10/06/2007 à 14h35

Plan Colombie : Washington planque la coca sous le tapis

Arnaud Aubron | Les Inrocks (et ex-Rue89)


Le plus intéressant dans les statistiques qu’établit chaque année l’administration américaine sur la production de coca en Colombie, c’est la manière de les présenter. Ou de ne pas le faire. Lorsque les chiffres sont à la baisse, comme c’était plus ou moins le cas jusqu’en 2005, le tzar antidrogue américain convoque les caméras tout sourire, schémas à l’appui (voir ci-dessous) pour expliquer que les cinq milliards de dollars dépensés par les contribuables pour financer depuis 1999 le Plan Colombie (aide militaire à Bogota pour lutter contre la cocaïne) portent leurs fruits. Mais lorsque la production grimpe, circulez journalistes, il n’y a rien à voir. Ce qui est le cas cette année.

« Statistiquement, il n’y a pas eu de changement dans les quantités de coca cultivées entre 2005 et 2006 », apprenait-on ainsi lundi 4 juin dans un communiqué de presse discrètement mis en ligne par les bureaux de John Walters, susdit tzar. Pourtant, lorsque l’on regarde quelques lignes plus bas, les chiffres semblent dire tout autre chose : les cultures de coca auraient progressé de 9% pour atteindre 157200 hectares. Stupeur et tremblements. Comment expliquer cette différence ? « La superficie de territoire évaluée en 2006 est de 19% supérieure à celle évaluée en 2005, et presque toute l’augmentation de production constatée l’a été dans cette zone nouvellement évaluée. » Ainsi, il n’y aurait pas plus de coca mais on l’aurait simplement mieux cherchée. Pour cinq milliards de dollars, c’est la moindre des choses...

Deux détails frappent pourtant. D’abord, le communiqué de presse de l’ONDCP (Office of National Drug Control Policy) ne s’aventure pas à comparer les chiffres à superficie égale, ce qui avait pourtant été fait l’année dernière pour expliquer là-aussi que malgré la hausse des chiffres, la production continuait en fait à baisser... Ce qui signifierait donc, autre détail qui coince, que les chiffres précédents étaient faux. Pourtant, en 2004, Walters triomphait jusque sur son blog en présentant ces mêmes données, alors censées expliquer à elles seules tout le génie de la politique américaine en Colombie. On omettait bien de préciser à cette époque que les surfaces évaluées ne représentaient même pas la moitié de la superficie totale du pays. Cette année, John Walters ne semble même pas avoir jugé utile d’ouvrir le débat avec les internautes.

« L’ONDCP se concentre sur les bonnes nouvelles, comme les baisses [de production de drogue] à court terme et ignore les mauvaises nouvelles. Il présente de façon sélective les statistiques qui lui sont favorables et affirme parfois des choses totalement fausses », regrettait début juin lors d’un colloque du Cato Institute le professeur Robinson, coauteur de « Mensonges, sacrés mensonges, et statistiques de la guerre contre la drogue ».

A l’arrivée, après sept ans de recours encore accru aux fumigations, aux opérations militaires, aux arrestations et extraditions, la production de cocaïne colombienne, elle, se porte bien. Quant au Plan Colombie, les démocrates, majoritaires au Congrès, ont menacé cette semaine de l’alléger sensiblement.


Tableau de production de cocaïne publié en 2005 par l’ONDCP. Etrangement, depuis, il n’a pas été remis à jour. Un hasard probablement.


Chiffres ONDCP publiés en 2005 

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  • olivier p
    olivier p
    face à la mer
    • Posté à 18h04 le 11/07/2007
    • Internaute 625
      face à la mer

    Article paru dans l’édition Le Monde du 10.07.07

    « En Colombie, les paysans font échec à l’éradication des plants de coca
    Pour contrer l’épandage d’herbicide, des espèces plus productives ont été développées et des techniques de protection des champs mises au point “

    ‘ À croire que plus on en élimine et plus il y en a. (...) Quand le plan Colombie a été lancé, on nous a dit qu’il permettrait de réduire de moitié les quantités produites ’, s’agaçait récemment le sénateur démocrate américain Patrick Leahy. Cinq ans et 5 milliards de dollars plus tard, rien ne permet de penser que l’objectif sera atteint. Et le prix de la cocaïne tend même à baisser dans les rues de New York.
    Selon les chiffres du programme global de surveillance des cultures illicites de l’ONU, il n’y a plus ‘ que ’ 78 000 hectares de coca dans le pays, 9 % de moins qu’ en 2006. (...) La baisse des surfaces cultivées en Colombie s’est accompagnée de leur hausse au Pérou et en Bolivie. L’ensemble de la région produit aujourd’hui plus de 900 tonnes de cocaïne par an.”

    “ SANS ÉTATS D’ÂME ”

    L’illégalité rend créatif. Des variétés plus productives ont été développées, permettant d’augmenter les rendements. Dans certaines régions, les narcotrafiquants obtiennent cinq récoltes par an. Les paysans ont mis au point des techniques pour minimiser les conséquences de la répression aérienne.

    (...) “ Les narcotrafiquants n’ont aucun intérêt à augmenter l’offre de drogue au-delà de leur capacité d’écoulement, explique l’un d’eux, Francisco Thoumi. Le marché régule la production, autant, voire mieux, que la lutte contre les stupéfiants .” » (...)

    • olivier p
      olivier p répond à olivier p
      face à la mer
      • Posté à 22h04 le 11/07/2007
      • Internaute 625
        face à la mer

      « Herbicides anti-coca : l’Equateur va porter plainte contre la Colombie
      AFP 11.07.07 | 16h19 »

      « L’Equateur va porter plainte auprès de la Cour internationale de Justice contre la Colombie au sujet des traitements chimiques utilisés par Bogota sur la zone frontalière pour détruire les cultures de coca, a indiqué mercredi le président équatorien en visite à Madrid. “Nous allons présenter une demande auprès de la Cour Internationale de Justice de La Haye parce que les dommages causés (par ces traitements, ndlr) sont terribles, avec des cultures détruites, des maladies, et même on suppose des morts”, a déclaré le président équatorien Rafael Correa. M. Correa a qualifié ces traitements contre la culture de la coca, menés par Bogota dans le cadre du Plan Colombie pour combattre le narcotrafic, “d’abus, d’aggression de la part de la Colombie”. Toutefois, la Colombie reste un “pays ami” et les relations de Quito avec le président colombien Alvaro Uribe sont bonnes “mais entre frères, il peut y avoir des abus”, a encore observé le président équatorien. Selon le rapport d’une commission d’experts équatoriens, les traitements chimiques réalisés par avion des cultures de coca, avec l’utilisation d’herbicide, sont cancérigènes et affectent l’environnement. “Lorsqu’ils bombardent avec de l’herbicide la frontière, beaucoup de ces produits passent chez nous”, a expliqué le président équatorien ajoutant que son pays “utiliserait tous les moyens à sa portée pour arrêter cette agression”. “Cela fait sept ans qu’ils traitent et les effets à la frontière nord (de l’Equateur) sont désastreux, il y a des villages détruits, des cultures détruites, des terres stériles, des maladies et il faut que la Colombie soit responsable de tout cela”, a ajouté M. Correa. “

  • dulconte
    dulconte
    Mordu par un fachogarou
    • Posté à 19h51 le 10/06/2007
    • Internaute 250
      Mordu par un fachogarou

    Il serait intéressant d’arrêter de voir la culture de la feuille de coca uniquement du tout petit bout de la lorgnette cocaïne.
    La cocaïne est produite quasi exclusivement pour l’Europe et les USA. En Bolivie, Pérou et au nord de l’Argentine (pour les pays que je connais),la feuille de coca est consommée en infusion ou mastiquée.
    Ses propriétés sont d’ailleurs assez étonnante, augmentation de la résistance physique (les mineurs sont toujours de grands consommateurs de la feuille afin de supporter leurs épouvantables conditions de travail et à l’altitude), aide contre le mal de l’altitude, elle est riche en protéine et en vitamine.
    Les Indiens l’ont utilisée pendant des milliers d’années pour ses vertus et les Incas l’utilisaient comme anesthésique pour des opérations comme des trépanations.
    Mais au final c’est à eux de payer pour une production qui ne sert en fait que dans nos pays : la cocaïne.
    Quand je vois cette guerre de la coca financée par les USA je ne peux m’empêcher de faire le même scénario, sauf que je remplacerai par exemple les USA et la Colombie par disons l’Arabie Saoudite et la France et la coca par l’alcool...
    Dans un usage rationnel, la feuille de coca me semble avoir bien plus de vertus et dans l’excès les même défauts que l’alcool.

    • Anonyme répond à dulconte

      Vous avez raison, cette feuille a ses vertus, mais (d’un point de vue rationnel) on ne pourra pas légaliser la consommation de coca en croyant naïvement qu’elle sera consommée uniquement à des fins thérapeutiques ou médicales.

      Le Plan Colombie est évidemment inefficace, c’est rien de le dire, il y’a un manque réel de soucis politique (paradoxal vu le soutien financier apporté) de la part du gouvernement américain. A quand un plan Européen pour concurrencer son homologue américain ?

      • dulconte
        dulconte
        Mordu par un fachogarou
        • Posté à 03h34 le 11/06/2007
        • Internaute 250
          Mordu par un fachogarou

        L’usage normale de la feuille de coca est bien plus vaste qu’un simple usage thérapeutique ou médicale, elle est utilisée fréquemment dans l’alimentation. La feuille est très riche en éléments nutritifs. Et un maté de coca quand le froid commence à descendre sur l’altiplano est bien plus agréable qu’un thé ou un café.

        Mon questionnement n’est pas non plus sur l’usage que l’occident va faire de cette feuille et cet usage ne devrait pas être le problème des peuples de l’Altiplano. Ce ne sont pas les Incas ou leurs descendants qui ont inventé et qui utilisent la cocaïne, mais les occidentaux. Aujourd’hui en Colombie principalement mais aussi dans d’autres pays , on fait la guerre à la feuille de coca pour protéger les occidentaux contre leurs vices.

        Où est la logique là-dedans ? Si on regarde bien tous les peuples ont développé un ou plusieurs produits qui permettent de perdre le contact avec la réalité, l’alcool en occident, le canabis des pays arabes en passant par l’Inde, le Pakistan ou le Népal, l’opium en extrême-Orient etc.

        Les ravages de l’alcool sont à mon avis bien supérieurs à ceux de la cocaïne, mais c’est notre drogue sociale et personne n’envisage un instant d’arracher les vignes de Bourgogne car l’on pourrait produire de l’alcool à 99% (avec les vignes du Clot Vougeot par exemple) qui détruira rapidement un individu qui en boirai un litre par jour. Par contre on trouve tout à fait normal d’aller détruire des milliers d’hectares de feuilles de coca car on pourrait, pour la consommation des occidentaux (je me répète), produire une drogue très puissante avec. Où est la logique ?
        Il n’y a de production de cocaïne que parce que l’occident est consommateur !

         
        • Anonyme répond à dulconte

          Si l’on reprend votre argumentation, n’oubliez pas que la vigne produit du raisin, fruit que l’occidental consomme également de manière très régulière. Et que ce n’est pas parce que certains en font de l’alcool, blablabla...
          Autant je suis d’accord avec vous sur le côté « ne pas confondre coca et coke », autant l’amalgame avec l’alcool me semble déplacé.
          Comme vous le dites, la cocaïne est une drogue très puissante, et il suffit de peu pour qu’elle ait un effet addictif. Bien moins en tout cas que d’alcool. La grande différence, c’est que la coke est une drogue et rien d’autre alors que le vin (ou d’autres alcools) peut être, lorsqu’il est consommé « avec modération » (pour reprendre les clichés) peut devenir un plaisir gastronomique, sans être en rien une « drogue sociale ».
          Le plus ennuyeux, dans tout ça, c’est cette tendance dialectique qui veut que pour défendre une idée, on se sente obligé de lui opposer une autre idée. Si votre argumentation sur la coke et la coca, ce que je pense, tient la route, pas besoin de chercher un « ennemi », elle se suffit à elle-même.

          • Anonyme

            Faux : l’alcool est une drogue

          • dulconte
            dulconte
            Mordu par un fachogarou
            • Posté à 16h02 le 11/06/2007
            • Internaute 250
              Mordu par un fachogarou

            Vous suivez exactement mon argumentation, l’alcool à 90 est extrêmement destructeur, le raisin est excellent pour la santé et le vin est évidemment un grand bonheur avec un bon repas, mais comme qui dirait à consommer avec modération.

            On retrouve les 3 états de la coca, la feuille non traitée, en maté par exemple, qui excellente pour la santé et délicieux. La coca mastiquée avec des produits bicarbonatés, qui produit de très faible quantité de l’agent actif de la coca, augmente la résistance physique, contient la faim et peut devenir dangereuse à très haute dose. Pour finir la cocaïne sniffée ou injectée a les effets destructeurs que l’on connaît. Il n’y a pas de différence fondamentale avec les 3 étapes du vin et des alcools en général. La seule différence, la 3ème étape du raisin est elle interdite de production et ne peut s’obtenir que sur ordonnance en Pharmacie.

            Si on parle de drogue l’alcool est une des rares drogues dont le manque peut-être mortel.
            Je ne fais pas une campagne contre l’alcool, j’adore le bon vin ou une bonne bière, mais je trouve affligeant que l’on interdise une feuille qui après transformation chimique très importante devient dangereuse alors qu’on ne se pose évidemment pas la question sur le raisin.

            Je ne suis absolument pas pour légaliser des drogues comme la cocaïne, mais pour que les producteurs locaux puissent produire tranquillement pour une consommation locale, pour un usage local et pourquoi pas imaginé que l’on ait en Europe, le choix de boire un maté de coca en lieu et place d’un thé ou d’un café.

            D’autre part, s’il y avait réellement une volonté de faire baisser la production de coca, il faudrait permettre aux paysans de vivre correctement d’autres cultures que la coca, la banane, le café ou le quinua par exemple. Cela implique que les prix d’achat de ses produits aux producteurs soient acceptable, ce qui n’est aujourd’hui en général pas le cas. Demandez à un paysan s’il préfère produire de la coca en risquant tous les jours de se faire tuer par les narcotrafiquants ou l’armée, en gagnant le minimum pour vivre ou s’il ne préfère pas produire tranquillement des bananes, des cafés ou tout autres produits légaux, sans risque permanent pour sa vie !

            Dernier petit point, la feuille que l’on utilise pour la production de cocaïne n’est pas la même que celle que les Indiens consomment, car elle est trop dure à mastiquer, n’y aurait-il pas un moyen de contrôler les feuilles productrices de cocaïne et les autres, mais pour cela la feuille doit être légale.

        3 autres commentaires
  • Anonyme

    Le Plan Colombie ne s’intéresse que peu à la drogue : c’est de la poudre aux yeux. (Facile !)
    Une p’tite base par-ci (Tres Esquinas, au sud), 5 ou 600 militaires US par-là, de nombreux contractuels non-militaires (Sté DynCorp p.ex.) supposés enfumer les plantations de coca, qui servent de conseillers et enfin la situation géographique, tout cela permet d’avoir un oeil sur Equateur, Vénézuela, Pérou, Bolivie.

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron
      Auteur(e) de l'article Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 11h28 le 11/06/2007
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Entièrement d’accord sur ce point. Ce qui est d’ailleurs assez significatif de l’instrumentalisation de la politique des drogues par Washington depuis maintenant plus de trente-cinq ans.

  • Anonyme

    que 5 milliards de dollars, c’est pas cher payé la base stratégique.... surtout quand on s’arrange pour en laisser passer la moitié et pouvoir continuer l’année suivante.

  • Job
    Job
    • Posté à 16h34 le 11/06/2007
    • Internaute 9860

    Bientôt un Plan Mexique ?

    Un membre du Congres americain a recemment declaré que le Mexique avait demandé un plan similaire a celui de la Colombie :

    Lien

    Bien evidemment, cela a ete vigoureusement dementi par l’administration mexicaine (les electeurs mexicains ne l’accepteraient pas), tout en reconnaissant que la part de l’aide americaine va croitre dans le budget anti narco. Je pense qu’un Plan Mexique est assez plausible : la guerre qui a commencé il y a quelques mois contre les cartels ne tourne pas vraiment a l’avantage de l’armée mexicaine. Les soldats ne sont pas bien formes (voir article sur rue89 il y a quelques semaines), et les ressources des cartels sont immenses. Affaire a suivre, donc.

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à Job
      Auteur(e) de l'article Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 00h07 le 12/06/2007
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      C’est la première fois que j’entends cette éventualité évoquée, mais elle est séduisante. Le hic, ce serait pour Washington et Mexico d’assumer publiquement que la situation au Mexique est hors de contrôle. A un jet de pierre des Etats-Unis.

    • Anonyme répond à Job

      C’est pourtant bien vrai, mais il ne faut pas dire « plan Colombie » c’est un gros mot. On peut dire « assistance des Etats-Unis » et ça concernera toute la région centroaméricaine pour ne pas trop montrer que c’est le Mexique qui pose problème.

      En fait Calderon ne s’en sort pas et c’est mal barré s’il échoue là-dessus, vu que c’est la « priorité n°1 du gouvernement » et qu’il a mis un budget conséquent dans cette lutte. L’autre élément important c’est que le gouvernement sait que les Mexicains ne seraient pas forcément contre une assistance des Etats-Unis. Sortis de quelques gauchistes qui vont hurler à l’« ingérence », la population en a marre de payer pour les fumeurs américains. Et se prendre les balles des narcos armés aux Etats-Unis. Mais les détails du plan exact ne sont pas sortis (c’est un sénateur américain qui a révélé une réunion récente de la crème de la lutte anti-drogue des Etats-Unis, Mexique et pays d’Amérique centrale).

      Par contre, le plus inquiétant dans l’affaire, c’est que l’Armée est auteure de multiples violations des droits de l’Homme et que la population civile en fait les frais. Genre assassinat d’une famille le 1er juin, alors qu’elle rentrait chez elle ou l’opération de représailles qui suit la mort des cinq militaires le 1 mai, a donné lieu à des « arrestations massives et aléatoires, l’emploi de la torture et le viol de quatre mineurs. La majorité ont été frappés et drogués », selon José Luis Soberanes, président de la Commission nationale des droits de l’Homme, qui a reçu 52 plaintes.

      Anne, journaliste au Mexique

  • Anonyme

    Bonjour a tous,

    Pour info, pas besoin d’aller de l’autre coté de l’Atlantique. Nous avons exactement le meme problème en europe sur le trafic de stupéfiants (subvention du Riff marocain, impossibilité d’evaluer la production, la consommation, tout au plus une estimation selon les douaniers... et encore !) A coté de ca, politique du tout répressif qui est totalement inefficace...

    On ne prouve QUE ce que l’on a envie de prouver et on fait bien dire aux chiffres ce que l’on a envie de le faire dire.

    Continuons la politique de l’autruche !
    Ne regardons surtout pas la réalité en face : mieux vaut regarder la misère du monde au travers de son petit écran...

    Vive Nous quand même !

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron
      Auteur(e) de l'article Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 00h03 le 12/06/2007
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Loin de défendre la politique française en la matière, il y a tout de même, si je puis me permettre, une différence de taille : il n’y a pas, à ma connaissance, de guerre civile en cours au Maroc. Et quoi qu’on pense de son action en matière de droits de l’homme, le gouvernement de Rabat n’est pas engagé dans une guerre ouverte financée sur fonds européens. Des militaires européens ne se battent pas de l’autre côté de la Méditerrannée.
      Tous ces éléments sont par contre bien présents en Colombie...
      Ceci étant dit, la situation est effectivement complexe au Maroc en ce qui concerne le hasch et la France n’y est pas sans responsabilité. De là à comparer avec la situation colombienne, il y a un gouffre.

      • Nettoyeur Inc.
        • Posté à 10h34 le 12/06/2007
        • Internaute 9912

        Hello Arnaud !

        Mon commentaire ne tendait pas a faire une comparaison politico-economico-militaire entre le Maroc et la Colombie, mais plutot a faire une comparaison entre politique Americaine et Francaise en matière de drogues.
        En effet, ces deux pays sont parmis les plus importants consommateurs de stupéfiants et pratiquent la meme propagande/désinformation.
        Action coup de poing/saisie extraordinaire...ce qui est rudement bizarre c’est que l’on attrape toujours les mules et jamais les gros bonnets...

        Sans vouloir philosopher, la question est surtout de savoir si l’argent possède un pouvoir d’attaction suffisamment fort pour détourner une personne du droit chemin (fermez les yeux !)

        J’espère simplement que notre Président ne possède pas de terrains pétrolifères !

  • Anonyme

    D’accord avec Klaus et Arnaud, le Plan Colombie anti-narco, c’est du flan pour justifier une présence militaire dans un sous-continent qui est la principale réserve planétaire de biodiversité et d’eau douce, sans parler du gaz et du pétrole, enjeux stratégiques s’il en est...

  • Anonyme

    Excellent article : je me suis autorisé à le reproduire avec liens dans L’Aviseur international (Lien) dans la catégorie « Drogue, narcotrafic et crime organisé ».
    Marc Fievet
    NS 55 de la DNRED

  • Anonyme

    Au dela de l’inefficacité totale du Plan Colombie, les fumigations pour eradiquer les plans de coca ont un impact terrible sur les populations locales. Le glyphosate produit génereusement par Monsanto est toxique pour les êtres humains. Les opérations de fumigations qui ne sont absolument pas precises contaminent les rivières et donc les populations. De nombreux temoignages d’enfants malades, problèmes cutanés .... C’est la lluvia del norte (la pluie du nord ) ...