Deux ans à la découverte de ces murs qui séparent les hommes
(De Sanaa)
« Des Murs entre les Hommes » nous place au pied de ces frontières de béton, de fils et de chicanes qui séparent, partagent, isolent, cadenassent et qui enflamment. Nous sommes au pied des monuments par l’image et par les mots. Certaines de ces frontières jouissent d’une belle et triste réputation, proportionnelle à la place que leurs concepteurs occupent dans le champ médiatique.
Une renomée proportionnelle aussi à la spirale des enjeux stratégiques qu’ils animent : Israël-Palestine, Corée... Les autres sont devenues de cruelles évidences dans la quotidienneté bouleversée de ceux qui les subissent.

Du Sahara occidental au Pakistan, des Territoires palestiniens à la Corée, de Tijuana au Cachemire, le voyage d’Alexandra Novosseloff et de Frank Neisse aura duré deux ans. Deux années de rencontres pour parler de ceux qui organisent leur vie autour du concept de séparation, pour illustrer les proportions de ces parpaings, fils électriques et autres dispositifs électroniques chaque fois plus savants. Le récit d’Alexandra Novosseloff, chercheur associée au Centre Thucydide de l’Université Panthéon-Assas (Paris II) :
« Ligne verte », « lignes de la paix », « Barrière », « Grillages de protection », « Mur électrifié », « Clotûre de sécurité », « Barrière de séparation »... Derrière la trouvaille du mot, le mur reste cette expression de la protection de « mon » territoire opposé à l’autre, voisin ignoré ou craint.
Au-delà de la synthèse géopolitique que constitue aussi l’ouvrage, ce périple est d’abord une rencontre avec ceux qui, dans la résignation ou la mobilisation, ont fait du Mur « leur » Mur : leur verrue apprivoisée et défiée, leur squatteur jaugé à chaque réveil.
► Des Murs entre les Hommes d’Alexandra Novosseloff et Frank Neisse (La
Documentation française, 211 pages, Paris, novembre 2007).
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La preuve de vie de Roméo Langlois, bientôt libéré par les Farc ? 








Il est certes d’une grande tristesse de constater à quel point l’homme, depuis qu’il est doté de raison (et peut-être même avant, si l’on observe le comportement des animaux) est stupide et égoïste au point de se protéger de « l’autre », sous le prétexte que cet autre serait la cause de tous ses malheurs, existants ou potentiellement à venir.
Alors bon, autour d’un territoire donné, un groupe monte une barricade, dont le franchissement n’est autorisé que sur des critères précis, et rigoureux. Et quiconque tenterait de la forcer s’expose à des jours bien funestes. Il en a toujours été ainsi, et ce n’est pas près de cesser.
Est-ce une incontournable fatalité ? Je ne sais pas. Mais, tout en le regrettant, et en espérant le jour où l’être humain aura compris que la planète appartient à tous ses habitants sans exclusion, j’observe la porte de ma maison, qui compte plusieurs cadenas, et dont je ne permets l’accès qu’à des gens que j’ai choisis, sur des critères qui me sont propres et n’ont rien d’universel…pourtant, de l’autre côté de cette porte, il y a aussi des gens qui meurent de froid. Mais bien sûr, ce n’est pas de ma faute, ce n’est pas à moi de régler le problème, donc mes cadenas restent en place, et merci.




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