A débattre 24/08/2010 à 11h08

Comment devenir millionnaire en luttant contre la corruption

Jean-François Lisée | Cerium, Montréal


Un billet de 50 roupies indiennes (Jon smith ’una nos lucror’/Flickr).


Le marché est gigantesque. Les perspectives de profits, phénoménales. Selon la Banque mondiale, il y a mille milliards de dollars à prendre. Surtout, ce marché est vierge. Personne ne s’y attaque. Lequel ? Le marché de la corruption.

Vous ne pensiez pas qu’il y avait là une occasion d’affaires ? C’est que vous n’avez pas un sens entrepreneurial aussi développé que celui de Shaffi Mather, le capitaliste immobilier indien devenu activiste social.

Après avoir doté l’Inde d’un système communautaire d’ambulances autofinancées, il a compris le potentiel économique de la corruption. Lors d’une conférence, en décembre dans le cadre de la conférence TED en Inde, il a expliqué :

« Personne ne se lève le matin en se disant : “Je vais payer un pot-de-vin aujourd’hui.” En général, la corruption est imposée au citoyen. Mais il n’existe pas de ligne 1-800 contre la corruption. » (Voir la vidéo en anglais)

Et, plutôt que de se battre et face à la crainte de représailles, le citoyen paie le bakchich demandé et passe à autre chose.

La corruption suppose la confidentialité

Mather, qui fut invité par le Président Obama pour un sommet sur l’entrepreneuriat en avril dernier, a eu l’idée de lancer un service anticorruption, « bribebusters ». Les victimes l’appellent, lui et, contre rémunération, il tente de faire retirer la demande d’argent ou de faveur -généralement illégale.

Il en est au projet pilote mais raconte que dans chacun des 42 cas tests, en Inde, il a réussi. Le fait qu’une tierce personne s’interpose entre le corrupteur et la victime est, en soi, intimidant pour le corrupteur, dont le crime suppose la confidentialité. Les techniques sont diverses.

L’enregistrement vidéo ou audio de la demande de corruption fait souvent l’affaire. Une demande d’accès à l’information pour le dossier bloqué -cette loi existe en Inde- suffit parfois à la faire débloquer. Des appels aux collègues ou supérieurs du corrupteur peuvent aussi fonctionner.

Le service anticorruption suscite trois réponses, explique Mather. Dans les meilleurs cas, la demande de corruption est immédiatement levée. Il arrive que le corrupteur veuille user de son autorité et fasse obstacle. Un deuxième outil est alors utilisé (appel, mise-en-demeure, etc.), puis un troisième. Dans 100% des cas, selon Mather, le corrupteur ne résiste pas au troisième assaut.

Demander moins au client que le corrupteur

Cela n’est évidemment pas sans danger. Son combat contre une compagnie indienne corrompue mais influente lui a valu, dit-il, trois accusations policières pour intimidation, intrusion et usurpation d’identité.

Ces techniques sont utiles pour la corruption ordinaire, mais ne s’appliquent guère aux Karlheinz Schreiber et autres grands corrupteurs, actifs lors de la négociation de méga-contrats d’armes, d’aviation ou d’ingénierie entre transnationales et politiciens cupides.

Mais des agences anticorruption ordinaire peuvent-elles être rentables ? Cela dépend entièrement de l’appétit des corrupteurs. S’ils vous demandent un pot-de-vin de 10 dollars, ce n’est pas la peine. Mais Mather donne l’exemple typique, pour l’Inde, d’une demande de 3000 roupies (70 dollars) d’un fonctionnaire pour l’émission d’un passeport. Envoyer la demande d’accès à l’information qui a débloqué le dossier a coûté huit fois moins cher. Il y a donc beaucoup de marge pour faire un bon profit, tout en demandant au client beaucoup moins que ce que demandait le fonctionnaire.

Avec mille milliards de dollars de marché disponible, les entrepreneurs anticorruption pourront inventer toutes sortes de méthodes. Demander un pourcentage, 15% ou 30% de la somme demandée. Ou alors offrir un tarif fixe. On pourrait voir, dans les dépliants, une liste de prix : tant pour éviter le bakchich pour le permis de construction, tant pour l’éviter dans l’asphaltage, tant pour refuser de financer le Parti libéral du Québec (PLQ) et obtenir quand même une garderie. Les applications sont illimitées. Les profits peuvent être appréciables. Mais il faut compter les faux frais : les gardes du corps.

Les anticorrupteurs condamnés à protéger leur gagne-pain

Comme dans toute entreprise humaine, viendra un moment où les corrupteurs -qui ne sont pas les moins astucieux d’entre nous- trouveront le moyen d’en profiter aussi. Car si l’anticorrupteur est payé au pourcentage, n’a-t-il pas intérêt à ce que le corrupteur soit plus gourmand ? Quitte à lui refiler une partie du paiement reçu du client ?

Et ce business de la propreté économique générera, à terme, un gigantesque problème. De succès en succès, il éliminera la source même de ses profits, la condition même de son existence : la corruption et les corrupteurs. Les entrepreneurs anticorruption auront intérêt, au final, à protéger leur gagne-pain.

Et encore...

Les secteurs de la construction, des travaux publics et de l’immobilier sont considérés comme les plus corrompus de toute l’activité économique, partout sur la planète, selon le dernier rapport de Transparency International. Viennent peu après l’industrie pétrolière et gazière. Parmi les plus propres : les banques, les pêcheries et la haute-technologie.

Le Canada est jugé par Transparency International comme figurant parmi les pays où on trouve le moins de corruption, avec la Belgique, les Pays-Bas et la Suisse [la France fait moins bien, ndlr]. On en trouve davantage, d’abord en Russie, puis au Mexique, en Chine et en Inde. C’est donc là que se trouve le marché émergent de l’anticorruption.

En partenariat avec les Ecoles d’été internationales de l’université de Montréal


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  • Raphaelle-B
    Raphaelle-B
    Community manager
    • Posté à 11h26 le 24/08/2010
    • Internaute 120717
      Community manager

    Il y a de l’idée ...

    • pablico
      pablico répond à Raphaelle-B
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 13h32 le 24/08/2010
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      s’attaquer à la corruption, est un coup à se faire corrompre.. au bout d’un moment..

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 11h43 le 24/08/2010
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    « Le Canada est jugé par Transparency International comme figurant parmi les pays où on trouve le moins de corruption, ».....

    Mr Lisée, vous avez un sacré culot....j’y ai habité assez longtemps au Canada, à Toronto, à Ottawa, à Montreal.....moins de corruption ?
    Quelqu’un a du verser des pots de vins a Transparency International....

    Construction, from coast to coast....pourri à l’os, comme vous dites....

    La politique ? Chretien, pas trop magouilleur celui la, et aussi le grand connard qui vous a organisé les accords de libre échange......ah oui, Mulroney, un bel exemple aussi.... et l’autre, le Liberal......celui qui possède une flotte de marine marchande.....attendez, ça va me revenir, toutes ces compagnies sont enregistrées dans des paradis fiscaux.....il a même été ministre des finances au nivau federal avant de devenir premier ministre.....je veux pas aller sur Google....ah, oui. Martin......un exemple pour les corrumpus celui la......écoutez, vos articles sur la corruption seraient surement les bienvenus, si vous mettiez le Canada en tête de liste.....c’est usé et un peu xénophobe de toujours dire que la corruption est tellement horrible au Mexique, ou en Inde, ou encore au Bresil......

    Et si on regardait la corruption dans le domaine artistique Mr Lisée ? Domaine entièrement subvntionné par Ottawa , Telefilm Canada....et par les provinces....Quebec, la SODEC, la non plus d’après vous, il n’y aurait pas de corruption ?

    Envoyez donc des subpoenas a tous les comptables qui ont travaillés sur tous les films québécois depuis 1975......et revenez nous raconter qu’il n’y a pas de corruption au Canada....

    On pourrai aussi discuter de la construction du métro de Montreal, d’Expo 67, et le pompon.....les Olympiques de 1976......un chef d’oeuvre de magouilles.....

    Je dois quitter, ça fait toujours plaisir de vous lire....bonne journée .

    • Nemo Auditur
      Nemo Auditur répond à Lemmy_Nothor
      Juriste expatrié
      • Posté à 14h56 le 24/08/2010
      • Expert 65923
        Juriste expatrié

      J’ai comme l’impression que vous avez saisi la première occasion pour épancher votre aigreur en ces lieux.
      Il faut apprendre à lire cher ami. Nulle part il n’est écrit que la corruption est inexistante au Canada, pas plus qu’il n’y a de condescendance apparente à l’égard d’autres nations. Il faut faire la différence entre superlatif et relatif...en outre, l’auteur prend soin de préciser que « Le Canada est jugé par Transparency International comme figurant parmi les pays où on trouve le moins de corruption ».
      Je crois que le travail journalistique est suffisamment rigoureux en l’occurrence.

      • Lemmy_Nothor
        Lemmy_Nothor répond à Nemo Auditur
        - Gone fishing !
        • Posté à 15h29 le 24/08/2010
        • Internaute 12434
          - Gone fishing !

        Aigreur ? Ah que non....faut pas prendre ça aussi sérieusement. Je sais très bien lire justement, et si cet article avait été écrit par quelqu’un d’autre, je ne me serai pas permis d’enfoncer le clou aussi profond.
        Voyez vous, je connais bien l’auteur, et je lis très bien entre les lignes....sans compter que j’ai passé une éternité au Canada, et que je connais bien ses deux cultures, qui s’ignorent l’une l’autre.

        Et il n’y a pas moins de corruption au Canada, bien au contraire....mais c’est l’image qu’ils veulent se donner.

    • bibilibi
      bibilibi répond à Lemmy_Nothor
      rien
      • Posté à 17h13 le 24/08/2010
      • Internaute 120824
        rien

      vous avez oublié la nomination des juges aux quebec et la collusion dans la construction pour ne citer que cela, pour les affaires contemporaines .

    • zakut
      zakut répond à Lemmy_Nothor
      employé
      • Posté à 04h14 le 26/08/2010
      • Internaute 60843
        employé

      voici la liste des principaux corrupteurs euhhhhhh donateurs de transparency international :

      Lien

      No comment.................

  • mezneth
    mezneth
    Onomatopée antropomorphe
    • Posté à 11h42 le 24/08/2010
    • Internaute 70709
      Onomatopée antropomorphe

    Et quand cette entreprise n’aura plus de boulot parce que la corruption n’existera plus (on peut rêver), ou tout simplement si elle n’est plus suffisamment rentable, il suffira de s’arranger avec qqun de haut placé pour qu’il demande des pots de vins d’un montant exorbitant à tout le monde . Ne restera qu’à prendre un généreux % du pot de vin pour que le complice lève sa demande...

    Pourquoi les services publics ne créent ils pas un service semblable gratuit ? Ah oui, parce qu’ils sont corrompus...

    Et sinon, question à 10 carambars, où se situe la limite entre corruption et lobbying ?

    • Lictor
      Lictor répond à mezneth
      informaticien
      • Posté à 12h19 le 24/08/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      Ou le secteur de contentera de disparaître. Aujourd’hui, les maréchaux-ferrant n’ont quasiment plus de raison d’être. Est-ce que pour autant le type qui s’orientait vers cette profession au 16e siècle devait y renoncer ? Est-ce que l’inventeur du fer à cheval aurait dû anticiper la disparition du cheval comme moyen de locomotion et renoncer à son invention ?

      L’économie de l’innovation est par nature dynamique. Il y a trois temps : le temps de l’innovation (où l’on à l’opportunité d’être le premier sur un marché), le temps de la maturité (où il y a de l’argent à gagner et ce d’autant plus qu’on s’est bien positionné lors du premier temps) et le temps de la décroissance (où le marché est saturé et ça ne rapporte plus grand chose). Il est donc évident que son marché suivra ce modèle. Ce n’est pas une raison pour ne pas être présent en phase 1, vu qu’il y aura vraisemblablement beaucoup d’argent à gagner en phase 2...

      Pour le service public, oui, ça serait une bonne chose... Sauf que, comme tu le remarques, par définition, ça ne peut pas marcher... C’est probablement l’un des rares cas où seul le privé peut tenter ce type d’approche...

      La différence entre corruption et lobbying est très net et tient à un seul élément : la transparence. Comme remarqué dans l’article, la corruption a besoin du secret. Le lobbying, c’est de la corruption à laquelle on aurait enlevé le secret.
      C’est pour ça que dans les démocraties, on oblige les politiques à déclarer leurs conflits d’intérêts, on oblige les lobbyistes à se déclarer, on oblige à consigner tous les actes de lobbying et financement... Cette transparence permet, au moins en théorie, aux citoyens de contrôler ce qui se fait, et de sanctionner électoralement. Ah, dans certains pays, on ne pratique pas cette transparence ? Dans ce cas, il s’agit bien de corruption...

      • mezneth
        mezneth répond à Lictor
        Onomatopée antropomorphe
        • Posté à 04h26 le 25/08/2010
        • Internaute 70709
          Onomatopée antropomorphe

        Dans le fond oui, vous avez raison.
        Mais votre commentaire me semble tout de même bien théorique.

        « Ou le secteur de contentera de disparaître. “
        Je vais prendre un autre exemple : les majors dans l’industrie du divertissement. Ils s’accrochent, rendent impossible tout modèle alternatif (ne serait ce qu’en occupant tous les canaux de diffusions grand public - je rappelle qu’on attend toujours la plate forme de promotion du libre et des oeuvres tombées dans le domaine public promise par l’état lors de la dadvsi) et pratiquent un lobyisme des plus agressifs. Oui à terme ils vont disparaitre. Mais en attendant, y’aura plusieurs décennies où ils nous auront bien fait skroumt. Soit notre vie à nous. Pour les vivants, la perspective d’une disparition dans les siècles qui viennent, ca leur fait une belle jambe, si vous voyez ce que je veux dire. ;)

        ‘Pour le service public, oui, ça serait une bonne chose... Sauf que, comme tu le remarques, par définition, ça ne peut pas marcher... C’est probablement l’un des rares cas où seul le privé peut tenter ce type d’approche...’
        Bof. Il n’y a que dans les dictatures que ca ne peut pas marcher. En suède, ca marche très bien, comme dans tout pays qui possèdent des contrepouvoirs équilibrés et une justice indépendante. Plutôt que de dire que ca ne pourrait pas marcher si c’était institué par un service public, je préfère donc me demander pourquoi en France, à défaut de ne pouvoir marcher, on n’a jamais pensé à çà (‘parce qu’il n’y a pas de corruption en France’ n’est pas une bonne réponse^^)

        ‘La différence entre corruption et lobbying est très net et tient à un seul élément : la transparence.
        Tout celà est encore bien théorique. Le lobbying est tout sauf transparent, la preuve en est la surprise générale à chaque scoop du canard enchainé sur des affaires de ce type. Et çà n’empêche pas les gens de rester au pouvoir...

        C’est pour ça que dans les démocraties, on oblige les politiques à déclarer leurs conflits d’intérêts, on oblige les lobbyistes à se déclarer, on oblige à consigner tous les actes de lobbying et financement...
        Quid des caisses noires des partis, de l’affaire Bettencourt, et j’en passe et des meilleures.

        Cette transparence permet, au moins en théorie, aux citoyens de contrôler ce qui se fait, et de sanctionner électoralement.
        La je pense que vous avez une très haute opinion des citoyens^^
        On commence à le savoir que les citoyens dans leur majorité ne votent pas en contrôlant ou de manière consciencieuse. Ils votent avant tout pour le candidat qui leur promettra la lune, le sourire colgate en bonus.
        D’où les dérives démagogiques qu’on observe depuis quelques années. Alors le contrôle... Au mieux on vocifère devant sa télé et passé les grandes vacances, on a tout oublié. Ce n’est pas pour rien que l’ump qui a très bien compris tout ca nous fait un tir groupé de lois immondes ces derniers mois avant de passer très probablement à une accalmie législative pour faire profil bas jusqu’en 2012...

         
        • Lictor
          Lictor répond à mezneth
          informaticien
          • Posté à 09h40 le 25/08/2010
          • Internaute 68450
            informaticien

          Oui, si vous avez une justice indépendante et une police honnête, vous pourrez lutter contre la corruption par des moyens publics. Le problème, c’est que si vous avez ça, c’est que vous n’avez pas un vrai problème de corruption. Je parle bien de corruption au quotidien - comme dans les pays où l’armée installe des péage pirates ou les pays où il faut payer pour la moindre démarche administrative.

          Pour la transparence, oui, c’est pour moi la distinction entre corruption et lobbying. Vous citez beaucoup de cas français : pour ma part, je considère que la France ne pratique pas le lobbying dans des conditions démocratiques. La transparence n’y est pas une obligation et il faut effectivement compter sur la Canard ou d’autres journaux pour en avoir un peu. D’autres pays font mieux, notamment du côté de la Suède.
          La France ne dispose pas non plus de dispositif d’empeachment ou de nomination de tous les acteurs en position de pouvoir. C’est également un problème.

          Concernant les citoyens, je n’ai pas forcément une bonne opinion d’eux. Mais c’est le principe de la démocratie : on donne au peuple tous les moyen de juger objectivement. Après, il en fait ce qu’il veut, il est souverain, y compris pour se tirer une balle dans le pied. Dans le contexte du lobbying, la démocratie consiste donc à donner tous les instruments au peuple pour pouvoir dire STOP.
          L’alternative serait la dictature éclairée, mais l’expérience montre qu’elle le reste rarement (éclairée). Et elle ne résout certainement pas les problèmes de corruption...

        1 autres commentaires
    • Troll-en-folie
      Troll-en-folie répond à mezneth
      Parano chronique
      • Posté à 14h49 le 24/08/2010
      • Internaute 87214
        Parano chronique

      « où se situe la limite entre corruption et lobbying ? »

      Pas de limite, c’est la même chose avec deux noms différents.

      Lobbying est l’appellation politiquement correcte de la corruption.

      • Albedo
        Albedo répond à Troll-en-folie
        • Posté à 15h44 le 24/08/2010
        • Internaute 7121

        Non, ce sont des phénomènes différents. Le lobbyisme se prolonge parfois de corruption mais ce n’est pas une condition nécessaire (ou suffisante) à sa définition ou son fonctionnement. La corruption est un outil parmi d’autres des lobbies.

         
        • Troll-en-folie
          Troll-en-folie répond à Albedo
          Parano chronique
          • Posté à 20h24 le 24/08/2010
          • Internaute 87214
            Parano chronique

          Dans l’absolu, vous avez raison, mais la corruption est quand même l’outil le plus utilisé.

          • Albedo
            Albedo répond à Troll-en-folie
            • Posté à 12h58 le 25/08/2010
            • Internaute 7121

            Loin de là. Des milliers de petites associations, de groupements, se coalisent pour payer quelques lobbyistes, que ça soit à Strasbourg ou à Washington. Ils n’ont pas les moyens de jouer avec la corruption. Et même chez les gros lobbies, bien que ça soit plus difficile à évaluer, il y a peu de corruption, en tout cas si vous parlez de corruption au sens « hard », donc d’actes illégaux.

            Mais il reste des tas de moyens d’influencer les élus qui sont moralement douteux, même si, à proprement parler, on ne peut pas parler de corruption (diners, voyages, mise à disposition d’experts, assurance d’être recasé professionnellement etc)

            Le gros de la corruption, en occident, se concentre plutôt dans des relations directes entre entreprises et décisionnaires des pouvoirs publics (politiques ou fonctionnaires) et concernent plus des dépenses directes (soit des contrats publics soit des financements d’activités politiques, selon le sens où va l’argent) que des discussions sur des textes légaux (qui est le domaine des lobbies).

        2 autres commentaires
      • mezneth
        mezneth répond à Troll-en-folie
        Onomatopée antropomorphe
        • Posté à 04h07 le 25/08/2010
        • Internaute 70709
          Onomatopée antropomorphe

        Politiquement correcte, je dirais même plus, légale... pour notre plus grand malheur.

  • jpouille
    jpouille
    Fils du vent
    • Posté à 12h00 le 24/08/2010
    • Internaute 31114
      Fils du vent

    le probleme c’est que si on fait ca en France, on peut etre sur d’etre dechu de la nationalite !

  • arctus
    arctus
    Toujours vivant - pas pour (...)
    • Posté à 12h45 le 24/08/2010
    • Internaute 89769
      Toujours vivant - pas pour (...)

    TED NOM

    Une ligne 1-800 qui ne sera évidemment pas sur écoute !

    Car vous êtes quelque peu machiavélique, cher monsieur Lisée :
    Car si l’anticorrupteur est payé au pourcentage, n’a-t-il pas intérêt à ce que le corrupteur soit plus gourmand ? Quitte à lui refiler une partie du paiement reçu du client ?
    Soyons machiavélique jusqu’au bout :
    Une ligne sur écoute permettra aux grands corrupteurs de connaitre tous les petits corrupteurs qui ne leur versent pas leur part du gâteau !

  • jtombeur
    jtombeur
    pamphlétaire-chômiste banato- (...)
    • Posté à 12h06 le 24/08/2010
    • Internaute 31209
      pamphlétaire-chômiste banato- (...)

    Pour le moment, en France, en tentant de lutter contre la corruption, on risque plutôt d’y laisser sa chemise...
    Ainsi de Jean Galli-Douadi dont la publication de son livre Clearstream-EADS aux éditions Bénévent fait l’objet de manoeuvres tendant à en empêcher la diffusion.
    Sur cette affaire, on peut consulter Come4News qui a publié un entretien avec l’auteur et chroniqué l’ouvrage.
    Voir :
    Lien
    et d’autres articles...

  • Jonas Kenya
    Jonas Kenya
    rêveur
    • Posté à 12h10 le 24/08/2010
    • Internaute 102308
      rêveur

    C’est comme payer le pote du racketteur pour que le racketteur arrête de te racketter. Mouais.

    • Hatamoto
      Hatamoto répond à Jonas Kenya
      Vendeur de temps de cerveau (...)
      • Posté à 14h44 le 24/08/2010
      • Internaute 29766
        Vendeur de temps de cerveau (...)

      C’est exactement ce que je me disais : ce genre d’entreprise s’apparente à du rackett !

    • dindon
      dindon répond à Jonas Kenya
      un passant
      • Posté à 19h36 le 24/08/2010
      • Internaute 43030
        un passant

      Tout a fait d’accord. Peut-etre un financement partiellement publique permettra a l’organisme anti-corruption de rester du bon cote de la justice. Meme si c’est loin d’etre comparable, c’est un peu le cas des huissiers en France qui touchent 10% d’une somme obtenue par decision de justice de la part de la personne beneficiaire.

  • vilmorpheus
    vilmorpheus
    Idéaliste
    • Posté à 12h10 le 24/08/2010
    • Internaute 86413
      Idéaliste

    Vidéo très intéressante qui cite des évidences ceci dit : « la corruption fait plus de mal que de bien. »

    Mais il est toujours bien de le rapeller.

  • ethylique
    • Posté à 12h28 le 24/08/2010
    • Internaute 22757

    votre « anti-corruption » ne serai pas juste un passage d’une corruption local (et saupoudré)
    a une corruption capitaliste 2.0 ou la corruption deviens centralisé.

    Et ca ne ressemblerais pas a une mafia.

    Et sinon on peut aussi devenir millionnaire en
    luttant contre le trafic d’être humain
    luttant contre la drogue
    ...

    Suffit d’etre moin chere

    • kevangel
      kevangel répond à ethylique
      Chercheur
      • Posté à 12h35 le 24/08/2010
      • Expert 24356
        Chercheur

      Exactement, c’est comme si on luttait contre le trafic de drogue en saississant la marchandise aux dealers et en la revendant à moitié prix...

      • ethylique
        ethylique répond à kevangel
        • Posté à 12h37 le 24/08/2010
        • Internaute 22757

        Par contre en Inde ils ont pas eu l’idée de faire payer 10e le passport
        et avec ces 10e il paye un mec qui surveil qu’il n’y est pas de corruption.

        Enfin je sais peut être très con ce que je dis.

         
        • Lictor
          Lictor répond à ethylique
          informaticien
          • Posté à 14h09 le 24/08/2010
          • Internaute 68450
            informaticien

          Sauf que le mec en question comprendre vite qu’il peut se faire 20€ au lieu de 10€ en revendant aux corrupteurs le fait de regarder ailleurs pendant qu’ils bossent... C’est généralement ce qui fait que dans ces pays, les gens chargés de faire appliquer la loi et l’ordre sont les premiers à être corrompus...

          • ethylique
            ethylique répond à Lictor
            • Posté à 14h28 le 24/08/2010
            • Internaute 22757

            Ouai.
            Enfin après il y a de l’éducation une once de fierté pour son pays et un minimum d’honnête.
            Apres il est claire que ce que j ai put voire de l’inde c’est pas ca du tout.

            Et puis je passe en mode con :
            1.4m d’habitant qui sont tellement pourri qu’ils sont mm pas capable de vivoté ensemble qui se raccroche a des conventions social inqualifiable........et qui fantasme sur l’européen
            arriverons pas a grand chose(enfin j’espère car ils sont quand mm performant) et peu être mémé s’écrouleront tout seul

        2 autres commentaires
      • Lictor
        Lictor répond à kevangel
        informaticien
        • Posté à 14h08 le 24/08/2010
        • Internaute 68450
          informaticien

        En même temps, ça serait un moyen considérablement plus efficace que de faire des opérations de police médiatisés pour saisir 10g de cannabis en banlieue ou que de faire The War on Drugs en balançant du roundup sur l’amérique du sud...

        C’est après tout un peu le principe de la légalisation. Le meilleur moyen de tuer les dealers, c’est de vendre la même chose que, mais en moins cher et de meilleure qualité...

  • onapatouvu
    onapatouvu
    perdu pour la science
    • Posté à 12h31 le 24/08/2010
    • Internaute 85117
      perdu pour la science

    Ce que propose ce Shaffi Mather, ce n’est pas de lutter contre la corruption, mais de la sous-traiter.
    Autrement dit, il n’y a dans sa démarche aucun souci d’honnêteté, seulement une recherche de fric.

    • Lictor
      Lictor répond à onapatouvu
      informaticien
      • Posté à 15h16 le 24/08/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      Oui, c’est une vision pragmatique et libérale de la gestion (et non de la lutte) de la corruption.
      Sa démarche ne manque pas d’honnêteté, juste de moral. Il est dans la plus pure tradition capitaliste : un acteur économique n’agit pas avec un but moral, mais bien avec un but égoïste (s’enrichir). Par contre, il est « honnête », dans le sens qu’il ne triche pas ou ne cache pas.

      Visiblement, la lutte contre la corruption de marche pas dans ce pays. Ce qui propose cet entrepreneur, c’est simplement d’intégrer ça dans une démarche libéral. Face à l’artisan corrupteur, il propose une gestion industriel, qui va casser les prix. Et si cette gestion industrielle est trop chère, il y aura du hard discount de la gestion de la corruption...

      En gros, on ne fait pas disparaître la corruption, mais on l’intègre dans un processus économique qui l’oblige à rentrer dans une logique de marché concurrentiel. Sa théorie est qu’il suffit de forcer la corruption dans un contexte de marché (enrichissement égoïste, mais transparent) pour que son prix s’effondre.

      • Albedo
        Albedo répond à Lictor
        • Posté à 15h52 le 24/08/2010
        • Internaute 7121

        Message très intéressant.

        Ceci dit, la logique de son entreprise reste liée à l’illégalité (pressions hiérarchiques, judiciaires...) et la honte (mise à jour du corrupteur), donc ne me semble pas vraiment compatible à une « normalisation » de la corruption telle que vous l’évoquez.

        Quoi qu’il en soit elle ne vaut que pour la petite corruption (qui n’existe quasiment pas en Europe du nord par exemple), la grande corruption y est évidemment insensible.

      • onapatouvu
        onapatouvu répond à Lictor
        perdu pour la science
        • Posté à 16h43 le 24/08/2010
        • Internaute 85117
          perdu pour la science

        Prenons un exemple concret : il faut payer 100 € de bakchich pour obtenir un passeport, qui est lui-même gratuit (hypothèse).

        - Shaffi Mather (son entreprise) propose sur le marché l’offre suivante : vous nous versez 20 € et vous obtiendrez votre passeport, sans aucun risque d’avoir à payer quoi que ce soit d’autre. Il ne « cache pas ».
        Est-ce que ce ne serait pas lui qui serait devenu le corrompu, en toute « transparence » ? Pourquoi alors, est-ce qu’il n’encouragerait pas, en sous-main, la corruption en partageant sa rémunération avec les corrompus : demandez un bakchich ; vous ne l’aurez pas, mais moi je vous garantis d’obtenir 10% de son montant.
        - Shaffi Mather propose discrètement aux victimes de les débarrasser du « corrompu » en lui donnant 20% du montant du bakchich.
        Dans tous les cas, le citoyen se voit obligé de verser une dîme illégale à un intermédiaire pour obtenir un service. Que l’on enrobe ça comme on veut, c’est de la corruption, qui, économiquement n’apporte rien, à part engraisser les « corrompus » ou « anti-corruption » (finalement, ce sont les mêmes).

  • kevangel
    kevangel
    Chercheur
    • Posté à 12h33 le 24/08/2010
    • Expert 24356
      Chercheur

    C’est quand meme très fort, on remplace de la corruption illégale par de la corruption légale. Parce qu’au bilan le citoyen devra quand meme payer un intermédiaire pour avoir son passeport, et meme si c’est moins cher ce n’est pas bien différent de la corruption directe.

    • lautzig
      lautzig répond à kevangel
      • Posté à 13h26 le 24/08/2010
      • Internaute 31396

      Et, à terme, quand le systeme sera bien en place, qu’arrivera t’il à la personne qui refusera de payer le corrupteur mais aussi l’organisme anti corruption ? Recevra t’elle des menaces des deux ?

  • Gethro
    Gethro
    Technicien helpdesk
    • Posté à 13h05 le 24/08/2010
    • Internaute 101455
      Technicien helpdesk

    « Le fait qu’une tierce personne s’interpose entre le corrupteur et la victime est, en soi, intimidant pour le corrupteur, dont le crime suppose la confidentialité. »

    Et on dynamite au passage un cliché angéliste qui voudrait que le bakshich fasse intégralement partie d’une culture...

  • Baracuda
    Baracuda
    Dans les remous
    • Posté à 13h35 le 24/08/2010
    • Internaute 93411
      Dans les remous

    Et dans la même édition de poche « Comment bien préparer ses obsèques en luttant contre la corruption ».

    La haute corruption, c’est inévitablement « politique » en partie.
    Et ça concerne forcément la police, l’armée, les représentants, hommes de main, etc....
    Qui pour du pognon va se risquer à balancer des preuves de culpabilité d’un cador local ? ?

    • Lictor
      Lictor répond à Baracuda
      informaticien
      • Posté à 15h22 le 24/08/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      Non, ça ne concerne pas forcément LA police, mais LE policier. La corruption, se sont beaucoup des mini-pouvoirs et ça se joue beaucoup à l’échelle de l’individu...

      C’est visible en entreprise. Tu donnes un micro-pouvoir arbitraire à un salarié en lui expliquant qu’il est maintenant plus puissant que les autres, et tu obtiens très facilement un dictateur de poche.
      Tu donnes un pouvoir à un policier ou un fonctionnaire dans un pays où il n’a pas trop de risque de se faire chopper, et tu as de la corruption. Pas la peine d’aller chercher un complot à l’échelle du pays.
      Certes, il y a aussi un grande corruption, au niveau des investissements nationaux, des grands chantiers... Mais cette corruption n’est pas forcément plus grande en Indes qu’en France chez nos amis Bouygues ou autres... Surtout, au niveau de la population locale, elle n’est pas aussi mal vécue que la petite mais constante corruption au quotidien...

      Du coup, à la question « qui ? », tout simplement toute entreprise qui n’est pas sous la coupe du cador local en question... Par exemple, une entreprise basée aux USA avec un bureau à New Dehli n’aura aucun mal à balancer le petit tyran local d’un village de 500 habitants...

  • ZOZO
    ZOZO
    Acheteur
    • Posté à 13h37 le 24/08/2010
    • Internaute 24608
      Acheteur

    Et le coup d’après ce sera : Comment être à son tour corrompu en luttant (soit-disant) contre la corruption.....lol ?

    Comme Al Gore luttant pour l’écologie pris en flagrant délit de consommation effrénée d’énergie à titre personnel.

    C’est à ce genre d’idées qu’on s’aperçoit à quel point la civilisation actuelle en général et occidentale en particulier est à bout de soufle !

  • speedygonzalez-
    • Posté à 13h38 le 24/08/2010
    • Internaute 83323
      juge

    La corruption devrait être criminalisée. et le lobbying interdit.

    • Lictor
      Lictor répond à speedygonzalez-
      informaticien
      • Posté à 15h28 le 24/08/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      Au contraire, le lobbying doit être légal et transparent.

      Interdire le lobbying, ça revient à dire qu’il est en fait réservé à une petite élite qui a le pouvoir de passer au dessus des lois. Ça implique aussi qu’il se déroule de manière occulte.
      Au contraire, l’autoriser, ça veut dire qu’il devient accessible à tout le monde. Et le rendre transparent, ça veut dire que les citoyens ont la possibilité de le censurer.

      Par exemple, dans les pays qui le pratiquent ouvertement, tous les actes de lobbying laissent une trace. Les citoyens peuvent ainsi savoir qui influence leurs politiciens et en tenir compte pour les élections.
      Au contraire, dans un système illégal donc occulte, les citoyens doivent compter sur la justice ou la presse pour dévoiler quelques % de la totalité des conflits d’intérêts, financement occultes ou autres qui se déroulent dans leur pays...

      A la limite, et c’est une pure vue de l’esprit, une solution encore plus directe (mais irréalisable) de son système de lutte contre la corruption serait juste la publication de l’intégralité des sommes perçues via la corruption associée à un pouvoir de révocation du peuple... Les corrompus les plus gourmands se feraient ainsi éliminer pour être remplacés par des corrompus plus frugaux, voire par d’honnêtes gens...

  • Shix
    Shix
    Madteam since 2010
    • Posté à 13h42 le 24/08/2010
    • Internaute 7815
      Madteam since 2010

    Donc si je comprends bien : des fonctionnaires mal payés arrondissent leurs fins de mois avec des pots de vin. Et la solution c’est que cet argent plutôt que d’aider de simples citoyens même si c’est très amoral va finir dans les poches d’une grande entreprise (qui de fait est déjà très amorale puisque son but est de faire du profit là où le petit fonctionnaire cherchait à vivre) qui va se draper dans l’étendard de la lutte contre la corruption à grand renfort de comm’ et d’articles de presse partisans ou pas réfléchis (je ne parle pas de celui-ci qui a au moins le mérite de se poser la question de la finalité d’un marché comme la corruption) !

    Pendant ce temps elle avoue elle même qu’elle ne s’attaque pas à la vraie, la grande corruption !

    Pour comprendre la corruption à petite échelle dans certains pays, il serait bon d’y vivre avant de juger cela avec nos gros sabots d’occidentaux !

    Si cette entreprise avait des couilles et ne cherchait pas juste à s’en mettre plein les fouilles, on appellerait ça une ONG, elle s’attaquerait à ceux qui empêche un état souverain de fonctionner correctement en traquant les politiciens et les lobbys qui marchandent la souveraineté d’un pays contre de grosses liasses ! Ca c’est lutter contre la corruption !

    Pourquoi ce nouveau héros du Tiers-monde barbare et corrompu ne va-t-il pas s’attaquer à la corruption des mafias ? Parce qu’il s’en carre ! Parce qu’il n’a aucune visée autre que de se faire du fric !

    Alors stop le marketing moisi qui consiste à faire passer des salauds pour des héros et à criminaliser le p’tit gars qui survit avec les moyens qu’on lui a inculqué : soumets, écrase et exploite ton prochain !

  • daryo
    daryo
    Juriste
    • Posté à 13h46 le 24/08/2010
    • Expert 37402
      Juriste

    La photo est un billet de 500 roupies (orange/jaune), pas de 50 roupies (bleu).

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 14h29 le 24/08/2010
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Le Parrain (Michael Corleone) est un minus à côté de la corruption rampante existant un peu partout dans le monde... !
    Lien

  • julienE
    julienE
    producteur
    • Posté à 14h31 le 24/08/2010
    • Internaute 116770
      producteur

    La corruption n’est pas un marché, c’est plutot une pratique qui va contre le fonctionnement du marché (comme diraient les libéraux).

  • marc b
    marc b
    anarchiste communautaire
    • Posté à 14h56 le 24/08/2010
    • Internaute 47521
      anarchiste communautaire

    Il est intéressant de constater que comme pour la délinquance en col blanc la lutte contre les « grands corrupteurs » n’est pas réellement envisagée. Les élites rédigent les lois, les font voter et surtout, décident ou non de les faire appliquées. Elles considèrent la grande corruption et l’évasion fiscale comme de l’ « intelligence économique ». Le jour ou le pôle anticorruption sera doté des mêmes moyens que le pôle antiterrorisme les finances de l’état seront meilleurs et la justice républicaine un peu mieux respecté.

  • nanabel
    nanabel
    1ère version
    • Posté à 15h00 le 24/08/2010
    • Internaute 97292
      1ère version

    Ce monsieur Shaffi Mather m’a l’air d’être un sacré escroc.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 15h19 le 24/08/2010
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    Personne ne s’y attaque a la corruption

    normal ceux qui doivent l’attaquer ,sont eux mèmes corrompus , ou y sont plus ou moins mélés

    vont quand mème pas se tirer une balle dans l’pied

  • chris 2
    chris 2
    Artiste
    • Posté à 15h19 le 24/08/2010
    • Internaute 87831
      Artiste

    On tombe de sa chaise quand on lit ceci :

    « Les secteurs de la construction, des travaux publics et de l’immobilier sont considérés comme les plus corrompus de toute l’activité économique, partout sur la planète, selon le dernier rapport de Transparency International.Viennent peu après l’industrie pétrolière et gazière. Parmi les plus propres : les banques, les pêcheries et la haute-technologie ».

    Parmi les plus propres : Les banques ! ! !

    Les banques considérées comme plus « propres “ que le secteur du BTP tandis que ce sont elles les plus puissantes et les plus corrompues ! A telle point qu’elles mettent en joug maintenant directement les États en ruinant les Citoyens concernés comme en Argentine en 2002, les Islandais en 2007, les Lituaniens en 2009 et les Grecs en 2010. La liste continue...

    Comment se fait -il que Jean-François Lisée relaie une telle information que les faits contemporains rendent caduques. N’est-il pas au courant du pillage de l’économie américaine par les banques US ? N’est -il pas au courant des gigantesques magouilles de Goldman Sachs et de la FED aux USA ?

    On se marre quand on lit une telle affirmation. Qui écrit le rapport
    ” Transparency “ ? Qui a intérêt à épargner les banques et à les déclarer ‘ propres , tandis qu’elle sont la tête de pont de la corruption mondiale ?

    Je rappelle à l’auteur de l’article que les banques ont été sauvées en 2008 de la banqueroute par les Citoyens des États américains et européens suite à leur magouille planétaire dite des subprimes - Une dette privée de plusieurs milliards de milliards de dollars payés par les contribuables américains et européens ! ! !

    Pas étonnant que la dette dite publique a explosé puisque maintenant on doit aussi payer la dette privée des banques pourries - On dit les banques Zombie ou Potemkine pour mieux se faire comprendre.

    il est bon de savoir aussi que L’organisation Transparency International a été fondée à Berlin par Peter Eigen en 1993, qui fut directeur de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et de l’Est et l’Amérique latine de 1975 à 1991 ...

    Rendez-vous compte ! Un directeur de la banque mondiale ! ah ! ah !
    On comprend mieux pourquoi les banques sont considérées comme
    ’ propres ‘ et au dessus de tout soupçon.

    La banque mondiale connue pour ses hauts faits d’armes dans la paupérisation des populations du globe où les frais de scolarité et de santé sont supprimés partout où il y en a, pour rembourser les montagnes d’intérêts à des rentiers millionnaires sur une dette publique déjà largement remboursée au fil du temps. Quelle gloire !

    En 2005, William K. Black a publié un ouvrage au nom évocateur : Le meilleur moyen de voler une banque est d’en posséder une

    Il serait bon je crois que Jean-François Lisée, lise cet interview de l’économiste américain pour ne pas servir une soupe aussi froide à ses lecteurs.

    Bernie Madoff était un petit joueur’ :
    Lien

    Bonne lecture.

    • Lictor
      Lictor répond à chris 2
      informaticien
      • Posté à 15h50 le 24/08/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      Il ne faut pas confondre corruption et amoralité. Il ne faut pas non plus confondre corruption et puissance.

      Les banques ne sont effectivement pas corrompus. La crise des subprimes n’a strictement rien à voir avec de la corruption, pas plus que le financement de ces banques pour sortir de cette crise !
      Le cocktail de la crise des subprimes, c’est avant tout :
      - une rasade d’amoralité
      - une bonne dose de vision à court terme (horizon à long terme : la prime de fin d’année)
      - un pincée de pensée positive à l’américaine (voir le RSA Animated Smile or Die là dessus, il explique très bien comment la contradiction s’élimine toute seule)
      - un zest de responsable mais pas coupable, pas pour cause de corruption, mais simplement par construction même du système : laisser couler une banque est actuellement impensable, donc par conséquence on ne laisse pas une banque face à ses responsabilité.

      Donc, absolument rien à voir avec de la corruption, dans un sens ou dans l’autre.
      Pas plus que Maddof n’est une affaire de corruption, c’est simplement une arnaque.

      Le rapport n’a donc pas tort. Les banques sont des organismes clean au niveau de la corruption, pas parce qu’elles sont morales, mais tout simplement parce qu’elles peuvent faire beaucoup plus d’argent par d’autres moyens...
      Même chose pour la haute-technologie d’ailleurs. Elles ne pratiquent pas la corruption tout simplement parce qu’elles ont des leviers bien plus efficace pour faire de l’argent : vaporware, intox boursière, investissements en cascade, décorrélation entre valorisation et résultats, abus de position dominante... Pourquoi aller faire de la corruption quand on a tout ça ?

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