« Peepli Live » : l'Inde rurale et le drame du suicide des paysans
(De Delhi) « Peepli Live » est le premier film d’Anusha Rizvi et a été le tout premier film indien à avoir été présent au Sundance Film Festival cette année. Produit par Aamir Khan, cette comédie tragique traite un sujet de société actuel : le suicide d’agriculteurs en difficulté.
Natha et Budhia sont deux frères originaires de Peepli, un petit village situé dans l’Etat d’Orissa. Sur le point de perdre leur terrain parce qu’ils ne peuvent plus payer leur crédit, ils vont s’enquérir des conseils des « responsables politiques » du village voisin.
Ces derniers leur répondent, en leur riant au nez, de se suicider puisque le gouvernement accorde 100 000 roupies aux familles des fermiers qui se donnent la mort. Ils repartent bredouille. Et un peu découragés.
Surfer sur la vague suicidaire
Jusqu’à ce que Budhia, le frère aîné joué par Raghuvir Yadav, décide de surfer sur cette « vague suicidaire » et de faire passer son frère-plus naïf que lui-pour un fermier au bord du gouffre.
Il faudra très peu de temps pour que l’histoire s’ébruite et que les chaînes de télévisions locales affluent toutes aussi friandes les unes que les autres d’un scénario sur le point de devenir catastrophe. Peepli n’est alors plus ce petit village méconnu d’Orissa mais le centre d’intérêt de tout un pays et d’objectifs qui s’en font le miroir.
Les camions de télévision arrivent en masse, polluant visuellement ce coin perdu de campagne où la maison familiale était jusque-là seule au milieu de nulle part. (Voir la bande-annonce)
Si certains fermiers indiens n’ont pas apprécié le thème du film, sorti en salles vendredi en Inde, et se sont offusqués de voir une tendance tristement réelle -les suicides chez les agriculteurs endettés- mise en scène dans une comédie satirique, les journalistes devraient en faire autant.
Les médias en accusation
L’image des médias renvoyée dans le film est parfois dérangeante de vérité. Les journalistes se piquent les informations entre eux sans même se parler, expliquent aux fermiers quoi faire, quoi dire et dans quelle position, comme s’ils étaient des acteurs et non de « vraies gens ».
Cette idée selon laquelle le local devient souvent folklorique est représentée avec un cynisme parfait par la réalisatrice et ex-journaliste Anusha Rizvi. Les journalistes donnent au téléspectateur ce à quoi il s’attend. Un peu comme ces touristes qui ramènent de leur voyage des photos qui parleront à leurs semblables et alimenteront leurs idées déjà toutes faites sur le pays.
Entrent ensuite en scène les inévitables hommes politiques prêts à montrer leur implication dans une affaire selon l’audience (quand tout le pays les regarde) et le moment (juste avant les élections). Un constat universel somme toute.
On regrette le rôle un peu trop plat de Natha, joué par un Omkar Das Manikpuri qu’on aurait apprécié pourvu d’un caractère un peu plus affirmé. Mais surtout, on constate avec déception que si la réalisatrice a réussi à se détacher des sujets chers à Bollywood, la réalité est représentée dans un cadre toujours trop léché. Heureusement, la bande originale réalisée par le groupe Indian Ocean vient accompagner le tout, lui donnant un petit côté décalé.
A noter néanmoins, la toute dernière scène du film où, en faisant défiler des images en accéléré de la ferme rurale aux rues de New Delhi, la réalisatrice parvient parfaitement à faire sentir à quel point on peut s’éloigner d’un problème aussi vite qu’on s’en est approché.
En partenariat avec :
- Sur Rue89Amour contrarié : une Indienne tue sept membres de sa famille
- Sur peeplilivethefilm.comPeeplilivethefilm.com, le site du film (en anglais)
- Sur wikipedia.orgSuicides au sein de la paysannerie indienne : la fiche Wikipédia
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La preuve de vie de Roméo Langlois, bientôt libéré par les Farc ? 







Future chômeuse
Future chômeuse
Vous ne parlez pas des raisons qui les amènent à l’endettement.
Vous avez des actions chez Monsanto ?




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