« Le Bruit des glaçons » et l'humour noir de Bertrand Blier
« Bonjour monsieur, je suis votre cancer. Je me suis dit que ça serait peut-être pas mal de faire un petit peu connaissance. »
Cynique, la première scène du huis clos de Bertrand Blier donne le ton : celui de la tumeur.
L’histoire du « Bruit des glaçons » se déroule dans une villa méridionale où Charles (Jean Dujardin), écrivain, se morfond depuis le départ de sa femme. Il s’oublie dans l’alcool -une douzaine de bouteilles de blanc par jour- et n’écrit plus une ligne. Jusqu’à l’arrivée soudaine d’Albert Dupontel qui sonne au portail et s’annonce comme le « cancer ». La mort de Charles arrive, doucement mais sûrement. A lui de la tutoyer. (Voir la bande-annonce)
De manière théâtrale, les tirades entre Jean Dujardin et Albert Dupontel font allusion à la mort. Le choix des acteurs n’est pas un hasard : sur le tournage, même en se donnant les répliques les plus cinglantes, les deux hommes s’esclaffent. Blier veut retransmettre cette ambiance de tournage et nous émouvoir, du rire aux larmes. L’humour noir de « Buffet froid », le film de Blier sorti en 1979, trouve ici sa place.
A 71 ans, le réalisateur français écrit un scénario auquel il pensait depuis « Tenue de soirée » (1986), sans oser s’y projeter. Après cinq ans de silence, il créé un face-à-face entre deux hommes paumés, un peu comme dans « Les Valseuses ». Entre le cancer et l’écrivain, les rôles s’inversent. Pour sortir de leurs déprimes, ils s’épaulent tour à tour.
Partenaire du film, la Ligue contre le cancer apprécie le ton utilisé par le réalisateur. Blier déjoue les conventions pour briser la glace d’un thème qui reste tabou.
Alors, Bertrand Blier sait-il toujours manier l’art de l’humour noir ?
- Sur allocine.frLa fiche du film sur Allociné
- Sur lebruitdesglacons.comLe site officiel du film
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consultant dans les Landes
consultant dans les Landes
La conjugaison de ces trois talents : Bertrand Blier, Jean Dujardin, Albert Dupontel sur un thème original et oh combien sensible, la mort, le cancer. Ne peut qu’engendrer une œuvre délicate. Et il faut le courage et la lucidité de ces 3 là pour oser présenter au public à qui les média ordinaires préfèrent annoncer un décès « à la suite d’une longue maladie » que de prononcer le mot cancer
Affronter cette réalité, seuls les malades concernés l’affrontent, souvent avec courage et talent parfois. Comme Bernard Giraudeau l’a fait avant de mourir c’est été. Les religions n’y sont pour rien et ne servent pas à affronter la camarde avec espoir. La certitude de la réalité, savoir que la mort est une issue naturelle et normale suffisent pour quitter la vie en toute sérénité.
Le bruit des glaçons y contribuera, j’en suis sur. ; o))




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