L'Abitur n'est pas un bac français où l'on parle allemand
(De Berlin)
L’Allemagne étant formée d’une fédération de seize Länder qui jouissent chacun d’une autonomie dans plusieurs domaines, l’éducation fait partie des prérogatives régionales où chaque Land préserve jalousement sa marge de manœuvre (durée de la scolarité avant l’Abitur, date de l’examen, contenu des épreuves).
Toutefois, c’est au niveau fédéral, via la conférence des ministres régionaux de l’Education, que sont prises les décisions importantes concernant le système éducatif de chaque Land. Pour éviter de trop grandes différences de valeur de l’Abitur d’un Land à l’autre, le système est ainsi conçu que chaque région doit tenir compte des autres régions pour que celles-ci reconnaissent la validité de son Abitur.
Cet Abitur standard implique donc qu’un certain nombre de dénominateurs communs soient respectés par l’ensemble des Länder de manière à permettre aux bacheliers d’une région de pouvoir s’inscrire dans une université située dans n’importe quelle autre région d’Allemagne. Cependant, il est périlleux de comparer le baccalauréat français avec l’Abitur allemand tant les deux systèmes obéissent à des logiques différentes : le bac français tend à sélectionner les lauréats dans une spécialité (par exemple : les lettres seront privilégiées au détriment des mathématiques) alors que l’Abitur allemand oblige ses postulants à faire la preuve de leur qualification générale aux études universitaires (suite de l’exemple précédent : les lettres et les mathématiques sont traitées sur un pied d’égalité).
L’autre grande différence réside dans le système allemand d’évaluation de l’Abitur qui tient compte à la fois de la note issue des points obtenus lors du passage des cinq épreuves de cet examen (trois épreuves écrites + un oral + une cinquième épreuve qui peut être soit un mémoire soit des travaux personnels encadrés) à laquelle s’ajoute la notation continue sur les deux dernières années de scolarité de l’élève.
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La preuve de vie de Roméo Langlois, bientôt libéré par les Farc ? 







Deux précisions.
Vous opposez un bac français qui sélectionne et un Abitur qui évalue. En fait, c’est l’inverse. L’Abitur allemand est capital pour rentrer à l’université dans la filière que l’on souhaite. Puisque les universités allemandes sont dotées d’un numerus clausus (qui change selon les filières), la sélection se fait sur la note du bac. Cela a un effet sur l’ambiance en classe de terminale. En France, peu importe la note du bac, il suffit de l’avoir. En Allemagne, il faut encore décrocher des bonnes notes et donc bosser dans une atmosphère de compétition.
En France, pour rentrer dans les filières sélectives (classes prépa, etc.) l’examen du bac n’a aucune importance (il faut l’avoir évidemment, mais ça n’est pas difficile pour ceux-là). C’est pour ça qu’il est un peu hypocrite de dire que si on supprime le bac pour le remplacer par le contrôle continu, on met fin à l’égalité de tous devant l’examen. En fait, la séparation ne se trouve pas entre ceux qui ont le bac et les autres, la ligne de séparation passe entre ceux qui vont dans des filières sélectives et les autres. Et ceux qui y vont sont triés en fonction de leur dossier, et donc du contrôle continu...
Donc si on devait opposer la France et l’Allemagne, je pense que la bonne opposition serait entre la sélection sur dossier et la sélection sur examen.




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