a la une 15/12/2007 à 01h25

Universités : ça coince et ça bloque encore

Yann Guégan | Avec les doigts http://bit.ly/I3TwYm Rue89

Infosignalée par
un internaute

Si la plupart des blocages ont été levés, les actions continuent sur certains sites. Le point à Lille, Montpellier et Lyon.

Des CRS qui occupent une fac et empêchent les étudiants d’y entrer : la scène, à front renversé, s’est déroulée dans les locaux de l’université de Lille III jeudi soir. La fièvre étudiante est largement retombée au plan national, et le gouvernement peut miser sur les vacances d’hiver pour éteindre les derniers feux du mouvement. Mais plusieurs sites sont toujours mobilisés contre la loi sur l’autonomie des universités.


A Lille. Les CRS (compagnies républicains de sécurité) ont parfois des ruses de sioux. Jeudi, ils ont profité que les étudiants bloqueurs étaient partis manifester dans les rues de Lille pour investir les locaux de l’université, à la demande du président de l’établissement Jean-Claude Dupas. L’objectif ? Empêcher le retour des grévistes, et permettre la reprise des cours, suspendus depuis le 6 novembre.

De retour au bercail, les étudiants sont tombés sur un cordon de CRS. Lesquels n’ont pas tardé à les repousser jusqu’aux portes du campus. (Voir la vidéo, tournée et montée par des étudiants bloqueurs.)

Acte II, ce vendredi matin. Les CRS ont commencé à trier les arrivants, pour laisser passer les non-grévistes et bloquer les bloqueurs. Lesquels ont choisi d’investir le conseil d’administration de la fac, avant de voter à nouveau le blocage. Les forces de l’ordre ont fini par quitter le site vers 14h30. Une nouvelle AG pour décider de la suite du mouvement est prévue lundi matin. Comme ailleurs, des enseignants chercheurs ont rejoint le mouvement.

Comment en est-on arrivé là ? Jean-Claude Dupas, qui ne souhaite pas répondre aux journalistes selon la « cellule communication », s’est expliqué dans un communiqué :

« Jeudi 13 j’ai demandé l’intervention des forces de l’ordre afin d’assurer le libre accès aux bâtiments de l’université. [Vendredi], j’ai néanmoins refusé de faire intervenir les forces de l’ordre à l’intérieur des bâtiments et je leur ai demandé de se retirer du site afin d’éviter toute confrontation directe. »

« Il est important que l’ensemble de la communauté exprime clairement son refus du blocage des locaux. »

« Le président a conservé une attitude de mépris envers les étudiants »

Dans un communiqué, le collectif « Sauvons l’université - Lille 3 » a condamné « l’appel injustifié aux forces de l’ordre (...), qui ne peut qu’exacerber les tensions. » Pour Marc Parmentier, maître de conférence en philosophie, le président de l’université a « perdu les pédales » :

« Il a pris des initiatives qui ne faisaient qu’empirer les choses, au lieu de chercher le dialogue. Il est de la vieille génération, et a conservé une attitude mandarinale de mépris envers les étudiants. Il a cru qu’il suffirait de leur faire peur en menaçant de supprimer les examens. »

L’attitude de Jean-Claude Dupas est, pousuit l’enseignant-chercheur, « la preuve que la loi LRU ne peut pas marcher : on confie trop de pouvoir aux présidents d’université, qui ne sont pas formés pour ça, ils paniquent ».

Autre explication avancée par Dominique Vidal, maître de conférence en sociologie : l’origine sociale spécifique des étudiants de Lille III. « C’est une population qui connaît la précarité dans sa grande majorité », explique-t-il :



A Montpellier, cinq étudiants sont en grève de la faim depuis cinq jours, et entendent poursuivre jusqu’au retrait de la loi : « nous continuerons cette grève de la faim jusqu’au minimum l’abrogation de la LRU », assurent-ils.

A Montpellier III, le blocage a été rejeté par une majorité de votants lors du scrutin organisé par la présidence de l’université jeudi. Comme à Lille, c’est la présence policière qui est dénoncée, comme expliqué vendredi sur le blog du comité de mobilisation des personnels et enseignants :

« Nous condamnons les violences policières et nous apportons notre soutien aux différents étudiants blessés pendant les charges de la police et au membre du personnel de l’UPV violemment étranglé par un policier de la brigade anti criminalité. (...) Nous refuserons d’entrer dans l’université sous escorte policière. »

Le site publie aussi un extrait du journal de France 3 Sud diffusé jeudi midi qui fait froid dans le dos. (Voir la vidéo.)



A Lyon II enfin, la situation est aussi très tendue. Selon une enseignante dont le témoignage est publié par le site militant Bellaciao, « des vigiles privés, très jeunes, non assermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué ’sécurité’ ».

« Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l’Université en montrant notre carte “cumul” (une carte magnétique d’étudiant ou d’enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte... de paiement dans l’enceinte de la fac... ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup). »

Ce texte est en train de faire le tour du Net.

Avec Julien Licourt (ESJ Lille) et Thomas Huet.

  • 11067 visites
  • 72 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • thdu
    • Posté à 12h10 le 15/12/2007
    • Internaute 5724

    allez, si les crs vont à l’université , rien n’est perdu pour un monde meilleur ;)

    sinon voir des diantsdiants cerner des crs bloqués dans les locaux donne une autre perspective

    ah ! , j’ai pas bien vu ... désolé

    @+

    Lien

  • RackHaM
    • Posté à 12h18 le 15/12/2007
    • Internaute 23687

    Tout ce qui est dit sur Lille 3 est exact, j’y étais.

    C’était déjà la deuxième fois que le président DUPAS (qui est complétement dépassé par les évenements) anoncait la reprise des cours, cours qui n’ont toujours pas repris. La première fois remonte au mercredi 5 décembre, où à la surprise générale il annoncait dans un communiqué :

    « La journée de mercredi 5 décembre a permis la reprise des échanges entre étudiants et enseignants.
    A partir de demain jeudi 6 décembre tous les enseignements pourront donc reprendre. »

    Communiqué qu’il s’est empréssé d’effacer du site le lendemain.

    Jeudi 13 au soir, il annonce que les forces de l’ordre sont intervenues, et que dès le lendemain, « les enseignants pourront retrouver leurs étudiants afin de les aider à préparer au mieux les examens. » Vendredi 14 au matin, je me rends à la fac, content de pouvoir reprendre contact avec mes profs, et je découvre avec stupeur un barrage de CRS qui bloquaient effectivement l’entrée principale, en procédant à des contrôles ! Situation cocasse ! Barrage d’ailleurs complétement stupide, étant donné qu’il y a bien d’autres entrées à Lille3, par où on pouvait passer librement vendredi matin. Il y avait pourtant des CRS un peu partout dans le reste de la fac, mais contrairement à leurs collègues qui jouaient les videurs à l’entrée principale, la plupart sont restés dans leurs camionnettes, au chaud. C’était comme ça en tout cas jusqu’à 10h30, heure à laquelle je suis parti.

    Cette situation est dramatique pour les examens.

    • clausius
      clausius répond à RackHaM
      • Posté à 15h32 le 18/12/2007
      • Internaute 24442

      C’est clair, c’est dramatique. Si seulement il n’y avait pas eu tous ces blocages, au moins on aurait pas vu de CRS dans les facs. Mais bon...

  • daniele
    • Posté à 13h11 le 15/12/2007
    • Internaute 22776

    des crs a la fac chouette mais seulement sur les bancs pour y étudier et tenter d’ouvrir leurs esprits un tant soi peu

  • vincicom
    vincicom
    Responsable « informatique » (...)
    • Posté à 13h19 le 15/12/2007
    • Internaute 24211
      Responsable « informatique » (...)

    En tout cas, à Perpignan, c’est bel et bien fini le blocage depuis 2 semaines maintenant.

    Après une énieme tentative d’organisation d’un vote mardi 4 décembre, non reconnu par l’administration, vendredi 7 décembre a sonné le glas du mouvement des bloqueurs.
    Lors de ce vote de mardi ( sans verification de qui vote + boycott d’une partie des nti-bloqueurs ), les bloqueurs ont litteralement ASSIEGE le bureau du président qui refusait de valider ce vote.

    Pour avoir assister a une de leur AG, on se rend bien comtpe que le problème n’est pas cette loi, mais TOUT le gouvernement ! C’était plus une question de politique générale ( les bloqueurs étaient tous a gauche, meme d’extreme gauche ) qu’un reel débat sur cette loi.

    A savoir également que les bloqueurs ont dégradés les locaux ( photos a partir de la page 2 : Lien )
    et qu’il y a pour plus de 160 000€ de frais occasionnés par ces gens là !

    Qui va payer ? Peut être les étudiants, peut etre ceux qui payent des impôts.

  • Manoplas
    Manoplas
    En los madriles
    • Posté à 13h57 le 15/12/2007
    • Internaute 23174
      En los madriles

    Pour donner un peu de (tristes)nouvelles de Toulouse le Mirail.
    L’université a été débloquée le vendredi 7 décembre.
    Mardi dernier, une AG, cautionnée par la présidence (qui a annulé les cours pour que le maximum d’étudiants y participe)a eu lieu devant plus de 3000 étudiants.
    Le blocage a été revoté à une forte majorité durant cette AG uniquement pour ce jeudi afin d’aller manifester en grand nombre avec les lycéens, et la manifestation des cheminots, qui n’a, apparament, pas eu lieu.
    Cependant, à 7h45, des personnes de la direction sont venus lever les piquets de grève, selon l’une de mes professeurs, par la force, prétextant une manipulation de la part des bloqueurs et un manque de compréhension de ce qui était voté par des étudiants (3000 personnes qui n’ont pas compris...).
    Daniel Filâtre, président de l’université publie son communiqué prétendant que tout cela s’est passé dans le calme. En plus d’un communiqué mensonger, notre direction vient de nier une décision votée en AG, AG qu’elle a elle-même autorisé.
    On infantilise et déresponsabilise les étudiants en les désinformant et en prétendant que leur voix ne vaut rien car ils n’ont pas compris ce qu’ils votaient, crachant sur des décisions prise en commun et en nombre, crachant sur la démocratie en organisant des AG dont les décisions ne sont pas respectées.
    Quoi que l’on pense de la méthode ou de l’efficacité du blocage, ce qui est voté est voté, il faut donc assumer ce vote.
    Communiqué mensonger qui s’ajoute à celui qui traitait du vote à bulletin secret pour décider le déblocage (la question ayant été formulée ainsi) empêché finalement par les bloqueurs, prétendant qu’un groupe de type commando serait venu agresser les professeurs et personnels s’occupant du vote.
    Ceux qui étaient là (dont moi-même) n’ont rien vu de tel, ni organisation commando, ni barre de fer ou personnes cagoulées selon la rumeur. On devrait pourtant en avoir la preuve si cela avait été le cas :
    les médias avaient été invités en grand nombre, où sont les images du commando ? !
    Notre université vit dans un climat de tension indescriptible, entre pressions et prises de partie de la part des professeurs, provocations sur provocations de la part et des bloqueurs et de la présidence.
    Le débat n’a plus rien de politique, le conflit s’est transformé en réglements de comptes personnels.

    Certes, la présidence n’a pas encore fait appel aux forces de l’ordre, selon eux, on devrait être satisfaits...

    • marie 75
      marie 75 répond à Manoplas
      • Posté à 11h45 le 16/12/2007
      • Internaute 3563

      Grève de la faim de quatre étudiants à Montpellier
      Face à l’indifférence du gouvernement, 4 étudiants du comité de mobilisation de l’Université Montpellier 2 ont décidé d’entamer une grève de la faim jusqu’a obtenir au minimum l’abrogation de la LRU.

      Mardi 11 decembre

      Face à l’indifférence du gouvernement, 4 étudiants du comité de mobilisation de Montpellier 2 ont décidé d’entamer une grève de la faim jusqu’a obtenir au minimum l’abrogation de la LRU.

      Ils ont commencé leur grève de la faim lundi 10 décembre au matin et sont suivis par un médecin. L’administration elle aussi a été prévenue et toutes les dispositions necessaires ont été prises pour que cette grève se déroule le mieux possible.

      Nous apportons notre soutien à ces 4 étudiants et vous donnerons des nouvelles tous les jours sur leur état médical et moral.

      Un appel a rejoindre cette grève de la faim est lancé pour augmenter l’impact de cette initiative.

      Mercredi 12 decembre

      Ce matin les grévistes ont eu une visite médicale et les médecins ont bien précisés les risques de cette grève. De plus cet après midi ils ont eu une réunion avec l’administration qui leur a promis de leur apporté du soutien logistique ( lits , couvertures etc...) et se tiennent au courant auprès des médecins car ils s’inquiètent de leurs états de santé.

      Au niveau moral, les grevistes ont faim mais sinon le moral est encore la !

      Jeudi 13 decembre

      Voila déja 4 jours complets que nos grêvistes n’ont pas mangé ! Peut - on au moins se rendre compte que c’est quatres jours où même pas là haut on a osé reconnaitre seulement le fait qu’ils existaient. Dans quel monde sommes nous ?

      C’est pour ça que je vous invite fortement a venir soutenir les grêvistes de la faim en venant les voir rien qu’en leur disant « courage » et continuer à poster vos commentaires d’encouragements car à chaque fois dans la journée je fais lire les commentaires et c’est souvent un + au moral !

      Pour information ils sont en Amphi 5.06 en fac de sciences.

      A cette fin de 4 ème jour c’est le mental qui est encore très fort mais bientôt malgré leur bonne volonté le physique dépassera le mental et ils seront dans leurs lits, et la nous aurons encore besoin de vous comme nous en aurions jamais eu besoin !

      vendredi 14 decembre 5 EME JOUR ! ! ! !

      Donc pour information les médecins aujourd’hui ont fait un autre diagnostic sur nos grevistes.Pour l’instant le bilan est qu’il n’y a pas encore de danger particulier sur leur état.

      Cet après midi trois enseignants chercheurs de biologie sont venu pour leur annoncer qu’une pétition avait été faite recueillant 233 signatures adressée au recteur pour qu’il n’ignore pas ce qu’il se passe dans ses facs !

      Enfin pour finir je vais des que j’aurais fini de le taper diffuser les revendications des grévistes : bon c’est bon il est tapé et modifié

      GRÈVE DE LA FAIM

      Quatre étudiants ont choisi cet acte ultime, face à un gouvernement indifférent et des citoyens impassibles aux cris de sa jeunesse.

      L’acte est pacifique, en réponse à la violence physique et morale du gouvernement. La jeunesse est matraquée au nom de l’ordre et la sécurité. On dénigre, tout sourire, les contestations politiques, les manifestants pacifiques, les citoyens qui ne font que défendre leurs droits.

      L’acte est radical, jusqu’à l’essence de l’individu, sa vie. N’est-t’elle donc plus que la seule valeur d’échange crédible ? Faut-il le risque de la mort pour qu’enfin nous soyons interpellés, touchés, attentifs ?

      Quand la société est indifférente envers sa jeunesse, c’est qu’elle est déjà malade. C’est pourquoi nous espérons toucher l’opinion publique et générer la réflexion citoyenne. Elle est indispensable dans un État où des réformes visant la compétitivité et la rentabilité de la connaissance sont imposées car préférées à la collaboration, la construction par l’échange.

      Nous, grévistes de la faim, soutenus par le comité n’aurons de cesse de lutter jusqu’au retrait de cette réforme non concertée et au nécessaire dialogue qui suivra.

      Le comité de mobilisation de l’UM 2 Lien

      comite_mobilisation_um2@hotmail.fr

      • clausius
        clausius répond à marie 75
        • Posté à 15h26 le 18/12/2007
        • Internaute 24442

        Une grêve de la faim, c’est courageux, mais ça ne doit pas cautionner une action. Si un gouvernement cède juste parce que quelqu’un fait une grêve de la faim, alors qu’est ce qui empêchera demain des gens d’entamer une grêve de la faim pour instaurer des lois ségrégationnistes dans ce pays ? Et qu’est ce qui empêchera le gouvernement de céder ?
        Ce n’est peut être pas politiquement correct de le dire, mais pour moi, les grêves de la faim sont des méthodes absolument scandaleuses. Si encore la vie de ces personnes était menacée, si ils se trouvaient emprisonnés à tort, je comprendrais, mais là...

  • Joseph Loiseau
    Joseph Loiseau
    Etudiant en Histoire à Paris 7 (...)
    • Posté à 16h51 le 15/12/2007
    • Journaliste 22139
      Etudiant en Histoire à Paris 7 (...)

    Le mouvement est entré dans un cercle vicieux.

    Les médias ne relayant pas ce qui se passe, les étudiants et lycéens se disent que ça ne sert à rien de se mobiliser vu qu’on « est tout seul ». Ducoup fin du blocus, baisse de la mobilisation et les médias relaient encore moins.
    Il faut que tout les étudiants et lycéens se rendent compte que leur action sert et que ce mouvement est plus que soutenu par les enseignants-chercheurs.
    Il faut que les universitaires et les lycéens regardent ce qu’il se passe ailleurs et passant par des moyens d’information alternatif (comme rue89)pour prendre conscience de l’ampleur que peut prendre cette mobilisation.

    Autre probléme : l’administration des universités et des lycées (et parfois la police) cassent les mouvements de blocages en appellant à la violence (en maintenant les portes ouvertes avec des chaines forcant ainsi les bloqueurs à faire une chaine humaine et en encourageant les éléves à rentrer en chargeant)
    Les blocus se passent ainsi dans un climat de tension et de violence qui n’encourage pas à continuer le mouvement. Rien qu’à Paris 4 lycées (seulement à ce que je sache) ont arreté leur mobilisation suite à cela alors que les lycéens avaient voté largement pour.
    Autre moyen pour l’administration de casser le mouvemment, menacer les éléves « leaders » (même si ils ne sont considére pas comme tel) de renvoie si le mouvement continue ou encore en fichant les éléves trés impliqués sur leur bulletin (dans les lycées)
    Les administratins se doivent de rester neutres et de respecter le vote des étudiants !

    Enfin le principal probléme est je pense tout simplement le manque de solidarité qui prend ce pays. Les gens ne pensent qu’à leur diplôme ou à leur bac sans prendre conscience qu’ils ne pourront peut-être rien en faire avec et si ce n’est pas eux ce sera quelqu’un d’autre.
    Il faut que tout le monde se rende compte que cette reforme jettera forcément sur le côté des gens désavantagé par leur origine social ou leur choix d’étude !
    Cette loi divise encore les français en avantageant ceux qui l’étaient déjà et en enfoncant ceux qui sont déjà en train de se noyer !
    Et ce principe se retrouve dans tout la politique du gouvernement !
    Et tout le monde regarde ça sans réagir. C’est tout les français qui doivent se mobiliser contre ce principe car tout le monde finira par être concerné.

    En esperant des jours plus clément ...

  • vient de déménager 25 oct
    • Posté à 16h58 le 15/12/2007
    • Internaute 23692

    La ligne rouge a été franchie, que ce soit contre les sans papiers, contre les étudiants, contre les habitants des cités (contre les SDF aussi, expulsés) il faut dès à présent en prendre conscience. Et ça se fait dans la violence.

    Encore un communiqué éloquent.

    Lien

    Violences graves a Montpellier 3 

    Communique de SUD etudiant Montpellier sur le deroulement du referundum impose par l’administration le jeudi 13.

    Miossec, Poutine : même combat !

    « Une honte ! », voila ce que de nombreux-ses enseignant-es, etudiant-es et personnels ont affirme ce matin, devant le dispositif de securite cense assurer le « deroulement democratique » du referendum organise par la presidence. Tandis qu’une rue entiere avait ete barree par la police, pres de 150 Gardes Mobiles (les memes qui etaient intervenus dans l’enceinte de l’Universite de Nanterre pour casser les piquets de greve etudiants avec une extreme violence) etaient stationnes non loin du bureau de vote. La section d’intervention de la police nationale et la Brigade Anti Criminalite, ceux la-meme qui ont envoye sept etudiants et etudiantes a l’hopital lundi ont de nouveau et sans raison charge les grevistes.

    Avec une violence extreme (nez brise, etudiante evacuee par les pompiers apres avoir ete tabassee, personnel administratif frappe et etrangle par les miliciens de la BAC, sa camera brisee…) la police a installe un « cordon sanitaire » autour des files d’attente. Des scenes dantesques ont alors pu se derouler avec le consentement de l’administration. Des membres des Renseignements Generaux se trouvaient devant le bureau de vote, a l’interieur de l’enceinte du campus, a observer les votants. Un militant de SUD-Etudiant, voulant les prendre en photo pour condamner ces methodes inadmissibles, s’est vu soumis a un controle d’identite et a ete oblige d’effacer les cliches. D’autres etudiant-es qui patientaient dans la rue se sont vu-es pousser dans la file d’attente et oblige-es a aller voter, des policiers de la BAC observaient tranquillement les votant-es qui sortaient du bureau a quelques pas de la porte !

    A l’interieur du bureau, outre la question (pour ou contre le blocage) que nous remettons en cause, des pratiques douteuses ont ete encouragees par les sbires du president. Des etudiant-es se sont vu-es refuser de mettre leur bulletin dans l’urne, et ont refuse de laisser « les democrates presidentiels » s’en charger. Aucune liste d’emargement n’etait disponible et des etudiant-es ont avoue avoir vote plusieurs fois. Certains etudiant-es, ne disposant pas encore de leur carte (doctorant-es par exemple), etaient soumis-es à un regime special : certain-es rentraient, d’autres non…

    A l’heure ou nous ecrivons ces lignes nous ne disposons pas du resultat du vote, mais nous apportons notre soutien aux decisions du comite de mobilisation d’appeler au boycott du referendum, et nous remercions tous-tes les etudiant-es grevistes de ne pas avoir participe a cette mascarade sous haute surveillance (de nombreux policiers en civil filmaient les etudiant-es contestant les methodes intolerables de la police…). Quelque soit les resultats, nous ne considerons ce referendum en rien legitime ou representatif. Voter les matraques a quelques metres des urnes, ce n’est pas notre conception de la democratie !

    Nous appelons donc les enseignant-es, etudiant-es et personnels a rejeter les methodes autoritaires et dangereuses du président de l’Universite Paul Valery, et par la-meme a rejeter ce referendum. Nous les appelons a se rendre nombreux et nombreuses en Assemblee Generale, seule organe legitime des luttes universitaires, pour decider ensemble des modalites de lutte et d’action qui nous permettrons d’obtenir l’abrogation de la LRU.

    SUD-Etudiant Montpellier

    Note : Les sites Indymédia et Bellaciao relaient l’ensemble des communiqués de la lutte étudiante

  • nada
    • Posté à 17h37 le 15/12/2007
    • Internaute 25026

    En fait se qu’on veut nous faire ingurgiter : c’est ferme là ou tu tateras de mon baton ! on appelle ça la politique démocratique ? ou bien la répresion arbitraire ?

  • groutier
    • Posté à 17h52 le 15/12/2007
    • Internaute 23745

    A Rennes 2 aussi la mobilisation bat de l’aile faute de relai médiatique et national. Quelques assemblées d’étudiants et de professeurs organisés au sein des UFR, plus personne dans les Assemblée Générale et une présidence qui fait semblant de donner des gages pour obtenir le calme : « faites nous parvenir vos propositions pour le 21 janvier et nous en tiendrons compte dans le reglement intérieur de l’université » (les statut doivent remonter au ministère pour fin février)... Personne n’y croit, et à raison puisque contrairement à ce que l’on a pu entendre, le cadre d’application de la LRU est très strict et la marge de manoeuvre des universités quasi inexistante, sans tenir compte du fait que de toute manière, le président changera et avec lui la politique de l’université (et le prochain sera élu avec un CA réduit qui comprendra proportionnellement beaucoup plus de « personnalités extérieures », entendez « ceux qui ramèneront le pognon dans les caisses »).

    Les étudiants les plus mobilisés, en contact avec les intersyndicales ou la coordination nationale parlent d’un sursaut mi janvier, à la fin des examens semestriels. A voir...

    Comme toutes les batailles menées par ce gouvernement contre les citoyens, la victoire a tenu à la gestion des moyens médiatiques et tant que la riposte ne s’organisera pas sur le terrain de la manipulation et de la communication, il continuera à avancer sans frémir.

  • diniz
    • Posté à 19h16 le 15/12/2007
    • Internaute 22609

    C’est vraiment navrant ces pseudo édutiants qui continuent à bloquer des facs. Ils ont peur de l’entreprise mais c’est quand même l’entreprise qui les fait manger.

    Ces pauvres types qui continuent à se battre pour des idéologies complètement has been alors que l’essentiel est la qualité des diplomes pour pouvoir prétendre à une compétitivité au niveau mondial.

    Je garde entre la gorge la réponse d’un collègue mettant en avant les études plaisir (c’était dans le domaine de la linguistique mais applicable à tout un tas d’autres domaines), autrement dit des études sans débouchées. Je refuse catégoriquement que les 20% d’impot que je payee sur mon travail serve à financer ces feignasses. Ils peuvent gagner le RMI en sortant à bac + 8, cela ne me fait ni chaud ni froid bien au contraire.

    • Les Ln au carré
      Les Ln au carré répond à diniz
      démocrates sociales convaincues
      • Posté à 20h07 le 15/12/2007
      • Internaute 23203
        démocrates sociales convaincues

      Vous venez de quelles études ? Juste comme ça, pour savoir... Parce que les gens qui ne viennent pas des universités n’ont qu’une vision partielle (et partiale) de ce que c’est réellement.

      A l’étranger, ce sont justement les Master recherche (Bac+5) et les thésards (bac+8) qui sont reconnus et même recherchés dans certains domaines. La plupart des diplomes de grandes écoles ne servent que dans les résaux de ces mêmes écoles, pas ailleurs ! Après ce sont les expériences qui comptent et non le diplome en lui-même.

      Sinon, la loi de cadre de 1984 des universités (il me semble) dit que les 2 buts de l’université sont :
      - Le regroupement des connaissance (incluant la recherche fondamentale)
      - La transmition de ces connaissances aux générations futures
      Mais pas de trouver un travail à ses étudiants ! Les employeurs normalement embochaient les jeunes pour leurs capacités de réflextion et d’adaptation et non pour leurs capactiés immédiates à exercer un boulot. Donc nous sommes tout à fait prêtes à que 20% des impots (tant que ça ? ? ? A bon, ils donnent tant de sous à l’université) pour que nos jeunes aient des capacités d’adaptation et de réflexion, ainsi que de la culture générale.

  • boule2nerfs
    boule2nerfs
    étudiante
    • Posté à 19h39 le 15/12/2007
    • Internaute 25039
      étudiante

    Géniale, ma vie est sauvée grace à l’entreprise qui me fait bouffer ! Je vais desormais faire une preire pour elle tous les soirs !

    Une feignasse qui est dans une filere qui a du debouché, et qui plaint ceux qui ont le plaisir de l’histoire ou des lettres ... Je suis solidaire !

  • Jean Bavederage
    Jean Bavederage
    proche collaborateur du (...)
    • Posté à 22h15 le 15/12/2007
    • Internaute 24467
      proche collaborateur du (...)

    Je ne connais pas grand chose à la société du spectacle mis à part que j’y vis.
    Lorsque journaland n’est pas là pour retransmettre des infos, ou plutôt les infox, les luttes rament.
    La réalité ne serait-elle que médiatique ?
    Cela à l’air vrai pour beaucoup de monde, et même s’il existe une méfiance justifiée vis à vis de la soit disant objectivité journalistique, celle-ci reste vraiment importante dans l’opinion que se fait beaucoup de monde sur un mouvement, un évènement etc.

  • Atalante
    Atalante
    Illusionnée
    • Posté à 10h22 le 16/12/2007
    • Internaute 24533
      Illusionnée

    Je suis assez étonnée de voir les commentaires plutôt positifs à ces blocages qui durent, qui durent... et je constate que la majeure partie de leurs auteurs ne sont pas étudiants.

    C’est facile de dire bravo au blocage, d’encourager à continuer la lutte, etc, quand on en paie pas les pots cassés. Soyons clairs : la fac, j’y suis, cinq jours par semaine, en plus de deux petits boulots pour payer mes études. J’étais contre ce projet LRU et je considère que le blocage peut être un moyen comme un autre d’exprimer son desaccord.
    En revanche, quand, comme actuellement, le gouvernement a dialogué avec les étudiants, fait quelques concessions et a clairement clôt le dossier, je m’interroge sur l’opportunité de continuer à bloquer les bâtiments. Je suis peut être un peu trop pragmatique, mais je ne peux pas m’empecher de penser aux cours manqués, partiels décalés, vacances d’été grignotées..oui je sais, c’est trivial comme considérations, mais figurez vous que pour beaucoup d’étudiants, les vacances, c’est le moment où l’on fait des stages..
    Alors la protestation, oui, les blocages, pourquoi pas, mais quand tout a été dit et qu’il est clair que le gouvernement ne cedera plus sur aucun point (et surtout, ne retirera pas le projet LRU, même avec cinq grévistes de la faim !) , il faut aussi accepter que lorsqu’on engage des négociations, ça ne veut pas dire qu’on obtiendra toutes les revendications posées..

    • caro
      caro répond à Atalante
      délinquante avérée
      • Posté à 14h20 le 16/12/2007
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      il y a un menu problème dans votre exposé : des facs ont voté et re-voté le blocage en AG, contrairement aux desiderata des syndicats étudiants qui ont négocié. La base non syndiquée a le droit de s’exprimer et ce n’est pas les présidents qui appellent les CRS et les services de sécurité (cf ce qu’il se passe à Lille) qui vont ramener le calme.

      Lettre d’une prof
      Lien

      Je ne suis plus étudiante, mais je pense que vous devriez montrer un peu de solidarité envers vos collègues toujours en lutte et ceux qui ont été arrêtés, alors qu’il ne faisaient qu’exercer leur droit à manifester.

    • Manoplas
      Manoplas répond à Atalante
      En los madriles
      • Posté à 13h26 le 17/12/2007
      • Internaute 23174
        En los madriles

      à Atalante

      Je suis étudiante aussi, je travaille pour payer mes études, cette année est cruciale pour déterminer la suite de me études.Oui c’est dur et oui je ne sais absolument pas comment cela va se passer pour les exams, mes futurs concours etc... Et pourtant...
      Connaissant pas mal de gens (des espagnols et des allemands notamment) vivant dans des pays où les universités sont déjà sous ce système d’autonomie, je peux te dire que je préfère rester solidaire, et ne serait-ce que par rapport à soi-même, ne pas se plaindre dans 20 ans quand il faudra faire le chèque de 3000 euros pour que ton ou tes enfants étudient dans une université, qu’il faudra rembourser leurs bourses ( et oui !), enfin ce genre de détails qui ne te concernent pas en 2007 mais peut-être dans quelques années... Peut-être même très bientôt, la réforme est mise en application en février 2008.
      Quant aux négociations, le but est tout de même d’obtenir le maximum de revendications et de ne pas partir en se disant que l’on aura des miettes au pire !
      Parce que c’est ce que l’on a eu, des miettes, déjà prévues à l’avance pour nous faire taire un peu, qui ne solutionnent rien à l’image de la politique que mène Sarkozy : du superficiel, du démagogique. A mon sens, le principal reste à négocier.
      Plus d’aides pour les boursiers ? Très bien, mais par exemple, je ne suis pas boursière, et je dois travailler et nous sommes beaucoup dans ce cas. Crois tu que je pourrais payer ne serait-ce que mes frais d’inscription avec cette loi ? De plus, entre les paroles et les actes avec ce gouvernement, on se doit d’être méfiant.
      Et un peu clairvoyant, la vie ne s’arrête pas aux diplômes ni aux partiels.

  • guilhmagnus
    guilhmagnus
    Montpellier III
    • Posté à 15h57 le 16/12/2007
    • Internaute 25092
      Montpellier III

    J’ai réalisé une vidéo qui détaille le déroulement du référendum organisé sur l’Université Montpellier III depuis la rue avec les violences sur les étudiants, le personnel et qui montre le Président sous son vrai jour, piégé par les questions qui lui sont posées...
    Cela a fait dire à un visiteur : « la démocratie est morte »
    Voyez par vous même le lien suivant : Lien
    Mais beaucoup plus de sujets et de videos sont visibles sur mon blog journal : Lien
    (mirroir : Lien)
    Bonne visite...

    • Manoplas
      Manoplas répond à guilhmagnus
      En los madriles
      • Posté à 13h20 le 18/12/2007
      • Internaute 23174
        En los madriles

      Ta vidéo en dit effectivement long sur ce qui se passe.
      (Je me suis permise de la publier sur mon blog si cela ne te pose pas de soucis (j’ai mis un lien vers le tien)(Lien)
      Surtout la dernière partie, la « tentative de dialogue » avec le président... Entre « ne filmez pas la police » et « ce n’est pas moi qui ai appelé les CRS ». Ce qui me gène c’est que les directions d’universités n’assument même pas le caractère anti-démocratique de leur politique.
      Cette manière d’invoquer la démocratie tout en ne respectant pas des décisions votées est odieuse.
      Un mot qui n’a plus de valeur pour certains.

  • Aller à la page
  • 1
  • 2