Sur le terrain 09/12/2007 à 12h21

Journée du climat : « Les élements sont contre nous, un signe ? »

Baptiste Peyron | Etudiant CFJ

Pendant qu’à Bali, les pays de l’ONU débattaient du sort de la planète, des militants antiréchauffement ont défilé ce samedi un peu partout en France, sous la pluie, pour la journée mondiale du climat. Tour d’horizon, en images, d’une parade très arrosée.

A 13h30, soit une demi-heure avant le départ de la parade, la place du Châtelet est déjà remplie de manifestants. La mobilisation s’annonce forte. Sauf que les manifestants portent tous des brassards « Police » : les forces de l’ordre ont elles aussi prévu de se rassembler Place du Châtelet ce samedi 8 décembre. Mais pour d’autres raisons.

En fait, la dizaine d’associations de la parade climatique, la vraie, se rassemble peu à peu sur le trottoir de l’avenue Victoria. Un fourre-tout à la fois grave et joyeux. Les participants (dont Greenpeace, Vélorution, Agir pour l’environnement) ne sont pas très nombreux. Les costumes en carton plient sous le poids de l’eau.

Pour arranger le tout, le vent s’invite à la fête avant même le départ. Olivier Louchard, coordinateur de Réseau action climat, pousse un soupir :

« C’est vraiment dommage. On était 600 l’an dernier. Cette année, on pouvait s’attendre à plus, mais les éléments climatiques sont contre nous. Est-ce un signe ? “



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Le temps n’y est pas, mais le coeur, si. ‘C’est bien de voir des gens motivés même s’il pleut’, se rassure Fabrice, membre d’un collectif antipub. Un groupe de musique brésilienne se glisse en tête de cortège et imprime le rythme. Sur un char sorti de nulle part (en fait c’est une pelleteuse), un DJ affublé d’un masque de Jean-Louis Borloo passe un mix de Gainsbourg, NTM, Daft Punk, entrecoupé de citations du ministre de l’Environnement.

La troupe fait une halte à la Fontaine des innocents, le temps de célébrer une messe anticonsommation, matérialisée par un déversement de prospectus publicitaires. Avant de repartir vers la mairie du IIe arrondissement, étape finale, le Révérend Kris, de la Très sainte Eglise de la consommation, prononce une homélie ironique à la gloire de la consommation :

‘Vive l’effet de serre, et vive le changement climatique. Car un 4X4 à Paris, c’est bien pratique.’

Pas très discipliné, le cortège de 200 personnes s’étire, s’éparpille, se scinde en plusieurs groupes. Lors des mouvements sociaux, en novembre, les ténors socialistes avaient brillé par leur absence. Les Verts, eux, se sont jumelés au cortège. Denis Baupin est adjoint au maire de Paris chargé des transports :

‘C’est l’occasion de montrer qu’il n’y a pas que les chefs d’Etat qui se réunissent à Bali qui se préoccupent du climat. Il y a la population. Il faut qu’on fasse pression ensemble pour que, réellement, ça bouge ! Ce n’est plus la peine de faire des conférences pour constater que le dérèglement climatique est en cours. Maintenant, il faut des mesures concrètes. Le Grenelle de l’environnement, c’est un contre-exemple, on en a fait un show médiatique.’

Sous le ciel gris, Yves Cochet, député (Verts) de Paris, abonde dans le même sens :

‘Il faut être beaucoup plus radical dans les politiques publiques en faveur du climat. La conférence de Bali est très importante puisqu’elle prépare l’après 2012. On dit qu’il faudrait diviser par quatre nos émissions à effet de serre, mais c’est en fait une division par dix qu’il faudrait dans les pays industrialisés. Les politiques publiques d’aujourd’hui sont l’assurance-vie de nos enfants. C’est très bien que l’Australie ait ratifié le protocole de Kyoto. Mais ce n’est pas ça qui va changer les choses. On ne pourra rien faire sans les Américains.’

D’autres grandes villes en France ont été le théâtre de manifestations similaires. A Nantes, 200 personnes ont inauguré un lieu de résistance au coeur de la zone réservée à la piste du futur aéroport du Grand-Ouest. A Perpignan, une parade à vélo d’une cinquantaine de personnes, organisée par Greenpeace, a porté une lettre datée de 2017 à la préfecture pour demander que le statut de réfugié climatique soit pris en compte dans le futur.

La veille, à Paris, un ours polaire se baladait sur le boulevard périphérique, comme en témoignent ces images de Cyril Cavalié. Seule Rennes a finalement renoncé devant la pluie à sa manifestation de Pères Noël des croissants. Ils nous l’ont promis, ce n’est que partie remise.



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  • Anonyme

    Cynique : c’était tout de même prévisible qu’en organisant des manifs en décembre, la probabilité pour qu’il ne fasse pas beau était élevée...
    Réaliste : oui, ça c’est LE vrai projet, celui qui ne concerne pas uniquement tel ou tel pays, mais l’humanité tout entière. Moi aussi, je fais un rêve, c’est que les mesures qui seront proposées et prises le soient nonobstant les différents lobbies pour qui n’ont pour seul horizon que leur porte-monnaie. Mais bon, c’est un rêve...

    • Lumen
      Lumen
      étudiante en Philosophie
      • Posté à 16h16 le 09/12/2007
      • Internaute 24260
        étudiante en Philosophie

      Je conseille, à ce sujet, la lecture d’une des très récentes publications de l’UNESCO : « Signons la paix avec la Terre », troisième anthologie des Entretiens du XXIe siècle, qui vient de paraître en français, espagnol et catalan.

      Quel avenir pour la planète ? Quel futur pour l’espèce humaine ? C’est la double question que posent les auteurs de « Signons la paix avec la Terre » (dont Javier Pérez de Cuéllar, Hubert Reeves, Souleymane Bachir Diagne, Luisa Molina, Mathis Wackernagel, etc.).

      Ces dix-sept experts, politiques, scientifiques et penseurs proposent des pistes de réflexion et d’action. En dépit de la diversité des compétences, des sensibilités et des cultures, un consensus se dessine entre les auteurs : nous devons inventer de nouveaux styles de développement, « dématérialiser » la croissance, économiser la planète, protéger la biodiversité et savoir édifier une éthique tournée vers le futur, si nous voulons signer la paix avec la Terre.

      Rappelons, en cette journée du climat, qu’il est urgent de réagir ! La protection de l’environnement doit devenir une des priorités pour nos dirigeants politiques. En tant que citoyens, nous avons la possibilité et le devoir de leur faire entendre cette urgence par nos votes. Et les municipales approchent à grands pas...

      Le temps nous est désormais sérieusement compté... D’après Hubert Reeves (astrophysicien et écrivain canadien), l’espèce humaine est actuellement menacée de disparition dès 2040/2050... Nous sommes bientôt en 2008. Il nous reste donc un peu plus d’une trentaine d’années pour trouver une alternative digne de ce nom à notre société de consommation, insensée et destructrice... Et cette alternative ne pourra pas être efficace tant que nous resterons dans les logiques absurdes de la doctrine libérale. Face à l’urgence de la situation, l’écologisme mondain ne peut suffire.

      En effet, « il est illusoire de penser qu’on va résoudre la crise écologique sans changer de système économique. » C’est ce que nous dit Gilles Clément, le jardinier-poète-voyageur, créateur du parc André-Citroën ou du jardin du musée du Quai Branly, qui annonçait le 7 mai dernier, au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy, qu’il rompait tous ses contrats avec l’Etat. Motif : dénoncer « un projet de société qui nous engage tous dans la destruction de la planète ». « Nous sommes face à un projet ultralibéral qui favorise la santé des entreprises plutôt que la santé humaine, mené par un président ouvertement fasciné par le modèle américain. Le modèle même qui menace le plus la vie, la diversité, la société, la démocratie sur la planète », nous dit-il encore. Et le Grenelle de l’environnement ne fut qu’une vaste tricherie de plus. Nicolas Sarkozy va parvenir à faire exactement ce qu’il veut, en ayant obtenu l’assentiment des ONG et des syndicats, auxquels il aura promis beaucoup de choses... qu’il ne tiendra pas. Pas question pour lui de revenir sur notre mode de vie, d’abandonner notre logique boursière, nos voitures polluantes et notre égoïsme. Le capitalisme financier est fondamentalement destructeur. Tant qu’on n’aura pas changer ces fondamentaux, on n’avancera pas. Tout le reste sera de la poudre aux yeux, avec quelques résultats, habiles et ultra médiatisés. De petites concessions, comme diminuer la vitesse de circulation des voitures ou faire couler moins d’eau sous la douche. Bref, de l’écologisme mondain pour se donner bonne conscience !

      Ne soyons pas pessimistes pour autant ! Ce serait trop facile ! Car il existe bel et bien de très nombreuses solutions. L’être humain est riche d’un esprit créatif (art, science) et d’une sensibilité (compassion) qui devraient lui permettre de relever ce défi. Les dinosaures ont certes disparu de la surface de cette Terre ; mais remarquons bien que l’art, la science et la compassion, qui sont des caractéristiques proprement humaines, leur ont fait cruellement défaut. Pour notre plus grand bonheur par ailleurs, car nous ne serions pas là sinon !

      L’avenir nous appartient !

      De la création et de la rationalité donc !
      Une bonne dose d’humilité et de sagesse !
      Combattre ensemble la fuite du sens !

      On ne peut pas croître indéfiniment
      dans un monde fini.

      Au travail !

      • Anonyme répond à Lumen

        La finalité humaine est de faire du fric. On brûle la planète et on la sature de déchets avec la perspective d’un avenir le plus radieux possible. On croule sous les déchets avec le sentiment que toute cette « richesse » va nous permettre de vivre éternellement. L’économie libérale au service de la perpétué de la vie humaine. Génial, non !
        Mais il est complètement décalé le M. Reeves... Nous faire croire que toute cette grande aventure humaine se termine dans 30-40 ans. Avec tout cet argent entassé c’est pas possible.
        Kassis01

  • Anonyme

    virons les voitures ! tt le reste c’est du blabla !

  • Anonyme

    notre mode de vie est incompatible avec notre planete si nous ne changeons rien la planete nous detruira ! la terre a 4 milliards et demi d’annees d’existence, nous les humains : 2 millions d’annees a tout casser y a pas photo : la terre a existé sans nous pendant des millions des milliards d’annees, elle le fera encore apres nous !

  • Anonyme

    l’Homme survivra à la planete car il pourra la quitter

    alors soit on reste dessus en diminuant le nombre d’hommes (eugenistes malthusiens liberaux se reconnaissent dans cette proposition)

    soit on relance la recherche sur le nucleaire l’espace pour assurer un niveau de vie ’occidental’ (esperance de vie ..) pour chaque habitant de la planete !

  • Anonyme

    Par Courageux anonyme 14H27 09/12/2007
    > Journée du climat : « Les élements
    l’Homme survivra à la planete car il pourra la quitter

    TU ME FAIS RIRE TOI ! ! ! LA QUITTER ON VA LA QUITTER EN MOURRANT DE TOUTE FACON ET POUR ALLER OU TU VOUDRAIS LA QUITTER ON EST LOIN DE STAR TREK L HOMME AURA DISPARU AVANT QUE LON PUISSE HBAITER UNE PLANETE VIVABLE !

  • Anonyme

    « la fin est proche, repentez vous »

  • Humain
    • Posté à 20h13 le 09/12/2007
    • Internaute 21387

    Il est rigolo de penser que l’on a de telles journées...

    Nous venons d’avoir la journée du « Telethon »...
    (Pour les maladies « non rentables »...)

    Nous aurons la journée des pastilles pour voitures vertes...

    Nous avons eu la journée du « tsunami »...
    (Suivi des journées des « kalachnikov » toutes neuves... Mias, il ne faut pas le dire...)

    La journée de femmes...
    (Une seule journée pour toutes « les » femmes...)

    Puis la journée de la « je ne sais quoi durable »...

    Quand aurons-nous la journée de ceux qui croient en ces « journées » ?

    La journée du climat... C’est quoi ?

    Un truc super pour montrer que météo france est super performante ?

    Demain nous aurons la journée sans 4X4 ? ?
    (On en vend de plus en plus...
    Pas les journées, mais les 4X4)

    Et ensuite ?

    La journée Khadafi, la journée Algérie, la journée Chavez ...etc ? ?
    La journée pour se faire pardonner la colonisation ?
    La journée pour les croisades ?

    La journée... La journée ? Pour... etc...

    Quand donc aurons-nous, un seul jour, pour penser à toutes ces journées... ?

    A moins que nous ne fassions un grenelle des journées ?

    • Anonyme répond à Humain

      dans les journées « sans » nous aurions dus avoir la
      journée sans nicolas sarko. dans les médias, hors rien meme pas un mot sur cette journée.A quand une journée sur le pluralisme et la démocratie ?

  • Anonyme

    Y faisait pas assez chaud pour aller manifester.

    • moanaura walker
      • Posté à 18h01 le 10/12/2007
      • Internaute 15620

      en effet, ya comme une contradiction lol

      je dirais plutot que la présence du vent et de la pluie est un bon signe, ils répondent naturellement à notre appel.

      ne manifestons pas idiots !
      dans nos rêves, il y a du spirituel forcement !

  • Kineric
    • Posté à 16h40 le 11/12/2007
    • Internaute 24576

    Je ne suis vraiment pas d’accord avec Monsieur Cochet, quand il dit :
    « On ne pourra rien faire sans les Américains. »

    L’UE est la plus grande puissance économique de la planète. On peut faire un tas de choses sans attendre les US. Il y a tout un secteur économique à développer. Agissons sans attendre les autres nations, ils finiront bien par s’y mettre.

  • Perrine La Paz
    • Posté à 23h32 le 14/12/2007
    • Internaute 24126

    Et rien de plus sur Bali ? La rencontre se termine aujourd’hui, et pas un article depuis mardi... Personne n’a donc rien à dire sur cette victoire magistrale des États-Unis et de ses sbires ? ? ? ?
    Pendant des semaines on nous bassine avec Bétancourt, sujet qui ne changera pas la face du monde, mais Bali, rien du tout... navrant...