Sécurité : quand Villepin, Raffarin et Juppé étaient sur la ligne dure
Mardi 24 août, sur RMC, Jean-Pierre Raffarin a joint sa voix à deux autres ex-locataires de Matignon pour dénoncer la « dérive droitière » de l’UMP. Avant lui, c’était Alain Juppé et Dominique de Villepin qui avaient critiqué le plus vertement la politique du gouvernement en matière de sécurité et d’immigration.
Dans une tribune publiée par la veille par Le Monde, Villepin avait brocardé la « faute morale » du gouvernement, parlant de « tache de honte sur notre drapeau ». Autres extraits de la poussée rhétorique pour mémoire :
- « Se taire, c’est déjà être complice. »
- « [Il faut] marquer à sa façon son refus de cette dérive inacceptable. »
Raffarin, Villepin et Juppé ont à la fois en commun d’avoir été premiers ministres de Jacques Chirac mais aussi de compter parmi les rares personnalités à droite à étriller aujourd’hui la politique de sécurité de l’exécutif - outre Christine Boutin.
Pourtant, quand on fouille dans les soutes de l’INA, on retrouve précisément les mêmes endosser une ligne dure en matière sécuritaire.
Jacques Chirac sur la ligne dure... et Villepin avec
A titre personnel, Dominique de Villepin a plutôt laissé peu d’archives va-t-en-guerre, y compris durant son passage place Beauvau. Toutefois, il fut parmi les plus proches de Jacques Chirac, qui en a fait son secrétaire général à l’Elysée puis son Premier ministre. Or, à droite, c’est justement Jacques Chirac qui fut longtemps le plus spectaculaire sur ce terrain.
C’est lui par exemple qui brocardait, entre autres « vraies racines des problèmes », « l’immigration et l’insécurité croissante ». Nous étions alors en juin 1991, le Front national commençait à s’épanouir, et le RPR attaquait un virage à droite en surfant sur les mêmes thèmes qu’aujourd’hui. (Voir la vidéo)
Lorsque Jean-Louis Debré, ministre de l’Intérieur en 1996, décide de faire évacuer l’église Saint-Bernard à Paris, il parle d’une intervention « avec humanité et avec cœur ». Les images, elles, montrent une violence sans fard.
A l’époque, c’est bien Jacques Chirac qui est président de la République, et Dominique de Villepin secrétaire général de l’Elysée. On notera au passage que Jean-Louis Debré préside aujourd’hui le Conseil constitutionnel. (Voir la vidéo)
Quelques mois plus tôt, le gymnase Japy, à Paris, avait déjà été évacué alors que 294 sans-papiers expulsés d’une autre église de la capitale, Saint-Ambroise, s’y étaient réfugiés.
Alain Juppé, qui dénonce aujourd’hui la dérive musclée de Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux sur le dossier des Roms, était alors Premier ministre. Plus préservé médiatiquement que Jean-Louis Debré au vu des archives, il est cependant étrillé par l’abbé Pierre qui l’accuse d’avoir menti en promettant la clémence vis-à-vis des occupants du gymnase. (Voir la vidéo)
« Sacrifier notre âme », disait Michel Noir en 1987
En 1987, le même Alain Juppé avait du reste pris la défense du gouvernement Chirac, accusé de dérive sécuritaire et xénophobe jusque dans ses propres rangs. Michel Noir, pourtant ministre, avait en effet marqué sa différence en signant dans le Monde de l’époque une tribune par laquelle il interpellait le parti gaulliste :
« Serions-nous prêts à sacrifier notre âme pour ne pas perdre les élections ? »
La campagne pour la présidentielle de 1988 démarrait et la sécurité était déjà un terrain fertile pour la droite qui ratissait alors sur les nouvelles terres frontistes. Trois ans plus tôt, le FN avait emporté ses premiers succès électoraux du FN et l’embarras progressait au RPR. Mais Alain Juppé, lui, disait encore toute sa « solidarité » et son « admiration ». (Voir la vidéo après 1’30 »)
- 19881 visites
- 125 réactions

























Bolchévique Bonapartiste
Bolchévique Bonapartiste
Cet article enfonce les portes ouvertes et il est pas vraiment intéressant...
On le savait, que la droite surfe sur l’insécurité et la lutte contre l’immigration pour gagner et conserver le pouvoir.
D’ailleurs, c’est pour cela, parce que le constat est que l’insécurité et l’immigration explosent, que les frnçais élisent une droite médicore depuis plus d’une décennie au niveau national.
La vraie question est : pourquoi, alors que la gauche le sait, ne trouve pas de parade ?
Pourquoi les sites comme RUE 89 (pourtant à gauche) font la promotion des clandestins qui ne sont que les idiots utiles du MEDEF et tirent les salaires des FOE et étrangers en situation régulière vers le bas ? (les FDS n’en pâtissent que très peu, car ils sont toujours cadres)
Pourquoi les sites comme Libération et RUE 89 disent que l’occupation de la rue Myrrha est un mensonge, que les policiers ne font que maltraiter « les jeunes » qui ne sont que des gentils violeurs ? Pourquoi ont-ils abandonné les plus faibles qui ne peuvent que subir l’insécurité ? Ha c’est sûr que c’est pas aussi sympa qu’une expo à Arles...
Non, vraiment, cet article aurait pu être plus ambitieux.




Partager