à leurs métiers, ils sont dans le flou.

Inès. Parfois il suffit d’une ou deux personnes et les autres suivent. Je me souviens l’année dernière, un prof était en retard, au bout de cinq minutes, quelqu’un a dit « on se casse » et tout le monde est allé en perm’.

« Je serai trop fatigué à 67 ans »

(Conversation sur le système des absences au lycée. On décide de faire un tour de table façon Beatles.)

A 67 ans, vous vous voyez comment ?

Sophie. Je ne me vois pas.

Et dans quelques années ?

Sophie. Justement, je sais pas.

Emilie. Moi, je vais travailler dans le commerce et aller dans d’autres pays. A 67 ans, je serai partie ailleurs pour me reposer.

Fatou. Dans quelques années, je me vois trop trop bien, avec un milliardaire. A 67 ans, je me vois dans mon pays d’origine. Au Sénégal ou Gambie, je sais pas encore.

Avec du soleil et ton milliardaire ?

Fatou. Oui.

Mam. Dans quelques années... Je me vois dans une entreprise en train de recruter plein de jeunes de banlieues. J’aimerais bien faire une politique d’aide aux jeunes.

Renée. Pourquoi que les jeunes de banlieue ?

Mam. Pour montrer que tout le monde peut réussir. Sinon, à 67 ans, c’est sûr je serais déjà à la retraite depuis longtemps ...

Inès. Mais c’est pas possible, sinon on va devoir faire comme au Etats-Unis et chacun mettra de côté pour sa retraite !

Mam. (Il hausse les épaules) A 67 ans donc, je serai dans le sud de la France pour profiter de mes derniers instants.

Ahmed. Je serai contrôleur de gestion dans une grande banque et à 67 ans, je me vois dans mon pays d’origine, je travaillerai encore mais comme directeur.

Renée. Je veux travailler dans la communication et à 67 ans, si la règle elle passe, je rentre travailler dans mon pays, au Congo. Je veux continuer après 67 ans...

Mam. Je serai trop fatigué moi à 67 ans ! Le travail, même si c’est pas physique, après 60 ans t’es fatigué mentalement.

Inès. Moi à la télé, j’ai vu une femme de 65 ans, elle a travaillé toute sa vie et elle était pas fatiguée. Moi après ma classe prépa, je veux faire une école de commerce. J’ai calculé, à 27 ans, je chercherai mon premier travail. Je travaillerai 40 ans comme c’est demandé et après j’irai à la retraite dans le studio de mes parents dans le sud.

Mam. Mais pourquoi tu as toujours ce besoin de respecter les règles ?

Inès. Mais parce que c’est les règles.

Vous parlez tous de travail. Je ne vous ai pas demandé dans quel métier vous vous voyez pourtant.

Fatou. J’ai dit que j’allais trouver un milliardaire.

(Ils rient.)

Vous pensez beaucoup au travail...

Renée. C’est pour ça qu’on est à l’école

Inès. On ne peut pas être heureux sans un bon travail.

Mam. Je suis d’accord, je peux pas être heureux.

Inès : Ce qui m’inquiète, c’est la famille et les enfants. Faut pas en faire trop pour les sous...

(Les autres ont l’air d’accord.)

Ahmed. Nos parents sont venus en France pour que leurs enfants aient une meilleure vie qu’eux, pour qu’on fasse des études, qu’on trouve un bon poste. Le travail, c’est notre objectif. C’est grâce au travail qu’on est considérés dans notre société. Quelqu’un qui a un bon travail, qui gagne beaucoup d’argent, qui roule dans une grosse voiture, il est mieux valorisé que celui qui fait un métier manuel.

Inès. On vit dans un monde matériel, il n’y a que les apparences qui comptent. Le monde il est comme ça, on ne va pas le changer.

Ahmed. Et nos parents qui ont pas de diplômes qui sont venus en France, on veut leur rendre ce qu’ils nous ont donné quand ils seront vieux et à la retraite. C’est pour ça que le métier c’est important.

Mam. Je veux faire de l’oseille. Franchement, pour parler sérieusement, l’école, c’est un moteur. L’année dernière, j’ai compris que c’est le seul moyen pour réussir. Réussir, je me pose toujours la question, c’est être paisible dans sa tête, surtout financièrement, avec ses enfants, sa femme. Mettre ses proches à l’abri du besoin.

Inès. Pouvoir ne pas avoir à se dire « putain, à la fin du mois comment je fais ? ».

Ahmed. Tout ce qu’on a pas eu petits, on le donne à nos enfants.

Mam. Toutes les fois qu’on s’est dit quand on était petits « ça j’aimerais bien m’acheter, ça, mais je peux pas me l’acheter », arrivera un jour où si je veux je me l’achèterais.

Inès. Sans se préoccuper de ce qu’il y a sur son compte.

Mam : Si je veux, je vais voir un clochard, je lui achète ça, ça et ça parce que je sais ce que c’est de pas avoir.

Inès. Si tu donnes ton manteau au clochard, tu sais que tu peux, tu te préoccupes pas combien tu l’as payé et tu calcules pas tout le temps.

Renée. Parce que toi tu l’as vécu, t’as voulu trop vivre, tu sais ce que ça veut dire et tu veux pas que les autres ils le vivent. Mais il faut pas avoir la grosse tête.

Mam. Faut garder les pieds sur terre et savoir d’où on vient.

Sophie. Moi, je sais pas trop quoi faire comme métier...

Renée. Faut décider vite, déjà que t’es en STG.

On parle beaucoup travail, retraites... Vous vous amusez un peu quand même ?

Inès. Le lycée, il est bloqué donc on peut faire autre chose. (Rires.)

Fatou. On avance aussi dans les exercices. On a des livres. Le matin, on étudie.

Mam. Tu fais pas la grasse matinée plutôt, le matin ?

Pour quelle raison êtes vous prêts à sortir dans la rue ?

Inès. Si on menace nos vies ou nos emplois. S’ils font n’importe quoi et que ça menace l’avenir. Là, c’est le Parti socialiste qui dit ça mais si tout le monde se rend compte de quelque chose qui ne va pas, il faut descendre dans la rue. Sinon, pourquoi on ferait pas une contre-manifestation de droite ?

Mam. Alors toi... Les gens de droite, ils ont toujours des idées chelous.

Renée. S’ils doivent supprimer une filière, je vais dans la rue.

Ahmed. S’il faut payer plus d’impôts, là je manifeste.

Inès. C’est ce que veut faire le PS.

Mam. Moi, si quelque chose de raciste se passe au lycée, je pourrais bloquer le lycée.

Les autres. Oui, si on punit, il n’y a pas de problème mais s’il y a pas de sanctions, oui. Comme pour Guerlain.

Mam. Sinon, je manifeste pas trop, c’est comme quand ils disent de recycler, ça sert à rien.

Inès. Chez moi, il n’y a pas les poubelles de recyclage.

Mam. Mon cousin à Créteil, il a plein de poubelles différentes, là d’accord. Mais chez moi, il n’y a pas de tri, je vais pas le faire tout seul.

Fatou. Moi, j’irais pas dehors comme ça moi, sinon c’est le chaos. Sauf si une loi interdit d’épouser des milliardaires par exemple.

Photo : quatre lycéens devant une poubelle brûlée lors d’une manif pour les retraites, le 18 octobre 2010 à Lyon (Robert Pratta/Reuters).

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  • zerkalo
    zerkalo répond à TH.
    Baba devant tant de bobos
    • Posté à 23h18 le 22/10/2010
    • Internaute 125164
      Baba devant tant de bobos

    La seule personne qui en fait des « gorges chaudes » ici c’est vous.

    • TH.
      TH. répond à zerkalo
      multicontractuel flexisécurisé
      • Posté à 01h10 le 23/10/2010
      • Internaute 34927
        multicontractuel flexisécurisé

      Voilà, c’est ça, toi-même. Et à la revoyure.

  • gounzor
    gounzor
    en lutte
    • Posté à 20h14 le 21/10/2010
    • Internaute 129458
      en lutte

    « Mam. Sarko, il va pas gagner en 2012 parce que la nouvelle génération, elle votera pas pour lui. »

    Allez y les enfants, votez ! Vous allez le dézinguer !

  • Anonyme

     ?

    • Anonyme

      Je veux bien que tu me donnes le sens de ce point d’interrogation, oui, je sais, je suis chiant : -)...

      Bises, Jyva.

      • Anonyme

        Mais non, vous n’êtes pas chiant.
        Le sens ce point d’interrogation, c’est que je ne voyais pas l’intérêt de ce micro-trottoir qui (de de mon point de vue qui n’est que le mien) n’apportait rien.

         
        • Anonyme

          D’accord.

          J’adooooore votre vouvoiement, voyez-vous : -).

          Allez, bises quand même.

          (plein)

          • Anonyme

            Allez, je passe au tutoiement, mais juste avec toi.
            Bises pas quand même.
             : -))

        4 autres commentaires
  • casp
    casp
    Artiste
    • Posté à 20h24 le 21/10/2010
    • Internaute 51445
      Artiste

    « le monde on ne vas pas le changer »

    ca veux tout dire...
    J’aimerai bien qu’un sociologue m’explique ce qui c’est passé du jour au lendemain dans notre société.
    Pourquoi on est passé du stade créatif ou on imposait le monde à nos idées. A ce stade défaitiste, c’est le monde qui nous impose nos idées...

    Que s’est il passé mystère.

    Est ce que ce mouvement sur les retraites peux changer quelquechose ; . je l’éspère mais je doute quand je vois que personne n’aborde le fond du problème.

    Avouons le.. dans la guerre économique actuelle la droite à raison de vouloir massacrer le social, trancher dans les dépense et faire travailler tout le monde plus longtemps.. Si on veux survivre c’est logique... Cependant nous ne sommes pas obligé de coopérer avec l’envahisseur, nous pouvons entrer en résistance face à cette guerre économique mondiale ;

    Nous pouvons affirmer haut et fort que l’égoisme n’est pas une des valeurs fondatrice de notre pays, et nous le pensons de l’humanité.
    Nous pouvons vouloir faire évoluer le monde en commençant par notre lycée puis par la france.

    Cessons de parler des retraites parlons du vrai problème, l’argent , l’opacité qui règne autour de l’argent dans les entreprise et dans la société. réformons l’argent et notre vision du monde. batissons un monde solidaire.
    Cessons de nous battre que pour notre retraite, battons nous pour la notre mais aussi contre l’austérité en angleterre en grèce en espagne. Et puis tant que nous y sommes disons une bonne fois pour toute ca suffit au meurtre quotidien dont nous sommes tous responsable en laissant nos politiciens agir dans une philosophie d’impuissance.

    Il est anormal que quiconque meurt de faim a notre époque. Il n’y a aucune fatalité à cela simplement un manque de volonté. Ceux qui die c’est comme ça c’est la vie on n’y peux rien.. Sont au selon les cas des ignards, ou des imbéciles.

    Faisons cesser cela immédiatement ! Il suffit de le vouloir.

    Si l’argent venait à manquer malgré notre volonté, prenons le là ou il est . Des millions de milliard dépenser uniquement pour la peur, pour l’armement...
    La peur n’as jamais été une valeur constructive, préférons l’amour qui donne à la peur qui conserve.

    • gounzor
      gounzor répond à casp
      en lutte
      • Posté à 20h43 le 21/10/2010
      • Internaute 129458
        en lutte

      J’en parlait hier à une amie, dès le collège on se fait sapper par des règles et des punitions parfois arbitraires, par un système scolaire de la réussite arbitraire.
      Quand on se révolte de trop, et sans réflexion, on fini en BEP vente ou électronique, et pour revenir faut bien ramer, et faut encore réussir à trouver les chemins de traverse pour avoir au moins un bac. Parce qu’avec seulement un bep t’es condamné à 15 ans à en chier toute ta vie.
      Après ça il y a la grande farce du système scolaire supérieur, si t’es en fac t’auras rien, si t’es en bts, en école, faut te conformer. Tu passes les dernières années de ta scolarité en compétition stérile entre élèves, en angoissant sur ton futur ensuite, du coup t’es prêt à accepter n’importe quoi.
      Ensuite il y a les stages, qui achèvent de broyer n’importe quel rêve, on doit en chier, souvent même pas payé, corvéable, et pas considéré, un pot en fin de stage c’est souvent le mieux qu’on aura.

      Le principe même de tout ce cursus c’est de soumettre, il y a ceux qui se soumettent et qui ne se retrouveront jamais, il y a ceux qui se soumettent pour gagner ensuite leur liberté, il y a ceux qui ne se soumettent pas et qui sont condamnés à être encore plus soumis par le travail (hors cas exceptionnels).
      Et on soumet à quoi ? A un seul « idéal » travailler, gagner de l’argent.

      • mallice
        mallice répond à gounzor
        Perdue dans la perfide Albion...
        • Posté à 21h50 le 21/10/2010
        • Internaute 130262
          Perdue dans la perfide Albion...

        C’est pour ça que je pense que de plus en plus de jeunes devraient prendre une décision radicale (que j’ai prise) qui est d’aller étudier à l’étranger..
        Depuis que je suis partie, enfin je me rends compte que les études peuvent être quelque chose de réjouissant, qui donnent envie d’apprendre et d’approfondir. Qu’enfin je suis jugée sur ma motivation et mon niveau dans les études que j’entreprends et pas sur des sujets n’ayant rien à voir.

        La France, à force de rester assise sur ses acquis, est en train de se faire dépasser par beaucoup de pays, il serait temps de réagir...

         
        • la champenoise
          la champenoise répond à mallice
          • Posté à 22h07 le 21/10/2010
          • Internaute 27942

          Juste une question : qui les finance vos études à l’étranger ?
          Et reviendrez-vous en France dès qu’il s’agira de profiter de la sécu ou de l’assurance chômage ?

          • mallice
            mallice répond à la champenoise
            Perdue dans la perfide Albion...
            • Posté à 22h16 le 21/10/2010
            • Internaute 130262
              Perdue dans la perfide Albion...

            Le financement des études en Angleterre est très bien organisé. Pour me payer mon logement je travaille toute l’année en plus de mes études, ce qui est grandement facilité par des campus dans des villes étudiantes avec pleins de bars et de magasins offrant des centaines de possibilités. De nombreuses bourses existent pour les locaux comme pour les européens. En fait c’est simple à chaque situation il y a une bourse. Et comme bien sûr cela n’est pas suffisant mes parents m’aident en plus d’un prêt à la banque. Alors certes je commencerai la vie avec un emprunt mais grâce aux études que je fais, il sera rembourser. L’état anglais regarde en permanence si la façon de rembourser les prêts post études est parfaitement adaptée à des jeunes sortant de ces études. Donc en fait la situation est assez simple.

            Parmi les situations dans lesquelles la France est en train de se faire distancer, je pensais entre autre au système de santé et de sécu. La NHS est très efficace et je ne me retournerai donc pas vers la France pour ça.
            Quand à l’assurance chômage, j’ai la chance de me tourner vers des études qui n’entraînent pas ou peu de chômage, la question ne se posera pas.
            Cela dit les aides à l’embauche anglaises font qu’il est très facile de trouver un emploi ici, bien plus qu’en France, on este donc moins longtemps au chômage.

            • la champenoise
              la champenoise répond à mallice
              • Posté à 22h24 le 21/10/2010
              • Internaute 27942

              C’est très bien tout ça, et, tant mieux pour vous mais expliquez-moi donc pourquoi les traders français travaillant à la City se sont empressés, une fois licenciés, de repasser la Manche pour s’inscrire au chômage en France si c’est si bien que ça en Angleterre.
              Lors de son séjour d’une année en ngleterre mon fils n’a pas apprécié autant que vous semblez le faire le NHS. Mais il est vrai que vous étudiez médecine ...

              • mallice
                mallice répond à la champenoise
                Perdue dans la perfide Albion...
                • Posté à 23h35 le 21/10/2010
                • Internaute 130262
                  Perdue dans la perfide Albion...

                Je ne peux pas vous répondre pour les traders, ça serait m’inventer des connaissances que je n’ai pas. Ce que je sais c’est que l’économie anglaise a été plus touchée au moment de la crise, pour ce corps de métier,il était peut être plus facile à ce moment là de retrouver un boulot en France... Et encore j’en doute vu qu’ils ont été pointer au chômage.
                Certes les allocations chômage n’existe pas ici, mais le taux de chômage y est aussi incroyablement plus faible, peut être il y a t’il un lien de cause à effet..
                La NHS pour ce qui est des petits tracas du quotidien n’est effectivement pas la plus efficace, elle n’est pas là pour rembourser le doliprane ou le sirop pour la toux. Mais lorsque vous mettez les pieds dans un hôpital, vous n’avancez pas un sous.
                Les médecins constituant ce système sont de plus en plus performants car venant du monde entier et ayant été sélectionnés. Et la formation doit être plutôt bonne ici vu que de plus en plus les hôpitaux français cherchent à faire revenir les français ayant étudiés ici.
                Alors dans certains hôpitaux il existe encore des problèmes (comme partout) mais le temps où l’ont pouvait dire qu’il ne fait pas bon se faire soigner en Angleterre est maintenant révolu.
                Mais comme vous le dites, je suis parti pris..

                • jiemo
                  jiemo répond à mallice
                  123 ignition lift off
                  • Posté à 02h09 le 22/10/2010
                  • Internaute 21993
                    123 ignition lift off

                  ...Vous avez loupé un train, je sais c’est peut être un effet des mouvements sociaux ici, un train de mesures drastiques vient d’être voté par la chambre aujourd’hui , et d’après ce que j’en sais, vous allez peut-être rencontrer quelques problèmes pendant et après vos études en UK !

                • stupidboy59
                  stupidboy59 répond à mallice
                  Fines plaisanteries
                  • Posté à 08h29 le 22/10/2010
                  • Internaute 124816
                    Fines plaisanteries

                  « L’étranjé c’est pluuse mieux et plus libre »
                  « Ecolle trisste machine à broyé »

                  Le P1 n’existe pas ’in England’ ?

                  Va étudier à Oxford ou Cambridge et on en reparle
                  mon canard.

                  Sinon t’as les écoles publiques, pourries
                  mais tellement plus funs que les notres...

                  • goodtype
                    goodtype répond à stupidboy59
                    Éditeur
                    • Posté à 09h04 le 22/10/2010
                    • Internaute 112224
                      Éditeur

                    Quel rapport y a-t-il entre votre intervention agressive et les propos de mallice ?

                    D’où sortez-vous les deux extraits farcis de fautes ? De votre autre intervention dans les commentaires ?

                    Vous ne semblez pas connaître la réelle signification de « Fines plaisanteries ». Par contre « stupidboy » vous va à ravir.

                    • stupidboy59
                      stupidboy59 répond à goodtype
                      Fines plaisanteries
                      • Posté à 14h15 le 22/10/2010
                      • Internaute 124816
                        Fines plaisanteries

                      Merci d’être si vous même.

                      Merci.

                      • goodtype
                        goodtype répond à stupidboy59
                        Éditeur
                        • Posté à 15h01 le 22/10/2010
                        • Internaute 112224
                          Éditeur

                        « Merci d’être si vous même. »

                         ? ? ? ? ?

                • la champenoise
                  la champenoise répond à mallice
                  • Posté à 09h09 le 22/10/2010
                  • Internaute 27942

                  Si tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes anglais, pourquoi y-a-t-il autant d’Anglais à venir habiter et/ou se faire opérer en France ? Il y a du bon partout bien sûr mais finalement restez en Angleterre nous saurons nous passer de gens qui comme vous ne savent que critiquer leur pays et ne rien faire pour améliorer ce qui peut l’être.

          • Ptit Louis
            Ptit Louis répond à la champenoise
            Ni dieu, ni maître
            • Posté à 01h14 le 22/10/2010
            • Internaute 123012
              Ni dieu, ni maître

            Excellentes questions ! Bravo !

            Genre profiteur, on veut bien de ce qui est positif, mais pas de ce qui est « négatif » voilà ou cela nous mène de tels comportements lâches, ces individus qui ne pensent qu’à leur gueule

        • gounzor
          gounzor répond à mallice
          en lutte
          • Posté à 22h55 le 21/10/2010
          • Internaute 129458
            en lutte

          .

        • poupouille
          poupouille répond à mallice
          ...
          • Posté à 01h08 le 22/10/2010
          • Internaute 57238
            ...

          « C’est pour ça que je pense que de plus en plus de jeunes devraient prendre une décision radicale (que j’ai prise)... »
          Cette phrase lue jusque là m’a réveiller, puis la suite m’a profondément consterné, voir asphyxié, je ne sais pas pourquoi, j’attendais autre chose... au secours, quelqu’un peut-il m’aider ? Faut-il que je fasse appelle à lui... cet immonde banquier.... et tout ira beaucoup mieux, dans le meilleur des mondes.

        13 autres commentaires
      • shann
        shann répond à gounzor
        Enseigneur cherchant
        • Posté à 22h21 le 21/10/2010
        • Internaute 130461
          Enseigneur cherchant

        Je trouve votre vision des choses tout à fait pertinente... hélas. Et je pense que de plus en plus de jeunes prennent conscience de ce piège qui se referme... L’aliénation ou l’exclusion ?

      • stupidboy59
        stupidboy59 répond à gounzor
        Fines plaisanteries
        • Posté à 08h28 le 22/10/2010
        • Internaute 124816
          Fines plaisanteries

        Je suis prof en collège et je confirme...

        Sont envoyés en BEP ceux qui osent se rebeller
        ou qui sont soupçonnés de rêver de rebellion.

        Là je suis en salle des profs et les élèves, en uniforme,
        attendent le clairon matinal pour nous saluer.

        « L’étranjé c’est pluuse mieux et plus libre »
        « Ecolle trisste machine à broyé »

        Va étudier à Oxford ou Cambridge et on en reparle
        mon Gounzor. Sinon t’as les écoles publiques, pourries
        mais tellement plus funs que les notres.

         
        • gounzor
          gounzor répond à stupidboy59
          en lutte
          • Posté à 12h30 le 22/10/2010
          • Internaute 129458
            en lutte

          Je ne critique pas l’école publique et laïque, ni les profs dans leur ensemble, j’ai eu de très bons profs. J’en ai eu de très mauvais aussi.
          Mais de mes 14 à 16 ans j’ai pensé à tout sauf à l’école, et surtout pas que je jouais mon avenir à l’école... Le système scolaire français laisse t’il beaucoup de chances à l’insouciance et la bêtise de l’adolescence ?
          Que dalle, on est envoyé en BEP, en général on va dans ceux le moins de chez nous, sans convictions, parce que savoir si on veut faire de la vente ou de l’electronique à 16 ans, c’est un peu difficile franchement, on va au plus proche, au moins cher, ou là ou on connait des gens...

          A mon époque on avait les 4ème technos, à 13 ans on y mettait les élèves en difficultés, des classes ou « étrangement » les enfants des mêmes quartiers se retrouvaient tous, tous majoritairement d’origine nord africaine...
          La mixité sociale ? Ouais, de 6 à 13 ans au mieux, après ça devient sérieux, faut laisser ceux qui veulent travailler ensemble et isoler ceux qui ont des difficultés entre eux, c’est sûr c’est comme ça qu’ils s’en sortiront le mieux...

          Moi j’ai eu la chance de traverser tout ça, d’en retirer une vision objective, que ça soit pire ou mieux ailleurs, j’en ai rien de rien à foutre, ce qui compte c’est ici et c’est chez moi.
          L’école en France reproduit toutes les inégalités de sa société. Y a pas de places pour l’échec, pour le temps, ou pour la différence.

          On nivelle tout le monde au bulldozer, et on fait rentrer tout le monde dans des boites, qui communiquent difficilement entre elles.

        1 autres commentaires
      • Advise
        Advise répond à gounzor
        Mangeur de Chips
        • Posté à 08h46 le 22/10/2010
        • Internaute 129211
          Mangeur de Chips

        Quand je lis de telles absurdites j’en deduit que vous ne deviez pas etre au premier rang de la classe.

        Je vous conseil de vous plonger dans quelques manuels d’histoire si vous en avez le temps, ensuite de regarder un peu ce qu’il se passe autour de vous (je parle du monde, pas de votre quartier), et ensuite de rediger quelque chose d’a peu pres coherent.

        Au cas ou vous auriez oublier, pour survivre il faut se nourrir, et pour se nourrir il faut travailler. Mais c’est peut-etre trop terre a terre pour s’en soucier.

         
        • gounzor
          gounzor répond à Advise
          en lutte
          • Posté à 12h12 le 22/10/2010
          • Internaute 129458
            en lutte

          Hello, vous déduisez mal...

          J’ai failli être envoyé en bep imprimerie (parce que j’aimais le dessin...) après ma seconde troisième ou j’avais 7 de moyenne générale. J’ai passé 2 ans (de 14 à 16ans) à être en échec scolaire total dans l’indifférence générale de mes profs, indifférence et punitions, c’est tout ce que l’école m’apportait à ce moment là...

          Je suis passé en seconde grâce à une commission de passage, ou j’ai été le seul à être repêché sur 40 demandes.
          J’ai enfin pris conscience à 16 ans que jouais mon avenir à l’école.

          Puis j’ai eu mon bac ES avec mention assez bien. J’ai réussi à intégrer une école d’art, aujourd’hui je suis à mon compte.

          Je suis un miraculé du système scolaire, j’ai eu de la chance et surtout des parents qui ont su me défendre dans une commission car ils s’y sont exprimés correctement et intelligemment. La plupart de ceux qui n’ont pas été repêché ce jour là étaient d’origine immigrée, leurs parents étaient absents, parlaient mal français, si on leur avait donné la même chance que moi, ils s’en seraient peut être aussi bien sorti, qui peut le dire ?

          • zoelyon
            zoelyon répond à gounzor
            femme, maman
            • Posté à 13h24 le 22/10/2010
            • Internaute 85951
              femme, maman

            BRAVO ! Vous avez raison quand vous dites qu’à 14 ans on n’a pas l’impression de jouer son avenir en classe. Je suis déléguée de parents d’élèves pour mes 3 enfants (18, 15 et 13), le dialogue entre profs/parents est essentiel pour l’avenir des enfants, mais beaucoup de parents n’osent pas aller au collège ou au lycée pour s’exprimer car ils ont peur du système et des profs qui, de loin, font peur. Alors certains enfants se retrouvent sur les voies de garage car à un moment, il y a un loupé, un malentendu entre les adultes qui les gèrent. Ce n’est ni la faute des profs qui ont vraiment envie que leur métier serve, ni la faute des parents. La faille entre ces deux mondes (parents/profs) est encore importante, c’est la faille public/privé qui ne devrait pas venir en ligne de compte. Heureusement, de temps en temps, un prof et/ou un parent ose et l’avenir de l’enfant s’éclaircit.

        2 autres commentaires
      • A déménagé le 21 mars
        A déménagé le 21 mars répond à gounzor
        brinleu
        • Posté à 14h45 le 22/10/2010
        • Internaute 74471
          brinleu

        Une solution dont personne ne parle, pour etre sur de rester un peu a l’ecart de cette betise, c’est les ecoles d’art, qui certes ne promettent pas un bel avenir en entreprise malgre les reelles capacites de beaucoup de gens qui en sortent diplomes (a moins d’etre obsede par l’argent et de tout faire pour devenir un artiste hype, chose faisable si on comprend comment ca se passe, mais ca dure rarement plus de cinq ans), mais qui met les gens dans la position d’eux-memes baliser leur desert (et je ne parle pas, parce que je trouve ce mot sans fondement, de liberte, mais simplement de balisage de territoire), chose qui entre parenthese relegue le travail pour une boite au niveau de gagne pain, remet l’ego en place, et fait renaitre un certain interet pour le monde. Mais c’est vrai, je me rappelle, avec mon 20 en maths au bac, mes profs riaient quand je leur disais « maths sup ou ecole d’art » genre si tu preferes faire ton boheme... Finalement il m’a fallu m’emmerder deux ans en prepa pour prendre le courage de laisser tomber l’affaire (=vivres coupees) et aller faire des super conneries aux beaux arts. Mais mais mais, me voila maintenant a 33 ans a vivre seul a moitie dans l’illegalite au Japon, depuis 4 ans, a gagner de l’argent au noir, pour un total mensuel me rangeant dans les categorie des working-poor, et a ecrire des poemes et faire de la photo... Mais, ma foi, pour rien au monde pour le moment je ne courrai vers un poste en entreprise. Et alors ma retraite...

    • Menulis
      Menulis répond à casp
      étudiante
      • Posté à 21h17 le 21/10/2010
      • Internaute 113929
        étudiante

      <3 <3 <3

      Si seulement tout le monde pouvait dire la même chose... Je serais plus heureuse.
      J’ose même plus avancer le moindre mot en ce moment...tellement le discours de la majorité est désespérant. Parce que c’est un discours désespéré, un discours désabusé, un discours qui donne envie de se pendre et qui montre à quel stade hautement perfectionné et efficace de l’esclavage nous sommes parvenus à notre époque.

      Je sors du lycée, j’ai toujours été une bonne élève, j’ai eu un bon bac. Mais bon dieu, cela ne fera certes pas mon bonheur ! En dehors, peut-être, des connaissances que cela m’aura apporté...

      Cet article en lui-même me désespère de ma propre génération, déjà complètement résignée et qui veut avoir de bonnes notes, pour avoir un métier qui paie bien, pour bien nourrir leur famille, puis mourir le nez dans l’assiette. Ça me tue.

      • alice4486
        alice4486 répond à Menulis
        étudiante
        • Posté à 21h54 le 21/10/2010
        • Internaute 119786
          étudiante

        Bravo aux trois derniers commentaires ! Pour une fois je n’entends pas que des dépressifs parano-gauchistes (j’exagère bien sûr).
        Il existe alors vraiment des gens qui gardent un maigre espoir ?
        Depuis quelques temps, je lis et entends des discours très intéressants et que je partage totalement : arrêtez le fatalisme, petit à petit, on arrivera à changer toute cette merde de société superficielle, avide d’argent, abrutie par l’individualisme et pétrie d’égocentrisme.
        Il faut juste le faire savoir le plus possible, après tout des millions de gens pensent la même chose, non ?

    • nillecram
      nillecram répond à casp
      Jongleur
      • Posté à 22h02 le 21/10/2010
      • Internaute 127542
        Jongleur

      « “le monde on ne vas pas le changer”

      ca veux tout dire...
      J’aimerai bien qu’un sociologue m’explique ce qui c’est passé du jour au lendemain dans notre société. »

      Je ne suis pas sociologue mais je pense pouvoir apporter mon témoignage sur ce point...
      La désillusion qui frappe aujourd’hui les jeunes n’est pas tellement due au fait qu’on se fait imposer des idées (même si c’est vrai en grande partie ; au fond pendant toute notre éducation on est soumis à un lavage de cerveau qui a ses mauvais et ses bons cotés) mais surtout le fait que ces idées, mieux que de s’y soumettre, on en profite.

      Vivre au XXI siècle c’est apprendre très vite des règles simples :
      -l’argent est roi (on ne me fera jamais croire qu’aujourd’hui les politiques ont une quelconque valeur dirigeante, sincèrement, ce n’est qu’un show, ces mecs sont là pour s’en mettre les poches et vivre une belle vie, en faire profiter leur potes au mieux)
      -l’individualisme est de mise
      -la consommation est le plus doux échappatoire.

      Je ne crois plus à la politique. Je n’ai confiance en aucun politicien. Quels que soit leur bord politique. Au fond aucun parti n’a d’idéologie, car les politiques sont et resteront -pour un bon bout de temps je le crains- complètement déconnectés de la vie, celle réelle, vécue par les gens comme vous et moi. Et figurez vous que quand j’écris ca, je n’ai jamais encore eu l’occasion de voter.
      Y’a deux trois ans j’ai manifesté quand j’étais au lycée, contre LRU ( ?) ; à vrai dire j’men souviens même pas exactement. J’y allais surtout pour sécher les cours (et ouuuuuiiii ) et picoler (et ouiiiii), et sincèrement je vais vous dire je me suis bien marré.
      Ya des casseurs dans les rues qui détruisent tout ? Ya des jeunes qui s’la collent en manifestant ? Y’en a qui crie « Sarko t’es foutu ! » et ca sonne vraiment ridicule ? Bouuuuh.
      Refléchissez un moment. Qui sont ceux en France et dans le monde entier qui sont les pires délinquants ? Qui sont ceux qui montrent le moins de respect pour les gens ? Encore une fois qui sont ceux qui se dédouanent le plus de leur responsabilités ?

      Vous voulez des jeunes respectueux, responsables, politisés ? Sincèrement, si on nous avait donné les moyens de se créer des idéaux aussi beaux en grandissant, ca se saurait.
      A ciao bonsoir.

      D’un jeune con.

      PS : ce post ne t’ai nullemenet spécialement adressé casp, c’était juste pour te reprendre..

      • jiemo
        jiemo répond à nillecram
        123 ignition lift off
        • Posté à 02h17 le 22/10/2010
        • Internaute 21993
          123 ignition lift off

        non non, pas si con, à ceci près que l’avenir et son idéal c’est vous et vous seul qui pourrez le dessiner.

        Instruisez vous , soyez curieux , réfléchissez , désobéissez s’il le faut , participez , créez du nouveau ...

        Voilà ce que la jeunesse se doit de faire , créer son idéal !

  • Bête à part
    Bête à part
    parmi nous autres.
    • Posté à 20h29 le 21/10/2010
    • Internaute 504
      parmi nous autres.

    .

    Puis ils sont pas aidés par les grands, les minots. J’pense à l’annonce de l’intersyndicale de deux rendez-vous lointains...

    Sans dèc’ : ça pue.

    On n’est pas des moules.

    Si le but est le retrait du projet, est-ce concevable de gagner la bataille (et peut-être le guerre) en reculant dès que nous rugissons plus fort que l’ennemi dominateur et hostile sans réserve ? ... ! ! !

    J’le suis plus, j’l’ai été : sportif et combattant. heu... C’est pas en relâchant dans la montée de l’effort qu’on escalade la première très grosse vague.
    La stratégie retenue me semble être celle de la perte du ballon. Si les managers veulent déclencher une grève des joueurs, il faut d’urgence leur dire que les joueurs ont déjà quitté les terrains et sont sur les boulevards.

    .

    • Rémim
      Rémim répond à Bête à part
      .
      • Posté à 21h20 le 21/10/2010
      • Internaute 107704
        .

      Paraît que c’est une exigence de la cfdt (les manifestations pas trop rapprochées), et la cfdt ben voilà quoi... « réformistes », ça veut tout dire.
      Ils ont déjà flingué des mouvements les années passées, on dirait qu’ils ont bien envie de recommencer. Moi aussi je le sens mal, ils cassent la dynamique.

    • éternellerebelle
      éternellerebelle répond à Bête à part
      enragée !
      • Posté à 23h17 le 21/10/2010
      • Internaute 22982
        enragée !

      Des heures de palabres pour nous sortir des appels de plus en plus lointains,ces leaders syndicaux me dégoûtent de plus en plus
      parader dans les salons, jouer les bravaches à la télé pendant que la base s’enrage et prend la rue et les lacrymos de la milice,
      pendant que les lycéens subissent une répression odieuse (lacrymos ,matraques,flash-ball et prison ) pour leur apprendre à
      se révolter

      les présumés représentants des travailleurs se concertent toutes les semaines pour étouffer ce mouvement qui va bien au-delà du sujet des retraites ,

      Merci à ces jeunes qui affrontent la violence policiére ,leur courage et leur détermination nous ont rappelé que quand les « élites » : assemblés, ministres,président et partenaires sociaux nous enfument
      LA RUE EST LÉGITIME
      Courage à tous ,bloquons encore et encore ,tous ensemble nous
      gagnerons !

  • eskimo
    • Posté à 20h32 le 21/10/2010
    • Internaute 24163

    Franchement, la prochaine fois faites l’expérience, en otant les passages sur les lycées, de demander aux lecteurs l’âge des intervenants. Beaucoup se ferait piéger.

    et je sais pas si c’est grave pour les vieux ou les jeunes :)

  • Humain
    • Posté à 20h33 le 21/10/2010
    • Internaute 21387

    Quand donc arreterez-vous de faire passer les lycéens pour des cons ?

    Allez-y les jeunes ! ! Allez !

    On vous a enseigné l’esprit d’analyse ?

    Tant mieux,

    Je vois que ces jeunes là ont l’esprit d’analyse et non pas l’esprit de soumission.

    Quand aux médias en général il me semble qu’ils ont plutôt, eux, bien souvent l’esprit de soumission !

    • damienl
      damienl répond à Humain
      Chercheur
      • Posté à 10h17 le 22/10/2010
      • Expert 101560
        Chercheur

      L’« esprit d’analyse », c’est pour moi le genre de terme qui ne veut rien dire. L’analyse ne peut jamais se faire indépendamment de connaissances acquises au préalable. Malheureusement, en France, on encourage les jeunes dès le lycée à produire des raisonnements creux, formellement corrects mais sans aucun recul, sans aucune référence à des théories empiriquement ou logiquement validées. Ce que l’on devrait appeler verbiage et que l’on formate les jeunes à produire dans les épreuves de philo du BAC.

      L’esprit d’analyse, c’est le mythe du self-made man qui juge du haut de son ignorance toutes les connaissances en prétendant qu’il s’agit là d’une démarche critique intelligente. Je ne dis pas qu’il faut croire tout ce que l’on nous dit mais bien qu’avant de vouloir penser par soi-même, il faut tout du moins comprendre le domaine en question et en maitriser les bases. Pourtant, lorsqu’il s’agit de concepts économiques, tout le monde à sa petite théorie, son « esprit critique » qui n’est en réalité que soumission à des théories qui doivent être vraies puisque non consensuelles.

    • Vicfer-
      Vicfer- répond à Humain
      apiculteur, champion de vélo (...)
      • Posté à 17h49 le 22/10/2010
      • Internaute 101994
        apiculteur, champion de vélo (...)

      L’esprit humain a tendance à réduire les faits ou les actions à une seule et unique cause.
      C’est idiot de penser que les lycéens vont manifester ou bloquent les lycées pour ne pas aller en cours.
      Ils bloquent ou manifestent pour ne pas aller en cours
      + ils bloquent ou manifestent dans l’espoir d’avoir leur tête dans les médias ou d’être interviewés dans le journal local
      + pour pouvoir piller l’intersport du centre ville
      +paske Sarkozi c un facho tavu wesh
      +car s’ils ne manifestent pas, ils vont se faire « victimer » par ceux qui manifestent

      = les raisons ne manquent pas, les blocages et les manifestations sont logiques.

  • simacker
    simacker
    Enseignant
    • Posté à 20h37 le 21/10/2010
    • Expert 110642
      Enseignant

    Eh, bien ils sont très bien ces jeunes
    ambitieux, généreux
    plutôt en phase avec le monde

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 20h38 le 21/10/2010
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    le titre ne reflete pas le « contenu » de l’article
    juste de l’accroche
    l’illustration photo est décalée

  • Dissonance
    Dissonance
    met le doigt où ça fait mal.
    • Posté à 20h38 le 21/10/2010
    • Internaute 70089
      met le doigt où ça fait mal.

    « Pourquoi tu soutiens la réforme ?
    - Inès. Je lis ce que propose le PS, mais ce n’est pas une solution, je ne suis pas d’accord.
    - Mam. Mais c’est tes parents qui le pensent ou c’est toi ?
    -Inès. Ah non, c’est moi. Je lis des articles et tout. »

    Si ce sont les parents, des syndicats ou leurs profs qui leur expliquent les choses, c’est de la manipulation. S’ils vont piocher les idées dans la presse en revanche, c’est de l’information.

    C’est quand même génial les mots non ?

    • la champenoise
      • Posté à 22h10 le 21/10/2010
      • Internaute 27942

      Si elle lit Le Figaro, elle a la parole de l’Elysée en direct ...

      • Dissonance
        Dissonance répond à la champenoise
        met le doigt où ça fait mal.
        • Posté à 22h14 le 21/10/2010
        • Internaute 70089
          met le doigt où ça fait mal.

        Exactement. Ceci dit le Figaro n’est pas le seul à diffuser la sarkosie dans les chaumières. En revanche c’est celui qui le fait avec le plus de franchise - c’est pas terrible, mais c’est déjà ça.

  • Earendil
    Earendil
    étudiant
    • Posté à 20h59 le 21/10/2010
    • Internaute 87171
      étudiant

    « le monde on ne vas pas le changer »

    Heureusement qu’on est pas tous comme ça résigné dans la fatalité où les « élites » (et là je vais loin parce que pour sortir une réforme aussi débile n’importe qui peut le faire) politiques ont la toute sainte vérité le peuple devant se plier devant les décisions qui font de nous des larbins. Si on s’oppose on est des méchants trotskistes de la gauchosphère comme ils disent si bien.
    Ca y est je comprend ce qu’est l’identité française, c’est ne pas croire en la constitution en la démocratie en liberté égalité fraternité et toutes ces conneries de révolutionnaires dépassées maintenant. Il manque vraiment plus grand chose avant que Big Brother nous regarde. Il faut effacer de notre mémoire la vérité pour apprendre continuellement de nouveaux mensonges et surtout y croire.

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