A debattre 19/12/2007 à 22h13

Crise au Monde : toute la direction démissionne


Coup de tonnerre ? Ou coup de bluff ? Comme l’a annoncé mercredi soir le site du Nouvel Obs, le trio de tête du groupe Le Monde a présenté sa démission au conseil de surveillance. Pierre Jeantet, président du groupe, Bruno Patino, vice-président, et Eric Fottorino, directeur du quotidien, n’ont pas du tout apprécié le refus de la SRM (Société des rédacteurs du Monde) de voter le budget 2008 du Monde.fr. Refus annoncé dans la matinée par un mail envoyé aux rédacteurs. La direction a donc brandi la menace d’une démission collective pour imposer le plan d’économies voulu par les actionnaires.

Siphonner la trésorerie du Monde.fr ou le développer ?

Derrière cet argument, une réalité comptable et un partage des pouvoirs internes au groupe de presse. Commençons par les chiffres. D’abord un endettement massif -150 millions d’euros- résultat de la politique d’acquisition de Jean-Marie Colombani qui, en dix ans, a racheté tous azimuts (de Télérama au Midi Libre). Or, le tonneau des Danaïdes reste aujourd’hui le quotidien papier. Après des pertes de 4 millions d’euros en 2006, le journal devrait accuser un déficit de 5 millions cette année.

Cette situation commence à agacer les actionnaires. La nouvelle vache à lait du groupe, sa filiale interactive LeMonde.fr (propriété à 66% du groupe et à 34% de Lagardère), est donc l’objet d’un vaste marchandage. Certains veulent siphonner sa trésorerie, d’autres au contraire souhaitent miser à plein sur le développement de cette activité en pleine expansion. Le basculement des investissements publicitaires du papier vers les pixels est désormais chose acquise pour les actionnaires.

Tout cela dans une ambiance « un peu pourrie » de l’aveu de nombreux journalistes, masquant un vrai clivage entre les deux rédactions, comme le résume l’un d’eux :

« Il y a un débat à l’intérieur de la société des rédacteurs depuis longtemps. LeMonde.fr irrite un certain nombre de rédacteurs. Ils ont l’impression qu’ils utilisent la marque Le Monde pour faire des choses pas conformes à la marque. Ils ne respectent pas les prérogatives des journalistes du Monde, par exemple lorsqu’un rubricard voit apparaître sur le site des infos qui viennent d’agence. C’est un vieux contentieux qui amène une partie de la rédaction à trouver qu’ils bénéficient de conditions trop favorables. »

Lors du dernier conseil de surveillance, la mission assignée au trio directorial a été ainsi définie : prendre des « mesures afin de réduire les pertes en 2008 » et présenter un « ensemble d’actions visant à atteindre ultérieurement un équilibre durable ». En clair, il faut faire des économies, partout et par tous les moyens. Y compris en envisageant la mise en place d’un plan social ouvert aux 1600 salariés du groupe. Une perspective que la SRM est prête à accepter, mais pas à n’importe quel prix.

Objectif de l’opération : « faire sauter » la SRM

D’après un journaliste, l’objectif de la démission collective serait en réalité de faire sauter la Société des rédacteurs, détentrice d’un droit de veto sur la nomination du président du groupe :

« C’est un rapport de force qui s’est engagé. D’un côté, la direction veut faire exploser la SRM en la faisant désavouer par l’ensemble des salariés, quitte à lâcher un peu de leste sur le plan social. De l’autre côté, la SRM veut bloquer le budget, ce qui bloque également le financement du plan social et empêche pour l’instant les licenciements. »

Pour tous, cette crise est aussi la manifestation de la volonté farouche de l’actuel président du conseil de surveillance, qui sait par ailleurs ses jours comptés, de saborder la SRM. « Alain Minc cultive un puissant venin contre la SRM, parce qu’ils ont eu la peau de Jean-Marie Colombani et qu’ils veulent aussi l’éjecter. » La bête noire de Minc s’appelle Jean-Michel Dumay. Le président de la SRM est décrit comme « combatif » dans le bras de fer qui l’oppose à la direction. Minc veut obtenir la tête du journaliste. Résumé par un vieux routier de la rédaction, cela donne :

« La SRM les fait chier, en publiant par exemple les hausses de salaire qu’ils ont demandées pour 2008, alors même qu’il est question d’entamer un plan social. C’est inacceptable. En fait, c’est une affaire politique autour des questions suivantes : quelles sont les compétences du directoire et des actionnaires ? “

Dans le plan d’économies présenté par Pierre Jeantet, la direction n’a pas caché la perspective de recapitaliser le groupe. Ce qui, mécaniquement, diluerait un peu plus le poids de la SRM et de ses alliés, descendant alors sous la barre des 50%.

Ce jeudi, une Assemblée générale d’information doit permettre à la SRM de prendre le pouls de la base. Sachant que personne n’a intérêt à aller à l’affrontement. Si elle devient effective, la ‘démission collective’ aura lieu le 4 janvier 2008 à minuit, entraînant soit la nomination d’un autre directoire, soit d’un administrateur judiciaire. Mais aucun des protagonistes ne souhaite arriver à une telle extrémité. Comme le dit une fine plume : ‘Celui qui bouge le premier sera en position de faiblesse.’

Guillemette Faure, Julien Martin et David Servenay

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  • napakatbrax
    • Posté à 23h06 le 19/12/2007
    • Internaute 23966

    Des référendums ouverts au peuple, des votes ouverts aux salariés, voire même aux journalistes, maintenant ? ! Non mais on aura tout vu ! C’est quoi cette mode de tout faire voter par les gens d’en bas...

    Halte au sketch ! Sarkozy avait annoncé qu’il ne ferait pas voter la consitution par référendum, Minc & Co devraient s’en inspirer...

    Ouste !

     ; -)

    Lien

  • prisme
    • Posté à 22h26 le 19/12/2007
    • Internaute 25515

    Bonjour !
    Et vous , comment êtes vous organisés à Rue89 ?
    cordialement .

    • David Servenay
      David Servenay répond à prisme
      Ex-Rue89
      • Posté à 23h33 le 19/12/2007
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      De quel point de vue ?

      • prisme
        prisme répond à David Servenay
        • Posté à 11h28 le 20/12/2007
        • Internaute 25515

        Et bien : avez - vous une société de rédacteurs , qui décide de la ligne éditoriale , avez - vous des actionnaires ( warf !) ce genre de choses... Comment les journalistes de Rue89 se sont garantis leur liberté rédactionnelle ?
        Peut - être y a t-il déjà un sujet dans les archives là dessus ? Pouvez vous nous donnez le lien ?

  • Avril
    • Posté à 22h43 le 19/12/2007
    • Internaute 24503

    « La direction démissionne »

    Vous voulez dire qu’ils partent, qu’ils ne mettrons plus jamais les pieds au journal, que promis-juré et craché, on ne les reverras plus, et qu’ils vont chercher de ce pas un autre travail ? Ah ouais ?

    • jack burton
      jack burton répond à Avril
      • Posté à 10h24 le 20/12/2007
      • Internaute 7040

      Non, non, ne vous inquiétez pas pour ces braves dirigeants et pour leur avenir. Ils ne sont pa à la rue. Ils démissionnent juste démissionné des différents conseils de surveillance du groupe. Par contre ces messieurs restent respectivement :

      -Pierre Jeantet : directeur de la publication ,

      -Bruno Patino : directeur du monde.Fr

      -Eric Fottorino : le directeur du quotidien

      Donc pas d’inquiétude

      • Avril
        Avril répond à jack burton
        • Posté à 16h39 le 20/12/2007
        • Internaute 24503

        Aaah ! le journal de référence garde ses nombreux directeurs qui sont partis. D’ailleurs je parie qu’un démissionnaire va bientôt être promu. La baraka, quoi. On a eu chaud.

        Dites, « comité de surveillance », ça fait pas un peu bizarre pour un journal ? d’ailleurs qui surveille qui et pourquoi, pourriez m’éclairer, jack, vous qui semblez affranchi ?

  • maniack
    • Posté à 22h58 le 19/12/2007
    • Internaute 25522

    quitte à lâcher un peu de leste sur le plan social

    ...social qui heureusement ne pèse pas lourd puisqu’il est de moeurs légères.

  • Caribou99
    • Posté à 23h05 le 19/12/2007
    • Internaute 22422

    Le premier qui bouge a perdu mais le premier qui fait sauter l’autre a gagné...
    en somme le Monde joue aux mikados !

  • thierry reboud
    • Posté à 23h14 le 19/12/2007
    • Internaute 20923

    And the winner is... les lecteurs ?

    Puisse cette démission collective n’être pas un coup à la « retiens-moi Madeleine » et annoncer la vraie fin définitive et sans retour des années Colombani !
    (Au fait, elles leur auront coûté combien, les années Colombani, au quotidien de révérence vespérale ?)

    • Ben Hamel
      • Posté à 01h24 le 20/12/2007
      • Internaute 25530

      Quelles fins des années colombani ? il faut se renseigner, il est parti maintenant, une nouvelle direction est arrivée, une nouvelle stratégie, une nouvelle vision. 6 mois et déjà une remise en question pour d’obscures questions de pouvoir, de risques de perte d’influence. Ce n’était plus les années colombani. Après ça, ce ne sera peut être plus les années du Monde.

      • thierry reboud
        • Posté à 10h19 le 20/12/2007
        • Internaute 20923

        Soit,soit, vous avez raison... Je parlais d’un esprit qui, lui, semble bien n’avoir jamais vraiment quitté la tête du directoire. Un esprit de révérence, précisément. Demandez donc à Dumay ce qu’il en pense...

  • EricRost
    EricRost
    Technicien
    • Posté à 23h20 le 19/12/2007
    • Internaute 17460
      Technicien

    De toute façon, si la direction démissionne, celà veut dire plus de direction, donc plus de dirigeant. Un Bateaun qui n’as plus de capitaine est un bateau qui coule. Si plus personne de dirige les salariés, l’entreprise peut couler. J’ai l’impression que l’on discute de moins en moins dans ce pays, mais qu’on cherche toujours l’épreuve de force qui n’est bon ni pour la salarié, ni pour la direction.
    Alors au lieu de toujours se braquer l’un contre l’autre, essayer avant de discuter en laissant tombé vos petits bourdins et de se retrouser les manches en essayant chacun de son coté de vers un pas pour que ce journal ne disparaissent.
    Un journal qui disparait est une sources d’information en moins et des chomeurs en plus

  • NELEPHANT
    • Posté à 23h34 le 19/12/2007
    • Internaute 16293

    @Eric Rost :

    Et elle a quelle légitimité, la direction ? Celle de faire le journal ? Celle des bouclages à pas d’heure ? Celle de l’engagement envers l’information ? Celle de la déontologie journalistique ? Ou seulement d’avoir la « confiance » de cette fraction du Conseil de surveillance qui se dénomme elle-même « cercle de la raison », mais qu’on devrait plutôt appeler « cercle de l’argent » ? Parce que, comme journalistes,à part Fottorino, hein.....(et encore ! Quel nain à côté de Beuve, de Fauvet, ou de Passeron !).

    La direction du Monde me rappelle irrésistiblement la réflexion que Bertolt Brecht prêtait en 1953 au Politburo du SED : « Puisque le peuple ne nous convient pas,dissolvons-le et élisons en un autre » .

  • PierreAdrien06-
    • Posté à 23h55 le 19/12/2007
    • Internaute 25405

    Le journal le monde est comme le parti socialiste, à la dérive...

    Moi tout simplement je peux lire la presse de droite et de gauche ! ! !

    j’évite de lire toujours la même musique, sinon l’on devient livresque...

    J’ai horreur qu’un journaliste me dicte ses idées, ici comme à libé ou sur les échos.

    A Cuba tu n’as pas de choix, on t’apprend à lire rapidement, et toute ta vie tu liras les mêmes idées ! ! ! du Fidel...

    Bye bye et bonne soirée

    • dédelcroix
      dédelcroix répond à PierreAdrien06-
      étudiante en Sciences Sociale (...)
      • Posté à 00h30 le 20/12/2007
      • Internaute 25308
        étudiante en Sciences Sociale (...)

      ce n’est pas parce qu’un journal n’est pas de droite qu’il est de gauche Le Monde est toujours catalogué journal de gauche mais il est indéniable que sa position s’est neutralisée. Et il ne s’agit pas de lire des journaux de différents bords certains sont mieux écrits que d’autre plus spécialisés que d’autre mais ici le probleme est de résoudre le déficit du journal papier qui est selon moi un bien trés précieux et appréciable.Je suis lectrice depuis prés de 3 ans du Monde et autres journaux (courrier international,les echos,libération,..) et le fait que la lecture papier se perde est vraiment déplorable les jounaux sur internet sont bien mais je trouve qu’ils permettent plus de compléter les informations je suis une fidèle du mode papier et le probleme du monde est un probleme de cohésion et de solidarité entre la rédaction papier et virtuel,problemes d’actionnaires qui veulent encore régir l’interieur sans penser aux pertes culturelles et emplois.Les journaux vivent grace aux journalistes aux articles de bonne qualités aux presses à toutes les équipes et non pas la direction soumise aux pressions des actionnaires. il ne faut pas laisser le virtuel et les finances nous priver de la culture de la presse francaise qui je trouve trés riche.Sans cela les générations futures ne seront plus aussi critiques face à trop de sources plus ou moins officielles, bien qu’il existe des sites d’information honorables et de source sures développé par des professionnels il y a sur internet des sources tout ce qu’il y a de plus douteuses et la presse écrite papier permet selon moi de régulariser tout ca.Certes Le monde connait aujourd’hui une crise mais cela n’est pas la cause des rédactions mais la pression du profit. Pourquoi toujours favoriser le capital financier au capital humain ?

      • André Dupneu
        André Dupneu répond à dédelcroix
        chef du contentieux
        • Posté à 15h43 le 20/12/2007
        • Internaute 24633
          chef du contentieux

        Ce n’est que mon avis.

        Le Monde, sous Colombani-Minc, avait cédé aux sirènes catho et bien-pensantes. Gage sans doute pour mettre la main sur La Vie Catholique ? (tellement acheté dans les chapelles de l’hexagone que c’en était une, de bien belle affaire, L’EVC...).

        Mais voilà. En plus de dégâts éditoriaux et commerciaux, il a fallu qu’il vide les caisses en arrosant ses convives. Un corse n’aurait pas fait m(aff)ieux.

        Et puis faut aussi vous rappeler qu’en 2005, l’un des thèmes du groupe Bilderberg était la mise au pas des organes de presse et de l’information, avec initiatives de régulation tous azimuts du Net. Inutile de vous préciser qui a participé à cette noce chez les petits bourgeois, aux côtés du directeur du Figaro, c’est aisément vérifiable sur la toile...

        Mais le mot de la fin du hic arrive tranquillement : les meubles du maître tombent en morceaux, se désintègrent. La noce touche à sa fin.

        Mes plus vifs encouragements à la SRM et ses journalistes, sur la voie, difficile mais ô combien noble, qu’ils ont empruntée :)

      • PierreAdrien06-
        • Posté à 16h16 le 22/12/2007
        • Internaute 25405

        Le monde tu plaisantes ou quoi ,
        Il n’a pas toujours été de gauche ou tu es très jeune.

        Sur internet ! ! ! trop de censure hélas, tu peux prendre exemple ici.

        C’est les mêmes qui se font du pognon sur tout ce qui amène à leur grandeur.
        Après libé tu fondes Rue 89.

        Les lecteurs seuls les font vivre, et si crise il y a c’est qu’ils sont mauvais de chez pas bon.

        Bonnes fêtes

    • jack burton
      • Posté à 13h52 le 20/12/2007
      • Internaute 7040

      Et en France, on apprends aussi que les communistes, le couteaux entre les dents, irons manger tes enfants. Ce qui n’est pas forcément pratique.
      Vous avez déja essayé de macher un couteau entre les dents, vous ?

  • Salaves
    Salaves
    Métallo
    • Posté à 00h20 le 20/12/2007
    • Internaute 5988
      Métallo

    Le mieux c’est quand les journalistes n’ont pas d’idées, au moins on se prends pas le chou. C’est plus facile à lire.

    En général la presse, on la laisse libre quand elle ne représente plus de danger pour les pouvoirs en place, quand elle ne risque plus d’être le vecteur de ce qui pourrait être une autre pensée contestataire du pouvoir en place.
    Au USA ce n’est pas Cuba, mais on lit quand même que des m... et tout le monde est sur le même registre et joue la même partition, alors les comparaisons... Et quand on regarde les plus forts tirages des presses allemandes ou anglaises, faut pas trop être difficile avec les contenus.
    Ici même la presse dites de gauche vit grâce au fric du capital. A part quelques titres comme Politis en hebdo et Alter-éco comme mensuel. Le reste ce n’est que des tirages confidentiels.

  • zx600
    • Posté à 01h39 le 20/12/2007
    • Internaute 14825

    qu’un grand groupe type Lagardère rachète le Monde, qu’il assume sa transformation en bulletin de liaison des élites médiatiques et politiques, et baste !
    assez du style pontifiant et des idéologies mal assumées d’un journal qui est loin d’être la référence qu’on nous vante
    si Alain Minc, le conseiller des puissants, était aussi doué qu’il le dit, ce journal ne perdrait pas de lecteurs et ne serait pas éternellement en pertes...

  • jissé
    jissé
    Ingé retraité
    • Posté à 04h52 le 20/12/2007
    • Internaute 23393
      Ingé retraité

    Bonjour.

    Pour en savoir plus allez sur le site .... du Figaro .. Le seul à se réjouir. N’ayant pas encore compris qu’il est dans le même bateau ..

    Il y a belle lurette que TOUTE la presse quotidienne française, « internet » ou « papier » (hormis le « Canard » - qui n’a pas de site - et « Marianne », mais ce sont des hebdos) est « AUX ORDRES ».

    La preuve ?
    Je me FOUS des amours de Naboléon, passées, actuelles ou futures. Mais pendant dix jours black-out total sur le départ de sa dulcinée départ que l’on pouvait suivre jour par jour ... dans la presse suisse (La Tribune de Genève).

    Le dit « black-out » allant jusq’à censurer IMMEDIATEMENT le fait de mentionner la tribune de Genève ou simplement les trois lettres « TdG » dans une « réaction ». (Sites du N.O. - en contradiction avec sa propre « règle du jeu » ou de Libé)

    Je n’y vais plus ...

    Rue89 et la presse étrangère francophone - voir anglophone - mais là je ’rame’ un peu (The Independant).

    « Quand on manque de ’papier’ il ne faut pas être dans la M ? ? ? ? “

    Bonnes fêtes à tous ..

  • Thierry Catrou
    • Posté à 06h23 le 20/12/2007
    • Internaute 16623

    Le Monde est en crise, Libération est en crise, Le Figaro est en crise... La presse écrite est en crise.... La France est en crise, l’Europe ne va guère mieux et je ne parle ni du climat, ni de l’environnement. Que faire ? Si pour reprendre la célèbre formule de Lénine nous n’avons d’autre horizon que de nous préparer à une nouvelle révolution je crains qu’elle ne soit d’une autre ampleur.

    • kassis01
      • Posté à 09h01 le 20/12/2007
      • Internaute 24687

      Les journaux sont en crise parce que les journalistes ne font pas leur boulot correctement. Il suffit de lire les dépêches AFP sur Yahoo ou Orange pour connaître le contenu des journaux. Qui plus est, en France on travaille à l’autocensure. Tout est convenu, c’est le monde de la pensée unique. Les journalistes sont au journalisme ce que la musique militaire est à la musique. Quel journal a repris l’info sur le salaire de ministre de l’intérieur de notre Président ? Quel journal n’a pas fait la pub de l’Iphone ? Quel journaliste ne reprend pas le terme « prise en otage » pour qualifier les grêves ?
      Le pouvoir médiatique n’existe pas à partir du moment où il est à la solde des grands capitalistes. La direction du Monde a démissionné tant mieux. Maintenant, Le Monde va pouvoir faire son métier.

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 06h51 le 20/12/2007
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Au moins, il y a truc qui marche pour le monde, c’est le post.fr...
    Ce joyeux fourre-tout « informatif » qui va de la Star ac à des brûlots révolutionnaires en passant par des clips et des dépêches AFP...

  • parousnik
    • Posté à 07h44 le 20/12/2007
    • Internaute 18991

    Libé, les échos, le monde... Curieux cette valse lente de la presse toujours plus désinformante...et toujours plus endettée, comme le trou de la sécu qui aussi disparait puis réapparait aux grés d’intérêts rarement en rapport avec le sujet malade...mais ou va donc cet argent qui creuse des trous abyssaux ?

  • Clarence
    • Posté à 09h08 le 20/12/2007
    • Internaute 2860

    Bonjour.

    Que la rédaction du Monde souhaite conserver ses prérogatives me semble tout à fait légitime (au vu surtout des résultats des décisions de stratèges aussi brillants qu’Alain Minc qui ont conduit le Monde là où il en est, et dans un contexte où ce sont, partout, des Minc qui « gouvernent » aujourd’hui les journaux -même si ça n’est pas partout avec la même morgue).

    Pour le reste, nous savons bien : Internet, les gratuits, la crise de la pub, etc...
    Ceci étant, et au-delà de tout ça et, dans le cas précis du Monde, de la politique hasardeuse conduite par Minc (bis), Colombani, et consorts, il faudrait aussi que, peut-être, les rédactions s’interrogent enfin sur les contenus.
    Comment s’étonner de la fuite du lectorat, quand Libé n’est plus qu’un clône du Monde, qui copie le Figaro, qui répète ce que dit France2, qui relaie Tf1, qui est à l’oral ce que le Parisien est à l’écrit ! ?
    Est-ce en changeant la typo tous les ans (Le Monde) ou en proclamant qu’on va désormais faire un journal optimiste (Libé) que le problème sera résolu ?
    Il est symptomatique que les articles qu’on qualifiait naguère d’articles « de fond », et les quelques analyses un peu poussées, sur quelque sujet que ce soit, soient désormais « parquées » dans des sections bien étanches des quotidiens nationaux (« Rebonds » à Libé, « Opinions » au Monde), comme si tout le reste du journal avouait ainsi, en quelque sorte, son manque d’intérêt et d’imagination.
    Et, accessoirement, sa servilité.

  • country skinner
    country skinner
    vive les commentaires libres
    • Posté à 09h21 le 20/12/2007
    • Internaute 25538
      vive les commentaires libres

    Un journal qui disparait est une sources d’information en moins
    Oui sauf que ce n’est plus un journal (à part sa périodicité). Je ne lis plus le Monde, ni Libe, ni les Echos. Ca fait trop de papier pour ma consommation hygienique. Accessoirement je fais aussi des économies. Quand il n’y a plus de journalistes, mais des rédacteurs aux ordres, il n’y a plus de raisons qu’il y ait encore des lecteurs

    • Iris2
      Iris2 répond à country skinner
      • Posté à 11h35 le 20/12/2007
      • Internaute 16898

      Tout à fait d’accord avec vous.Je me suis désabonnée du Monde pendant la présidentielle,mais j’ai encore la faiblesse de lire Les Echos qui,au moins,est un journal honnête,ne cachant pas sa couleur libérale,mais neutre quand il s’agit de politique,et,pour le reste, il y a ce site ! Je signale que Les Echos est(encore ?)très rentable car de qualité.

  • FreddySpow
    • Posté à 10h16 le 20/12/2007
    • Internaute 25561

    En parallèle à tout vos commentaires, il me semble bon de rappeler que la crise entre les 2 rédactions papier et pixel du Monde est l’immanquable réplique de toutes celles qui ont lieu dès qu’un support de presse traditionnel (du redacteur au livreur en passant par le fabriquant de papier, le fabriquant de l’encre et les rotatives, bref la « chaine de fabrication ») se double d’un support qui brule l’essentiel de ces étapes, que ce soit un site web ou une radio.
    Pour ma part, ayant vécu de très près la grande époque de la PQR qui montait ses radios et du gachis qui en a suivi, je ne peux m’empecher de sourire (tristement) face au spectacle de la vieille fracture qui perdure.
    Les tensions qui s’en suivent quasi systematiquement entre la base traditionnelle et les rédacteurs new-techno obéissent à tout un tas d’interets profondément entremelés où la « culture » et la « déontologie » journalistiques servent souvent de pretexte...
    Alors si l’on rajoute la perversion de l’actionariat au systeme déja périlleux de cette cohabitation, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge...

  • mathieu-s2
    • Posté à 11h56 le 20/12/2007
    • Internaute 18461

    On lit dans le papier source :

    « quitte à lâcher un peu de leste sur le plan social. »

    C’est sans doute une erreur on parle de lâcher « du lest »
    Avant on disait « dégraisser » (mais le Monde est-il un Mamouth ?)Parfois, sans doute les Mamouths ont été lestes dans leurs gestes et barrissements...

    Mais on pourait croire aussi qu’en faisant dans le « leste », le « social » pourrait s’améliorer...

    Trêve de plaisanterie ! Pourvu que le Monde ne sombre pas dans cette pantalonnade.
    Le MONDE EST INDISPENSABLE A LA DEMOCRATIE DANS NOTRE PAYS ! ! !

    Il survivra, soyons en sur, mais il faut que tout le monde se souvienne qu’avoir un journal comme celui-là est un aspect essentiel de la démocratie en France.

    • Pictulo
      Pictulo répond à mathieu-s2
      • Posté à 12h13 le 20/12/2007
      • Internaute 23785

      Relis « la face cachée », et tu verras qu’effectivement le Monde est « un aspect essentiel de la démocratie en France », mais pas pour des raisons purement journalistiques...
      Le Monde est un dinosaure certes respectable, mais je sens l’ère glaciaire qui se rapproche.
      Tous chez Médiapart ?

  • Prolo du livre
    • Posté à 13h45 le 20/12/2007
    • Internaute 12784

    En fait Le Monde, c’est comme la France : des crises, financières et éthiques, des dirigeants qui s’augmentent, qui s’attaquent à la moindre parcelle de social, etc.
    Mais, au moins, au Monde, il y a de l’opposition...
    (Même si Le Monde et l’opposition, c’est de l’histoire ancienne.)

  • Propergol
    Propergol
    Chasseur de troll
    • Posté à 16h16 le 20/12/2007
    • Internaute 24265
      Chasseur de troll

    Le Roi est mort, vive le Roi !

    Franchement, le Monde et la qualité de rédaction, je n’ose pas dire d’esprit critique, ca commence sérieusement à faire deux..

  • Hercule Poivrot
    • Posté à 19h07 le 20/12/2007
    • Internaute 22499

    Et pendant qu’au Monde ils se battent pour savoir qui sera calife à la place du calife, qui va racheter qui, qui va licencier qui, etc...
    Au Canard Enchaîné les journalistes font leur boulot de journalistes. Sans pub, ni actionnaire extérieur, ni « conseil de surveillance » et autres bidouilles de gestionnaire... Résultat : 1 article, une démission dans les 24h. Voilà comment devraient être les journaux français : indépendants économiquement et politiquement.
    Mais il est vrai que pour les Canard, Marianne et autres Charlie Hebdo, le fait de ne pas paraitre quotidiennement diminue grandement les frais et facilite les choses...

  • Elleif
    • Posté à 21h54 le 20/12/2007
    • Internaute 25314

    Une direction qui démissionne ?
    intéressant. A voir.

    LeMonde en crise ?
    Bah, comme le PS alors.

    Clarification pour clarification, si c’est un passage pour reconstruire : allons y !

  • Jean Bachèlerie
    Jean Bachèlerie
    marié un chat
    • Posté à 22h47 le 20/12/2007
    • Internaute 11540
      marié un chat

    Qui veut perdre des millions ?

    la nouvelle emission de Le Monde dirigee par Alain Petit conseil Minc, animee par JM Colombani affiche un bilan sans egal, Le Monde journal independant et appartenant au personnel et aux lecteurs et a la societe le monde, grace au duo celebre, a perdu son independance, sa credibilite et a besoin de € 75 millions.

    Alain Minc a failli ruiner le groupe de Benedetti apres avoir seme la zizanie chez St Gobain.

    Bravo encore Bravo et Minc va continuer a brille de milles feux a la cour de Saint Nicolas Sarkozy.

    Jean Bachelerie

  • romulux
    • Posté à 00h37 le 21/12/2007
    • Internaute 25453

    Je souhaite que Le Monde disparaisse (pour renaitre autrement ?)

  • romulux
    • Posté à 00h37 le 21/12/2007
    • Internaute 25453

    Je souhaite que Le Monde disparaisse (pour renaitre autrement ?)

  • Jean Bachèlerie
    Jean Bachèlerie
    marié un chat
    • Posté à 20h40 le 21/12/2007
    • Internaute 11540
      marié un chat

    le conseiller Minc n est pas le payeur.

    Dommage, car cela fait longtemps que les petits conseils ne conduiraient pas a la faillite ceux qui les ecoutent.
    Ah mais suis je bete les conseils n engagent que ceux qui les ecoutent !

    Minc chez Sarkozy avec Colombani,quelle bonne nouvelle, Sarko partira avant 5 ans, la France sera en faillite, mais l avenir nous appartiendra de nouveau. Chers journalistes du monde, debarrassez vous des directeurs et autres coseillers, jamais satisfaits de leurs salaires, prenez votre avenir en main, vous pouvez encore sauvez un journal, et votre avenir.

    Courage, tenacite et dehors minc et ses emules.

    Jean Bachelerie

    ps desole pour l ortograhe, mais en Finlande le clavier est different.

  • Jean Bachèlerie
    Jean Bachèlerie
    marié un chat
    • Posté à 19h00 le 23/12/2007
    • Internaute 11540
      marié un chat

    Le pouvoir et l’argent ou l’argent et le pouvoir ?
    La direction ou les journalistes et le personnel ?
    Qui cree de la valeur ?
    le conseiller CaMINCleon et sa cour : la direction ?
    Ou les journalistes et le personnel qui produisent un journal, des infos, des opinions, de l’intelligence ou la cour du roi et la bonne parole, la parole du roi et de sa cour ?

    Le mot liberte de la presse, independance de la presse a t il encore un sens dans la novlangue liberale ?

    Oui alors dehors les conseillers habiles serviteurs de tous les pouvoirs et leurs devoues courtisans sont ils appeles a regner sans partage sur un faux Monde ?
    Le monde appartient a ses lecteurs et journalistes ou au monde de l argent et du pouvoir ou du pouvoir et de l argent ?

    Un autre Monde, un nouveau Monde, un Monde de reference et non de reverence est possible. A vous journalistes et personnel de jouer, nous lecteurs nous reviendrons.

    Sinon le viuex Monde mourra et un nouveau Monde naitra, demain.

    Jean Bachelerie

  • Jean Bachèlerie
    Jean Bachèlerie
    marié un chat
    • Posté à 19h01 le 23/12/2007
    • Internaute 11540
      marié un chat

    Le pouvoir et l’argent ou l’argent et le pouvoir ?
    La direction ou les journalistes et le personnel ?
    Qui cree de la valeur ?
    le conseiller CaMINCleon et sa cour : la direction ?
    Ou les journalistes et le personnel qui produisent un journal, des infos, des opinions, de l’intelligence ou la cour du roi et la bonne parole, la parole du roi et de sa cour ?

    Le mot liberte de la presse, independance de la presse a t il encore un sens dans la novlangue liberale ?

    Oui alors dehors les conseillers habiles serviteurs de tous les pouvoirs et leurs devoues courtisans sont ils appeles a regner sans partage sur un faux Monde ?
    Le monde appartient a ses lecteurs et journalistes ou au monde de l argent et du pouvoir ou du pouvoir et de l argent ?

    Un autre Monde, un nouveau Monde, un Monde de reference et non de reverence est possible. A vous journalistes et personnel de jouer, nous lecteurs nous reviendrons.

    Sinon le vieux Monde mourra et un nouveau Monde naitra, demain.

    Jean Bachelerie

  • le grix
    le grix
    chef d'entreprise à Paris
    • Posté à 17h44 le 27/12/2007
    • Internaute 26233
      chef d'entreprise à Paris

    L’organisation du Monde fait qu’il est impossible de prendre des décisions stratégiques et en particulier en cas de crise : Que la Société des rédacteurs possède un réel pouvoir garantissant l’indépendance éditoriale, qui s’en plaindra ? Mais de là à posséder la majorité du capital, pouvant ainsi bloquer des décisions managériales...C’est ingérable.Il est impossible de diriger une entreprise à 2 têtes dont l’une, celle qui pèse le plus, est reconnue pour ses compétences journalistiques mais certainement pas de gestion.
    Le Monde étant au bord du gouffre il faudra bien faire des économies quelquepart pour préserver son existence et son indépendance.En la matière les grands principes ne suffisent pas.