Loi LRU : des chercheurs répondent à l'appel des étudiants
Il n’est pas courant de voir un amphithéâtre plein un samedi après-midi. C’était pourtant le cas ce samedi de l’amphi A2 de la Halle aux Farines, sur le tout nouveau campus de l’Université Paris VII, où se tenait la seconde Assemblée générale inter-universitaire des personnels, à l’initiative du collectif Sauvons l’Université. Environ 300 personnes, dont un petit tiers représentant les facultés de province -pour certaines bloquées depuis plus d’un mois- y ont débattu de la loi relative aux Libertés et responsabilités des universités (LRU) pendant près de quatre heures. Les participants étaient unanimes pour condamner le manque de concertation de la part du gouvernement, qui a fait voter cette loi en pleines vacances d’été et l’a promulguée dans la foulée (les 11 et 12 août). A l’inverse, les intervenants ont rendu hommage à la pugnacité et à l’énergie du mouvement étudiant, au moment même où sa couverture médiatique semble nettement fléchir. Pourtant, tous sont formels :
« Le mouvement étudiant est loin d’être mort. Il est fatigué, et on le serait à moins ! “
Avec le durcissement des forces de l’ordre, le recours aux gaz lacrymogènes, aux gardes à vue et aux dépôts de plaintes, les étudiants attendent impatiemment le soutien des enseignants :
‘ Où êtes-vous ? Pourquoi ce sont les étudiants qui bloquent, qui vont en manifestation ?
Une impatience que l’on retrouve chez certains des personnels. En effet, après d’épuisantes semaines de mouvement étudiant, il leur semble illusoire d’espérer un rebond début 2008 si une mobilisation plus large ne vient pas prendre le relais au plus vite. Pour Pascal David, enseignant de physique à Paris VII, la vraie bataille, c’est la bataille médiatique, personne ne s’y trompe’ . On se plaint beaucoup de la maigre couverture médiatique du mouvement en général, et de la manifestion de jeudi en particulier. Sylvie, du collectif de Rouen, refuse quant à elle le défaitisme :
‘ Nous ne connaissons pas notre force ! Allumez la télé, la radio : il y a toujours un universitaire, particulièrement en sciences humaines, qui parle de l’Afghanistan, du pouvoir d’achat, d’archéologie...’
Elle engage à s’inspirer de l’exemple d’Albert Fert, tout nouveau Prix Nobel, qui a profité de cette tribune pour faire savoir à Valérie Pécresse tout le mal qu’il pensait de ses plans pour le CNRS. Sylvia Ullmo, professeur émérite à Tours, qui a ‘ vécu 68, 73 et 89’ , prêche pour une mobilisation accrue :
‘ Pourquoi la mère Pécresse ne veut pas nous recevoir ? Parce que nous n’avons pas de pouvoir de nuisance. Quand nous en aurons, elle nous recevra ! Commencez par être convaincus que nous sommes en danger de mort, alors vous accepterez de pousser la charrue...’
A l’issue des votes sont décidées, entre autres motions, la création d’une coordination nationale des personnels, une journée de mobilisation nationale en même temps que celle de la coordination étidiante, et la mise en œuvre de protestations administratives, éventuellement sous la forme d’une grève du zèle, pour ne pas pénaliser les étudiants. On compte aussi, parmi les perspectives d’élargissement du mouvement, le plan Darcos sur l’autonomie des lycées, de nature à mobiliser les enseignants du secondaire. Comme le résume une maître de conférence de Paris XI :
‘ La grève des enseignants-chercheurs, c’est bien ; la grève des professeurs des collèges et lycées, c’est mieux...’
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Déjà je voudrais signaler que cette mobilisation n’est pas centrée sur la question budgétaire, qu’il y a de nombreuses questions soulevée dans cette loi :
- sélection et frais d’inscription
- financement (effectivement c’est une des questions)
- démocratie universitaire (combat entre démocratie et gouvernance)
- statut des personnels
- méthodes de recrutement des enseignants chercheurs
- gestion immobilière
- missions de l’université
A cela s’ajoute d’autres question beaucoup plus marginales dans cette mobilisation mais qui restent à l’esprit sans être dans les revendications, c’est les questions sociales tel que le logement, les revenus...
Ensuite je voudrais dire que l’UNEF n’a pas grand rapport avec cette mobilisation, le seul effet de l’UNEF a été une légère démobilisation ponctuelle quand elle s’est déclarée satisfaite des négociations qui n’ont pas portées sur la loi. Je signale au passage que la tendance minoritaire de l’UNEF dite TUD qui représente entre 30 et 40% des voies au sein de l’UNEF et 80% des militants est active dans la mobilisation sans être déterminante.
On voit surtout que l’UNEF s’est entièrement décrédibilisée auprès des étudiants surtout quand elle a fait son sale coup à la coordination nationale à Lille.
Se faire passer pour des modernes avec des projets réactionnaires il n’y a rien de nouveau à cela, en tout cas il faut comprendre que des contre-projet se sont construits et qu’ils sont beaucoup plus solides que la loi LRU et cette fois ci ils répondent aux besoins de la communauté universitaire. Dès l’abrogation on aura un gros travail pour expliquer ces bons projets.




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