Entretien 09/09/2010 à 20h36

La réforme de la garde à vue, une opération « très habile »

Camille Garcia | Etudiante en journalisme


Michèle Alliot-Marie à l’université d’été de l’UMP le 6 septembre 2008 à Royan (Audrey Cerdan/Rue89).

Mardi, Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Justice, a dévoilé son avant-projet de loi réformant la garde à vue. Avec pour annonce principale, la présence, durant toute la procédure, de l’avocat, ce que réclamait, de longue date, la profession. Entretien avec Fabien Jobard, chercheur au CNRS et spécialiste des questions de sécurité.

Cet avant-projet de loi est la réponse du gouvernement à la décision du Conseil constitutionnel, qui déclarait, le 30 juillet, que la garde à vue à la française était « inconstitutionnelle ». Les Sages sanctionnaient notamment une « banalisation » du dispositif.

Les chiffres officiels confirment l’explosion pour l’année 2009 : on dénombre 600 000 gardes à vue -dont plus de 170 000 pour des délits routiers- contre 337 000 en 2001. Mais selon Matthieu Aron, chef du service police-justice à France Info, et auteur d’un ouvrage sur la garde à vue, le total friserait plutôt les 900 000.

La réforme présentée par MAM vise officiellement à en diminuer le nombre et à en « améliorer les conditions matérielles ». A limiter aussi son usage aux « crimes et délits punis d’une peine d’emprisonnement ». Le texte repose sur deux mesures phares :

  • la présence des avocat,
  • le droit de garder le silence.

La loi introduit également « l’audition libre », une mesure qui permet de garder une personne à volonté - « le temps nécessaire à son audition », dit le texte-, sous réserve de son
consentement. Toutefois, elle convainc peu avocats et magistrats. Jean-Yves Leborgne, vice-bâtonnier du barreau de Paris -et avocat d’Eric Woerth-, s’indigne par exemple :

« On nous accorde de nouveaux droits et on crée un moyen de les contourner. »

Fabien Jobard, chargé de recherches au CNRS et rattaché au CESDIP (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales), est spécialiste des questions de sécurité. Il décrypte la réforme... et épingle plusieurs dispositions qui en limitent en fait grandement la portée. Interview.

La présence de l’avocat durant tout la garde à vue est-elle une vraie révolution dans les pratiques policières en France ?

Fabien Jobard : Pas vraiment. Pour moi, la vraie révolution, c’était en 2000, avec l’introduction d’un avocat dès la première heure avec la loi sur la présomption d’innocence.


Fabien Jobard (CESDIP.fr).

Il ne faut pas oublier qu’avant 1993, la garde à vue était un moment de soustraction totale de l’individu par rapport au monde extérieure, de quelques heures à (désormais) 4 jours. Avant la loi de janvier 1993, nul autre qu’un policier ne pénétrait dans cet espace de rétention.

Aussi anodine soit-elle, c’est la présence de l’avocat dès la première heure qui a changé les pratiques. La garde à vue était vraiment un lieu de souveraineté policière jusqu’alors. Et ce n’est qu’en 1993 que le gardé à vue a pu obtenir quelques droits comme prévenir son employeur ou un membre de son entourage (parents, époux...), demander à être examiné par un médecin, et avoir un entretien avec un avocat.

Pourquoi les syndicats de police et de gendarmerie sont-ils opposés à cette mesure ?

Avec cette cette réforme se pose la question de son application et de sa faisabilité. Où va-t-on installer les avocats lorsque l’on sait que encore beaucoup de commissariats ne disposent même pas d’un vestiaire. Parfois, c’est par un simple rideau, dans une pièce commune, que l’on abrite l’examen par le médecin du gardé à vue. Au niveau budgétaire : qui va payer l’avocat, son séjour, s’il doit rester 48 heures ou 96 heures ?

Les syndicats de police ont avancé plusieurs arguments. Synergies-Officiers s’inquiète : « Si le voyou bénéficie désormais de l’assistance gratuite d’un avocat, la victime, même Smicarde, devra en être de sa poche ! »

Ces arguments avancés par les syndicats de police concernant le coût de telles dispositions sont recevables.

Pour être complète, cette mesure ne devrait-elle pas s’accompagner de l’accès, pour les avocats, au dossier d’enquête et à la procédure d’instruction ?

Il y a deux possibilités. Soit l’avocat assiste son client comme devant un juge d’instruction, avec, par conséquent, l’accès au dossier d’enquête et à la procédure d’instruction, et là, avant les pratiques, cela change toute la philosophie de la garde à vue puisque les officiers de la police judiciaire deviennent des magistrats de fait. La GAV ne serait en effet plus une simple mesure de rétention assortie d’auditions par un OPJ, mais une audition menée auprès d’un prévenu assisté d’un avocat, comme devant un juge d’instruction.

Soit, il s’agit seulement de se conformer à la décision du Conseil Constitutionnel et on veut faire en sorte que la garde à vue garde son statut ambigu entre procédure pénale et rétention. Bref, c’est assez irréel.

La création d’une nouvelle garde à vue appelée « audition libre », qui, sous réserve du consentement de la personne suspectée, permet de l’interroger « le temps strictement nécessaire à l’audition » -sans limite de durée-, n’est-elle pas contradictoire avec ce nouveau droit ?

Le point essentiel, ici, est le consentement. Mais le consentement est une notion de droit civile qu’on transpose ici en droit pénal. Cela suppose une relation d’égal à égal entre le suspect et le policier. C’est oublier que le policier représente la puissance de l’autorité publique et que, par conséquent, le consentement du suspect est ici vicié. La procédure pénale dispose déjà de mesures fondées sur le consentement :
celles menées dans le cadre de l’enquête préliminaire, comme récemment
avec Claire Thibout. On devine combien le terme de « consentement » est
ici impropre... [les policiers s’étaient rendus au domicile de l’ancienne comptable de Liliane Bettencourt jusqu’après minuit au cours de l’enquête préliminaire, ndlr].

D’autant que, dans le projet de loi, cette audition libre ne garantit pas le respect de droits inhérents à la garde à vue, tels que la présence d’un avocat au début, prévenir la famille ou le droit à un examen médical.

Oui, c’est assez problématique, en effet.

Un autre point, qui est sujet à controverse est la prolongation de la garde à vue de 24 heures, qui dans la nouvelle loi ne sera appliquée que pour les suspects risquant au moins un an de prison...

Or, tous les délits ou presque sont punis d’un an de prison. C’est très habile.

Y-a-t-il quand même des points positifs dans cette réforme, comme le droit de garder le silence ?

Ce n’est rien d’autre qu’une résurgence de la loi de 15 juin 2000 sur la présomption d’innocence [mesure qui, à l’époque, n’avait pas résisté à la pression des syndicats de police qui avaient réussi à obtenir que le législateur supprime la notification de ce droit par la loi du 9 septembre 2002, ndlr].

Finalement, cette réforme, est-elle un réel progrès avec à la clef une baisse du nombre de garde à vue et plus de respect des libertés fondamentales comme exigé par le Conseil Constitutionnel, ou est-elle une réforme trompe-l’œil avec le risque de faire de l’audition libre la règle, et la garde à vue l’exception ?

Je vais vous parler ici de façon purement sociologique. Lorsque des organisations font face à de nouvelles contraintes, elles s’arrangent toujours pour en minimiser la portée. Quand la loi de 1993 a imposé l’avocat à la 23e heure, les gardes à vue n’excédaient presque jamais, subitement, 20 heures. Autre exemple : la loi du 15 juin 2000 sur la présomption d’innocence. Cette loi avait introduit, notamment, l’avocat dès le début de la garde à vue, ou bien créé le juge des libertés et de la détention. Cette loi avait totalement sous-estimé la somme des nouvelles contraintes bureaucratiques qui allaient peser sur les parquets et les officiers de la police judiciares (OPJ). Un mouvement de résistance informel s’est mis en branle, qui a conduit (alors que la loi visait l’inverse !) OPJ et procureurs à durcir les mesures qu’ils prenaient. Résultat : on a eu plus d’incarcération sous cette loi qu’avant. La loi fut ensuite modifiée dans le sens demandé par les policiers. L’originalité avec ce projet de loi, c’est qu’avec l’audition libre c’est la loi elle-même qui offre les moyens de son propre contournement. Cette réforme est, stratégiquement, une réponse très habile aux exigences du Conseil constitutionnel

Mis à jour le 10/09 à 11h30. Ajout de précisions et modifications par Fabien Jobard.

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  • fxh.dechezmoi
    fxh.dechezmoi
    Ancien étudiant en attente du (...)
    • Posté à 20h53 le 09/09/2010
    • Internaute 100035
      Ancien étudiant en attente du (...)

    entretien intéressant même si j’aurais sans doute préféré une vision plus juridique sur la question
    je vous propose, pour ma part, une analyse de cet avant-projet de loi en partant du communiqué de la ministre :

    Lien

  • LienRag
    • Posté à 20h54 le 09/09/2010
    • Internaute 34767

    Il est clair que la Révolution avait instauré l’avocat pour que même les pauvres (qui ne savaient pas forcément parler français, et encore moins lire) aient accès à la Justice, et que la nécessité du maintien d’un ordre social inégalitaire a fait de l’avocat le moyen que les riches puissent échapper à la Justice...

    Tout changer pour que rien ne change...

  • Daniel Zéro-
    Daniel Zéro-
    Re - traité
    • Posté à 21h00 le 09/09/2010
    • Internaute 96621
      Re - traité

    Ce soir j’ai vu par hasard sur la 5 l’émission de insupportable Alexandra Sublet, qui a son cerveau dans ses mollets de coq, et qui en accord avec Philippe Gaudin, prétendu journaleux présentait le projet de réforme de garde à vue concocté par Alliot-Marie, comme si cette dernière n’y avait pas été contrainte.

    • pipolino
      pipolino répond à Daniel Zéro-
      .
      • Posté à 22h12 le 09/09/2010
      • Internaute 89242
        .

      Ce n’est pas dans la nature de la droite de faire du social et quand elle le fait, c’est qu’on lui a forcé la main.

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 21h00 le 09/09/2010
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    comme pour la retraite

    une réforme saucisson,.. on ne dit pas tout dessuite... une rondelle par ci par là..de temps en temps...

    • Aaarrrgh
      Aaarrrgh répond à pablico
      utopiste aujourd'hui=réaliste (...)
      • Posté à 10h35 le 10/09/2010
      • Internaute 119837
        utopiste aujourd'hui=réaliste (...)

      Et au final, on l’a dans la rondelle !

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 21h09 le 09/09/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Si j’ai bien compris et compte tenu de la tendance à l’optimisation des coûts publics ce serait la fin de « la garde à vue », et le début de « l’audition libre ». Finalement un renforcement de la force de coercition de la police.

    Comme le « plaidé coupable » est la fin de la justice.

    Une remise à zéro des compteurs en quelque sorte.

  • Alain Pacifique
    Alain Pacifique
    enfin!! ça marche !
    • Posté à 21h37 le 09/09/2010
    • Internaute 24637
      enfin!! ça marche !

    « le droit de garder le silence. »
    évidemment c’est l’essentiel. sauf sous la torture, il vaut mieux en dire le moins possible pendant une gav. attendre la présence d’un avocat et si plus grave, attendre l’audition par un juge ( avec avocat, of course).

    • Tokani
      Tokani répond à Alain Pacifique
      Oldmole
      • Posté à 08h32 le 10/09/2010
      • Internaute 71184
        Oldmole

      Oui c’est ça Alain pendant la GAV il vaut mieux la fermer surtout si tu es un délinquant....
      Sinon si tu es un citoyen sans reproche tu essayeras d’aider de ton mieux la Police pas forcément fasciste à élucider l’affaire non ?

      • Alain Pacifique
        Alain Pacifique répond à Tokani
        enfin!! ça marche !
        • Posté à 09h06 le 10/09/2010
        • Internaute 24637
          enfin!! ça marche !

        non non, simple principe de précaution. si tu es accusé à tort, il vaut mieux ne pas dire ce qu’on pourrait essayer de te faire dire.

      • haiker
        haiker répond à Tokani
        • Posté à 10h19 le 10/09/2010
        • Internaute 29253

        Vu la surenchère législative et la facilité - unilatérale - avec laquelle on peut se voir reprocher d’outrager des dépositaires de l’autorité, un citoyen sans reproche, cela n’existe plus réellement. La présomption d’innocence, par conséquence, guère plus.
        Il suffit d’un « Sarko je te vois » et hop on a un casier. Les seuls citoyens sans reproche qui restent sont ceux qui ferment volontairement les yeux, les oreilles et la bouche...

        On ne peut être coupable de refuser de prouver ou d’aider à prouver son innocence. Sauf si l’inquisition revient.

        C’est aux enquêteurs de chercher des preuves de votre culpabilité. Comme ils vous considère de facto suspect (sinon pourquoi enquêteraient-ils sur vous ! ?), ils cherchent plutôt ces preuves et négligent plus facilement celles d’innocence. Quand bien même vous tenteriez de les y aider, ces vérifications d’alibis semblent être vécues comme des contraintes par les enquêteurs, c’est dire à quel point leur enquête est à charge.

        24h de silence n’a jamais tué personne.
        Parler pendant une garde à vue, si. Y compris des innocents.

      • setori
        setori répond à Tokani
        retraité
        • Posté à 18h00 le 10/09/2010
        • Internaute 43503
          retraité

        Sauf que pour la police ou la gendarmerie ’un citoyen sans reproche(s) « ça n’existe pas ! KNOCK disait “tout homme bien portant est un malade qui s’ignore” ! La poulaille dit “tout innocent est un coupable qui s’ignore” ! Ne jamais l’oublier ....

      • Burns
        Burns répond à Tokani
        Excellent
        • Posté à 19h48 le 10/09/2010
        • Internaute 117322
          Excellent

        « Oui c’est ça Alain pendant la GAV il vaut mieux la fermer surtout si tu es un délinquant....
        Sinon si tu es un citoyen sans reproche tu essayeras d’aider de ton mieux la Police pas forcément fasciste à élucider l’affaire non ? »

        Apparemment non, il vaut mieux la fermer, plutôt que de parler et faire en sorte que justice soit rendue. Que de nobles principes ;)

         
        • Tokani
          Tokani répond à Burns
          Oldmole
          • Posté à 19h55 le 10/09/2010
          • Internaute 71184
            Oldmole

          Ca en dit long sur le divorce entre certains citoyens et la Police Républicaine ! Je me suis déjà retrouvé en garde à vue une dizaine d’heures !
          Je n’ai été ni humilié , ni traumatisé faut dire que je ne l’ai pas ouverte non plus ça aide quand on est en tort !
          J’ai plutôt pu voir les conditions assez pénibles de l’exercice du boulot de policier...

        • rouba
          rouba répond à Burns
          astronaute
          • Posté à 14h02 le 11/09/2010
          • Internaute 114763
            astronaute

          C’est vrai que la justice est tellement bien rendue, qu’on peut lui faire aveuglement confiance.

          Lorsqu’on sait qu’il y a des quotas de GAV ou de contraventions, on ne peut pas s’attendre à ce que ceux qui subissent le zèle des flics puissent avoir autre chose que de la colère ou de a haine contre eux (même si les décideurs sont au gouvernement)

          Il y a des gens qui sont humiliés et traumatisés, des gens qui n’avaient rien à faire 24h ou 36h en GAV, si ce n’est pour remplir les quotas des flics.

          • Burns
            Burns répond à rouba
            Excellent
            • Posté à 14h32 le 11/09/2010
            • Internaute 117322
              Excellent

            « Il y a des gens qui sont humiliés et traumatisés, des gens qui n’avaient rien à faire 24h ou 36h en GAV, si ce n’est pour remplir les quotas des flics. »

            Oui, bien-sûr. Ils sont pris au hasard par l’OPJ de service, placés en garde à vue avec l’aval du parquet, alors que tous n’ont absolument rien à se reprocher.

            Humiliés, traumatisés, (vous avez oublié torturés) et en plus, pour certains, privés de quelques épisodes de Secret Story... tout cela pour des quotas, y’a de quoi être rageux.

            Rassurez-vous, au rythme où nous allons, dans quelque temps, pour ne pas traumatiser les mis en cause, la garde à vue se déroulera au domicile du suspect, après avoir pris rendez-vous, of course. Ça réglera pas mal de problèmes, y compris celui de l’avocat, qui pourra dormir dans la chambre d’amis.

            • rouba
              rouba répond à Burns
              astronaute
              • Posté à 19h26 le 11/09/2010
              • Internaute 114763
                astronaute

              le parquet fixe des quotas de GAV alors il ne va pas rechigner à approuver les demandes des OPJ, même les plus abusives.

              C’est vrai que c’est tellement anodin de se voir privé de liberté, de rester 24h sans hygiène, sans boire ou manger...mais les milliers d’exemples de GAV abusives et dégradantes relèvent là encore de la simple vue de l’esprit. Le Conseil Constitutionnel, la Cour européenne des droits de l’Homme et Amnesty International sont des affabulateurs car tout le monde sait que toutes les GAV sont justifiées en France.

              Il faut bien soutenir les flics dans leur enquête (enfin la procédure qui vise à faire avouer le présumé coupable, comme Patrick Dils). Il est plus aisé de manipuler un individu diminué, humilié et complètement perdu. Un bon aveu est toujours préférable à une fastidieuse recherche de preuve.

              Le terme de torture est largement recevable. Les pressions psychologiques, les conditions de détentions, les fouilles au corps sont bien des traitements dégradants, humiliants et indignes d’une démocratie. Mais les chiffres exigés par le chef valent bien quelques indélicatesses avec les droits de l’Homme. Il faut de l’honneur et du courage pour désobéir.

              • Burns
                Burns répond à rouba
                Excellent
                • Posté à 20h08 le 11/09/2010
                • Internaute 117322
                  Excellent

                « le parquet fixe des quotas de GAV alors il ne va pas rechigner à approuver les demandes des OPJ, même les plus abusives. »

                Ça c’est de la désinformation à l’état pur. Depuis bien longtemps, les directives du parquet en la matière sont de limiter autant que possible les mesures de garde à vue. Notes de service à l’appui.

                « C’est vrai que c’est tellement anodin de se voir privé de liberté, de rester 24h sans hygiène, sans boire ou manger... »

                Alors pour votre info, quand vous êtes placé en garde à vue, des repas (au choix bien souvent) vous sont proposés ! On ne vous laisse pas mourir de soif, non plus.

                Quant au reste de votre commentaire, que je viens de parcourir, ça vole tellement bas (un peu comme le début d’ailleurs), que je ne vais pas m’attarder à y répondre ;)

                • rouba
                  rouba répond à Burns
                  astronaute
                  • Posté à 21h14 le 11/09/2010
                  • Internaute 114763
                    astronaute

                  ça vole toujours trop haut pour un képi ! Faut pas avoir honte de son boulot comme ça...

                  Des repas proposés ? Dans tes rêves, et tu vas nous dire qu’on est reçu dans des pièces qui ne puent pas la merde ou le vomi ? Remarque c’est toujours mieux que l’odeur des flics !

                  Elles datent de quand tes notes de service ? T’es même pas foutu d’assumer ton taff de m.....

                  Lien

                  Lien

                  Lien

                  • Burns
                    Burns répond à rouba
                    Excellent
                    • Posté à 21h20 le 11/09/2010
                    • Internaute 117322
                      Excellent

                    Dis donc, reste polie, même si t’es pas belle, hein : (

                    Tes 2 de QI pourraient au moins te servir à t’adresser correctement aux autres, non ?

                    • rouba
                      rouba répond à Burns
                      astronaute
                      • Posté à 22h22 le 11/09/2010
                      • Internaute 114763
                        astronaute

                      2 de QI ? J’suis au moins commissaire alors !

                      Pour la politesse, je reste au niveau de tes collègues.

        8 autres commentaires
  • speedy38-
    speedy38-
    Ingénieur des travaux finis
    • Posté à 21h45 le 09/09/2010
    • Internaute 124689
      Ingénieur des travaux finis

    Il n’y a en fait que 2 choses à retenir de ce blabla :

    « La création d’une nouvelle garde à vue appelée “ audition libre ”, qui, sous réserve du consentement de la personne suspectée, permet de l’interroger “ le temps strictement nécessaire à l’audition ” -sans limite de durée-, n’est-elle pas contradictoire avec ce nouveau droit ?

    Le point essentiel, ici, est le consentement. Mais le consentement est une notion de droit civile qu’on transpose ici en droit pénal. Cela suppose une relation d’égal à égal entre le suspect et le policier. C’est oublier que le policier représente la puissance de l’autorité publique et que, par conséquent, le consentement du suspect est implicite. “

    ‘Cette réforme est stratégiquement une réponse très intelligente au Conseil constitutionnel. D’autant que le plus fort ici, c’est qu’il n’y a nul besoin de contourner la loi, puisque la loi elle-même offre la voie de sortie à la loi, avec l’audition libre.’

    Bref, une non-loi qui ne non-changera la garde à vue.

    Les poulets pourront continuer à picorer à leur guise.

    • mauser
      mauser répond à speedy38-
      • Posté à 07h54 le 10/09/2010
      • Internaute 4683

      Sans problème le petit délinquant vous croyez qu’il va être traitè comment Il signera ou l’on signera pour lui un bout de papier puis il serra en audiçtion à terme indéfini
      Pour les gros cella change tout.

      • speedy38-
        speedy38- répond à mauser
        Ingénieur des travaux finis
        • Posté à 09h18 le 10/09/2010
        • Internaute 124689
          Ingénieur des travaux finis

        Bonjour.

        « Pour les gros cella change tout. »

        Je ne suis pas d’accord avec vous. Pour les gros cela ne change rien du tout car ils ne sont actuellement pas inquiétés...

        Les policiers réfléchissent à deux fois avant d’embarquer un « gros poisson ».
        Ils sont avant tout des hommes et ne souhaitent pas avoir d’ennuis avec leur hiérarchie ou se retrouver mutés à Pétaouchnok...

        Eric Woerth a-t-il été mis en garde à vue ? Bien sûr que non...

        Le Maistre a certes été mis en garde à vue, mais avec le tapis rouge déroulé devant le commissariat, dans uns salle climatisée, avec des fauteuils en cuir, caviar, champagne et un grand maître du barreau pour répondre à sa place...

        Par contre, Claire Thiboud, petite comptable, n’a pas bénéficié de toutes ces attentions.

        En fait, les policiers regardent si la personne porte ou non une « rosette ».
        Si elle n’en porte pas c’est « présumé coupable » et le gnouf.
        Si elle en porte une, c’est « présumé innocent » et il faut faire gaffe à ne pas se brûler les doigts...

        La légion d’honneur est en fait la marque distinctive des gros délinquants en col blanc destinée au flics et qui signifie « pas touche, ça brûle »...

        Bref, rien de changé en ce bas monde.

         
        • yabon
          yabon répond à speedy38-
          Klingon
          • Posté à 09h47 le 10/09/2010
          • Internaute 98602
            Klingon

          « En fait, les policiers regardent si la personne porte ou non une “rosette
          Si elle n’en porte pas c’est ‘présumé coupable’ et le gnouf.
          Si elle en porte une, c’est ‘présumé innocent’ et il faut faire gaffe à ne pas se brûler les doigts...”.

          Compte tenu des circonstances des distributions de rosettes dans le contexte actuel, on a tout lieu de penser qu’ils devraient faire le contraire !

        1 autres commentaires
  • cactusun
    cactusun
    retraité
    • Posté à 21h47 le 09/09/2010
    • Internaute 50486
      retraité

    J’avoue avoir du mal à tout comprendre dans cet article. Toutefois, l’audition libre me paraît en contradiction avec le fait de de garder une personne à volonté - « le temps nécessaire à son audition »,

    Si l’audition est libre et nécessite le consentement de l’auditionné, cela ne signifie-t-il pas que c’est l’auditionné qui décide ? En ce cas, comment pourrait-on le contraindre à être gardé le temps nécessaire à l’audition ?

    Eclairez-moi ! ! !

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 21h48 le 09/09/2010
    • Internaute 66286
       : -\

    > Pourquoi les syndicats de police et de gendarmerie sont-ils opposés à cette mesure ?

    Les magistrats condamnant très peu ... ou à tort (affaire outreau notamment mais d’autres existent et en grand nombre) et n’étant jamais puni, si on met un avocat dans la partie, on peut être marron pour condamner les voyous : ah mais il manque une virgule dans le compte rendu d’interpellation, relachez moi ce trafiquant de drogue déja condamné 50 fois ....etc

    > Un autre point, qui est sujet à controverse est la prolongation de la garde à vue de 24 heures, qui dans la nouvelle loi ne sera appliquée que pour les suspects risquant au moins un an de prison…

    Quasi tout les délits mais quasiment jamais jugé dans ce sens et très souvent encore moins appliqué....

    On n’est pas sorti du reigne des voyous récidivistes qui tuent nos filles et nos compagnes, nos parents, fils et amis ....etc

    • Nanarf
      Nanarf répond à obey-
      • Posté à 21h54 le 09/09/2010
      • Internaute 8972

      Sans parler de orthographe

    • Giorgio
      Giorgio répond à obey-
      Cinéaste
      • Posté à 23h16 le 09/09/2010
      • Internaute 8133
        Cinéaste

      « On n’est pas sorti du reigne (sic) des voyous récidivistes qui tuent nos filles et nos compagnes, nos parents, fils et amis ....etc »

      « Qu’un sang impur abreuve nos sillons... »

      Longue vie de merde aux trouillards et aux cons !

    • Alt-Z
      Alt-Z répond à obey-
      Désolé
      • Posté à 11h46 le 10/09/2010
      • Internaute 34267
        Désolé

      Tiens obey, tu sais que le parc carcéral a doublé en 30 ans, que 15 000 places sont encore en construction et que ça n’empêchera pas d’atteindre les 150 % d’occupation à l’horizon ~ 2030 ?
      Quant à tes exemples, tu pourrais au moins essayer d’être vraisemblable, quoi...

  • Renard15
    Renard15
    Militaire
    • Posté à 21h52 le 09/09/2010
    • Internaute 71790
      Militaire

    Je suis septique sur la présence d’un avocat en permanence... Quand on entre dans un cabinet d’avocat ce ne sont que piles de dossiers qui encombrent le bureau alors si l’avocat doit passer le temps de la GAV dans un commissariat ou dans une brigade...
    Quand va’t-il plaider et traiter les autres dossiers ?
    L’augmentation du nombre des GAV était l’un des résultats de la politique du chiffre. Les OPJ de la PN étaient (le sont-ils encore ?) notés sur le nombre de GAV.
    Pas la peine de réformer la GAV, il suffit d’arrêter la politique du chiffre.

    • pollicarpe69
      pollicarpe69 répond à Renard15
      Entre deux (fleuves)
      • Posté à 22h13 le 09/09/2010
      • Internaute 114627
        Entre deux (fleuves)

      Je dirais volontiers : à chacun son travail, laissez les avocats s’organiser.

      En 2000, tout le monde pensait que l’entretien au début de la GAV serait compliqué à mettre en place, et les barreaux n’ont pas désemparé.

  • pollicarpe69
    pollicarpe69
    Entre deux (fleuves)
    • Posté à 22h09 le 09/09/2010
    • Internaute 114627
      Entre deux (fleuves)

    Un exemple de délit puni d’une peine d’emprisonnement, dont l’auteur pourrait faire l’objet d’une garde à vue : le vol simple (trois ans encourus).

    Le vol simple peut-être un vol à l’étalage.

  • spartak
    spartak
    (comité libertaire lyophilisé)
    • Posté à 22h14 le 09/09/2010
    • Internaute 84113
      (comité libertaire lyophilisé)

    Marrant comme nom, Fabien Jobard : un coup à avoir des ennuis avec la police... « Comment vous appelez-vous ? Jobard »...
    Et il y a aussi un historien qui s’appelle Dominique Barjot :
    Lien

  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 22h16 le 09/09/2010
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    Les films policiers me gonflent, les feuilletons télé policiers encore plus, les romans policiers -mis à part San antonio je ne les lis pas, je n’ai jamais tué qui que ce soit, je ne vole plus depuis un moment,et sincèrement cette loi faite pour une minorité, je m’en fous , mais alors complètement.

    • rouba
      rouba répond à vieilanarfatigué
      astronaute
      • Posté à 01h28 le 10/09/2010
      • Internaute 114763
        astronaute

      Une minorité ? On estime le nombre de GAV en 2009 à environ 880.000.

      Soit autant d’affaires résolus pour nos valeureux flics, heureusement que la Seine nous en garde un de temps en temps.

      • ELCHEKATZO
        ELCHEKATZO répond à rouba
        Ruminant
        • Posté à 04h00 le 10/09/2010
        • Internaute 36477
          Ruminant

        Je connais un mec tellement fatigué qu’il a oublié de prendre sa carte à l’UMP

         
        • vieilanarfatigué
          vieilanarfatigué répond à ELCHEKATZO
          Changer le monde, c'est se (...)
          • Posté à 12h33 le 10/09/2010
          • Internaute 125168
            Changer le monde, c'est se (...)

          ça c’est malin comme réponse, mais vois tu j’habite dans le coin de France où les chiffres de la délinquance sont les plus bas ! Imagine un endroit où quand tu sors de ta voiture tu l’a laisses ouverte, avec tes papiers dedans ! Je suis parti en vacances 3 semaines sans fermer la porte de la maison ! Et rien ne s’est passé .Si tu peux imaginer ça , tu peux aussi comprendre que je cherche à m’informer du bordel ambiant et les réponses que l’on me donne sont à des années lumière que ce que je croyais. La société a évolué , s’est dégradée plus rapidement que prévu. Voilà c’est tout.

        1 autres commentaires
      • vieilanarfatigué
        vieilanarfatigué répond à rouba
        Changer le monde, c'est se (...)
        • Posté à 09h14 le 10/09/2010
        • Internaute 125168
          Changer le monde, c'est se (...)

        waouuuuh , tu as l’air de t’y connaitre. Tu les as eu où ces chiffres ? et est ce qu’on peut avoir leur répartition géographique ? J’ai choisi de vivre depuis longtemps dans des endroits où le peu de délinquance était -entre autres un de mes critères de choix - et je ne pouvais donc pas savoir que c’était à ce point là. Mais méfiance , qu’y a t il derrière ces chiffres ?
        merci

         
        • rouba
          rouba répond à vieilanarfatigué
          astronaute
          • Posté à 09h55 le 10/09/2010
          • Internaute 114763
            astronaute

          Il n’y a pas de chiffre précis.

          « En 2009, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, 580.108 personnes ont fait l’objet d’une garde à vue, sans compter les gardes à vue liées aux délits routiers, environ 250.000. La hausse est de près de 55 % en huit ans et plus de 100.000 d’entre elles ont duré plus de 24 heures. »

          Lien

          Qu’y a t il derrière ces chiffres ?

          Une véritable torture psychologique, une procédure abusivement utilisé par les flics, depuis la politique du chiffre, une justice qui se fout des preuves et du respect du citoyen.
          Lorsqu’on passe des heures sans manger, boire ou se laver, dans une cellule dégueulasse, qui pue l’urine, on se sent vraiment présumé innocent, on est vraiment en mesure de prendre conscience de ce qu’on dit et de ce qu’on signe. Mais la justice valide ces méthodes et accepte de juger sur la base de ces pressions. Si quelqu’un est coupable, on doit pouvoir le démontrer avec des preuves, pas sur des aveux extorqués sous la pression.
          On a craché sur le juge Burgaud, mais ce type est loin d’être une exception, bien au contraire !

          • vieilanarfatigué
            vieilanarfatigué répond à rouba
            Changer le monde, c'est se (...)
            • Posté à 12h44 le 10/09/2010
            • Internaute 125168
              Changer le monde, c'est se (...)

            Eh bien , je te remercie de ces précisions. Je connais ce qui se cache derrière ces chiffres. Le constat est pour moi simple : rien en 40 ans n’a changé de la part des forces dites de l’ordre, mais le nombre des gav est quand même terrifiant !

            On est dans un moment de répression où toutes les valeurs se perdent et où même la notion de justice perd son sens. Heureusement qu’il y a eu des Badinters sinon ça serait sanglant !

            merci encore !

        2 autres commentaires
      • Burns
        Burns répond à rouba
        Excellent
        • Posté à 20h26 le 10/09/2010
        • Internaute 117322
          Excellent

        « heureusement que la Seine nous en garde un de temps en temps. »

        Tu m’as l’air d’avoir passé un peu trop de temps dans l’espace toi. La raréfaction de l’oxygène fait des ravages...

         
        • rouba
          rouba répond à Burns
          astronaute
          • Posté à 22h37 le 10/09/2010
          • Internaute 114763
            astronaute

          ...comme sous les képis, non ? ^^
          Heureusement pour la pollution de nos rivières, certains choisissent un petit clic-clic boom pour aérer leurs têtes trop longtemps enserrées.

        1 autres commentaires
  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 22h21 le 09/09/2010
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    Si je comprends bien, pour bénéficier de droits et être sur de sortir sous 24h, il vaut mieux refuser une audition libre et demander une garde à vue alors ?

    • Alain Pacifique
      Alain Pacifique répond à Iv
      enfin!! ça marche !
      • Posté à 22h34 le 09/09/2010
      • Internaute 24637
        enfin!! ça marche !

      tout bien compris !

  • elvene
    elvene
    ami des animaux
    • Posté à 23h07 le 09/09/2010
    • Internaute 99250
      ami des animaux

    DU GRAND N’IMPORTE QUOI !
    Au lieu de recueillir l’avis d’un juriste, on fait l’interview « d’un sociologue » spécialisé dans « les questions de sécurité » ( sic).

    La sécurité est une chose, les réponses juridiques qu’on y apporte une autre.

    Ainsi, il est fou de lire que la présence des avocats pendant 24H ou 96H va poser un problème de local.

    Comme si l’Avocat avait vocation à partager la durée de la garde à vue avec son client. Et après, s’il est condamné, il ira aussi purger la peine d’emprisonnement avec le client ?

    En réalité, l’avocat interviendra seulement pour sauvegarder les droits de son client ( exemple lui conseiller de garde le silence), ce n’est certainement pas devant la police que l’avocat va dévoiler sa stratégie et le système de défense qu’il développera ensuite devant le Tribunal.
    Quant aux polciers et au Parquet, ils décideront ou pas d’infliger la totalité de la garde à vue au client sans étendre cette garde à vue à la personne de son avocat..

    De même, dire que l’intervention de l’Avocat devant un policier fera que le policier sera assimilé à un magistrat est totalement farfelu.
    Cette approche parait plus relever d’un délire sociologique mais certainement pas d’une analyse juridique pour tout juriste de base.

    Du n’importe quoi ! Il y a une différence entre l’intervention de l’avocat devant la police et celle ensuite devant un juge.

    Dans tous les pays européens ( comme aux US), l’avocat intervient de suite. Cela n’empeche pas dans ces pays les policiers de faire leur travail.

    Il faut savoir que dans les autres pays, il n’y a pratiquement pas de garde à vue.

    Car soit ce qu’on reproche à la personne est très grave, et on la déferre devant un magistrat qui a le pouvoir de le mettre en détention avec les garanties de la défense avec un avocat devant le juge.

    Soit les faits ne sont pas trop graves et la personne reste libre.
    La police continue son enquete et si des preuves sont recueillies, la personne est ensuite renvoyée devant le Tribunal pour être jugée.

    En France, on prive les gens de liberté pour tout et n’importe quoi et dès qu’il s’agit de stigmatiser cela et de donner des droits aux français comme aux autres citoyens en Europe, la police hurle qu’on ne la laisse pas faire son travail.

    Si on enregistrait les auditions comme en Angleterre, Allemagne, US etc...il n’y aurait plus ces abus policiers régulièrement dénoncés.

    Par ailleurs, le droit au silence ne résulte pas à l’origine des lois précédentes rapportées comme l’indique ce monsieur.

    Ce droit avait été introduit par le gouvernement socialiste de l’époque car c’est la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui avait condamné la France sur ce point.

    Selon la Convention Européenne des Droits de l’Homme, l’accusé bénéficie de la présomption d’innocence et n’a pas à s’auto-incriminer d’où le droit de garder le silence ( en droit anglo saxon, c’est un principe fondamental).

    A ce jour, loi ou pas, nouvelle loi ou pas, le droit au silence est toujours applicable en France, par application directe de la Convention Européenne, norme supérieure aux lois internes françaises contraires.

    Ainsi, encore récemment, j’ai conseillé à quelqu’un de se prévaloir de ce droit et écrit au Procureur pour lui faire savoir que la personne ne dira rien au policier chargé de l’entendre.

    La police et le Parquet ont du en rester là.

    En France, il y a obligation de déférer si vous êtes convoqué sinon on vous conduira au poste de police ou de gendarmerie par la contrainte mais personne ne peut vous forcer à parler quand vous y êtes.

    Y compris aussi après devant le juge d’instruction. Vous pouvez déclarer que vous réservez votre défense devant la juridiction de jugement.

    Un accusé n’a pas à aider ni la police ni le juge d’instruction à établir des preuves contre lui.

    Il est dommage qu’on ne rappelle pas ce qui se fait chez les voisins européens, qu’on n’apprend pas aux gens ce qu’ils peuvent faire ou pas devant la police.

    Le droit au silence existe.
    Dommage que Mr Jobert ne l’a pas respecté. Il aurait mieux fait de tourner dix fois sa langue dans sa bouche avant de parler d’un sujet qui n’entre pas dans son domaine de compétence.

    • Justeunavis
      Justeunavis répond à elvene
      pas facile
      • Posté à 04h13 le 10/09/2010
      • Internaute 65803
        pas facile

      Il y a plusieurs façons de considérer le droit au silence.

      La différence essentielle entre un OPJ et un Magistrat c’est, en dehors d’un pouvoir de décision, qu’aucune déposition ne se fait accompagner d’un avocat auprés d’un OPJ.
      C’est le travail exclusif du magistrat.

      Bien que l’avocat assistera aux auditions il n’aura pas un rôle à jouer dans l’enquête comme il peut le faire auprés d’un magistrat instructeur.

      Que le présumé innocent collabore ou non à l’enquête n’a jamais été un soucis. Il est assez grand ( en tout cas on va le considérer de cette manière ) pour en mesurer les conséquences.
      Qu’il y ait des réponses ou non, l’important c’est que les questions soient posées, que les charges soient présentées et que le présumé innocent soit pleinement conscient de la situation.

      Quant au coté matériel de cette loi celà en demande peu finalement, un chaise de plus et quelques actes.
      Pour l’avocat de permanence, lorsqu’il devra assister à plusieurs auditions dans sa journée, même en pleine nuit d’ailleurs, en même temps et dans plusieurs commissariat ou gendarmerie dans sa zone de compétance il fera comment ?
      Faudra t-il que les policiers ou gendarmes attendent cet avocat pour pouvoir faire une audition ?
      Mais alors, si les auditions sont nécessaires à l’enquête, celà amènera à des mesures de prolongation de garde à vue systématiques juste pour permettre à l’avocat d’assister son client ?

      Moi je regarde celà d’une façon trés amusée, et je suis impatient de voir comment les choses vont évoluer.

      Mais quand même, n’est-il pas préférable d’être auteur aujoud’hui plutot que victime ?

      • elvene
        elvene répond à Justeunavis
        ami des animaux
        • Posté à 12h32 le 10/09/2010
        • Internaute 99250
          ami des animaux

        La différence entre un OPJ et un magistrat est leur statut et leurs fonctions.
        Un magistrat appartient à la magistrature, institution dont l’indépendance est garanitie par la Constitution qui établit la séparation des pouvoirs.
        Un OPJ est aux ordres d’un magistrat ( parquet ou magistratrature assise ( juge d’instruction par exemple).

        Quant au reste, comment fait-on dans tous les autres pays européens, anglo-saxons etc... ? Comme déjà dit, leur police fonctionne très bien....et il n’y a pas de recours systématique de la garde à vue.
        En France, on y recourt pour faire avouer, souvent par des moyens inadmissibles. D’ou après les rétractions d’aveux quand la personne mise en cause est mise à l’abri des policiers en étant devant un juge ou assisté d’un avocat.
        Quant au fait de dire que la cette loi va diminuer le nombre de gardes à vue en france, on rigole. Tous les délits sont sanctionnées d’emprisonnement même certaines contraventions d’ailleurs !

        Dire que le Parquet pourra différer de 12 H l’intervention pour protéger des témoins, victimes etc...est délirant et sera rétoqué soit par le Conseil Constitutionnel soit par la Cour Européenne.

        Par définition, l’auteur des faits étant en garde à vue, les témoins et les victimes sont protégés. Différer l’intervention de l’avocat servira juste à tenter d’obtenir des aveus forcés ou laisser croire que c’est l’avocat qui va aller intimider ou violenter témoins et victimes. On délire en France.

        Il y a le principe de l’égalité des armes. La défense doit s’exercer de suite et rien ne permet à la partie poursuivante, qui n’est qu’une partie, d’empecher la défense.

        Je suis praticien du droit. C’est nous qui rigolons. Car la Mam et les flics français devront s’y faire.

        Un magistrat de la Cour Européenne ( Danois ou Hollandais), venu enquéter en France il y a une dizaine d’année sur l’affaire Hakkar (excusez-moi si j’écris mal le nom) et choqué par ce qu’il a découvert du système français. Il a déclaré « nous remercions la France pour les droits de l’Homme qu’elle nous a donnés....il y a deux cent ans, car aujourd’hui, la France est en queue des pays européens en la matière, derrière la Turquie !

        Il est vrai qu’en France, nous vivons dans un régime policier. Dès qu’il y a une réforme pour se mettre au même niveau que nos voisins en matière de droits des citoyens, les syndicats policiers ses mettent à hurler.

        Que peut attendre le citoyen français quand ses représentants même, bénéficaire de l’immunité, comme ce Député se retrouvent tabassés publiquement par des CRS( affaire Gremmetz en ce moment ?

        Chaque peuple n’a que les institutions, la police qu’il mérite.
        En France, nous sommes des veaux.
        C’est cela la spécificité française vue du côté de nos voisins européens.

        Un magistrat Luxembourgeois a déclaré une fois en pleine audience publique, devant des journalistes dont de nombreux français et les représentants consulaires français, à un avocat français qui plaidait dans ce pays “ les magistrats luxembourgeois n’ont pas de leçons à recevoir de la justice française. La justice luxembourgeoise n’a jamais guilloté quelqu’un pour le reconnaitre ensuite innocent.
        Ici, la magistrature est indépendante. Ce n’est pas le cas en France où le Président Chirac ( il était encore président) et certains devraient être depuis longtemps en prison et où la justice française se couche devant le pouvoir”.

        J’étais à cette audience au Luxembour. La honte. Mais ceci se vérifie encore une fois avec l’affaire Woerth où tout le gouvernemnt invoque la présomption d’innocence qu’on dénie au citoyen de base comme celui de Grenoble remis en liberté en attendant la suite de l’enquete, et où le gouvernement et la police, malgré la séparation des pouvoirs, poussent des cris d’orfaies.
        Comme le Procureur Courroye qui fait tout pour bloquer l’enquete etc...
        Et quand je vois de tels articles de désinformation à l’intention des veaux de base qui ne se demandent même pas pourquoi on intervieu un sociologue et non un juriste sur une question de droit, je suis choqué.

        Rue 89 a aussi, comme tout média, un parti pris.
        Le tout est d’avoir des points de comparaison mais le veau de base qui ne connait pas la matière, prendra cela au premier degré, par exemple, qu’il a l’obligation de répondre aux questions.
        Mais je répète, personne n’a l’obligation de répondre aux questions d’un policier.
        Pour parodier Georges Marchais, je dirais que le policier vient avec ses questions et “ l’auditionné” vient avec son silence.

    • Camille Garcia
      Camille Garcia répond à elvene
      Auteur(e) de l'article Etudiante en journalisme
      • Posté à 12h19 le 10/09/2010
      • Internaute 107834
        Etudiante en journalisme

      Bonjour elveneami des animaux,

      Merci pour vos explications.

      Comme vous le précisez vous-même il s’agissait ici d’avoir le point de vue d’un chercheur au CNRS et au CESDIP et non pas d’un juriste.

      Des précisions et des révisions ont par ailleurs été faites depuis par Fabien Jobard qui pensait concourir à un simple éclairage et non pas faire l’objet d’une interview. (Mea culpa, je n’ai sans doute pas été assez claire sur la forme de l’article).

      Bien entendu l’avis d’un juriste sera sollicité prochainement pour décrypter cette réforme de la garde à vue.

      Très cordialement

      Camille Garcia

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