L'arrestation de Hu Jia, dissident chinois privé de webcam
Le 5 décembre, le dissident Hu Jia s’adressait en direct de Pékin par webcam à une conférence de presse organisée à Paris par Reporters sans frontières à l’occasion de la remise des prix de la liberté de la presse. La liaison par Skype avait un côté irréel, et je m’étais interrogé sur le maintien de son accès Internet qui lui permettait ainsi de décrire à l’extérieur sa situation en résidence surveillée. Jeudi, la police chinoise est venue couper la ligne Internet, et arrêter Hu Jia. Une nouvelle fois, est-on tenté de dire.
Selon un communiqué de RSF :
« Le 27 décembre 2007 vers 15 heures, une vingtaine de policiers se sont introduits dans la maison de Hu Jia, où se trouvaient sa femme, Zeng Jinyan, également blogueuse et activiste, sa grand-mère et leur fille Hu Qianci, âgée d’un mois et demi. Après avoir coupé leur connexion Internet et leurs téléphones, les policiers ont emmené Hu Jia. Selon l’organisation Chinese Human Rights Defenders, des policiers sont restés, après son arrestation, afin d’empêcher sa femme de prévenir d’autres personnes. Les policiers ont montré à Zeng Jinyan un mandat d’arrêt pour “ subversion du pouvoir de l’Etat” à l’encontre de Hu Jia. Personne ne sait où se trouve depuis le défenseur des droits de l’homme. »
A 34 ans, Hu Jia est un habitué de l’appareil de répression chinois. Très actif dans la lutte contre le sida et en particulier dans la dénonciation du scandale de la contamination des paysans du Henan, et dans la défense des droits de l’homme, Hu Jia a passé ces dernières années plus de temps en détention et en résidence surveillée que libre de ses mouvements. Il est probable qu’il paye cette fois ses dernières cyberincursions internationales, notamment celle, fin novembre, en liaison par webcam, lors d’une audition sur les droits de l’homme en Chine devant le Parlement européen à Bruxelles. Il avait notamment déclaré, rappelle RSF :
« C’est ironique que l’un des responsables de l’organisation des Jeux Olympiques de Pékin soit le chef du Bureau de la Sécurité publique qui est responsable de tant de violations des droits de l’homme. Il est très grave que les promesses officielles n’aient pas été tenues avant les Jeux olympiques. »
On pourra retrouver Hu Jia, son côté frêle et de perpétuel adolescent dans un reportage de France 2 réalisé en juin dernier, disponible sur le blog du bureau de France 2 à Pékin. On comprendra alors que cette dernière arrestation fait partie de son ordinaire, et ne sera pas de nature à le faire flêchir. Pas plus que les précédentes.
- 8628 visites
- 45 réactions
















8
La preuve de vie de Roméo Langlois, bientôt libéré par les Farc ? 








journaliste
journaliste
Bonjour
Je lis les commentaires et je trouve que l’on a en France une vision encore très simpliste et systématiquement négative de la Chine : celle qui fait peur avec sa croissance à deux chiffres et celle, socialiste, qui ne nous ressemble pas du tout. Je vois des « appels au boycott » mais pour quoi faire, aider pour qui ? Tout le monde ici n’a pas envie de manifester dans la rue chaque matin pour crier la censure. L’essentiel pour la majorité des chinois (comme pour les francais) c’est de pouvoir gagner sa vie, de se faire plaisir de temps en temps, offrir des études à ses enfants, des vacances, un avenir. Ils se fichent pas mal de qui les dirige. Ce qui me fait rire c’est le décalage énorme entre l’Etat chinois qui ne cesse de censurer les contenus sur Internet, dans la presse ou la télévision et les chinois qui ne sont plus dupes et qui installent des proxy à gogo, qui achètent les dernier dvd occidentaux copiés pour 5 rmb à tous les coins de rue ou qui téléchargent nos musiques.Voir également les centaines de milliers de jeunes chinois qui migrent sur facebook surlequel on s’échange vidéos, images entre des internautes du monde entier. L’espoir existe.
Je vous invite à visiter mon blog :
Lien




Partager