Manifestations de soutien aux Roms : « Pas en notre nom »
Des dizaines de milliers de personnes ont défilé partout en France pour protester contre le virage sécuritaire du gouvernement.
En résumé...
Le défilé parisien s’est achevé du côté de l’Hôtel de ville, sur le coup de 17 heures. Malgré un cortège plus hétérogène et sans doute plus aéré que pour une manifestation unitaire sur le terrain social, les organisateurs avancent quelque 50 000 personnes à Paris, et plusieurs dizaines de milliers en région. Une évaluation revue à la baisse par les forces de l’ordre qui évoquent plutôt 12 000 personnes dans la capitale.
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Parmi les têtes connues, quelques ténors politiques mais peu de leaders de premier plan malgré tout. Olivier Besancenot, Cécile Dufflot, Marie George Buffet ou Jean-Paul Huchon étaient bien de la partie, mais pas Martine Aubry, par exemple.
Sur le trottoir, une passante a d’ailleurs apostrophé le cortège socialiste où Benoît Hamon en costard était la seule personnalité -« Ils sont où vos patrons ? “On apprendra plus tard que Bertrand Delanoë avait fait un passage en tête de rang socialiste un peu plus tôt.
Ali Soumaré, tête de liste socialiste dans le Val-d’Oise et pourtant largement stigmatisé durant l’hiver, avait beau avoir annoncé sur les réseaux sociaux qu’il arrivait à la manif... nulle trace de lui parmi les têtes de files socialistes médiatiques, boulevard Beaumarchais, sous la banderole. Un lecteur, ‘simple militant socialiste’, nous a écrit pour souligner qu’il était bien là ‘jusqu’à l’hôtel de ville’, qui était l’issue de la manifestation... mais ‘au milieu des militants’. C’est-à-dire effectivement loin de la tête de gondole du PS, comme nous l’écrivions.
Beaucoup de simples passants venus en famille ou entre copains mais aussi de nombreux associations, collectifs, ONG et réseaux qui avaient répondu à l’appel de la Ligue des droits de l’homme.
Des sans-papiers, aussi, pour qui Jane Birkin et Régine ont chanté ‘Les petits papiers’, ou encore des Roms et des Gens du voyage, dont certains en profitaient pour alerter les journalistes qu’ils étaient en instance d’expulsion lundi, à la première heure, sur un campement illégal dans l’Essonne.
Quelques mètres plus loin, des forains avides de marteler leur nationalité (française, rappelons-le) dégainaient leur passeport. C.L.
17h01. Le journaliste et photographe Benjamin Favier a arpenté le boulevard Beaumarchais à la rencontre des manifestants parisiens et en a ramené cette série d’images fortes. (Voir le diaporama)
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16h58. Du simple au quadruple ! C’est l’écart entre les estimations du nombre des manifestants à Paris selon la police et selon les organisateurs : 12 000 pour les uns, 50 000 pour les autres.
En régions, on comptait notamment :
- 1 200 à 3 500 participants à Bordeaux
- 500 à 1 000 à Montpellier
- 400 à 800 à Perpignan
- 300 à 400 à Auch
- 200 à Rodez
- 350 à Agen
- 100 à Mantes-la-Jolie Y.G.
16h48. Seul ténor du PS en tête du cortège socialiste : Benoît Hamon. Une passante interpelle le groupe avec lequel il arpente le pavé : ‘Ils sont où, vos patrons ?’ C.L.
16h44. Combien de ‘lesbiennes subversives contre le système’ en France ? Au moins une demi-douzaine, rassemblées dans le cortège parisien. C.L.
16h19. Sur la colonne de la place de la Bastille, le collectif Jeudi noir a déployé une grande banderole : ‘Chomage, affairisme, racisme, bienvenue en Sarkozie.’ Juste en dessous de l’inscription à la mémoire des journées révolutionnaires de 1830. P.H.
16h07. A Paris, à mi-chemin du cortège, un petit groupe d’anars distribue un tract interpelle les manifestants d’une gauche jugée bien pensante, contestant le choix de la IIIe République comme référence symbolique de la journée :
‘Après s’être indigné tout l’été des saloperies racistes du pouvoir en lisant Libé sur Paris Plage, la gauche est aujourd’hui dans la rue pour fêter la République et se racheter une bonne conscience.
Fêter la République ? Celle qui écrasa les communards en 1871, celle qui s’enrichit sur le dos des colonies, celle qui vota les pleins pouvoirs à Pétain.’ P.H.
16h03. Remarqués dans le cortège, la présence de gens du voyage français, drapeau tricolore en tête. Ils interpellent les spectateurs sur les trottoirs : ‘Vous ne croyez pas qu’on soit français ? Regardez nos papiers...’P.H.
15h07. A Paris, Corinne Lepage remonte le boulevard Beaumarchais en sens contraire... A croire qu’être passée du MoDem à Europe Ecologie lui a fait perdre son sens de l’orientation pendant l’été. Y.G.
Dans le défilé parisien le 4 septembre (Pierre Haski/Rue89) 15h44.
Il a peur que la manifestation ‘ne donne lieu à des dérives de slogan’ et à ‘des amalgames un peu faciles’, rappelant que le PS était un ‘parti de gouvernement’.
Sur les expulsions de Roms, le sénateur-maire de Dijon estime que ‘les maires ont raison de saisir la justice’ et qu’‘il est du devoir d’un gouvernement de reconduire à la frontière’ les illégaux. Y.G.
15h41. ‘Les P’tits Papiers’, de Serge Gainsbourg, c’est le morceau choisi par un groupe d’artistes parties pousser la chansonnette ce samedi matin devant le ministère de l’Immigration et Paris.
A l’étage d’un bus à impériale, il y avait Régine, Jane Birkin, Agnès Jaoui ou encore Jeanne Cherhal. SoYou.tv a filmé la scène. Y.G. (Voir la vidéo)
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15h39. Sur Twitter, @IsabelleGermain fait remarquer : Même Médecins du monde va battre le pavé cet aprèm... Un signe, non ?’ C.L.
15h53. A Arles, entre 100 et 200 personnes ont manifesté, dont le maire de la ville, quia rejoint des gitans sédentarisés et quelques familles tziganes des camps alentours. Dans la nuit, des centaines d’affichettes ‘Les bons Français sont tous enfants d’étrangers’ avaient été collées dans la ville. C.L.
Un manifestant arbore l’autocollant distribué par Respect Magazine (Chloé Leprince/Rue89) 15h26.
‘Un indicateur maison : on a imprimé 4 000 autocollants, on est arrivés il y a une demi-heure, il nous en reste 100, donc c’est pas mal.’ C.L.
14h35. Dans le cortège, ce samedi après-midi, il y a Kiddam, que Rue89 a rencontré cette semaine. Kiddam, francilien, est rappeur et une vidéo de lui commence à tourner sur les réseaux sociaux... et sur les sites d’extrême droite qui l’attaquent.
Le titre s’appelle ‘Reprends ma nationalité’, son flow interpelle Eric Besson, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale :
‘Ils veulent une France blanche, on est très loin du pop art [...]
De quelle polygamie tu me parles, celle de ta femme trompée ?’
Avant d’écrire les paroles, il a téléphoné à la mairie du dixième arrondissement, à Paris. C’était le 10 août, il a enregistré l’échange. Il demande comment faire pour ne plus être français, on l’éconduit un peu, lui conseille de choisir la Suisse. Il feint d’opter pour la nationalité européenne, on lui dit qu’on se renseigne sur les modalités. (Voir la vidéo)
En interview à Rue89, Kiddam explique qu’être français, ‘c’est devenu un truc administratif, rien de plus’. Son texte dit ‘t’insultes ma femme et mon fils’ -la première est née ici mais est d’origine marocaine, le second est métis. Il dit : ‘C’est sûr que ça me touche de près : c’est ma belle-famille que l’Etat insulte.’
Lui est blanc, a ‘vaguement des origines au niveau des grands-parents, un peu de Pologne, un peu d’Etats-Unis, mais rien dans la culture’. C’est l’histoire de France mais il dit que l’identité de son pays lui évoque aujourd’hui ‘avant tout des valeurs de beauf’. Extrait des paroles :
‘Pour accepter d’être Français je dois changer de personnalité, pour m’intégrer à la masse, faut que je fucke la banlieue, l’islam, les Noirs, les arabes, les RMIstes et les femmes’. C.L.
14h31.
14h30. L’écrivain Mabrouck Rachedi, qui avait publié en 2008 ‘Le petit Malik’ et sortira mi-septembre avec Habiba Mahani ‘La Petite Malika’, avait publié le 2 août, chez nos amis de Respect Mag, un texte intitulé ‘Ne m’appelez plus jamais Français’.
Nous étions alors au début de la stigmatisation des gens du voyage et des Roms, au moment aussi du discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble. Et Rachedi commençait à dire ce qu’on entend de plus en plus ailleurs : le dépit de se voir réclamer un brevet d’essence française.
Mabrouck Rachedi a annoncé qu’il manifestera ce samedi à Paris à l’appel de la LDH et de nombreux collectifs comme Les indivisibles. Voici ce qu’il écrivait il y a un mois :
‘On m’a vanté le modèle républicain dispensateur de liberté, d’égalité, de fraternité. On a même prétendu que j’étais un Français comme un autre à partir du moment où j’avais la nationalité française.
Mais vendredi, en dénonçant cinquante ans d’immigration insuffisamment régulée qui ont abouti à mettre en échec l’intégration’, Nicolas Sarkozy a proposé que ‘la nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique’.
Dimanche, Brice Hortefeux a renchéri en évoquant l’extension de la déchéance de la nationalité aux cas d’excision, de traite d’êtres humains ou d’actes de délinquance grave.
La boîte de Pandore est ouverte. S’en trouvera-t-il bientôt un plus hargneux pour étendre ce dispositif pour tous les crimes, puis pour tous les délits, puis pour toutes les infractions, puis sans aucune autre raison que de distinguer les populations ?
Si une telle législation était votée, il y aurait de fait deux catégories de citoyens hexagonaux : les Français en sursis et les ‘ vrais ’ Français. Le Français en sursis, d’origine étrangère, auquel la justice accorderait moins de droits et plus de devoirs, ne serait pas soumis à la même règle que le ‘ vrai ’ Français.”
► Mise à jour le 5/09 à 13 : 05 : Eva Joly a bien participé à une partie de la manifestation.
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entre 40 et 41
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J’apporte tout mon soutiens à cette manifestation qui fait sens au regard de la politique que mène actuellement le gouvernement. Stigmatiser de manière absolue certaines catégories de personnes de part leur origine a toujours mené aux pires désastres.
En revanche, je m’insurge contre ceux qui, entrant dans cette démarche de rejet, vont par la même occasion rejeter la présence policière ou même la police en général. Il y a des bavures, celles-ci doivent être punies, mais ce n’est pas une raison pour discréditer la police en général qui fait un métier de nos jours de plus en plus difficile. Moi aussi, aujourd’hui j’ai peur lorsque je croise parfois la police, mais jamais je ne penserais qu’une solution serait de l’éliminer.
Il y a des délinquants qui sont impunis, des prisons qui sont pleines, bref la situation n’est pas rose. Il est clair que nos politiques n’ont pas su gérer le problème de la délinquance. Comment faire ? Parfois les acquittements semblent trop généreux, des multirécidivistes se retrouvent impliqués dans une affaire qui fait la une, les citoyens d’Internet s’enflamment pour parler d’injustice. D’un autre côté, des policiers font passer un sale moment à un type qui n’a au final pas fait grand-chose, d’autres internautes s’insurgent devant cet abus de pouvoir. La situation part littéralement en vrille, les policiers abusent, les délinquants ne sont pas assez punis, la police se fait agresser. Bref, la situation est quasi désespérée.
Je souhaite que les choses puissent retrouver un certain équilibre. Je souhaite que je puisse croiser un policier en arborant un sourire, je souhaite qu’on puisse punir un crime à sa juste valeur sans considération politique, je souhaite que chacun puisse se sentir en sécurité dans ce pays sans que les politiques lui opposent des images de faits divers certes malheureux mais difficilement évitables.




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