26/12/2007 à 11h24

Pas de Noël sur le trottoir de la rue Saint-Denis

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Une nuit de réveillon avec Cheikh, Gloria et les prostituées de la célèbre artère de la capitale.





Soirée Duran à Issy-les-Moulinaux, en mai 1999 (Meyer/TF)

« Je m’appelle Cheikh. » Main tendue, le Sénégalais sourit. Grosse veste, bonnet noir sous une casquette militaire, Cheikh rassure :

« On croit toujours que je suis mauvais. C’est à cause de mon look. Parfois, je fume des pétards. Et parfois aussi, je viens là parce que je n’ai pas de copine. »

Ici, rue Saint-Denis. Un 24 décembre. Une rue d’hommes. Une rue qui pue la pisse. Eclairée par des réverbères à la lumière faiblarde. Autour, de maigres guirlandes argentées. Du gris qui brille.

« Courage ! “ Deux vieilles femmes soutiennent une fille. Elle sourit, répond un ‘merci’ d’une voix déchirante. Parce qu’elle a froid, cette quadragénaire en minijupe qui s’obstine à repousser toujours un peu plus le pan de son manteau rose. Au moindre homme qui passe en hésitant, ses cuisses se découvrent. ‘Viens’. Elle susurre. ‘Viens’. Un type la suit. Une porte se referme.

‘Elles vont toutes là, dans la maison.’ Cheikh explique ces bordels ; des immeubles occupés par les filles. Un quart d’heure après, le client est parti. Elle se replace et recommence. Elle a 43 ans. Accepte de parler, contrairement à d’autres qui jouent l’agressivité comme pour confirmer que les prostituées sont revêches.

Elle parle de sa fille, mariée récemment, salariée, oui, oui, tout va bien pour elle, merci. Et ce Noël sur le trottoir ? ‘C’est dur, c’est vrai mais je travaille. Il y a moins de clients, ils réveillonnent’, regrette-t-elle. Elle est propriétaire de son studio. Celles qui ne le sont pas ont été expulsées par la police. La dure loi de 2003. D’autres hommes rôdent. Il faut la laisser travailler, mais c’est gentil d’avoir causé.

‘Ils ne sont pas timides, ils choisissent’

Des policiers roulent, ne ralentissent pas. Personne ne s’inquiète. Cheikh ne fête pas Noël. Pas sa fête :

‘J’ai fêté l’Aïd, mais ma sœur qui est mariée à un Français organise un repas ce soir, à Châtillon, je ne sais pas si je vais y aller.’

Un kebab plus loin, Cheikh offre sa tournée : du café. Là, un barbu chante. Il y a de l’arménien dans ses mots ; les patrons comprennent sa chanson. Il s’arrête, commande un pastis, tape du poing et sourit franchement quand deux touristes américains échouent à une table voisine. Des compatriotes ! Le vieil Arménien vient de l’Idaho. C’est ce qu’il raconte avant de souhaiter un joyeux Noël à toute la salle. Il part à reculons, heurte un chauve, blouson RATP, venu acheter des sandwichs.

Sur le trottoir, les hommes sont nombreux. Une dizaine. Ils observent. Traversent parfois la rue pour aller parler à une femme. Cheikh, qui habite là, s’amuse :

‘Ils ne sont pas timides ! Ils choisissent. Une fois que celle qui leur plaît redescent, ils y vont.’

La porte d’un immeuble donnant sur une minuscule cour est continuellement entrebaillée. Des allées et venues. Un curieux : ‘Vous venez voir les garces ? Ses yeux lorgnent une garce’ rousse. La plus convoitée. Grande, belle, des yeux immenses. Sirotant un verre de whisky, elle officie, vacillante, contre l’immeuble d’une petite ruelle perpendiculaire.

‘C’est réservé ici’, expose Cheikh, décidément au fait des nuits de Saint-Denis. Les filles s’installent par type. La rue principale est multicolore. Aux alentours, les hommes savent où aller pour dénicher une Africaine ou une Slave. Cinquante euros et c’est le paradis dans de la chair molle, dans de la chair qui a froid, dans de la chair qui ne prend pas le temps de se déshabiller.

‘Ca peut durer un quart d’heure à vingt minutes mais revenez parler en journée, là je travaille’, bredouille une vieille blonde. Très vite, elle repart, claudiquant. Les talons de ses bottes sont fins, très allongés.

‘C’est Noël, elles sont chrétiennes’

Sortie du métro Château Rouge. A l’angle de la rue Poulet, les éboueurs enjambent des cartons humides, ruisselants de jus jaunâtres. A l’heure où le marché a depuis longtemps plié ses stands, une odeur forte le ressuscite. Rue Doudeauville, un Sénégalais s’acharne à essayer de joindre ses parents à Dakar. Une carte téléphonique à la main, il en est à sa cinquième tentative.

Il observe que les filles sont rares ce soir : ‘C’est Noël, elles sont chrétiennes.’ De jeunes Ghanéennes et Nigérianes anglophones trainent contre les murs. Sans studios individuels, elles se font, au mieux, payer une chambre d’hôtel. Les cages d’escaliers sont aussi utilisées. Cheikh note que les hommes sont pressés. Urgence de se vider qui exaspère des riverains parfois obligés d’intervenir.

Gloria, Togolaise. Visage poupon. Hématome. Des yeux qui hurlent, une bière à la main. Elle confie qu’elle ne fête pas Noël même si sa mère et sa sœur sont là, dans l’appartement en face. Les lumières y sont éteintes. Le réveillon en famille, ce sera pour l’année prochaine, en Afrique. Dos contre le mur, bassin avancé, impudique, Gloria attend : ‘Quelqu’un va m’inviter à boire une bière. Je suis là pour ça.’ Invariablement, les clients passent, négocient, disparaissent avec elle et ressurgissent. Une dizaine de minutes. Les mains dans leurs gros blousons, leurs épaules qui se referment, ils repartent tête baissée.

La nuit s’achève vers 2 heures. Cheikh a finalement décidé de rejoindre sa soeur pour boire un thé.

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  • Atalante
    Atalante
    Illusionnée
    • Posté à 11h34 le 26/12/2007
    • Internaute 24533
      Illusionnée

    Noël ou pas, la misère de la prostitution ne sera pas éradiquée par des lois..le « plus vieux métier du monde » existera toujours, alors plutôt que d’essayer de le cacher (tout en récoltant les impôts des prostituées, merveilleuse hypocrisie ), on devrait plutôt l’encadrer, pour réduire l’emprise des « maquereaux », la prostitution forcée, et les passes dans les cages d’escalier. Certains pays voisins en ont fait l’expérience et, sans idéaliser leurs résultats, on observe un mieux..

    • Bon Scott
      Bon Scott répond à Atalante
      • Posté à 13h50 le 26/12/2007
      • Internaute 24531
      • Bon Scott
        Bon Scott répond à Bon Scott
        • Posté à 15h32 le 26/12/2007
        • Internaute 24531
         
        • Compte supprimé le 3 janvier 3
          • Posté à 20h33 le 27/12/2007
          • Internaute 10904
            in angulo

          « De jeunes Ghanéennes et Nigériannes anglophones traînent contre les murs »...

          Cette phrase empruntée à l’article de Zineb me fait penser à un proverbe de la région Edo, au Nigéria, d’où viennent beaucoup de ces jeunes femmes :

          « Ehemwen wÿÿ iren te gua so ihuan, ren te vbe gua ku, sokpan ukpÿ iye-ÿkhÿKhÿ ÿre ÿ ma gie iren ku iku iren vbe avan. »

          et qui signifie en gros :

          « Une blatte sait danser et chanter, mais c’est la poule qui l’empêche de le faire pendant la journée ».

          Depuis la loi du 18 mars 2003, dite « Loi Sarkozy“ou ‘Loi de sécurité intérieure’ et qui fait du raccolage publique un délit, les Nigériannes, Ghanéennes et autres Sierra Léonnaises, sachant mieux que personne à quel point leur existence au Pays de Coquelet 1er est menacée, longent effectivement les murs de nos villes à des heures bien tardives, se voyant parfois reléguées aux confins des villes, loin de tout, jusque dans des forêts.
          Il faut dire, à ce propos, que leur courage est immense.

          Mais les ‘blattes’ savent aussi danser et chanter. Et si Zineb, au fond, en a si peu vu, c’est, comme le dit si bien l’article, qu’elles sont chrétiennes et que cette nuit-là était nuit de réveillon.

          Ayant été invité à quelques reprises dans leur(s) temple(s) pour assister à des célébrations telles que ‘dédications(car des enfants naissent ici, n’en déplaise à certains...)j’ai été surpris de la chaleur de l’accueil, de l’enthousiasme communicatif des chants et des danses, de la beauté des parures (hommes et femmes sont vraiment tirés à quatre épingles pour l’occasion) ayant parfois quelque peine à reconnaître celles qui, la veille, faisaient le pied de grue dans la rue et devenues, le temps d’un après-midi de prières, parterre de femmes-fleurs en grand apparat.

          Si vous voulez découvrir un peu du mystère de ces gens-là (et d’un royaume qui périt sous les coups de boutoir des Anglais), plutôt que d’aller vous vider les c... rue Poulet, ce qui est du droit de chacun, j’en conviens, je vous invite à vous emplir les yeux des 300 merveilleuses pièces de l’exposition Art Royal du Bénin’ visibles au Musée d’Art Premier du Quai Branly à Paris,jusqu’au 6 janvier.

          Pour la modique somme de 8 euros 50, grande source de jouissance en perspective.
          Une expo dont on ne sort pas penaud.

        1 autres commentaires
    • virginie78
      virginie78 répond à Atalante
      Éteignez votre TV et apprenez à (...)
      • Posté à 20h11 le 26/12/2007
      • Internaute 25883
        Éteignez votre TV et apprenez à (...)

      plus vieux métier du monde car clientèle fidèle.....

  • citoyensly
    • Posté à 11h47 le 26/12/2007
    • Internaute 24690

    c est la misere sociale morale qui n a pas de treve , pas d age , pas de calendrier !
    c est pour ces jeunes femmes que la situation est la plus dure entres les macs et les rapports non désirés, leur vie se passe dans la douleur !
    sly de Lien ou vous retrouver des infos censurées

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 11h58 le 26/12/2007
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Comment peut-on cautionner un tel esclavage, maintenir des personnes en état de servitude ?
    Etre client de prostitué(e)s c’est alimenter le trafic des êtres humains...
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    • jissé
      jissé répond à skalpa
      Ingé retraité
      • Posté à 12h51 le 26/12/2007
      • Internaute 23393
        Ingé retraité

      Ne pas tout mélanger.

      Entre ces malheureuses et certaines « Escort-Girl » huppées, il y a la même différence qu’entre une tente de SDF et celle de Kadhafi.

      C’est la misère qui rend esclave et contre laquelle il conviendrait de lutter.

      • skalpa
        skalpa répond à jissé
        actif et militant ?
        • Posté à 17h34 le 26/12/2007
        • Internaute 7181
          actif et militant ?

        Pour quelques dizaines d’Escort Girl « huppées » combien de milliers de prostituées exploitées ?

  • Erwan69100
    • Posté à 12h05 le 26/12/2007
    • Internaute 14567

    Il y a une citation qui conviendrait bien à cette situation (surtout en hiver) :
    « On a foutu le bordel rien qu’en les fermant »

    Pourquoi n’ouvrent ils pas à nouveau les maisons closes ? Pourquoi le législateur n’intervient il pas ? C’est un débat intéressant.

    • jissé
      jissé répond à Erwan69100
      Ingé retraité
      • Posté à 12h41 le 26/12/2007
      • Internaute 23393
        Ingé retraité

      « Fermer les maisons closes, plus qu’une faute c’est un pléonasme. »

      Arletty

      • elarips
        elarips répond à jissé
        • Posté à 12h07 le 27/12/2007
        • Internaute 19146

        c’est DSK qui va s’ennuyer si l’on ferme tout les clubs d’échangistes ! !

    • mad
      mad répond à Erwan69100
      • Posté à 12h47 le 26/12/2007
      • Internaute 2629

      Les allemands les on rouvertes, et ils n’en sont pas vraiment content, en dehors des lieux à la mode dans les grandes villes, ce sont surtout de petites structures, en dehors des aglomérations, ou les propriétaires peuvent garder les filles enfermées et sans contact avec l’extérieur.

      Si il y avait une solution simple à la question, je crois qu’elle aurais été découverte depuis longtemps.

      • jissé
        jissé répond à mad
        Ingé retraité
        • Posté à 13h00 le 26/12/2007
        • Internaute 23393
          Ingé retraité

        Pas d’accord.

        Je ne pense pas que la « Maison aux trois couleurs » (en plein centre de Stuttgart) ai jamais été fermée (en dehors des heures de fermeture).

        Quand à la « rue chaude » de Brunswick, elle est médiévale et, de fait, elle fait partie, avec sa rue pavée d’époque et ses « maisons » à colombages, du patrimoine historique.

        Sans parler d’Hambourg et de sa « rue interdite aux mineurs », vers « Reeperbahn ».

        (Nettement plus « crade »).

         
        • Atalante
          Atalante répond à jissé
          Illusionnée
          • Posté à 14h47 le 26/12/2007
          • Internaute 24533
            Illusionnée

          Pas sûre que les prostituées de la Reeperbahn soient plus heureuses que les prostituées françaises, mais c’est vrai qu’au moins, en étant mélées à la foule, elles sont plus « en sécurité » que retranchées au fond d’une ruelle. Une visibilité accrue, c’est aussi une sécurité accrue..je crois.

          • jissé
            jissé répond à Atalante
            Ingé retraité
            • Posté à 15h32 le 26/12/2007
            • Internaute 23393
              Ingé retraité

            Sécurité, dans la rue ?
            Que nenni.

            Hambourg (il y a bien des lunes que je n’y suis pas passé).

            A portée de la main droite de la « pro » - en position allongée dorsale - le matelas cachait un interrupteur .. Que j’ai failli déclencher par inadvertance.

            Un seul coup de sonnette et un videur arrivait qui expulsait manu-militari l’hôte de « pas-sage », sans poser de question m’a expliqué mon hôtesse. (en « petit-nègre anglo-allemand).

            Par ailleurs fort sympa.

            A la fin m’a montré des photos d’elle (on ne peut plus “Koreckts”, prises en compagnie de sa famille et de son chien ....

            Incroyable ?
            Mais vrai.

            PS : C’était 15 D.M. ...

            On ne passe pas par Montélimar sans y acheter du nougat .. Alors ... à Hambourg ..

            “Cest à Hambourg,
            à Bornéo,
            à White-Chapel,
            Ou à Frisco,
            Dans les bordels,
            à matelots .. (Edith Piaf)

        2 autres commentaires
  • soi
    soi
    • Posté à 12h33 le 26/12/2007
    • Internaute 26128

    La prostitution n’a de raison d’être en l’état, s’il n’y a pas de « client ». Et ici, le stigmate de la prostitution s’étend de la prostituée au client : tout homme, quelqu’il soit, quelque soit sa volonté personnelle, son âge, son état civil est un client potentiel. Ainsi, la société patriarcale restreint considérablement l’autonomie de l’expression et du ressenti de la sexualité des hommes. Parce que la prostitution existe, les hommes se voient conditionnés à une sexualité où il leur faut être capables d’être « clients ».

    Ainsi, les prostitué-es et clients portent-ils le lourd poids du stigmate de la prostitution ?

    Que faire avec ce stigmate ?

    Les mots

    Les étymologies nous disent : « prostituer », mettre en avant, vient de « ester » du grec « histanai » : mettre debout. Le contraire est « restituer ». Nous pouvons y lire : le sexe, ou la non-valeur du sexe est mise en avant, ce qui permet au client d’« exister », c’est à dire se mettre « hors de soi ». Nous retombons dans le système patriarcal : « je me valorise en te dévalorisant », c’est-à-dire l’impossibilité d’être autonome dans la valorisation de soi. La sexualité sert de noyau pathologique à l’organisation de nos sociétés. Ceci est montré en filigrane dans un ouvrage « Le sexe de l’effroi » de Pascal Quignard (Gallimard), où l’on apprend qu’avec les Romains, la sexualité perd tout son aspect jouissif, vivant. Ainsi, entretenir la prostitution est entretenir la non-évolution de nos sociétés : personne ne peut se construire de façon vivante dans un tel mépris de l’humain. Comme un système « court » tout seul, nous assistons à l’expansion de la prostitution masculine, qui, sans doute et à cause de la non-volonté des politiques de remettre le système (patriarcal) en cause, ira en s’accroissant de façon fulgurante.

    A toute femme, à tout homme « collent » les qualificatifs : « prostitué » et « client ». Dans le système patriarcal toute femme est une pute. Penser que certaines sortiraient de cette définition est faux. Tant que le système patriarcal fonctionne, toute rhétorique, sémantique en dépend. Que la personne ne vende pas son corps pour survivre, elle sera toujours susceptible d’être considérée comme pute à un autre niveau. En ce qui concerne les hommes, ils doivent absolument être avec une femme qui ne soit pas une prostituée. Ils adoptent des comportements différemment codifiés, et peuvent toujours être perçus comme un « client potentiel », ce qui leur enlève toute crédibilité. L’illusion, qui fait carcan, est de faire croire que certaines sortiraient de cette définition, ce qui entraîne des contorsions rhétoriques et sémantiques qui divisent les femmes entre elles, les femmes et les hommes et les hommes entre eux.

    Les mots et la sexualité

    En raison de ces qualificatifs, la perception de la sexualité est faussée et tout le monde a fait cette expérience d’au moins une relation sexuelle de « complaisance ». Le conditionnement de la sexualité donne ceci : nous avons ce témoignage universel de relation sexuelle de « complaisance » tant pour les femmes que pour les hommes, emprisonnés tous deux dans les préjugés inculqués sur la sexualité des unes et des uns.

    En d’autres termes, par voie de prostitution, nous entrons dans le « théâtre patriarcal de la sexualité », dans « la mise ne scène patriarcale » de la sexualité où l’acte sexuel devient une « simulation » et où, donc, nous leurrons tous l’autre. Nous sommes alors « complices » des règles que l’on nous impose.

    La réalité qui est désignée « prostitution » n’est qu’un des degrés de ce leurre.

    Les mots, la sexualité, les politiques

    Le problème consiste dans la connotation très dévalorisante attribuée aux termes « prostitution », « prostitué ». Si nous admettons cette connotation très dévalorisante, nous permettons les jeux de la sémantique qui nous entraînent dans la stigmatisation.

    Au nom de quoi acceptons-nous cette connotation ? Au nom de quoi posons-nous un tel regard sur cette « mise en scène » de la sexualité ? Ne serait-ce pas en réponse à la volonté patriarcale de considérer la sexualité masculine comme très, très importante, au point de nous laisser aller dans ce labyrinthe où se verbalisent les horribles préjugés tels : les hommes ont des besoins sexuels particuliers, les prostituées sont des femmes vénales et vicieuses qui sont, pour la plupart, volontaires, qui va jusqu’à nous diviser par voie de stigmate ?

    Bien sûr la sexualité masculine n’est pas plus importante que la sexualité féminine et, il n’y a pas DEUX sexualités, il n’y en a qu’une : la sexualité humaine qui trouve une expression variée et propre à chacun.

    Il y a, par contre, le respect de son corps qui est dû à tout humain et RIEN ne peut justifier ce non-respect.

    Si le sexe était perçu comme une partie du corps dont il est tout aussi utile pour la santé de jouir au même titre que le reste du corps : les structures, services spécialisés dans la prise en charge des personnes, des femmes ou des hommes, en difficulté quant à leur sexualité seraient certainement banaux. Alors, la prostitution n’existerait pas. Le problème tient donc de la vigueur des actuels concepts de la sexualité et de la prostitution. Vigueur de la stigmatisation entretenue par la rhétorique et la sémantique patriarcales.

    En conclusion, je me permettrais ce propos : avec la connaissance des maisons de « dressage » où les futures prostituées subissent des mauvais traitements afin d’être « dociles » et toutes les informations connues actuellement sur la prostitution, leur impact foncièrement négatif sur la sexualité de l’ensemble de l’humanité, l’entière responsabilité des politiques est engagée. Face à la politique abolitionniste de la Suède qui s’effectue dans de bonnes conditions, où la « prostituée » n’est pas stigmatisée, les autres pays se montrent faibles et sans volonté, vénaux et inhumains, pro-esclavagistes. J’ajouterai qu’ainsi est encouragé l’expansion de l’exploitation de tous les humains : nous voyons bien l’extension de l’exploitation avec la prostitution des enfants, des jeunes hommes.... et entretenue une « atmosphère » sociale d’inégalité, de non-respect entre les humains

    « Psychologie de la prostitution », Interview de MAX CHALEIL, par Sporenda.

    Ainsi que tous les articles du site Sisyphe.

  • gébé
    • Posté à 12h49 le 26/12/2007
    • Internaute 8332

    je n’ai jamais été « consommateur » ! mon avis est donc tout théorique.
    Mais il faut bien reconnaître que puisqu’il y a de la demande - c’est à dire un homme prêt à payer pour faire l’amour, et ce n’est pas d’aujourd’hui - il y a de l’offre.
    Mais pourquoi continuer à pratiquer cela dans de telles conditions ?
    Cette loi Marthe Richard a fermé en effet les maisons closes, ce qui a été certainement dommageable, ne serait-ce que pour le confort personnel des prostituées.
    Donc comme dit ci-dessus, pourquoi donc ne pas en recréer, à l’instar des Eros Centers ?

  • GanLanShu
    GanLanShu
    http://shodavid.blog.lemonde.fr/
    • Posté à 12h51 le 26/12/2007
    • Internaute 10692
      http://shodavid.blog.lemonde.fr/

    Beau boulot, Zyneb...

  • thierry reboud
    • Posté à 13h44 le 26/12/2007
    • Internaute 20923

    Je tiens à remercier Zineb Dryef pour ce très bel article : ni larmoyant, ni graveleux, et surtout qui ne porte pas de jugement. Merci.
    Le plus beau commentaire serait sans doute « La Complainte des filles de joie » de Brassens, chantée par Barbara...

    Bien que ces vaches de bourgeois
    Bien que ces vaches de bourgeois
    Nous appellent filles de joie
    Nous appellent filles de joie
    C’est pas tous les jours qu’on rigole
    Parole parole
    C’est pas tous les jours qu’on rigole

  • Pierre-Yves Glare
    • Posté à 13h56 le 26/12/2007
    • Internaute 12361

    Ce serait bien que Rue89 fasse un reportage sur la prostitution occasionnelle étudiante. Aujourd’hui les étudiants ont de plus en plus de mal à se loger, à vivre dans les grandes villes etc...
    Donc nombreuses sont les étudiantes qui ont recours à la prostitution occasionnelle pour arrondir les fins de mois. Leur nombre est tel aujourd’hui que la prostitution dont vous parlez Rue Saint Denis me semble marginale. Leur vitrine n’est pas la Rue mais Internet, les sites de rencontre etc...

    • jissé
      jissé répond à Pierre-Yves Glare
      Ingé retraité
      • Posté à 14h25 le 26/12/2007
      • Internaute 23393
        Ingé retraité

      Je n’ai aucune info sur le cas d’étudiantes « dans la mouise », se prostituant via internet. (Pauvre France si c’est vrai, et j’aurais hélas tendance à vous croire)

      Par contre, il y a deux, voir trois dizaines d’années, j’ai connu qq femmes, par ailleurs fort bien insérées dans la vie socio-professionnelle, voir plutôt « favorisées », dont c’était le fantasme de le faire en ’occasionel’, bien avant internet et les sites de rencontres.

      Et sans attendre Catherine Deneuve et le film « Belle de Jour ».

      Une annonce « sybilline » publiée et domiciliée dans un journal gratuit était suffisant.

      Dans ces cas, rien de « sordide ».
      Cela commençait souvent par une première rencontre dans un restaurant ..

    • Atalante
      Atalante répond à Pierre-Yves Glare
      Illusionnée
      • Posté à 14h55 le 26/12/2007
      • Internaute 24533
        Illusionnée

      Je suggère à ce sujet un reportage à .. Aix en provence (qui l’eût cru !) ; la prostitution étudiante y est plutôt developpée, sous couvert de « cadeaux » : ainsi telle étudiante vivant en cité U roule en mini cooper, tandis que sa copine paie ses frais d’inscription dans l’ecole X grâce à la « générosité » de son amant -marié, ça va de soi-.. Un système assez developpé, qui fait plutot peur. Pas rare de se voir proposer un « studio » gratuitement, un « job », etc, en echange de bontés plus ou moins suivies !

  • sinclair
    • Posté à 14h18 le 26/12/2007
    • Internaute 2580

    Cela n’existe pas en effet la loi Sarkozy a définitivement réglé ce triste problème beaucoup d’émission TV et article de journal y a été consacre. Cet article n’a donc pas lieu d’être. On ne va pas encore pondre une loi pour quelque chose qui n’existe pas.

    C’est interdit réglé et point. La loi est enfin passée

    • jissé
      jissé répond à sinclair
      Ingé retraité
      • Posté à 14h59 le 26/12/2007
      • Internaute 23393
        Ingé retraité

      A quand une loi Sarkozy pour vous enjoindre, avant qu’il ne soit trop tard, d’apprendre l’orthographe, l’accord des adjectifs et la grammaire ?

      Alphonse Boudard (éduqué, lui, dans une bonne « maison ») aurait du vous donner des cours particuliers !

      Lisez le, avant de disparaitre.

      • tranquille
        tranquille répond à jissé
        • Posté à 16h44 le 26/12/2007
        • Internaute 20946

        A part 3 « s » et un point, je ne vois ce que vous pouvez lui reprocher...

  • A déménagé le 13-10-2012
    • Posté à 17h03 le 26/12/2007
    • Internaute 19357
      non connue

    Là , bien sûr , nous ne parlons pas de la prostitution de haut vol avec call girls et oreillers garnis dans les grands hotels ! !
    Nous parlons de la petite prostitution ,celle qui permet par exemple a des personnes handicapées (de la vie ou autre) d’avoir une vie sexuelle même si elle est tarifée ! ! !
    Les bons bourgeois aidés par les politiciens certainement démocrates chrétiens avec leur morale élastique ont fait fermer les bobinards mais ils n’ont fait que déplacer le problème sans penser à ceux qui ont besoin de cette forme d’amour .

  • manu2005
    manu2005
    Afghanistan,Lybie, la france (...)
    • Posté à 17h28 le 26/12/2007
    • Internaute 1805
      Afghanistan,Lybie, la france (...)

    Le problème est justement la « démonisation ».
    On en parle parce que « sexe ».
    Mais, bien des gens se prostituent tous les jours, pour une bouchée de pain : sur les chantiers, les usines, ...
    On vend notre force de travail (parfois « physique »).
    Et cela, parfois (souvent), en avalant notre fierté.
    On vend nos bras, notre tête, mais notre cul, c’est mal...
    Attention tout de même : les maison d’abatages, sont à la prostitution, ce que l’esclavage est au boulot considéré comme « normal ».
    Le problème est là : sur beaucoup de sujets d’ailleurs : le consentement.
    Si on force les gens, c’est de l’esclavage.
    Sinon, si vous êtes belle, mais pas très manuelle ni intellectuelle, ou si vous trouvez ça plus « facile », en quoi est-ce pire de vendre son cul, plutôt que ses bras ou sa tête ?

    Et Sarko condamne…. Sans doute comme BolDeFer condamne les gens qui abusent des HLM…

  • Vincent.Guillot
    • Posté à 18h41 le 26/12/2007
    • Internaute 26182

    Bonsoir à toutEs,

    Non chèrEs posteuSEs, la prostitution n’est pas interdite en France, elle n’existe pas, c’est tout. On peut donc se prostituer légalement puisque cela n’est pas interdit. Seul le proxénétisme est interdit (encore heureux !).

    Par ailleurs, faute de chercher plus loin que sur TF1 ou autre média de masse (de M....) vous nous resservez les pires systèmes, que ce soit l’Allemagne, les Pays-bas ou même en Suède où la situation est catastrophique depuis la pénalisation des clients (proxénetisme dur, travaille sur des ferry dans les eaux internationales...).
    En fait les travailleuses du sexe sont organisées et ont tenues leurs assises ce printemps à Paris. Ce qu’elles revendiquent c’est le statut de travailLEUSES libérales (comme les infirmierEs, les kiné...). Ce statut existe et fonctionne tout près de chez nous, en Suisse. Il a l’avantage de permettre l’accès aux droits sociaux, de se payer si le besoin s’en fait ressentir un videur, bref d’effectuer pour ceuLLES qui le veulent leur métier dans de bonnes conditions. Par contre, il va de soit qu’il faut combattre plus que jamais le proxénétisme, qui actuellement du fait de la loi sur la sécurité intérieur est galopant, sous la forme notamment du proxénétisme immobilier.

    Cordialement

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  • Succédané
    Succédané
    Qui n'est pas mais pourrait l' (...)
    • Posté à 19h21 le 26/12/2007
    • Internaute 13938
      Qui n'est pas mais pourrait l' (...)

    Rue St Denis s’affichent toutes sortes de misères, misère sexuelle des clients, misère tout court de certaines prostituées n’ayant que ce moyen pour vivre, misère des violences proxénètes.
    Le raccolage passif ne frappe que ces femmes, a-t-on souvent vu des arrestaions, des jugement de proxénètes ? où sont ils ? quels autres services pourraient ils rendre pas ailleurs pour qu’on les laisse agir ?
    Si la relation est librement consentie entre deux adultes, où se trouve le « mal » ? A force de diaboliser le client qui ne viendrait assouvir que des bas instincts on arrive à dire que ces femmes sont considérées comme de véritables bêtes de somme et de là à dire qu’elles ne pensent pas et sont incapables d’émotions il y a un qu’un pas qu’il ne faudrait pas franchir. Les clients viennent chercher quelques minutes d’égarement pour avoir l’impression qu’ils sont comme tout le monde et qu’une femme peut leur donner l’impression de les aimer.
    Mais que dire de ce « tout le monde » qui force sa jeune bonne à des relations extra conjugales, viole sa propre épouse, tripote ses propres filles ? . Cela se passe sous son toit et ne regarde personne, il ne fait pas partie de ces pervers qui traînent rue St Denis...

  • daniele
    • Posté à 20h48 le 26/12/2007
    • Internaute 22776

    je n’ai pas de solutions,mais elles seules peuvent dire ce qui conviendrait le mieux pour exercer leurs « offices » en toute sécurité. j’avoue avoir du respect pour ces femmes,et les trouvent courageuses faces aux déjantés qu’elles rencontrent,le mepris des ames bien pensantes alors qu’elles soulagent leurs maris de leurs fantasmes.

  • RueSt-Denis
    RueSt-Denis
    Compresseur de drapeaux
    • Posté à 11h45 le 27/12/2007
    • Internaute 22293
      Compresseur de drapeaux

    Mais grand dieu, quand donc la gauche saura-t-elle enfin faire entendre une voix claire et progressiste sur ce sujet de la prostitution qui enrhume tant Madame Royal ? ?

    Vivant parmi ces « dames », j’avais effectué l’an passé un mini-sondage sur leurs intentions de vote à la dernière présidentielle...
    Résultat : mes chères voisines de palier ont majoritairement porté leur choix sur le roitelet bling-bling qui nous gouverne aujourd’hui plutôt que sur la première femme en mesure d’accéder à ce poste !
    Elles ont préféré l’hypocrisie et le cynisme qui les raquettent à intervalles réguliers depuis la loi Sarkosy sur le raccolage passif de 2003 (3750 euros d’amende = 75 passes à 50euros !) plutôt que la posture prohibitive de la candidate socialiste...

    Oui, m’sieurs ’dames ! Elles sont, pour la plupart, propriétaires du studio où elles travaillent, dûr et à heures fixes... Se payent les services d’un videur discret qui assure leur sécurité... Ont la conscience aiguë d’assumer un rôle de régulation hormonale et sociale auprès de certains de nos concitoyens désoeuvrés, côté coeur, côté sexe, ou bien les deux...
    Elles méritent bien évidemment respect et considération, mais surtout et enfin ! une attention bienveillantes des pouvoirs publics pour encadrer leurs conditions d’excercise.

    Hommes et femmes politiques, bougez-vous ! Secouez le cocotier de vos préjugés moraux ! Concentrez l’action des forces de notre police sur l’éradication des réseaux proxénètes (pour que cesse, entre autre, l’esclavage de ces jeunes africaines, mineures certaines, débarquées en grappe chaque week-end à la porte saint-Denis). Et le sordide sera ainsi chassé de la rue saint-Denis...

    Dans quelques jours s’ouvre la période gourmande de la galette... Comme chaque année, mes voisines et moi, nous tirerons ensemble les rois.

    • Compte supprimé le 3 janvier 3
      • Posté à 20h39 le 27/12/2007
      • Internaute 10904
        in angulo

      @ RueStDenis,

      A la relecture de votre post, que je trouvais au départ plutôt sympathique, m’est venu le sentiment que vous vous faites en réalité le porte-parole d’une certaine catégorie de prostituées, celles-là dîtes « traditionnelles », ayant pignons sur rue, aux revendications corporatistes bien connues et à la nationalité française, somme toute, souhaitée.
      L’irruption de la galette à la toute fin n’étant que la métaphore d’un pain-de-cul dont on sent bien à vous lire qu’on ne peut à l’infini en étrécir les parts.

      J’entends par-là que je sens vos copines, propriétaires de studios, assez peu enclines à partager la dite galette avec de nouvelles-venues-de-loin et sans papiers.
      Pour tout vous dire, que certaines d’entres elles aient voté Sarkozy m’étonne assez peu : ayant eu à souffrir, comme les autres, de l’ouverture du grand-marché à l’aube des années 90, sans doute les tradis se sont-elles prises à rêver d’un grand coup de karcher par là aussi et que la « loi Sarkozy » allait les débarrasser une bonne fois pour toutes de la concurrence jugée déloyale des étrangères venues d’Europe de l’Est et d’Afrique).

      Quelques mesures cosmétiques pour changer l’image de la pute tradi tel que : plus de Julot-casse-croûtes mais « des videurs discrets qui assurent notre sécurité ».
      Un habillage moral : « que NOTRE police éradique les réseaux proxénètes »... (toujours cette peur de la concurrence qui casse tellement l’ambiance... et les prix).
      Et la cerise sur le gâteau moral : « Pour que cesse l’esclavage de ces jeunes africaines, MINEURES pour certaines, débarquées EN GRAPPE... » (car c’est bien connu, les négresses, ça vit en grappe.)
      Bref, toujours la peur du nombre.
      Quant à l’âge des Africaines, ça peut faire sourire quand on sait à quel âge la plupart des tradis sont entrées dans la carrière...

      Autrement dit, comme dans la charte établie par France Prostitution il y a quelques années : derrière les bons sentiments, la ségrégation, derrière le code de bonne conduite, le rejet de l’autre.

      Les rédactrices de la Charte furent à l’époque très explicites à ce sujet : « Nous n’avons pas à devenir les porte-drapeaux du combat des sans-papiers ou des migrants ».
      Il me semble que c’est tout cela qui se cache derrière votre post, RueStDenis, une corporation franchement désemparée qui souhaite à toute force reprendre la main, fusse au prix de traques organisées par un Hortefeux et son président à la panoplie de proxo.

      • RueSt-Denis
        RueSt-Denis répond à Compte supprimé le 3 janvier 3
        Compresseur de drapeaux
        • Posté à 12h45 le 28/12/2007
        • Internaute 22293
          Compresseur de drapeaux

        Merci de votre réaction, Brogilo !

        Mais vous vous méprenez... Ou plutôt, si j’ai donné le sentiment de me faire le porte-parole de la corporation des putes « tradi », je corrige tout de suite ! Mes voisines ne sont pas mes copines, juste mes voisines et je n’ai aucune prise d’intérêts dans la bonne marche de leur commerce ! ! !

        Je vous rejoins sur le désemparement de cette « corporation » qui, du reste, n’en est pas une -leur solidarité corporatiste se limite à la défense de leur bout de trottoir ou quand l’une d’elles subit une agression... Mais pas sur les raisons que vous évoquez : leur commerce y est certes moins florissant qu’autrefois, c’est un fait, davantage dû à un apauvrissement de la concurrence qu’à son excès.

        En effet, toutes les mutations immobilières du secteur St-Denis sont, depuis quelques années, sous haute surveillance. En clair, une prostituée est dans l’impossibilité de se porter nouvel acquéreur d’un studio.

        Quant aux jeunes -voire vraiment très jeunes- africaines « débarquées » chaque week-end à la Porte saint-Denis, elles ne sont jamais moins d’une dizaine, se tiennent serrées les unes aux autres et raccolent avec une extrême insistance le passant, soumises qu’elles sont à faire du chiffre, puis ramassées en fin de nuit. Il s’agit très clairement de réseaux organisés... Je vous invite à vous rendre sur place et en juger par vous-même ! C’est assez édifiant.

         
        • Compte supprimé le 3 janvier 3
          • Posté à 20h51 le 28/12/2007
          • Internaute 10904
            in angulo

          Merci pour l’amabilité de votre réponse, RueStDenis.

          J’ai cru bon étayer mon propos précédent par des allusions à l’association « France Prostitution » ou le collectif « Hétaïra en colère », les deux ayant rédigé, aux alentours de 2002, une sorte de « Charte de bonne conduite » qu’ils faisaient ensuite signer à leur adhérent(e)s avec une série d’articles tels que :

          -« L’offre des services prostitutionnels doit faire preuve d’une certaines discrétion en évitant tout propos et/ou attitudes agressifs, violents, menaçants (...) de nature à troubler la sécurité et la tranquilité publique ».

          Mais aussi tels que :

          -« Toute personne prostituée exerçant en local ou véhicule aménagé doit en être propriétaire ou locataire en son nom propre ».

          (Ce qui interdit de facto l’exercice de la profession à des personnes sans titre de séjour).

          De son côté, « Hétaïra en colère » ne fut pas en reste :

          « Notre collectif avait préconisé une absence d’activité prostitutionnelle pour les personnes étrangères munies de visa touristique ou en attente de régularisation. Cette recommandation n’est pas liée à un rejet de notre part de nos camarades étrangères mais à une volonté de les protéger des activités criminelles des réseaux internationaux de prostitution ».

          Ou :

          « Toute femme exerçant cette activité doit le faire en toute connaissance. Il est bien entendu qu’une femme mineure ou jeune adulte ne dispose pas d’une maturité suffisante pour gérer son activité prostitutionnelle ».

          Vous avouerez qu’il a là quelques similitudes avec les thèmes par vous évoqués.

          S’ajoute à cela le fait que je suis resté très marqué par la lecture d’un bouquin imbécile de Amély James Koh Bela intitulé :

          La prostitution africaine en Occident
          Vérités-Mensonges-Esclavages
          Sexe.Drogue et Crimes, la face cachée de la r prostitution des Africains en Europe.

          dont la déplorable facture doit plus au Grand-Guignol qu’à une analyse sereine des faits. Alors, quand j’ai lu : « des mineures africaines, par grappes »... j’ai pensé : ça y est, c’est reparti...

          Mais vous avez raison, j’irai voir.

          Sinon, je vous souhaite, à vos voisines et à vous-même, une excellente galette et d’heureuses fêtes de fin d’année.

          Merci encore pour l’éclairage.

        1 autres commentaires
  • Vincent.Guillot
    • Posté à 17h22 le 27/12/2007
    • Internaute 26182

    Ben pour ma part, mes soeurs trans’ putes et sans papier m’exhortaient à voter Royal, malgré son programme pire que celui de la droite au sujet de la prostitution. SeulE Bové (nous avons interrogé toutEs les candidatEs) à su changer son programme suite à notre intervention. Il faut dire que le Sous Commandant Marcos à déclaré devant lui : Les luttes les plus proches des notres sont celles des prostituées, des trans’ et des sans papiers !