enquete 15/12/2007 à 13h55

Les SDF ne sont pas des sondés comme les autres


Les enquêtes auprès des sans-logis sont peu médiatisées. Signe d’une société qui « ne veut pas regarder son échec en face » ?





Sur le campement de SDF du canal Saint-Martin (Philippe Lopparelli/Tendance floue).

« Il n’y a qu’à regarder les sondages de SDF pour voir ce à quoi ils aspirent. » Cette phrase, prononcée au détour d’un interview à la veille de l’hiver par Augustin Legrand, porte-voix des Enfants de Don Quichotte, est assez rare pour avoir fait tilt. Les sondages de SDF ? Ceux-ci existent pourtant, mais restent très peu médiatiques. Même si les méthodes sont compliquées, les instituts de sondage ont amorcé les enquêtes d’opinon auprès des sans-abris il y a près de quinze ans.

Les 5 et 6 novembre, BVA a ainsi réalisé une enquête pour le compte d’Emmaüs, l’Humanité et l’hebdomadaire La Vie. Pour cela, l’institut a distribué une batterie de questionnaires aux SDF hébergés dans des centres d’hébergement d’urgence et des centres d’accueil de jour. Sur les 731 questionnaires remplis, 419 ont été tirés au sort, laissant apparaître, notamment, que 60% jugeaient que leur situation n’a pas changé ou s’est dégradée.

Seulement voilà : un autre sondage, réalisé par le même institut et publié au même moment, concernait, lui, le regard que portent l’ensemble des Français sur les sans-abris. Et ce sont les résultats de ce second sondage qui ont été médiatisés. Avec, à la une des journaux, ce chiffre : 48% des Français estiment qu’ils pourraient un jour devenir SDF.

Un chiffre spectaculaire, certes. Mais surtout un cas d’école : lorsqu’elles donnent la parole aux sans-abris, les enquêtes effectuées par les instituts de sondage restent peu médiatisées. Dans le monde associatif, certains grincent d’ailleurs que si les SDF étaient davantage perçus comme un clientèle électorale, on se pencherait davantage sur leur cas.

Directeur général de l’institut CSA, Stéphane Rozes se présente comme un précurseur dans le domaine. Il a entamé le mouvement en 1994, « dès que la question des SDF a commencé à être polisée, avec le DAL ». Pourtant, il reconnaît lui-même que le CSA n’a finalement mené sur le sujet que « trois enquêtes en treize ans », la dernière l’an dernier.

L’origine de cette frilosité qui, selon lui, persiste ? « Mesurer l’opinion des SDF, c’est les mettre dans un statut », alors que la société est censée « les sortir de la rue ». Dans ce contexte, « compter les SDF, c’est aussi les faire exister, c’est un acte politique. »

Nicole Maestracci, présidente de la Fnars, l’un des principaux commanditaires de tels sondages, reproche aussi aux médias leur manque d’intérêt. La magistrate épingle leur goût pour « les marronniers “ et la propension des journalistes à n’aborder la question des SDF que ‘par temps de grand froid’. ‘Il est très difficile pour une société de regarder son échec’ :

Pour la Fnars, ces sondages restent un des rares moyens de mieux connaître la population des sans abris. Mais cette démarche est aussi indéniablement politique. Nicole Maestracci souligne ainsi la nécessité de modifier les représentations qu’on nourrit encore à l’égard des SDF :

La présidente de la Fnars rappelle par ailleurs qu’on manque, globalement, d’enquêtes sociologiques, au-delà des sondages. De fait, l’université consacre encore peu de travaux aux sans-abris. D’où l’intérêt des sondages, qui montrent par exemple un rajeunissement des personnes concernées.

Côté sondeurs, Stéphane Rozes concède pourtant que des écueils demeurent, au-delà de la frilosité des médias à la commande :

‘Ces sondages sont le fruit d’enquêtes un peu lourdes, plus coûteuses. En treize ans, la méthode a assez peu évolué. Elle n’est pas parfaite mais elle reste la ’moins mauvaise’, même si on ne prend pas en compte, par exemple, tous les sans abris qui sont logés temporairement par des particuliers ou encore en meublés.’

Chez CSA comme dans d’autres instituts, ces enquêtes butent sur une autre difficulté majeure : au vu des enquêtes, il reste difficile de faire émerger une hypothétique ‘identité SDF’. ‘Quand on leur demande comment ils se définissent eux même, il ne se définissent pas comme des exclus’, explique Stéphane Rozes :

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  • thierry reboud
    • Posté à 13h57 le 15/12/2007
    • Internaute 20923

    Je vous ferai observer que les SDF ne sont pas, d’une manière générale, considérés comme des citoyens comme les autres. (Ce que je déplore.)

    • napakatbrax
      • Posté à 14h42 le 15/12/2007
      • Internaute 23966

      Ca n’a rien à voir mais...

      « Un Ivoirien adopté par une famille française a été expulsé »

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  • SAMSA
    SAMSA
    Ecrivain (inutile de le (...)
    • Posté à 14h18 le 15/12/2007
    • Internaute 25010
      Ecrivain (inutile de le (...)

    Bonjour,
    Heureux de voir que samedi, vers 15.00 h. Rue 89 met en « une » une vieille photo des Don-Quichotte. Au détail près que l’article qui suit est hors sujet par rapport à l’actualité des dernières heures : l’intervention des flics sur les quais de Seine, face à Notre-Dame et … de la Préfecture. Ce qui fait beaucoup de symboles ! Il ne serait pas inutile de noter que c’est la première fois (à ma connaissance) que des flics jettent des manifestants à la Seine depuis …octobre 1961. C’est évidemment ce dernier point, pédagogie journalistique oblige qui devrait attirer votre attention. Cordialement !

    • Manix
      Manix répond à SAMSA
      • Posté à 15h48 le 15/12/2007
      • Internaute 24913

      La politique de sarko « marche ou grève » !

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à SAMSA
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 16h56 le 15/12/2007
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      … « des manifestants jetés à la Seine “ !

      Vous êtes sûr (e) ? ? ? ? ? ? ? ? ?

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à SAMSA
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 17h28 le 15/12/2007
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      L’article était prévu avant l’opération des Don Quichotte de ce matin. Une journaliste de Rue89 s’est rendue sur place, son reportage est à lire bientôt sur le site. J’ajoute que le parallèle avec octobre 61 me semble pour le moins douteux.

  • kamelya
    • Posté à 15h00 le 15/12/2007
    • Internaute 3593

    « Mesurer l’opinion des SDF, c’est les mettre dans un statut »... Ne donne t’on pas un statut aux RMISTES qui sont également des précaires menacés de se retrouver dans la rue. A moins que l’on considère que les SDF ne coutent pas un sou à l’état (donc indigne d’intérêt) et en plus ils ne votent pas... Mais quelle honte pour le pays des droits de l’homme qui possède suffisament de richesses pour ne pas laisser mourrir chaque année, dans la rue et comme des animaux égarés des hommes, des femmes et bientôt des enfants. Alors au lieu de dépenser à tort et à travers (Conseil des ministres décentralisés, voyages médiathiques à tout va, visites diplomatiques scandaleuses....) mettons en oeuvre les moyens nécessaires pour que la France ne parde pas sa dignité et ne laisse pas mourrir ses enfants dans la rue.

  • léo solo
    • Posté à 15h02 le 15/12/2007
    • Internaute 2483

    Un des instituts de sondages dont on entend le plus parler ces temps ci et qui fait figure de référence dans les médias est « Opinion Way ».
    Comme j’ai crû comprendre que c’est prioritairement par internet qu’il opérait (est-vrai ?)comment des SDF pourraient être pris en compte ?

    Décidément, les SDF et les bien-abrités ne sont donc vraiment pas logés à la même enseigne.

    Le droit au logement opposable existant dorénavant, le gouvernement de la République sait ce qui lui reste à faire, avec ou sans sondage.

  • supprimé à la demande du riverain 28.04.09
    • Posté à 15h12 le 15/12/2007
    • Internaute 21776

    tombé ou jeté à la Seine ?
    (source le Monde)

    uelques heures après avoir été installé près de Notre-Dame de Paris, le nouveau campement des Enfants de Don Quichotte a été évacué par les forces de l’ordre, samedi 15 novembre. Les gendarmes mobiles, qui sont intervenus sans casques ni boucliers, ont démonté l’ensemble des tentes.

    L’intervention ne s’est pourtant pas déroulée sans heurts. Un militant de l’association est tombé dans la Seine. Secouru par un policier de la brigade fluviale, il a été remonté sur le quai et interpellé. Jean-Baptiste Legrand, l’un des frères d’Augustin, porte-parole de l’association, a également été interpellé.

    Les militants de l’association ont décidé de se rassembler sur le parvis de la cathédrale. Selon Augustin Legrand, 250 tentes avaient été montées samedi matin, soit presque autant qu’au plus fort du campement installé l’an dernier, à la même période, le long du Canal Saint Martin.

    • berco
      • Posté à 22h52 le 15/12/2007
      • Internaute 24530
        père au foyer

      je me souviens d’une déclaration de Mr tzarkozy lors de la campagne présidentielle alors que l’action des enfants de don quichotte était trés médiatisée.
      Mr tzarkosy assurait que si le peuple francais votait
      pour lui il n’y aurait plus de pauvre ni de SDF ! ! !
      Maintenant on connait sa méthode...tous jetés dans la
      seine.

  • jazzmataz
    • Posté à 15h13 le 15/12/2007
    • Internaute 11269

    Je n’apprécie pas du tout l’accroche :
    « Signe d’une société qui “ne veut pas regarder son échec en face” ? »

    Si les sondages réalisés auprés des SDF ne sont pas médiatisés, ce que selon les journalistes d’influence (dominants), ce sont des sujets qui n’interessent pas les français. C’est plus un choix rédactionnel ; un journal ne va pas parler d’un sujet sensible, subversif, par peur de diviser son lectorat et ainsi le perdre. Les grands médias préfèrent aborder ce genre de sujet de facon consensuelle, sans trop rentrer dans le fond, afin de toucher un public le plus large possible (et gagner des parts de marché).

    Ensuite, le fait que l’existence de sans-abris soit la preuve d’un échec de la société est sujet à débat. Personnellement je ne suis pas d’accord.
    Je dirai plutot : Signe d’une société qui « ne s’intéresse pas à ses membres les plus démunis » ?

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à jazzmataz
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 22h54 le 16/12/2007
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      On ne fait simplement pas ce ce qu’il faudrait faire. Ni ici, ni ailleurs. C’est toute une société qui a fait l’impasse sur les exclus qui ne sont pas dangereux... Ce qui n’est pas à l’honneur de notre société. Voila UN point où il faudrait apprendre de l’Islam.

      Lien

      Pierre JC Allard

  • françoise.V
    françoise.V
    p'tite lyonnaise
    • Posté à 15h35 le 15/12/2007
    • Internaute 4967
      p'tite lyonnaise

    Je suis très intriguée par la dernière phrase de l’article « il ne se considèrent pas comme des exclus » ?
    Bizarre autant qu’étrange ! J’ai discuté avec de très nombreux SDF, tous se sentaient justement totalement exclus !
    Certains en étaient furieux, d’autres honteux, quelques-uns résignés, mais aucun ne se sentait membre à part entière de notre société !
    Quelques paroles de SDF en vrac :

    « Ma dignité, dans ma misère, c’est de la cacher, Je fais tout pour avoir l’air comme tout le monde »

    « Moi je suis de la France du sous-sol »

    « La dignité ça sera quand je reverrais mes enfants, parceque maintenant je veux pas qu’eux me voient »

    « Attendre devant la porte du foyer, c’est la honte »

    « liberté, égalité, fraternité ,mon c.. ! »

    Une petite dernière bien en lien avec l’article :
    « on est des betes de zoo, on nous regarde, on nous étudie, on sert pour les sondages »

  • jissé
    jissé
    Ingé retraité
    • Posté à 15h39 le 15/12/2007
    • Internaute 23393
      Ingé retraité

    Sondages ZARBI.

    J’ai 67 ans et n’avait de ma vie JAMAIS été contacté par un institut de sondage. (je réponds aux questionnaires « d’expression publique » qui ne sont pas vraiment des sondages - pas de répartition par « quotas »)

    Depuis moins de deux mois trois appels (dont un « Sofres ») sur mon ’téléfon’ fixe (l’est dans l’annuaire).

    Et un troisième appel sur ma ligne ’internet’ (N° en « 08 ») que pratiquement même mes amis ignorent, je ne l’utilise que pour appeler.

    Comment a-t-il été ’trouvé’ ? ? ? ZARBI.
    Questionnaire sur la Presse que je lisais, les TV que je regardais.. Les radios etc ..

    Pour la presse j’ai cité la presse francophone étrangère (TdG, « Tribune de Genève » ou Canadienne.
    Raison : Peu de Sarkolâtreries ..

    Et le « Canard ».

    Mais : _ « Cela n’entre pas dans le cadre de notre enquête, regardez-vous TF1 ? » etc ..

    J’ai failli leur raccrocher au nez .. J’aurais du ..

    • Anonyme répond à jissé

      Je vous confirme, tous les n° internet en 08 et autres, apparaissent bien sur un annuaire !
      J’en suis resté également estomaqué !

      • jissé
        jissé
        Ingé retraité
        • Posté à 17h44 le 15/12/2007
        • Internaute 23393
          Ingé retraité

        Merci.

        Vous avez TOTALEMENT raison !

        Je viens de vérifier.
        A quand les N° de portables ? (Celui de Rachida chez Domina-Dior par exemple).

        Mais comme Alzheimer ne m’a pas (pas encore) atteint au point d’avoir besoin de l’annuaire pour connaitre mon propre numéro .. je ne m’en étais pas aperçu.

        Quoi que ...Alzheimer .. , le N° en « 08 » je l’utilise mais ne le connais pas « par coeur ».

        Passez un bon dimanche.

        Jissé

        PS : Rien ne concernant sa Sarkolissimité ni le « guide » (Duce en italien, Caudillo en espagnol, Fuhrer en allemand) Kadhafi dans la presse suisse ou canadienne.
        Ni les éventuelles « commandes » passées ..

  • M.T
    M.T
    • Posté à 15h42 le 15/12/2007
    • Internaute 24520

    comment les Français pourraient élever leur conscience humaine et politique (perso je vois de la politique jusque dans le prix de ma baguette de pain) quand les journeaux télévisés ne trouvent pas le moyen de nous INFORMER

    30mn de journal
    20mn de documentaire sur le huhulement du hiboux la nuit dans la forêt
    A nous de faire la distinction entre ce que l’on nous raconte (et ce que l’on veut nous imposer comme pensée unique) et ce que l’on vit ce que l’on voit ce que l’on paie
    Avaler des couloeuvres en disant « bof je dis rien cela ne sert à rien » risque uste de nous étouffer nous commençons déjà à manquer d’air.

    • Bebert Cassandre
      Bebert Cassandre répond à M.T
      • Posté à 16h17 le 15/12/2007
      • Internaute 11910

      Normal MT, le hibou est en voix de disparition... Pas le SDF... Quelque part il avait raison de se moquer de Sarko le père Mouamar, dans le pays des droits de l’homme ces gens n’ont aucun droit, à moins qu’ils ne soient plus tout à fait des hommes... Faut voir...

      • Adarshini
        Adarshini répond à Bebert Cassandre
        Idéaliste
        • Posté à 19h31 le 16/12/2007
        • Internaute 14044
          Idéaliste

        Un jour, quand j’habitais encore la ville, j’ai vu sur un boulevard allant à la gare, à l’heure de pointe, en hiver, un vieil homme qui changeait son pantalon au milieu du trottoir. Cet homme avait les fesses à l’air, et les voitures défilaient pour gagner les logis...

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 15h49 le 15/12/2007
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    « Sonder » la misère pour mieux mesurer la « profondeur » réelle de la fracture sociale ?
    C’est vraiment trop risqué pour les « politiques » qui n’ont pas assez de « sas de décompression »...
    Lien

  • chirouble
    chirouble
    bordelique notoire
    • Posté à 16h31 le 15/12/2007
    • Internaute 24807
      bordelique notoire

    Peu de sondages concernant les sdf ? Peu relayés par les médias ?

    Il n’empêche que pour les infos : qui veut, peut !

    Lorsqu’il s’agit de trouver le meilleur rendement d’une banque à une autre pour placer votre argent...vous trouvez avec beaucoup d’acharnement et d’obstination le mieux du mieux. Pour l’écran plat le moins cher et de meilleure qualité, vous êtes prêts à chercher, pinailler, fouiner....., les vacanes au soleil les moins dispendieuses ? vous vous y prenez 6 mois avant......

    Attendre le tout cuit dans la gueule.....et prétendre que les sdf n’intéressent pas because les médias....si vous n’en voulez pas, vous ne le trouverez pas. Puis, quand bien même l’information vous parviendrait-elle....la page serait tournée sans être lue.....

    Je m’adresse hélas à 85% de la population (je suis très généreux).

    Un sondage sur la bêtise, l’égoïsme, le j’m’en foutisme, et le tout pour ma poire serait certainement bienvenu !

  • viva zebda
    viva zebda
    Ni maître, ni croquettes
    • Posté à 18h00 le 15/12/2007
    • Internaute 25029
      Ni maître, ni croquettes

    voila un débat intéressant merci rue89

    les sans domicile fixe ne se considèrent pas comme exlus(ce serait se considérer en echecs),mais dans le regard des « nantis » ,ils comprennent ce message
    nuance ! ! !

    • françoise.V
      françoise.V répond à viva zebda
      p'tite lyonnaise
      • Posté à 20h39 le 15/12/2007
      • Internaute 4967
        p'tite lyonnaise

      Heu...Zebda...

      Avez-vous rencontré beaucoup de SDF se considérant en situation de réussite ou meme de normalité ?

      Ils se considèrent évidement comme en échec, et beaucoup d’entre eux reconnaissent honnetement des erreurs lourdes dans leur parcours, tout en estimant qu’ils les paient cher...

      • Les Ln au carré
        Les Ln au carré répond à françoise.V
        démocrates sociales convaincues
        • Posté à 20h54 le 15/12/2007
        • Internaute 23203
          démocrates sociales convaincues

        Non, non, malheureusement Zebda a raison.

        Si on se considère comme exclus on n’a plus rien à quoi se raccrocher et on ne peut pas remonter la pente. Et si 48% des français considèrent qu’ils pourraient en arriver là ou qu’ils auraient pu en être, c’est que nous avons un gros problème de société. Ce n’est pas dû à des erreurs lourdes des SDF ! ! ! Mais au fait que notre société se précarise !

        PS : je ne dit pas qu’ils sont innocent quoi qu’il arrive.

         
        • françoise.V
          françoise.V répond à Les Ln au carré
          p'tite lyonnaise
          • Posté à 22h25 le 15/12/2007
          • Internaute 4967
            p'tite lyonnaise

          J’ai utilisé les mots « erreurs lourdes » au sens de problèmes privés, type « j’ai négligé ma famille », « j’ai pas répondu à telle relance »,etc...
          Je ne parlais pas de culpabilité de type pénal, meme si une case prison peut apparaitre dans le parcours d’un SDF.
          Ces fautifs non coupables ne savent plus à quoi se raccrocher, ne remonteront la pente que difficilement, d’autant qu’ils n’ont meme plus confiance en ...eux-memes !
          J’espère que si 48% des français pensent qu’ils peuvent devenir SDF, c’est qu’ils comprennent que c’est en effet un problème de précarité, et que ça peut toucher tout le monde ou presque !

          • Les Ln au carré
            Les Ln au carré répond à françoise.V
            démocrates sociales convaincues
            • Posté à 22h46 le 15/12/2007
            • Internaute 23203
              démocrates sociales convaincues

            Nous non plus nous ne parlions pas d’erreurs en terme peinal (nous avions bien compris le sens du message). Mais nous persistons et signons : NON la plupart sont des erreurs de « pas de bol »... qui fait rentrer dans un cercle viscieux...

        2 autres commentaires
  • Thomas GREDAT
    • Posté à 20h25 le 15/12/2007
    • Internaute 23794

    Déjà Victor Hugo, que l’on sait pourtant avoir été concerné par les questions sociales, croyait qu’au fond il pouvait y avoir extinction de la pauvreté sans réelle intervention... des pauvres ! Comment appela-t-il la misère dans ses discours ? « Une chose qui n’a pas de nom. » Nommer quelque chose, c’est lui reconnaître une existence. Une chose qui n’a pas de nom peut-elle avoir une existence ?
    Tous les témoignages que vous diffusez mettent en relief un point commun : la peur, pour chaque citoyen, de devenir un jour SDF. Peur assumée ou, au contraire, refoulée. Dans ce dernier cas, on se dit que « le SDF c’est l’autre » ou que « ceux qui sont SDF c’est qu’ils sont trop feignants pour s’en sortir ».
    Ce qui est certainement la principale raison à la difficulté qu’il y a de donner la parole aux SDF. Ils sont comme les handicapés : le miroir de nos peurs, ceux que l’on préfère ignorer par crainte de se retrouver comme eux. Si je n’écoute pas les SDF, je n’entendrai pas comment ils sont devenus SDF, je pourrai plus facilement croire que je NE PEUX PAS le devenir.
    A mon avis, c’est bien plus que ses échecs que la société a peur de regarder : c’est ce que chacun d’entre nous ne veut pas devenir.
    L’inquiétant, c’est qu’à l’exclusion sociale s’ajoute l’exclusion de parole. Comment aider des gens que l’on exclut moralement ? Et qui, pour beaucoup, ne se considèrent pas comme exclus... de peur de l’être. Encore le pouvoir du nom : si je ne me reconnais pas comme exclu, alors, je ne le suis pas.
    Est-ce ainsi que peut se résoudre le problème de l’exclusion ? Non, au contraire : exclure davantage l’exclu ne peut que propager le phénomène.
    Celui qui porte secours à son prochain se prémunit contre la misère. Celui qui a peur de la misère est déjà misérable.

  • re-belle
    re-belle
    mère au foyer
    • Posté à 23h11 le 15/12/2007
    • Internaute 24966
      mère au foyer

    spray répulsif arrété anti-mendicité tentes délogées a-t-on sondé leS SDF, pour savoir se qu’ils en pensent de la manière que certains élus municipaux les traites ? ? ? ! ! ! ................silence radio......

  • Fulano de Tal
    • Posté à 08h54 le 17/12/2007
    • Internaute 2521

    Expulsion manu militari de familles d’un immeuble Autogérées à Montreuil ce week-end…

    Le jour où le Dal plie son campement et où les Don Quichotte sont empêchés
    de poser ses tentes, la police laisse expulser des mal logés d’un immeuble autogéré à Montreuil.
    Hier soir vendredi 14, des nervis aux ordres du groupe CBRE (N°1 mondial du conseil en immobilier d’entreprise) ont mis à la rue des familles et leurs enfants sous la menace de masses et de barres de fer alors que la
    température passait sous 0 degré.

    Ces familles travaillaient depuis 8 mois au sein du DALAS à la conception d’un espace autogéré pour un programme de logement social avec l’aide d’un Atelier Populaire d’Architecture et d’Urbanisme et l’appui matériel de syndicalistes du batiment afin de maintenir la présence de classes populaires sur la ville de Montreuil.

    Toutes les voies de droit nécessaires seront utilisées pour réintégrer les familles dans leur domicile.

    Le DALAS : Thomas 06 14 78 78 75