Enquete 16/12/2007 à 14h15

Raconter sa vie professionnelle sur son blog, un jeu risqué

Etienne Balmer | Etudiant en journalisme

Les procédures judiciaires contre les blogueurs qui racontent les coulisses de leur entreprises se multiplient, au point que même les plus bavards finissent par mettre une sourdine. Une leçon amère des risques professionnels d’une surexposition intime sur internet, alors que les réseaux sociaux comme Facebook prospèrent...

« On pensait juste écrire pour nos potes… »

Il y a deux ans, A. et ses camarades de stage tenaient un blog, dans lequel ils se moquaient allègrement de leurs chefs. Et le délire d’étudiants potaches a tourné court quand la direction est tombée dessus, comme le blog était en libre accès. « On pensait juste écrire pour nos potes… Mais après c’est devenu l’enfer pour nous » , témoigne une copine de A., prise elle aussi la main dans le clavier.

Aujourd’hui, A. ne tient plus de blog et fuit Facebook et consorts. Pour son avenir de jeune professionnel, il vaut mieux enterrer cette mauvaise anecdote. Mais Google, qui archive les pages web, peut avoir la mémoire aussi longue qu’une carrière.

« Avec internet, on baigne dans la culture du tout gratuit et du tout permis » , décrypte Stéphane Boudin, avocat au barreau de Seine-Saint-Denis spécialisé dans le droit du travail et les contentieux du web. « Or les sanctions peuvent arriver très vite » .

Quels sont les risques professionnels de s’épancher sur un blog ? En France, la liberté d’expression a valeur constitutionnelle et elle est consacrée dans le code du travail. Mais cette liberté à l’intérieur et hors de l’entreprise connaît des limites, auxquelles Internet n’échappe pas. La diffamation, le dénigrement et l’injure sont une première ligne à ne pas franchir.

Une blogeuse de Nissan Europe condamnée

Licenciée en octobre 2004 pour avoir refusé coup sur coup deux postes déclassés après un retour de congé de maternité, Stéphanie Gonier crée un blog en février 2006. « Maman chez Nissan Europe, parité bafouée “ est un pamphlet électronique dans lequel la trentenaire en colère s’affiche en porte-étendard de salariées victimes de leur congé parental.

La blogueuse lâche des noms, et traite ses ex-employeurs d’ ‘ association de malfaiteurs’ . Nissan Europe lui intente un procès en diffamation, que la jeune femme perd. Les noms et les propos en question sont retirés du blog, des dommages et intérêts sont payés. Pourtant, Stéphanie Gonier ne regrette rien :

‘ Je voulais montrer que l’on pouvait se défendre contre une grande holding. Si c’était à refaire, je le referais.’

S’il est salarié, le blogueur doit respecter ses obligations de loyauté et de discrétion envers son employeur. Il ne doit pas écrire sur son blog pendant ses heures de travail, ni décrire de manière négative son entreprise ou dévoiler des secrets professionnels.

L’affaire Petite Anglaise : les bretelles qui fâchent

Sur son blog Petiteanglaise.com, Catherine Sanderson joue les Bridget Jones. Avec humour, elle y parle de sa vie d’expatriée à Paris, et plus rarement de son employeur, le cabinet britannique d’expertise comptable Dixon Wilson, en se gardant bien de le nommer. Un jour, elle dépeint l’un de ses patrons comme ‘ un senior partner portant des bretelles et des fixe-chaussettes’ , environné par ‘ un portrait de la reine dans un cadre, du chocolat Cadbury’s, du thé Tetley’ .

Pas de quoi nuire à l’image de la compagnie. Pourtant, quand l’entreprise découvre le blog en février 2006, c’est le scandale. Deux mois plus tard, la jeune femme est licenciée. Propos inacceptables’ , ‘ pur dénigrement à l’égard de vos supérieurs’ … Dixon Wilson veut ériger le ‘ cas Petite Anglaise’ en exemple d’autorité de l’employeur sur ses salariés.

Mais le cabinet d’experts-comptables en sera pour ses frais. Catherine Sanderson porte l’affaire aux prud’hommes pour licenciement abusif. Et gagne, en mars dernier. Les avocats de son employeur n’ont pu prouver que le blog détériorait sérieusement l’image de Dixon Wilson. En revanche, la blogosphère et les médias du monde entier se sont chargés de le faire. Depuis, les employeurs confrontés à un blog sont plus prudents, et les blogueurs salariés aussi.

Des accords financiers face au flou juridique

Nombre d’employeurs préfèrent négocier en pièces sonnantes et trébuchantes le départ d’un salarié blogueur embarrassant. Comme pour Alice, congédiée par sa boîte de communication en mars 2006 après qu’un collègue l’a démasquée comme l’auteur et modèle photo d’un blog en petite tenue. Un accord financier évite aux deux parties un procès long et médiatique, dont l’issue s’annonçait incertaine.

Car les agissements du salarié en dehors de son temps de travail ne justifient pas de sanction disciplinaire, sauf s’ils causent un ‘ trouble objectif caractérisé’ à l’entreprise. Une notion qui erre encore dans un certain ‘ flou juridique’ , selon l’avocat Stéphane Boudin.

Fonctionnaires blogueurs, taisez-vous !

Une exigence de ‘ dignité’ qui est particulièrement prégnante dans la fonction publique, où le devoir de réserve n’est pas un vain mot. ‘ La fonction publique aime bien verrouiller ce qu’il se passe en son sein’ , commente Stéphane Boudin. De mémoire, l’avocat estime à ‘ une quinzaine’ le nombre de fonctionnaires réduits au silence pour s’être exprimés sur leurs métiers respectifs dans un blog. Parmi eux, un inspecteur du travail, des policiers, des médecins ou encore des enseignants.

A l’automne 2005, le ministère de l’Education nationale s’affole du contenu du ‘ blog de Garfieldd’ . Derrière ce pseudonyme s’abrite Michel C. proviseur d’un lycée en Lozère. En plus de confier des réflexions personnelles sur son métier, le proviseur se sert de son blog comme une tribune pour revendiquer son homosexualité. On y voit des photos d’hommes en sous-vêtements, on y lit quelques mots crus.

Michel C. y apparaît lui-même, allongé nu sur une plage, sur le ventre, le visage et les fesses visibles. D’abord révoqué de la fonction publique dans un climat de prude panique et de rumeurs infondées de pédophilie, le proviseur verra finalement sa sanction commuer en une suspension de six mois en janvier 2006. ‘ Quelque part, il a eu ce qu’il méritait’ , juge un infirmier blogueur, lui-même homosexuel assumé. ‘ Cela ne lui serait jamais venu à l’esprit de poser à poil en couverture de Têtu. Et sur son blog il le fait ! . Aujourd’hui, Michel C. exerce de nouveau dans un lycée d’Ile-de-France.

Moins on est sur Google, mieux c’est’

‘ La liberté sur les blogs s’arrête au même moment que dans la vie : à la politesse, à la bienséance, à la hiérarchie professionnelle’ , martèle Ron, le blogueur infirmier. Qui tient farouchement à son anonymat : ‘ Révéler son identité, c’est une mine à emmerdements’ . Depuis trois ans, Ron saupoudre la narration de sa vie quotidienne de vieilles anecdotes professionnelles, en trichant légèrement sur son domaine de soins pour brouiller les pistes.

Cela ne lui a pas épargné la rancune de sa chef, paniquée à l’idée d’avoir un employé hors de son contrôle. Sous pression, Ron a finalement démissionné cet été :

‘ J’aurais pu me lâcher sur ma chef dans mon blog. Mais je me suis retenu, car si mon nouvel employeur était tombé sur des âneries et des injures de ma part, il aurait peut-être hésité à m’embaucher.’

Catherine Sanderson, alias Petite Anglaise, joue les Cassandre : selon elle désormais, à cause d’un blog polémique ou d’une page personnelle à l’humour douteux, ‘ le risque est moins de se faire virer que de ne pas se faire embaucher’ .

Conclusion laconique de Ron l’infirmier : ‘ Moins on est sur Google, mieux c’est’ . Un appel à la modération peut-être salutaire, à l’heure de l’engouement pour les réseaux sociaux comme Facebook ou Myspace, dont personne ne sait aujourd’hui à quelles fins les milliards de données personnelles de leurs joyeux membres pourront êtres employés dans quelques années.

Mis à jour 16/12/2007 21h00 : le nom de Michel C. (pourtant public lors de l’affaire) a été masqué.

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  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 18h20 le 16/12/2007
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    Dans le système libéral, l’entreprise privée tend de plus en plus à devenir une dangereuse zone de non-droits. Les derniers garde-fou (comme le code du travail) volent en éclats. Syndicats marginalisés ou soumis, opacité totale sur l’utilisation des flux financiers engendrés, omnipotence des actionnaires et des cadres dirigeants renforcent encore cette impression de citadelle hors-la-loi.

    L’utilisation des moyens de communication modernes comme les blogs sont les ultimes moyens de lutter contre cette privatisation des richesses publiques par une mafia et de lézarder leur malfaisant édifice. Que l’on s’interroge par exemple sur l’utilisation des « provisions », ces sommes d’argent phénoménales que les entreprises mettent de côté pour, disent-elles, « anticiper les aléas de la conjoncture ».

    On peut comprendre la peur et les risques encourus par les premiers à témoigner dans ce domaine. Mais on ne saurait que les encourager et persuader les autres de les rejoindre à accomplir ce qui devient un devoir citoyen. Les risques se diluent avec le nombre.

    • kevangel
      kevangel répond à Le Yéti
      Chercheur
      • Posté à 19h53 le 16/12/2007
      • Expert 24356
        Chercheur

      Je vous rassure, ca ne concerne pas que l’entreprise privée mais aussi l’université publique par exemple.

    • Eric citoyen
      Eric citoyen répond à Le Yéti
      « Casse ta tv » c'est ta seule (...)
      • Posté à 10h01 le 17/12/2007
      • Internaute 5352
        « Casse ta tv » c'est ta seule (...)

      bonjour,

      Raconter sa vie « tout simplement » sur son blog est extrêmement dangereux.

      La judiciairisation de la vie du bloggeur« sse » est devenu une réalité.

      Les actions sont nombreuses est souvent pénal dans la majorité des cas « diffamation... »

      Face à ces attaques les bloggeurs« sses » sont courageux car toujours seul et souvent sans aucun moyen.

      A quand la création de BLOGGEUR SANS FRONTIERE ?

      Bésitos.

      Eric Bloggeur Mulhousien

      Lien

      • Network 23
        Network 23 répond à Eric citoyen
        identité perdue dans mes papiers (...)
        • Posté à 15h28 le 17/12/2007
        • Internaute 23367
          identité perdue dans mes papiers (...)

        Cela montre, une fois de plus, que l’anonymat et l’usage de pseudos n’est pas un signe d’irresponsabilité généralisée, comme on le prétend parfois, mais le gage d’une véritable liberté d’expression.

        Quand on sait que tout, pourvu qu’on sache le trouver, est archivé sur Internet (ce qui est, en soi, une bonne chose), qu’il y a des moteurs de recherche du genre de Spock qui rassemblent toutes les données individuelles (Lien),
        que ce qui s’écrit aujourd’hui pourra être retenu contre vous dans 20 ans, le droit de protection de la vie privée est + important que jamais.

        Au fait, s’il peut sembler légitime d’interdire les insultes, les procès en diffamation sont souvent utilisés pour museler le mouvement social. Par ex, les Chantiers de l’Atlantique attaquant un blog ayant parlé de « nouvel épisode d’esclavage moderne » en dénonçant l’emploi de sans-papiers par l’entreprise (Lien).

  • m a i a
    m a i a
    aquoiboniste
    • Posté à 14h41 le 16/12/2007
    • Internaute 9081
      aquoiboniste

    J’ai tenu un blog sur mon boulot (et quelques photos et compte-rendus de concerts), pendant presque un an.

    Humour, acidité, déprime parfois, dérision et amertume, franches rigolades au menu.

    Je viens de le fermer pour plusieurs raisons : le sentiment de ne pas pouvoir le diffuser autant que j’aurais voulu, de peur que les hautes autorités censeuses de l’éduc nat ne me réservent le même sort qu’à quelques collègues.
    Pas de diffusion suffisante = peu de lecteurs, uniquement des happy few, ça finissait par être le club parallèle de mon bahut.

    Pourtant j’aimais y écrire régulièrement et relativiser mes tribulations de cpe d’« banlieue médiatique », amuser les lecteurs, et faire un exorcisme commun avec les collègues lecteurs...

    J’ai cédé à mes propres inquiétudes, c’est sans doute dommage... Mais j’ai TOUT gardé, pour mieux l’utiliser un jour j’espère... niark.

     ; -)

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à m a i a
      Redchef Rue89
      • Posté à 14h59 le 16/12/2007
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      N’hésitez pas à nous proposer de temps en temps vos « tribulations de cpe d’banlieue ». Le blog est-il encore en ligne ?

    • FanFan2722
      FanFan2722 répond à m a i a
      http://reactionashow.blogspot. (...)
      • Posté à 18h30 le 17/12/2007
      • Internaute 12992
        http://reactionashow.blogspot. (...)

      Article très interressant qui éclaire un vrai problème. Mon blog est plus un carnet de voyage au Brésil mais il m’arrive de faire des commentaires perso sur la politique en exprimant clairement mes idées. Il m’est aussi arrivé de reprendre des infos de mon boulot pour en faire une seconde mouture.
      Mon audience est assez confidentielle et je reste anonyme mais j’ai modifié quelques peu ma ligne éditoriale au fil des mois pour ne pas interférer dans ma future recherche d’emploi.
      Le dilemne est dur pour ma part : soit faire le blog dans mon coin sans en parler à personne ou bien le revendiquer aupres de certaines personnes preuve de mes capacités journalistiques... Au final j’ai cédé à la seconde option... tout en gardant ma liberté de parole mais en modérant certaines expressions un peu trop explicites.
      FanFan
      reactionashow.blogspot.com

    • Micka FRENCH
      Micka FRENCH répond à m a i a
      Ecossaise, un corps de rêve (...)
      • Posté à 11h56 le 18/12/2007
      • Internaute 4614
        Ecossaise, un corps de rêve (...)

      Des nouvelles de Micka FRENCH...

      Cher Monsieur maia, c’est bien et très positif ce que vous faites et avez fait. Félicitations !
      Cependant, il faut continuer sinon vous vous direz un jour que vous avez baissé les bras et vous vous en mordrez les cinq doigts et le pouce ! ! !

      Il faut écrire un maximum de choses vécues (sans insultes ni diffamation) pour que nos petits-enfants aient une idée de l’atmosphère délétère des années ridicules et dangereuses que nous vivons, afin qu’un cinéaste (ou un « journaliste d’investigation ») mesquin voire malhonnête ou pire,inculte, ne vienne, dans trente ans, déformer notre triste réalité.
      Pour cela, merci qui ? Merci Internet !

      Quant aux infos concernant le vécu au sein des entreprises, il eût été prudent que l’on laissât cela à nos retraités qui eux, ne risquent plus rien professionnellement parlant.

      Ils pourraient ainsi nous parler des harcèlements, contraintes, copinages, pressions, délations et autres menaces qu’ils ont pu observer, ou dont ils ont été les auteurs forcés ou encore dont ils ont pu souffrir au sein de leur « boîte », sans même la nommer spécifiquement, ou si pourquoi pas !

      Il faut lire et relire « 1984 » de George Orwell afin de bien se pénétrer du fait qu’on est bien dedans et se finir au « Brazil » de Terry Gillian » pour se faire un peu plus peur.

      Bien que j’adore aussi les Aliens encostumés de « Invasion Los Angeles » qui soudain se sont retrouvés parmi nous et aux commandes en plus...

      Regardez, dans votre cas, Monsieur maia, vous êtes devenu un « CPE ».
      Vous souvenez-vous de vos anciens qui n’étaient que « surgés » et qui faisaient le même job ? ? ?
      Même le vocabulaire est volontairement détourné.

      Par ailleurs, votre « boss » vous laisserait-il dire à vos gosses qu’ils mangent de « l’indus » à la « cantoche » sous l’oeil bienveillant du « nutritionniste » de service ?
      Certes non !

      Vos gamins sont tenus de prendre leurs « repas » au « restaurant scolaire ». Nuance !
      C’est la même bouffe mais c’est autrement plus classieux...

      Oui, je sais, l’humour écossais est parfois féroce...

      C’était Micka FRENCH en direct de Dundee Scotland, à vous les studieux...
      (Micka FRENCH sur zorpia)

      • m a i a
        m a i a répond à Micka FRENCH
        aquoiboniste
        • Posté à 20h11 le 18/12/2007
        • Internaute 9081
          aquoiboniste

        MADEMOISELLE, c’est MADEMOISELLE maia ! ! !

        (à chanter à la mode Anaïs, ; -) )

        Je relis mon blog et il m’arrive de me faire rire ou de me réénerver... y a pas, va falloir que je le recopie quelque part... !

        Signé : LA cpe, maia.

  • m a i a
    m a i a
    aquoiboniste
    • Posté à 15h09 le 16/12/2007
    • Internaute 9081
      aquoiboniste

    Non, le blog n’est plus en ligne...

    J’ai l’intégralité sous Office... Je vous en ferai parvenir des extraits si vous le souhaitez.

     ; -)

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 15h11 le 16/12/2007
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Blogger, c’est forcément mettre sa vie, ses occupations en avant...
    Mais faut-il pour autant y faire n’importe quoi ?
    Oublier qu’on n’écrit pas que pour soi ?
    Que ce que l’on veut bien faire transparaître de soi est visible par tous et donc n’importe qui ?
    Lien
    Lien

    • thierry reboud
      thierry reboud répond à skalpa
      • Posté à 16h45 le 16/12/2007
      • Internaute 20923

      Parfaitement d’accord avec vous. Tenir un blog n’interdit pas qu’on soit responsable de ce qu’on y affiche (et cela recoupe ce qu’écrivait le Yéti plus haut).

    • Sexus Empiricus
      Sexus Empiricus répond à skalpa
      • Posté à 23h10 le 16/12/2007
      • Internaute 6004

      Bonsoir,

      Avant de se lancer tête baissée dans la blogomania, parce que cette récente musique des sphères reste le dernier passage obligé pour se sentir à la page, il est bon de se demander en effet si ce qu’on s’apprête à publier urbi et orbi est lisible par n’importe qui, de sa bonne amie à son pire ennemi.

      Mais « raconter sa vie professionnelle sur son blog » ? En dehors de l’inénarrable, on peut à peu près tout raconter, et il serait dommage de laisser perdre tant de commérages !

      Le problème en ce cas est de pure forme. La diffamation, le dénigrement et l’injure sont une première ligne à ne pas franchir. Et encore ! Ne soyons pas si timides : la diffamation et l’injure sont du ressort de la justice, d’accord ; mais dénigrer, est-ce bien sûr ? On peut toujours reprocher à un type de noircir le tableau, le blâmer, le rappeler à l’ordre ou le sermonner, - et puis après ?

      Trembler pour sa place sur un siège éjectable, - mais c’est le lot commun des salariés, bloggueur ou non.
      Pas besoin de tenir un blog pour se trouver dans cette fâcheuse posture, pas besoin de faire des révélations gênantes ni d’étaler sur la place publique des secrets de cabinet. Il suffit souvent de sortir à peine du rang et de secouer le carcan pour être passible de menaces. Aussi, les tremblements du bloggueur ordinaire ne me semblent pas très sérieux, - et certainement pas plus sérieux que celui qui ose l’ouvrir de vive voix quand tout le monde autour de lui murmure dans les couloirs, s’autocensure et fait le chien couchant dès que passe le chef de la meute.

      Bref, le « jeu » du blog est sans doute risqué, mais il ne faut pas non plus se tromper de dada (le panoptisme précède « la blog génération » d’au moins deux siècles). À lire certains témoignages, on a l’impression bizarre que tenir un blog installe en position de ministre de la Défense par gros temps - comme s’il n’y avait pas d’alternative entre fermer sa gueule et démissionner...

  • sinclair
    • Posté à 16h02 le 16/12/2007
    • Internaute 2580

    Piqure de rappel pas inutile.

    Il n’y a pas que les blogs (site personnel) tout ce que vous laissez comme écrit sur le net y compris vos post est conservé des années et des années. Vous êtes est traçable.

    Sans faire de paranoïa évitez de vous inscrire pour stocker vos photos vos données utiliser des espaces de sauvegardes de vos disques, vos préférences de navigation etc... toutes ses donnes sont des livres ouvert a tout le monde.

    Vous n’avez rien a cacher. Vous le croyez tant mieux pour vous. Demandez leur avis a ceux qui le croyaient et qui en ont pâti. Voir l’article ci-dessus.

    Vos brèves de comptoir au bar du coin ou dans l’escalier de votre immeuble vous font une réputation mais vous pouvez vous abriter derrière le fait qu’on vous en veut et pas compris. Laisser des traces sur le net est un écrit que l’on peut interpréter en le sortant d’un contexte ce que vous vouliez confidentiel est en fait publique.

    Dans le cadre professionnel cela peut couter très cher très longtemps. Fonctionnaires attention l’état est très susceptible et tout fonctionnaire a un devoir de réserve. Et ce n’est pas un vain mot. Soyez un inutile mais soyez discret vis a vis de votre employeur l’état.

    Gardez a l’esprit le contrat de bonne conduite signée par certains grand du net avec la chine. Voir cet article de Rue89 Lien

    Pas de paranoia mais pas d’ingenuite non plus

    • Awopbopaloobop_Alopbamboom
      Awopbopaloobop_Alopbamboom répond à sinclair
      récalcitrant
      • Posté à 16h07 le 16/12/2007
      • Internaute 21692
        récalcitrant

      Il y a un truc très pénible aussi, c’est de se faire hacker son blog par des gens jaloux qui constatent que sur un forum politique renommé vous échangez beaucoup avec sa moitié. Cette personne (la jalouse) vous invite chez elle, pour quoi faire, vous ne le saurez jamais !). Vous n’y allez pas. Et puis de fil en aiguille, vous exposez les tableeaux de sa moitié sur votre blog (sans savoir que c’est la moitié de celle qui vous a invité), et quand cette moitié s’en aperçoit, vous vous retrouvez avec des croix noires, des trucs qui disparaissent...La jalousie extrême entre gens qui ne se connaissent pas, un des avatars de l’électronique. Mais bon.
      C’est extraordinaire, les blogs, l’information en ligne, c’est un bibliothèque vivante, j’en fais mon miel chaque jour, abeille que je suis (dentiste de fleurs)....
      Donc gaffe filles et garçons, vos conjoints vous surveillent. Big Brother est dans le couple... Parfois la vie de couple est si tuante quand se préfèrerait au commissariat. Au moins, en garde à vue, on a droit à un avocat...

      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à Awopbopaloobop_Alopbamboom
        journaleux - blogueur
        • Posté à 16h14 le 16/12/2007
        • Internaute 14145
          journaleux - blogueur

        ça ne peut pas être pire qu’à la Star Ac’ où, depuis 11h ce matin, ils coupent le son de temps en temps et font des gros plans interminables. Eux, au moins, ont des moyens de censurer le couillon de payeur qui ne peut que constater qu’une personne a pris la fuite…

        faut, pour ça, aller faire un tour sur imédias.biz !

        Fabien
        Lien

  • Julesaime
    • Posté à 17h00 le 16/12/2007
    • Internaute 11038

    j’ai le même problême et ce sur plusieurs point .

    En tant que pion je ne peux pas me livrer sur mon blog, les insutles des gamins, des coups, une vie délicate difficile à mettre en scène. l’année dernier j’avais, sans citer de noms commenter un conseil de discipline... au malheur.
    Après il y a la fac, impossible d’égratignier l’institution en dehors des mouvements sociaux, je me fait convoquer par les profs. impossible ou presque de divulguer ses prises de notes pourtant fort utile pour des camarades. les profs guettent.

    il n’y a qu’en politique ou malgré des responsabilité locale, je peux bloguer sans problèmes.

    mais pour combien de temps encore...

    Lien

  • Laurent Gloaguen
    • Posté à 18h25 le 16/12/2007
    • Internaute 25109

    Je rectifierai le titre de cet article, « croiser un apprenti journaliste de Rue 89, un jeu risqué ».

    Lien

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à Laurent Gloaguen
      Redchef Rue89
      • Posté à 20h59 le 16/12/2007
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      N’accusez pas un « apprenti journaliste », c’est trop facile. Ce n’est pas Etienne Balmer qui a rendu public le nom de ce proviseur, comme une rapide recherche sur Google vous l’aurait montré. Son nom est apparu dans les plus grands médias : d’abord Europe 1, puis le Figaro, Libé, le Monde... Pour ne pas alimenter cette polémique, nous avons choisi de masquer son nom.

      • la vieille
        • Posté à 16h59 le 17/12/2007
        • Internaute 25255

        Oui mais entretemps, Garfield a fermé son blog , a subi l’opproble de son administration avec mutation à la clé.
        le sortir de l’ombre bienfaisante où il espère panser ses plaies est une atteinte inadmissible.
        D’autant plus que l’affaire était une vraie baudruche, j’ai lu longtemps son blog et l’ai trouvé « très sain ».
        Pas comme le simulacre d’excuse de votre apprenti journaliste.

  • M.T
    M.T
    • Posté à 18h31 le 16/12/2007
    • Internaute 24520

    la future loi d’orientation sur la sécurité va autoriser les services à placer des dispositifs espions sur les Mac et PC.

    La police pourra obtenir le droit de placer sur les ordinateurs des particuliers ou des entreprises pour espionner des suspects dans le cadre d’enquêtes sur la délinquance organisée.

    Aujourd’hui on nous dit que cela concerne le banditisme et la délinquence mais demain ?

    pourra t’on parler politique sans être espionné ?
    pourra t’on dire je t’aime à une personne éloignée sans en faire profiter le commissériat du coin ?
    L’expérience de la politique actuelle vient de me prouver que peu importe que vous soyez honnête puisque vous êtes suspect selon votre richesse ou pauvreté selon votre couleur ou votre religion
    vive la liberté de :
    penser et d’expression jusqu’à quand ?
    ces libertés sont déjà bien entammées

  • Fabienne Gallaire
    Fabienne Gallaire
    Journaliste
    • Posté à 19h24 le 16/12/2007
    • Journaliste 24285
      Journaliste

    « Blogger, c’est forcément mettre sa vie, ses occupations en avant... » Voilà une assertion qui me paraît éminemment contestable. Un blog, rappellons-le, n’est qu’un support, pas un contenu ! Il y a des blogs de voyages, de photos, de dessins, d’analyses politiques, de réflexions métaphysiques, et bien d’autres encore. Un blog / site / newsletter, que sais-je encore, qui traiterait exclusivement de critique de films, par exemple, ne mettrait pas particulièrement en avant la vie de son auteur, tandis que c’est la fonction première d’un blog de campagne.C’est à mon sens faire injure à une vaste communauté de blogeurs que de réduire cette activité à une chronique de vie quotidienne au mieux et un exercice de nombrilisme égotiste au pire.

  • jmleray
    jmleray
    Traducteur-Interprète-Blogueur
    • Posté à 19h04 le 16/12/2007
    • Internaute 25117
      Traducteur-Interprète-Blogueur

    Bonjour,

    Et si ça continue, ça va devenir de plus en plus risqué de bloguer tout court !
    Lien
    JML

  • Kozlika
    • Posté à 19h06 le 16/12/2007
    • Internaute 4996

    Et donner le véritable nom d’un blogueur et la localisation de son nouveau lieu de travail deux ans après que celui-ci a enfin pu réintégrer ses fonctions, ça ne vous dérange pas le moins du monde, monsieur Balmer ?

    Lien

  • Guillermito
    • Posté à 19h53 le 16/12/2007
    • Internaute 25125

    Donner le vrai nom de Garfieldd et les détails de son nouveau job, c’est absolument dégueulasse s’il ne vous a pas donné l’autorisation de le faire.

    Vous pensez aux conséquences de ce que vous écrivez ?

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à Guillermito
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 23h23 le 16/12/2007
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Le nom a été retiré, suite à vos réactions. Mais c’était loin d’être une révélation, son identité est connue, une simple recherche sur le Net le prouve.

      • leconcombrevert
        leconcombrevert répond à Yann Guégan
        La vraie vérité > : -))
        • Posté à 23h38 le 16/12/2007
        • Internaute 8843
          La vraie vérité > : -))

        C’est bien possible, mais puisque le répéter et d’aujouter ou il travaille maintenant n’apporte rien, pourquoi faut il le faire ?

      • joanici
        joanici répond à Yann Guégan
        • Posté à 17h05 le 17/12/2007
        • Internaute 17477

        Certes, mais l’internaute lambda aurait-il eu l’idée d’effectuer une recherche nominative sur cette affaire sans cet article ?
        Le retour à l’envoyeur est en tout cas rapide : une simple recherche « Etienne Balmer » donne ces réponses :

        Lien
        Lien

        Comme il le dit lui-même : « En cherchant encore aujourd’hui sur internet, on retrouve aisément tous les détails. ». A conjuguer au futur.

  • Congolais
    Congolais
    Journaliste à Kinshasa
    • Posté à 22h02 le 16/12/2007
    • Journaliste 25138
      Journaliste à Kinshasa

    C’est en effet un jeu dangereux que de publier sur son Blog certaines choses. J’ai fait attention à ce détail en lançant le mien il y a deux ans (Lien). J’ai veillé à ce qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêts entre mon emploi et mon Blog. Il y a de ces choses qui me démangent autour de moi dans mon milieu professionnel mais je sais très bien que si j’en parle, je ne risque pas vraiment une poursuite en justice mais plutôt de perdre mon travail.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 22h11 le 16/12/2007
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    Hé hé, il semble (à en lire les commentaires de Laurent Gloaguen et de Kozlika) que le sujet du billet ne soit pas la teneur du billet lui-même, mais son auteur, « Etienne Balmer », l’apprenti journaliste.

    On nage en plein polar ! Attendons impatiemment des éclaircissements sur l’affaire, peut-être même affichés dans la « sélection de Rue89 ».

  • Mon-Al
    Mon-Al
    roturière : -)
    • Posté à 22h47 le 16/12/2007
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    Il ne faut pas être bien malin quand même pour raconter avec force détails sa vie au boulot, en appelant les gens par leur nom et en dévoilant des choses internes à l’entreprise ! Tout est surveillé, il faut bien le savoir.

  • Etienne Balmer
    Etienne Balmer
    Auteur(e) de l'article Etudiant en journalisme
    • Posté à 23h01 le 16/12/2007
    • Internaute 24588
      Etudiant en journalisme

    Je suis l’auteur de l’article qui fait l’objet de ces commentaires. J’ai mentionné dans une première version le nom de M.C. sans autorisation de l’intéressé, et je le regrette. Cependant je ne l’ai pas fait par vanité ni par indifférence, mais parce que ce monsieur avait été sanctionné par sa hiérarchie et son nom rendu public dans de nombreux médias à l’époque des faits. En cherchant encore aujourd’hui sur internet, on retrouve aisément tous les détails.
    Le cas « Garfieldd » est exemplaire en ce qui concerne mon sujet. Si on ne doit plus parler de choses passées, autant faire une liste tout de suite de ce que l’on peut évoquer ou pas ! ?
    Par ailleurs, toutes les autres personnes citées dans mon article le sont en connaissance de cause.

    • leconcombrevert
      leconcombrevert répond à Etienne Balmer
      La vraie vérité > : -))
      • Posté à 23h46 le 16/12/2007
      • Internaute 8843
        La vraie vérité > : -))

      Il se peut que c’est un cas atypique. Pourtant, moi je n’avais jamais entendu parler de ce Garfieldd. Et puisque vous expliquez les détails de son histoire, que vous jugez pertinents, dans votre article, je ne vois pas pourquoi il fallait répéter le nom de ce monsieur. Cela n’ajoute rien à votre propos et risque tout de même lui attirer des ennuis, non ? À quoi bon alors.

  • Kolteen
    • Posté à 23h01 le 16/12/2007
    • Internaute 25146

    J’ai moi-même un blog qui parle de mon boulot de pionne dans un collège de banlieue « hard »...

    Dedans pas de noms, pas de critiques, je raconte simplement et laisse le lecteur se faire sa propre idée..

    Je l’ai crée surtout pour raconter à mes amis, ce job un peu particulier et toutes mes aventures (et mésaventures), mais je me rends compte maintenant que ça peut aussi témoigner d’une réalité, et que les instants volés que je rapporte casse un peu l’image que les gens ont des banlieues, portée par les médias..

    Lien

  • machinchose
    • Posté à 09h55 le 17/12/2007
    • Internaute 8651

    quand je vois sur facebook, myspace, skyblog etc. tous ces jeunes qui se réjouissent de se montrer ivres morts, ridicules ou consternants je me dis qu’ils ne réalisent pas vraiment qu’internet ne les oubliera pas. De même que pour les films ou les blogs.

    Et je me demande ce qui arrivera plus tard pour les jeunes qui s’exposent bouurés, à demi-nus, qui disent tout de leurs opinions, de leur religion, de leurs gouts sexuels ou culturels qui exposent leurs vie privée etc.
    Ces gens qui créent des comptes pour leurs enfants, qui mettent en ligne la vie de toute leur famille, les photos de vacances avec le nom de chacun, leurs interieurs, leur intimité...

    et je me dis parfois qu’en fait ça deviendra une sorte de nouvelle règle. Je ne suis pas sur que ça les desservira.

    dans le nouveau monde sans vie privée qu’on nous construit, il sera peut être plus grave de ne pas avoir ce passé, cette existence google-isable, cette preuve qu’on est (ou a été) jeune et fun, qu’on a beaucoup d’amis etc.

    et finalement ça me parait plus sordide encore. Ce jour où sera suspect celui qui n’existe pas, celui qui ne sera pas en photo quelque part sur internet vomissant son alcool.

    En revanche, les propos sur la boite, la réalité de la liberté de dire seront j’imagine toujours autant voire plus peut être, poursuivi. à moins qu’ils ne soit à la mode sarkozy-yade, controlés, encouragé et manipulé... une simili-liberté de dire surveillée et corrigée par la puissance elle même.

    Nous sommes en train d’inventer le monde et ce que nous écrivons aujourd’hui, ce que nous décidons, laissons faire, faisons, aura des répercussions colossales sur notre avenir d’êtres indépendants, libres et autonomes.

    • Suzanna
      Suzanna répond à machinchose
      • Posté à 19h36 le 17/12/2007
      • Internaute 17779

      Oui, Big Brother is watching us...
      Lisons et relisons « 1984 » et « La ferme des animaux ».

      Besitos, comme dirait Eric.

  • garfieldd
    • Posté à 13h46 le 17/12/2007
    • Internaute 25220

    Monsieur,
    Mon nom a été jeté en pature il y a maintenant deux ans, et il est normal que - après avoir sanctionné mais aussi réintégré dans mes fonctions - je souhaite retrouver le calme de l’anonymat.
    Votre souci d’informer ne vous dédouane pas du respect de la vie des gens que vous ramenez avec légèreté au devant de la scène.
    De quel droit donnez vous des informations sur la localisation de mon lieu de travail ou j’ai réussi à retrouver le calme propice à l’exercice de mon métier.
    J’ai été sanctionné, et une partie de cette sanction est assortie d’un sursis. En tant que journaliste - qui a évidemment vérifié vos sources - vous devez le savoir et comprendre la situation forcément délicate encore dans laquelle je me trouve
    Il y a suffisamment de dommages collatéraux dans ma vie personnelle sans que vous permettiez, avec légèreté, de rouvrir des blessures.
    J’espère que ces quelques mots vous permettrons de progresser dans l’exercice de votre métier et de comprendre que la réflexion est la meilleure arme du journaliste et que faire de l’investigation ne dispense pas de respecter les personnes.

  • Pibole
    Pibole
    auteur
    • Posté à 18h02 le 17/12/2007
    • Internaute 1365
      auteur

    Pour raconter mon expérience et mes tribulations d’auteur jeunesse, de salons en fêtes du livres, d’ateliers d’écriture en rencontres avec les classes, j’ai éprouvé le besoin de faire un blog.
    Pour cela j’ai choisi le maigre anonymat d’un pseudo. Cela me donnait de la liberté d’écriture, me laissait éventuellement la possibilité de pousser des coups de gueule, et me permettait de ne pas en faire un blog « commercial ».
    On n’y trouve donc pas de mise en vitrine de mes « oeuvres », mais les coulisses des relations avec les éditeurs, les libraires, les profs.
    Pas de noms cités, pour éviter les occurrences google, et puis à quoi bon ? Ce n’est pas pour potiner, pas pour dénoncer des personnes, mais des pratiques spécifiques à la chaîne du livre, et c’est surtout une vision distanciée de la vie quotidienne du travail d’écrivain.
    Quand on n’a pas de « vraie » vie d’entreprise, pas de collègues avec qui échanger au quotidien en buvant le café, ça fait du bien, cette immédiateté de l’écrit.

    Lien

  • severin
    • Posté à 17h28 le 17/12/2007
    • Internaute 2106

    Ne pas pouvoir parler librement de son expérience professionnelle sur Internet serait une grave atteinte à la liberté d’expression.

    Le deséquilibre de communication entre les entreprises et le grand public est déjà suffisament important !

    Je pense que les problèmes décrits dans cet article sont essentiellement dûs au format utilisé pour communiquer : LE BLOG

    En effet, le point de vue apporté par le blogeur est subjectif et sorti de son contexte. Ce n’est donc pas une source d’information fiable sur les entreprises. L’information donnée sur le site corporate des entreprises n’est pas fiable pour les mêmes raisons. De plus, l’entreprise peut difficilement répondre parmi les commentaires du blogueur, surtout si le contenu est diffamatoire. Le faire serait interprété comme un signe d’acceptation du contenu initial.

    D’une manière générale, pour une communication constructive, sont nécessaires : une démarche d’humilité et de transparence de la part des entreprises et une démarche de sincérité et d’objectivité de la part des internautes.

    Nous nous sommes intéressés de très près à ce sujet et pensons qu’une plateforme neutre de communication pourrait constituer un bon support pour fédérer les feedbacks professionnels des internautes.

    Nous avons imaginé une page dédiée à une entreprise où les internautes pourront partager leurs expériences et l’entreprise aura son droit de réponse aux commentaires, avec un contenu bien identifié comme la « réponse de l’entreprise ».

    Ainsi, ce n’est plus la subjectivité d’un internaute qui est présentée mais la somme des subjectivités des internautes intéressés qui permettent de donner une image représentative de la vie dans cette entreprise.

    Si cette approche de communication vous intéresse, nous lançons très bientôt cette plateforme participative d’information sur l’univers professsionnel : Lien

    Séverin Bénizri et Côme Sauval
    ––––––––––––––-
    Helia.fr
    Eclaire Votre Univers Professionnel

  • bilqis
    bilqis
    expat
    • Posté à 15h04 le 18/12/2007
    • Internaute 16265
      expat

    Pour vivre heureux, vivons cachés

    On ne crache pas dans la soupe qui vous nourrit

  • Benoît Granger
    Benoît Granger
    Chercheur en microfinance
    • Posté à 15h46 le 18/12/2007
    • Expert 1916
      Chercheur en microfinance

    Salut à toi, Garfieldd ! Bon courage pour ton anonymat –et pour poursuivre ton beau boulot en paix !

  • eluise
    eluise
    surveillante
    • Posté à 20h33 le 18/12/2007
    • Internaute 25413
      surveillante

    Effectivement, en flânant sur la blogosphère j’ai constaté que des profs avaient dû cesser de raconter leur vie professionnelle dans leur blog.
    Je suis surveillante et je tiens un blog où j’évoque mon quotidien au collège, mais pas dans le but de dénoncer, diffamer ou que sais-je. C’est surtout pour rigoler (imaginez-vous, je travaille toute la journée avec des ados... !) et faire partager mes best of. Toutefois j’ai pris un pseudo et tous les noms sont modifiés, je me méfie beaucoup. Je suppose que moi aussi je suis soumise au devoir de réserve mais où commence-t-il et où s’arrête la liberté d’expression ? C’est tout le problème.
    Eluise,
    Lien

  • pas perdus
    • Posté à 10h01 le 20/12/2007
    • Internaute 2412

    Un blog ne se réduit pas à raconter sa vie (professionnelle) et à poser en tenue légère...

    On peut parler de son travail et de ses collègues sans tomber dans le compte-rendu pointilleux et dans la délation ou l’insulte. On peut même aller dans la fiction pour mieux rendre compte... S’inspirer de son expérience personnelle et celle de ses proches pour écrire un mix réaliste et totalement inattaquable si l’employeur tombe dessus.